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 Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]

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MessageSujet: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Mar 1 Juin - 21:08

Il arrivait parfois qu’un homme se lasse du fardeau que lui imposait le monde. Une lassitude pesante le surprend alors, entraînant dans son sillage les mythiques joies de la vie et les pensées heureuses. S'installe alors une litanie éternelle que chaque homme ne peu défier sans relâche. Encore une fois, tout n'est que songes et fantasmagories. L'essence même de la vie n'est que la vérité cloisonnée par le mensonge. L'homme intelligent se posera des questions de ce type sans pour autant trouver de réponses concrètes. Il sombrera alors dans une folie des plus douces. En ce soir de grande chaleur, comme il les aimait, le loup déferlait sa haine dans ce désert à moitié vide. Il enrageait et ses crocs acérés étaient visibles par tous. Il courait, se jetait sur une branche qui explosa en un croque ment seulement. Comme si sa propre répugnance allait s’éclater comme un bout de bois. Siam et Lust avaient beau être avec lui, lorsque le fauve n’allait pas bien, il ne cessait de se remémorer l’abandon qu’il a subit pour la deuxième fois par leurs fautes. Lear était seul. Son cœur s'était fané et s’était corrompu lorsqu’il avait tout perdu. Et lorsqu’il s’était incliné à l’ultime humiliation de sa révélation fatidique. Personne ne voulait de lui.

Les rayons lunaires se reflétaient dans ses yeux devenus fous. Tout était fou. Le fouet de sa pensée se heurtait avec violence en lui, à la seule allusion au fait d’être à demain. Chaque jour n’était que l’inconsciente répétition du précédent. Il fallait changer. Lear se sentait bizarrement bien plus à l’aise en étant un loup que lui-même. Il fallait changer. La bête arrêta net sa course. Il leva son museau humant l’air avec insistance. Le matin arrivait avec lenteur, déjà. C’est au crépuscule que les papillons du souvenir trop bons et cruels sortent du placard, volant silencieusement la magie de la nuit. Lear a eu beau l’enterrer dans le jardin de l’orphelinat, la recouvrant de branches et de feuilles, la souffrance qu’il a cachée crie encore. Des avalanches de pensées se déchainent, déchirant sa propre quiétude et scellent ainsi ses paupières sans un bruit.
Il finit par se coucher, à bout de force.

Il reposa sa tête par terre sous la pâle froideur de la lune et se laissa sombrer dans ses songes. Ah, s’il avait eu une notre vie, serait-il plus heureux ? Peut être. Probablement son destin avait-il été scellé et ses rêves brisés en milliers d’éclats de cristaux en entendant la porte de l’orphelinat se refermer bruyamment dans son dos. Cette vie n’était que songes et fantasmagories. Oui, pourquoi fallait-il que Lear s’imagine une vie encore plus désastreuse que la sienne ? Car oui, tout allait bien mieux depuis la sortie de l’endroit tant craint par l’Opalien.

Des souvenirs désordonnés remontent aux rêves du jeune loup, et cette sensation au creux du ventre. Une phrase de piano. L’hiver, l’été. Sans rien faire. Ses mains crispées sur celles de son meilleur ami. L’obscurité radieuse et finalement rassurante qui régnait dans sa chambre avec l’envie d’être adopté avec les seuls personnes qui l’acceptaient. La fièvre qui le ranimait lors des discussions exaltées sur ce même sujet avec ces mêmes personnes. Le désir qui renait aussitôt satisfait. Les batailles d’oreillers avec eux, provoquant une cascade de plumes par leurs excès. En fait, tous ces moments qui déchaînent en Lear des joies disproportionnées. Ton faussement débonnaire. Comme dans un joli conte, s’imaginer que toute une vie peut se passer comme ça. Avec entre plusieurs moments de bonheurs, quelques moments de malheurs. Mensonges héroïques des personnes qui ne baissent jamais les bras.

Un coup de vent, une odeur particulière. L’animal sur le point de s’endormir se retourna et l’aperçu. Sans doute le regardait-il depuis le début. Peu importe, à lui, il pouvait se confier, il n’y avait pas de honte. Lear se sentit bien bête des pensées qu’il eut quelques instants auparavant. Car non, il n’était pas seul, et n’avoir ne serais-ce que deux proches étaient suffisant vu leurs qualités. L’Opalien, jadis, était pourtant seul, sans aucun avenir. Mais lui, lui a gentiment prit la main. Siam. Prénom qui résonne dans les oreilles de l’animal telle une délicieuse mélodie. La bête se leva et se mit face à face avec son frère, le fixant dans les yeux. Un coup de vent, encore plus puissant que le précédent se fit sentir. Les grains sable volèrent dans tous les sens brouillant la vue des deux meilleurs amis. A la chute de ceux-ci, un homme se tenait debout, un léger sourire sur ses lèvres. Toujours aussi charmant, même après une nuit aussi agitée. Le jeune homme, Lear, semblait, encore une fois ravi, de cette rencontre inattendue.

La nuit fuie comme son désespoir laissant place à la bonne humeur et aux légers éclaircissements signalant une bonne journée. Le jeune homme s’avança vers Siam sans cesser de le regarder fixement, l’air mauvais. Il profitait, profitait de tout. De ce moment, de cette odeur, de la chaleur réconfortante qui commençait à s’imprégner dans sa peau. Tout en continuant à garder cette marche lente, il repensa à ses souvenirs. Ils étaient bels et biens réels. Lear tenait et devait tellement à ce personnage. Il était d’ailleurs prêt à faire n’importe quoi pour lui. Une fois à la distance d’un homme il s’arrêta, resta sans un mot. Contemplant le silence entendu qui régnait. Puis un léger sourire s'afficha finalement sur ses lèvres bien dessinées. Il finit par lancer sur un ton de connivence amusée :

    « Rien n’a changé, n’est-ce pas ? »
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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Dim 27 Juin - 19:21

Lui. Son domaine, son Univers. Son Amour, son seul Amant. Il aimait le retrouver dans les tristes moments, dans ces instants vides, où la vie semble suspendue. Sa chaleur, sa caresse granuleuse, ses formes généreuses, son souffle rassurant, l'enveloppaient dans un cocon délicieux. Il se laissait transporter dans les mirages et les illusions stellaires, dans des rêves dorés, d'argent et de gloire, pendant des heures interminables. Ils n'échangeaient aucune parole. Seul la respiration de l'un indiquait à l'autre sa présence. Ils se tenaient ainsi compagnie dans un jeu de mort vitale. A chaque instant, ils risquaient de se perdre dans leurs délires brûlants. C'était ainsi, le même jeu, la même histoire depuis des années. Une symbiose charnelle, comme un cordon incassable, les liait depuis leur première rencontre. Ils avaient la même fougue dans l'âme, le même éclat dans le regard, les mêmes intentions dévastatrices. Ils se ressemblaient tant si bien que rien, absolument rien au monde n'aurait pu les séparer. Il incarnait le seul miroir qui ne le blessait pas. Il reflétait, dans ses cellules ocres, toutes ses qualités, tous ses exploits les plus brillants. Pas un seul défaut, pas un seul reproche. Un miroir de réalité et d'illusions, à la fois. Une étreinte victorieuse, un pansement éphémère sur une faille occasionnelle. Des réminiscences réconfortantes, rappelant des valeurs perfectionnistes. Il l'aimait. Il l'aimait parce qu'il l'acceptait malgré sa cruauté inhumaine. Un couple chaleureux et froid. Un couple beau et diabolique.

Siam
Et le Désert.


Debout et impassible, il récitait sa prière chaude. Il avait fermé les yeux, pour ne pas récolter les grains de sable emportés par le vent qui l'enveloppait. Autour de lui, son amant capricieux criait sa possessivité et son envie de câlins. Il l'écoutait sans réagir, se riant d'une telle admiration, se riant de ces bourrasques qui, malgré leur violence, flattaient son égo imposant. Ses longs cheveux noirs, dénoués aujourd'hui, flottaient, serpents d'obsidienne, autour de sa tête blême. Son coeur légèrement ralenti, comme dans un coma, caressait sa cage thoracique, tel un oiseau endormi. Son sang coulait dans ses veines avec le calme d'une rivière à la fin de l'été. Son Karnevale impatient ronflait dans son être léger, ne demandant qu'à sortir. Cela faisait si longtemps qu'il rêvait de se montrer... Les pans d'une cape blanche frottaient ses mollets. Ces derniers nageaient dans une toile aux plis orientaux qui serraient ses chevilles et sa taille. Ses pieds nus s'enfonçaient dans le sable, enracinés. Son torse marmoréen brillait d'une sueur collante et une capuche inutile flottait à l'arrière de sa tête. Un harpon cuivré, serré dans une poigne vengeresse, semblait vouloir déchirer le ciel d'azur de ses crocs acérés. On eût dit un chasseur en mission, arrêté dans une pause sotériologique.


Je serais ton bourreau, si ta frêle existence
Pouvait offrir un point à ma sombre vengeance,
Et mon bras avec charme irait jusqu'à ton cœur
De mon aversion te prouver la rigueur.

La Vérité - Sade


Lust, ma douce Lust. Tu te rappelles ? C'est ici que tout a commencé. C'est après cet évènement difficile que m'est venu le désir de te venger, de chasser les mille et unes créatures du désert qui voudraient t'approcher. Jusqu'à présent, je suis parvenu à mes fins, mais qui sait ce que me réservent tes bourraux des marais. Qui sait ce que j'aurai à accomplir afin de purger ma peine ! Lust, Lust, pourras-tu un jour me pardonner ?

Tout à coup, la nébuleuse dorée se dissipa et le vent, lassé, se calma. De légers grains de sable roulèrent sur les dunes ondulantes, et ce fut le silence. Le jeune homme, surprit par un tel changement, ouvrit les yeux et embrassa le désert d'un regard siamois.
Ce fut comme une apparition.
Le soleil de plomb jetait des éclats irisés sur sa fourrure épaisse. De ses lourds pas silencieux, il progressait avec calme ; il ne se sentait pas menacé. Siam, cependant, resserra son étreinte sur son arme et se tourna face à la créature. Le méta' ! C'était donc lui ! L'improbable et l'implacable malfaiteur qui terrorisait Opale, à la mode d'une secte mafieuse...J'ai compris ton petit manège, mon chou. Ne t'inquiète pas, nous allons vite rentrer à la maison, et si tu n'opposes pas de résistance, je ne te ferai aucun mal.
La proie s'avançait, confiante et confiée aux bourraux du désert. Il faisait onduler de légères formes de sable qui autour de lui se mouvait comme une mer enchanteresse. Dans l'éclat de ses yeux, Siam décela l'humanité naïve et amicale. Un sourire sarcastique étira ses lèvres gercées. Malgré sa petite taille - il était deux fois moins grand que sa propre arme - il se sentait triomphant et terriblement supérieur. Le duel s'annonçait bestial.

Il ne fit aucun un pas, laissant son adversaire venir à lui, tomber dans son piège malfaisant et routinier. Le trident cuivré semblait vibrer dans sa main fine et ses os frémissant d'impatience ne demandaient qu'à dégainer leur code défensif. Il contrôla cependant parfaitement ses émotions et, impassible, contemplait le corps rival, y cherchant la moindre faille à exploiter. Tout à coup, l'inattendu se produisit. Siam pensa tout d'abord à un mirage lorsqu'il vit les doux poils s'envoler et se transformer en cheveux d'ébène, lorsque le Loup se dressa sur ses deux pattes et se fondit en un corps humain, lorsque le museau se rétraca et que les pattes devinrent des mains et des pieds doigtés, lorsqu'une peau légèrement hâlée, typiquement Opalienne, remplaça la robe soyeuse. Incrustés dans cette rare porcelaine, les yeux identiques s'accompagnèrent d'une expression amusée, renforcée par un sourire que Siam connaissait bien. Alors que seulement deux mètres, tout au plus, les séparaient, de lointaines réminisences lui sautèrent aux yeux, et il le reconnut, comme une évidence
.


- C'était donc toi.
Lear Hain


Ami d'enfance, connaissance poussée. Un caractère, un regard, un sang même, identique. Un miroir délicat, une cruauté reflétée, un garçon qui lui ressemblait comme un frère. Le désert, éconduit par tant de puissance, abasourdi par un tel concentré de violence, s'était muré dans le silence. Le souffle chaud des deux Opaliens, des deux Orphelins, des deux Frères, les enveloppa dans un maelström de souvenirs que Siam, peu nostalgique, trancha d'une voix glaciale.

- Combien de temps as-tu réfléchi avant de réaparaître ? Tu t'ennuyais, c'est ça ? Tu voulais venir foutre ta merdre ailleurs ?
Il dressa sa fourche diabolique, Satan Blanc, la tendit, acte de mise à mort, en direction de Lear. Il aurait pu lui trancher la gorge. Là, maintenant, tout de suite. Lacérer sa chaire fraîche et jeune. Mettre fin à ses manigances et récupérer son dû. Néanmoins, il restait immobile, frappé d'étonnement. Impossible de d'expliquer pourquoi il se retenait avec tant d'ardeur. Même moi, je ne saurais vous le dire. Il y a des moments où, parfois, les marionnettes sur lesquelles l'on avait tant de pouvoir nous échappent...le temps d'un amusement. Le temps d'un crime.

- Oui. Cela fait bien longtemps...Peut-être dix ans ? peut-être un peu plus...

Son sourire s'élargit, se dénua de toute hypocrisie. Un amusement sincère adoucit les traits du chasseur qui abaissa son trident.

- Petite crapule...

Il s'approcha de lui et le gratifia d'une étreinte puissante. Il le serra contre son coeur, y transfusant toute son amitié, tous ses plus francs sentiments. Leurs anciens jeux, leurs discussions passées, la mode surrannée, le language obsolète lui revinrent en mémoire avec la douceur d'une boisson chaude. Il s'agissaient des rares bons souvenirs entretenus par sa mémoire.Siam, désressant sa prise sur le trident, se laissa porter par cette berceuse chaleureuse et parfumée.
Ce n'était plus l'étreinte d'un traqueur, mais bien celle d'un ami d'enfance.


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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Lun 28 Juin - 18:07

Parlait-on donc tant de lui dans la ville d’Opale pour faire appel à un chasseur des plus talentueux ? Avait-on donc contre lui tant de haines que les villageois souhaitent à tous prix le faire arrêter voir tué ? Lear ne comprit pas tout de suite l’attitude de son vieil ami au sourire crispé. Pensait-il vraiment que le fauve tomberait sous le charme d’un rictus forcé et emplis de mauvaises intentions ? Avait-il oublié qu’ils étaient tous deux pareils, qu’ils pouvaient se comprendre au moindre battement de cils malgré les années perdues ? Peut être ne l’avait-il pas reconnu tout de suite. Peut être avait-il peur de faire échouer sa mission par de vieilles réminiscences. Les pensées du jeune homme se bousculèrent ardemment lorsque l’inconnu le pointa de son arme qui en avait tué plus d’un. Le temps semblait s’être gelé dans ce désert devenu glacial. Ils se regardaient tous deux droit dans les yeux à l’affut de n’importe quel geste qui transformerait le bruit des grains de sables se posant sur les dunes en un requiem des plus troublants. La tension méconnaissable planait dans l’air comme une tornade souillée par l’amertume. Mais l’air confus de Siam obligeait le jeune homme à rester confiant envers son meilleur et unique ami. Pourtant les paroles de celui-ci avant qu’il ne brandisse son Ôte-Vie revinrent en mémoire à Lear. Avait-il oublié la souffrance qu’il endurait par sa solitude et l’incompréhension de son entourage envers lui ? Ne savait-il pas encore que sa fourche aux Enfers aurait le même effet sur lui que celui des regards fusilleurs des passants ? Tels deux amants touchés par la folie et la confusion, se lacérant du regard, ne sachant que faire, le but étant d’arracher une victoire victorieuse. Que cette scène pouvait lui être amère. Mais il se dit que, finalement, Siam était comme ça, qu’il fallait le laisser dans ses songes encore un peu et voir ce qu’il adviendrait.

Effectivement, le rictus diabolique qu’il affichait s’élargit en un sourire des plus sincères et emplis de nostalgie. Le contraste était si frappant que Lear eut un moment de doute lorsque celui-ci s’avança vers lui malgré le regard de sympathie qu’il lui lançait. Mais l’étreinte qu’il lui offrit à cet instant n’était autre que franche et vivante. Se laissant subjuguer par cette vague de sentiments, Lear ferma les yeux qui étaient resté grand ouvert de stupéfaction pour se laisser mener là ou ses songes le mèneront. Une odeur familière, en y repensant, l’étreinte même n’avait pas changé. Que c’était bon de le revoir, de se sentir rassuré à ce point. L’échange de son compagnon par cette étreinte avait été telle une renaissance pour Lear. Son cœur éteint se remit à battre et ses pensées devenus mornes s’animèrent avec gaités par le souffle de Siam dans son oreille. Tout allait redevenir comme avant. Oui. Comme avant. Pourtant, quelque chose n’allait pas, plusieurs choses, peut être même. Un manque. Tout n’était pas comme avant. Lear se défit lentement mais à contrecœur de l’étreinte que lui offrait son compagnon puis regarda autour de lui, comme à la recherche de quelque chose… Ou de quelqu’un. L’inquiétude, pourtant sans fondement le saisit. Lust. Pourquoi n’était-elle pas, comme à l’orphelinat, avec Siam ? Lui était-il arrivé quelque chose ? Au fond de lui, une voix étouffé tentait, en vain, de lui crier que chacun d’eux avaient à présent leurs vies et qu’ils n’étaient pas forcement toujours ensemble. Ce qui était vrai, mais il refusait, probablement car trop attaché au passé, de croire cela.
    « Hmm... Lust n’est pas avec toi ? »
Sa voix, contrairement à d’habitude, était hésitante, perdu entre les deux options qui s’offrait à lui. Le fait qu’il lui soit arrivé quelque chose et le fait qu’ils avaient chacun, effectivement, leurs vies. Le passé peut parfois nous faire perdre la tête en s’imaginant que rien n’est censé bouger. Et pourtant, c’est le temps qui passe qui purifie les gens de leur passé et soigne les blessures des cœurs. Alors pourquoi fallait-il qu’il ait cette façon de penser ? Elle était la même que lorsque Siam et Lust avaient quitté l’orphelinat. Lear n’osait plus bouger, n’osait déplacer aucun objet de peur de briser tout l’univers qu’il a construit avec eux, de peur de ne plus être, en quelque sorte, avec eux. Alors pourquoi n’était-elle pas là ? Qu’est-ce qui a fait que Siam se retrouve chasseur de cette façon là ? A cette pensée, un élan d’appréhension se fit de nouveau sentir. Une angoisse disproportionnée s’ajoutant à celle de l’absence de Lust. « C’était donc toi. » Ces trois mots résonnèrent dans la tête de Lear plus comme un vacarme assourdissant qu’une parole douce et réconfortante. Il ne s’en était pas rendu compte au premier abord. Mais… Il existait bel et bien une recherche sur lui ! Il ne voulait plus vivre repu, exclu et solitaire. Comme mort en fait. Non, cela lui était impossible ! Siam aurait probablement autre chose à faire que de rester à ses côtés d’ailleurs. Qu’allait-il faire ? Lui, qui ne demandait seulement qu’un peu de compassion. Bien qu’il lutte contre, l’inquiétude devait se deviner dans ses yeux ébène. Peut être s’angoissait-il pour rien. Après tout, il n’avait rien fait de mal… Mise à part terroriser quelques passants bien sûre. Lear ne dit mot, laissant la nature inexistante du désert parler à sa place. Il n’avait plus la notion du temps depuis sa rencontre avec Siam. Ce qu’il pouvait voir à présent, c’est qu’il faisait jour. C’est tout. Il entama discrètement.
    « Euh… Comment en es-tu venu à entendre parler de moi… ? »
Il n’était même pas sûr, après tout, que sa recherche soit uniquement focalisée sur lui. Peut être son frère passait-il ici par hasard. Toujours étant qu’il avait une proie à capturer et la coïncidence semblait étrange vis-à-vis du jeune homme. Il faut préciser qu’il venait de se servir de son pouvoir et ce, durant toute la nuit, ce qui expliquerait donc sa paranoïa extrémiste bien que légèrement prouvée. Les yeux légèrement baissés, ils les remontèrent jusqu'à ceux de Siam. Et se sentit tout d’un coup moins seul. Oui, Lear était quelqu’un de très intelligent, mais emplis de craintes qui rendaient sa concentration difficile lorsqu’il s’agissait de lui-même. Mais il n’était pas seul. Non, il n’était plus seul. Le regard un peu confus, il continuait d’observer Siam. Regarder quelqu’un dans les yeux, c’est un peu comme se regarder soi-même. Le perdant c’est celui qui détourne les yeux. Lear, lui, ne veut pas perdre.
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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Mar 29 Juin - 18:36

Siam tressaillit en entendant le prénom de sa sœur. Il dissimula sa gêne derrière un haussement des sourcils faussement incrédule. Ô combien il aurait aimé qu'elle soit là, qu'il ne soit pas obligé de l'éviter sans arrêt, de se faire du mal...La chaleur qui avait envahi son cœur battant s'évanouit comme on souffle une bougie d'espoir. Il aurait voulu détourner le regard, s'éloigner de ce passé qui venait de refaire surface avec brutalité. Ce fut à ce moment que les yeux de Lear accrochèrent les siens dans un duel de regards sans merci. Sa nostalgie chaleureuse laissa place à une tristesse glacée. Il quitta la fraîcheur et la gaieté des réminiscences enfantines pour se pencher sur un passé trop proche qu'il s'acharnait ardemment à oublier. Il était vrai que, dans une époque bien lointaine, Lust et lui, frères et sœur de sang bleu, ne se quittaient jamais. Lorsque Lear souhaitait voir l'un, il était toujours accompagné de l'autre. La séparation était impensable à la vue de cette rare symbiose.
Et pourtant, si tu savais Lear, si seulement tu savais...


*** Flashback ***

La journée touchait à sa fin. Le soleil, vitrail brûlant, s'était brisé contre les dunes mouvantes et se noyait désormais dans une mer écarlate et granuleuse. La chaleur désertique laissait place à la douce nuit, dont le bleu marine gagnait déjà le ciel immaculé. Les derniers retardataires d'Opale regagnaient la ville avec précipitation, sous les réprimandes des gardes qui s'apprêtaient à fermer, comme chaque soir, les lourdes portes de la cité dorée. Lorsque le dernier habitant se fut faufilé dans l'entrebâillement des battants, la gueule de bois (haha) serra les lèvres et s'endormit dans un sommeil lourd et tranquille. Les Opaliens verrouillaient leurs portes et s'endormaient paisiblement, soulagés d'être si bien protégés.

Siam n'était pas de cet avis. Quelque chose ronflait sous les dunes. Le vent brûlant amenait avec lui le souffle de la racaille et l'odeur de l'agitation sanguinaire. Trident à la main, il patrouillait, l'oreille aux aguets, les dents serrées. Ses yeux siamois ne quittait pas cet horizon cramoisi qui semblait annonciateur d'un tourment prochain. Oui, Siam le savait. Ce serait une nuit de violence. Une nuit de Chasseur.

***

Elle était étendue sur le sol, prenant son passeport pour un autre monde, un univers moins obscène, sans souffrance. Le sable la déguisait d'une couverture dorée que son sang tâchait de fleurs écarlates. L'odeur métallique de l'hémoglobine se répandait dans l'air, annonciatrice de douleur et de mort. Un cœur palpitant encore soulevait faiblement une poitrine déjà trop lourde, lacérée, dont les lambeaux comme des morceaux de tissus, s'étalaient à ses côtés. Sa longue crinière d'ébène et sa perle dévoilée assuraient encore sa féminité. Des mains, déjà abandonnées, étaient toujours crispées dans un dernier supplice. Des jambes, ravagées par l'émail bestial, nourrissaient déjà les asticots d'une chair royale. Un globe nerveux avait roulé au pied du mur, trainant derrière lui ses capillaires. Autour d'un orbite qui ne donnerait jamais plus d'image s'étalait un schéma vengeur.

*** Fin du Flashback ***


- Depuis cet évènement, nous nous voyons rarement, avoua Siam après son récit déchirant. Elle avait risqué sa vie pour sauver la mienne, quitte à y laisser des membres. Je me suis promis d'étriper son bourreau et par respect pour son acte, je lui cache la vue de ma détestable personne. Je m'efforce d'éviter notre rencontre alors elle a commencé à m'oublier pour ne plus souffrir de mon absence. Nos chemins se sont séparés et nous avons continué notre vie, chacun de notre côté. J'ignore ce qu'elle est devenue, et je ne veux pas le savoir. La prochaine fois que je chercherai à la trouver et que je m'autoriserai à poser les yeux sur elle, ce sera en tenant la tête de ce monstre dans mes mains.

Comme pour appuyer la rage qui le gagnait et sceller son pacte mortel, il planta violemment son trident dans la dune gémissante.

- Qu'est-ce que tu croyais ? Que nous nous suivions jusqu'aux toilettes comme à l'Orphelinat ? Nous avons grandi, Lear. Les temps ont changé et nous avec. Et toi, que faisais-tu, durant tout ce temps ? Tu as bien dû quitter l'Orphelinat, pourquoi n'as-tu jamais cherché à nous retrouver ?

Il faillit ajouter : "ne t'es-tu jamais demandé à quel point tu avais pu me manquer ?" Mais son orgueil poussé lui empêcha de poursuivre. Il rompit le contact visuel, s'avouant vaincu, se rappelant à quel point cette séparation l'avait déçu. Pourquoi n'était-il pas revenu ? Pourquoi se décidait-il à réapparaître seulement maintenant ?

- Je n'ai plus envie de jouer, Lear, je suis désolé. Les moeurs enfantines qui brûlaient dans mon coeur innocent se sont envolées en fumée avec l'attaque de Lust. L'atteinte portée au corps de la seule femme que j'ai jamais aimée à brisé mes ambitions oniriques et ce caractère optimiste qui éclairait ma vie jusqu'à ce jour. Le sacrifice passionné de cette Vénus fraternelle a détruit mon égo, ma fierté, ma vie...tout, jusqu'à mon amour de l'existence. Je ne vis désormais plus que pour la venger, espérant ainsi regagner son estime. Tu n'imagines pas le temps qu'il a fallu pour me reconstruire, les remises en question qu'il m'a fallu accepter, la froideur et les pratiques perverses derrière lesquelles je suis obligé de me cacher...pour ne plus souffrir.

Il haussa les sourcils en entendant la seconde question de Lear. Un sourire en coin creusa sa peau sèche.


- Comment j’ai entendu parler de toi ? Tu me demandes cela à moi, habitant d’Opale, la ville des voleurs et des assassins. Je suis Chasseur, mon chou. Des affaires pas nettes, j’en ai vu défiler, crois-moi. Et puis, excuse-moi, mais…

Il tendit une main pour épousseter les habits de Lear dont les mails emprisonnaient encore quelques poils duveteux.

-…un loup dans le désert, c’est pas très discret…


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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Mer 30 Juin - 16:00

Le soleil commençait à taper sérieusement, faisant de sa peau un hâle lumineux et chaleureux. Bien que Lear aime la chaleur d’Opale, cette fois-ci, elle était vraiment irritante et la concentration devint de plus en plus dure à se faire. Enfin… Etais-ce la chaleur, ou le manque d’envie pour ne pas avoir à supporter l’ultime vérité qui s’offrait à ses oreilles ? Il ne voulait pas le savoir. Tout était bien trop beau maintenant qu’il avait retrouvé Siam, tout était parfait comme ça, tout resterai comme ça. Pourtant, il est difficile de croire en cette idée enfantine et on ne peut plus égoïste. Lear maudit sa maturité qui l’empêchait de plonger dans son rêve jusqu’au bout. Aux paroles de Siam et à son détournement du regard, il comprit que quelque chose d’horrible s’était passé, et il ne pouvait pas encore totalement s’en rendre compte. Mais pourtant, en remarquant la tristesse voilée par la haine dans les yeux de son vieil ami, il contempla comme pour se changer les idées et fuir la réalité trop cruelle, encore une fois, le désert. Une contrée aussi aride, aussi impitoyable que son propre cœur. Lust avait souffert et Siam n’avait rien pu y faire, c’était un fait. Il s’en voulait bien assez comme ça pour, en plus, rajouter une mine dégouté de la situation qui était en train de virer au cauchemar. Lear resta sans voix. Bouche-bée par ce récit infernal.

Lorsque Siam commença à lui poser des questions, Lear le prit plus comme une sorte de morale que des simples demandes posées à un vieil ami. Qu’est-ce que je faisais durant tout ce temps ? Pourquoi n’ai-je jamais cherché à vous retrouver ? Lear sentit le rouge monter à ses oreilles. Il pouvait tout aussi bien retourner ces questions contre son locuteur. Après tout, il ne lui était peut être pas arrivé de malheur aussi marquant que celui avec Lust. Mais sa vie n’était pas vraiment une partie de plaisir non plus. D’ailleurs, comment pouvait-il prétendre qu’il ne l’avait pas cherché ? Comment pouvait-il en être sur ? La rage gardé en lui depuis trop longtemps explosa comme un vase s’éclatant en milliers d’éclats de cristaux sur le sol, laissant pour les personnes autour des blessures, peut être, parfois, trop profonde pour en guérir complètement. Il hurlait presque.
    « Comment peux-tu dire que je ne t’ai pas cherché ? Comment peux-tu le prouver ? Certes. Je ne vous ai pas cherché. En connais-tu seulement la raison ? Non ! Tu l’ignores ! Tu ne peux pas le savoir ! Vous disiez que l’on restera toujours ensemble ! Que l’on était une équipe ! Je croyais en ces mots ! Et pourtant… *Sa voix se brisait au fur et à mesure de son récit.* Lust et toi, vous êtes partis, le sourire aux lèvres, me laissant seul, perdu encore une fois dans cet univers qui n’est pas le miens… Tu… Tu n’as pas cherché non plus à me revoir ! Et voilà la raison pour laquelle je ne vous ai pas cherché, la raison pour laquelle je me suis forcé à ne pas vous cherché ! Je voulais savoir, si comme vous l’aviez dis, on se retrouvera après, savoir si vous viendriez me chercher ! Oh, je ne suis pas bête, et la seule raison qui me poussait à quitter l’orphelinat était de savoir si vous alliez, justement, venir me chercher ! Mais à la sortie, personne. J’étais seul. Encore… encore une fois. Bagage en main, perdu au milieu de la rue déserte. Vous êtes partis, sans jamais revenir. Oui, je l’ai prit comme une trahison et bien évidemment que j’avais qu’une… qu’une envie s’était de vous… vous retrouver ! Mais… Mais ne comprenez vous pas que je vous ai… »
Il lui était impossible de continuer, la rage qu’il contenait depuis leurs départ de l’orphelinat se transformait en une tristesse si profonde que cela lui donnait un aperçut de l’infini. Sa voix était trop noué pour ne serais-ce que prononcé ne serais-ce qu’encore un seul mot et ses yeux aussi rouge que le sang qui circulait de toute sa puissance dans son corps. Il s’agenouilla d’un seul coup, n’arrivant plus à porter le fardeau qu’il maintenant sur ses épaules. Ses muscles étaient contractés et ses mains fermaient avec force le sable qui continuait tout de même de glisser entre ses doigts. Il essaya de reprendre, mais calmement cette fois-ci.
    « Je voulais vous chercher. Vous demandez encore une fois votre aide, comme un pauvre égoïste que je suis. Mais si je ne l’ai pas fais, c’est parce que, finalement, j’avais peur qu’à mon appel, personne ne vienne… Je ne l’aurai pas ... »
Non s’en était trop, il ne sentait plus sa mâchoire à force d’être crispé et il percevait ses dents au bord du craquement s’il serrait encore un moment plus fort. Tant pis pour la fin de sa phrase, qui après tout, est sans importance. Quand bien même, Siam était-il obligé de quitter l’orphelinat, quand bien même avait-il quelque chose d’autre à faire que de venir le chercher. La pensée que celui-ci était en fait quelqu’un d’égoïste était restée gravé un moment dans l’esprit de Lear. Pourtant, il savait très bien, et encore maintenant, que c’était lui le plus égoïste des deux, même des trois. Le plus immature aussi, dans cette histoire. Il essayait de se reprendre, à commencer par se lever. Lentement mais surement. C’est bon, il tenait encore sur ses jambes. Mais il lui était impossible de croiser le regard de Siam. Il avait trop honte de son comportement des plus déplacés. Il changea de sujet, comme si de rien n’était. Mais sa voix restait tout de même encore troublée.
    « Pourtant, rares sont les personnes qui s’aventurent dans ce désert… »
Le fait qu’il était recherché lui parut tout d’un coup tout à fait dépourvu d’intérêt. Cela n’avait plus aucune importance à présent. Mais il repensa au geste de Siam, lui enlevant quelques poils de son autre-lui-même sur son épaule. Lear espérait ne pas être allé trop loin, finalement, et espérait que ce geste allait se reproduire, ne serais-ce encore qu’une seule fois seulement. Il repensa à ses raisonnements d’autrefois. Il avait réussit à se faire croire à lui-même que s’il devait être amené à mourir, Siam accepterait de le suivre dans la mort. Ce n’était qu’un rêve. Mais à présent, il pensait que s’il devait mourir, Siam, ne le suivrait surement pas. Il se dit que malgré que ce soit mieux ainsi, il devait être fou, pour trouver ça si triste.
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Sam 3 Juil - 21:49

Si tu nous avais cherché, tu nous aurais trouvés, pensa froidement Siam, qui, avec étonnement, regardait son meilleur ami se décomposer à ses pieds. Il ne sut dire combien de fois il avait retenu son poing de s'écraser sur la figure de Lear. Il avait envie de lui dire de se bouger, de se lever et de regarder droit devant lui, où, dans le lointain horizon, se dessinait son avenir. Peut-être glorieux, peut-être honteux, mais il savait au fond de lui qu'une destinée était écrite, là bas, derrière les dunes hautes et qu'elle n'attendait que son protagoniste pour se réaliser. Cependant, en cet instant pathétique, elle semblait se décomposer comme un métal progressivement attaqué par la corrosion. Siam baissa les yeux, découvrant, prosterné devant lui comme un esclave, une loque miséreuse qui semblait implorer le pardon, avouer sa défaite. Il fut aussitôt pris d'un dégoût irréfutable et cette fois-ci ne put se retenir d'agir.

Il se baissa légèrement, conservant la posture digne et méfiante du Chasseur. Soupirant, il tendit sa main sans réticence et saisit fermement le col du vêtement qui recouvrait les épaules de son ami. Ses muscles se contractèrent machinalement et tirèrent Lear vers le haut, comme on sort une victime du gouffre. Lorsqu'il l'eut remis sur pieds, non sans les réflexes humains du Méta, il planta un regard réprobateur dans les iris autrefois si fiers de son ami. Il constata avec désespoir que la bestialité admirée qui y brillait autrefois s'éteignait comme un souffle de vie. Il saisit son épaule et le secoua légèrement afin de le tirer de sa léthargie.


- Mais réveille-toi enfin ! On dirait que tu es resté bloqué il y a vingt ans en arrière ! Tu sembles désespéré...Tu es entre celui qui a besoin des autres et celui qui se résigne ! Voit les choses en face, mon gras, tu as quitté l'Orphelinat bien trop tard. N'as-tu donc pas compris que dans le monde de Sphera, en particulier à Opale, c'est chacun pour sa peau ? N'as-tu donc pas compris qu'il faut sans arrêt se méfier ? Qu'on peut à tout moment se faire agresser en dormant ? Mais sache que dans cet océan de merdeux, il y a un petit cercles de personnes à qui tu tiens fort. Un cercle incassable de personnes, d'amis, qui seraient prêt à crever pour toi, qui sont prêts à tout pour t'aider, quand tu es dans le besoin !


Il secoua la tête, le regard fatigué, comme si ses paroles relevaient de l'évidence. Ses entrailles se serraient. Il n'osa le lui avouer, mais le comportement de Lear, fusse-t-il son meilleur ami, le décevait profondément.


- A-t-on choisi de partir ? C'est bien le destin de tous les habitants de l'Orphelinat, non ? Ils devront bien tous quitter ce cocon un jour pour affronter "Le Grand Monde". Il se trouve que Lust et Moi l'avons quitté plutôt que toi. Il se trouve que les parents adoptifs de Lust ne voulaient pas nous séparer, de peur que l'un se laisse crever en l'absence de l'autre. N'y a-t-il pas une raison à cela, Lear ? Ne penses-tu pas que nous sommes partis sans toi, te livrant à toi même, afin que tu puisses justement te renforcer ? On dirait que ce n'est pas le cas. Es-tu donc resté l'enfant solitaire et généreux qui se défendait par son silence ?

"Je vois que tu es resté trop longtemps dans le désert, Lear. Même moi qui l'ai parcouru maintes fois, je ne le connais pas totalement. En effet, seuls les nomades, les commerçants et les chasseurs traversent cette mer dorée, car personne ne la connait mieux qu'eux. Si tu te rendais plus souvent à Opale, tu ferais mieux de savoir qu'il faut bien plus qu'un Karvenale et du silence pour faire face aux menaces quotidiennes. Mais au fait...où habites-tu, maintenant ? L'Orphelinat était à Amenthalys, comment cela se fait-il que tu aies fait tout ce chemin ? Tu cherches quelque chose ?

Perdu dans ses leçons de morale et sa colère grandissante, il en avait oublié les questions essentielles. Il avait si mal digéré l'absence de sa moitié - loin de l'amant Lear était comme un frère - que les retrouvailles si soudaines avaient fait ressortir toute son amertume vis à vis de ce qu'on pouvait appeler...un manque ? Les retrouvailles avaient été trop brutales, il n'avait pas eu le temps de s'y préparer psychologiquement. Il ne fallait pas attaquer ses sentiments comme cela ! Le choc semblait être réciproque, ce qui expliquait l'émotivité de Lear...

Un courant d'air brulant fouetta la nuque du jeune homme. Se rappelant que ses cheveux d'ébène flottaient toujours aussi librement autour de sa tête, il se saisit de son cordon de cuir qu'il avait attaché temporairement autour de son poignet. Il saisit sa tignasse bestiale avec l'habileté du Chasseur et les entrava dans une queue de cheval serrée. Il porta sa main en visière au dessus de ses yeux et considéra la place du soleil. Ils semblaient être tous deux habitués à ce climat difficile, mais ils restaient des êtres humains, donc victimes potentielles et logiques de la déshydratation.


- Bordel, il va être presque midi ! Rentrons, les tigres des sables ne vont pas tarder à balayer les dunes. Il faut que j'atteigne Opale avant eux. Et je n'ai pas apporté d'eau, je ne veux pas crever aussi bêtement !

Il saisit son trident impressionnant et le glissa dans son dos avant de tendre une main fraternelle à Lear, lui intimant de le suivre.


- Viens avec moi, à Opale. Je crois que nous avons des choses à se dire.

N'importe quel fan de manga aurait vu une étincelle irisée briller au coin de sa paupière, alors qu'il adressait à Lear un clin d'oeil complice.


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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Dim 4 Juil - 15:01

Malgré la tristesse mélangée à la rage d’en vouloir à son ami et en plus de se mettre dans cet état, Lear essaya de se reprendre. Oui, il aurait pu chercher Siam et le trouver sans trop de difficultés. Il aurait pu. Seulement voila, pourquoi serais-ce à lui de le chercher ? Pourquoi lui, ne l’a t-il pas cherché ? Le jeune était horrifié devant tant de dégout, devant tant de déceptions que lui offraient à bras ouvert ses réminiscences. Lorsque Siam l’avait tiré par le col, il se surprit à lui en vouloir pour ce geste. Il savait que son ami était comme ça, qu’il l’avait toujours été. Alors quelle était cette impression de dégout ? Après quelques secondes à chercher d’où venait la puanteur de son geste, il en conclu que c’est Siam qui avait raison et que ce n’était autre que sa propre pitié qui n’était qu’accablante. Alors que son regard commençait à se ranimer, plus pour son ami que pour lui-même, celui-ci déclara une morale qui lui parut la première seconde fausse et emplis de désapprobation pour finir par se transformer en des conseils des plus appréciés. Se réveiller ? Lear en rêvait, de se réveiller. Mais Siam ne devait pas comprendre l’importance que celui-ci portait pour lui. Le jeune homme ne préféra en rien contredire sa réminiscence de peur de se faire encore blâmer, pour un rien. Le passé était pourtant tellement mieux pour Lear, tellement plus attirant ! Il n’en avait cependant gardé que les bons souvenirs. Comme un conte pour enfant, s’imaginer que toute une vie peut se passer ainsi, avec entre pleins moments de bonheur, quelques moments difficile à passer. Mensonge héroïque des personnes qui ne baissent jamais les bras. Lear se dit qu’il pensait à cette phrase un peu trop souvent ces temps-ci, c’en était pathétique, encore une fois. Quant au fait de se faire attaquer à tous moments, il le savait pertinemment, mais quel intérêt de vivre si notre rêve ne se réalise pas ? Mourir, la douleur physique ? Rien n’est pire que la solitude qui attend qu’une main chaleureuse s’en débarrasse. Après tout, lorsque l’on parvient à réaliser notre objectif, on se rend que l’on s’en moque, et lorsque l’on y parvient pas, on reste frustré pour la vie. Mais Lear avait parvenu à réaliser son rêve en cet instant ! Il demanda donc d’une petite voix, plus pour lui-même que pour Siam.
    « Dit, pourquoi réaliser un rêve et être heureux, ce sont des choses si différentes ? Je ne le comprends toujours pas. »
Siam n’avait peut être pas entendu sa phrase, et ce serait probablement mieux ainsi, d’autant plus qu’à la base, Lear n’avait pas vraiment prévu de la dire à haute voix. Lorsque Siam attaqua le sujet du pensionnat en mentionnant le fait qu’il l’avait laissé seul pour se renforcer, Lear cru vaciller, il n’en revenait pas. Il le prit comme une sorte de coup de poignard dans le dos, brisant son échine et stoppant son cœur à présent désagrégé. Oh oui, il savait que cela partait d’un bon sentiment mais qu’il n’arrivait pas encore à le comprendre. Il fallait pourtant qu’il se reprenne, après tout, il connaissait Siam, il savait que c’était pour son bien, oui. D’ailleurs, il se disait même être son ami. Oui, c’était Siam qui avait raison. Il fallait se reprendre. A cette pensée, Lear sentit son regard reprendre peu à peu, lentement vie, comme s’il avait enfin aperçu une porte de sortie mais qui se trouvait à quelques kilomètres de lui et dans un noir total d’où pouvait sortir une armée d’obstacles. Mais, depuis le temps, il avait apprit à se défendre. Il ne répondu pourtant pas à la question de Siam lui demandant s’il avait tout de même évolué. Lear trouvait cette question trop basique, c’était normal d’évoluer, même lorsqu’on le voulait pas. La vie nous obligeait à évoluer, même inconsciemment.
    « J’habite une villa, dans les quartiers aisés d’Opale. J’y suis rarement cela dit… »
Eh oui, il avait bien changé depuis l’orphelinat, se faisant un peu d’argent par lui-même pour avoir de quoi s’acheter une résidence dans les quartiers riches. Qui l’aurait cru ? Siam qui depuis le début de la conversation semblait avoir figé son visage dans une colère glacial, avait apparemment un peu pris sur lui-même car ses traits s’assagirent, donnant un peu plus de courage encore à Lear.

Presque midi ? Le temps avait filé sans raison en un rien de temps. Le jeune homme n’avait même pas sentis la soif le surprendre alors qu’il avait couru toute la nuit. Lear semblait encore un peu déconcerté tout de même. Mais une main, une main chaleureuse même. Un sourire, oui, un sourire sincère aussi. Le fauve releva les yeux et entendit son ami lui demander de l’accompagner à Opale, cela paraissait vraiment basique. Mais tout s’éclaira dans l’esprit de Lear, et il entraperçu, enfin, la sortie, il y en avait une deuxième, juste à coté de lui, et la porte était en or. Il approcha sa main de la poignée en même temps que celle de Siam. Oui, il allait le suivre à Opale, ils avaient effectivement des choses à se dire. Encore quelques petits centimètres avant d’atteindre la poignée et la main de son ami. Bientôt, se dit-il. Un sourire complice se dessina sur ses lèvres. Son cœur se mit à battre, et le clin d’œil de son souvenir n’était plus qu’un simple fait réel à présent. Il continuait d’avancer sa main, touchant la poignée et l’autre main qu’on lui tendait. Son regard s’emplis de fierté. Après tout, cela faisait tant d’années qu’il attendait ce moment. Il saisit la poignée en même temps que la main de Siam et dit tout en même temps d’une voix pleine de confiances ainsi que d’assurances.
    « Oui, allons-y ensemble. »
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Jeu 8 Juil - 18:49

Le Chasseur avait feint de ne pas entendre la question de Lear, qui de toute manière semblait rhétorique. La chaleur s'était emparée de sa gorge et la desséchait sans vergogne, tandis que sa langue sèche et craquelée s'était réduite à un vulgaire morceau de parchemin. Il n'avait pas l'intention de gaspiller davantage de salive dans des réflexions aussi inutiles et irrationnelles que celles du bonheur. Foutaises oniriques que cela !
La main de Siam saisit fermement celle de son ami d'enfance et ce fut avec cette perche de chair tendue et palpitante qu'il l'entraîna à sa suite. Le chemin n'était certes pas long jusqu'à Opale, mais Siam avait conscience de ce qu'il pouvait leur arriver en quelques kilomètres de mer dorée. Malgré sa force et son expérience, Siam, en Chasseur avisé, avait l'intelligence de ne pas s'aventurer dans le désert aux alentours de midi, pas seul en tout cas. Le meilleur des Chasseurs d'Opale lui-même ne pouvait affronter seul les flots de dents qui se déversaient dans le désert au zénith. D'autant plus qu'il avait capturé sa proie.

Cependant, capturé était un grand mot : il avait plutôt dissuadé sa victime de faire usage de violence inutile. En presque trois ans de métier, c'était la première fois qu'il ne faisait usage, ni d'armes, ni de Karnevale, ni de force physique afin de mener à bien sa mission. Cela le contrariait, mine de rien. La tâche semblait aisée, mais il sentait grandir en lui un sentiment de profond malaise. Tenté de faire usage de manipulation pour le capturer - il lui fallait tout de même vivre - il se résignait lorsque ses sentiments sincères le rattrapaient. Futile passé ! Réminiscences inutiles ! Voilà qu'en débutant, il laissait ses émotions l'atteindre et entraver ses actions ! Siam, rageant contre lui-même, se sentit soudain faible et expérimenté. Non ! Pas question de se laisser ronger sans réagir ! Fuyant une énième fois, il entreprit de chasser ses idées noires avant de lâcher la main de Lear. Midi approchait. Ils devaient se hâter.
Ils roulaient, nouveaux Dieux, sur les flots brûlants du désert, sans se dire un mot. Tout à coup, dans les ondulations de chaleur, Siam crut apercevoir la cité Opalienne. Il plissa les yeux, le cœur battant. Non, ce n'était pas un mirage.

Comment pouvait-on rater Opale, la ville orientale par excellence ? Comment des yeux humains pouvaient-ils embrasser le paysage sans être attirés par ce monument irisé émergeant du sol, comme une montagne de vagues dorées ?
Elle se dressait au beau milieu du désert, imposante et fière. Les lourdes marées se sable se jetaient sur ses flancs de pierre lisse mais solide. Des patrouilles courageuses et avisées arpentaient les longs murs. Les chasseurs par dizaines exerçaient leurs rondes. Aucun intrus ne pourrait pénétrer de force la Cité des Merveilles sans se faire découper en rondelles pour servir de dîner aux tigres des sables. Surtout pas à cette heure.

Siam s'immobilisa tout d'un coup. Une chose était certaine, les vigies et les Chasseurs avaient repéré deux êtres humains s'avancer en direction de la cité. Cependant, aucun n'aurait pu deviner qu'il s'agissait de Siam - la technologie d'Opale étant la moins avancée de Sphera. Ce dernier s'arrêta soudainement.


- Une seconde, nous ne pourrons pas rentrer dans Opale, pas tous les deux.

Devant l'expression incrédule de son ami, il ajouta.

- Réfléchis. Tu es recherché par la cité la mieux gardée de Sphera. Je suis celui chargé de t'abattre. Si on me voit rentrer seul, je me ferais brièvement huer parce que j'aurais soit-disant eu la trouille des tigres des sables. Ca, ça passe. Mais si nous rentrons tous les deux, comme de très bons amis, on va se faire lyncher, et on risque sévèrement notre peau. Ce serait trop bête. De plus, la règle du Chasseur est de ramener sa proie morte. Si je te ramène menotté, tu seras achevé par les gladiateurs.

Il passa une main sur son visage avant de soupirer. La réponse était pourtant simple. Les dés étaient jetés.

- Lear, on ne peut pas rentrer à Opale.



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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Jeu 8 Juil - 18:53

NARRATION

Les lourdes pattes frôlaient le sol dans une sombre mélodie. Quelques grains de sable parcouraient leur léger pelage comme des larmes de diamant, balottées par le vent. Les os pointus de leur colonne vertébrale roulaient lentement sous leur peau rigide, presque écailleuse, au rythme de leur coeur puissant. Sur l'émail brillant de leurs crocs ruisselait la salive létale et dans leur gorge sèche retentissait le rugissement sourd du prédateur.


Petites perles de viande, petits coeurs palpitant,
Ondulés, ondulent, dans la chaleur du désert,
Venez donc vous blottir dans nos corps rugissant,
Qu'on vous cuise les entrailles de nos souffles amers.

Oui, venez venez ! Pature délicieuse ! Pature rare ! Qu'attendez-vous donc ainsi troussés, dans la chaleur infernale ? Que les flammes léchant vos corps impuissants, vous amènent à nos estomacs mugissant ? Que nos crocs aiguisés vous déchirent ? Qu'on se sustente de votre vénérable personne ?

Ah ! Le Chasseur ! Le Traqueur à la fierté insolante abaisse-t-il soudain sa garde ?
On flaire ta puanteur et ce qu'on veut, c'est que tu pisses ton sang bleu !

Un rugissement, un coup de griffe.
La cinglante portée qui guide nos pas compte, métronome sanglant le temps qu'il vous reste.

Plus beaucoup. Ni pour toi, le Loup. A traquer les moutons friqués tu deviens l'agneau sans défense.
Trop de réussite sans douleur, tu vas payer, excécrable farceur !


Profite de tes derniers instants, car il n'y a plus d'espoir.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Ven 9 Juil - 16:36

Siam avait raison, il ne fallait pas oublier qu’il était venu le tuer à la base. Lear se demanda pourquoi il n’y avait repensé que maintenant, pourquoi n’avait-il pas tout de suite réalisé que l’entrée dans Opale serait bien plus complexe qu’il n’y serait paru. Sans doute pensait-il à autre chose et n’avait pas fait attention, tout comme lui d’ailleurs. Oui, ca devait être quelque chose comme ça. Mais alors, que faire ? La seule chose possible était encore de se rendre à Alzen dans ce cas là, mais avec cette chaleur, ils mourront de déshydrations avant d’arriver. Peut être que si Siam entrait juste pour chercher de l’eau… Non, c’était encore une fois égoïste de penser à ce genre de chose. Il allait se faire huer voir détester de cette ville si angoissée mais pourtant si chère aux yeux des deux camarades. Lear ne voulait pas parler, non, il n’osait pas parler. Il ne voulait pas revoir cette déception dans le regard de Siam qu’il avait émise peu de temps auparavant. Pardonne-moi. Lear se dit finalement qu’il n’avait pas encore jeté le fardeau qu’imposait la vie, contrairement à ce qu’il avait pensé cette nuit. Il était en ce moment-même bien présent, assez lourd pour briser son échine à la moindre remarque en plus. Il était comme figé. Désespéré entre la dure réalité qui s’offrait à lui, de voir ce passé qui n’existait plus, et le bonheur qui avait déclenché tant de malheurs du fait de revoir son meilleur ami, son frère. Ou était passé l’assurance qu’il portait à l’orphelinat ? Ou était passé le courage d’affronter cette vie qu’il possédait encore cette nuit ? Tout avait disparu en un regard. Il avait finalement du mal à reconnaître le Siam qui se tenait droit et fière devant lui. Il avait changé. Il avait trop changé. Comme toi, comme tout le monde ! Criait une voix à l’intérieur de lui. Probablement. Il n’empêche qu’il était sans doute en train de lui sauver la vie. Phrase trop basique et tellement dénuée de sens. Mais tellement vraie…

Malgré l’hésitation, Lear arriva tout de même à faire sortir un son de sa bouche, peut être aurait-il du s’abstenir d’ailleurs… Il n’avait pas vraiment la tête à réfléchir à ce qu’ils pourraient faire.
    « Que devrions-nous faire dans ce cas ? Tu connais Opale mieux que moi, finalement… Je ne peux pas te demander d’aller chercher de l’eau pour nous deux au risque de te faire faire huer… Mais quand bien même irions-nous à Alzen… Que ferait-on là-bas ? Rien. Nous n’avons nulle part ou loger. Notre seule option est de rentrer à Opale… Non ? »
Lear aurait été incapable de savoir si sa phrase était intelligente, ou si au contraire, elle était dénuée de sens. Il avait parlé en automate comme il était convenu de faire pour bien se faire voir. Il n’était plus comme avant à rester silencieux. A présent, il avait apprit que pour plaire aux humains, il fallait parler, il avait comprit que quoique l’on dise, l’important était de montrer que l’on était social, alors il parlait, de choses futiles, on l’écoutait ou on ne l’écoutait pas, il faisait un bruit de fond. Il servait à quelque chose pour une fois, au moins. Autant dire qu’il a bien vite préféré s’isoler totalement dans ce désert à moitié vide. Lear préféra, cela dit, ne pas insister sur sa parole pour éviter de trop s’enfoncer d’avantage, préférant encore laisser son ami qui paraissait moins troublé trouver une solution. Encore une fois, trop égoïste. Mais c’était à présent sa seule solution, si on omettait le fait qu’il se sacrifie pour son allié…

Bizarrement, il était prêt à le faire. Comme un lâche, s’offrir à la mort pour ne pas décevoir, encore une fois, son meilleur ami. Pourtant, il savait qu’il le dépiterait encore plus, cette pensée était donc inconcevable.

Encore une fois perdu dans ses songes, dans son univers fantasmagorique, Lear laissa Siam sur sa phrase aussi bête soit-elle marquant, de nouveau, sa lâcheté en un temps record. Cette journée qui aurait pu s’annoncer merveilleuse n’était qu’en fait qu’un sombre cauchemar bien réel. Déceptions. Il était réellement perdu.
Il était perdu dans un monde sombre, comme scarifié par ses propres pensées qui n’étaient que néant. Il prit une très grande inspiration pour se reprendre, cela lui fit un mal fou. C’était comme s’il avait arrêté de respirer sans s’en rendre compte dès l’instant ou il avait revu son ami. Il reprit en un éclair de lucidité, conscience des choses qu’il avait dite sans même s’en rendre compte. Stupide ! Que tu pouvais-être stupide en ce jour Lear Hain ! Il le savait. Mais les choses allaient à présent changer. Son regard bien trop neutre, se transforma en un emplis d’assurance et de bon-vouloir. Il regarda Siam droit dans les yeux, cherchant peut être à percer les souvenir de ce qu’avais vu ces yeux qui l’observaient à présent comme un moins que rien. Cela se voyait physiquement, qu’il avait changé en un rien de temps. Il demanda simplement mais avec une voix bien plus sûre avant de lui lancé un sourire d’entente.
    « As-tu une idée de ce que l’on pourrait faire ? Je t’avouerai que je me sens un peu coincé niveau réflexion en ce moment. »
C’était tellement douloureux. J’en avais du mal à respirer. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais là, dans ce désert, avec lui. J’avais sortis plus ou moins tous ce que j’avais sur le cœur durant ce temps mais… Je ne sais pas si j’ai réussi à bien tout expliquer. Pourquoi je voulais tant de garder pour moi ? Pourquoi je détestais tant ton entourage ? Je ne le comprends même pas moi-même. Pardonne-moi, Siam. Et Merci. Ca va aller, je vais me reprendre. Parce que… Toi et moi, c’est comme si ce n’était qu’une personne. Mais c’est peut être aussi pour ça que je me sens si fébrile, bizarrement.

Après un moment de lucidité Lear comprit que l’important était finalement que les choses avance, peu importe les obstacles.

Siam, quels que soient la vie et les amis que tu choisis… la seule chose qui importe est ton bonheur. Même si je n’arriverai probablement jamais à te souhaiter ça du fond du cœur. Je voulais que l’image que tu ais de moi… soit celle de quelqu’un de fort. Comme un héros de manga, trop beau pour être vrai.


[HJ: Désolé, je n'ai pas trop avancé l'histoire du coup...Pas trop d'inspiration, pas ta faute. xD. Je me rattrape au prochain !! ♥]
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Siam Pain
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Dim 25 Juil - 20:32

Siam secoua derechef la tête en signe de négation, afin d'insister. Il ne put néanmoins s'empêcher d'étirer un triste sourire, comme s'il manifestait sa déception à contrecœur. Il considéra rapidement Lear. Il ne pouvait chasser de sa tête l'idée que, dans ce grand corps bien adulte se nichait encore un petit cœur juvénile qui demandait amour, tendresse, compassion, en échange de la puissante inconscience qui protégeait d'ordinaire les enfants de toute attaque extérieure.

- C'est bien ce que je dis, tu ne fréquentes pas Opale aussi souvent qu'il le faudrait. De toute évidence, beaucoup de choses ont changé, depuis ta dernière visite. Il s'agit à la fois d'une évolution de la mentalité des Opaliens, mais aussi de la protection de la cité. A Opale, on se moque, on critique et on bouffe les plus faibles sans tenir compte de ses propres sentiments vis-à-vis d'eux. Malgré l'âge archaïque de la ville, nous avons, comme à Amenthalys ou Alzen, une réputation à tenir. Et un Chasseur qui devient ami de sa proie, c'est un être humain qui devient faible à son tour, donc proie des impassibles en masse...Tu sembles ignorer ce qui m'attend...


Un frisson le parcourut tout entier, malgré la chaleur de plomb. La sueur perla sur sa peau légèrement hâlée par les âges brûlants, collant à son dos le tissu blanc de sa cape à capuchon. Sa poitrine musclée eût un sursaut brutal qu'il calma en quelques secondes. Fronçant légèrement les sourcils afin de se donner contenance, il ne put néanmoins empêcher le serpent de la peur se glisser dans ses entrailles pour lui serrer le cœur d'une étreinte moite mais puissante. Sa main glissa légèrement jusqu'à sa fourche cuivrée. Dans les mailles hurlantes du vent se glissaient désormais quelques ronflements gutturaux, que l'instinct d'animal de Lear avait sans doute repéré bien avant Siam. Mais alors, pourquoi n'avait-il pas réagi ?! Siam maudit son inattention et empoigna fermement son arme de Chasseur dans un dernier murmure.

- De toute évidence, l'eau n'est pas notre priorité.

Il dégaina dans un sifflement. Se retourna. Juste à temps ! Le Tigre des Sables bifurqua à sa droite dans un grognement de douleur. Des perles de sang sillonnaient sa robe pâle, barrée de trois longues éraflures, et brûlaient dans les flammes ensablées. Le félin réceptionna avec la grâce bestiale du prédateur et se tourna vers Siam, prêt pour une seconde offensive.
Il portait, sur ses lourdes épaules, une tête proche de celle d'un sphinx, fine mais dure, comme taillée dans la pierre. Deux ambres brillantes d'une rage affamée s'y inscrustaient, à l'affût du moindre geste de Siam ou de Lear. Ses longues canines, dégoulinantes de bave, prenaient racine dans des gencives brunâtres et descendaient en dessous de son menton. Celui-ci était un vieux prédateur, d'au moins un mètre cinquante de haut, mais cela n'empêchaient pas la vigueur de ses muscles, ni la violence démoniaque de ses attaques. Siam tenta d'apaiser les battements excités de son coeur. Ce regard...Ce regard diabolique qu'il connaissait si bien !
Comme pour répondre à l'attaque du Chasseur, un choeur de hurlements graves retentit derrière les dunes alentours. Siam n'eut pas besoin de détourner le regard pour comprendre que des comparses félins arrivaient en meute. Ne jamais faiblir devant son ennemi. Un éclat doré traversa les dunes, emportant avec lui un rideau de sable velouté. La meute se déplaçait vite. Désormais, Siam et Lear n'étaient plus sur le territoire Opalien.

Il était Midi.
L'heure des Tigres.

- Lear ! Bon sang ! Tu ne les as pas sentis ?! s'exclama Siam qui se débarassa de sa cape.

Ses muscles roulant sous le soleil, il se jeta de nouveau sur le Tigre. Ils ne pouvaient plus fuir. Les autres allaient les encercler. Alors, il n'auraient d'autre choix que de combattre. Parfait ! Un peu d'exercice !
Le Tigre l'évita alors que la pointe la plus grande de la fourche allait l'atteindre. Siam roula dans le sable. Des grains, dans le dos, les narines, la bouche. Collés à la sueur, à la salive. Un pur dégoût. Dans sa chute, il faillit se faire transpercer par sa propre arme. Un craquement désespéré. Son bras.
Poussant un grognement de rage, il se redressa, haletant, vomissant une gerbe dorée. La couche de sable lui tenait lieu d'un grotesque camouflage. Malgré son souffle rauque et haletant, il n'eut d'autre choix que de foncer droit devant alors que, le Tigre, menacé, attaquait de nouveau. Le choc. Magistral. Époustouflant. Siam s'accrocha à la peau de l'animal avant de le chevaucher précipitamment et sans grâce aucune. Le Tigre se cabra avec violence, tel un gigantesque taureau. Des acclamations rocailleuses se joignirent au spectacle. Entre deux ruades, Siam eut le temps d'apercevoir six ou sept autres bestioles se jeter sur Lear.


- Lear !

Son cri fut étouffé par le choc. Ses bras assouplis fléchirent sans force, et son menton heurta avec violence la colonne vertébrale de l'animal. La douleur gagna son cerveau avec une vitesse fulgurante, et des ombres dansèrent frénétiquement devant ses yeux soudains voilés. Tout devint flou et il se sentit étrangement ramollir. Dans une dernière ruade, le Tigre lui ordonna de le lâcher. La tête de Siam bascula en arrière.
Giclée de sang. Une pierre difforme roula sur la dune. Le corps disloqué du Tigre se tortilla quelques secondes avant que les lourdes pattes sans vie ne se dérobent. Siam tomba à genoux sur le sol, tremblant de tous ses membres. La fourche glissa dans l'étau humide de sa main affaiblie tandis qu'il essuyait le sang qui tâchait son visage. Lorsque ses doigts entrèrent en contact avec sa mâchoire, une décharge électrique parcourut ses tempes et explosa dans sa nuque. Il gémit et cracha une dent laiteuse. Contemplant avec horreur le corps sans tête, il tenta péniblement de se redresser.

Mais il n'en eut pas le temps. Fou de rage, un second Tigre abandonna - heureusement ou pas - Lear pour se jeter sur lui. Les deux adversaires roulèrent dans le sable. Des grains secs lui irritèrent la cornée et se coincèrent sous ses paupières si bien qu'il du fermer les yeux. Il abandonna sa fourche pour empêcher deux énormes canines de lui transpercer la gorge. Dans un jeu de force, il essaya de repousser la lourde tête qui glissait vers son visage, semblant vouloir lui dévorer les yeux. Des larmes roulèrent sur ses joues et une bouffée de chaleur traversa son corps. Le souffle putride était entrain de cuire ses paupières. Son bras gauche craqua de nouveau. Sa fourche gisait dans le sable. Siam imagina avec horreur Lear, déchiqueté par les cinq autres monstres.

Non.

Il se cambra avec véhémence et tenta de nouveau de repousser l'animal tandis que ses os craquaient un à un dans sa cage thoracique. Sa peau luisante s'étira, lui arrachant des gémissements de souffrance. Un bruit de déchirure retentit, et il sentit ses bras, puis ses jambes, puis son torse enfler dans un océan de flammes. Ses os crissèrent sous le tissu fragile de sa chair, avant de la déchirer dans une pointe terrifiante. Puis une autre. Puis une autre. Aussi aiguisées que sa fourche, des dizaines de pointes d'un blanc crème émergèrent de ses bras et de son torse. Le Tigre redoubla de force et Siam fracassa sa gueule béante à l'aide d'un poing aiguisé. Le Tigre vacilla sur le côté, Siam roula sur le ventre.
Des cris retentirent. Il songea un instant à avoir perdu Lear. Mais les cris différaient, comme émis par plusieurs gorges. Il ouvrit difficilement les yeux et eut le temps d'entrevoir sous un voile de larmes, des hommes à la peau bronzée, portant une cape et une fourche. Des Chasseurs du Désert. Sauvés.

Deux immenses canines lui déchirèrent l'omoplate.


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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Mar 24 Aoû - 16:55

Effectivement, l’eau n’était pas leur priorité. Lear sentait quelque chose depuis un petit moment arriver. Trop habitué, il n’en avait pas tenu compte. Oui, il l’a connaissait bien cette odeur, cette odeur de haine animale, cette odeur malsaine. Elle provenait de ses semblables, elle provenait de lui, de tous ces êtres que la société avait préféré rejeter plutôt que d’accepter, et ce, sans se soucier des multiples douleurs qu’ils subiront. Comme si ce n’était pas assez, ils employaient des chasseurs pour les capturer. Que de déceptions. Enfin, pour Siam, c’était compréhensible, avec ce qu’il avait vécu auprès de Lust. Pourtant, le jeune homme, au fond de lui, lui en voulait d’avoir choisis cette voie. Certes ces sauvages tuent des humains pour survivre, mais ces humains, n’hésitent pas, eux aussi, à les tuer. C’est une boucle interminable. Pourtant, il aurait été beaucoup plus simple de les accepter tel qu’ils sont, tels que la vie leur a ordonné d’être. Tout cela n’a aucun sens, seul de la peur, la peur des Hommes, bien trop égoïste pour comprendre autre chose que sa propre inquiétude. Décidemment pitoyable. Et c’est dans un murmure abandonné que Siam se retourna, déferlant sa haine envers les semblables de son meilleur ami. Lear ne bougeait pas, bien trop pris dans son éternel réflexion. Il sourit intérieurement de son esprit contradictoire. Dire qu’il haïssait l’égoïsme d’Opale, et pourtant, il était en train de réagir comme ces habitants. C’est dans un reproche étouffé qu’il comprit qu’il fallait qu’il réagisse à présent et qu’il devait aider son meilleur ami plutôt de que de le regarder se faire dépouiller comme un vulgaire insecte.

Le sable volait, brouillant la vue de tout à chacun. Ils étaient nombreux, trop nombreux. Siam n’allait pas résister aussi longtemps que son corps en donnait l’air, Lear le savait pertinemment. Il fallait agir, pourtant il resta là, comme si rien ne se passait, il voulait vraiment l’aider, mais son corps refusait de bouger, comme si son cerveau le forçait à accomplir sa vengeance envers les Opaliens. Mais Siam l’a pourtant aidé, lui. Peu importe, tu n’as pas ton mot à dire ! Semblait crier sa matière grise. Tout se passa dès lors très vite, trop vite. Des crocs, du sang, la main de Siam ensanglantée. Il était impossible de repérer les détails du combat, on pouvait seulement voir que l’Opalien était en difficulté. Ils étaient bien trop nombreux pour un seul homme, même pour le plus fort.

Une ombre se dirigea à tout vitesse dans la direction de Lear, un avertissement de Siam et voilà notre jeune homme tel que nous l’avions trouvé. Aussi noir qu’une nuit sans lune, des yeux saphirs, et les crocs comme bloqué sur le cou de l’adversaire en question. Il le secouait de droite à gauche, dispersant le sang de son compagnon sur le sable chaud. Les grognements de fureur des deux animaux s’éparpillaient dans ce désert devenu lieu de combat. Bientôt, le corps de l’agresseur se retrouva inerte sur le sol, dévoilant aux yeux des compagnons un humain parmi tant d’autres qui ne cherchait qu’à défendre sa peau. La bête qu’était Lear détourna le regard du corps, presque gêné et honteux de ce qu’il venait de faire. Mais il se reprit, les adversaires pourraient soit prendre peur et fuir, soit, au contraire, redoubler de puissance. Restant concentré, son regard était neutre, dans le vide. Il ne pardonnera pas à Siam une autre critique sur son comportement. Il venait de montrer aux yeux de tous ses semblables sa trahison pour un Opalien. Il s’était, encore une fois, fait détesté d’un groupe pour Siam. Alors, juste une critique, et il ne l’excusera pas.

Il tourna sa tête lentement, découvrant à terre le corps rougis de son ami. Des crocs restaient plantés dans son omoplate. Lear le regard toujours vide se précipita sur le fautif pour lui couper d’un coup direct sa gorge qui reposa à côté de Siam, souffrant. Le jeune homme le leva, le prit par l’épaule toujours sans un mot tout en serrant sur son torse sa veste pour éviter que trop de sang ne s’échappe. Ils étaient en une bien mauvaise posture, mais il n’y avait pour l’instant plus rien aux alentours. Il ne savait pas ou aller, ou l’emmener pour qu’ils puissent se reposer, Siam ne pouvait pas faire d’efforts, tout du moins, il pouvait peut être, mais il ne devait pas en faire.

La seule solution était encore d’aller à Opale. Pourtant, Siam était encore sonné et il ne satisferait sûrement pas des pensées de son entourage s’il revenait dans cet état. Tous cela était de la faute de Lear, il en avait cela dit parfaitement conscience. Pourtant, il n’arrivait pas en s’en vouloir, ou tout du moins à faire en sorte que ce qu’il venait de se passer le touche. La carapace qu’il avait durement construite durant toutes ces années faisait finalement effet. Peut être même un peu trop. Le jeune homme ne pouvait décidemment par revenir à Opale, mais Alzen était encore bien trop loin. Pourtant il n’avait pas le choix. Il reprit Siam par l’épaule et essaya d’accélérer son pas pour rejoindre le plus vite possible la ville volante qui paraissait encore à des kilomètres de leur point de départ. Il faut dire que la chaleur et la soif n’arrangeaient rien à la difficulté du voyage.

« Siam. Siam ! Réveil toi maintenant ! »

La voix du jeune homme résonnait dans le désert. Siam était couché, et Lear essayait de lui faire de l’ombre pour ne pas que la chaleur attaque plus aggravement sa plaie. Lear avait continué un bon bout de temps à marcher mais en avait perdu la notion de l’espace et ne savait pas vraiment dans combien de temps ils arriveraient. Il savait seulement qu’ils allaient du bon côté, c’était déjà ça. Il était épuisé et ne pouvait continuer tout de suite malgré sa motivation. Il cherchait donc à réveiller son ami pour éviter qu’il ne sombre dans un coma. Mais, sa voix était morne, il n’avait pas confiance en ses mots et voulait rester seul pour réfléchir. Il ne pouvait cependant bien évidemment pas abandonner son compagnon. Il fit donc dos à celui-ci et dans le murmure du vent, il entendit sa haine voler au dessus du sable.


[Iirk, je suis désolé, ça fait un petit moment que je n’ai pas RP du coup, donc j’espère que ça te conviendra malgré tout. Pour ta dernière phrase, je ne savais pas trop si fallait le prendre en métaphore ou non, donc j’ai choisis l’option « ou non » xD. Désolé de l’attente. Ta patience est … je… je t’aime.]
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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Ven 27 Aoû - 20:52

Le néant s'était abattu sur le jeune Chasseur. Pendant dix secondes, une couverture noire s'était pressée contre ses yeux, et un frisson glacé lui avait parcouru l'échine. Ses poumons affolés se bloquèrent. Pendant dix secondes, il se sentit flotter, il se sentit engourdi. Il se sentait mourir. Dix secondes. Un temps interminable.
Tout à coup, sa cage thoracique explosa en une bouffée d'air brûlant. Une poignée de sable dorée s'engouffra dans sa gorge. Il sentit un liquide chaud ruisseler sur son épine dorsale, et en imagina l'odeur métallique, le fux rouge carmin. La chaleur désertique le foudroya aussitôt, lui carbonisant les reins, enflammant sa profonde blessure. Un gémissement plaintif quitta ses lèvres, avant que le sable de se glisse dans son œsophage. L'inspiration vitale n'avait jamais été si mortelle pour Siam. Ses bras tremblants n'avaient pas la force de se relever. Et s'il se retournait, des milliers de grains brûlants pénétreraient sa blessure à vif. Un Enfer vivant.

Et au loin...Très loin...
Une voix...Puis des paroles...Du charabias...
Et enfin, la langue Sphérienne. La Voix familière.
Lear.

Dans un élan désespéré, le jeune homme tourna la tête sur le côté. Le soleil attaqua aussitôt son œil pourpre, d'où jaillit une larme acide. Un haut le cœur le secoua, et il vomit une bile écarlate, parsemés de grumeaux de sable. Les remugles envahirent bientôt l'air sec et rêche, se joignant à l'odeur nauséabonde de l'hémoglobine. Lorsque ses yeux embués semblèrent retrouver un minimum de capacités, Siam pu constater que le désert avait retrouvé son calme d'antan. Des vautours rageurs, tournoyants dans le ciel, dans des cris déchirants, lui indiquaient la présence de cadavres. Les tigres avait fui. Ce n'était pas habituel...ce n'était pas...normal.
La douleur cuisante qui lui arrachait la chair le fit bientôt revenir à l'essentiel. Il ne distinguait pas encore Lear - sa position ne lui permettait de voir qu'un côté du désert - et pourtant il sentait sa présence. Sa présence humaine, immobile, silencieuse. Presque morbide.


L'odeur putride de sa gerbe poisseuse le força à se redresser. Tremblant et titubant comme un pantin désarticulé, il réussit, au prix de douloureux efforts, à se hisser sur ses fesses. La peau de son dos s'étirait atrocement, si bien qu'il comprit à quel point les muscles dorsaux étaient utiles. Il essuya rageusement la bile qui lui maculait le menton, et s'appuya dans le sable à l'aide de ses mains, attendant que ses terribles vertiges disparaissent. Sa vue, floue, ne lui permettait pas d'apercevoir grand chose. Toujours fût-il que Lear se situait juste devant lui, et qu'il avait une des meilleures vues sur son dos.
Geste instinctif, Siam chercha son arme. Il ne la trouva pas près de lui, et savait pertinemment qu'il ne pourrait pas la retrouver dans le désert avec une vue aussi mauvaise.

Les vertiges reprirent. Il se sentit vaciller. Ses poumons manquaient d'air, sa gorge sèche réclamait de l'eau en abondance. Il tourna légèrement la tête et distingua, si près et inaccessible à la fois, Opale. Son estomac se retourna et il ne put se retenir d'éprouver un pincement au coeur. Aurait-il pu deviner que retrouver son meilleur ami le mènerait loin d'Opale ? Qu'il soit obligé de quitter ses semblables, de quitter la ville ?


- Qu'est-ce que tu fais,
murmura-t-il avec rage.Tu attends que je crève, peut-être ?!

La rage prit le pas sur la raison, envenimée par la douleur aiguë qui lui lancinait le dos. Il se traîna avec de gestes pathétiques jusqu'à Lear et atteignit sa hauteur, en soufflant comme un bœuf. De lamentables lambeaux de tissu le suivaient, sales et saignants, donnant l'impression qu'il se déchirait de toutes parts. Son regard larmoyant rugissait d'une haine bestiale et vorace. Aussitôt, il fut pris d'une colère rare pour Lear. Serrant les lèvres, il se contint quelques secondes, afin de ne pas cracher des atrocités sur son meilleur ami - il s'en serait voulu toute sa vie. Ses membres cessèrent de trembler et il lâcha dans un soupir déçu, presque résigné.

- Mais enfin...c'est quoi ton problème...? Qu'est-ce qui ne va pas, chez toi ?

Leurs regards se croisèrent, deux regards si souvent échangés. Deux regards plus matures, mais qui, au fin fond de leurs iris, n'avait pas changé. Ils brillaient de cette même étincelle familièrement réciproque, de cette lueur si faible soit-elle, d'amitié qui brûlait encore de l'un pour l'autre...Il ne pouvait pas se séparer de lui, c'était impossible. Il ne le supporterait pas une seconde fois. Jamais. Si Lear s'en allait, c'était une partie de l'âme de Siam qui s'en irait avec lui, une partie de lui qu'il ne reprendrait plus, qui se détacherait définitivement de son corps.
Et en même temps, Opale était toute sa vie. Sa chair, son sang. Son foyer. Sa nouvelle famille. Son métier. Il ne pouvait pas tout abandonner d'un coup, même pour Lear. Pas en étant si attaché. N'existait-il donc pas un moyen de réunir les deux...? De conserver son meilleur ami, et Opale en même temps ?


- On n'atteindra pas Alzen dans cet état. Il n'y a qu'un seul moyen de rentrer à Opale...ou du moins de rentrer vivants.


Il saisit un objet métallique qu'il fit claquer autour des poignets de Lear.

- Je suis désolé.

[Evidemment, libre à toi de protester. Siam perd un peu les pédales]


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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Ven 27 Aoû - 23:30

Le spectacle qui se déroulait sous les yeux de Lear n’avait rien de bien glorieux. Du sang, Siam, meurtrit. La chaleur mélangée à la soif empêchait chacun de ses muscles de fonctionner. Il était assis, sans dire mot, sans penser, sans bouger. Il en était incapable. Il sentit soudainement une douleur provenant de son dos qui résonnait dans sa tête en un vacarme assourdissant. Il a du se blesser lors du combat contre les lions. Sa tête tournait et ses yeux semblaient imiter les vagues de l’océan. Siam avait plus ou moins réussit à se lever, c’était la chose primordiale à comprendre. Lear tomba alors dans un état proche d’une léthargie précaire. La terre semblait vaciller autour du corps comme inerte du jeune homme, refusant de revenir à sa place initiale. La douleur était trop insupportable. Dire que tout cela n’était que pour une personne qui l’avait lâchement abandonné pour se consacrer à capturer les espèces de son origine. Le cerveau de Lear semblait bouillir et il jugea préférable de ne pas se forcer à penser, surtout pour ce genre de choses. Après tout fuir le problème était tellement plus attirant. Ce laissé sombre dans un coma qui lui fera enfin connaître le bonheur. Oui, la fuite, la lâcheté, le bonheur.

Et c’est alors que son âme semblait enfin vouloir quitter un moment son corps que les paroles crues de Siam atteignirent sont cerveau meurtri. Il le laissa parler, sans contester, encore trop inconscient. Non, il ne dit pas un mot. Il n’expliqua même pas la douleur qu’il ressentit par ces paroles. Il baissa la tête et se laissa mettre les menottes, bien conscient de la fin qui l’attendait. Il repensa alors à quelques temps plus tôt. Quand il s’imaginait sourire, rigoler, s’amuser avec Siam pour leur rencontre. Se souvenir du bon temps, qui est mort. Oui tout cela était mort, fané et piétiné par les mots de Siam. Il avait défendu son ombre du passé au risque de briser sa colonne vertébrale, il l’avait porté durant un temps interminable. Il était à bout de souffle, et voilà qu’il se voyait gratifié d’une fausse morale comme « on n’atteindra pas Alzen dans cet état » ? Lear ne put faire autre chose que décroché un sourire, comme abattu par le moment présent. Il avait les menottes au poignet et oui, il ne pouvait à présent que sourire. Il savait aussi que c’était la seule chose à faire, mais il aura fait tout ses efforts pour rien. Il aura attendu tout ce temps pour rien, temps de toute façon perdu à rêvasser de l’impossible. Pitoyable, il était pitoyable.

Il se leva sans un regard auprès de Siam et tel un zombie, il se mit à marcher lentement en direction d’Opale. Le sang, de son dos, gouttelait encore malgré le temps qui s’était écoulé depuis la bataille. Chaque goute perdu était un espoir pour Lear de replonger dans son rêve aux contours mystiques et joyeux, et avec Siam, éternellement. Il continuait sa marche en se disant qu’il lui était impossible d’imaginer un plan pour se secourir de là dans cet état. Tout lui paraissait hors de portée. Perdu d’avance. Puis une lueur de lucidité jaillit dans les yeux de Lear, malheureusement, il ne préféra pas s’en servir pour trouver une issue de secours à cette situation, mais pour faire comprendre sa façon de pensée à Siam. Il n’avait plus de voix, mais on pouvait facilement comprendre que s’il avait pu, il hurlerait de toutes ses forces. Mais non, il pouvait seulement parlé lentement, d’une voix bien trop tendue.

« Oh oui, Siam, homme parfait. Mais pour qui te prends-tu en fait ? Te laisser crever ? Mais oui, c’est peut être une solution ! »

En rage, il en avait les larmes aux yeux, il ne pensait pas ce qu’il disait mais il voulait lui faire comprendre qu’il allait, cette fois-ci bien trop loin. Il poursuivit donc. Toujours aussi tremblant.

« Oh oui, Siam, je te laisse crever, je te laisse crever en risquant de aire craquer ma colonne vertébrale devant une armée de lion pour toi ! Je te laisse crever en te portant le plus loin que mes forces l’ont pu ! Je te laisse crever tant et si bien que tu as eu le temps de faire un petit dodo alors que je te portais ! C’était comment Siam ? Comment c’était de se laisser porter par la personne la plus en danger ici ? Comment te sens-tu maintenant que tu as capturé ton dit-meilleur ami, te voilà sauver ! Car j’imagine que tu n’as pas vraiment de plan… ! Après tout, à deux, dans cet état, on aurait beau avoir un plan, rien ne pourrait nous faire sortir de cette merde ! Rien ! Tu te permets de critiquer ton entourage, mais laisse moi te dire Siam, que malgré tout le respect que j’ai pour toi depuis l’orphelinat, malgré tout ce que je ressens pour toi et notre amitié. En cet instant Siam Pain, tu n’es rien d’autre de plus qu’un vulgaire traqueur sans cœur réduit à ne regarder que sa propre personne ! Oh que j’aimerai que Lust soit ici pour voir si elle approuverait ce que tu fais ! Siam, tu n’as pas de plan, tu crois que c’est la seule solution, mais elle n’est bonne que pour toi, tu ne peux pas le nier ! Nous sommes que deux Siam ! Tu ne penses qu’à toi en cet instant ! Et tu ne fais que me mettre plus bas que terre ! Tu me mets plus bas que terre ! »

Sa voix se brisait presque. Il savait qu’il dépassait les bornes, principalement en parlant de sa sœur, mais tant pis, il était lancé et sa dernière phrase savait qu’elle pouvait lui être fatale mais…tant pis.

« Minable. Tu m’as laissé tombé, tout comme tu as laissé tombé ta sœur. »

Il ne voulait pas se séparer de Siam, mais il ne pouvait pas non plus se laisser poignarder par cette personne là. Et être aussi brusque devait être la seule solution. Il connaissait très bien son ami, et il savait que ce qu’il faisait c’était pour le bien de tous, mais voilà, Lear aurait préféré qu’il sauve les apparences.

« Eh bien, allons tous deux fêter sa victoire à Opale. »

En disant ces paroles, Lear s’était en fait blessé lui-même, et il espérait du fond du cœur que Siam comprendrait ou celui-ci voulait en venir, qu’il se pencherait sur ces mots plus loin que le premier abord, qu’il comprendrait que Lear tendait en fait une corde pour se faire secourir de sa solitude. Il n’y avait qu’une chance sur deux. D’ailleurs, dos à Siam, il sortit une pièce de sa poche et se répéta : Pile ou face, pile ou face, pile ou face. Et du coin de l’œil il lança un regard complice à son meilleur ami. Comme à l’époque. Oui, comme dans ses rêves.

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MessageSujet: Re: Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]   Sam 28 Aoû - 23:27

- Moi, j'aimerais qu'elle soit ici tout court.

Ce fut la seule phrase qui résultat du silence respectueux dans lequel il s'était muré pendant la morale de Lear. Sous la fatigue, la colère, peut-être même la rancœur, il avait craché toute une tristesse haineuse contre son meilleur ami. Siam s'était tu. La maturité du Chasseur lui avait appris que, malgré un caractère impulsif, il fallait rester silencieux lors d'une agression verbale. Lorsque Siam avait repris la parole, c'était d'une voix résolument calme, légèrement teintée de tristesse, comme s'il regrettait quelque chose. Ou quelqu'un. Provoquer davantage Lear, se défendre contre ses accusations parfaitement fondées était inutile. Il lui restait si peu de forces, si peu d'énergie et de salive, qu'il avait préféré ne rien dire, conserver ses dernière réserves vitales afin de regagner Opale.
Siam sentit un mince sourire étirer ses lèvres, craquelant douloureusement sa peau desséchée.


- Il n'y a qu'une seule chose qui te met plus bas que terre, mon cher Lear : C'est ton incroyable lunatisme.


Il tendit la main afin de saisir la chaine qui, reliée aux menottes, permettait de tirer son adversaire derrière lui. Il tenta de se hisser sur ses jambes. C'est ainsi que, vacillant, le valeureux Siam Pain, sans peine et sans reproche fit face à son ami d'enfance. Le voile humide qui recouvrait ses yeux vairons se dissipa peu à peu. Le soleil de plomb étira ses rayons vitreux et jeta une langue de feu sur un petit objet que Lear avait sorti de sa poche. Un sourire lunatique tranchait son visage calculateur mais fatigué et baigné de sang. Le vent s'était levé de nouveau et faisait rouler les dunes dans la mer dorée. Des grains de sable voletaient dans l'air, agitant les cheveux poisseux de Siam, et les mèches rebelles de Lear, lui donnant ainsi un air mystérieux et complice que son regard appuyait avec détermination.

Siam se rapprocha de lui et distingua la pièce qui sautillait gaiement dans la paume de Lear, comme pour leur prier de jouer. De retourner en enfance. De retourner dans le passé. Impossible. Inutile de retourner dans la plaie - deux dans le dos lui suffisaient largement - un couteau vibrant de souvenirs merveilleux et naïfs. Le temps n'était plus aux jeux stupides, aux jours heureux et à l'infantile inconscience. Désormais, ils avaient grandi. Evolué. Leurs rapports aussi...
Siam saisit au vol la petite pièce d'or, certain qu'il s'agissait de la même dont ils se servaient autrefois pour jouer à Pile ou Face.
...Mais rien ne les empêchait de retourner en enfance. Qu'avaient-ils à perdre, après tout ?


- Et si on jouait à la version adulte ?
proposa Siam avec un sourire.

Il lança la pièce au dessus de sa tête et la rattrapa avec la dextérité du métier, mais aussi les années d'entraînement à l'orphelinat.

- Pile, tu m'embrasses. Face, je t'embrasse.

Un jeu, un simple jeu. Un délire enfantin, transposé des années plus tard. Une autre époque, un autre monde. Tester ses limites, tester ses envies. Essayer de se retrouver, dans ce monde de brutes, ou les plus forts bouffent les plus faibles, ou la réputation et la fierté sont a tenir. A nettoyer, a lustrer comme un trophée dans une vitrine, comme une armure dorée, un blason que l'on arborerait pour se montrer, se protéger des autres, et dont la simple vue vous inciterait à vous fuir ou à vous aimer...
Siam ne laissa pas à Lear le temps de répondre. Il lança la pièce au dessus de leur tête. Leurs regards se levèrent aussitôt, attirés par ce vitrail vibrant, tournoyant, dans la tempête de sable, virevoltant, illuminé de soleil, dans un tourbillon, emporté par le vent. La pièce effecuta un bond, dévia, pile, face.
Pile, face. Pile, face. Tourne, tourne, comme un manège de destin, comme un hasard tout tracé...Siam tendit la main. La pièce rebondit sur sa tranche, et s'écrasa dans le sable.
Aussitôt, Siam et Lear se penchèrent, avides de la tournure du jeu. Puis se redressèrent. Silence. Issue Fatale.

Siam se jeta sur Lear. Il saisit de ses mains tremblantes son visage doux et franc. Ses lèvres frôlèrent le vide ensablé et capturèrent les siennes dans un doux baiser. Ses dents mordirent sa lèvre inférieure, sa langue lécha sa pulpe rose, tandis qu'il en suçait une autre. Sa langue assoiffée trouva sa compagne et s'enroula autour d'elle, et bientôt il fit noir. Les deux muscles avides tournoyèrent dans un néan brûlant, et Siam resserra délicatement l'étreinte de ses lèvres sur celles de Lear, avant de les quitter. Puis de les regagner. De les embrasser. De les quitter à nouveau.

Siam appuya son front contre celui de Lear et chuchota, dans leur intimité brûlante.


- Une seule manière de rester ensemble. Je te poursuis pour une certaine affaire de mafia. Nous avons le même caractère ordurier et calculateur, sans compter que nous sommes tous deux bons pour la manipulation d'autrui, quelque soit sa lucidité. Prends-moi comme partenaire.
Nous regagnons Opale, toi menotté, moi victorieux. Je passe par le poste de police d'Opale, je nous fais soigner, et j'informe de ta capture. Je t'emmène ensuite chez moi pour sois disant te soutirer des informations. Là, tu pourras prendre le repos que tu souhaites. Le lendemain, tu regagnes ta cellule en attendant d'être jugé. Le surlendemain, je te fais échapper et tu prends la fuite. Je pars peu après toi, prétextant te rattraper. Nous nous échappons tous les deux. Nous poursuivons nos affaires. Le peuple d'Opale croira que tu t'es échappé parce que la justice Opalienne ne parvient pas à te surveiller convenablement. En retournant te chercher, je conserve mon image.
Prends-moi comme partenaire, et tu as la vie sauve.


Il lâcha Lear et s'écarta.

- Le voilà, mon plan.

Il se baissa, et ramassa la pièce.


- Tu es sexy, menotté ainsi.

Il lui adressa un clin d'oeil complice et lui tendit la pièce qui s'enflamma dans la paume de Lear, sctinillant d'un éclat doré.


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Tellement répétitif mais si innatendu. Ou le duo de choc. [Siam Pain] [Terminé]

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