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 Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]

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Czeslaw A. Holystone
❧ Le monde des sciences infinies...

♦ Inscription le : 21/04/2010
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♦ Etoiles ★ : 303
♠ Humeur : ...8D
♠ Emploi(s) : Vendeur d'électroménager.
♠ Nationalité : Alzen
♠ Karnevale : Czeslaw ? Et bien... Il passe à travers les murs... À travers n'importe quelle matière en fait... Très pratique, n'est-ce pas ? Le problème, c'est que, vivant à Alzen, son pire cauchemar est de passer à travers le plancher de la ville et de faire un jolis tartare à la surface de Sphéra. Bon appétit.
♠ Sexualité & Statut : Pansexuel et... Possédé ?
♠ Mon rêve : Déposer le brevet d'un super-aspirateur et empocher des millions.
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MessageSujet: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Mer 30 Juin - 13:39


    Acte I, Scène 1. Où la tempête est annoncée.
    Dix-neuf heures et quarante-trois minutes, Alzen, la ville volante. De lourds nuages obscurcissaient le ciel tout autour de la cité flottante. Des roulements de tonnerre menaçants servaient de fond sonore tandis que des éclairs zébraient le ciel dans le lointain. Le vent, déjà sifflant en temps normal, se faisait tempétueux, tout autour, l'on voyait voler vieux journaux et tuiles arrachées de leur toit d'origine. Il faisait déjà nuit, le soleil ne se coucherait que dans deux bonnes heures, mais déjà, l'obscurité avalait le ciel Alzenien. Les mères de famille fermaient les volets en rassurant leurs rejetons qui pleuraient devant la fureur annoncée. Les nuages enveloppaient la cité d'une atmosphère dangereusement électrique, la tension se sentait dans l'air. Tous les vols étaient annulés, les aéronefs aux instruments déréglés n'auraient pu rentrer à bon port, quiconque essayant de braver la météo ce soir risquait ses plumes.

    Acte I, Scène 2. Où un étrange batracien humanoïde livre un micro-ondes.
    Czeslaw Aaron Holystone ne risquait pas ses plumes. Jamais (à part peut être sous la torture, qui sait ?) il n'aurait pris un aéronef pour des trajets qu'il pouvaient aisément faire avec sa Vespa verte, décorée de joyeux batraciens et de pimpants nénuphars. La roue, formidable concept très utilisé « en bas », là où les gens ne jugeaient pas que par la lévitation de leurs caisses à savon. Bien que la mobylette puisse paraître archaïque, elle était fiable (bricolage 100% Holystone fils) et touchait le sol. Cette petite merveille aurait été très utile pour faire cette dernière livraison de la journée, mais elle était actuellement en réparation : deux jours plus tôt un gravier avait rayé la peinture. Pas question pour Czeslaw de sortir son petit bijou de chez lui tant que cette rayure se pavanait sur sa carrosserie. Il était donc partit faire sa livraison en avance et à pied, malgré le mauvais temps. La ponctualité était une règle d'or chez Holystone électroménager et le domicile de Mme De Chautard n'était pas si loin... Après une heure et demie passée à chercher l'adresse de ladite bourgeoise, dix minutes passées à attendre que le vieux majordome veuille bien faire savoir à « Mââââdââââme » que quelqu'un souhaitait la voir, encore vingt minutes passées à attendre la vielle bourgeoise puis un quart d'heure à vanter les améliorations apportées au micro-ondes (Mme De Chautard avait eu l'air for-mi-da-ble-ment intéressée et avait mit fin au monologue de la grenouille par un méprisant : « Henriette sera ravie ! Je pense même que cela va changer radicalement la vie de Pierre-Hugo, mon poney. ») Czeslaw était sorti de la résidence et avait laissé tomber son sourire crispé destiné à faire du profit sur le dos des ménagères.

    Acte I, Scène 3. Où le batracien cité précédemment remet en question son sens de l'orientation, ainsi que son courage.

    Premier problème: il avait suffi d'un pas dans la rue pour que Czeslaw confirme ce qu'il pressentait déjà : il ne savait plus d'où il était venu et encore moins par où il devait aller pour retrouver son chez-lui. Le légendaire sens de l'orientation du batracien avait encore frappé. Deuxième problème : Il avait laissé son portable dans le vide-poche de la Vespa. Un engin qui ne servait à rien en temps normal et qui disparaissait mystérieusement dès qu'il en avait besoin, ne serait-ce que pour regarder l'heure. Troisième problème : le temps se dégradait et déjà, d'énormes gouttes d'eau venaient s'écraser sur le sol de la ville de la technologie. Bien d'autres problèmes suivaient, tel que le Vingt-septième de la liste : Ce magnifique chapeau grenouille fait prise à l'air, ce qui explique que ce soit aussi dur pour Czes' de marcher face au vent. Quelque part vers le numéro huit-mille-cinquante-neuf, on pouvait trouver le problème : « J'ai oublié de racheter du produit vaisselle. ». La vie est dure. Face à la fureur des éléments, le jeune homme prit son courage à deux mains et ôta son chapeau avant de continuer sa marche dans une direction décidée à pile ou face. Il n'avait pas fière allure le batracien, trempé, les cheveux collants au visage, les habits dégoulinants et son chapeau détrempé dans les bras. Seul dans la tourmente, perdu au milieu des imposants manoirs et villas des bourges du quartier luxueux, il tentait de se rassurer à coup de fausses certitudes : « L'orage est encore loin... Ce n'est qu'une faible pluie... Je ne suis pas perdu, je suis forcément quelque part... » Des certitudes bricolées à partir de rien et qui volèrent en éclats les unes après les autres... Le temps entre un éclair et un coup de tonnerre, qu'il soit divisé ou multiplié par trois, cent ou mille donnait toujours un orage trop proche. La pluie manquait de percer les pavés en s'écrasant par terre et se muait en grêle. Et Czes' était sûrement le seul être humain capable de se perdre en ligne droite.

    Acte I, Scène 4. Où L'homme-grenouille sonne à la porte d'un prince dont la sainteté d'esprit reste à prouver.
    Grondement de tonnerre, trop proche, même pas une seconde après un éclair qui avait apparemment touché un gratte-ciel dans le lointain... Lointain qui semblait dangereusement proche... Un « HIIIIIRK » mal étouffé s'échappa des lèvres de Czeslaw. En plus d'être acrophobe et effrayé par tout ce qui s'approchait trop vite de lui (surtout si les choses en question avaient des dents, des griffes ou un air méchant.) le jeune poltron n'était pas vraiment à l'aise avec les orages... Mué par réflexe stupide, il se mit à courir, avant de s'écraser lamentablement dans la première flaque venue. Bon. La fuite n'arrangerait rien, surtout s'il ne savait pas où aller. Après un éternuement qui ne présageait rien de bon, Czeslaw envisagea une dernière option : sonner à la première porte venue et demander un abri jusqu'à ce que l'orage se calme. Son doigt appuya sur une sonnette, sans se préoccuper de rien. En attendant que l'on veuille bien lui ouvrir, il jeta un coup d'œil sur le nom affiché sous le bouton. « First », une jolie calligraphie. L'information mit du temps à parvenir au cerveau du jeune homme. First. Comme Bel First ? Bel First comme le cinglé ? Czes', apeuré, recula d'un pas et leva la tête pour avoir une vision d'ensemble du manoir. Un éclair se chargea gentiment d'éclairer la bâtisse avec un lugubre craquement. Un réalisateur de film d'horreur n'aurait pas fait mieux. Non, pas de doute, Czeslaw était déjà venu ici, s'était déjà perdu entre ces murs et... n'avait pas la moindre envie de renouveler l'expérience, une seule fois l'avait déjà assez traumatisé comme ça. Le problème numéro un était réglé : il savait où il était, mais un autre venait prendre sa place : il était inscrit « First » sous la sonnette. En fait tant qu'à choisir, il préférait aller passer la nuit avec Pierre-Hugo, le poney de Mme De Chautard. Roulement de tonnerre, « hirk » de frayeur, finalement non, n'importe quoi plutôt que de rester sous l'orage. Un mouvement derrière la porte. Czeslaw avala nerveusement sa salive, les entrailles nouées par l'appréhension. Il ne lui restait plus qu’à espérer que le prince était de bonne humeur et que cette « visite de courtoisie » ne se transforme pas de nouveau en course-poursuite à travers le manoir. Il avait déjà donné.


Dernière édition par Czeslaw A. Holystone le Jeu 30 Déc - 18:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Jeu 1 Juil - 17:52

Comme l’amitié, le miroir se brisa dans ses mains, cristaux trop fragiles pour supporter le poids du fardeau qu’il détenait. L’on eut dit que celui-ci lui porterait préjudice. Il n’en avait que faire, constatant déjà la délicieuse solitude qu’il vivait et qu’il était dévoué à vivre. La glace en milles morceaux à ses pieds, lui rappelait ses rêves, détruit en ces mêmes conditions. Un éclair déchira la voute, illuminant ces résidus d’un voile aussi incolore que son esprit tourmenté et malmené. Le soir arrivait et la brume ténébreuse se pointait déjà, assombrissant ses pensées déjà souillées par la haine. Il n’était plus qu’un fantôme gisant au coin d’une rue, entouré de mortels miteux qui se pressaient à rejoindre leurs logis par ce temps des plus mirifiques. Ignorants. Ils n’avaient aucun goût pour l’art que le temps nous exposait en ce même instant. Allongé au bord du monde. Sur un banc pourrit de consternation, le Prince contemplait l’infini que lui offrait le ciel trop grand. Des nuages teintés de colères commençaient à apparaître marquant le firmament d’une obscurité qui reflétait son propre cœur. Commença alors une pluie déferlante qui semblait vouloir trancher le sol, formant des flaques au sang des Dieux. Cet endroit puait la réalité de ce monde, déchainant en lui des tourbillons de fiels charriant ses peines. Il contemplait sa place dans l’univers, marquant un léger rictus après en avoir conclu que sans lui, la Terre ne serait rien. Il quitta le confort glacial du banc maculé de ses songes, piétinant le verre brisé. Il était de mauvaise humeur. Il était temps de rentrer.

Sous la pluie qui le battait, lors de son retour à sa villa, il n’eut de penser que pour Lui. Lui, sa Grande Personne, que chacun se doit de respecter et dont l’intimité de ses songes se doit de rester secrète. Marchant sur le long de l’accotement, en quête d’un nouvel individu à utiliser pour passer ses longues heures d’ennuies. Il constata avec regret que personne n’était en vue. Seul un bébé pleurait en le regardant par la fenêtre. C’était un spectacle des plus délectables. Mais il est vrai qu’il ne devait pas être beau à voir par ses cheveux et ses habits trempés de colères. Oui, il était énervé et le temps l’incitait à passer cette nuit seule. Mais il ne pouvait se résoudre à abandonné la recherche de sa proie facile pour occuper son miteux présent. Oui, il voulait s’amuser avec un corps encore innocent. Le tonnerre grondait et la pluie battait encore de toute sa puissance. Il accéléra le pas, serrant ses poings comme pour maintenir sa fureur qui n’avait pourtant pas raison d’être. En fait si, il n’y avait personne dehors, même pas l’ombre d’un petit candide. Il allait passer la nuit seule à regarder les éclairs illuminer l’infini.

Il arrivait à sa résidence, celle ou des ananas dorés se tenaient sur la grille qui menait à la porte d’entrée. L’averse troublait sa vue et c’était encore à présent la seule chose qu’il pouvait apercevoir devant lui. Il s’avança encore, manquant de peu par sa vision réduite, le trottoir qui aurait causé sa chute en pleins dans une flaque d’eau. Il aurait été bon pour se pendre. Mais voilà que quelque chose d’anormal se tenait devant lui. Elle était de dos et ressemblais étrangement à une grenouille. Peut être un peu trop grosse pour une vraie d’ailleurs. Serais-ce une mauvaise farce ? Enfin, il n’avait pas le temps pour ce genre d’enfantillage et s’avança en direction de celle-ci qui se trouvait de toute façon devant sa villa. Quelle surprise de la voir se retourner laissant apparaître un petit garçon aux cheveux verts qu’il avait déjà croisé auparavant. Il avait beau avoir été aimable et plus ou moins serviable, le Prince n’avait aucune envie de s’empourprer de gentillesses en cet instant. Il avait autre chose à penser et, effectivement, les mauvaises farces de ce genre ne lui plaisaient guère. La grenouille était sale, boueuse et l’odeur de la rue trempée se dégageait de son corps, emplissant les narines de Sa Majesté disgracieusement. L’heure n’était pas aux amusements. Il avait passé une mauvaise journée, parmi tant d’autres, et n’avait pas trouvé une personne à torturer… Oh, mais que c’est bien sûr ! Quoi de mieux qu’un petit enfant ignorant pour se changer les idées ? Il avait beau apprécier ce personnage, quand il s’agissait de le distraire, plus rien autour de lui ne comptait. Oui, il allait bien s’amuser. Pourtant, sans doute pour marquer le coup, il passa devant lui d’un air indifférent, ouvrit la porte et tout en lui demandant sauvagement.
    « Qu’est-ce que tu fous là toi ? »
Malgré cela, et avant que Czeslaw n’ait eu le temps de répondre quoique ce soit, le Prince agrippa le bras de celui-ci et le tira férocement pour le faire rentrer, ce qui valu à la grenouille de s’écraser contre le torse de Sa Majesté. Quel délicieux affront celle-ci nous offrait là. C’était le meilleur des cadeaux que pouvait recevoir notre chère ami Bel First. Celui-ci eut beau se retenir de montrer son excitation, il n’en parvint pas et s’esclaffa bruyamment lui demandant de son ton le plus provocateur.
    « Tu oses déranger et pénétré dans la demeure du Prince ? »
Il continuait de rire tout en fixant le jeune garçon en face de lui. Celui-ci semblait vraiment désespéré. Il interrompu son exaltation et regarda de plus près l’unique personne qu’il n’arriverait probablement jamais à toucher. Il l’emmena dans le grand salon qui se situait en face du Hall et lui ordonna de s’asseoir sur le canapé beige. Czeslaw était un splendide animal. Mais le Prince l’avait dressé, juste assez pour lui montrer qui était le maître. Il se posa sur ce même canapé et resta silencieux le temps d’un éclair, attendant impatiemment que son interlocuteur inexistant prenne enfin la parole.


Dernière édition par Bel First le Lun 5 Juil - 1:41, édité 2 fois
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Czeslaw A. Holystone
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Ven 2 Juil - 19:34


    Acte II, Scène 1. Où la grenouille ne comprend pas ce qui lui arrive.
    Czeslaw, en tant que fervent adorateur du chapeau grenouille se voyait souvent affilié avec les dits batraciens... Certains scientifiques soutiennent la thèse selon laquelle diverses bestioles -telles que l'éléphant, la dinde, le hamster, le lama ou bien sûr la grenouille- étaient douées de facultés extrasensorielles. On raconte même que certaines catastrophes furent prévues et évitées grâce à l'observation du comportement d'insignifiants animaux. Czeslaw n'avait jamais prévu l'avenir, ses capacités physiques étaient en dessous de la moyenne de son espèce, il ne taillait pas le bout de gras avec les arbres, ne voyait pas les tremblements de terre arriver (d'ailleurs, qui s'en soucie sur Alzen ?) et était de surcroît très facile à surprendre. Il suffisait de se glisser derrière lui et de faire « Bouh. » Nul besoin d'être discret, même son ivrogne de père lui faisait peur en rentrant au petit matin, et dieu sait si cet homme était bruyant une fois le cinquième verre passé... Ainsi, il n'était nullement étonnant de voir Czes' blêmir alors que l'on s'approchait de lui. La porte s'ouvrit, le prince Bel ne semblait pas de très bonne humeur.
      « Qu’est-ce que tu fous là toi ? »

    Hooo ! Que foutait-il là ? Lui ? Une simple grenouille prolétaire ? Quelle bonne question ! Après tout, n'importe qui se demanderait ce que fout un type louche sur le pas de sa porte (Surtout si le type en question est trempé et tient dans ses bras un chapeau informe, ridicule et dégoulinant.) Alors qu'il réfléchissait à une réponse adaptée (« Je faisais une livraison mais je me suis perdu » avait déjà été utilisée la dernière fois et cela avait mal tourné. « Je me suis retrouvé piégé par l'orage » était une possibilité, mais il ne tenait pas à avouer sa peur de l'orage. « Mon chou, fais moi couler un bon bain chaud cette journée m'a tué » n'était pas envisageable, pareil pour « Je suis ton père. », « Une distorsion dans l'espace temps m'a amené ici alors que je nourrissais mes pingouins. » et « Gomen, Soy no speak este language. ») Czeslaw fut entraîné à l'intérieur par une traction exercée sur son bras gauche. La violence du geste déconcerta la grenouille qui ne se rappela pas à temps que dans des cas pareils, il fallait utiliser son sens de l'équilibre (qu'elle avait aussi atrophié que celui de l'orientation.) et n'évita une nouvelle rencontre avec le sol qu'avec une rencontre encore moins souhaitable avec le torse de Bel. Un léger « splouch » remémora à Czes' qu'il était encore moins souhaitable de souiller les vêtements du prince de l'humidité qui faisait coller les sien à sa peau. Manquant de tomber de l'autre côté, le gringalet se dégagea vivement, presque violemment et ne dut qu'à son éternelle expression d'ennui blasé d'éviter de trahir l'émotion qui l'avait ébranlé pendant une seconde. « Ne pas penser. Ne SURTOUT pas penser à ce que ce genre de geste peut évoquer. KDFDJBK ! Trop tard... » Il détourna la tête, crispant imperceptiblement les mains sur son chapeau, tandis que Bel riait. Désespérément, il cherchait des yeux une solution pour échapper à cette situation tendue.
      « Tu oses déranger et pénétrer dans la demeure du Prince ? »

    Que répondre à ça ? Évidement qu'il osait, sinon il ne serait pas là... C'était le genre de question piège qui déconcertait fortement Czeslaw. Vraiment que pouvait-il répondre à ça ?

    Acte II, Scène 2, Où Mr Froggy regrette de ne pas dormir avec Pierre-Hugo.
    On traîna la grenouille au salon, elle n'opposa pas de résistance : à quoi bon ? Que pouvait un pauvre batracien face à un prince fou ? Assis sur le canapé, mal à l'aise Czeslaw regardait autour de lui, tout en évitant de croiser le regard de Bel. « Par la grenouille céleste, devait-il se dire, on peut caser mon appart' dans cette salle ». Tout respirait le luxe, un luxe simple, nullement tapageur, mais combien de mois de travail pouvait bien coûter ce vase qui semblait fait de porcelaine ancienne ? Le silence se tendait un peu plus à chaque seconde, l'ambiance elle-même était semblable à la corde d'un arc bandé qui menace de se rompre mais que nul archer ne se décide à lâcher. Le jeune homme sentait bien que c'était à lui de prendre la parole, après tout, c'était lui l'intrus, et il atteignait le summum de l'impolitesse en se taisant depuis tout ce temps. Dehors, un éclair s'abattit, tout proche. Le bruit déchirant effraya tant la grenouille qu'elle sentit son cœur se serrer d'angoisse. Il se sentit profondément stupide et ridicule quand il réalisa qu'il s'était levé inconsciemment. Non mais quelle virilité ! Vertige, peur de l'orage... Il était bien drôle le sujet Holystone ! Pitoyable aussi. Gêné, Czeslaw chercha une excuse à son étrange comportement.
      « J...Je ne voulais pas salir le canapé… »

    Ridicule ? Oui. Les mots s'étaient enchainés sur les lèvres du jeune homme sans qu'il n'ait pu les stopper. En effet, on pouvait voir, là où le batracien était assit il y a quelques secondes, une large trace humide sur le tissu beige. Czeslaw ressemblait à un gosse qui aurait fait une bêtise, dansant d'un pied sur l'autre, fixant le sol et tripotant le bas de sa chemise trempée. Un éternuement inopiné le secoua, peut-être les prémices d'un rhume ? Honteux mais toujours aussi peu expressif il risqua un œil vers Bel, sans parvenir à déceler le moindre indice sur l'état du prince. Sans doute le trouvait-il pitoyable.

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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Sam 3 Juil - 22:19

« Le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y céder. »
Assis sur son canapé sablée, il contemplait son invité dans une certaine admiration dont lui seul en comprenait le sens. Probablement une sorte d’extase par la force que celui-ci possédait, même inconsciente, de s’être aventuré sur le terrain joueur du Prince. Oui, il ne devait pas encore se rendre compte de la volonté qu’il détenait pour s’être hasardé à tinter le terrible gong de sa porte, vu l’inquiétude qui régnait dans ses yeux aux contours impassibles. Il attendait une réponse à sa question et ne pardonnerai aucun changement de sujet. Cherchant à transpercer le regard de Czeslaw, Bel sourit intérieurement remarquant qu’il était incapable de le soutenir plus de quelques secondes. Pourtant, l’aiguille du temps s’arrêta soudainement, leurs offrant un blanc des plus insinuants, permettant d’inquiéter de plus en plus son hôte. Il jouissait de ce silence passionné, ne laissant la parole qu’aux gouttes de pluies qui cherchaient à siller la villa luxueuse. Bel ne tenait plus en place. Il fallait qu’il se passe quelque chose pour calmer l’ennuie qui allait surement le prendre sous peu.

Mais lorsque le tonnerre retentit, l’excitation était telle qu’il ne pu réprimer un rire des plus sauvages, offrant à son compagnon son sourire d’argent, montrant des dents si blanches qu’elles en étaient presque translucides. En échange, le Prince eut le droit à la relève brutal de son interlocuteur encore inanimé, offrant la vision à Sa Majesté d’une trace répugnante qui s’étalait sur son canapé somptueux. C’est vrai qu’il lui avait valu une somme plutôt conséquente, mais il n’en avait que faire si le jeu était assez divertissant. D’ailleurs, cela l’obligeait à faire en sorte que le jeu devienne divertissant, dans le but ne pas avoir perdu ce fauteuil pour rien. L’excitation montait en flèche. Si bien que lorsque la grenouille s’excusa, quand bien même trop tard, d’avoir salit le canapé, Bel trouva cela très charmant comme introduction pour se servir de cet innocent. Se servir ? Pourquoi ne l’avait-il pas encore fait devant chez lui ? Pourquoi l’avait-il fait entrer ? Ces questions raisonnèrent dans la tête de Bel comme une évidence mal-interprétée. Le cœur du Prince se mit à battre, soulevant sa poitrine avec fureur. Cela ne lui était jamais arrivé et maintenant qu’il était partit, il n’allait pas le mettre vulgairement à la porte comme un pauvre petit enfant abandonné. Non. Mais que fallait-il faire ? Du moins qu’est-ce qu’une personne catégorisé de : normale ferait dans ce cas présent ? Bel n’en avait pas la moindre idée. Pourtant, son pouls diminua, faisant disparaître la couleur rosée qui avait teinté son visage pour revenir à un blanc blafard, un blanc à en faire un pâlir les morts. Il n’allait pas, pour un petit candide de son espèce, planter sa réputation de génie. Il en était un, et ce n’était pas pour rien, c’était le moment d’agir, de se le montrer. Mais il ne savait encore comment, le mieux était de gagner du temps, sans oublier bien évidemment de bien s’amuser avec ce joli pantin. Que cela pouvait être… excitant ! Dans un murmure des plus angoissants, diffusant dans son souffle une brise glacial, il lança, lentement, la phrase suivante.
    « Je crois t’avoir posé quelques questions. Ne les as-tu pas comprises ? D’autant plus que je peux tout aussi bien te laisser la nuit dehors… Avec ces terribles orages... »
Il marqua une pause, se permettant un petit rire malsain avant de reprendre.
    « Si tu prends tout de même ce choix, pour ne pas que tu te contentes que de cela, je te demanderai, bien évidemment, de faire une –petite- compensation pour le canapé… Mise à part cela, tu peux te rassoir, ce qui est fait, est fait. »
Sa Majesté avait eu une voix plutôt ironique en prononçant le mot « petit ». Ca allait de soi. Il n’avait aucunement l’intention de préciser que c’était lui-même qui lui avait ordonné de s’asseoir. Après tout, cela allait finalement jouer en sa faveur. Ce qu’il y a de bien, lorsque l’on est calculateur, c’est que l’on ne se rend pas toujours compte, qu’on l’est. Il faut laisser arriver ce qui arrivera et profiter de nos instincts si bien aiguisés. Oui, si bien aiguisés… Sa voix était tranchante et ne laissa à vrai dire à la pauvre grenouille aucune chance de s’en sortir indemne dans n’importe quel choix qu’il entreprendrait. Rembourser une somme aussi couteuse que sa vie, ou le laisser devenir le jouet du Prince… Oui, les dés étaient jetés, Czeslaw ne pourrait pas reculer. Personne ne le pourrait. Un rire mauvais sortit de sa bouche si bien tracée, faisant taire en un instant le tonnerre qui avait continué de hurler, déferlant sa haine sur ce monde aussi ridicule que puéril.
Oui, aussi ridicule que puéril.
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Czeslaw A. Holystone
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Dim 4 Juil - 15:56


    Acte III, Scène 1. Où la grenouille se retrouve face à son prédateur naturel.
    Czeslaw sentait la peur, malsaine, fourbe, détestable, s'insinuer en lui. L'orage jouait un rôle non négligeable dans cette ascension de la terreur, pourtant. Malsain, fourbe, détestable... C'était Bel First. Comme un poison sa présence et sa folie se répandaient dans l'air, glaçant, brûlant, s'insinuant partout. Un fiel obscur qui jouait sur les nerfs de Czes'. S'il était une grenouille, ce qui était plus ou moins le cas, alors Bel était un serpent. Pas une couleuvre, pas une vipère, non, pas l'un de ces reptiles de pacotilles, si communs... Il tenait plus de ces énormes bestioles qui vous enserrent de leurs anneaux pour vous priver d'air, vous briser les os. Ou peut-être d'un cobra, hypnotique, attendant le meilleur moment pour s'approcher de l'être vulnérable que vous devenez face à lui et plonger ses crocs suintants de venin dans votre chair pour vous dévorer doucement morceau par morceau...

    Acte III, Scène 2. Où Czes' prend conscience qu'en tant que grenouille il ne saurait pas s'imposer face à un moustique.
    Un sifflement. Czeslaw, l'esprit encore embrumé du filage de sa métaphore, frissonna, faillis reculer d'un pas, léger mouvement de rejet. Les paroles du prince s'insinuaient en lui, lui tordaient les tripes... Que contenaient-ils ces mots ? Du mépris ? De la colère ? Un peu des deux peut-être, de l'un, de l'autre... Ou tout simplement de la folie. La folie pure qui englobe tout... Des questions ? Czeslaw regarda autour de lui, plusieurs fois, s'arrêtant sur la silhouette de Bel dans ce canapé clair avant de détourner les yeux au plus vite. Reprenant son souffle, comme s'il allait prendre la parole sans se décider à prononcer le moindre mot. Ces silences à répétition l'irritaient, le troublaient, ancraient (ou peut-être encraient...) l'angoisse en lui. Quand il se décida à parler, ses mots étaient mal assurés, tremblants...
      « Je suis désolé, je... »

    Répondre dans l'ordre où les questions ont été posées...
      « Je me suis perdu, j'ai été surpris par la pluie... En cherchant un abri, je me suis retrouvé ici... J'ai sonné, je connaissais, un peu... J'étais... Moins perdu... »

    La voix tremblante, mal assurée... Il aurait aimé avoir un temps pour se préparer, prendre des notes, mettre sur pieds un discours clair, faire un brouillon... Qu'est-ce qu'il devait avoir l'air niait à cet instant...
      « Excuse-moi pour l'intrusion... Pour le canapé... »

    S'excuser, s'excuser encore... Enfant, il savait déjà, inconsciemment utiliser ces mots, ainsi qu'une expression désolée... à la moindre erreur, il s'excusait. On lui pardonnait, ce n'étais qu'un enfant... Plus maintenant malheureusement... Comme il regrettait l'âge où l'innocence (la niaiserie ?) était la meilleure voie vers le pardon, où l'on ne « se rendait pas compte » de nos actes... Il n'avait plus d'excuses, il ne savait pas mentir quand il ne s'agissait pas de sorbetières, il avait des responsabilités, mais n'avait jamais voulu s'en occuper. On lui avait fait comprendre qu'il pouvait se rasseoir, il ne le fit pas. Il resta planté là, droit, espérant peut-être que cette verticalité lui offrirait l'assurance qu'il lui manquait. Peine perdue petit. Bel First était un prince, qu'il soit debout, allongé, assis ou même agenouillé devant toi, il reste un prince. Debout, allongé, assis ou à genoux, tu es une grenouille entre ces murs, non, partout jusqu'à ce que tu trouve plus faible que toi, tu es un batracien, au pied de l'échelle alimentaire, cherche, cherche-les les moucherons qui te serviront de faire-valoir, eux tu pourras les utiliser... Mais en auras-tu seulement le courage ? Arriveras-tu à imposer aux autres une volonté que tu n'es pas capable de trouver en toi ? Ces mots résonnaient dans l'esprit confus de Czeslaw.

    Acte III, Scène 3. Où l'on se dit que l'on peut très bien vivre avec un seul rein.
    Confusion, confusion... Le jeune homme risqua un œil vers le canapé, histoire de voir l'ampleur des dégâts... Une large tâche, humide, malsaine et puante s'étendait là... Ce n'était pas la fin du monde... Quoique... Déjà fauché au quotidien, Czeslaw renâclait à dépenser son argent en broutilles (les grenouilles et leurs produits dérivés ne sont pas considérées comme des « broutilles ») Un canapé, surtout s'il est digne d'être placé dans le salon d'un prince, devait coûter un bras, voir plus... Si son commerce ne suffisait pas, qu'allait-il devoir sacrifier pour un canapé ? Un rein pour des organisations pas très nettes ? Un bout de poumon ? Son cerveau pour la science ? Son corps dans son intégralité ? Il frissonna. Un simple sofa lui donnait des idées morbides.

    Acte III, Scène 4. Où l'on tombe en plein questionnement métaphysique.
    Du coin de l'œil, la grenouille jaugea Bel, sans parvenir à déceler le moindre indice sur son état... Czeslaw déglutit douloureusement. Inconsciemment, il s'était bercé d'illusions. Kiukirilya n'avait pas eu l'air très en forme en rentrant de sa livraison au manoir du First, il avait tenté d'en savoir plus, sans obtenir le moindre élément de réponse, il n'avait pu que se conforter dans son hypothèse que cela avait mal tourné. En quoi ? Telle était l'interrogation qui subsistait. En y repensant, Lawena aussi lui avait parlé d'un type étrange qui aurait essayé de lui faire peur... Une histoire de chèques apparemment... Même Neelam, l'électrique Neelam avait laissé échapper quelques allusions à un fou furieux... Personne ne s'était étendu sur le sujet et, après tout, il n'avait pas demandé de détails... Inconsciemment, Czeslaw avait monté une hypothèse, une hypothèse qui flattait son égo... « Je suis peut-être à part... » C'était ce qu'il se disait, ce qu'il espérait secrètement... Être différent, au dessus des autres, attirer l'attention par d'exceptionnelles singularités... Peut-être était-ce là un de ses rêves inavoués... Il se rappela du mépris qu'il avait cru entendre dans les paroles du prince, de celui qu'il était certain d'avoir vu dans ses yeux... Non, tu n'es pas spéciale petite grenouille, tu n'es qu'un passe-temps, rien de plus. Tu devrais comprendre que rien, ni tes chapeaux grenouille, ni ton visage harmonieux, ni ton sens du commerce en matière d'aspirateur ne te fait sortir du lot. Tu es normal, pitoyable et normal. Pitoyablement normal. Ces « révélations » qui se déversaient dans son esprit lui vrillaient les tripes. Il le savait bien, qu'est-ce qui avait pu lui faire croire qu'il était différent de l'individu lambda pris au hasard dans la masse grouillante des sphériens ? Un orgueil bien enfouis ? Un statut d'original qui lui collait délicieusement à la peau dès qu'il enfilait son superbe couvre-chef ? Non, rien, il n'était rien. Il était même moins. Ni pour le monde, ni pour Alzen, ni pour Bel First. Il s'en doutait bien, le pauvre petit, alors pourquoi cette prise de conscience était-elle si douloureuse ? Pourquoi cet organe situé dans son thorax, destiné depuis sa création à faire circuler un mélange de plaquettes et de globules rouges et blancs, lui faisait-il si mal ? Qu'était cette rougeur subite qui venait teinter le visage de Czeslaw ? La fièvre ? Ben sûr, ça ne pouvait être que ça... Évidement... Il n'y a que la fièvre qui soit capable de colorer ainsi les pommettes du jeune homme... N'est-ce pas ? Un simple accès de fièvre... Cela expliquerait pourquoi ses mains tremblaient... Pourquoi ses idées étaient si brouillées.

    Acte III, Scène 5. Où l'on se dit que la liquéfaction cérébrale, c'est dangereux chez les grenouilles.
    Le batracien inspira un grand coup... Remit ses idées au clair... Il était sûr que : Il était un moins que rien, qu'il fallait qu'il cesse de se croire supérieur, que la perspective de vendre un rein à des trafiquants d'organes ne l'enchantait gère, qu'un canapé coutait très cher et qu'il allait être dur de réparer sa faute... Ce n'était pas bien encourageant pour la suite. De nouveau, il regarda le prince dans son sofa... Il tenta de soutenir son regard, mais abdiqua bien vite. Une grenouille face à un serpent.
      « Pour ce qui est du canapé, je... Je ne pense pas que je puisse rembourser les dégâts. Désolé... Je... »

    Il s'excusait encore, réflexe ridicule.
      « Pour réparer ça, je pourrais t'offrir des réductions sur les mixers, mais je ne suis pas sûr que... »

    Non, peu de personnes sont intéressées par des réductions sur les mixers. Il déglutit, il avait un mauvais pressentiment... Il n'osait même pas imaginer les conséquences des mots qu'il était sur le point de prononcer.
      « Je serais incapable de payer un canapé, à ce niveau, même le pressing est en dehors de mes moyens... Mais... Alors... Si je peux réparer ça par un autre moyen, je le ferais... Demande-moi ce que tu veux, si c'est dans mes moyens, je... Je le ferais... »

    C'était une tentative de suicide ? Peut-être...Czeslaw avait toujours fait son possible pour... Pourquoi exactement ? Pour aider son prochain ? Non... Pour que l'on le laisse tranquille... Il était comme une feuille de papier, aux bords bien nets, à la blancheur éclatante... Se pliant aux autres car c'est plus facile que de résister... Un simple papier qui, plié, déplié croit être toujours blanc, mais qui est orné d'imperceptibles traces de doigts, dont les plis sont marqués à jamais. Ce papier n'importe qui pourrait le déchirer, le brûler, le noircir à l'encre... Il suffirait d'y prêter attention à ce débris, de tendre la main, donner de faux espoirs... L'attraper, le triturer, le salir avant de le jeter au feu. De ça, il ne s'en rend pas compte le jeune vendeur, il est bien naïf quand on regarde... Et s’il s’en rendait compte, qu’importe… C’était toujours beaucoup plus rapide de céder à la facilité, même s’il risquait d’y laisser des plumes. Czeslaw risqua un œil par la fenêtre, un éclair et sa cavalerie le crispèrent… Restait à demander ce pour quoi il avait sonné à cette porte.
      « Excuse-moi te demander ça… Pourrais-tu me laisser rester ici jusqu’à ce que l’orage se calme ? Je ne te gênerais pas… »

    Record battu du type qui s’excuse le plus en un minimum de mots… Ainsi que de l’excuse la plus bidon « Je ne te gênerais pas » on y croit tous… Les mots que l’on utilise avec les humains lambdas (Mme de Chautard, sa cuisinière Henriette, les pêcheurs, les gladiateurs opaliens, les conducteurs d’aéronef, les marchands…) ils ne marchaient pas sur quelqu’un comme Bel. La folie ainsi que son rang de prince le plaçait au-dessus de bien du beau monde, Czeslaw le premier. Mais la grenouille ne savait pas parler aux princes fous… Il ne pouvait qu’improviser, essayer, ne pas réfléchir… Oui, ne pas réfléchir aux significations cachées, aux sens voilés, aux réalités dissimulées derrière une rougeur sur les joues, derrière des mains qui tremblaient. L’orage, tout était la faute de l’orage. Une légère fièvre et la peur du tonnerre, rien que ça… Vaines certitudes, branlantes, construites sur terrain glissant, une grenouille qui se persuade qu’elle a des ailes alors qu’elle se noie en eaux troubles.

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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Dim 4 Juil - 19:21

Le silence se poursuivi ainsi encore un moment, offrant aux deux êtres un cocktail d’amertumes et d’excitations des plus enivrantes. Ce personnage s’imprégnait de la plus pure des candeurs, s’arrachant le cœur à la moindre imperfection dans sa routine quotidienne. Heureusement, Bel était là pour le faire évoluer et pour lui faire apprécier les souffrances qu’impose l’existence ici-bas. Il deviendra son guide et il sera obligé de lui obéir pour ne pas le décevoir. Telle est la règle qu’impose le jeu du Prince. Mais avant de commencer ce petit divertissement, un pacte devait-être lié par les deux personnes ci-présent, marquant ainsi leurs liens. Oh, ce n’était pas bien compliqué non, il suffisait simplement à Czeslaw, dit la victime de montrer son dévouement pour son maître, dit Bel, et ce, par le simple fait d’un contact des lèvres sur les lèvres de l’autre interlocuteur. Malheureusement, Bel voulait s’amuser, et il ne suffisait pas de lui prendre la tête pour le forcer à commettre ce baiser. Bien qu’il aurait aimé. La meilleure chose à faire était d’attendre, voir sa réaction par rapport aux questions que Sa Majesté lui a posées, et de jouer.

Quelle surprise et surtout quel soulagement de le voir emplis d’incertitude et de ne cesser de s’excuser. C’est une marque de faiblesse, Bel le savait bien vu le nombre de victimes qui ne cessaient d’implorer le pardon en espérant qu’ils aient, par des mots, réussis à libérer leurs âmes de l’emprise du Prince. C’était inutile, bien au contraire même. Ce genre de soumission l’incitait à continuer encore plus loin dans la souffrance qu’il diffusait. Mais Czeslaw était quelqu’un de spécial pour le Prince, cela dit, celui-ci n’était pas obligé de s’en rendre compte, ni même de le savoir. Sa Majesté continuait donc d’observer la grenouille toujours debout, ne sachant ou regarder pour ne plus sentir le gène qui l’envahissait et à ne plus émettre des phrases toutes plus niaises les unes que les autres en ne cessant, donc, de s’excuser. Oh oui, qu’il était pathétique à se dandiner ainsi d’un pied sur l’autre, cherchant l’équilibre qui le mènerait au paradis sans passer par la case « Bel First ».

Lorsqu’il demanda au Prince s’il pouvait rester ici le temps que l’orage se calme, il avait la certitude que cette personne n’était pas entièrement comme les autres, malgré sa peur irrationnelle pour la nature. Qui oserait demander cela à un être comme lui ? Il ne répondit pas à la question, du moins pas tout de suite, préférant encore rester dans le silence pour mettre mal à l’aise l’hôte comme s’il ne l’était pas assez. Mais le laisser réfléchir sur ce qu’il allait advenir de lui-même paraissait une bonne option au Prince, d’autant plus qu’il était prêt à tous, vraiment à tous, pour satisfaire ses désirs. Après une pause qui sembla durer une éternité, Bel prit enfin la parole expliquant les règles du pacte dans une lenteur des plus irritantes.
    « Bien, si tu es prêt à tout. J’aurai peut être quelque chose à te proposer pour éviter que tu n’ais à rembourser ce que tu ne pourras jamais… Il s’agit d’un jeu, les règles sont relativement simples. Il y a un maître, moi, et une victime, toi, qui se dois de faire tout son possible pour satisfaire les besoins de son maître. »
Il marqua une pause. Présenter ce jeu comme pour celui d’un enfant permettrait à la grenouille de comprendre les règles plus facilement. Il poursuivi donc.
    « Cependant, un pacte doit-être passé entre son maître et sa victime, marquant ainsi l’éternel dévouement que celle-ci lui portera. Oh, ce n’est rien de bien compliqué... »
Il s’arrêta de nouveau, se permettant un rire emplis de faussetés qui laisserait n’importe qui dans un désarroi total avant de reprendre toujours aussi lentement.
    « Seul un baiser unira cette relation. Ainsi que quelques gouttes de ton sang dans la coupe en cristal que voici, tu devras bien évidemment le remplir toi-même, sans mon aide. Que serait un serviteur s’il ne peut pas se servir à boire tout seul ? »
Bien évidemment, la deuxième règle n’existait pas. Mais c’était bien plus amusant ainsi ! Après tout, le Prince avait passé sa vie à bluffer. Pourquoi s’arrêterait-il à présent qu’une proie digne de ce nom se pointait d’elle-même chez lui ? Il lui était impossible de ne pas s’amuser tel un Prince. Il tendit la coupe à son invité et pour être sur que celui-ci ne s’écourte pas, il ajouta d’une voix menaçante, malgré que pour une raison qu’il lui échappait, il lui était impossible de faire du mal à Czeslaw.
    « Qui sait ce que je serais capable de faire si tu refuses… »
Que cette scène était excitante ! Comme une sorte d’hypnose pour convaincre Czeslaw, il ajouta, d’une façon plus douce cette fois-ci.
    « Je sais que ca peut faire mal Czeslaw, mais je sais aussi que tu sais que tu as besoin de moi à présent pour vivre, tout comme j’ai besoin de toi. Je suis ta répugnance, ta haine, ton envie et ton désir. »
Quel est le sentiment qui est né dans son cœur ce soir là ? L’amour ? L’excitation ? Non… Pas ces mots aux consonances douces. Une envie proche de la jalousie…de l’impatience…et du désir. Il n’avait en fait pas la moindre idée de ce que pensait la grenouille, mais il savait en revanche que rien que d’avoir prononcé son prénom, il allait forcement le croire, pour finir par admettre cette idée en l’encrant dans son esprit, marquant ainsi son besoin de se purifier de la misère qu’imposait toutes victimes digne de ce nom…en principe. Bel First sourit à son son interlocuteur comme pour l’inciter une fois de plus, gentiment, à l’écouter et lui faire confiance. Puis répéta les mots qu’il avait prononcés quelques secondes auparavant.
    « Tu as besoin de moi, comme j’ai besoin de toi. »
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Czeslaw A. Holystone
❧ Le monde des sciences infinies...

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♠ Nationalité : Alzen
♠ Karnevale : Czeslaw ? Et bien... Il passe à travers les murs... À travers n'importe quelle matière en fait... Très pratique, n'est-ce pas ? Le problème, c'est que, vivant à Alzen, son pire cauchemar est de passer à travers le plancher de la ville et de faire un jolis tartare à la surface de Sphéra. Bon appétit.
♠ Sexualité & Statut : Pansexuel et... Possédé ?
♠ Mon rêve : Déposer le brevet d'un super-aspirateur et empocher des millions.
♪ Fiche : Les grenouilles règnent sur le monde.
♪ RP(s) en cours : Alzen ~ Owen
♪ Relationships : Here

MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Lun 5 Juil - 19:09


    Acte IV, Scène 1, Où l’on voit que Mr Froggy n’aime pas le changement.
    Déglutir : v. faire franchir l'isthme de la gorge à la salive, des aliments, syn. : avaler. La grenouille sentait qu'elle n'avait peut-être pas fait le bon choix... Mais il était trop tard pour reculer... Il se berçait d'illusions : peut-être que s'il jouait le jeu, s'il restait digne... Peut-être, alors, qu'il pourrait rembourser rapidement sa dette. Il sentit sa gorge se tordre. Et après quoi ? Il reprendrait une vie normale, comme avant ? C'était ce qu'il essayait de se dire... Mais la vie d'un individu pouvait-elle être considérée comme « normale » après une rencontre avec Bel ? Pouvait-on retrouver ses repères après un plongeon dans le monde de folie du prince ? Czeslaw aimait se sentir imperméable à ce qui l'entourait. Les événements se suivent, mais il reste le même, toujours... Il redoutait cette prétendue capacité d'adaptation dont étaient dotés les humains, il redoutait un choc qui le transformerait... Le changement lui paraissait abominable... « Tout ira bien, tout restera pareil qu'avant », c'est ce qu'il voulait croire. Inconsciemment, il se promettait d'essayer de faire ce que lui demanderait Bel vite et bien... Futile tentative pour échapper à l'enfer qui s'ouvrait devant ses pas.

    Acte IV, Scène 2. Où Czes' découvre les règles du jeu.
    Le prince parla, il expliqua, comme on parle à un enfant, qu'elles étaient les règles du « jeu ». Un jeu de domination. Un jeu d'asservissement. Tout dépendait du point de vue. Une préface à un lien de servitude... Le batracien ne put réprimer un tremblement l'ors-ce qu'il entendit le terme « d'éternel dévouement »... L'éternité était bien longue du point de vue du jeune vendeur... Pourtant, il lui suffisait de penser, ne serait-ce qu'un instant à s'éloigner du prince pour qu'une douleur sourde e mette à bourdonner en lui. Il n'avait jamais attendu le changement, il le fuyait, même. Pourtant, il n'avait pu échapper à Bel First... Depuis ce jour où il s'était trompé d'adresse, depuis ce jour où il avait voulu fuir la folie furieuse du propriétaire du manoir, depuis ce jour où un réflexe malheureux de « sauvegarde des clients » l'avait poussé à coller un sparadrap sur une tête royale. Un pacte ? Oui, un pacte. Un baiser, du sang. Un pacte entre deux êtres. Czeslaw cru un instant qu'il était retourné en arrière, un jour de juin où il avait fait connaissance avec le grand bassin de la piscine. Trois mètres de fond, des tonnes d'eau qui vous écrasent, des mouvements désordonnés, futiles. On ne sait plus si l'on s'enfonce ou si l'on remonte. Ce bleu est-il celui du ciel ou celui du carrelage ? Le chlore vous brûle les yeux, on voudrait pouvoir pleurer, mais est-ce des larmes qui coulent de vos globes oculaires ou l'eau du bassin qui s'infiltre ? L'air s'échappe de vos poumons, ça fait mal, là dans le torse. Les secondes se muent en siècles. Czeslaw se noyait, ou presque apparemment il était toujours en vie.
    Deux mots, couramment utilisés, qui, pourtant, lui donnaient l'impression de suffoquer. Lequel avait eu le plus d'impact ? Bonne question ? Le sang ? « n.m. Liquide visqueux, de couleur rouge, qui circule dans les vaisseaux à travers tout l'organisme où il joue des rôles essentiels et multiples » ? Ce sang qu'il devait laisser s'écouler hors de ses veines ? Ce liquide rouge, nécessaire à la vie ? Ce liquide rouge qui affluait sur son visage, lui donnant une coloration écarlate ? Le baiser ? Cette mise en contact des lèvres avec quelque chose (ici celles du prince) en signe d’affection/d’amour ? De soumission dans notre cas ? Cet idéal de l'amour romantique ? À bien réfléchir, c'était sûrement la deuxième option qui le troublait le plus. C'était pourtant l'option la plus... « Saine » ? Rien de bien dangereux à priori... Czeslaw avait l'impression de s'enfoncer dans de sombres sables mouvants.
      « Je sais que ça peut faire mal Czeslaw, mais je sais aussi que tu sais que tu as besoin de moi à présent pour vivre, tout comme j’ai besoin de toi. Je suis ta répugnance, ta haine, ton envie et ton désir. »

    Les mots de Bel s'insinuaient dans l'esprit de la grenouille, douloureusement, il aurait tant aimé ne pas avoir d'oreilles, ne pas entendre ces paroles. Ne pas douter. Ces ensembles de syllabes étaient comme des lames aiguisées qui déchiraient le cocon douillet que Czes' essayait de construire autours de lui.

    Acte IV, Scène 3. Où la grenouille fait le geste le plus stupide de son existence.
    Czeslaw regardait la coupe que l'on lui tendait avec horreur. Il espérait presque un miracle, un éclair de lucidité dans l'esprit du prince, une simple phrase « C'était une blague, rentre chez toi ». Bel souriait, un sourire encourageant. D'autant plus effrayant qu'il était encourageant. Qu'est-il arrivé à ta résolution, pathétique grenouille ? Ces histoires d'obéir aux ordres « vite et bien » ? Elle se dégrade, fond... Tombe en poussière face à la frayeur... À partir de quand pourait-on considérer que la marche arrière est impossible ? Après avoir saisis cette coupe ? Après y avoir versé son sang ? Après avoir embrassé le prince ? Ou bien était-il perdu dès le moment où il s'est assis sur ce canapé ? Depuis l'instant où il a effleuré cette sonnette ? Peut-être depuis sa naissance... Le moyen le plus simple pour faire cesser cette mascarade serait sûrement ne pas saisir cette coupe que l'on lui tendait, de partir, de fuir... Pourtant, les mains tremblantes du jeune homme se attrapèrent le contenant de cristal. Quand la raison se sépare des actes. Il est pitoyable le petit, regardez comme il tremble ! Est-ce de peur, d'excitation, autre chose ? Lui même ne saurais le dire. Maladroitement, il se saisis d'un canif mal aiguisé dans sa poche, l'approche de son index, au dessus de la coupe. La lame touche la peau.
    Elle ne l'entame même pas. Tremblant, Czeslaw n'ose pas appuyer, n'ose pas faire glisser le tranchant sur son épiderme...

    Acte IV, Scène 4. Où le sang finit par couler
    Dehors, la pluie redouble d'intensité, le vent siffle, un éclair s'abat sur la ville volante, tout près, portant la frayeur de la grenouille à son paroxysme. La coupe et le canif lui échappent. Non, ils lui passent à travers. Un problème avec son karnevale comme il en a tant eu, dû à l’angoisse. Lors de la chute, le temps semble s'étirer, se ralentir. Par réflexe, Czes essaye de rattraper les objets au vol, il ne fait que les frôler, précipite leur destin. Ils atterrissent sensiblement en même temps. Le couteau glisse sur le sol, hors de portée. La coupe explose. Les mains du batracien, trop proches, en ressentent les effets. L'acier a perdu contres les effilés éclats de cristal. Ce sont eux qui reçurent le privilège d'entailler la chair du jeune Czeslaw. Ce dernier ne peut retenir un cri, de surprise, de douleur... Des larmes lui piquèrent les yeux, il n’est pas le genre d'homme viril qui se retient de montrer sa douleur, il est trop faible pour ça. Quelques gouttelettes rouges allèrent s'écraser sur le plancher, faute de récipient pour les retenir. Sans réfléchir, le jeune pantin porta ses plaies à ses lèvres. La salive est naturellement désinfectante et cicatrisante dit-on... Il risque un regard vers Bel, effrayé par le conséquences de la rencontre entre le sol et la coupe.
      « Je suis désolé ! Je la... »

    Sa voix se brise alors que sa gorge se noue. Il ne veut pas la dire cette phrase, cette phrase qui risquerait de l'emprisonner encore dans la toile de la folie du prince. « Je la rembourserais aussi... » non ! Ses yeux sont humides de larmes vainement retenues, ses mains sont poisseuses de sang qu'il n'ose plus essuyer, son être entier est suintant d’une espèce de dégoût de soi... Une faible grenouille incapable de quoi que ce soit... Un parfait jouet.

    Acte IV, Scène 5. Où l’inconscient de Froggy essaye de causer.
    Le pathétique Czeslaw serra les poings, un instant seulement, c'était douloureux... Ridicule gamin, incapable d'endurer la moindre souffrance. Écarlate, il baissa les yeux et entrepris de réunir les éclats brisés, souillés de sang. Il grimaça en constatant que quelques moreaux étaient restés incrustés dans la chair de ses mains. Appréhendant la douleur, il n'osa pas y toucher. Ce ne fut qu'une fois sa tâche achevée qu'il releva la tête vers Bel. Malgré tout il évita de croiser son regard. Sa destinée était entre les mains d'un prince fou, comme un enfant, il redoutait ses décisions. Il s'était montré maladroit, ridicule... Hé bien, petite grenouille, aurait-tu peur que sa majesté te renvoie de là d'où tu viens ? Pourquoi ce regard, n'était-ce pas ton souhait ? Ne veux-tu pas t'éloigner ? Partir ? Te serais-tu attaché au prince ? Serais-tu une pauvre proie subjuguée par son prédateur ? Ou peut-être... Peut-être que tu attends ce baiser ? Non ? Peut-être que la grenouille se croit dans un conte de fée ? Qu’elle croit qu'un baiser avec le prince la sauvera ? Cesse de t'agripper à tes œillères, petit !
    Czeslaw aurait aimé être capable d'arrêter de penser, de faire taire cette voix malsaine qui lui embrouillait les idées. Ou tout simplement d'être capable de contredire ces doutes qui l'assaillaient. Ses objections étaient vaines, ses excuses sonnaient faux. Essayant sans succès d'ignorer le rouge qui teintait son visage, les tremblements qui le secouaient quand il posait son regard sur le prince et la douleur provenant de son muscle cardiaque qui s'emballait. Ce n'était que les manifestations d'une légère fièvre et de la terreur que lui inspirait l'orage. Rien de plus. Qu'est-ce que cela pouvait être d'autre ? « Du désir...De l'amour ? » voulait hurler son inconscient. Seul l'aveuglement extrême de Czeslaw le réduisait au silence, difficilement.
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Lun 5 Juil - 23:03

Le Prince attendait avec une impatience certaine l’inévitable qui allait se produire sous peu. Il observait de ses yeux d’un gris acier caché par des cheveux encore humide la grenouille au corps fragile, puis sourit de son désarroi. Elle était comme perdu dans un monde parallèle au notre, cherchant du regard la sortie de secours qui lui permettrait de s’échapper de cet enfer inéluctable. N’avait-elle pourtant pas compris qu’il n’en existait aucune ? Qu’elle était prise au piège ? Qu’elle ne vivrait à présent plus par elle-même mais par le Prince ? Non, il lui était impossible de s’enfuir. Tel un oiseau enfermé dans une cage en or massif, il devra se soumettre aux désirs de Sa Majesté. Après tout, elle devait être enchantée ! Si ce n’était pas le cas, Bel se ferait une joie de lui faire aimer ses passe-temps qui paraissaient aux yeux de beaucoup comme d’une étrangeté des plus frappante. Oui, il allait lui faire aimer ces jeux là. Il avait d’ailleurs réussi à trouver un compromis. Bel n’arriverait peut être jamais à lui faire du mal, mais si lui-même était partant pour faire le sale travail à sa place, c’est déjà, qu’il le voulait, même inconsciemment, et d’autre part Bel n’aurait pas à le toucher.

Une coupe en cristal brisée. Bel repense au miroir éclaté en de milliers éclats de verres qu’il tenait dans ses mains quelques heures auparavant. Puis, du sang, beaucoup de sang. Bien plus qu’il n’en fallait pour remplir une simple coupe. Sur le carrelage froid, sur Czeslaw et sur le canapé. Cette texture d’un rouge aussi pur que le rubis contrastant avec la blancheur de la pièce, paraissait aux yeux du prince comme une œuvre d’art des plus remarquables. Il jouissait de ce spectacle aussi enivrant que sanglant. Oh oui, il essayait de se retenir de ne pas encore montrer qu’il adorait ce plat si délectable, mais l’excitation l’emportait et son sourire finalement paisible se transforma en un rictus marquant la folie qu’il détenait en lui et qu’il était prêt à faire jaillir aussi ardemment que l’hémoglobine qui s’échappait du doigt meurtri de son hôte. Encore un peu, oui, juste un peu. Il tenta de se reprendre et réussit à faire disparaître ce sourire qui aurait pu faire fuir de chez lui un tigre sauvage. Tout se passait comme prévu, tout était parfait, tout était apporté sur un plateau d’argent. Oui, tout était parfait.

Bel suivit le regard apeuré de Czeslaw qui observait son doigt aussi rouge que la plus altruiste des tomates. Il resta un moment à contempler cette image avant d’apercevoir un scintillement provenant de ce même doigt. Un morceau de cristal y était resté enfoncé. Le Prince ne pu plus attendre une seconde de plus. Il rapprocha sa tête lentement de cette peau parfaite et croqua à pleine dent le bout de verre qui effleura sa langue, lui donnant une légère entaille. La douleur le surprit comme une bénédiction paradisiaque pour sa patience. Il releva la tête, retira le verre de sa bouche et sourit à Czeslaw, ce qui permit de faire sortir de celle-ci un filet de sang provenant de l’intérieur, se rajoutant à celui de la grenouille qui drainait sur ses lèvres. Il ne tenait plus en place et ne pouvait se permettre d’attendre que le jeune homme prenne l’initiative de l’embrasser, et pourtant, ce serait si drôle… Tant pis. Il approcha ses lèvres ensanglantées de celle de Czeslaw, ferma les yeux, et les sentis s’effleurer dangereusement, marquant la signature du pacte démoniaque. Bientôt leurs sangs se mélangèrent et n’en ferait plus qu’un, offrant à chacun un cocktail des plus exquis. Savourant la saveur de leurs corps charnels. Une sucrerie des plus plaisantes, un repas des plus délectables. Le tonnerre faisait une musique de fond qui correspondait parfaitement à l’ambiance qu’il se maintenait en cet instant. Bel resta de cette façon encore un moment, savourant chaque secondes qui s’écoulaient. Il s’éloigna lentement, et regarda Czeslaw dans les yeux, cherchant à percer le mystère qui les voilaient. En vain. Il semblait qu’au premier abord, aucun sentiment ne lui parvenait, il est vrai que la grenouille savait plutôt bien cachés ses émotions. Mais au cas où, pour le rassurer, le Prince lui dit.
    « Tu n’as pas à avoir peur. Nous avons chacun besoin de cela, tu le sais très bien. Tu es à présent en ma possession. Tes yeux deviendront les miens, tes lèvres les miennes. Tu seras miens. »
Que Bel se sentait bien dans cet environnement là, dans son propre environnement. Lui qui pensait s’ennuyer ce soir, il n’était pas déçu. Sa main était restée sur la nuque de l’hôte, il la retira lentement, plantant ses ongles dans sa peau, le griffant de toute sa force. Déchirement de leur amour secret.
    « Oui, ca fait mal, mais c’est le prix à payer pour que je devienne ton mentor. Tout va bien tu vois. Oui, tout ira bien maintenant. »
Bel s’écarta de Czeslaw et s’assit à côté de lui, attendant la moindre réaction de sa part face à sa nouvelle vie qui s’offrait à présent à lui et qui promettait d’être plutôt fascinante. Puis il contempla le désordre qu’étais devenu la pièce auparavant paisible. Ce n’était vraiment plus le cas. L’hémoglobine s’étalait sur tout le canapé, gouttant sur le carrelage clair. La vision de cette boucherie ne pouvait rester qu’imprégner dans l’esprit des deux jeunes hommes, offrant à Bel un présent des plus somptueux. Bel se rapprocha de Czeslaw jusqu’à être contre lui, et caressa d’une main sa joue sanglante. Leurs deux corps étaient à présent eux aussi recouvert de sang et dans un murmure étouffé, Bel lui dit.
    « Oui, tout ira bien… Dors à présent. »
Dans un calme qui ne se brisait que par le tonnerre, ils restèrent là, au milieu des flots de sangs, muets, attendant que l’un ou l’autre reprenne la parole.
Un délicieux carnage que voici.
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Czeslaw A. Holystone
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Mar 6 Juil - 21:06



    Acte VI, Scène 1.Où le salon est le théâtre d'une sanglante pièce.
    À la vue de son sang maculant le sol, Czeslaw ne put retenir un haut-le-cœur... C'était un spectacle macabre,pourtant, comme fasciné, il ne pouvait détourner les yeux. Son sang, il l'avait aperçu à de nombreuses reprises, lors ce qu'il se blessait à l'atelier... Un appareil qui se met en marche inopinément, une pièce qui s'éjecte de son mécanisme, une explosion inopinée... Dans ces moments là, il grimaçait de douleur, fermait les yeux pour ne rien voir et appelait une personne quelconque à la rescousse, Kiukirilya le plus souvent. L'infirmière d'un jour épongeait l'hémoglobine, l'envoyait à l'hôpital où le docteur lui administrait des produits douteux qui avaient pour effets de soigner ses plaies en un temps record, sans laisser de cicatrices.
    Ici, Czes' observait son sang maculer la pièce, ses mains, son être. Cette vision l'effrayait, peut-être même plus que l'orage... Pourtant, il ne pouvait fermer les yeux, recouvrir ses prunelles du voile obscurcissant de ses paupières. On dit que le mot « Apocalypse » signifie littéralement « levé du voile ». La prétendue fin consisterait à lever le rideau de scène, à ôter cet écran translucide entre le public et les acteurs, leur dévoilant leu corps et non plus leur ombre. Dans le manoir First, le rideau écarlate était tombé sur les planches, on avait trop tiré dessus. Czeslaw était-il un spectateur du premier rang, impliqué malgré lui dans une pièce absurdiste dont il ne connaissait pas le texte ? Où s'était-il au contraire hissé sur scène, attiré par le prince comme un insecte l'est de la flamme d'une bougie ? Il aurait tant aimé avoir un texte sous les yeux, un texte, découpé d'actes et de tableaux, qui lui donnerais ses répliques qu'il pourrait lire sans bafouiller, qui lui donnerait à l'avance celles du princes, où ses gestes et attitudes seraient dictées par de sobres didascalies. Non, ce salon était la scène d'un théâtre à l'italienne, si ce n'est qu'il se passait de public, la grenouille y avait été placée par un metteur en scène dérangé. Il devait jouer cette pièce en improvisant, persuadé que les autres acteurs connaissaient leur texte. Mais il n'y avait pas de feuillets, cette pièce, absurde, abstraite même, se passait de dialogues, tout le monde improvisait.

    Acte VI, Scène 2. Où le lien entre les deux êtres passe par le lèvres.
    Le jeune batracien réprima à grand peine une frison lors-ce que Bel ôta un éclat de cristal d'une de ses plaies. Un frisson de douleur, d'appréhension ? Peut-être d'autre chose... Lui si douillet, lui que le sang intimidait, lui qui, tel une autruche, se cachait au moindre problème... Il ne se décidait pas à détourner des yeux de cette vision... Ce contact avec le prince, un contact vif, assez futile, le fascinait, déclenchait des réactions inconnues dans son corps, son âme... Son cœur battait vite, trop vite pour lui... Son esprit était remplis de pensées qui s'enchevêtraient, d'émotions qu'il ne comprenaient pas, de doutes inutiles, d'espoirs fous, de questions rhétoriques. Un instant, il chercha ce que lui évoquait ce geste si spontané de la part du prince, il essaya vainement d'oublier les mots, pourtant si justes, qui lui avaient traversés l'esprit... Sensualité, érotisme ? Comment ces mots, associés a une certaine idée de tendresse pouvaient-ils avoir un rapport avec le douloureux lien qui unissait Czeslaw et le prince ? La grenouille n'eut pas le loisir de développer ce concept. Bel, apparemment impatient n'avait plus voulu attendre et avait approché ses lèvres sanglantes de celles de son « invité ». Ce dernier, trop surprit, ne put esquisser le moindre geste. Le sang qui suintait s'infiltra, tiède dans sa bouche entrouverte, le goût métallique de l'hémoglobine se répandit sur sa langue, détestable, et pourtant... Ce baiser déconcertait Czeslaw. Violent, doux ? Quelles étaient donc les significations cachées derrière ce contact labial ? Philosophes, écrivains, psychologues s'étaient intéressés à la question, personne n'avait pu proposer de réponses universelles...

    Acte VI, Scène 3. Où la grenouille cesse de croire aux contes de fée.
    Lors-ce que Bel rompit le baiser, le batracien ne réagit pas plus, encore sous le choc. Ils restèrent à se regarder pendant quelques longues secondes, le sang maculant le visage fin du prince le rendait d'autant plus magnétique. Son regard d'acier semblait sonder les yeux menthe-à-l'eau du jeune vendeur, recherchant peut-être un infime indice, une réaction, un jouissif éclair de peur ? La gène repris ses droits, imposant un semblant de discipline parmi les pensées brouillées du petit être. Il détourna les yeux, les pommettes teintées de rouge. Bel prit la parole, comme pour le rassurer…

      « Tu n’as pas à avoir peur. Nous avons chacun besoin de cela, tu le sais très bien. Tu es à présent en ma possession. Tes yeux deviendront les miens, tes lèvres les miennes. Tu seras miens. »

    Avait-il vraiment besoin d’être rassuré ? Peut-être. Encore , il tremblait, faible petit. Il ne put retenir un cri de douleur et de surprise quand les ongles du princes tracèrent leur funeste chemin dans le dos du batracien. Des larmes de douleur lui montèrent aux yeux, coulèrent sur son visage inexpressif, se teintant de rouge alors qu’elles rencontraient de sanglantes traces. Essayant vainement de cacher son émotion, son mal, cette eau qui coulait sur ses joues, il baissa la tête… Tss. Un manque évident de… De quoi ? de virilité ? De résistance aux assauts extérieurs ? Peut-être tout cela à la fois. Il en avait honte le pauvre petit… Mais que t’imaginais-tu ? Qu’un baiser du prince transformerait une vilaine grenouille en jolie princesse parfaite ? Ne voulais-tu pas rester le même qu’hier à chaque lendemain ? À moins que tu n’aies toujours attendu cet instant… Maintenant tu es déçu ? Tu as mal ? Ce sang, le tien, macule cette pièce, ce sol, ce canapé, le prince, toi ! Qu’est-ce que ce haut le cœur ?
    Il sursauta quand Bel se colla à lui, quand il lui caressa la joue. Dormir ? Non, Czeslaw en était incapable, ses mains le faisaient souffrir, son dos le faisait souffrir, son cœur aussi, mais celui-ci sera plus dur à soulager. Inconsciemment, comme un réflexe pour cacher son pitoyable visage, Czes appuya son front contre l’épaule du prince. Il y avait quelques… Quelques quoi ? Quelques dizaines de minutes ? Il avait fui ce contact furtif avec le corps du prince, tandis qu’il l’entraînait dans ce manoir qui allait être le témoin d’un sombre contrat entre ces deux jeunes gens… À ce moment là, Czeslaw avait repoussé le prince, mu par la crainte de s’attirer les foudres de ce dernier en souillant ses vêtements du l’humidité boueuse qui suintait des siens. Maintenant que l’hémoglobine saturait les fibres de sa chemise, la grenouille craignait encore de salir les habits royaux.

    Acte VI, Scène 4. Où l’on voit Czes s’inquiéter des risques de tétanos.
    Dormir ? Il aurait bien voulu, oui. Toutes ses plaies, nées du vice insinuaient en lui une souffrance contre laquelle il n’essayait même plus de luter. Sans y faire réellement attention, Czeslaw serrait dans ses mains poisseuses le t-shirt de celui qu’un baiser en avait fait son « maître ». Le tissu ne parvenait pas à absorber l’intégralité du sang qui coulait. À cette vue, le vendeur fut parcouru par une vague d’inquiétude… La folie du prince s’insinuait dans ses veines, malsaine, mais sa route restait barrée par des relents de candeur, de pureté… Czeslaw n’était pas encore assez atteint pour ne pas craindre les conséquences de ses plaies.

      « Bel ? »

    Petit inconscient… Sûrement l’un des seuls humains sur terre capable d’appeler sa majesté First par son prénom. Peut-être le regretterait-il plus tard.

      « Il faudrait… Désinfecter ? Faire quelque chose… Toi aussi… »

    C’était ce qui personne sensée aurait dit. La grenouille l’était encore, malgré tout… Le problème était de faire comprendre au prince les risques découlant de l’infection d’une blessure. Bel était habité pas une sombre folie, pouvait-il seulement supporter le fait qu’un inconscient veule stopper l’écoulement de ce fluide divin ? Cela devait paraître si futile… Czeslaw se mordit la lèvre pour se faire taire, il avait peur de la réaction de son interlocuteur face à de telles préoccupations… Allait-il le meurtrir encore pour lui faire comprendre sa vision des choses. Lui aussi était blessé. Les blessures à la langue sont dangereuses, on dit qu’elles conduisent à l’hémorragie…
    Petite grenouille, t’inquièterais-tu pour la santé du prince ? N’avais-tu pas compris, la dernière fois ? Qu’il était inutile d’essayer de soigner un tel individu ? Peut-être espère-tu faire reculer la noirceur de son âme avec ta bonne volonté ? Ton innocence est souillée, petite grenouille, ta candeur est altérée depuis que tu a osé rentrer dans ce manoir, depuis que tu as laissé tomber tous tes projets de fuite, depuis, en fait, que tu a voulu te dresser sur le chemin de ce prince, solitaire entre ces murs. Et avec ça, tu as l’audace de vouloir te battre avec les ténèbres d’un esprit dérangé ? Oublie ça, David, Goliat est un trop gros morceau.

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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Mer 7 Juil - 17:50

Au revoir ignorant du passé. Bonjour à toi petit diablotin. Comment vas-tu aujourd’hui ? Mal ? Je l’espère bien. Mes conventions de bonheurs sont tes promesses de malheurs. Petite grenouille, dit adieu à tes rêves, ils ont à présent changé de directions. Dis bienvenue à tes cauchemars. Tes cauchemars ? Oui, tes cauchemars sont les rêves du Prince. Profite de ta nouvelle vie qui s’impose à toi, aime-la ! Chérie-la ! Déguste cette existence qui t’es offerte et bois avec délectation le nouveau sang qui circule en toi ! Oui, ton cauchemar ne fait que commencer. Au revoir mon petit candide.

Le silence sanglant avait imprégné la pièce d’un murmure anxieux. Toujours à attendre que Czeslaw prenne la parole, Bel pensait. Il pensait à beaucoup de choses, des choses qu’il n’avait jamais pensées auparavant, des choses aussi futiles qu’importantes. Qu’avais donc pensé son amant de cette scène ? Futile, de penser à cela, effectivement, après tout, qu’est-ce qu’un Prince allait s’occuper des raisonnements d’autrui ? Pourtant, il n’arrivait pas à effacer cette question de sa tête. D’autant plus qu’il était convaincue que, finalement, ce petit entretien ne lui avait pas déplu. Il serait partis en courant, aurait changé de ville pour ne pas qu’il le retrouve, sinon. Oui, depuis le début, il voulait rester, et ce, même si c’était inconsciemment, ca n’en faisait aucun doute. L’excitation de partager cette nuit avec un Prince, avec Bel First, avait engendré en lui des sentiments disproportionnés. La peur mélangé à l’envie faisait un bien délicieux cocktail, Bel se félicita d’avoir, de nouveau, réussi à émettre ces deux sensations en même temps. Il faut dire qu’avec comme proie Czeslaw, ce n’était pas bien compliqué, un petit pantin, un petit oiseau enfermé dans une cage en or. Bel sourit. Tout était si parfait dans son monde. Il ne regrettait rien, se plaisait à étendre ses réflexions envers les autres personnes de son espèce et jouissait à faire du mal à son voisin. Pas tout le monde ne peut comprendre cette façon de pensée. Mais pas tout le monde n’a eu l’intelligence de jeter son propre fardeau qui brise un peu plus chaque muscles à chaque pas que l’on fait ne serais-ce qu’un pas. Oui, Bel avait prit l’initiative de le jeter bien loin, le fardeau que lui imposait la vie, et c’est par tant de soulagements d’un coup, qu’il sombra dans une folie des plus délicieuses. D’ailleurs, ce qui força à croire Bel que Czeslaw n’avait pas été déçu, se fut que, malgré qu’il reste anxieux, qu’il sursaute aux moindres gestes ou moindres bruits, il restait là, et se sentait un peu plus soulagé à chaque seconde. Du moins, c’est ce qu’il y paraissait. Divertissant. Non, amusant ! Oui, ce spectacle était hilarant !

Voilà à présent que la grenouille voulait désinfecter la plaie. Ce personnage n’est vraiment pas comme les autres victimes de Sa Majesté. Il est…spécial, mystérieux, et pourtant si innocent… Du moins c’est ce qu’il était. Il est à présent souillé, enchainé à une vie malsaine relié au Prince comme un diable à ses damnés. Bel regarda sa victime d’un œil noir, non pas car celui-ci a osé l’appeler par son prénom, bien au contraire, mais pour cet affront de vouloir…désinfecter. Quelle idée. Le Prince était d’une grande intelligence, et avait bien compris que c’était pour éviter les maladies, mais dans cet endroit, tout était lavé et désinfecter à longueur de temps, il n’y avait presque aucune inquiétude à avoir. De toute façon, il n’allait pas écouter les conseils d’une personne à niveau en dessous de lui. En fait, il n’écoutera les conseils de personne étant donné que tout le monde était en dessous de lui. D’ailleurs, il fut surpris de ne pas lui en vouloir de l’avoir appelé par son prénom. Beaucoup, par le passé avait fait cette erreur là, et dans ses bons jours, Bel rectifiait simplement par un « Non, pour toi se sera : Sa Majesté ». Mais comme il ne cessait de se le répéter, Czeslaw n’était comme les autres. Il n’alla cependant pas plus que ce simple regard de tueur. C’était bien assez. Alors que le sang continuait de perler des plaies, que la douleur à la langue du Prince ne s’était arrêté, provoquant en lui une excitation certaine, il demanda simplement.
    « Alors, Czeslaw. Comment te sens-tu pour affronter cette nouvelle vie ? »
Il marqua une pause, et fit apparaître un léger rictus malsain.
    « Oui, car tu es à présent lié à moi, tu le sais bien. »
Un silence se fit. Il fallait s’y attendre. Les gouttelettes de sang qui tombaient sur le carrelage leurs offraient une symphonie des plus sanguinolente. Bel en était même prêt à faire le chef d’orchestre approprié. Les grosses gouttes, les graves, d’un côté, les petites, les aigus, de l’autre. Il aurait pu s’offrir à cette valse éternelle encore longtemps, mais la réalité refusait, cette fois-ci, de s’échapper de son corps un instant. Saleté !

Le Prince ferma les yeux. La mort, il l’avait vu valser plus d’une fois, entraînant dans son sillage bien plus d’un visage. Autrefois, il aurait aimé suivre sa cadence, après tout, si efficace, mais celle-ci n’a pas su le mettre en transe pour lui accorder son ultime délivrance. Mais il se demande encore parfois, s’il ne ferait pas mieux de suivre son pas de deux, pour un dernier corps à corps amoureux. Il sourit, rouvrit ses yeux aciers, et regarda Czeslaw, impassible.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible.





[HJ : Désolé, ce n’est pas vraiment top je crois, pas trop d’inspiration, enfin...c'est surtout court quoi. Ce n’est pas ta faute. xD. Je me rattraperai au prochain, c'est promis ♥.]
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Czeslaw A. Holystone
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Jeu 8 Juil - 17:29


    Acte VII, Scène 1. Où Madame conscience méprise son proprio.

    « Petite grenouille, essayerais-tu de faire reculer l'obscurité de l'âme du prince ? ». Une question avait traversé l'esprit de Czeslaw. Cette question s'était éloignée pour mieux revenir le tourmenter... Il vit le regard noir de mépris que Bel lui adressait suite à son innocente remarque... Mais était-ce réellement cette remarque qui avait provoqué cette œillade, si haineuse ? N'était-ce pas plutôt l'effet d'un mot, prononcé par ces lèvres souillées de sang qui était à l'origine du courroux du prince ? « Bel » apparemment une innocente parole... Comment toi, faible vendeur d'aspirateurs pouvais-tu te permettre de prononcer ces trois lettres... Ce nom n'est pas à ta portée, petite chose... Czeslaw déglutit, il serait étonnant de voir quiconque appeler cet être royal par son prénom... Comment avais-tu pu te permettre cette familiarité ? Cesse de te croire supérieur au moindre événement ; crois-tu vraiment qu'il te suffit d'un baiser pour te hisser hors de la masse grouillante des individus ayant reçut l'honneur de servir de jouet au prince ? N'oublie pas, Czeslaw, tu n'es en aucun cas un élu, destiné à tirer sa majesté de la fange dorée de sa folie. Malgré tout, tu voudrais essayer ? Quelle présomption ! Comment peux-tu seulement te permettre d'avoir pitié de cet homme ? Comment toi, qui est destiné à baisser les yeux sur son passage, peux-tu te croire capable de purifier les pensées de cet être qui t'est supérieur en tous points ? Petite grenouille, n'essaie pas de me faire croire que tu ressent de la tristesse face à la noirceur de l'âme de ton amant... Voudrais-tu lui faire voir ce monde de ton point de vue ? Tu est pourtant si cynique, Czeslaw... Serais-tu seulement capable de lui montrer le ciel alors qu'il est si haut ? Et surtout... Tu sombre petit, tu sombre toi-même dans les abysses. N'essaie pas de sauver qui que ce soit alors que tu te noie.
    Czeslaw se sentait mal, là faute à cette détestable voix qui résonnait dans son âme... Sa conscience peut-être, sa si détestable conscience.

    Acte VII, Scène 2. Où l'on se pose des questions sur cette "nouvelle vie"
    Le prince repris la parole.
      « Alors, Czeslaw. Comment te sens-tu pour affronter cette nouvelle vie ? »

    Pause. Une nouvelle vie ? Dieu que cet adjectif était effrayant. « nouvelle », suivis de « vie », sa « vie ». Pitoyable petit pensais-tu réellement que ton quotidien resterait le même après cette soirée ?
      « Oui, car tu es à présent lié à moi, tu le sais bien. »

    Il le savait, il le savait... Mais s'en rendait-il vraiment compte ? Un lien... Ce lien qui, dans l'esprit dérangé du prince, était symbolisé par du sang et un baiser. L'un n'allant pas sans l'autre... Le sang, Czes' le sentait douloureusement s'écouler sur le sol, il le voyait s'étendre sur le carrelage, il suintait dans son dos, du bout de ses doigts... L'odeur âcre de l'hémoglobine lui attaquait les narines... Le baiser... Il était déjà plus facile de douter de sa réalité. Un simple contact, si court quand on y repense... Troublé, Czeslaw passa ses doigts sur ses lèvres, son cœur se serra quand il repensa à la sensation des lèvres de Bel sur les siennes. Pourtant... Il était effrayé. Il était un pleutre, fuyant ses responsabilités. Il le savait qu'il était capable de se forcer à oublier... Il l'avait déjà fait, plus jeune, enfouissant au plus loin ses souvenirs désagréables. Mais pouvait-il vraiment se permettre de s'éloigner du prince ? De l'abandonner avec sa folie dans ce manoir, si grand, si vide ?
    Cette nouvelle vie dont il parlait, de quoi serait-elle constituée ? Humain, candide, pitoyablement normal, Czeslaw se posait des questions d'ordre matériel. Comment allait-il s'occuper du magasin ? Qu'elle serais son quotidien, ainsi lié au prince ? Son entourage... Les quelques personnes éprouvant une certaine « amitié » pour la grenouille, comment réagiraient-ils s'ils apprenaient ce lien qui le liait à Bel First ? Intrépide, le batracien observa sa royale majesté qui avait fermé les yeux. Il fallu qu'il les ouvre pour que Czes' se rende compte à quel point il avait approché son visage de celui de son « maître ». Il recula précipitamment, essayant de maîtriser le rouge qui venait teindre ses joues... Si émotive, la petite grenouille...
      « Je... Je ne sais pas... Je ne sais pas de quoi sera constituée cette nouvelle vie, comme tu l'appelle... Je ne sais même pas ce qui me retient sur ce canapé... »

    Il espérait que le prince daignerait répondre à ces futiles questions... Mais en même temps, il craignait sa réponse... Il craignait la signification profonde de ce lien de servitude.
      « J'ai le magasin à faire tourner, les clients à servir... Je ne sais pas quel quotidien m'attend demain... Je n'affronterais pas cette vie, je la subirais... »

    Oui, il la subirai comme il subissait sa vie « d'avant »... Par incapacité à se dresser devant l'obstacle. Il n'osa mentionner ses poches, de peur de la réactions du prince. Depuis le début de la soirée, jamais il n'avait autant parlé. Pourtant, il en avait tant des questions à poser... Bien des questions qu'il ne poserais jamais... Des angoisses qui resteraient enfermées dans la prison de son crâne pour l'éternité sans doutes...

    Acte VII, Scène 3. Où l’on comprend que Czes est franchement terre-à-terre.
    Czeslaw baissa les yeux. Un nouveau haut-le-cœur le saisit quand il vu l'état de ses mains blessées. Il ne pu résister à son son instinct de survie qui lui commandait d'arrêter le saignement. Il porta ses plaies à ses lèvres où, timidement, il lécha les coupures les plus sanguinolentes, les plus douloureuses. Le goût de son propre sang lui donnait la nausée... La fascination qu'il avait eu quelque temps auparavant pour son hémoglobine fuyant son corps était brisée. Maintenant il avait peur, peur de cette évasion massive de globules rouges de ses veines... Les griffures sur sa nuque aussi saignaient, ces plaies étaient hors de portée et d'autant plus douloureuses. Sa vie n'était pas en danger, pourtant, il ne pouvait faire taire son angoisse. Un éclair s'abattit, trop proche. Amenant avec lui tout un cocktail de frayeur, la grenouille sursauta, se rapprochant de Bel inconsciemment, comme s'il recherchait une protection... Il frémis à son contact qu’il prolongea malgré tout quelques secondes avant d’être rattrapé par sa gêne. Sans la moindre discrétion, il se décala, n’osa pas affronter le regard du prince, baissa la tête. Lamentable. L’atmosphère qui régnait dans la pièce l’étouffait, elle semblait ravir le prince. Liés, liés… Que signifiaient ces mots ? Czeslaw avait peur de l’imaginer… Peur d’imaginer des horreurs qui seraient bien en deçà de la réalité, peur peut-être aussi de ne pas pouvoir combler les désirs du prince… Peur d’être un numéros parmi tant d’autres, peur d’être voué à une destruction sans but, peur de ne pouvoir rien faire… Mais faire quoi ?
    Czeslaw était un individu bien terre-à-terre… Il aimait savoir ce qui se passerait demain, comment les suicidés des fictions se procuraient leurs revolvers, comment avaient-ils appris à faire leurs nœuds de pendu. Des questions matérielles, indispensables, mais cassant tout le charme… Qu’allait-il se passer si demain, il ne se présentait pas au magasin ? Quels étaient ses devoirs en tant que serviteur ? Pouvait-il se lever soigner ses mains, son dos, ses plaies ? Ces blessures laisseraient-elles des cicatrices ? Etaient-elles la preuve du pacte qui l’unissait à Bel ?
    « Que devrais-je faire… ? »
    Un simple murmure qui s’échappa d’entre ses lèvres… Un nouveau coup de tonnerre retenti, Czeslaw, instinctivement, recouvrit ses oreilles de ses mains, serra les dents, recouvrit ses prunelles vertes du voile de ses paupières.
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Ven 9 Juil - 0:05

Entre le rêve et la lucidité. Entre la vie et la mort. Comme s’il cherchait à percer les mystères d’un univers léthargique, il restait plonger dans ses pensées les plus sombres et les plus profondes. Après tout, Czeslaw n’était pas très bavard, c’était ennuyeux de ne faire qu’attendre. Ralentissant les battements de son cœur comme si cela réduirai les secondes du temps, il prenait soin de peaufiner chacune de ses réflexions. Du moins, c’est ce qu’il aurait aimé faire. Le néant s’était installé dans son cerveau depuis que Czeslaw avait posé un pied dans cette demeure. Un vide acidulé. Pensée était à présent comme chercher un point noir dans un monde obscur, sans luminosité. Seule la respiration irrégulière de son nouvel animal domestique résonnait à ses oreilles dans un écho assourdissant. Tais-toi ! Tait-toi ! Arrête de respirer ! Semblait-il vouloir dire. Il aurait été prêt à le tuer. Par amour ? Criait son fort-intérieur. Sans doute. Ça n’aurait pas été la première fois qu’il tuerait quelqu’un pour ces raisons là. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pour ne plus être seul. Pour sentir ce corps, même inerte, se reposer en paix à côté de lui, à sa merci. Oui, les morts étaient bien plus obéissants que ces êtres vivants qui n’en font qu’à leurs têtes. Bel aimait entendre leur dernier soupir de liberté avant de se livrer pleinement aux envies de Sa Majesté. Une soumission totale qu’à présent, le prince voulait de la part de Czeslaw. Il n’admettrait aucune trahison et se retenait difficilement de ne pas se jeter à son cou férocement, allant jusqu’à mordre ardemment sa jugulaire jusqu’à ce que le sang gicle, pénétrant dans sa gorge avec violence. Oh oui, il aimait le gout du sang, et il profitait en cet instant même les quelques filets d’hémoglobine qui s’échappait de sa langue se faufiler au fond de sa gorge, donnant un gout délicieusement acidulé. Hm… Affreusement bon.

Bel éclata d’un rire sauvage allant jusqu’à couvrir les hurlements du tonnerre. De quoi sera constituée ta nouvelle vie ? Question pertinente. Non, ridicule. De haine, de soumission, de vengeance, et de désir. Il ne pouvait bien évidemment pas dire cela aussi crument à la grenouille. Non, il fallait enjoliver, voir détourner la question, peu importe. Il ne fallait juste pas qu’elle fuie. Tous les moyens étaient bons, et permis pour cela.
    « Ta vie sera principalement continuée de la personne que tu aimes le plus en cet instant. »
Il marqua une pause, et arracha une pâquerette du pot de fleur à côté de lui. Il hésitait à le laisser méditer et souffrir de son ignorance, au risque qu’il ne sache finalement pas le nom de cette personne. Ou tout simplement, lui dire tout de suite. Il enleva lentement les pétales.
Lui dire. Ne pas lui dire. Lui dire. Ne pas lui dire. Lui dire.
    « Moi. »
Un rictus se dessina sur ses lèvres. Angoissant ? Non, diabolique. Il n’avait même pas eu à mentir cette fois-ci. Après tout, peu importe ce qu’il aura à faire, il sera aux côtés de Sa Majesté, c’était plus qu’un honneur, une bénédiction. Affronter ? Subir ? Quelle importance ! On subit tous notre vie, tous. Nous n’avons pas demandé à exister, cela nous a été imposé. Alors se plaindre qu’il subira cette nouvelle vie… Quelle ignorance sur ce monde ! Quand bien même, qu’il ‘la subisse ou qu’il l’affronte, il n’avait pas le choix et prendre le temps d’expliquer ce qu’est la vie à un insecte de ce type était une perte de temps dont Bel ne s’offrira pas le luxe. Il répondit simplement et efficacement d’une voix tranchante.
    « Ce n’est pas comme si je te laissai le choix. »
D’ailleurs, il se l’avouait enfin, il ne savait pas ce qu’il retenait ici. La raison paraissait pourtant évidente. C’était le fait d’être avec le Prince qui l’avait amené ici et qui l’obligeait à rester, rien de plus, rien de moins. Il ne pouvait déjà plus se passer de lui, tout simplement. Gentille rainette.
    « Qui sait ? Peut être préféreras-tu cette vie celle bien trop monotone du passé. »
De nouveau, son sourire de satisfaction apparut au coin de ses lèvres pour se transformer un rictus moqueur lorsque la grenouille fixa par réflexe ses deux mains sur ses oreilles comme pour se cacher du bruit que provoquait la foudre. Pathétiquement pathétique mais résolument drôle. Cela avait finalement valu le coup de briser une coupe ainsi que de salir de façon irrécupérable un canapé de haute valeur. L’argent n’était rien. Du moins, pour le Prince. Il pourrait toujours faire chanter Czeslaw en cas de problème, ce n’était pas à oublier. La seule chose qui pourrait paraître embêtante à la longue, ce serait ce Karnevale qu’il porte et qu’il n’a pas l’air de contrôler, ce qui prouve d’ailleurs que ce n’est encore qu’un petit enfant. Il pourrait s’avérer bien trop souvent insupportable, mais cela faisait probablement partit des sacrifices à faire. Il ferait avec. Pour l’instant, tout se passait comme prévu, peut être même mieux que ce qui était attendu. Cette nuit n’était pas prête de s’achever. Surtout pour la petite grenouille encore trop anxieuse.
C’était si… excitant.
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Czeslaw A. Holystone
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♠ Emploi(s) : Vendeur d'électroménager.
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♠ Karnevale : Czeslaw ? Et bien... Il passe à travers les murs... À travers n'importe quelle matière en fait... Très pratique, n'est-ce pas ? Le problème, c'est que, vivant à Alzen, son pire cauchemar est de passer à travers le plancher de la ville et de faire un jolis tartare à la surface de Sphéra. Bon appétit.
♠ Sexualité & Statut : Pansexuel et... Possédé ?
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Dim 11 Juil - 21:39


    Acte VII, Scène 1. Où la grenouille fait inconsciemment l'expérience du syndrome de Stockholm
      « Ta vie sera principalement centrée autours de la personne que tu aimes le plus en cet instant. »

    Czeslaw craignait cette réponse. Le prince avait l'art et la manière de répondre à des questions matérielles de manière affreusement sibyllines. Il était aussi maître dans la discipline de laisser planer un suspense horripilant. Après une longue séance de coiffure botanique visant à scalper une innocente pâquerette, Bel prononça le mot tant redouté. Jamais trois simples lettres n'avaient formé un mot si couramment utilisé mais pourtant si redouté. Jamais un simple « Moi » n'avait tant troublé la grenouille. Ha ! Son cœur le faisait souffrir. « La personne que tu aime le plus », suivi d''un « Moi ». Le tout sortant de la bouche du prince. Czeslaw en perdait sa grammaire. Cette phrase, en apparence si simple insinuait-elle que...? Non Froggy. Elle n'insinue rien. C'est une affirmation. Ne comprend-tu pas ? Le prince (lui, Bel First, propriétaire de cette résidence) affirme que toi (Czeslaw Aaron Holystone, simple vendeur d'électroménager) l'aime. Lui (Bel First, etc...). Et bien ? Que ce passe-t-il ? Quelle est cette expression sur ton visage ? Qu'essaye-tu de nier ainsi ? Tes sentiments ? Ha ! Selon toi, ce ne serait qu'une fascination passagère ? L'amour serait un sentiment pur doux, basé sur le bonheur des deux protagonistes ? Pauvre petit, ta vision des choses est celle d'un nourrisson.
    Préférer cette nouvelle vie aux côtés du prince ? Peut-être aurait-ce été possible si celui-ci e l'avait poussé à l'automutilation, s'il ne l'avait pas blessé ainsi... Penserais-tu que tout se base sur la tendresse et le respect ? As-tu seulement entendu parler du syndrome de Stockholm ? Cet étrange phénomène qui pousse inconsciemment les victimes à épouser la cause de leur agresseur ? Qui rend les otages raides dingues de leurs kidnappeurs ? T n'est pas à l'abri petite grenouille. Le prince te blesse, te meurtrit, peut-être que plus il ronge ton ridicule petit cœur, plus il te fait souffrir et plus il s'assure de ta fidélité ? Toi tu ne comprend pas les rouages de ton esprit, tout cela est bien trop complexe tu aspire à la simplicité, tu est las de réfléchir... Tu voudrais te convaincre de ça n'est-ce pas ? Que par paresse tu reste assis à te faire dévorer ?

    Acte VII, Scène 2. Où Alice tombe dans le terrier du lapin blanc, enfin presque.
    Les mains plaquées sur les oreilles, Czeslaw tremblait de peur face à l'orage. Face à l'orage ? Peut-être aussi face au prince, petite grenouille... Et face à toi-même ? Tu tremble face à tes sentiments qui s'emballent sans que tu ne puisse opposer le moindre veto ?
    Czeslaw risqua un œil vers Bel, royalement installé dans son canapé. Amour ? Il se sentit rougir, de gène ? De colère contre lui-même ? De honte ? Il se crispa sur ce canapé maculé de boue, de sang... Il perdait pied,l'air semblait lui manquer.
    Avant qu'il n'ai pu tenter de se rattraper, avant qu'il n'ai compris ce qui lui arrivait, Czeslaw tombait. Il essaya de crier, il ne fit qu'ouvrir inutilement sa bouche. Aucun son ne s'échappa d'entre ses lèvres. L'air restait bloqué dans sa gorge nouée. Il était passé à travers le canapé, traversait le sol... Alzen est une ville volante, en dessous, la forêt d'Orphée lui tendait milles branches pour s'empaler. Stop Czeslaw, ne pense pas à des trucs pareils. En ayant peur tu augmente du même coup tes chances de traverser le plancher de la ville.
    Le temps s'étirait en tandis que sa frayeur grandissais. Peut-être ne tombait-il plus ? Peut-être que sa chute ne finirai jamais ? Dans ce cas pouvaient-on appeler ça « tomber » ? D'ailleurs, peut-être était-il bloqué dans le sol d'Alzen ? Comme enterré vivant ? Cela pouvait être vue comme une bonne nouvelle, plus d'orage, plus de prince fou, plus de pactes. Un repos bien mérité.
    Non. Pas de repos sous-terrains. Czeslaw compris qu'il tombait encore quand il sentit de l'air siffler autours de lui. Était-il déjà sous la ville ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir. Il s'écrasa lourdement sur un meuble indéfinis.

    Acte VII, Scène 3. Où Czes' atterrit dans l'un des dernier endroit de Sphéra où l'on peut trouver une bouteille de Mouton-Roschild.
    Du noir, partout. Apparemment, la grenouille était tombée dans le genre d'endroits où l'on est happé par l'obscurité au point d'être dans l'incapacité de déterminer si l'on a les yeux ouverts ou non. Où était-il exactement ? Et dans quel état ? Telles sont les questions qui s'imposaient dans l'esprit du jeune vendeur.
    D'abord, les odeurs se faufilèrent jusqu'à son nez peu habitué à déterminer l'origine d'une fragrance. L'huile, le métal chaud et le plastique fondu, seuls, étaient des éléments familiers. Malgré tout,il se prêta au jeu. Le parfum frais, gorgé d'humidité et étrangement agréable de la présence de quelques moisissures se mêlait à celui, métallique, du sang. Quel sang ? Surement le sien, il ne sentait pas encore son corps. Il devinait, sur ses cheveux sûrement, ou depuis ses vêtements, l'odeur d'humidité et de terre que sa chute dans une flaque, peu de temps auparavant, avait laissé. Par dessus ce cocktail, l'alcool, un étouffant parfum d'alcool. Un cocktail se mélangeant à un cocktail, donnant naissance à une fragrance complexe et entêtante. Quel alcool ? Aucune idée. Czeslaw ne buvait pas, de peur, peut-être de se retrouver mis à nu, dans tous les sens du terme.
    Quelque chose gouttait sur son visage, régulièrement. Le batracien entrouvrit les lèvres, permettant au liquide inconnu de se faufiler sur sa langue. Imprudent, certes, mais il était encore trop perdu pour penser aux risques qu'il encourait à avaler une boisson anonyme. Il reconnu le goût du sang qu'il avait eu sur la langue suite à son baiser avec le prince. L'alcool non identifié avait maintenant un nom : Vin rouge. Peut-être de la piquette, peut-être un nectar, Czeslaw avait goûté le liquide il y a plusieurs années, par curiosité, intrigué par cette boisson glorifiée pendant un temps par son père pour être « l'échappatoire de son âme ». L'adolescent qu'il était en avait avalé quelques gorgées, tentant d'imiter l'air des connaisseurs qu'il avait vu à la télévision, mais ne pouvant réprimer une grimace. Qu'est-ce que son ivrogne de paternel trouvait à ce truc ? Apparemment rien, car il laissa tomber le jus de raisin fermenté quand la jolie œnologue qu'il essayait de draguer à l'époque lui avait laissé voir l'alliance qu'elle portait à l'annulaire. Une pensé traversa l'esprit embrumé de Czeslaw. « D'où vient ce vin ? »
    Enfin, il retrouva le sens du toucher, pour son plus grand malheur. La douleur lui tira un pitoyable gémissement qui était destiné à être un cri. Il avait mal aux bras, à la tête, aux jambes, partout. En tombant, la grenouille avait dû renverser une étagère où des bouteilles étaient exposées, attendant leur heure, vieillissant doucement, patientant jusqu'au moment où les arômes s'harmoniseraient le mieux... Czes' avait troublé a quiétude de ce qui semblait être une cave, entrainant dans sa chute les contenants qui enveloppaient de leur verre teinté les vins de la cave du manoir First. Les lames transparentes s'étaient allègrement vengées, meurtrissant de leur tranchant la chair de l'inconscient qui avait osé troubler leur repos. Tu peux dormir sur tes deux oreilles petite grenouille, l'alcool désinfecte, ne t'inquiète plus, profite plutôt de la souffrance que ce mercurochrome divin fait naître en s'infiltrant dans tes blessures... ça pique ? Pauvre enfant, comme je te plaint... Tu empire les choses en laissant couler tes larmes sur ta figure... Le sel n'arrangera rien à tes coupures.

    Acte VII, Scène 4. Où Froggy désespère de recevoir de l'aide.
    Fixant intensément les ténèbres du sous-sol, Czeslaw restait prostré, trop mal en point pour bouger, trop souffrant pour se laisser aller à l'anesthésie bienvenue que le sommeil lui offrirait. Combien de temps resterais-il là à souffrir ? Bel... Le prince était-il capable de le laisser agoniser dans cette cave sans lever le petit doigt ? Oui, sans aucun doute. Peut-être serait-il embêté du sort de ses grands crus, de la disparition subite de son nouvel animal de compagnie... Il n'aurait pas fait long feu l'esclave du prince... Quelle déception de voir son nouveau jouet se briser avant même la première utilisation...
    Ne t'inquiète pas, Froggy, ton maître ne restera sûrement pas seul... Très vite, un autre petit candide, attiré par l'aura dorée de sa folie, viendra s'empêtrer dans sa toile, sera vidé de tous ses espoirs, essoré de tous ses rêves... Une fois que celui-là sera fini, un autre viendra, puis un autre... Oui, cela se passera sûrement comme ça Czeslaw, ils auront au moins le mérite d'amuser le prince plus longtemps que toi. À toutes ces marionnettes il proposera ce qu'il t'a proposé : un baiser et leur sang, tous aussi naïfs que toi, ils se laisserons faire... Et bien ? Tu souffre petit ? Quelle est donc cette douleur qui s'empare de ce muscle rouge qui bat dans ton torse ? Tu refuse cette éventualité, serais-tu... Jaloux ? Possessif ? Tu t'es pris d'affection pour le prince, cesse de le nier. Tu est triste à l'idée de ne pas être différent à ses yeux, tu désespère de ne rien pouvoir faire pour lui... Ne nie pas Czeslaw ! Cette douleur, cette détresse en est la preuve ! Mais, après tout, cela ne sert plus à rien d'y penser... Personne ne viendra te chercher ici, tu n'as plus qu'à attendre ton heure au milieu de ces bouteilles brisées, de ce vin qui stagne autours de toi. Et si cela te paraît trop long, tu peux toujours arrêter de lutter contre ton Karnevale, laisser tomber, traverser le sol de cette cave et atterrir douloureusement sur le sol de Sphéra. Ce serait définitif. Tu tremble à la perspective de cette chute ? Pleutre. Tu refuse d'abandonner ? La grenouille espèrerait-elle encore ? Arête, tu ne te transformera pas en princesse. Pauvre chose... Tu ne mérite pas ton prince. Allons, cesse de pleurnicher, t'es ridicule.
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Mar 27 Juil - 4:13

L’attention qu’il portait à Czeslaw en était ridicule mais toujours sans savoir pourquoi, il contemplait ce personnage avec grande concentration. Il n’y avait pourtant, à priori, rien à voir. Souillée. C’est ce que la grenouille était. Rongée par les plaisirs du prince, se livrant à l’inconnu qui se déchaînera sur cet être innocent, cassant un à un ses brindilles d’os, jusqu’à ce que son échine se brise d’elle-même. Le fardeau deviendrait insupportable, et la rainette se verrait dans l’obligation de sombrer dans une sévère dépression. C’est ce que Bel aimait par-dessus tous, partager son fardeau de force avec le premier petit candide qui apparaît dans l’angle d’une ruelle puante, grouillante de pauvretés. Le prince apparaît alors comme un dieu en acceptant de l’entretenir et de le combler d’amour. Oui, car c’était aussi et avant tout par amour qu’il faisait cela, le fou. Il l’aimait du plus profond de son cœur, sa folie. Cette folie qu’il l’avait rendu si intelligent et qui lui a permit de voir la ridicule stupidité qui traversait ces âmes en manque d’amour. Czeslaw n’échappait pas à la règle. Il ne pouvait refuser le soi-disant amour d’un sang Royal. Bel le savait pertinemment, comme il savait que dès à présent, il obtiendrait de lui tout ce qu’il voudrait. Ridicule ! Oui, mais tellement amusant.

Czeslaw. Puis plus de Czeslaw. Juste un bruit assourdissant allant jusqu’à faire vibrer le sol. Son karnevale était décidemment exaspérant. Bel était fatigué de tous cela et n’avait aucune envie de bouger le petit doigt pour son cobaye. Il ne se soucia même pas de savoir s’il s’était fait mal en tombant sur les vins rouges les plus luxueux d’Alzen. Cela n’était pas un problème non plus, il n’avait qu’à en racheter. Attendant que celui-ci ai l’intelligence de remonter, Bel songeait à l’état que doit être la pièce en dessous. Un joli carnage, à n’en pas douter. Après quelques minutes, il se décida tout de même à aller voir ce qui se passe, voyant que la grenouille s’éternisait, peut être s’était elle perdu dans sa cave. La stupidité est sans limite après tout. Il descendit donc le long escalier qui grinçait de plus en plus, il fallait penser à le refaire faire. Ses pas résonnèrent lorsqu’il atteint la salle aux milles merveilles. Il poussa la lourde porte, appuya sur l’extincteur qui déclencha en une seconde la complexité du fonctionnement pour finir par allumer une lampe émettant une lumière tamisée. Tout n’était que désordre et éparpillement, la lampe se reflétait dans les bouts de verres brisés s’étalant comme du beurre sur le sol en marbre. Le vin rouge s’égouttait de la même façon, marquant probablement définitivement l’albâtre d’un souvenir que trop éphémère. D’ailleurs étais-ce du vin ou du sang ? Vu l’état de Czeslaw, c’était probablement les deux. Un joli cocktail… Malgré le frémissement qui parcouru l’échine de Bel du à l’envie de gouter à ce somptueux cocktail, il se retint. Il fallait montrer qui était le maître quitte à sacrifier quelques plaisirs passagers.

Il s’avança, l’air furieux vers son jouet, le souleva par le col et le regarda droit dans les yeux, déferlant de ses propres iris un avertissement des plus inquiétants. Puis sans en rajouter plus, il le relâcha violemment et se retourna permettant à la grenouille de contempler son si magnifique dos athlétique. Mais c’était pour une tout autre raison que le prince s’était retourné de cette façon. En effet, l’odeur et la vue du sang mélangé au vin rouge, donnait naissance en lui à des désirs disproportionnés et surtout peu recommandable pour un premier soir particulièrement. Il aurait pourtant été capable de se jeter par terre léchant langoureusement le marbre à présent souillé. La difficulté qu’il avait à retenir ses émotions le trahissait dans ses moindres mouvements. Les poings serrés, beaucoup trop crispés, allant jusqu’à presque le faire tremblé, aurait pu effrayer n’importe qui. Il repensa au miroir, à la glace brisé, perdu dans une nuit parmi tant d’autres. Il était comme ces morceaux de verres. Il s’éparpillait à travers de nombreuses personnes, il ne servait à rien, mais il faisait joli, cependant, attention à ne pas trop le brusquer, il pourrait vous écorcher le cœur, jusqu’à vous en faire saigner. C’est d’une voix presque tremblante d’animosité et d’impatience qu’en un murmure il lança.

« Dégage de là. »

Il aurait été capable de tuer n’importe quel garçon à cet instant présent, le torturer, le voir se soumettre à ses ordres avec encore l’espoir de s’en sortir vivant. L’espoir… Quelle ironie. Pourtant, ce que préférait le prince n’était pas ce moment là. Ce qu’il préférait c’était quand sa victime avait enfin compris que son corps allait devenir cendres plus vite que prévu. Il se relâche alors, offrant son corps à une mort qui de toute façon lui était offerte d’office. L’utilité des êtres humains dans ce monde est bien trop futile. Changeant constamment d’avis. Je veux vivre, je veux plus vivre. Résolument pathétique. Mais il ne voulait pas faire subir cela à Czeslaw, du moins, peut être pas encore. Et ce, pour une raison qui lui échappait. Il contracta encore plus ses muscles si possibles et dit une fois encore, d’une voix bien trop calme.

« Dégage. »

Il ne voulait pas que Czeslaw parte pourtant, mais c’était probablement mieux ainsi, mieux pour la grenouille, mieux pour le prince. C’était mieux ainsi, oui. Un frisson le parcouru. Et dire que quelques secondes auparavant, il se plaignait du changement d’humeur des humains, il avait oublié qu’il en faisait partie peut être, bien malheureusement. Tout en se retournant d’un coup, attrapant avec fermeté le bras de son hôte, il cria presque.

« Non ! Reste ! »

Il ne savait plus ou il en était, sa tête tournait, manège trop insupportable pour être vécu. Ses jambes lâchèrent, il se retrouva bientôt couché de tous son long sur le sol immaculé, et sur lui, Czeslaw, dont la main du prince était restée encore accroché à son bras. Sa perte de conscience devait être du au manque d’alcool qu’il subsistait depuis le début de cette soirée. Les cheveux humidifiés par le sang, l’odeur d’un cocktail, le poids de Czeslaw. Puis le vide.
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Czeslaw A. Holystone
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MessageSujet: Re: Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]   Ven 30 Juil - 23:58


    Acte VIII, Scène 1. Où les grincements d’un escalier se muent en une mélodie digne de Bach.
    L’attente. L’attente morbide. Ces longs instants ou les secondes se muent en heures, les heures en siècle. Ces longs instants où l’on ne trouve pas la force (la motivation ?) de bouger ses membres engourdis. Attente. Non, Czeslaw ne savait même plus s’il attendait quoi que ce soit.
    Un bruit, horripilant, se répétant régulièrement, s’approchant. Gnouik, gnouik. Le grincement des marches se muait en une symphonie dans les méandres de l’esprit embrouillé de Czeslaw. Crescendo de la part des marches de bois. Silence. À nouveau, un long grincement. Serais-ce les cuivres qui entrent en scène ? Les instruments à vent ? Non, les gonds mal huilés de la lourde porte hurlent. Clic, l’interrupteur rappelle le son d’un triangle final, annonçant le retour de la lumière sur le public. Le Prince n’a que faire des règles d’une symphonie classique. La lumière jaillit, aveuglante, brûlant presque les rétines de la grenouille. Ayant quand même le mérite de le faire réagir. Il contracte ses pitoyables muscles sous le coup de la surprise, remue doucement et lamentablement ses maigres bras. Le prince n’en a pas fini… Continuons de filer notre métaphore… Sa royale majesté fit retentir les percussions de ses pas sur le sol glacé.
    Czeslaw essaya vainement de se redresser à son approche. Était-il… Heureux ? La grenouille pouvait-elle réellement ressentir de la joie en voyant son tortionnaire de prince venir le… « Secourir » ?

    Acte VIII, Scène 2. Où la grenouille est priée de dégager.
    Oui, c’était un sentiment assez proche du soulagement qui étreint le cœur du batracien… Le Prince, lui, n’avait pas l’air vraiment joyeux… Toute euphorie s’envola de l’esprit de Czeslaw quand on le saisit par le col. Une fureur sans limites se lisait dans les iris marines de Bel, effrayant le jeune vendeur au plus haut point. Quand le Prince le rejeta violemment, Czes’ laissa échapper un gémissement. De douleur ? Oui, mais de surprise aussi. Se recroquevillant dans un tintement de verre, il voyait son maître trembler de colère… Un murmure brûlant de haine se glissa entre les lèvres royales. Czeslaw déglutit, difficilement. Le corps brisé, blessé par le verre, il se leva doucement. Le cœur blessé, brisé par les mots de Bel, il lui semblait que son âme était tombée bien plus bas que les plus profonds gouffres de Sphera. C'est étrange, Froggy... N'est-ce pas toi qui voulais quitter ce manoir ? N'est-ce pas toi que voulait t'éloigner de cet homme face à toi ? Tu veux partir ? Tu ne veux plus ? Ton affection pour le prince t'empêcherait-elle de fuir ? Tu aimes te rendre utile n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas avec cette bonne volonté que tu arriveras à lui tendre la main pour le sortir de l'abîme de sa folie. Souhaites tu l'aider ? Ou éprouve-tu de l'affection pour cet être car il est plus souillé que toi ? Par comparaison, tu te plais à paraître blanc immaculé. Tu es tordu Czeslaw. Tu es tordu, égoïste et vil... La grenouille se mordit la lèvre jusqu'à ce qu'il ne puisse plus sentir la douleur. Morbides, ses pensées étaient morbides.

    Acte VIII, Scène 3. Où le Prince tombe dans les vapes.

      « Dégage»


    Encore une fois, le mot dansa sur les lèvres du prince. Désespéré, Czeslaw regarda le sol fixement, envisageant de finir sa chute. Le vertige le prit à la gorge, ses mains secouées de tremblements incontrôlables ne purent que se crisper pitoyablement. La silhouette chancelante du jeune homme s'appuya contre le mur un instant. Ses pieds finirent par obéir à l'instinct de survie du batracien. Il esquissa quelques pas maladroits vers la porte de la cave...
    Son bras fut happé par le prince, « Reste ! » un cri troublant. Quand Bel s'effondra, Czeslaw ne put rien faire pour l'aider. Pire, il tomba lui aussi. Tel un couples de dominos. La grenouille aurait probablement encore traversé le sol si elle n'avait as été collée au Prince dans sa chute.
    Sonné, le jeune vendeur resta de longs instants dans cette position, pourtant peu confortable, à reprendre ses esprits au rythme irrégulier de la respiration de son amant. Enfin, il se redressa, s'inquiétant, sans raison clairement avouée, de l'état du propriétaire des lieux, il passa une main tremblante sur le front de ce dernier. Un examen qui ne lui apprit rien, il n'avait jamais eu à diagnostiquer une fièvre et ignorait la température corporelle qui servait de référence. La sienne semblait peu appropriée, on lui avait souvent répété que ses mains étaient glacées et pourtant il se sentait pris de désagréables bouffées de chaleur...

    Acte VIII, Scène 4. Où Czes est un brave chienchien, pardon, grenouille, secourant son maître.
    Regardant vers la porte, Czeslaw envisagea un instant de partir en laissant le Prince au sous-sol. Une amère intuition de ce qu'il risquait de subir s'il osait commettre un tel crime de lèse-majesté l'en dissuada. Il brida sa malheureusement trop morbide imagination, les punitions qu’il redoutait étaient sans doute bien en deçà de la réalité. Avec une infinie délicatesse, ainsi qu’une infinie lenteur, il hissa maladroitement le corps inanimé sur son dos. Il lui fallut sûrement plus de sept fois plus de temps qu’il n’en faut à un humain ordinaire pour sortir de cette cave, s’arrêtant presque à chaque marche pour un quelconque prétexte. Douleur, fatigue ou même inquiétude de voir Bel se réveiller, tout y passa, Czeslaw pesta intérieurement contre sa musculature si peu développée. Sous l’effort, sa respiration s’accéléra, il n’avait jamais été endurant. Son cœur fit de même quand il prit conscience de l’étroite proximité entre leurs deux corps… Cette pensée suffit à le faire avancer plus vite et il retrouva relativement rapidement le salon où ils se trouvaient quelques minutes auparavant. Le batracien se déchargea doucement de son fardeau qu’il allongea sur le canapé qui semblait être à la source de tout.
    Il resta accroupi là de longues minutes, le temps de retrouver son souffle, le regard fixé, sans qu’il ne s’en rende vraiment compte, sur le fin visage de Bel First. Le sang maculant la peau pâle avait quelque chose de terriblement fascinant. Czeslaw sursauta en voyant qu’il avait encore une fois bien trop approché son visage de celui du prince. Ce sursaut eu pour effet de lui faire perdre le peu d’équilibre qu’il avait. En posant la main au sol de manière à se rattraper, Czeslaw ne retenu qu’à grand peine un cris de douleur qui se mua en un lamentable gémissement. Ses doigts, blessés par les éclats de cristal aussi bien que par sa chute, se remirent à saigner. Czeslaw jeta un regard vers le prince, craignant son courroux pour l’avoir réveillé… Non, il semblait encore évanoui… Lentement, Czes’ se leva et, sur la pointe des pieds, prit la direction du couloir.

    Acte VIII, Scène 5. Où Czes explore le manoir à la recherche d’un lavabo.
    En se fiant à sa désastreuse intuition et à son tout aussi désastreux sens de l’orientation, Czeslaw parcouru le manoir sans rencontrer âme qui vive… Se sentant comme écrasé par les dimensions de la demeure, il se sentit vaguement désolé pour Bel… Un murmure.

      « Peut-on vraiment vivre seul dans cette baraque ? »


    Sûrement pas… Il avait sans doute été un temps où les êtres humains se croisaient dans ses couloirs… Cette pensée fit réaliser amèrement à Czeslaw qu’il ne savait rien de celui qu’un baiser avait désigné comme son « maître ».
    Enfin, il trouva ce qu’il cherchait. Une pièce, petite par rapport aux autres, mais dont la surface totale s’approchait de celle de l’appartement de la grenouille. En comptant les toilettes. En bref, une salle d’eau proportionnelle au reste du manoir. L’image que lui renvoyait le miroir l’horrifia. Souillé de sang et de boue il n’était plus que l’ombre de celui qui avait quitté la résidence de Mme de Chautard quelques temps avant. Il entreprit de nettoyer ses blessures en grimaçant, ôtant de ses plaies fragments de cristal et de verre. Quand ses coupures eurent pris un aspect sain, il se lava le visage à grandes eaux. Les tâches de sang se diluèrent dans l’eau tiède, pigments carmin quittant la toile pâle de la peau du jeune vendeur… Il avait cru comme l’on croit à un conte de fée en pleine tempête –vainement- que l’hémoglobine emporterait avec elle le souvenir de cette soirée… Dans la psyché, il ne vit qu’un type à peine sorti de l’adolescence au visage creusé, inexpressif, aux haillons sales et déchirés… Dommage Froggy, mais souviens toi que le baiser d’un prince n’a pas fait de toi une princesse… Ce n’est pas avec de l’eau claire que tu effaceras tes péchés…

    Acte VIII, Scène 6. Où Czeslaw est un méchant petit qui désobéit et nettoie l’hémoglobine.
    Czeslaw fouilla, non sans appréhension, dans la pièce et dénicha une petite bassine qu’il remplit d’eau tiède. Une petite serviette-éponge blanche flairant une discrète odeur de poussière fut sortie du placard qui l’abritait visiblement depuis un certain temps.
    Parvenant par miracle à retrouver son chemin sans renverser son chargement, Czeslaw écarta délicatement les mèches blondes qui barraient le front du prince et après s’être assuré de son inactivité. Sursautant à chaque respiration, le batracien passait doucement le linge humide sur les tâches de sang, se délectant presque de la réapparition de la pâleur sous les aplats écarlates. Ainsi, sans perdre un atome de son aura magnétique, Bel semblait bien moins effrayant. S’arrachant de son observation pour ne pas se retrouver une nouvelle fois à frôler le visage du prince, Czeslaw se releva, sans savoir que faire… Mal à l’aise, il erra dans la pièce, désoeuvré.

      « Qu’est-ce que je fais là… »


    Il fuyait l’orage, n’est-ce pas ? Il guetta le bruit du tonnerre, appuya son front contre la surface glacée de la vitre, scrutant le ciel obscurci par les nuages. Les étoiles commençaient déjà à percer entre la nuée. Il jeta un nouveau regard vers Bel, non, il n’avait matériellement plus de raison de rester.
    Pourtant, il ne voulait pas partir. Pourtant il voulait s’en aller. Amour et répulsion se mêlaient, lui nouant la gorge douloureusement. Avisant l’eau rougie dans la bassine, Czeslaw se remémora les événements de la soirée… Hé bien petite grenouille, décide-toi. À peine arrivé tu voulais t’enfuir, maintenant tu hésites ? Fais ton choix, dans tous les cas tu est lié à ton prince, dans tous les cas où que tu aille tu sera hanté par son image, hanté par les blessures qu’il t’a infligé, hanté par ce baiser qu’il a eu la bonté de t’offrir… Ton âme est faible Czeslaw, avec toute la volonté du monde, tu seras incapable de rayer ce jour de ta mémoire. Peut importe ton choix, tu retourneras vert Bel First.

    Acte VIII, Scène 7. Où La grenouille prend la clef des champs.
    Czeslaw est un couard, un peureux, un véritable gosse, immature et irrespectueux. Il fuit. Comme un animal en cage, il fit plusieurs fois le tour de la pièce, s’efforça de ne pas revenir vers le prince, allongé dans le canapé. Son destin était-il de le soigner maladroitement à chacune de leurs rencontres ? Ces jeux se solderaient-ils par des cicatrices chaque fois ? Peut-être que votre destin est de vous détruire mutuellement, tu ne pense pas Froggy ? Pour sauver ta peau tu ferais peut-être mieux de t’éloigner définitivement de cet être… Pour sauver ta peau et la sienne. À moins que tu ne soit intimement convaincu d’être un élu, le seul capable de sauver son âme de la folie ? À moins que tu ne sombre toi aussi dans la démence…
    Un bloc note, n’ayant sûrement jamais été utilisé, sur la commode, Czeslaw s’empare d’un stylo noir, gribouille par réflexe une grenouille pour amorcer le débit d’encre, pose la pinte du la surface vierge du papier. Que veux-tu écrire petite grenouille ? Un mot d’adieu ? D’au revoir ? Un conseil à un blessé ? C’est bien, repose ce stylo, pitoyable enfant… Cette feuille est à ton image, un brouillon inachevé, on distingue le tracé amorcé d’une majuscule dont l’identité demeure inconnue… Incapable d’aller jusqu’au bout de tes idées.
    Le jeune vendeur, résistant à l’envie de retourner une dernière fois contrôler l’état du prince, de peur ne de plus trouver la motivation de partir, sortit presque trop précipitamment de la pièce, parcouru le couloir vers la porte d’entrée. Après un instant d’hésitation, il fit jouer la poignée et sortit du manoir First.

    Epilogue.
    Le lendemain matin, Czeslaw n’entendit pas son réveil. Il ignorait comment il était rentré dans son appartement et apparemment il n’avait même pas pris la peine de se changer avant de s’effondrer sur son matelas. Avant de partir à la boutique, il s’habilla proprement, banda minutieusement ses plaies, si bien que ses mains n’étaient plus qu’œuvres abstraites à base de pansements, dont certains étaient ornés de petits ours. Les pansements discount pour gosses étaient les moins chers de la supérette, les plus ridicules aussi.
    Quand il arriva au magasin avec près de trois heures de retard, il fut reconnaissant à Kiukirilya d’être de nature discrète, pas un mot sur ses blessures, pas une remarque sur son retard… Pas d’explications à donner, heureusement pour la grenouille qui n’avait jamais su mentir.

      « Boss, il manque une partie de votre tête aujourd’hui, vous êtes sûr que ça va ? »


    Chapeau. Le Chapeau. Le glorieux Chapeau-grenouille. Le truc inoubliable. Surtout pour Czes. Le symbole de la suprématie des batraciens. Un symbole sacré qu’il avait pourtant oublié. Et pas n’importe où apparemment….

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Le temps se dégrade ici... {PV Bel First} [END]

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