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 Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]

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Morgane E. Adams
♠ Scarlet Psychopathy

♦ Inscription le : 07/05/2010
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♠ Nationalité : Amenthalysien
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♠ Mon rêve : Briser ce Monde de mes rêves.
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MessageSujet: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Mar 11 Mai - 18:56


I see a red door and I want it painted black...


Au-revoir mon joli moi-même. Comment vas-tu aujourd'hui ? Atrocement mal je l'espère bien. Mes vœux de bonheur sont tes vœux de malheur. Bonheur, malheur, encore du bonheur. Qu'est-ce que le bonheur ? Un joli vide acidulé avec un goût de fraise. Tu pleures ? Tu pleures de belles larmes rouges et écarlates qui laissent d'indélébiles trainées carmins sur tes belles joues. Du sang ? Non, le sang n'a pas un goût follement appétissant, bien au contraire. Non, il faut quelque chose de plus joli, de plus joyeux ! C'est de la grenadine, assurément. Que de folie, que de déviance malsaine. Apparitions cosmiques d'une autre dimension perdue et oubliée. On en croquerait, à la folie. Ou peut-être pas du tout. C'est épuisant, après tout. Et cette grande mer de nuages. Ils sont en dentelles, ils sont roses, et on peut se noyer dedans si on y reste trop longtemps, il faut faire attention. Ils vous capturent dans leurs bras soyeux et vous entraînent dans une allégorie éternelle. Délivrance légère, on s'envole soudainement et on peut aller peindre les étoiles. Mais lorsque le méchant Soleil revient avec ses multiples tentacules abominables, on ne peut plus se protéger dans le ciel d'encre. Il faut déjà repartir, il faut quitter les doux rêves étranges. Allez, il faut se réveiller.

C'est dans une immensité de draperies rosées et douces que la jeune demoiselle fit soudainement trembler ses paupières qui étaient jusqu'alors closent sur un univers de songes excentriques. Ses lèvres qui expiraient irrégulièrement de l'air se tordirent dans un grommellement exaspéré. Son visage se crispa dans une colère et une frénésie silencieuse alors que ses douces et pâles mains agrippaient avec rage la soie qui composait les draps de l'immense et délicieux lit dans lequel elle se trouvait. Il s'agissait du premier, du seul et de l'unique moment de la journée où ce cerveau illogique et déréglé était réellement et pleinement conscient du Monde dans lequel il se trouvait, lui et ce corps, lui et cet esprit. Le seul moment où il laissait libre court à sa furie. Furie dirigée inlassablement et vainement contre cette Vie ignoble et décevante. Mais très vite, il reprenait ses propres esprits intérieurs et intimait à l'âme toute entière de se ressaisir elle aussi. Les traits de la demoiselle furieuse se détendirent d'un coup et le drap maltraité fût soulagé. Ses doigts fins caressèrent avec le plus grand soin la surface du tissu pliée, l'œil écarlate, seule étoile de rubis visible, suivant avec précisions leurs gestes délicats. L'organisme tout entier resta un long moment comme cela, totalement passif et inactif, laissant le temps filer et se passer. Tout était pleinement silencieux et seul le son produit par les sifflements et la respiration irrégulière du cœur perçait ce cocon de plénitude immaculée.

C'était le matin. Il était encore tôt mais déjà les pâles rayons du Soleil filtraient à travers les multiples rideaux rosés de la pièce, emplissant la chambre de multiples reflets vaporeux. Morgane ne voulait pas quitter ses rêveries tordus de petite fille. Elle ne voulait pas se lever pour débuter une nouvelle longue et ennuyeuse journée dans cette fausse réalité qui ne lui convenait pas. Pourtant elle n'avait pas le choix et le corps, dans un déclic soudain, se leva brusquement, les bras repoussant avec rage les rideaux qui entouraient et protégeaient un peu plus ce sanctuaire de literie. Les pieds nus se posèrent sur le sol froid et immaculé, si parfaitement vierge de toute impureté qu'il prenait l'apparence de quelque immense miroir qui tapisserait l'endroit. Le regard affolé parcouru entièrement la chambre comme s'il s'agissait de la toute première fois qu'il la voyait. En vérité, cela était essentiellement pour s'assurer que tout était encore parfaitement aux endroits où ils avaient été déposés la veille. Les lèvres s'étirèrent lorsque l'œil sanglant se posa sur un adorable lapin blanc en peluche vêtu d'une tenue à faire pâlir d'une folle jalousie tous les plus grands monarques. Il attendait patiemment sur son trône de velours que sa maîtresse vienne le chercher, ce qu'elle fit immédiatement, le prenant dans ses bras frêles avec le plus grand soin et la plus grande précaution, l'étreignant amoureusement pour lui souhaiter la bienvenue dans ce nouveau jour. Puis, le tenant toujours par la patte, elle se dirigea vers la grande porte rouge qui faisait office de lien entre la pièce et le couloir qui s'étendait derrière. Sa main libre se posa sur la poignée couleur d'ivoire avant d'en actionner le complexe mécanisme afin d'ouvrir la structure toute entière.


No colors anymore I want them to turn black...


Un long couloir. Le rectangle de chair qui mutile le mur de ses formes géométriques s'ouvre sur un immense vide rectiligne. Une vaste étendue démesurée aux murs tour à tour livides puis rougissants. Au sol, c'est le blanc et le noir qui oscillent dans des formes carrées donnant forme à un immense échiquier pavé. La tête haute, le regard brumeux et fixe qui semble ne pas réellement être présent dans cette réalité, le corps désarticulé bouge tout entier dans un rythme diabolique, le son des pas résonnants sur le carrelage représentant sa seule musique. Le bâtiment tout entier rit et frémit. Le bâtiment tout entier rentre dans une furieuse activité afin de saluer et d'accompagner le réveil de sa maîtresse. Les murs s'inclinent et les poupées chantent. Des poupées. Des êtres de porcelaine. Elles sont des centaines à tapisser les murs, assises sur leurs trônes sur-élevés, leurs étagères de marbre. Leurs yeux suivent avec crainte et respect les mouvements anesthésiés de la jeune demoiselle qui s'avance royalement jusqu'au bout de cette immensité silencieuse.

Des centaines de petites filles mortes aux membres engourdis par le froid. Des petits corps fragiles qui se détruisent et se reconstruisent dans un cercle vicieux et horrible. Des petites servantes, de multiples êtres sans émotion dans leur cœur inexistant. Le corps s'arrête et l'œil vengeur et saignant se pose nonchalamment sur une demoiselle-objet qui est tombée durant la nuit de son piédestal et s'est retrouvée là, sur ce sol brillant. Quelle honte. Indignation totale. Rage étincelante à peine perceptible dans ce regard divin. Une main puissante qui enlace de ses doigts sa fine chevelure et qui porte la pauvre petite chose au niveau du visage atrocement paisible de la Reine. Les yeux dans les yeux. Puis, sans s'en préoccuper davantage, elle lance la poupée contre le mur derrière-elle, pour la punir de son excès de zèle. Il faudra en racheter une nouvelle, il faudra remplacer Eleanore, elle est morte.

Le chemin est encore long, il ne faut plus s'arrêter comme cela, il ne faut plus l'importuner et la déranger avec de telles frivolités. Comme s'il ne s'était absolument rien passé, comme si cet incident appartenait déjà à un passé lointain et oublié, la sombre marionnette continue son chemin. Elle le connait par cœur, elle le fait tous les jours. Tous les jours elle s'invente des histoires durant ce long trajet de quelques secondes. De longues épopées fantastiques que les dieux lui envieraient. Mais ce ne sont pas des délires. C'est la vérité la plus pure et véritable possible. On ne peut rien trouver à y redire, tout y est absolument parfait. Et personne ne la contredit. Les murs tremblent lorsque sa rage gronde et l'air vibre de terreur lorsque la foudre de sa colère s'abat sur cette terre malmenée. C'est une Déesse, une véritable et unique Déesse. On ne peut pas aller contre sa volonté inaliénable et tous ses sujets se prosternent devant elle.

Et lui, petit lapin rêveur dans son habit de maître renard, c'était son plus fidèle compagnon. Un animal à l'intelligence exceptionnelle et qui savait aussi bien la comprendre et la conseiller. Il l'accompagnait toujours et partageait avec elle ses idées fantastiques. Elle ne pouvait pas se passer de lui, et il était son meilleur et unique ami. Elle lui parlait et il lui répondait avec joie et bonne humeur. Personne ne pouvait le lui prendre, la priver de cette petite satisfaction d'avoir, juste pour elle, deux immenses oreilles pelucheuses attentives à ses moindres petits mots. Il était aussi important qu'elle dans sa hiérarchie illusoire et le bâtiment tout entier devait craindre également sa fureur de coton.

Mais le trajet commence à se terminer, les dernières secondes inexistantes s'écoulent déjà et il va falloir enfin véritablement débuter cette affreuse journée. Ses yeux la brûlent légèrement tandis qu'elle se dirige lentement vers les pièces principales de son immense et vide demeure. Elle sait qu'il n'y aura personne pour la saluer, pour lui dire bonjour.

Non. Elle sera toute seule.


I look inside myself and see my heart is black...


Bonjour le Monde ! Bonjour la Vie ! Me voilà enfin à votre porte, me voilà enfin chez vous. J'espère que je ne vous dérange pas, je sais que tous les matins vous êtes réveillés avant moi. Accueillez-moi à corps ouverts dans cette nouvelle réalité qui se présente à moi. Bonjour la Mort, bonjour la Désolation. Je vois que vous aussi vous êtes déjà là. Je me sentirai moins seule alors, je suis contente. Qui ne le serait pas ? Vous ne comprenez pas ? Ignorants. Regardez plus attentivement cette inexplicable scène qui se déroule et s'écoule sous vos yeux naïfs et innocents. Elle n'est pas seule. La jeune demoiselle n'est pas seule dans sa petite chemise de nuit qui lui tombe sur les genoux. Elle n'est pas seule avec son lapin en peluche qu'elle traîne lamentablement derrière-elle en le tenant par sa main artificielle. Son œil valide, écarlate et fatigué, ne pose pas son regard flou sur un vide silencieux. Elle ne reste pas sottement à l'entrée de cette nouvelle pièce, elle y reste intelligemment afin d'observer avec soin toutes les personnes qui s'y trouvent. Elle n'invente rien, elle n'attend rien. Elle a déjà tout.

Elle s'avance lentement et avec précaution, pour ne pas déranger ceux qui sont déjà à table. Elle sait où elle est, elle sait où est sa place. C'est la jolie chaise tout au bout de l'immense table dressée d'une délicieuse nappe blanche. Et juste à côté d'elle, sur une petite chaise où sont déposés de nombreux coussins de velours rouges, elle dépose délicatement Mr. Rabbit, Monarque des Lapins. Elle lui chuchote intimement à l'oreille de ne pas s'en faire, elle fait vite, elle essaie de revenir dès qu'elle le peut. Avec un large sourire, elle trottine dans la pièce, faisant virevolter ses dentelles et ses boucles blondes. Elle se dirige vers les hauts placards. Elle est obligée de se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre la poignée. Elle grimace un peu au début, mais elle se prête au jeu avec plaisir. Ses doigts effleurent le métal avant de réussir à finalement l'agripper. Elle ouvre la porte, accès lumineux à de multiples merveilles. Comme c'est beau le Monde, c'est terriblement bien fait. On peut trouver tout ce que l'on veut, et si facilement. Elle attrape tout ce qu'elle peut attraper et elle tient tout ce qu'elle peut tenir dans ses bras fragiles et contre sa poitrine qui se soulève irrégulièrement. Elle en fait tomber, mais cela ne l'empêche pas de retourner vers la table sur laquelle elle dépose tous ses trésors. Elle s'arrête sur cette scène un instant, regardant tout ce qui allait devenir son petit-déjeuner avec une étincelle pétillante de fierté dans les yeux.

Maintenant il fallait qu'elle prépare tout. En attendant, il serait judicieux de s'arrêter sur la disposition même de l'intérieur du manoir qui servait d'habitation à la jeune demoiselle Adams. Le bâtiment ne paie pas de mine lorsque l'on s'arrête sur lui à l'extérieur malgré ses murs à la couleur rouge et blanche qui ne sont pas sans rappeler ceux du château de la Reine de Cœur. L'intérieur est d'une grandeur totalement démesurée. Les pièces, immenses, sont reliées entre-elles par d'interminables couloirs. La demeure toute entière est en réalité un vaste terrain de jeu, preuve en est du sol carrelé de carrés noirs et blancs des couloirs, rappelant nombre de jeux comme les échecs. Le sol des autres pièces, lui, est une vaste étendue brillante et miroitante dans laquelle il est possible de s'amuser à admirer son reflet. La décoration. Tout est là pour rappeler à quel point la propriétaire est encore une petite fille dans les tréfonds de sa psychologie. D'immenses rideaux d'un rose pâle absolument adorable, de longues étagères couvertes et recouvertes de multiples poupées, toutes différentes, des meubles kitchs démesurés, à l'image de cette gigantesque table qui occupe toute la longueur de la pièce principale du manoir, assez imposante pour servir à la fois de cuisine, de salon, de salle à manger et de salle de jeux. Continuellement dressée pour accueillir les possibles visiteurs, des couverts transparents la garnissent de leur éclat exquis. Toutefois, les visiteurs sont rares, et cette immensité reste totalement vide. Vide de vie. Seule la présence de Morgane est là pour briser la monotonie qui s'installe systématiquement entre ces murs. Les seules personnes qui viennent parfois s'occuper d'elle, elle ne les aime pas. Ils ne la comprennent pas et elle sait très bien qu'ils ne sont là que par pure obligation. Ils ont peur, ils la craignent. Ils la trouvent différente. Pour eux, elle est folle. Et c'est tout.


I wanna see the sun blotted out from the sky...


Une saleté de gamine dégénérée. Une cinglée qu'il faudrait laisser crever. C'est à cause d'eux qu'elle ne s'aime pas, c'est à cause de tous ces gens qui disent qu'elle ne devrait même pas exister. Ils ne savent pas qu'elle comprend, qu'elle n'est pas idiote. Paroles blessantes qui font l'effet de mille tortures abjectes sur son petit cœur fracassé. Tous les jours, continuellement, ils lui rappellent à quel point son existence elle-même est une terrible et immonde erreur. Un raté ignoble et innommable de la nature. Elle pleure, toute seule dans son Monde vide et renversé. Elle pleure mais elle s'étouffe, et personne ne l'entend. Personne ne veut l'entendre, et tout le monde l'ignore. Tout serait tellement différent si elle n'existait pas. Alors, elle pense à mourir.

Pour le moment, cette pensée n'est pas encore là. Son esprit est à table., Elle s'assoit sur sa chaise, plissant délicatement son vêtement, et regarde avec fascination tout ce qui se trouve devant elle. Sucreries et innombrables petits gâteaux. C'est un repas festif, pour bien commencer la journée. Il y a du bonheur, il y a des couleurs. Cela donne tellement envie ! Alors, elle commence. Elle a installé toutes ses peluches préférées autour de la table. Toute sa cours. Une vingtaine d'animaux de coton sont aujourd'hui réunis devant une part de tarte à la fraise. À chacun, elle leur a servit le thé avec soin en faisant bien attention de ne pas en renverser, pour ne pas tout tâcher et pour ne pas les brûler. Et c'est avec une gaieté difficilement dissimulée qu'elle s'est également attablée, à son tour. Son petit rituel personnel peut donc commencer.

Avec le plus grand soin, elle glissa sa petite main au milieu des sucres contenus dans le récipient prévu à cet effet et en retira une bonne dizaine qu'elle disposa devant elle. Elle les fixa un instant avant de les empiler méthodiquement afin de former une petite tour de ces dix carrés sucrés au creux de sa petite tasse encore vide. Sans quitter sa construction des yeux, elle attrapa la théière à proximité et en versa délicatement le contenu sur la construction de cristal blanc qui devint rapidement éphémère. Lorsque tous les sucres eurent disparus dans cette mer de thé, elle y ajouta exactement quatre cuillères de lait avant de déposer l'ustensile lui-même dans la tasse, son manche reposant à un endroit précis du bord de l'objet. Elle tendit ensuite le bras pour attraper une petite assiette de gâteaux qu'elle observa et sélectionna avec la plus grande attention. Elle les disposa d'une certaine manière dans sa petite assiette de porcelaine, changeant parfois la disposition de certains, avant d'enfin reposer l'assiette là où elle se trouvait précédemment. Elle jeta un coup d'œil rapide vers Mr. Rabbit, satisfaite de constater qu'il prenait un aussi grand plaisir qu'elle à savourer ce petit-déjeuner, puis, elle prit finalement entre ses doigts une deuxième cuillère avec laquelle elle entreprit de manger le gâteau qui se trouvait à droite de son assiette. Il était recouvert de fruits rouges. Elle les retira avec soin et patience avant d'enfin planter sa cuillère vengeresse dans la chair de la pâtisserie. Une fois que celle-ci fût éliminée, elle s'intéressa enfin aux fruits qu'elle avait laissé de côté, s'occupant d'abord des plus petits mauves pour terminer par les rouges les plus imposants. Elle prit ensuite tout son temps, laissant se promener son regard sur les pâtisseries qui lui restaient, afin de sélectionner la plus à même de satisfaire son besoin immédiat. Alors que sa volonté venait de s'arrêter sur une petite tartelette au citron, dans sa précipitation elle fît glisser d'entre ses doigts sa cuillère qui alla tomber sur le sol froid dans un tintement métallique. Elle se baissa pour la ramasser, et tomba de sa chaise, à genoux sur le sol.

Son reflet. Alors que ses doigts couraient sur le sol, cherchant à tâtons la cuillère afin d'y apposer leur étreinte, son regard brumeux regardait fixement son jumeau miroitant. De cet œil malade s'échappèrent bientôt des larmes. Son frère masqué par la chevelure blonde de la demoiselle n'était même plus en état de pleurer. Un filet humide glissait sur sa joue et tombait dans un rugissement fracassant sur le sol. Elle se haïssait tellement. Réellement.

Et, pitoyablement concentrée sur sa désolante image, à genoux sur ce sol froid, elle qui n'attendait aucune visite ni aucune compagnie n'entendit pas que, pourtant, quelqu'un arrivait dans son Monde cauchemardesque.






Spoiler:
 

Autres comptes: Arabelle O'Malley, Roxanne d'Essling, Lou A. Lockhart.


Dernière édition par Morgane E. Adams le Dim 23 Jan - 23:52, édité 2 fois
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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Jeu 13 Mai - 19:02

Il était une fois, un joli monde mauve. Dans cet univers, chaque particule était un flocon de fourrure flottant dans l'air parfumé. Il ne faisait jamais trop chaud, ni trop froid, si bien que chaque habitant, pouvait, s'il le souhaitait arpenter les vallées pâles dans son plus simple appareil. Ni colère, ni haine ou dépression. Tous les habitants de ce pays merveilleux se cotoyaient en paix, dans un cocon d'amitié chaleureuse. Les chemins doux offraient un confort inestimable à qui voulait s'y blottir, offrant un sommeil paisible au bienheureux. Chaque pas amorcé était transporté par des ondes veloutées, si bien que l'on avait l'impression de se déplacer en apesanteur. Un monde dans gravité. Un monde d'une chaleur douce. Un monde singulier...

Un monde dont il ne parvenait à s'extirper.

- Allons, Messire Pain ! Un peu de dynamisme !

Le financier bomba le torse avec assurance, serrant contre sa poitrine un registre volumineux. Tapant nerveusement du pied sur l'échiquier glissant, il attendit impatiemment le jeune homme. A pas feutrés, l'intéressé se glissa dans le nouveau couloir. Combien de veines sombres et monotones allaient encore se succéder ?! Ce labyrinthe ne possédait donc pas de sortie ? Ou alors, son guide improvisé tentait-il avec brio de lui voler sa raison ?! Siam Pain épongea son front luisant de sueur à l'aide d'une patte de lapin mauve. Ce costume l'étouffait, il détestait se sentir entravé de la sorte ! Il déambulait dans les couloirs du Manoir Adams, affublé de ridicules oreilles pelucheuses et d'une petite queue ronde. Le cocon de fourrure épousait volontiers ses formes simples, éxagérant sans scrupule la moindre rondeur. Seul son visage, bien humain, s'extirpait tant bien que mal de cet océan de poils.

Il avait préféré oublier les raisons qui l'obligeaient à détruire son honneur d'une manière aussi infâme. Le financier avait eu la bonté de lui faire fabriquer le costume afin que Siam n'eût pas à dépenser une fortune pour un costume aussi grotesque. L'immonde peluche, suant et grommelant, se dandina tant bien que mal jusqu'au viel homme qui ne l'attendit pas. Caressant son bouc, ce dernier restait impassible à l'apparence burlesque du jeune homme. De ce fait, Siam lui témoignait une certaine gratitude et bien que ce fut à contrecoeur, le suivait sans trop protester.
Dans un silence absolu, ils traversèrent le couloir immense. Siam évita tant bien que mal les regards vaniteux des portraits. Les personnages de haute stature, enfermés dans leur cadre, ne demandaient qu'à saisir leur épée ou leur éventail afin de déchirer la toile et de le dévorer.

Enfin, le financier mit un terme à son terrible périple. Sans prendre la peine de frapper - il salirait ses gants de soie - l'homme poussa une lourde porte de bois sculpté pour accéder à une nouvelle pièce. Le battant se referma dans un écho sourd sur son costume à queue de pie. Siam se retrouva donc seul dans le couloir sans fenêtres. Le malaise qu'il avait éprouvé jusqu'à présent muta en une profonde lassitude. Dans un soupir sembable à celui que pousserait un ballon dégonflé, il se laissa tomber sur une chaise proche. Ses deux longues oreilles, montées sur de lourds fils de fer, craquèrent sur le haut de son crâne, et le serre-tête qui les maintenait en place lui écorcha sauvagement le cuir chevelu. Mes aïeux, quel monde cruel...Il aurait préféré mille fois affronter les pires bêtes du désert plutôt que de se donner en spectacle devant la haute société Amenthalysienne.

D'ailleurs, qui l'attendait, derrière cette porte. Etrangement, il ne voulait pas le savoir. Son vilain défaut juvénile se recroquevillait au fond de son ventre noué, tandis qu'il attendait. Il attendait. Encore et toujours. Il attendait comme on espère la sotériologique consultation médicinale.
Lorsque le sommeil gorgé de chaleur commença à le gagner, la porte grinça. Le jeune homme sursauta alors violemment. La tête du financier apparut dans l'entrebaîllement, et il chercha Siam pendant un court instant. Il fronça les sourcils et ses lunettes glissèrent sur son nez crochu.

- Veuillez vous lever. N'oubliez pas votre engagement. Elle vous attend.

Elle ?! Qui ça, elle ? Un frisson glacé parcourut le dos de Siam. Plus que jamais, il se sentit nu comme un ver, terriblement faible et impuissant. Attiré par le regard du financier, il s'avança vers la porte avant de la traverser. Lorsqu'il s'engagea dans la salle, des explosions de lumière aveuglèrent ses yeux acoutumés à l'obscurité froide des couloirs. Il embrassa du regard la grande salle à manger, baignée dans la clarté du matin. Des rayons de soleil dorés traversaient les baies vitrées immaculées. Il ne s'agissait que d'une énième demeure aisée. Chaque objet, chaque attirail, chaque masque aguichait l'oeil dans une hypocrite cruauté. Mais il y avait quelque chose en plus, quelque chose qui tâchait le puzzle habituel. Quelque chose...Quelqu'un.


ELLE


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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Ven 14 Mai - 16:44

And I don't want you...

Les miroirs sont des êtres réellement ignobles. Une créature de verre transparent qui prend un odieux plaisir à ne pas dévoiler sa véritable apparence lorsque des yeux hésitants se posent sur elle. Que fait cette chimère miroitante ? Elle se contente, de toute sa hauteur, de toute sa grandeur, de toute son assurance, de vous projeter à la face votre véritable image. Votre fort intérieur, toutes ces choses abominables et ridiculement peu flatteuses que vous décidez de refouler tout au fond de votre petite âme humaine. Elle ne prend pas la peine de se dévoiler, mais vous, elle vous dévoile. Elle vous met face à la vérité, la plus totale vérité. Celle contre laquelle il est impossible de lutter. Celle qui vous blesse, vous étouffe et vous lacère. Elle qui vous fait véritablement comprendre, entre deux morceaux brisés de ce reflet passé, que vous n'êtes absolument rien, sinon une ébauche humaine totalement ratée dont l'inexistence serait préférable à l'existence.

Pourquoi ? Pourquoi brise-t-il tout mon rêve ? Pourquoi s'introduit-il dans mes visions illusoires pour prendre le plus grand plaisir à les écraser, les piétiner, sans faire attention à ce filet unique de larmes qui s'écrase sur son torse carrelé ? C'est froid. C'est glacé. Ce frisson mélancolique me pénètre et fait gémir mon cœur dans une constriction ignoble et douloureuse. Pourquoi une telle torture ? Anéantir ma seule existence est donc insuffisant ? Dans mes rêves, dans cette réalité, vous décidez de continuer à me hanter ? Êtes-vous monstrueux jusqu'à atteindre cette funèbre extrémité ? Je n'ai rien fait. Je ne vous ai jamais rien fait. Ma seule erreur... La seule fois où je me suis trompée... Est-ce donc au moment où j'ai décidé de naître ?

Le regard perdu dans une poussière aveuglante continuait de fixer, tremblant, ce sol dont le reflet se remplissait d'une immonde rétrospective de toute cette existence ratée que devait traîner comme un poids insoutenable la jeune demoiselle, là, à l'intérieur de son petit cœur agonisant. Ses canines pointues vinrent rejoindre sa lèvre inférieure, la pénétrant dans une caresse piquante. Pourquoi ? Huit lettres accompagnées d'une particule interrogative qui frappaient dans un vicieux cercle continue son cerveau dans une même cacophonie insoutenable. Il y a tellement de personnes tout à fait normales qui, elles, ont le droit de vivre dans le bonheur et l'insouciance. Pourquoi, elle, est-elle obligée de se maudire et de se créer sa propre image de douce naïveté et de pâle innocence ? Pourquoi n'a-t-elle droit qu'à une insouciance fictive et non pas une véritable histoire sans aucuns soucis ?

Dans de multiples sanglots étouffés et silencieux, morts avant même de pouvoir exister, elle posa son front masqué par ses cheveux sur le sol glacial, ses mains pâles et tremblantes plaquées sur ses yeux, sa peau s'imprégnant de ses larmes sucrées dans une longue plainte stridente et anéantie. Elle resta ainsi un long moment, son petit être faible agité de spasmes irréguliers, lui donnant l'impression de n'être qu'une simple marionnette brisée, un pauvre jouet dont le mécanisme se serait emballé, un animal presque mort agonisant, une créature dont on aurait coupé la tête et dont seuls les nerfs assureraient encore durant quelques instants la fonction de vie fictive.

Un être inexistant sans forme et condition fixes dont on rirait de la lente et insidieuse douleur qui se glisserait entre ses entrailles, la piquant toujours un peu plus de mots douloureux et brûlants, participant toujours un peu plus à son doux et long supplice, refusant de lui donner une grâce méritée, jouant de sa vie comme s'il s'agissait d'une illusion. Mais n'est-ce pas là la vérité ? Ne s'agit-il réellement pas d'une simple rêverie ? Une chose futile et inutile qui ne mérite qu'une seule et simple chose: être corrigée et effacée du livre de l'Existence Universelle, le Livre du Monde, là où tout doit être bien joli et bien propre, là où la moindre rature n'a pas lieu d'être et doit disparaître dans l'instant, par la volonté divine et indescriptible.

Mais ces forces divines ne peuvent-elles pas l'aider, elles ?


And I don't need you...

Non, bien évidemment. Elle ne veut pas d'une aide aussi égoïste, d'une aide aussi hypocrite. Non, elle ne veut pas d'aide, pas du tout. De personne. Pourquoi reste-t-elle seule, si seule, toujours aussi seule ? Pourquoi reste-t-elle cette petite poupée inatteignable, cet Enfer intouchable ? Pourquoi refuse-t-elle toutes ces approches, pourquoi les éteint-elle de sa rage foudroyante ? Parce que, tous, vous ne faites pas ça pour elle. Vous faites ça par simple obligation. Vous faites ça pour paraître bien, n'est-ce pas ? Mais vous crachez sur elle dès que vous partez. Vous la maudissez dès que vous êtes certains qu'elle ne vous entendra plus. Mais elle voit vos répugnantes lèvres bouger, et elle sait qu'il ne s'agit que de serpent qui suintent un venin exquis contre sa pauvre petite personne. Demandez-lui, et elle sera capable, mots pour mots, de redire exactement toutes les paroles que vous venez de vomir. C'est une folle, une pauvre fille qu'il faudrait libérer du poids de sa vie en la tuant, en l'abandonnant, en la délaissant. Comme elle l'a toujours été. Mais vous ne comprenez pas ? Vous ne comprenez donc rien ? Pourquoi êtes-vous tous enterrés dans cet individualisme dégoûtant et écœurant ? Vous ne savez que penser à vous, à vos seuls intérêts. Vous ne voulez pas vous salir avec ce qui est à l'écart, avec ce qui est différent. Vous avez peur du regard de cette société qui, dès lors, vous étiquetterait et vous montrerait du doigt. Vous avez peur en fait. Oui. Vous êtes des lâches. Et elle sait que, malgré tout, elle vaut bien mieux que vous tous.

Un soupire. Un souffle chaud qui s'échappe de mes deux lèvres calmées. Calmées. Plus ou moins comme tout le reste. Presque. Pas encore tout à fait. Cet œil a de nouveau le droit de voir, ces mains ne le cacheront plus. Regarde ce reflet qui nous nargue. Que vas-tu faire ? Que vas-tu lui répondre ? Moi, je ne sais pas. Il me fait bien trop peur. Et je n'ai qu'une seule et unique envie... Le briser. Le tuer. Lui retirer cette satisfaction de pouvoir nous détruire dès qu'il le veut, dès qu'il en a l'envie et le besoin. Qu'il crève. QU'IL MEURT.

Ses doigts courent sur la surface brillante et parviennent à attraper la petite cuillère qui reposait là, patiente. Ils la serrent fermement, rageusement et avec violence ils l'abattent sur ce sol qui ricane et se moque d'un coup aussi faible. L'objet ne fait que glisser sur sa surface, sans rien lui faire. Elle rit. Un rire nerveux et dérangeant se glisse dans sa gorge et sort de sa bouche afin d'envahir l'air silencieux de la pièce, résonnant sur les parois transparentes. Elle rit de sa propre faiblesse et de sa propre incompétence. Elle rit de son inutilité.

La folie, est-ce un choix ? Un réel choix ? Peut-être, peut-être pas. Avez-vous décidé vous-même d'être des idiots, des chacals, des charognards répugnants et affamés qui n'attendez que de vous délecter des restes de ceux que vous aurez précipité dans la tombe ? Oui, peut-être que vous, vous l'avez décidé. Une frustration dans votre minable vie, et vous avez décidé de vous rattraper en adoptant pour mot d'ordre l'anéantissement de l'existence des autres. C'est votre plaisir, le seul moyen de pouvoir vous sentir exister. De pouvoir vous sentir forts, vous qui ne vous attaquez qu'à des personnes faibles et qui ne peuvent rien contre vous.

Mais moi, je suis folle vous savez, comme vous le dites si bien. Vous avez peur hein ? Vous me fuyez, vous craignez mes dégénérescences. Vous avez peur pour votre pauvre vie que je pourrais moi aussi briser sur un coup de folie. À ce jeu-là, pour le moment, nous sommes à armes égales, vous savez. Ce que vous faites, je peux vous le rendre. Ce que vous faites, je peux vous le faire regretter. Dans ma rage, dans mon silence, dans mes larmes et dans mes rires. Tous ces traits qui sont imprégnés d'une douce folie rosée. Une folie cotonneuse saupoudrée de mièvres illusions d'enfant. Une folie dont vous ne supportez pas la seule vue, la seule allusion. Enfermés de cette réalité hideuse. Prisonniers de votre rationalité.

On brise la porte du rêve.


It's not your fault that you're always wrong...

Elle relève une tête masquée de boucles d'or qui tombent en une cascade capillaire irrégulière suite au son strident et grinçant d'une lourde porte qui s'ouvre. La même porte qu'elle venait de fermer il y a elle ne sait déjà plus combien de temps. Elle tourne un œil fade dans la direction des bruits des pas qui claquent sur le sol, sans prendre la peine d'en faire plus. Elle serre les dents dans une rage dissimulée et son corps tout entier se crispe sur cette faible cuillère battue. Un être malfaisant vient souiller son rêve matinal, son Monde encore un peu endormi, avec ses hypocrites intentions. Souvenir amer d'un passé futile, héritage inutile d'une famille inexistante, elle connait par cœur le crissement de ses chaussures brillantes. Son nom ? Elle ne le connait pas. Elle l'a probablement déjà entendu, mais son cerveau refuse de s'en souvenir. Son être refuse de donner une identité à une chose aussi répugnante et détestable. Son apparence, son souffle et ses mots calculés, tout n'est que façade d'un mensonge rondement mené.

Elle baissa de nouveau la tête lorsqu'elle sentit ce regard qui parcourait l'immense pièce, cherchant à trouver la propriétaire au milieu de ce pays des Merveilles grotesque. Elle essayait de contenir comme elle le pouvait sa fureur lorsque le silence se fît de nouveau. Pourquoi ? Pourquoi était-il là ? Elle n'avait pas besoin de lui dans son Monde. L'argent, elle s'en fichait, elle n'en voulait pas, il ne lui servait à rien. On ne peut pas acheter ce qu'elle désire avec. On ne peut rien faire. Alors pourquoi est-elle obligée de subir ses interventions, tous les jours, encore et encore ?


«Est-ce là une façon de prendre un repas ?»

Elle se mordilla de nouveau la lèvre inférieure, le regard rivé sur ces deux chaussures qui étaient juste-là, effleurant presque ses mains fixées sur le sol figé. Elle releva légèrement la tête, assez pour pouvoir distinguer, entre deux mèches de cheveux, le visage de cet homme qu'elle ne connaissait que trop bien. L'un de ceux qu'elle devait supporter. Une personne qui était là pour l'assister, elle qui n'était pas jugée apte à pouvoir gérer l'immense fortune laissée par ses parents. Elle qui était trop cinglée pour pouvoir en faire quelque chose.

«Pourquoi t'es là ? On a pas fini de prendre le thé.»

Et sans ajouter d'autres mots inutiles, elle se relève, sans se soucier davantage de l'homme qui se tenait face à elle. Elle décida de s'assoir de nouveau sur cette chaise qu'elle avait maladroitement quittée et, l'ignorant totalement, reprit le cours de son repas qu'elle avait tout-à-l'heure abandonné. Où en était-elle déjà ? Ah oui, ce petit délice de citron. Elle prit la pâtisserie entre le pouce et l'index, et la porta au niveau de son regard, la fixant intensément. Elle donna de multiples formes, dans sa tête, au petit gâteau. Elle imagina qu'il s'agissait de cet homme et, avec un sourire, elle planta avidement ses crocs dans la chaire jaune et crémeuse de sa petite victime sucrée, se délectant avec plaisir de la douleur qu'elle devait occasionner à cet être repoussant.

Une fois sa torture terminée, elle désigna avec soin sa prochaine victime. Fraise. Et, prenant entre ses doigts fins la tartelette de la même façon que la précédente, elle la dirigea jusqu'à ses lèvres mais l'arrêta juste avant la fatale brèche qu'elles formaient.


«Je t'aime pas.»

Et elle fourra d'un coup la totalité de la pâtisserie dans sa petite bouche affamée, la dévorant littéralement en quelques instants.

Instant durant lesquels elle allait encore être dérangée.


The horrible people, the horrible people...

Sans réellement se préoccuper des paroles de la demoiselle, après tout il y était habitué, l'homme se dirigea de nouveau vers la porte. Elle ne s'occupa pas de lui, beaucoup plus intéressée par la prochaine pâtisserie qu'elle allait dévorer, portant son choix sur un adorable petit mille-feuilles qu'elle porta également à ses lèvres. Toutefois, son geste fût arrêté par la curiosité de l'attitude de l'homme et elle ne put s'empêcher de jeter un regard en coin dans sa direction, pour observer ce qu'il préparait. Qu'allait-il faire cette fois ? D'habitude, il venait, s'installait, et lui parlait de longues heures de choses qu'elle n'arrivait même pas à comprendre et dont elle se fichait totalement. Il la disputait même, parfois et il la faisait pleurer. Elle ne l'aimait vraiment pas, il était méchant. Il ne s'amusait jamais et il ne lui offrait jamais rien. Alors, bien évidemment, elle ne pouvait pas s'imaginer que cette fois il était accompagné de quelque chose. Jamais une telle idée n'aurait traversé son esprit. Elle ne le connaissait que trop bien.

Toutefois, lorsqu'elle vit l'homme s'écarter et la porte s'ouvrir davantage, elle ne put que comprendre fatalement qu'il n'était pas venu seul. De quoi allait-il s'agir cet fois ? Encore une odieuse et cruelle personne qui viendrait la persécuter ? Encore un homme hypocrite et intéressé engagé par ses parents avant leur mort pour s'occuper de leur petite fille dégénérée mentale ? Encore une personne inutile qui viendrait briser son rêve sucré ?

Le mille-feuilles glissa d'entre ses doigts pour tomber lourdement au creux de la petite assiette dans un bruit sourd alors que les lèvres de la demoiselle restait figées, entre-ouvertes dans une profonde expression de stupéfaction. C'était... C'était... Une belle illusion. Une belle illusion mauve. L'incarnation de son plus fidèle compagnon. Elle porta une main tremblante à ses lèvres, trouvant la force de poser son regard sur Mr. Rabbit qui était toujours fièrement sur son trône de velours avant de le poser sur le nouvel arrivant. L'œil écarquillé et brillant, les lèvres frémissantes d'hésitations, elle tenta d'articuler des paroles, difficilement.


«M... Mister Rabbit... ?»

Elle poussa la chaise et se leva dans un déluge de dentelles fines et légères, s'approchant lentement dans sa direction, un pas après l'autre sur le sol gelé, la main tendue en avant pour être un peu plus près de lui. Elle s'approcha, elle s'approcha, jusqu'à être en face de l'être pelucheux. Elle posa sa paume sur sa fourrure mauve, délicatement, pas trop fort, sans trop appuyer, et le caressa, son regard plongé dans le sien avec un profond émerveillement. Elle tendit sa seconde main et la posa également sur la surface douce. Elle s'enfonça un peu plus dans ce monde de fourrure et, les joues légèrement roses, elle s'approcha encore un peu plus, enlaçant la taille du lapin géant et enfonçant la tête dans son torse d'adorable peluche, le gratifiant d'une étreinte amoureuse, ajoutant à cela un petit chuchotement.

«Tu es encore mieux en vrai...»

Qui était-ce ? C'était Mr. Rabbit, évidemment. Il s'était incarné pour lui faire plaisir, pour lui permettre d'être heureuse. Pour lui redonner le sourire et la rendre joyeuse. Il était le seul qui y arrivait. Elle l'aimait, elle l'aimait tellement. Elle était tellement heureuse de pouvoir l'étreindre de cette façon. Elle ne voulait plus le quitter, elle ne voulait plus que cela s'arrête. C'était Mr. Rabbit, celui qui avait toujours été là pour elle et qui le serait encore bien plus désormais. Elle ne le laisserait plus partir, elle le garderait pour elle, pour elle toute seule. Elle ne l'abandonnerait pas et elle savait que lui aussi ne la délaisserait pas, pas comme tous les autres. Il avait toujours été tellement présent pour elle, dans tous les moments, les bons, comme les mauvais.

«Je t'aime Mister Rabbit...»






Spoiler:
 

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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Sam 22 Mai - 18:41

L'étonnement s'empara de Siam jusqu'à lui paralyser les membres. Son cocon de fourrure brûlante était désormais renforcé par l'étreinte passionnée de la demoiselle dont la chaleur corporelle, le parfum juvénile, lui donnaient la nausée. Un concentré de tendresse et d'amour se blottissait contre lui dans une violente douceur. Peu habitué à une telle manifestation, il resta là, planté bêtement dans le sol, incrédule. Il jeta un regard désespéré au financier, comme pour lui demander de l'aide, s'accrocher à lui. Il demeurait en effet la seule personne sensée dans cette pièce. Lui se retrouvait affublé d'un costume contrastant totalement avec sa personnalité cruelle et malfaisante. Elle, par de simples vêtements de poupées, semblait avoir réduit son âge mental de moitié. Une chose était certaine : cette noble dame était complètement tarée.

Le financier choisit ce moment précis afin d'amorcer son départ. Il tourna légèrement les talons et se dirigea vers la lourde porte qu'il avait passée quelques minutes plus tôt. En passant devant lui, il lui adressa un clin d'oeil qui se voulait rassurant, presque malicieux. Sous cette apparence aimable, Siam y décela un profond concentré d'hypocrisie. Si la Belle Disney ne l'enserrait pas si fort, il se serait volontiers jeté sur l'homme pour lui trancher la gorge. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ses lèvres se serrèrent, futile rempart à un délicieux flots d'injures.

* Distrayez-la. Faites la prendre le thé, jouez avec elle. Dans cette accoutrement, vous être Sa Divinité. Mais prenez garde à son Karnevale... *

Il se dirigea vers la porte d'un pas assuré et franc. Il disparut ensuite dans le couloir et le bruit de ses talons s'évanouit bientôt dans l'épaisseur des murs. Siam n'en revenait pas. Le Financier était doté d'un Karnevale. Etait-il donc définitivement impossible de déceler les cellules puissantes qui s'agitaient dans un corps et qui procuraient un tel pouvoir aux êtres vivants ? Ou le Financier incarnait-il la quintessence du comédien ?
La comédie. Un art qui, dans les heures, les jours, les mois à suivre, lui serait bien utile. Résolu, Siam baissa les yeux sur la demoiselle. Elle était un peu plus grande que lui, mais ses genoux fléchis ramenaient facilement son visage dans la poitrine pelucheuse. De longues boucles se déroulaient gracieusement dans son dos, illuminées d'une lueur dorée par le soleil levant. Sa toilette élégante la rapetissait davantage, lui conférant une apparence féérique. Le salon des Adams semblait s'être reconverti en Théâtre des Contes.

Après la déclaration d'amour de la petite, le silence gêné s'était installé et gagnait pesamment l'atmosphère. Etouffé, Siam se trémoussa sur ses lourdes pattes mauves et glissa légèrement sur le carrelage brillant. Par chance, la jeune fille le retenait toujours de ses petits bras musclés. Lorsqu'elle releva la tête [je me permets de la jouer], faisant glisser ses boucles blondes, il décela un unique oeil aussi brillant qu'un rubis, aussi rouge qu'un sang palpitant. Un regard d'un franchise enfantine le foudroya sur place et il comprit que trahir son Mythe signifiait signer son arrêt de mort. La chevelure Princière de la petite lui rappela une Alice et le surnom qu'elle lui avait donné lui revint en mémoire : Monsieur Lapin. Il regretta presque de n'avoir glissé dans les tréfonds de son pelage, une jolie montre à gousset.

Aussitôt, un sentiment orgasmique se propagea dans son être tout entier. Elle le prenait pour la réincarnation de son Mythe adoré, pour Sa Divinité. Ainsi donc, grâce à un simple rêve, il allait délicieusement la manipuler dans un monde sucré. Siam sentit le soulagement le gagner : il venait de trouver le moyen de conserver son honneur. Mais pour cela, il lui faudrait jouer le jeu jusqu'au bout, quitte à se convaincre lui-même qu'il était un stupide lapin mauve. Tout à coup, il éprouva la sensation désagréable de l'impatience. Il était resté immobile trop longtemps. Essayant d'oublier sa violence habituelle, il détacha les bras de fer de la petite et, tel une véritable peluche, inclina la tête sur le côté dans une moue mutine.

- Comment tu t'appelles ?

Sans attendre de réponse, il glissa une main de fourrure dans son dos, une autre sous ses cuisses, avant de la soulever sans effort. Etant Chasseur, il avait dû supporter des fardeaux bien plus pesants. C'est ainsi que, dans une démarche cotonneuse, comme en proie à une transe démentielle, il se glissa doucement à travers la longue salle à manger. Un silence presque respectueux accompagna sa progression interminable. Néanmoins, il ne put retenir un élan de fierté, voyant qu'il exerçait une crédibilité sans faille pour le moment. Tout commençait bien, mais s'il se fiait aux comportements basiques d'un enfant, il était probable qu'Aurore soit sujette à des crises exaspérantes. Dans ses réflexions, il posa distraitement la jeune fille sur son fauteuil avant de lui tendre le millefeuille qu'elle avait auparavant laissé tomber. La pâtisserie fut agitée de tremblements crémeux dans sa patte chaude, tandis que le Lapin la condamnait à mort.

- Mademoiselle désire-t-elle une tasse de thé ?
demanda-t-il en brandissant le petit récipient de porcelaine.

Ridicule, Siamounet. Tu es complètement ridicule.

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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Dim 23 Mai - 12:55

You should have known the price of Evil...

Un rêve. Une incarnation de ses songes les plus profonds, les plus secrets, les plus intimes. Cette vie ingrate lui apportait sur un petit plateau d'argent l'incarnation pelucheuse et matérielle de toutes ses illusions. Même pour elle, habituée à s'épanouir dans son Univers inexistant et irréel, ce moment lui semblait tellement improbable qu'elle se demandait si, en vérité, elle n'était pas toujours allongée dans son grand lit de nuages, les paupières fermées sur une belle histoire imaginaire. Les yeux fermés, plongés dans ce torse de fourrure mauve, sa couleur préférée même si elle ne le montre jamais, la jeune demoiselle savourait du bout des lèvres ce moment qu'elle espérait voir durer, durer, s'étendre encore et encore et ne jamais se terminer. Qu'il s'agisse d'un énième rêve acidulé ou de la réalité la plus folle et concrète, elle n'en avait que faire. L'important, l'essentiel, était que dans le moment présent, elle tenait dans ses petits bras pâles, serré contre elle, celui qu'elle avait toujours aimé, tellement aimé.

Elle resserra son étreinte dans un soupir d'absolu contentement et d'apocalyptique plaisir, sans se préoccuper du fait que l'homme qu'elle haïssait, ce financier de marbre noir hypocrite, partait, les laissant, elle et son Lapin, seuls. Bien loin de se douter de tout ce qu'il se passait en réalité, elle ne remarqua bien évidemment pas la profonde détresse dans laquelle était plongé son compagnon pelucheux et dans laquelle l'homme qui l'avait conduit ici le laissait désormais. Elle se contenta d'agrandir un peu plus le sourire qui fendait et illuminait déjà son visage lorsqu'elle entendit le grincement de la porte que l'on referme et le son des pas qui s'éloignent. Les intrus partaient enfin, et ils la laissaient enfin seule dans son Monde, dans son rêve perpétuel. Son sanctuaire inviolable où personne n'a le droit d'entrer sans son inconsciente autorisation.

Le visage toujours enfouit dans ce monde de douceur cotonneuse, câlinant et enlaçant toujours avec passion Mr. Rabbit, en elle-même, elle rêvait déjà. Elle s'imaginait mille et une choses, mille et une histoires. Elle se voyait déjà courir vers un encadrement de lumière, tenant fermement la douce patte mauve de son compagnon. Elle s'imaginait déjà qu'il la prendrait dans ses bras et la ferait voler dans le ciel rose. Elle pourrait aller écouter les nuages chanter tandis qu'elle serait pendue à son cou. Il la protégerait et pourrait éclaircir ses méchants cauchemars qu'elle fait toutes les nuits pour en faire de délicieux rêves comme elle voudrait qu'ils soient.

Elle s'imaginait déjà passer une éternité toute entière à jouer et à s'amuser avec lui, sans avoir à se préoccuper du Temps qui s'écoule furtivement ni d'autre chose. Ne plus se préoccuper de cette horrible vie. Elle pourrait sourire désormais, elle pourrait être heureuse parce qu'elle n'était maintenant plus toute seule dans son profond délire incompréhensible. On allait l'accompagner, on allait lui tenir la main et on ne la laisserait jamais, jamais tomber. Elle en était convaincue, profondément convaincue. Les ténèbres et la profonde et désagréable folie qui envahissaient son pauvre petit cœur malade depuis tant et tant d'années allaient enfin être violemment balayés.

Elle entrevoyait déjà une éclatante éclaircie dans son petit Monde qui malgré ses efforts restait toujours aussi sombre et follement chaotique. Elle recréait déjà sa vie, elle l'imaginait déjà totalement différente, bouleversée par cette apparition divine et inespérée. Calée contre son amour mauve, elle se sentait bien. Tellement bien. Elle resserra un peu plus son étreinte, riant d'un rire cristallin et enfantin. Un rire pur et franc, dans lequel il n'y avait pas une seule pincée d'hypocrisie aristocratique.

Elle était faible et naïve à ce moment, alors qu'elle tenait contre son cœur Mr. Rabbit. Oui. Pour elle, c'était lui, c'était réellement lui.

Il ne pouvait pas en être autrement.


And it hurts to know that you belong here...

Le silence. Tout comme ce moment en général, Morgane profitait également de ce délicieux silence qui s'était progressivement installé dans la pièce toute entière. Elle écoutait. Elle entendait. Son propre souffle, le souffle de Mr. Rabbit. Elle percevait les battements affolés de son petit cœur si sensible et si émotif. Soudainement, elle sentit son compagnon qui glissait sur le sol. Elle continua à le tenir fermement dans ses bras fragiles. Doucement, elle leva son visage de petite poupée semi-brisée et posa son œil ensanglanté sur le visage de son compagnon aux grandes oreilles. Il était magnifique, parfaitement magnifique. Encore plus que dans ses rêves les plus improbables et incroyables. Son regard brillait, miroir de ses puissants sentiments qui s'entremêlaient dans son esprit enfantin. De l'amour le plus brûlant à l'admiration la plus totale. Un regard qui plongeait dans celui du grand Lapin, lui transmettant des tréfonds de son iris la franchise et la pureté de toutes ses émotions.

Et puis, elle le sentit de nouveau bouger. Elle le vit dé-serrer et mettre fin à sa longue et passionnée étreinte. Tout en douceur. C'était agréable. Un profond sentiment de plénitude décida soudain de l'envahir alors que son compagnon accédait à son désir qu'elle avait secrètement espéré. Elle se vit s'envoler et quitter le sol froid, délicatement soulevée et portée par ces bras pelucheux. Elle paraissait si fragile. Elle petite poupée de porcelaine délicatement folle et ébréchée. Lui puissante peluche lapine qui accédait et comblait tous ses vœux les plus chers. Il se mit alors en mouvement, marchant tout en tenant son fragile colis. Elle enlaça son cou de ses petits bras et logea sa tête contre celui-ci.


«Tu es tête en l'air, Mr. Rabbit...!»

Un petit rire s'échappa d'entre ses lèvres. Elle aimait son inconscience et elle le connaissait, elle savait qu'il était toujours plongé dans d'indescriptibles réflexions qui lui faisaient souvent oublier beaucoup de choses. Son regard toujours rivé sur le visage du Lapin, elle continua de parler, avec enthousiasme.

«Tu sais bien, moi, c'est Morgane !»

Elle leva légèrement la tête, approchant sa bouche de l'oreille de Mr. Rabbit et lui murmura doucement les paroles suivantes.

«Mais tu peux m'appeler Elly...»


Elle plongea de nouveau son regard dans le sien, le gratifiant d'un gigantesque sourire alors qu'il la déposait doucement sur la chaise qu'elle avait préalablement quittée. Elle se laissa docilement faire, avançant doucement ses lèvres vers le millefeuille qu'il lui tendait de sa patte de fourrure, le capturant entre ses crocs affamés, parcourue par un agréable frisson de profonde satisfaction.

Lorsqu'il lui proposa du thé, elle jeta un coup d'œil à sa petite tasse vide. La capturant entre ses doigts fins, elle la tendit dans sa direction avec grand plaisir, regardant avec un œil brillant le liquide chaud qui s'écoulait dans le récipient dans une vapeur immaculée. Après en avoir savouré une petite gorgée, elle tendit le bras vers l'apparence première de Mr. Rabbit, la petite peluche qui reposait sur la chaise rehaussée de coussins de velours, et la déposa sur ses genoux. Elle reporta son attention sur le Mr. Rabbit actuel et lui montra de l'index le petit trône désormais libre.


«Voilà, c'est ta chaise, tu peux t'assoir !»

No one to call...

La demoiselle sélectionna une nouvelle pâtisserie à dévorer, puis porta à ses lèvres sa petite tasse de thé afin d'en reprendre une nouvelle et chaude gorgée. Elle posa ensuite de nouveau son regard sur Mr. Rabbit qu'elle regarda avec insistance et fascination. Elle resta comme cela un certain moment, heureuse dans ce silence contemplatif. Puis, parcourue d'une pulsion irrépressible, des mots s'écoulèrent de nouveau d'entre ses douces lèvres rosées.

«Mr. Rabbit, tu veux que je te raconte mon rêve ?»

Elle n'attendit pas sa réponse et, avec un grand sourire, avec une passion et un enthousiasme non-dissimulés, un flot de paroles commença à se déverser à très grande vitesse de sa bouche affolée.


«Tu sais il était pas très drôle mon rêve de cette nuit. En fait je me souviens qu'au tout début j'étais quelque part mais je me souviens plus vraiment où... Enfin, ça ressemblait pas à quelque chose qu'on pourrait voir ici tu sais. C'était bizarre et puis c'était vide. Je me souviens, il y avait pas de bruit, c'était silencieux. Je me sentais pas très bien et puis j'étais toute seule... Il faisait noir, je voyais rien et j'avais l'impression que j'étais dans le vide. Alors j'ai essayé d'appeler quelqu'un. Je me souviens, j'ai hurlé. J'en suis sûre. Sauf que tu sais, j'arrivais pas à parler... Je veux dire, je parlais mais j'entendais rien, comme si j'étais muette. J'ai eu peur, alors j'ai commencé à courir, mais comme c'était vide et qu'on voyait rien, je savais pas trop où j'allais... Et puis à un moment je suis tombée, je sais pas trop pourquoi... Mais je suis tombée et en fait il y avait du sol. C'était froid et chaud en même temps. C'était pas vraiment dur, mais c'était pas mou non plus...»

Elle marqua une pause, semblant se concentrer pour se souvenir du reste.

«Je me souviens qu'après, il y a eu une lumière. C'était pas une lumière comme celle qu'il y a maintenant, c'était une lumière rouge et foncée. Ça éclairait pas beaucoup, mais ça me faisait mal aux yeux. Alors je les ai fermés un moment, et quand je les ai rouverts, la lumière était devenue plus claire et j'arrivais à voir ce qui m'entourait. C'était...»

Un frisson la fît trembler toute entière.

«C'était bizarre... Y avait des gens, partout... Mais... Mais ils étaient bizarres... Ils étaient accrochés dans le vide... Ils étaient pas comme moi... Ils étaient tout déformés... Comme ma poupée qui était cassée et que j'ai essayé de réparer toute seule... Mais j'y suis pas arrivée... Et puis ils faisaient peur... Je crois qu'ils étaient...»

Elle hésita un instant avant de continuer sa phrase, comme si elle n'était pas certaine du mot qu'elle allait utiliser.

«...Morts ?»

Un nouveau frisson la parcouru toute entière. Ce mot lui faisait peur, terriblement peur. Elle baissa les yeux sur son assiette.

«Mais je les voyais bouger... Je les voyais parler aussi. Je veux dire, je voyais leurs lèvres bouger. Mais j'entendais rien. Il y avait toujours pas de bruit. J'ai commencé à avoir très peur.»

Elle répéta ces deux derniers mots d'une voix faible. Elle leva de nouveau les yeux vers Mr. Rabbit, inquiète et affolée.

Everybody to fear...

Elle resta silencieuse un moment, légèrement tremblante, avant de reprendre la parole.

«Et puis après... J'ai regardé ce qu'il y avait par terre. Et puis là aussi j'ai eu peur... Parce que c'était pas le même sol qu'ici. Je crois que c'était... Des visages... Mais ils étaient déformés eux aussi... Et puis il y en avait plein... Partout... Il y en a, je crois qu'ils pleuraient. Et puis d'autres, je crois qu'ils hurlaient... Eux aussi je voyais leurs lèvres bouger mais j'entendais rien... Rien... Alors je me suis levée et puis j'ai commencé à courir vers là d'où venait la lumière. Je sais plus si j'ai couru longtemps ou pas... Mais à un moment je suis arrivée dans une salle bizarre. Au-dessus de moi il y avait la lumière rouge qui se reflétait partout sur les murs et le sol. Je crois que c'était des miroirs. Il y avait des reflets aussi, mais c'était pas le mien. C'était des visages aussi... Ils étaient tordus... Au début, là aussi j'ai rien entendu, et puis...»


Sa voix commençait à devenir tremblante, son œil, lui, commençait à briller d'une humidité naissante.

«Mais, mes oreilles elles sifflaient de plus en plus. Et j'entendais des bruits qui devenaient de plus en plus forts. Au début j'entendais pas grand chose... Mais... Mais à force c'était horrible... Ça résonnait... Partout... Des hurlements... Des pleurs... Ça résonnait dans ma tête, ça faisait mal. Ça faisait très mal... Et puis j'entendais des voix aussi qui disaient quelque chose, mais j'arrivais pas à comprendre quoi. J'avais peur... Et puis j'ai vu un couloir. Alors j'ai couru. C'était un long couloir, il était comme la pièce d'avant, c'était des miroirs partout... Il y avait toujours les visages sauf que là, il y avait plus que ceux qui parlaient... Et plus j'avançais, plus ils parlaient fort et plus j'arrivais à comprendre ce qu'ils disaient... Ils disaient...»


Un mince filet de larmes commença à s'écouler de son œil écarlate.

«Ils disaient... Ils disaient que je devrais pas être là. Ils m'hurlaient dessus que je devrais pas exister, que j'aurais jamais dû naître. Ils disaient que personne voulait de moi, que personne voulait s'occuper de moi. Ils disaient que tout le monde s'en fichait de moi. Ils disaient que...»


Elle se mit à sangloter.


«Ils disaient que je devrais mourir... Que ça serait mieux pour tout le monde... Que de toute façon je méritais pas de vivre... Que j'étais juste une erreur...»

Totalement affolée, elle continuait de fixer avec insistance Mr. Rabbit, implorant son aide du regard. Elle tendit vers lui une petite main tremblante et caressa son corps recouvert d'une fourrure agréable et apaisante. Toutes les nuits, elle faisait les mêmes cauchemars horribles. Toutes les nuits, on lui disait que son existence même était une honte. Toutes les nuits, on lui intimait l'ordre de mourir. Toutes les nuits, elle était seule pour affronter tous ces démons qui voulaient la faire sombrer.

«Mais... Mais toi tu penses pas ça hein ?»

Oui. Elle n'était plus seule maintenant.

«Toi, tu m'aimes... Tu vas m'aider... Je suis plus toute seule maintenant...»

Son ton était presque implorant.

«Hein, Mr. Rabbit...?»






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Lun 24 Mai - 13:41

[Je suis sans doute pas là ce soir, je le poste maintenant. J'espère que ça te plaira ♥️]

♪ About a Girl ♪


Sans bruit, aussi docilement qu'un enfant, le petit lapin mauve posa son postérieur poilu sur le petit trône présenté par la demoiselle. Il espéra ne pas le casser, mais l'objet semblait supporter son poids - il était par ailleurs terriblement léger pour son âge et sa taille. Il versa presque automatiquement le thé fumant dans la petite tasse de...Morgane. Ainsi c'était son prénom. Il était joli, de belles sonorités attestant de sa nature trop juvénile pour un âge majeur. Elle s'empara presque aussitôt de l'innocente pâtisserie qu'elle enferma cruellement dans sa bouche. Siam tressaillit. l'ambiance semblait s'alourdir de secondes en secondes, et ce n'était pas seulement à cause de son costume surchauffé. Il semblait que cette petite fille que l'on croyait folle était bien plus dangereuse qu'elle en avait l'air. Il ignorait pour quoi, mais en l'espace d'une fraction de seconde, il avait cru qu'elle...le dévorait comme un animal sauvage aurait dévoré sa proie. Il détestait cette ambiance glauque et inconnue. La pièce s'étalait pourtant sur des dizaines de mètres carrés mais il étouffait déjà. Tentant difficilement de se maîtriser, il avala une gorgée de thé pour lui faire plaisir. Il détestait formellement ce breuvage clair. Cependant, les manières de l'aristocratie obligeaient à avaler n'importe quelle substance avec impassibilité et politesse, aussi dégoûtante soit-elle.

Son estomac se contracta lorsqu'il sentit le liquide descendre lentement dans son œsophage et lui brûler les entrailles. Il aurait mille fois préféré de l'alcool. Son dégoût sembla cependant se dissoudre lorsqu'il porta son attention sur Morgane. Il la regardait manger, simplement manger. Rien que ces gestes - d'une banalité écrasante - évoquaient quelque chose en lui, quelque chose d'anormal. Lever une tasse, la porter à ses lèvres. Saisir un gâteau, l'enfourner dans le gouffre de son être inférieur. Il regarda une nouvelle fois la salle, puis Morgane. La petite contrastait violemment avec cet environnement. Etrangement, elle ne semblait pas du tout appartenir à l'aristocratie. Ce milieu trop poli, trop brillant, trop hypocrite auquel lui-même s'intégrait si bien malgré sa haine...Non. Morgane ne venait pas d'ici. Elle avait beau se vêtir comme une princesse, sa négligence et son vocabulaire tranchaient avec les idées reçues de l'environnement mondain. Son regard curieux s'éclaircissait malgré lui. En effet, malgré son hostilité permanente, il semblait éprouver un minimum de sympathie envers elle. Néanmoins, rien qu'à la voir, elle était tout ce qu'il y a de plus taré.
Et puis, vint le rêve. Siam soupira.

♪ Smells Like Teen Spirit ♪

Peut-être n'aurait-il pas dû. Sa lassitude eut raison de lui. Il ferma les yeux, exaspéré et Morgane choisit ce moment pour se lancer dans son récit. Emprisonné dans sa camisole, réduit à la cécité il ne pouvait que l'écouter, tel un psychologue. Les images défilèrent dans sa tête, dans un film accéléré et mal monté. Les séquences se succédèrent, maladroites, froissées, bâclées, déformées. Elles se mêlèrent à l'odeur du thé, dont les particules devinrent des remugles d'hémoglobine. Alors qu'il imaginait douloureusement Morgane s'échapper entre des filets de regards acérés comme des griffes, le décor du désert se matérialisa sous ses yeux. Sa peau se déchira dans des explosions de sueur qui lui lacérèrent la peau comme de l'acide. Le soleil le dévorait d'un faisceau lutéal, enfonçant dans son corps ses vitraux de plomb. Dans les murmures de Morgane se glissaient les grognements des tigres. Son cœur s'accéléra. Le visage de Lust éclaira sa vision, mais le sourire qu'il allait étirer fut effacés par ses dents. Il se mordit la lèvre en entendant le cri déchirant vociféré par sa sœur. Elle tomba sur le sol. Puis plus rien. Le néant décrit par Morgane.

Les visages apparurent, déformés par la rage et la tristesse, comme Morgane les décrivaient. Il essayait de leur échapper mais en vain. A chaque coin de rue, chaque traversée, chaque sortie, elles le rattrapaient avec joie et cruauté. Les voix hargneuses et abhorrées hurlèrent de concert leur litanie létale. "Tu n'aurais pas du naître. Tu n'as rien à faire ici. Tu dois mourir. Tu dois mourir pour son bien. Tout est de ta faute. C'est à cause de toi ! A cause de toi !"

A CAUSE DE TOI !


♪ Rape me ♪

Siam ouvrit les yeux. La lumière du soleil qui se jetait sur le carrelage des dames lui arracha une larme aveuglante. Il l'effaça rapidement à l'aide de sa patte pelucheuse mais ne put faire cesser la brûlure atroce qui lui déchirait l'œil. Ses paupières se rabattirent sur ses yeux pendant quelques secondes. Lorsqu'il les souleva, lourdement, son regard croisa celui de Morgane. Une larme chaude, échappée de son unique œil, sillonnait sa joue pâle. Les sanglots étranglaient sa petite poitrine tandis qu'elle hoquetait par saccades. Siam baissa les yeux, ne pouvant soutenir plus longtemps cet iris baigné de souffrance. Il ne l'avait pas senti, mais elle avait posé sa douce main sur sa grosse patte mauve et chaude. Alors qu'elle le suppliait d'une voix implorante de l'aider, ses doigts fins se crispèrent dans la fourrure et atteignirent son véritable poignet dont le costume étouffait les tremblements. Si...si il l'aimait ?! Siam retira sa main un peu trop sèchement et se leva aussitôt.

- Excuse-moi Morgane, je peux ouvrir la fenêtre ?


Sans attendre de réponse, il se dirigea vers l'une des nombreuses baies vitrés. Il s'attaqua à la poignée avec une vigueur désespérée, comme si sa vie en dépendait. La vitre coulissa violemment sur le côté, et il se jeta sur le balcon. L'air frais de la matinée s'engouffra dans ses poumons comme une tempête hivernale. Il respira à grandes bouffées, avant de reprendre son calme. Le souffle saccadé, il eut finalement la contenance de se tourner vers Morgane. Mais avant, il retira comme une moufle une partie de sa patte droite. Ses mains moites de sueur embrassèrent le soleil et se dirigèrent vers ses yeux. Il arracha d'un geste ses lentilles noires qu'il jeta dans le vide, remit sa patte et se tourna vers Morgane. Il respira, s'assurant qu'il tenait toujours debout, avant de s'avancer de nouveau dans la grande salle à manger. Arrivé à la hauteur de Morgane, il se baissa légèrement et de sa grosse patte essuya le sillon de larme. Il désigna son propre œil droit, lui aussi scintillant de sang.
- Tu sais quoi, on se ressemble, toi et moi.

♪ All Apologies ♪

Il n'était pas prêt à lui dire "Je t'aime", tout simplement parce que cette déclaration éloquente ne revenait qu'à Lust. Ils ne vivaient pas dans un monde aussi mauve que celui du Lapin dont il arborait le costume et par conséquent, il lui était certainement impossible de lui prodiguer la moindre affection amoureuse ou amicale. Il se sentait cependant capable de lui prodiguer un peu d'attention et de sympathie. Après tout...elle n'était pas si différente de lui. Un vieux con, son père adoptif sans doute, lui avait appris que les êtres humains se liaient avec ceux qui leurs ressemblaient. Dans ce cas...était-il aussi timbré que Morgane ? Cette jeune fille l'intriguait fortement, et il était bien décidé à découvrir le mystère qui l'habitait. Même si ses divagations lui retournaient le cerveau, elle lui ressemblait trop. Et, principe Opalien obligeait, il était interdit de faire souffrir ses semblables.


- Mes rêves ne sont pas très différents des tiens, tu sais. Ne t'inquiète pas. Tu n'es plus seule, maintenant. Je sais pas si je pourrais t'aider. Mais t'es plus seule...Elly...

Fortement réticent, il écarta un peu les bras et bredouilla :

- Câlin ?


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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Mar 25 Mai - 12:37

It's empty and cold without you here...


Un regard. Un regard torturé et chaotique. On y plonge. Il est impossible d'en ressortir dès lors que l'on y reste un petit peu trop longtemps. Toutes ces terribles émotions, ces horribles sentiments se nouent autour de votre gorge palpitante et vous noient dans une étreinte dramatique. Un regard humide de sang qui pleure une trainée d'eau noire de toute cette profonde tristesse. Un regard abîmé de cette douleur qui devient une douloureuse lassitude. Un regard poignant qui vous étouffe et vous fait craquer. Il s'attaque à votre faible cerveau qui n'était pas préparé à subir une telle puissance. Il fait fondre vos neurones. Il fait suinter en vous ce subtile sentiment de souffrance partagée.

Elle pleurait, la bouche suffocante et entrouverte. Elle éliminait le trop plein d'émotions qui se bousculaient en une masse compacte dans son esprit. Elle n'en pouvait plus de devoir subir de son petit être faible et frêle un tel déferlement d'obscurité. Le Temps était toujours contre elle. Plus il filait, plus elle sombrait. Elle se noyait elle-même dans sa profonde folie qui la dévorait toujours plus comme une bête affamée. Jamais elle ne la lâchera. Son cœur toujours serré et emprisonné dans cette cage d'occulte mélancolie désespérée, elle continuait de fixer Mr. Rabbit de ce regard impitoyable. À l'intérieur d'elle-même la notion d'aide continuait de résonner, s'amplifiant de plus en plus, hurlant comme mille créatures agonisantes dans les tréfonds de son crâne.

Lorsque le Lapin se leva, Morgane ne réagit même pas. Elle se contenta de le suivre du regard, entendant sans le comprendre ce qu'il lui demandait, parvenant tout simplement à percevoir son prénom que jamais personne ne disait. Elle écarquilla les yeux dans un réflexe alors que les sept lettres qui composaient son identité résonnaient elles aussi dans sa petite tête incompréhensible. Elle sentit derrière-elle le souffle glacé du vent matinal venir lui caresser la nuque, faisant légèrement s'envoler ses cheveux blonds.

Et puis, le regard flou, elle vit une grosse patte mauve venir la purifier de ces larmes malsaines. Elle tressaillit légèrement alors que son œil sanglant revenait doucement à la réalité et se posait sur Mr. Rabbit dans de légers tremblements sanguins. Il plongea dans son jumeau sanglant que la patte lui présentait. Il l'observait, se fondait en lui. Elle resta ainsi un long moment, sans un mot, sans esquisser une seule petite parole. Et puis, toujours sans un son, elle avança sa main vers le visage qui lui faisait face. Du bout de ses doigts froids, elle caressa doucement l'arcade sourcilière qui surplombait l'œil écarlate du Lapin, glissant délicatement vers le coin de l'œil en un arc de cercle soigné avant de s'estomper sur la joue et de retourner vers sa maîtresse.

Elle porta cette même main à son propre œil droit. En effet. Ils se ressemblaient. Elle n'était pas la seule à avoir un regard maudit. Elle n'était pas la seule à souffrir de ces yeux carmins et effrayants. Elle n'était pas la seule, oui. Toujours sans quitter du regard cet œil sanglant qu'elle fixait intensément, instinctivement, elle vint écarter la mèche de cheveux qui, protection capillaire, recouvrait dans un rideau étincelant son œil gauche.

À première vue, il n'était absolument pas différent de son frère droit. Mais, là où le second brillait d'une petite étincelle pétillante de vie et de folie, celui-ci semblait plus sombre et presque totalement éteint. Même découvert, il ne voyait presque plus rien. Pas encore un noir d'encre, mais déjà un gris très sombre. Elle rabattit sa mèche sur le côté, essayant comme elle le pouvait de la maintenir en place d'une seule main, afin de laisser son deuxième œil dégagé.

Simplement pour se découvrir, elle-même, un petit peu plus face à cette incarnation pelucheuse. Pour lui montrer qu'en effet, comme il l'a souligné, ils se ressemblent, elle et lui.

Elle n'est pas unique.


I see my vision burn...


Devant ses yeux défilèrent de nouveau les images de son cauchemar obscur. Elle se vit de nouveau courir dans ce néant suffocant et tomber sur ce sol masqué. Elle revoyait la lumière, elle revoyait les corps, elle revoyait les visages. Elle entendait de nouveau les cris et les voix. Elle se voyait de nouveau s'épuiser dans une fuite vaine et inutile. Mais cette fois, dans sa peur, dans sa détresse, dans ses sanglots, elle distinguait au loin, tout au fond du couloir, un encadrement d'une douce lumière blanche apaisante. Elle se voyait courir, accélérer malgré son cœur qui devenait de plus en plus douloureux. Et elle pénétrait dans une nouvelle pièce. Une pièce totalement vide, sans aucune limites. Une pièce dans laquelle s'épanouissait une blancheur lumineuse immaculée. Et tout au milieu de ce néant rassurant, dans lequel les voix horribles venaient mourir dans un silence respectueux, elle voyait Mr. Rabbit qui l'attendait. Elle s'avança lentement pour le rejoindre, et plongea tête la première dans la chaleur de ses bras tendus. Elle réinventait son rêve. Une belle fin.

Sans s'en rendre compte, d'elle-même, inconsciemment, elle venait de se laisser tomber à genoux dans les bras pelucheux qui étaient tendus vers elle. Elle se laissa tomber dans ce cocon cotonneux et chaleureux. Elle se laissa aller à la plénitude spirituelle dans ce sanctuaire mauve. Elle se blottit avec plaisir dans ce Monde que lui offrait son compagnon animal. Son petit cœur compressé se calma progressivement et se détendit finalement tandis que sa respiration devenait un peu plus régulière. Son œil se purgeait des dernières traces d'humidité larmoyante qui restaient encore dans le coin de ses paupières. Elle était heureuse. Elly.

Dans son petit paradis de fourrure, elle ne pensait plus à rien. Ses démons intérieurs étaient loin cette fois, refoulés tout au fond de son âme. Ils reviendraient probablement, mais pour le moment, ils n'étaient plus rien. Ils étaient faibles. Ils ne pouvaient pas s'attaquer à la divine barrière qui venait de se dresser entre eux et leur pauvre victime. Se blottissant davantage contre lui, elle lui glissa entre deux brins de fourrure mauve un petit murmure délicat.


«Merci...»

Il l'avait dit. Elle n'avait plus à s'en faire désormais. Elle n'était plus seule. Il était là pour elle et il allait tout faire pour qu'elle aille mieux. Elle en était certaine. Il allait être là avec son pinceau magique pour repeindre ses rêves noirs en blanc, pour qu'ils se terminent toujours bien, aussi horribles qu'ils puissent être. Il était son sauveur. Elle pourrait compter sur lui... Pour toujours.

Elle leva vers lui ses yeux, son œil traversé d'une insidieuse joie juvénile. Une expression de joie silencieuse comme seuls les enfants peuvent le faire, du haut de leur profonde franchise. Ils expriment à la perfection la moindre nuance émotionnelle qu'ils pourraient ressentir, sans qu'elle soit souillée par une quelconque marque de mensonge et d'hypocrisie. Doucement, elle se releva légèrement, toujours blottie contre le corps pelucheux de Mr. Rabbit, jusqu'à ce que son visage de petite poupée soit au niveau du sien. Un large sourire se dessinait sur son visage alors qu'elle le contemplait avec bonheur.

Puis, tout doucement, elle abaissa ses paupières sur son regard carmin. Tout doucement, sans violence, avec une légèreté infantile, elle approcha ses lèvres roses de la joue de Mr. Rabbit et y déposa un baiser léger avant de se retirer et de blottir sa petite tête blonde contre le torse du Lapin, enlaçant sa nuque de ses bras pâles.

Elle resta ainsi un long moment, silencieuse, profondément heureuse et satisfaite. Elle s'enveloppait d'une douce couverture de légèreté dans ce joli Monde dans lequel elle se plongeait toute entière, corps et âme.


I feel my memories fade with time...


Elle ne voulait pas mettre fin à cette délicieuse étreinte qu'elle savourait comme autant de douces pâtisseries. Blottie dans une prison crémeuse de laquelle elle ne voulait pas s'enfuir, elle se délectait du temps qui passait comme s'il s'agissait d'une garniture fruitée. Prisonnière volontaire de ces bras de fourrure, elle se laissait sombrer dans une énième rêverie de laquelle elle n'allait pas s'extirper cette fois. Une illusion vitale qu'elle ne veut pas voir se déchirer et s'envoler, loin d'elle. L'abandonner à cette réalité qui lui fait tellement peur. Une invention qu'elle ne laisserait pas la quitter. Non. Une sucrerie infinie qu'elle dévorera pour l'éternité. Sans jamais y mettre fin. Elle en mourrait.

Elle se releva soudainement, d'un coup, comme si une idée géniale venait de lui traverser en un foudroiement ingénieux l'esprit. Elle se mit de nouveau debout, mettant fin à cette étreinte passionnée, et glissa sa main dans la patte mauve de Mr. Rabbit, l'attrapant et le traînant derrière elle. Enjouée, elle lui exposa la suite du programme.


«Tu viens, on va jouer !»

Ne masquant pas son plaisir, elle marchait d'un pas pressé et jovial, attrapant au passage l'incarnation pelucheuse de Mr. Rabbit pour le serrer contre elle, et se dirigea vers la grande porte qui avait été déjà tant de fois ouverte et refermée en si peu de temps. Elle fit courir ses doigts fins sur la poignée et en actionna le mécanisme complexe dans un cliquetis métallique. Elle ouvrit la masse de bois dans un grincement fatigué et, toujours en tirant son grand compagnon derrière-elle, s'engouffra dans le long couloir qui faisait le lien entre les nombreuses pièces de l'immense demeure de la demoiselle. Tout en avançant, elle commentait tout ce qu'ils pouvaient voir.

«C'est grand ici alors parfois je me sens seule.»

Il est vrai qu'il est difficile de s'imaginer qu'une si vaste bâtisse était la propriété d'une seule jeune femme à l'esprit émietté. Et pourtant, elle était la seule à profiter de cet immense vide architectural, s'amusant parfois à s'y perdre pour finalement retrouver elle-même son chemin entre les différentes intersections des dalles blanches et noires qui s'étalaient sur le sol.

«Mais c'est moi qui ai tout décoré.»

Elle désigna du regard les étagères sur lesquelles étaient disposées bien en rang, classées par la couleur des vêtements, de leur cheveux, de nombreuses poupées, toutes différentes. Elles représentaient en quelque sorte la famille et les proches qu'elle n'a jamais eu l'occasion de posséder dans sa vie. Alors, elle même avait créé sa propre famille. Une famille de porcelaine à laquelle elle pouvait ajouter qui elle voulait, quand elle le voulait.

Leur périple jusqu'au fond du couloir continua encore un petit moment, les faisant passer devant une multitude de portes qui menaient encore à d'autres couloirs qui eux, menaient à d'autres pièces. Mais elle s'en fichait, elle connaissait son objectif. C'était son sanctuaire, l'endroit où jamais personne n'avait le droit d'entrer.

Finalement, elle s'arrêta, et lâcha la patte de Mr. Rabbit. Elle se dirigea d'un pas léger vers la porte qui se dressait désormais devant eux.

C'était sa chambre. La pièce où elle créait sa vie, ses illusions, ses rêves. Le cœur battant de son Monde.


A melody, a memory, or just one picture...


Sur la petite porte, en haut, une plaque dorée annonçait d'une écriture maladroite et écarlate où l'on s'enfonçait en ouvrant ce portail.

«Chambre de Morgane»


Elle lu, pour elle même, avec un petit sourire triomphal ce qui y était écrit. Elle se retourna vers Mr. Rabbit, tenant toujours son homologue miniature.

«C'est ma chambre.»

Elle s'approcha de lui, et lui murmura quelques mots dans le creux de son oreille.

«Tu sais, normalement, personne a le droit d'y entrer. Mais toi tu peux...»

Elle recula, toujours souriante, avant de reporter son attention sur la porte. Elle posa sa main pâle sur la poignée glacée, et l'abaissa afin d'ouvrir en un nouveau grincement cette nouvelle porte. Elle ouvrait l'accès à son univers personnel. Elle y pénétra et referma la porte une fois que son compagnon l'eut suivie. La pièce était comme elle l'avait laissée à son réveil. Son lit défait, quelques draps traînant négligemment sur le sol, attestait de la rage qui l'avait parcourue lorsqu'elle quitta le monde des songes. Comme d'habitude, la fenêtre était entrouverte derrière des rideaux d'un rose pâle afin d'aérer l'endroit. C'était une chambre plutôt simple, en réalité, malgré un sol semblable à un miroir et ses murs rosés. Mis à part l'immense lit qui trônait fièrement au milieu de la pièce, il n'y avait pas énormément de meubles. Seul un bureau, à côté de la fenêtre, recouvert d'une multitude de petites choses, une petite chaise de bois et la chaise de velours servant de trône à la peluche de Mr. Rabbit étaient présents. Elle y déposa d'ailleurs le lapin, avant de s'intéresser à un objet caché dans un coin de la pièce. Elle s'y dirigea et traîna avec peine l'énorme coffre en bois jusqu'aux pieds du grand Lapin. Elle glissa à l'intérieur de la serrure qui le maintenait fermé une petite clé blanche et souleva avec soin le couvercle, le regard pétillant.

C'était son coffre à jouets. Ou plutôt à peluches. Elle plongea avec nostalgie son bras au milieu des êtres cotonneux, en sélectionnant plusieurs à dévoiler au monde extérieur. Un lapin, un ours, un castor et d'autres qu'elle aligna avec soin devant elle. Elle referma le coffre et le poussa dans un coin avant de s'assoir par terre, aux côtés de ses peluches.


«Eux, c'est mes amis...»

Elle caressa du bout des doigts les faux animaux.

«Je les aime beaucoup.»

Elle les prit tous dans ses bras, baissant les yeux, la mine soudainement triste.

«Mais les gens ils disent qu'ils existent pas...»

Elle se releva, les laissant tomber, et alla prendre la peluche de Mr. Rabbit qu'elle avait préalablement déposée sur son trône. Elle se posta en face de son incarnation réelle et lui tendit fièrement la peluche, du bout des bras, et parla dans un petit murmure mélancolique.

«Mais toi tu existes. Alors tu crois que les gens vont me croire maintenant...?»






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Lun 28 Juin - 21:45

Siam se gratta le derrière avec confusion, comme si les gènes du Lapin commençaient à se mélanger aux siens. Il s'imagina alors les hélices de son ADN s'immobiliser tout à coup, attaquées par des molécules X d'un violet éclatant. Un frisson glacé parcourut sa colonne vertébrale ; un spasme à moitié retenu le secoua. L'expression de son visage, ses traits tirés, indiquaient une profonde réflexion. Des questions rhétoriques, comme la raison de sa présence, la crédibilité de Morgane, sa propre conscience des évènements, martelèrent les parois de son crâne avec insistance. Il épongea la sueur qui ruisselait sur son front - manifestation dont Morgane ne semblait avoir cure - avant de tendre une main en direction de la réplique miniature de son costume. Il saisit le petit lapin entre ses pattes pelucheuses et le considéra un instant, avant de poser de nouveau ses yeux sur Morgane. Cette petite parlait beaucoup trop à son goût, sans doute était-elle habituée à se faire la conversation à elle-même, imaginant que ses peluches innocentes lui répondaient. Siam ne préféra pas imaginer les acteurs qu'elles devenaient dans ses délires morbides.

Les yeux Siamois retombèrent sur le corps de la peluche éponyme. Il considéra l'animal violet, recouvert d'une douce fourrure, comme pour affronter un hiver rigoureux. Ses longs oreilles tombaient en éclats sucrés de chaque côté d'une petite tête ronde, percée d'yeux innocents, sans expression. Une peluche ordinaire, avec quatre pattes pendantes. Siam ignorait totalement ce qu'elle pouvait lui trouver. Lui-même n'avait jamais connu les peluches. Les rares jeux et jouets qui se massaient dans les salons de l'Orphelinat et faisaient la joie des pensionnaires ne l'avaient jamais intéressé. En général, il passait le plus clair de son temps en compagnie de sa sœur Lust et de son meilleur ami Lear. Les discussions diverses et variées peuplaient la majorité de leur temps libre. Alors, les peluches...
Alors, c'est ainsi que tu me vois. Une boule de poils extravagante au sourire brodé, rempli de mousse et silencieux ? Un vulgaire jouet que tu peux étreindre à ta guise, sans jamais t'en séparer ? Une éternelle propriété privée ? Tu es bercée d'illusions, chérie. Étouffée de caresses oniriques et de peluches fantastiques dont tu n'admets pas l'inertie. Ces mensonges qui te restent en travers de la gorge, cette réalité grise qui te ronge sous le velours de tes rêves roses.


Siam reposa Mr Rabbit sur la moquette pastel avant de répondre à Morgane. Il paraissait presque désolé malgré sa fermeté fondamentale.

- Je l'ignore, Elly. Tu sais, tu es enfermée dans ton propre monde, dans tes propres croyances. Je pense que les autres ont leur propre logique, leur propre concept. Je ne sais pas si tu peux comprendre...Je vais essayer de t'expliquer...

" Quand tu nais, ceux qui sont plus grands que toi t'enseignent des choses qu'ils ont autrefois apprises. Ce sont des valeurs universelles. Ce sont des choses qui sont toujours valables. Ainsi, selon ce concept, le soleil se lève à l'est et se couche à l'ouest, la nuit succède au jour. On appelle cela une idée. Après, personne n'a la même façon de penser, et chaque individu décline ses propres idées, ses propres modes de vies. Il y a des gens, qui comme toi, pensent que les peluches sont vivantes et qu'elles sont nos amis. D'autres croient en un Dieu qu'ils pensent réincarné dans différents artefacts. D'autres croient qu'une vie postérieure succède à la mort, qu'une vie antérieure la précède.

" Nous n'avons pas tous la même religion. Nous ne croyons pas tous en la même chose. Les humains sont bornés. Il s'acharnent à croire leurs propres idées et les concepts qui les arrangent. C'est pour cela que "les autres" ne te croient pas. Ils sont restés dans le concept qui dit que les peluches sont des jouets et non des êtres vivants...On ne force pas aux autres à croire en sa religion. Si on est borné, même l'argument le plus raisonnable ne nous fera pas revenir sur notre idée première.

C'en était trop. Les pattes violettes se dressèrent au dessus de la tête du Lapin et tirèrent sur les oreilles dressées de fil de fer. Ces dernières entrainèrent avec elles la capuche qui recouvrait la tignasse ébène de l'Opalien. L'élastique se détendit et l'enveloppe s'étala sur les épaules frêles de Siam. Les longues mèches humides de sueur se dégagèrent de l'élastique qui les nouait et s'éparpillèrent sur son torse, dans son dos, sur ses joues collantes. Le jeune homme se redressa sur ses jambes tremblantes avant de retirer fébrilement ses mains de la camisole pelucheuse qu'il fit glisser sur ses hanches. La mousse douce résista un instant mais trouva le creux des genoux de Siam qui l'aida à chuter jusqu'à ses chevilles musclées. L'air frais de la matinée villageoise s'infiltra dans ses poumons fatigués. Il inspira avec délice de longues goulées d'un oxygène oublié. On eût dit une métamorphose.

Les plis blancs de l'uniforme du Chasseur avaient remplacé ce costume étouffant. Le jeune s'étira sans scrupules, sans grâce, brisant brutalement le rêve cristallin de la jeune fille. Je suis désolé, Morgane. C'est ma nature, de faire mal aux gens. Le supplice infernal laissait place à la délivrance sotériologique. Peu importait l'argent, il avait joué son rôle. Le jeu courtois s'était avéré jouissif. Dans le creux de son ventre grondant de fin, une créature hurla de triomphe. On appelle cela l'égo. Le monstre infâme bondissait dans ses entrailles en scandant son ovation. Nouvelle victoire, nouveau pas vers la gloire, nouvelle victime. Un nouveau papillon recroquevillé, épinglé sur un tableau. Un vieux souvenir. Une histoire obsolète mais un sentiment si habituel...Les yeux Vampiriques se posèrent sur la gamine, princesse dépouillée.


- Je suis désolé, je n'y crois pas. Je ne peux jouer le rôle de quelqu'un d'autre...

Il ébouriffa ses longs cheveux violets avant d'épousseter ses vêtements dont les mailles blanches gardaient des souvenirs de la fourrure du Lapin mauve. Ce jeu n'était plus qu'un souvenir désormais. Il fallait passer à autre chose. Siam dégaina un couteau qu'il enfonça dans la plaie béante qui tranchait le cœur de Morgane. Ses yeux suintaient la haine et la perversité. Une onde de douleur se propagea dans la chambre, tel un tremblement de terre. Siam tendit un bras royal et posa un index noble sur l'image déformée de la rêveuse, comme un châtiment suprême.

- Et...qu'est-ce qui...arrive à l'inconnu qui s'aventure sans permission dans ta chambre ?

Oh ! Un infarctus.


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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Dim 12 Déc - 22:48

[Désolée. C'est nul. C'est petit. Mais j'essaie de m'y remettre. Par contre, si tu veux qu'on puisse continuer tout ça, tout ce qu'on voulait faire, je te conseille grandement de passer de temps en temps sur msn...]

No escape from reality...


«Ah.»

Ni soupir, ni cri, ni sanglots. Les émotions ? Elles sont absentes dans ces lettres. Elles n'ont pas pu se former, elles sont mortes. Elles sont inutiles. Tristement inutiles. Comme tout ici, comme tout dans ce Monde. Comme ce visage. Un visage de petite poupée, toujours. Mais on en a gommé joie, et même tristesse. Regarde-la, comme elle semble différente, tellement différente. Comme si la petite princesse était partie et que sa méchante sœur jumelle venait la remplacer. Non, Mr. Rabbit, elles ne sont pas deux, simplement, il est difficile de renier indéfiniment la réalité qu'on s'efforce de cacher. Tu n'es pas seul à cet instant à ne pas y parvenir. Non, en effet.

Elle ramassa la peluche mauve qui gisait au sol et la fixa un moment dans ses yeux artificiels. Plus elle le fixait, et plus son regard écarlate et éteint semblait repeindre l'atmosphère d'une large couche d'oppression irrespirable. Il vaut mieux éviter de rester debout au milieu d'un vaste espace vide durant un temps orageux, cela reviendrait à hurler à la foudre de venir nous frapper. Mais peut-être que c'est ce qu'ils veulent, tous ?

Et le regard se releva comme dans un spasme mécanique, plongeant dans les yeux de cet homme. Et puis les lèvres, elles bougèrent. Du moins, légèrement, suffisamment pour permettre à un discours horizontalement plat et dénué de variantes de s'en échapper. Juste pour ça.


«C'est dommage d'arrêter de jouer. Le costume t'allait bien.»

Elle marqua un temps d'arrêt. Une brise vagabonde passant par la fenêtre légèrement ouverte de sa chambre vint jouer avec ses mèches blondes. Une brise, puis une autre, un peu plus forte. Voilà au moins une chose qui pouvait varier, qui pouvait... s'intensifier.

«Je suis d'avis que mon Monde, aussi absurde puisse-t-il être, reste et restera bien supérieur à cette laideur conceptuelle dont vous semblez tous raffoler.»

Pour le non-érudit, le non-initié, il s'agit bien évidemment ici d'une situation grotesque à la vue des discours habituelle de la jeune guimauve blonde que voilà. Elle est folle, elle est idiote. C'est une pauvre gamine. Ah! N'en soyez pas si certains mais estimez-vous heureux de ne pas avoir l'occasion d'en voir plus. Vous ne ratez rien, bien au contraire, vous évitez tout. Quelle chance. Mais cela n'est pas toujours le cas. Horreur. Malchance.

Et puis elle s'intéressa de nouveau à sa tendre peluche qui, quoiqu'il arrive, resterait toujours acteur de son Monde, elle. Elle la plaça devant son visage et l'agita comme pour donner l'illusion d'une vie. Elle prit alors une petite voix aigüe pour lui donner la parole cette fois.


«Comment ? Je n'existerais pas ? Mais si, voyons! Regarde !»

Et elle le jeta sur le lit. Il y tomba mollement, au même moment que sifflait un léger roulement emplissant soudainement l'air. Un air lourd. Tellement lourd. Il est tôt pourtant. Quel sale temps !

«Je ne veux pas de ce Monde. Cet endroit créé par d'autres que moi. Après tout, pourquoi devrais-je accepter un Univers qui voudrait à la fois m'emprisonner et m'écarter ? Pourquoi devrais-je accepter un Univers qui voudrait à la fois m'aimer et me broyer de toute sa haine ?»

Ces paroles. Elles semblaient vivantes et animées d'un terrible effroi.

...Thunder Kiss.

Se désintéressant un instant de son interlocuteur, Morgane dégagea d'un coin de la pièce chaotique une petite table basse en bois qu'elle déplaça au milieu de la pièce. Elle ramassa plusieurs peluches qu'elle installa tout autour de la petite table, par ordre de taille, de couleur, d'espèce et de sexe. Une ronde fantastique d'animaux imaginaires qui se tiendraient avec soin la main en chantant des hymnes à la joie et à la bonne humeur. Elle alla dénicher dans ses affaires une petite nappe qu'elle s'était amusée à broder il y a longtemps, ainsi que plusieurs petites tasses. Elle déposa le tout sur la délicieuse table, la dressant avec harmonie et perfectionnisme. Les tasses par ordre de circonférence et de couleur, assorties à la peluche correspondante. Elle s'agenouilla sur le sol, essayant de se mettre à la hauteur de ses compagnons. Elle les désigna tour à tour, pour les présenter.

«L'ours, c'est une femelle, et elle s'appelle Feidre. Elle est amoureuse du chien qui est à côté. Lui il s'appelle Rhoméo et il aimerait bien pouvoir avouer ses sentiments à la petite tigresse blanche qui s'appelle Juliette. Mais ils sont séparés par le lion qui s'appelle Kréonh, lui, il voudrait juste que tous les autres arrêtent de se préoccuper de toutes ces choses inutiles. Mais grâce à moi, ils peuvent se retrouver ici, en paix. Dans mon Monde, ils sont tous libérés de leurs problèmes. Ils n'existent plus.»

Elle se releva, bousculant la table qui provoqua la chute des pauvres peluches. Elle se dirigea vers le fond de la pièce et ouvrit en grand la fenêtre dont les battants vinrent claquer contre les murs. Une rafale de vent glaciale et chargée de particules humides en profita pour s'infiltrer violemment dans la chambre. Elle resta ainsi figée un moment, son regard se perdant au loin dans cet autre Monde qui se dessinait devant elle, à travers cet encadrement de pierre. Une toile morose qu'elle repeignait et barbouillait à sa guise de vastes traces d'un éclatant rose pastel. Elle resta ainsi un moment, imaginant avec délice ce que donnerait cet Univers si le ciel n'était plus que guimauve et les nuages meringue. Et puis elle se retourna, pour s'intéresser de nouveau à lui. Lui. Hideuse représentation de cette mascarade qui se voulait réelle. Cette réalité dominatrice à laquelle jamais elle ne cèderait. Cette réalité impérieuse qui les étouffe tous. Ah! Comme elle se sent libre en fait, lorsqu'elle se délecte du sort de chacun. Oiseau libre qui s'envole au loin, regardant ses compagnons aux ailes lacérées et attachées. Elle pourrait les plaindre, dans un piaffement amer et triste, mais non. Mais pour les admirer une dernière fois, elle s'approcha, elle s'approcha, toujours plus prêt, effleurant cette misère à laquelle elle échappait. Elle s'approcha, elle s'approcha, jusqu'à être en face, tout prêt de cette homme. Un contact inexistant mais pourtant si proche. Mais pour le moment, c'était un Monde tout entier qui les séparait. Un Monde.

«Alors, qui est le plus emprisonné ?»

Un simple murmure, un chuchotement glacial qui arrivait chaud sur le visage de celui qui lui faisait face. Un murmure qui continua, qui continuait, suintant, dégoulinant.

«Tu veux réellement arrêter de jouer ?»

Elle marqua une délicieuse pause durant laquelle elle se rapprocha davantage de son interlocuteur, se collant progressivement à lui, faisant lentement glisser ses mains jusqu'à son col, approchant lentement son visage, ses lèvres, de son oreille.

«De toute façon, maintenant que tu es dans mon Monde...»

Un souffle. Et puis ses petites mains soudainement possédées d'une force empreinte de folie se crispèrent sur ce col et les paroles qui suivirent, hurlées, se marièrent amoureusement et parfaitement avec l'éclair qui fit vaciller et trembler les murs de la pièce alors qu'il s'écrasait au-dehors dans un éclat furieusement lumineux.

«...RESTES-Y!»






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Lun 20 Déc - 23:13

Zestören


- Ainsi donc, tu n'es pas aussi infantile que tu le démontres avec cet acharnement...pathétique.

Cela va, Princesse ? Je ne prolifère pas trop scientifiquement, pour toi ? Tu sais encore parler ma langue, tu crois ? Mais je ne crois pas que l'on se comprend. Notre science n'est pas la même, notre éthique est différente. Tu n'as pas mal. Tu ne souffres pas, alors tu ne me sers plus a rien, si je ne puis me nourrir de ta colère. Je suis méchant, Morgane ; j'ai fondamentalement besoin de la souffrance des autres pour survivre, comprends-tu cela ?
Non, bien sûr que non. La jeunesse colérique qui brillait dans ses yeux faisait toute la différence. Elle aurait pu manifester quelque beauté superficielle, provoquer quelque excitation sexuelle, elle n'en demeurait pas moins un être fragile, mais indifférent et par conséquent dénué de tout intérêt. Du moins pour Siam Pain.

Ses yeux vides et froids comme de la glace fixèrent longuement la fillette, comme s'il voulait givrer le brasier sucré qui lui tenait lieu d'âme. Il voulait le détruire, écarquiller son unique prunelle sur la réalité, lui montrer à quel point le monde recelait de brutalité et de cruauté.
Elle semblait le savoir, sans quoi elle n'aurait pas montré la facette impulsive de son comportement répugnant. Son monde rose fut terni par ses éclats de voix et sa mise en scène théâtrale. Les femmes se ressemblaient toutes. N'en existait-il pas une, une seule, qui ne fût point obsédée par la jouissance de se donner en spectacle ? Un rictus sarcastique trancha un fossette dans le visage blanc du prédateur.


- Pas bien, Morgane. Tu es mal polie avec ton invité. Tu vas recevoir une fessée, et pour la peine, tu seras privée de goûter.

Hilf Mir


Le sadique refoulé dû se résoudre à l'évidence lorsqu'il rengaina son muscle dans sa gueule monstrueuse. On n'abuse pas du pathos, ça fait traîner la réputation. Allons Siam, on est en service !
Le Chasseur d'Ames saisit les deux poignets frêles de Morgane, afin de l'exhorter à le lâcher. Ses propres mains furent soudain agitées de tremblements, semblant soudain hésiter entre la fermeté et la légèreté. Son visage ne sembla soudain plus lui revenir ; il éprouva aussitôt une envie démentielle de la frapper. Cependant, lorsqu'il réussit à se défaire de l'étreinte de la Harpie, il crut qu'elle possédait des os de verre...des os de porcelaine. Oh oui, la casser ! La déchirer ! La dépecer ! La ronger ! La détruire !
Mais ne pas la tuer. Surtout pas. Cela serait contenter cette dépressive névrosée.


- Tu ne comprends donc pas que tu es comme tout le monde ? Tu n'es au fond pas plus tarée que les autres ! On a tous nos rêves, notre imaginaire. Le tien est juste magistralement développé. Tu as la même insouciance feinte que les enfants, la même perversion que les adultes. Tu es aussi détestable et pathétique que les autres mijaurées qui nous servent de couveuses.


Il la repoussa avec brusquerie et rejeta ses longs cheveux dans son dos. La pureté de ses vêtements contrastait avec la noirceur de ses yeux. Le miasme répugnant qu'il crachait sur sa victime répandait sa fragrance nauséabonde dans la chambre rêveuse. Il pourrissait l'atmosphère, damnait ce microcosme de sa présence. Il n'incarnait au fond qu'un intrus comme les autres, un intrus tentant de briser la Bulle chaleureuse de Morgane. Pauvre petite Fée. Et dire que nous étions si proches, et dire que nous aurions pu entretenir des rapports...si intéressants...

- Tu croyais être unique, hein ? Perdu.

Il lâcha un soupir, se détourna, secoua la tête, comme déçu par tant de mise en scène, par tant d'exagération. Ce fut d'un pas traînant qu'il esquissa un geste pour gagner la sortie. Il s'était ridiculisé pour rien ! Il baissa la tête, humilié, comme le chasseur qui rentre chez lui les mains vides, sans nourriture pour sustenter sa grande famille affamée.
Un nouveau sourire fendit ses lèvres, comme un éclair de génie dans ses pensées nébuleuses.


- Tu pourras pas m'laisser partir, Chérie. T'as besoin de moi. Je suis le seul qui te croit, qui t'aie cru. Le seul qui t'aie porté attention. Tu es comme une vulgaire publicité tu sais ; quand on cesse de te regarder, tu n'existes plus. Tu existes dans mes yeux, désormais. Je suis ton Mister Rabbit, après tout.

Il ferma les yeux, releva la tête, respirant l'air lourd qui pesait dans la grande arène de leur conflit. La colère. L'indifférence. La haine. Et le triomphe, ah ! le triomphe !

Du Riechst So Gut


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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Dim 2 Jan - 14:08

I know why you're running away...

Le hurlement du tonnerre résonna en écho atroce dans l'air, dans le crâne de Morgane, en même temps que les images de la présente situation défilaient devant ses yeux, floues. Enfance déchue et adoptée, soudainement refoulée par la houle parasite de la folle et furieuse haine. Une haine glaciale et figée, aussi inexistante que palpable. Une folie normale et banale, s'épanouissant comme une fleure invisible. Une fleure d'encre qui s'écoule sur le sol dans sa profonde noirceur. Une fleure d'encre vicieuse pourrissant cet être sucré dans une approbation indifférente. Une folle haine, une haineuse folie, tout ce qu'il y avait de plus normal et de plus banal dans ce monde de ténèbres écarlates.

Les ombres, elles dansent au sein de son iris de sang. Une valse démoniaque dont les corps languissants ne sont que veines palpitantes. D'un côté, le Soleil éclair cette scène théâtrale de sa lumière pourpre. De l'autre, la Lune s'évapore, somnolente, dans les abysses d'une brume éternellement noire. Le rythme s'accélère, accompagnée d'une lancinante douleur avant de s'estomper d'un ralentissement au calme prophétiquement inquiétant. Inspiration, expiration, alors que les lèvres restent figées dans le marbre des mots prononcés. Les oreilles entendent et mémorisent les sons sans réellement prendre la peine de les transporter jusqu'à ce cerveau confortablement engourdi. L'histoire défile sous ce regard absent, comme si elle n'était que reflets subliminaux d'une inconscience traîtresse.

Crispée, elle écoutait sans entendre, elle entendait en regardant. Un œil parasité par le brouillard qui ne faisait qu'observer distraitement des mouvements de lèvres. Des mots fades et sans aucun sens qui glissaient sur sa bulle de verre rosé sans parvenir à se frayer un chemin au milieu de tout ce sucre délicieusement acide. Comme si elle était loin, ailleurs. Comme si elle était dans cette phase d'insidieuse transition entre l'infantilisme naïf et la folie destructrice. Deux oppositions qui ne pouvaient qu'à chaque fois entraîner une paralysie psychologique. Jusqu'à ce que le parasite prenne enfin possession de ses quartiers.

Un sursaut de vie et de lucidité la parcourut lorsqu'elle se sentit entraîner dans le vide relatif, attirée par l'odieuse gravité. Heureusement, les possibilités physiques du corps humain étaient impressionnantes de possibilités et de facultés d'adaptation. Ainsi, l'équilibre un instant oublié eu la possibilité de se rétablir. Un souffle de vie, dernier rempart aux avides tentacules désireuses de propagation colérique. Ses paupières se mouvèrent comme pour redonner vie à ce corps qui semblait respirer pour la première fois. Un peu plus coupée de ce monde que d'ordinaire, le premier réflexe de la jeune fille sucrée fût de tendre une main pâle et tremblante vers le tiroir le plus proche. Là, cachés dans leur tombeau de bois, reposaient les concentrés de drogue rose. Mensonge à l'esprit lui donnant une frileuse impression de stabilité psychologique.

Mais les pulsions sont toujours les plus fortes. La soudaine émotion ne connaissait aucune limite, détruisait les barrières qui se dressaient face à sa folle course. Et ce bras ne fût capable que de frôler le bois froid, toute volonté salvatrice le quittant progressivement. Dans sa tête, l'orchestre continuait de jouer cette horrible valse à la mélodie décharnée. Les ombres reprirent leur danse, leurs dentelles noires l'hypnotisant.

Elle soupira. Tant pis, elle aura au moins eu le mérite d'essayer. Laissons ce parasite avec qui elle est en symbiose depuis si longtemps la ronger. Ce n'était pas comme si elle n'aimait pas ça, après tout. C'était comme accepter d'être ce que l'on est. Pourquoi se cacher et fuir cette chose qui est en elle depuis le début de son affreuse vie ?

Non, elle n'aimait pas le mensonge.


...It's all your life.

Le film défila en différé dans sa tête embrouillée. L'Humanité n'était décidément qu'un vaste tableau monochrome au milieu duquel elle incarnait la vile tâche qui dépréciait l'œuvre. Elle était unique, puisqu'elle était différente. Elle était différente puisqu'elle était rejetée. Elle était rejetée parce qu'elle était folle. Des mots qui dansèrent comme des flammes cadavériques devant son œil valide à demi-fermé par une lourde paupière épuisée. Et lui, il était comme les autres. Il est triste que les effets thérapeutiques de la fourrure ne soit pas plus utiles.

Son corps trembla dans un spasme et un crépitement électrique. Il est amusant de constater comme le hasard pouvait parfois faire fort judicieusement les choses, il n'y a qu'à voir le mariage parfait entre la demoiselle et son don destructeur. Une puissance effacée et tranquille dont les apparitions sont aussi brèves que profondément marquantes. Une effroyable force qui attendait le moindre éclatement émotionnel pour éclater. Et évidemment, c'est précisément ce qu'il désirait à cet instant. Et le parasite noir était son meilleur allié pour la réalisation de ses funestes projets.

Mais de toute façon, cette différence la déchirait autant qu'elle la complaisait. Elle s'en satisfaisait autant qu'elle en pleurait. Le corps de nouveau aussi désarticulé que celui de ses pauvres poupées, la tête baissée, elle ramassa faiblement le pelucheux Lapin mauve. Et puis sa voix. Une plainte spectrale.


«"Cette fille est folle..."»

Elle marqua une courte pause, comme si elle essayait de se souvenir des autres paroles, prononcées à voix basses, qu'elle avait entendu durant toute sa vie. Mais la réflexion était vite terminée. Après tout, leurs différences étaient minimes. Et ses lèvres s'animèrent de nouveau, récitant de plus en plus rapidement ce florilège de mots sombres, comme quelque diabolique leçon.

«"La pauvre, elle n'a pas toute sa tête..." ; "Elle est folle, elle est dangereuse...!" ; "Laissez-là dans son coin, il ne faut pas l'approcher, elle pourrait devenir violente..." ; "Si seulement elle n'était pas née!"...»

Elle tressaillit et sa voix s'étouffa un instant à la fin de ces dernières paroles. Elle reprit sa respiration. Inspira une grande bouffée d'air. Et un léger filet de larmes coula du coin de son pauvre œil, pulsion émotionnelle cette fois remplie de la haine du passée.

«"SI SEULEMENT ELLE N'EXISTAIT PAS, ON SERAIT BIEN PLUS TRANQUILLE!"»

Elle releva la tête, le visage fendu d'un sourire dérangeant, en contradiction avec la tristesse haineuse qui s'écoulait de son œil. Et puis, elle commença à s'approcher de l'homme, chuchotant quelques mots. Humeur changeante. La Lune comme maîtresse.

«"Tout refus de communiquer est une tentative de communication..."*»

Elle se glissa furtivement entre l'espace qui le séparait encore de la porte, de façon à se retrouver face à lui, son regard dans le sien.

«"...Tout geste d'indifférence ou d'hostilité est appel déguisé."**»

Et puis, dans l'indifférence totale de tout ce qui s'était précédemment passé, elle approcha son visage du sien, ses lèvres des siennes. Elles les effleurèrent mais laissèrent cet espoir s'évaporer, préférant ensuite se laisser glisser sur le côté jusqu'à cette oreille qu'elles avaient déjà précédemment approchée.

«Alors, qui de nous deux dépend le plus de l'autre ?»

Et les étincelles dansaient autour d'eux.

[Notes: */** → Cette citation étant à la base d'Albert Camus, et le contexte ne permettant pas son existence, laissons la provenance de celle-ci dans le flou le plus total. Libre à chacun.]





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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Dim 9 Jan - 20:23

Et elle semblait danser, danse macabre, macabre chorégraphie, dans le flot des étincelles qui désormais illuminaient la chambre. Un incroyable noyau d'électricité statique, plus étouffant que l'ambiance, gorgeait la moindre parcelle de tissu, le moindre morceau de pierre, la moindre écharde de bois. Comme un nouvel air impossible à respirer mais nécessaire à la vie. Les éclairs bleus, blancs et violets, nouvelle sucrerie édulcorée, lézardaient les murs et déchiraient le décor de maison de poupée ; et dire que ces décors étaient autrefois si doux et naïfs...

Le corps de Siam Pain ne répondait plus aux messages envoyés par son lamentable cerveau. Il s'estima seulement heureux de ne pas transporter son arme de chasseur avec lui. Son cœur à la fois excité et terrorisé se jetait désespérément contre les parois tremblantes de sa cage thoracique. Son corps tout entier menaçait de se briser comme un vulgaire château de cartes, sous la tension ébranlée des ampères.

Les particules d'électricité se rapprochèrent de lui, au rythme des pas saccadés de Morgane. La petite poupée de porcelaine semblait incarner désormais l'icône d'un nouveau film d'horreur de dernière génération. Les deux éléments semblaient en telle symbiose qu'il était alors impossible de discerner lequel guidait l'autre.

Je préfère qu'on me saigne plutôt que d'dire je t'aime
Je n'connais pas l'idylle mais en un battement de cils


Sous ces cils de soie blonde brillait cet unique œil démoniaque qui ne cessait de le fixer, et pourtant, sans le regarder. Une terrible sensation d'emprisonnement l'envahit tout à coup : celle d'attirer son attention, mais d'être dédaigné comme un vulgaire jouet la seconde suivante. A chaque part, chaque battement de cœur, elle semblait réitérer ce manège, faisant sombrer Siam dans une folie démentielle, comme elle dévorait les quelques mètres qui les séparaient.
La chambre de Morgane Adams n'avait jamais n'eût jamais semblé aussi grande.

Lorsque Siam put ouvrir correctement les yeux, ce fut pour être aveuglé de nouveau ; non pas à cause de la lumière, à laquelle il s'habituait, mais parce ce qu'il demeurait ébloui par la beauté de la créature qui s'avançait dans sa direction.

On eût dit une apparition, le fruit d'une imagination délirante. Ses longs cheveux soyeux virevoltaient autour de son visage tantôt poupon, tantôt femme fatale. Aucun mot, aucune exclamation aussi sincère soit-elle, n'aurait put définir avec exactitude la beauté que Morgane incarnait en cet instant.



Je vis sans états d'âme et les dames m'envient
J'abuse de tous mes charmes et je désobéis...


[i][justify]Les âges, les hormones, les déviances, les croissances, se confondaient dans un noyau de lumière divine. Elle lui faisait tourner la tête. Quel était son Karnevale, au final ? Une beauté miraculeuse, ou la transformation d'une fille en femme ? Il n'aurait su le dire. Tout ce dont il était certain, à cet instant, c'était qu'il demeurait irréfutablement attiré par elle.

Son cœur bondit de plus belle dans sa poitrine. Ses lèvres s'approchèrent, et les siennes, tels les pétales d'une fleur, étaient sur le point d'éclore.
Et ce fut un froid glacial qui lui répondit. Un frisson le parcourut, alors qu'elle apposa sa sentence.

Le temps s'arrêta.

Jamais. Jamais il ne s'était plié aux règles. Jamais il ne s'y plierait.

Il saisit sauvagement Morgane par la taille, comme un père arrache une poupée aux mains de sa fille dégénérée, et l'intima à la regarder dans les yeux. Dans ses propres iris, ont lisait l'admiration et la tendresse. Et au fond du miroir de son âme qu'incarnaient ses yeux, une nouvelle valeur venait d'apparaître : le respect.



Oh laissez Lucie faire, elle a besoin de plaire
Oh laissez Lucie faire, je vais me laisser faire...


Ses lèvres dévorèrent celles de Morgane.
Une explosion d'étincelle fit vibrer le sol, les murs, son propre cœur, mais il n'en tint pas compte. La douleur qui naquit dans ses jambes et se propagea dans son corps, lui procurait paradoxalement une terrible sensation de bien être. Les forces alentours tentaient de l'arracher à la Déesse de Foudre, mais en même temps la poussait vers elle, comme dans une fusion.

Et la nébuleuse platonique disparut. Les lèvres de Siam quittèrent celles de Morgane, qu'il ne lâcha pas pour autant. Amour, dépendance, reconnaissance, humilité, respect : un maelström de sentiments se bousculèrent dans sa tête.


- Si pour t'aimer il faut pactiser avec un Diable infâme, alors qu'il en soit ainsi, jeune dame. Tiens, voici mon âme.

Les forces qui l'oppressaient enserraient ses os, menaçant de les briser. Alors qu'il n'avait plus aucun contrôle sur son propre corps, son Karnevale explosa. Ses os se dissolurent dans son sang bouillonnant, et, perçant sa peau cornée, jaillirent sur ses épaules, l'extérieur de ses bras, et dans son dos. Une carapace piquante, toute de moelle osseuse, ornait désormais son corps, si bien qu'il semblait plus grand que Morgane.

Quelle était cette cruelle malédiction...Ah, oui.


Un Putain de Coup de Foudre.

[Paroles de : Dracula, l'amour plus fort que la mort]

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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Lun 10 Jan - 20:15

You've been...

À ce moment, son cerveau aurait bien voulu imploser, tant la douleur confuse qui le lançait devenait insupportable. Ses ordres chaotiques tentaient de parvenir aux quatre coins du corps, mais sans aucun succès. Il était incapable de faire quelque chose. Il aurait voulu se déchirer, pour pouvoir contenter tout le monde, dans cette hésitation sordide, tant il ne savait pas laquelle des multiples solutions était la meilleure. Mais, dans cette orageuse rage se noyait un sentiment qui revenait sans aucune cesse, en écho effroyable. Une foudroyante violence qui tentait de percer ces lèvres pour hurler, s'épanouir dans l'air et détruire.

Les mains pâles de Morgane se crispèrent, figées et immobiles malgré le flux continuel de sang bouillonnant et palpitant qui venait les irriguer. Ses yeux s'écarquillèrent et devinrent le réceptacle des battements affolés et sans rythme de son cœur. Son cœur déchiré qui, entre chacun de ses spasmes, laissait exprimer sa volonté d'éclater pour ne plus rien avoir à supporter de tout cela. Elle ne comprenait pas pourquoi son corps ne voulait, à ce moment, pas réagir. Elle ne comprenait pas pourquoi ses mains n'avaient plus assez de force pour se dégager. Pour l'étrangler. Pour le carboniser. Elle ne comprenait pas pourquoi sa bouche brulante n'était pas capable de faire se refermer sa mâchoire sur ce parasite. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était à ce point figée, sans aucune volonté.

De multiples sentiments se gravaient puis s'effaçaient dans une allure inhumaine dans sa tête, sans qu'elle ne soit capable d'en saisir ne serait-ce qu'un seul. Malgré le flou humide et larmoyant qui envahissait son âme, elle essayait de réfléchir. Humiliation et rage échangeaient un baiser diabolique, lui intimant avec passion de se dégager et de le punir. Solitude et tristesse, dans une étreinte glaciale, lui soufflaient de laisser durer ce moment, alors qu'elles s'évaporaient.

Par chance, elle ne fût pas obligée de continuer ses divagations puisque c'est cet homme qui mit fin à la scène oppressante qui l'écrasait. Le regard vide et dans le vide, elle essayait de comprendre ce geste. Elle essayait de comprendre ce qu'il venait de se passer. Et elle réalisa. Elle le réalisa dans un murmure inaudible, d'une voix cassée.


«Tu...»

Ses lèvres restèrent entre-ouvertes, incapables de laisser passer plus de souffle pour construire une phrase complète. Sa tête valsait et tournoyait, lui donnant l'impression d'être dans un effroyable manège qui venait de prendre l'apparence de sa chambre sucrée. Son crâne lui faisait atrocement mal alors qu'elle devait lutter, en serrant les dents, pour que son corps ne soit pas en mesure d'expulser la totalité de ses sanglantes entrailles. Elle enfouit ses mains tremblantes dans ses cheveux blonds et décoiffés alors qu'elle baissait la tête sur un cri de rage et de désespoir silencieux.

Ses paupières se fermèrent sur la représentation de son monde de ténèbres et de nuages sombres et violacés. Un monde où elle était seule, au milieu de cette immensité. Un monde où elle était le seul trait de blancheur dans sa petite robe froissée. Elle y était habituée, à cette solitude qui lui tenait continuellement compagnie. Elle y était habituée, à cette cage sans fin dans laquelle, au moins, elle pouvait vivre. Dans laquelle, au moins, elle était incapable de se faire du mal. De faire du mal aux autres.

Et elle sanglota, alors, qu'au loin, dans les ténèbres, elle pouvait apercevoir, malgré son œil déficient, des traits gris et blafards qui tissaient la forme d'un corps. Il y avait quelqu'un d'autre dans son Monde, cette fois.


...Thunderstruck.

Elle essayait, les lèvres tremblantes, de respirer. Elle tentait d'inspirer de grandes bouffées d'air se demandant si son cœur, ainsi affolé, serait encore capable de la maintenir longtemps en vie. Son dos courbé était traversé de silencieux sanglots alors qu'elle était une nouvelle fois écartée de cette écœurante réalité, si bien qu'elle n'entendait plus rien, ne voyait plus rien. Son esprit était bien trop occupé à essayer d'avaler toutes ces nouvelles et indigestes notions. Tout ça était tellement mystérieux. C'était l'inconnu. Car, après tout, elle ne connaissait pas l'affection. Elle ne connaissait pas l'amour. Elle ne connaissait rien, et pensait qu'elle n'y avait pas droit.

Elle toussa, sa gorge irritée semblant vouloir l'étouffer pour la protéger, pour la ramener dans sa prison glaciale où elle ne pouvait pas être souillée et brisée par les impuretés de la réalité. Ses nerfs à vif, elle tremblait pour lutter contre la foudre qui tentait de forcer la porte du monde vrai pour éclater au grand jour. Elle était là, tout au fond d'elle, impatiente. Elle hurlait sa volonté de se libérer, d'exister.

Et puis, elle se mit à revivre dans une légère décharge électrique. Elle se dégagea dans un coup de jus bref. Elle avait du mal à tenir debout, comme si toute notion d'équilibre l'avait quittée. Chancelante, elle en avait presque oublié cet homme qui était en face d'elle. Tout ce qu'elle voulait et souhaitait par dessus tout à cet instant précis, c'était tout simplement de sortir de cette chambre qu'elle affectionnait pourtant tellement. Elle voulait juste quitter cet havre de tranquillité dont l'air était devenu irrespirable. Son cœur la pinçait, il lui fallait de l'oxygène jeune et sucré. Elle se plaqua contre la porte glaciale, essoufflée. Ses doigts coururent sur la surface lisse à la recherche du contact de la poignée qu'elle enclencha avec une fureur désespérée une fois qu'elle l'eut trouvée.

La porte claqua violemment contre le mur qu'elle rencontra alors que des crépitements s'échappèrent de la poignée parcourue d'électricité. La vision embrumée, Morgane eu bien du mal à traverser ce long couloir qui la séparait de la grande salle où se tenait son délicieux banquet. Elle y pénétra comme quelque mort-vivant décharné et fonça instantanément sur les nombreux tiroirs qu'elle ouvrit avec rage. Le bois planait dans ce vide irréel pendant quelques instants avant de s'écraser lourdement sur le carrelage. Ils furent plusieurs à tomber comme cela avant qu'elle puisse enfin mettre la main sur plusieurs boîtes de médicaments blanches aux noms plus que barbares.

Elle en attrapa une poignée et parvint avec difficulté jusqu'à l'immense table qui trônait toujours de tout son long au milieu de la pièce où elle les déposa. Elle les ouvrit fébrilement, déchirant presque les boîtes et fût finalement capable de se gaver d'une poignée de ces drogues psychédéliques qu'elle fît passer dans sa gorge brûlante grâce à une gorgée de thé désormais glacé.

Elle se laissa tomber à genoux sur le sol, essayant tant bien que mal de reprendre sa respiration. Les informations commençaient enfin à se classer dans son esprit apocalyptique. Elle commençait à comprendre totalement et à réaliser pleinement. Et une fois de plus toutes les détestables images de son exécrable vie défilèrent devant ses yeux sanglants, redoublant la puissance de l'écho de ses sanglots qui miroitaient de son abondant filet de larmes. Elle était terrifiée. Bien plus qu'elle n'était enragée. C'est une peur atroce qui l'envahissait, qui la faisait trembler et pleurer comme une petite fille. Un trop-plein qui venait d'exploser et d'expulser toutes ces immondices qui lui étaient jusqu'alors inconnues.

Cela faisait tellement de temps qu'elle était parvenue à s'en protéger. À les éviter. Mais tout ça venait de la rattraper. Elle se sermonna, dans un chuchotement.


«Non, il ne faut pas la laisser avec d'autres... Non... Elle est dangereuse... Elle ne peut que faire du mal aux gens... Il faut la laisser seule... Toute seule...»

Elle prit une grande bouffée d'air de façon à faire résonner sa voix dans toute la maison.

«TOUTE SEULE!»






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Mar 11 Jan - 1:00

Damn Door

Et elle s'était évaporée, aussi vite qu'une parfaite apparition se serait évanouie, alors que la victime retournait à la triste réalité. Sans vraiment s'en rendre compte, Siam Pain se retrouva seul, terriblement seul, au milieu de cette chambre désormais vide. Les étincelles s'étaient éteintes et désormais, la seule – et non des moindres – lumière, provenait de la fenêtre encore grande ouverte. Un immense rectangle de lumière tranchait l'atmosphère rose pâle et mauve de la chambre. Cette dernière retrouva toute sa magie enfantine, et sembla désormais parfaitement inoffensive.
Mais sans sa principale habitante, elle demeurait désespérément vide.
Désespérément silencieuse.

Il aurait voulu la retrouver, courir après elle, pour la rattraper, mais elle était déjà partie bien loin, et la maison des Adams n'était rien de plus qu'un dédale infini d'une austère obscurité.
Morgane ne devait pas se trouver si loin, car quelques secondes après sa fugue fulgurante, Siam entendit des bruits de fracas dont l'écho se répercuta contre les murs. Sans doute arriverait-il à retrouver le chemin qui menait jusqu'à cette grande salle...
Il déracina difficilement ses pieds du sol de la moquette avant de se jeter dans l'embrasure de la porte, laissant derrière lui les vestiges de sa fourrure rose.


Pills for Everything

Ce furent en effet les bruits produits par Morgane qui le guidèrent dans les couloirs. Il tâcha de ne pas porter attention à ces divers portraits, miroirs et peluches qui l'effrayaient grandement. La course qu'il entama lui donna l'occasion de gouter à nouveau à la fraîcheur d'un air qui n'était point celui de cette chambre étouffante. Quelle joie de se mouvoir ainsi librement, loin de la chaleur et des entraves de ce costume !

Une lumière lui parvint distinctement au bout d'un couloir. Au creux de ses entrailles, une créature égocentrique poussa un soupir de soulagement. Le souffle saccadé, il ralentit sa course à quelques mètres de la porte, percevant un bruit bien différent des fracas haineux de Morgane. Ceux-ci d'ailleurs s'étaient arrêtés. Le silence n'était désormais percé que par un faible grésillement. Siam Pain habitait à Opale, mais il avait eu l'occasion de visiter Alzen, et il ne connaissait que trop bien se grésillement pour entendre Morgane le produire en permanence. C'était l'œuvre de celle-ci.
La porte était gorgée d'électricité. Et de toute évidence, la pièce suivante l'était tout autant.

This place...
...Has gone...
...CraAazy...


Siam passa la tête à travers l'embrasure et jeta un regard à travers la pièce. Après l'avoir balayée d'un œil effrayé, mais aussi curieux, il trouva la jeune fille devant les restes de son thé, agenouillée sur le sol, en larmes. Les tiroirs, responsables d'un tel fracas, avaient été répandus sur le sol. Siam remarqua que dans sa fuite, elle ne s'était pas munie de son lapin en peluche.
Mais au fond, y croyait-elle encore ?

Il se garda de ne pas toucher la porte, de peur de crever dans ces souffrances dont la jeune fille semblait avoir le secret. Encore ébloui par sa vision précédente, dans la chambre, il s'approcha de Morgane. Ses sandales Opaliennes ne produisaient pas le moindre bruit sur le carrelage brillant, dans lequel il pouvait voir son reflet assombri.
Il lui sembla qu'elle était tellement loin et pourtant, il ne se sentait pas en mesure de courir, comme pour ne point briser le bruit de ses sanglots déchirants et désespérés. Une partie de lui trouvait cela pathétique, l'autre partie trouvait cela, normal...
Humain.


Tree Food

Ses pleurs lui parvenaient d'une façon terriblement lointaine, comme si à chaque pas, elle s'éloignait de lui sans même bouger. Lorsqu'enfin il l'atteignit, il s'accroupit près d'elle sans la toucher, de peur qu'elle ne sombre à nouveau dans une colère noire.

- Arrête de pleurer,
intima-t-il d'une voix douce mais franche. Ca ne sert à rien, ça ne te fera pas avancer. Je sais que c'est dur d'aimer quelqu'un quand on en a pas l'habitude, quand on ne connait ni l'amour ni l'attachement. Mais je...ne te force à rien. Je vais m'en aller si tu veux.

Il saisit son menton, et approcha une nouvelle fois son visage du sien ; non pour l'embrasser de nouveau – vu l'effet que le premier baiser avait provoqué...- mais afin de la regarder dans les yeux, qu'il puisse ainsi être certain qu'il l'entende.

- Tu devrais apprendre à vivre. Quand on rejette quelqu'un, ce quelqu'un finit par rejeter les autres, et puis après, les deux sont fautifs...

Il soupira. Vraiment, qui aurait cru qu'il lui ferait la leçon ? Qui aurait cru que ça se passerait comme ça ?

- Sache que je...je ne te hais...plus.

Un con. Oui.


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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Mar 11 Jan - 22:29

There is no magic...

Comme une pauvre folle droguée, elle laissait divaguer son regard sur le mur d'en face. Son corps était devenu comme un simple enchaînement de consignes mécaniques pré-enregistrées à l'intérieur de son cerveau lobotomisé. Ses sanglots n'étaient même plus naturels, ils étaient réduits à l'état de simple réflexe émotionnel. Comme si elle ne savait, après tout, faire que cela. Et puis, malgré la désagréable gangrène larmoyante et humide qui installait ses quartiers sous son œil crispé, devant elle défilaient les images en noir et blanc d'une vieille bobine d'un film passé d'âge.

Elle se voyait, idiotement plantée là, au milieu de cette écrasante masse noire qu'elle connaissait tant. Les ténèbres venaient à sa rencontre et, face à son absence totale de réaction, venaient la grignoter délicatement, la dévorer longuement, l'aspirant en leur sein. Elle se voyait disparaître, captive de ce néant, le regard perdu dans cet immense horizon déjà digéré. Et puis elle sursauta. Et les ténèbres, effrayés, s'écartèrent un instant alors que son corps semblait émerger d'un profond et passif sommeil. Elle abaissa et releva plusieurs fois ses paupières afin de purifier ses yeux de toute illusion. Afin de s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Là, au loin, déchirant les ombres, il y avait cette silhouette qui semblait l'attirer, pauvre âme égarée, vers elle, traçant sous ses pas un pont transparent de lumière aveuglante.

Et elle marchait, sans réellement s'en rendre compte. Elle marchait au milieu de ce silence, la masse brumeuse des ténèbres la suivant, guettant chacune de ses faiblesses afin de pouvoir la happer. Mais elle s'approchait, elle continuait de s'approcher, inlassablement, de cette silhouette, de cette présence unique dans ce monde de rêveries désenchantées. Apparition tellement irréelle dans cet univers toujours stérile de chaude présence inconnue. Mensonge ? Tromperie ? À cet instant présent, elle n'en avait que faire, et elle se contentait d'avancer. Jusqu'à être face à cet être dont la forme lui rappelait vaguement quelqu'un. Mais qui ? Elle approcha une main hésitante de cette apparition et la frôla.

Et dans un hurlement inhumain la silhouette vola en éclat par ce seul geste et s'évapora en une infinité de particules insaisissables. Et Morgane resta ainsi figée, criminelle. Elle resta immobile, et les ténèbres vinrent se jeter sur elle comme les charognards se jettent sur l'animal qui, jusque là agonisant, venait de pousser son dernier soupir.

Elle sursauta et fût tirée de sa sombre rêverie par cette main qui vint apposer sa présence sur son visage. Son regard se figea lorsqu'il rencontra celui de cet homme dont elle venait de briser l'image. Elle se mit de nouveau à trembler, emprisonnant sa lèvre inférieure avec la force de ses crocs, la mordant, comme saisie d'une incontrôlable terreur, réagissant de la même façon que l'animal sauvage qui goûte pour la première fois au corrosif contact avec la race humaine. Elle était piégée et ne savait absolument pas ce qu'elle devait faire. Ses lèvres bougeaient sans réellement se rendre compte des mots qu'elles prononçaient, toujours accompagnées du regard affolé du fou dont les gênes sont en symbiose avec ceux de la bête.


«Non... Je... Tu... Tu viens juste d'être cassé... Je le sais... Je... Je l'ai vu... C'est à cause de moi... C'est ma faute... Je détruis tout... Je... C'est...»

Sa voix éclata au milieu de sa phrase décousue. Elle n'était même plus sûre de ça. Elle n'était plus sûre de rien. Elle ne pouvait même plus être certaine de l'endroit où elle se trouvait, du Monde dans lequel elle était. Elle prit son visage dans ses mains dans un gémissement plaintif.

«Je... Je sais plus... J'en sais rien... Je...»

Elle préféra étouffer le reste de ses mots, consciente qu'elle n'était pas en état de parler.

...Just a charming little lie.

Elle resta ainsi un moment, haletante, avant de rendre de nouveau visible son visage, son seul œil apparaissant bien plus écarlate que d'habitude à cause de la tristesse dénuée de raison qui le traversait. Mais il ne l'empêchait pas de voir ce visage qui se trouvait face à elle. Soudainement prise d'un certain sentiment de honte et de gêne, elle frotta frénétiquement son œil droit afin de le purifier de la pitoyable présence des larmes. Puis elle baissa les yeux sur son immonde reflet, démunie. Chuchotant dans un souffle faible et blafard.

«Qu'est-ce que... Je dois faire...»

Asociale et lunatique. À force de vivre dans la marge qu'on lui avait créée, elle s'était finalement faite au fait de devoir y rester à tout jamais, persuadée qu'il était impossible que quelqu'un de ce Monde idiot qui ne voulait pas d'elle puisse un jour s'intéresser à sa pauvre carcasse. Habituée à être seulement montrée du doigt, elle ne savait pas comment elle devait répondre à quelqu'un qui lui tendait la main. Ne sachant pas quoi faire de son pauvre cœur qui pesait déjà tellement lourd dans sa poitrine, elle était bien incapable de savoir ce qu'elle devait faire de celui de quelqu'un d'autre. Sa vie s'était arrêtée il y avait des années de cela. Elle ne savait même pas si elle avait déjà vécu, en fait. En tout cas, elle ne s'en souvenait pas.

À ce moment plus que jamais, elle n'avait même pas besoin de jouer la comédie et de se faire passer pour la petite fille qu'elle voulait être. À ce moment, sans réellement le vouloir, elle en était réellement une. Un petit être fragile ne sachant pas si cette main allait la briser ou si c'est elle qui, comme elle en était sûre, allait la détruire. Elle essaya de s'expliquer, de se justifier. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle disait.


«Je... Fais toujours du mal aux autres...»

Elle releva soudainement la tête, se rendant compte que ses mots avaient peut-être, eux aussi, la force de briser cette frêle image qui se dressait devant elle.

«Ah! Je... Je veux dire que... Que c'est ce qui arrive tout le temps mais... C'est pas ce que je veux... Moi...»

Elle murmura la suite dans un murmure presque inaudible, en baissant de nouveau la tête.

«Non... Pas du tout...»

Elle se voyait, en train d'essayer, dans le noir le plus total, de rassembler les morceaux poussiéreux de cette première image colorée, la première qu'elle n'ait jamais vue. Elle essayait d'en attraper un, comme elle le pouvait. Elle se débattait pour ne pas le perdre, et puis il tombait en poussière entre ses doigts. Et dans une autre dimension, son chuchotement continuait.

«J'ai peur... Alors...»

Et de nouveau son visage se releva dans un réflexe effrayant alors qu'elle tendait une main pâle et fragile pour saisir et s'agripper aux vêtements qui recouvraient le torse de l'homme qui lui faisait face, faisant rentrer en contact la couche de tissu et la peau cadavérique qui recouvrait son visage dégénéré.

«Alors aide-moi ! Dis-moi quoi faire !»

Sa voix se cassa à nouveau alors qu'elle se perdait dans les plis des habits.

«S'il te plait...»

Elle parvint à garder, au creux de sa paume, un morceau de verre brisé écarlate. Cette fois, elle voulait essayer. Elle voulait essayer de ne pas casser ce qu'elle avait. Juste une fois.






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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   Dim 23 Jan - 22:50

Nightmare


Elle se brisait à petit feu, comme la flamme d'une bougie qui consume les derniers restes de cire. Ses vêtements froissés, étalés autour de son corps donnaient l'impression qu'elle se déchirait de toutes parts. Les sillons de ses larmes faisaient briller son unique voyant d'un éclat de rubis et fissuraient sans préavis sa figure d'ange déchu. Les sanglots broyaient sa gorge et secouaient ses épaules de tremblements incontrôlables. Elle semblait réellement souffrir. Elle semblait mourir.

Siam tendit les bras et la saisit par les épaules avec fermeté afin de l'inciter à le regarder. Il plongea son regard dans le sien, comme s'il voulait entrer en elle et explorer son âme par un unique orbite. Les sanglots semblèrent diminuer, et le silence s'engouffra par la porte dans un hurlement bestial. Le crissement électrique s'interrompit brusquement.
Elle lui portait enfin attention. Son ego doré rugit de triomphe et se lustra de compliments mentaux. Il paraissait avoir de l'influence sur elle.


- Enfin, regarde dans quel état tu te mets...Avoue que la solitude et la haine te rongent et te détruisent. Ton Karnevale est si puissant, tu as une telle force de caractère...ce serait tellement bête de ne pas te faire connaître du monde. Tu crois qu'il se limite à ta chambre...Mais il est d'une telle immensité ! Tu n'as même pas idée ! Tu n'es donc pas curieuse ?


Il secoua la tête, atterré par la tournure des évènements. Et dire qu'il était sensé se faire de l'argent pour racheter son honneur auprès de la fille d'un bourreau ! Les péripéties s'enchaînaient et l'on se serait cru dans un conte...Mais après tout, n'était-ce pas ce qu'Elle désirait ?
Non ! Il se devait de la ramener à la réalité. Il sentait le lien qui les unissait se resserrer de secondes en secondes, et il était désormais persuadé que s'il s'en allait, elle allait le hanter.
Et le retrouver.


Buried Alive

- Tu fais du mal aux autres parce que tu t'enfermes dans ton monde et que tu ne leur portes pas attention. Tu te laisses dominer parce que les autres pensent, tu te construis même sur les souhaits des autres ! Tu es tout simplement ce qu'ils veulent !


Il la secoua légèrement pour qu'elle ne perde le fil. Ses membres s'agitèrent mollement, comme ceux d'une poupée sans vie.


- Réfléchis, enfin ! N'as-tu donc pas envie de te construire ta propre personnalité ? Tout le monde a besoin de rejeter quelqu'un, d'avoir un souffre douleur. C'est pour s'assurer qu'on est pas le meilleur et qu'il y aura toujours pire en dessous de nous.


Il saisit l'un des pans de sa cape dont il se servit pour étancher le flot de ses larmes, puis il finit par la lâcher, avant de se redresser. Cette fois-ci, il ne la toisa pas de haut. Même si elle semblait plus petite que jamais, recroquevillée à ses pieds comme un animal qu'on s'apprête à abattre...Même s'il semblait la dominer de tout son être, prêt à la briser pour toujours...Un profond sentiment de compassion, mais aussi d'égalité, brillait dans les yeux de Siam.
Pour une fois, il avait trouvé une adversaire à sa taille.

Il tendit la main, puis, saisissant celle de la jeune fille, l'exhorta à se lever. Elle parut au début terriblement lourde, comme s'il tirait quelque chose avec elle, comme s'il l'extirpait d'un flot violent, d'une terre trop boueuse.
Comme s'il la tirait des Enfers.
Son cœur s'emballa de nouveau lorsqu'elle fut à sa hauteur. Le vermeil de ses yeux se confondait joliment avec le sang qui colorait ses pupilles enflées par les larmes. Il replaça une mèche derrière son oreille et arrangea ses cheveux, comme s'il la préparait pour un dîner important. Ses mains glissèrent au niveau de ses hanches avant de lisser la jupe de princesse qu'elle portait. Il réajusta maladroitement le décolleté qu'elle portait, avant de lui tendre une nouvelle fois la main, offrant son sourire, son monde. Son cœur.


- Allez viens, je vais te le monter, le Monde.


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MessageSujet: Re: Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]   

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Who wants to kill Mr. Rabbit ? [PV Siam Pain] [Terminé]

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