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 { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥

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Electre Nocturnys
✝ Tu ne t'attendais pas à me voir?

♦ Inscription le : 10/10/2010
♦ Mes messages : 103
♦ Etoiles ★ : 172
♠ Humeur : Changeante ; « I'm so fed up. »
♠ Emploi(s) : Traqueur ; « We all fall down like toy soldiers. »
♠ Nationalité : Amenthalysien
♠ Karnevale : « J'étais là tu vois, lui à côté de moi. Et je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus, j'en croyais pas mes yeux. Et lui qui me disait ; " J'suis un dur. Tu vois les brûlures là sur mes bras ? J'les sens pas ... J'les sens pas. " J'étais là, j'ai rien dis, et puis j'suis parti de chez lui. Si j'y suis retourné ? Plus jamais ... Plus jamais. » ; CONTRÔLE DU SANG.
♠ Sexualité & Statut : Bisexuel ; C'est compliqué.
♠ Mon rêve : Anéantir les Karnevales ; « Raise your weapon. »
♪ Fiche :

|| Don't call my name.
♪ RP(s) en cours :

|| I follow your footprints in the snow.
♪ Relationships :

|| You know that I love you, boy.

MessageSujet: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Sam 23 Oct - 20:09

    http://www.deezer.com/listen-2330608

    « I follow your footprints in the snow
    I let you lead the way
    I hope we'll meet one day
    I've been walking so long out in the cold
    My coat won't keep me warm anymore
    »

    Les cris se propageaient doucement, les regards se mêlaient, se croisaient, se repoussaient. Le temps paraissait trop rapide pour être vrai, pour être réel, presque figé sur du papier glacé, luisant. Dans une danse circulaire, les chevaux s’activaient doucement, les mains glissaient sur leurs nuques rigides. Des doigts fins, minuscules, aimants. Les enfants riaient, souriaient, leurs prunelles illuminées fixées sur la monture de bois, tandis que les parents, eux, se tuaient à garder leur progéniture à l’œil, lançant quelques signes de la main, une peinture colorée et joyeuse appliquée sur leurs visages détendus. Doucement, doucement, le manège s’active à nouveau, révélant toute l’ampleur de sa puissance, féérique, magique. Alors un sifflement retenti, un peu de vapeur s’échappe de la machinerie qui fait fonctionner toute la petite troupe, et les animaux s’élèvent dans l’air, comme portés par leurs ailes immobiles, celles dont l’embellissement s’écaille petit à petit, soumis à la rude dictature des enfants, ceux amusés qui avaient découvert ici un endroit pour rêver, un de plus. Les bêtes étaient hautes maintenant, surplombant la foule aux alentours qui observaient le manège d’un air émerveillé, les petits têtes blondes aimaient cette sensation, celle de dominer, pour un moment quoique éphémère, ces adultes protecteurs. Les cris s’envolaient dans l’air tiède, doucement, comme des milliers de légers papillons invisibles. Les regards s’accrochaient, les lèvres s’étiraient en sourires plaisants. Quelques tours, à la fois rapides et lents, le bois semblait prendre vie, c’était magnifique. Et puis le sifflement aigu retentissait à nouveau, comme un hurlement désespéré, et déjà les visages se fermaient, les prunelles s’humidifiaient. Les poings se serrèrent, les mains s’accrochèrent aux chevaux. Puis vint les pleurs, on se débattait lorsque les parents nous saisissaient, plaquant nos vêtements contre notre peau brûlante. Impossible de se résigner, d’accepter cette fin tragique, mais déjà les chevaux mourraient sous notre incompréhension, déjà ils regagnaient l’immobilisme le plus immonde. On était à nouveau réduit, comme des moins que rien, à peine à la hauteur de la ceinture. On traînait des pieds, on pestait, on nous secouait, on nous grondait. Et il fallait partir, abandonner ce manège enchanté, dans un ultime regard. Dans un ultime sourire. Et puis plus rien.

    Electre ... Sur le cheval ou à ses pieds ?

    --

    Parfois, j’aurais voulu m’allonger dans les creux de la lune blafarde, souriante, tout là-haut, là où toute âme s’égare à sa fin, à son nouveau commencement. J’aurais voulu balayer l’horizon du regard, confortablement installé sur ce perchoir divin, splendide, hors de portée. J’aurais voulu dissiper les nuages noirs, rôdant à mes flancs, remplis de mes cauchemars les plus atroces, d’un coup de main brusque et fluide, d’une claque violente et mauvaise. J’aurais voulu voir arriver des duvets de cotons parfaits, immaculés, venant caresser ma peau nue, effleurée par la brise glaciale du ciel. J’aurais voulu pouvoir baisser le regard, et te voir, souriant, parfait, tes cheveux noirs ondulant. Ceux dans lesquels j’aurais aimé laisser mes mains se frayer un chemin. J’aurais voulu observer tes prunelles fixées sur mes iris, j’aurais voulu qu’elles se croisent, pour ne plus se quitter. Et j’aurais voulu m’endormir sur cette vision, et sombrer, au creux de la lune blafarde, souriante, tout là-haut, où toute âme s’égare à sa fin, à son nouveau commencement.

    Le Soleil s’était évanoui, lentement, sans que rien ni personne n’ait la force de le retenir dans sa chute lente et inlassable. Comme tout à chacun disparaît, dans la tristesse et les cris, incapable de saisir la main tendu afin de le retenir désespérément, comme si lutter pouvait aboutir. On ne peut échapper à la fin, à cette mort glacée qui emplit votre esprit, le faisant sombrer peu à peu, assombrissant vos pensées, voilant votre regard anéanti. Et se débattre ne servait à rien, mise à part retourner le couteau dans vos plaies béantes, dans ces blessures que l’ennemi avait tracé douloureusement dans votre chair, comme un dessin de souffrance dont les lignes confuses formaient un schéma tragique, strillant votre peau rougie. Alors la blafarde Lune nouvelle n’apparaissait que comme un bourreau venu observer d’un regard flamboyant et moqueur votre futur cadavre, las, allongé à même le sol cramoisi, humide, sous les yeux satisfaits de la silhouette ténébreuse se tenant droite à vos côtés d’où un liquide collant s’écoule lentement de ces mains bordeaux, sales, s’écrasant au sol en un bruit morbide et si bruyant. Un sourire mauvais semblait fendre cette source lumineuse de part en part, comme un rictus du Diable en personne, une dernière vision avant le néant, avant ce soulagement, avec cette ultime demeure de bois, terriblement close, enfouie au plus profond de la Terre souillée par le sang de milliers d’autres avant vous, au plus profond de cette Terre où des milliers d’os reposent, pour l’éternité, sans aucun espoir d’apercevoir à nouveau la lumière qui les soulagerait de leurs tourments. Ce cercle aveuglant serait accompagné de nombreux autres points lumineux, des étoiles dansantes, railleuses, comme des multiples regards amusés observant la scène de leur hauteur splendide, loin de tout, loin de vous, loin de ce cœur à demi-battant qui cesse peu à peu de lutter, oubliant doucement ses forces vaines. Et il s’éteint, dans un dernier souffle de vie, dans un dernier gargouillis, loin des mélodies chantantes d’autres volatiles qui ont depuis longtemps fuis les lieux, bien avant que les coups mortels soient assenés, dans une danse douce et agressive, hachée mais fluide. Les instruments se taisent lentement, laissant leurs voix accompagner votre envol, loin d’eux, à jamais.

    Pourtant ce soir, tout était différent, quand bien même l’astre brûlant avait bel et bien disparu, abandonnant avec regret sa place, la laissant ainsi vacante, le nouveau personnage principal de ce théâtre incessant arborait un sourire protecteur, joyeux caressant de son aura blanche les quelques humains ici et là, éclairant leurs visages d’un voile lumineux, faisant ainsi luire leurs prunelles. Les étoiles valsaient à ses côtés, accompagnant nos cœurs battant à l’unisson, follement, comme des spectateurs ondulant dans cet air électrique. La lune éclairait le monde, d’une lumière apaisante, éblouissante, parfaite. Malgré l’obscurité ambiante, il était aisé de distinguer ceux qui marchaient à mes côtés, je pouvais apercevoir les moindres détails de leur physiologie, lançant un regard en coin vers ces quelques inconnus m’accompagnant dans ma marche lente et régulière. Peut-être était-ce dû à l’entraînement intensif que l’on m’avait fait suivre ? J’ignorais, pour moi, c’était devenu normal. Et la normalité n’avait aucune place dans ce monde, dans mon âme, dans mon cœur. La banalité ne pouvait plus exister, dans cet univers où un phénomène immonde faisait rage, comme une guerre voulu éternelle, comme la sainte punition de notre espèce. Je devais anéantir mes frères, mes sœurs, corrompues par ce mal du diable en personne, comme un poison acide courant dans leurs veines étroites, brûlées. C’était pour le bien de tous, pour le bien de Lucan, que je m’étais engagé sur la voix qui dictait maintenant mes pas. Être devenu traqueur était l’un des seuls évènements qui avaient su m’arracher un sourire sincère, désiré. Mes talons battaient le sol noir à un rythme ralenti, les mains dans les poches, j’étais perdu, comme toujours, depuis que Lucan était parti, loin de tout, loin de moi. Depuis que ce vide s’était installé, il y a 18 ans déjà. Déjà tant d’années que je le cherchai, presque en vain, l’espoir mourrait un peu plus chaque jour, comme des pétales quittant une rose fanée. Un soupir las m’échappa lentement, s’extirpant de ma gorge comme avec habitude.

    Des inconnus virevoltaient autour de moi, parfois même ils me bousculaient, je ne prenais même pas la peine d’écouter leurs excuses hypocrites qui m’ennuyaient plus qu’autre chose, de leurs regards mauvais, pitoyables. Je marchai. Sans but. Sans rien. Mes prunelles cramoisies fixées vers l’horizon incertain, sans aucune flamme dansante, sans aucune humanité. Il n’y avait vraiment rien à faire dans ce monde, du moins rien qui puisse me plaire. Il n’y avait que lui, que lui, que lui. Je voulais tellement le retrouver, tellement l’aimer, tellement l’enlacer. Il ne me restait de lui qu’une vision floue et torturée, un sourire à demi-effacé, une chaleur glacée qui chaque seconde passante semblait être victime d’une morsure avide et violente, celle de l’oubli. La place grouillait vraiment de monde ce soir, je détestais la foule. J’avais l’impression de m’y perdre, à jamais, sans pouvoir y échapper. C’était un gouffre obscur, sans fond, où les cris pouvaient se répercuter pendant des siècles avant de s’éteindre douloureusement.

    Puis j’ai levé les yeux. Et je t’ai vu. Tu étais si beau, mon amour. Mon cœur mort s’emballa soudainement, une décharge électrique fit trembler mon corps entier, victime de la foudre, tout droit tombée d’un nuage ténébreux. Je rêve, c’est ça ? Suis-je si désespéré que ça, suis-je devenu fou avec le temps ? Tellement que mon propre cerveau répond à mon appel au secours et fait miroiter devant mes yeux une magnifique illusion ? Je n’y croyais pas, à vrai dire j’avais fini par abandonner l’idée de saisir ma chance. C’était devenu une utopie tragique. Ma voix s’éleva doucement, comme un appel plaintif, comme pour me rassurer, me convaincre :

    « Oh Lucan ... »

    Et ton regard croisa le mien, entier, je tressaillis. Il n’y a qu’avec toi que j’ai l’impression d’être vivant. Et même si tu n’étais qu’illusion, l’espoir revint, comme la drogue dont j’ai toujours aimé la présence dans mon sang qui, pour toi, serait prêt à gicler. Mes iris plantées dans les tiennes, comme si jamais elles n’allaient se séparer à nouveau, mes lèvres fines s’étirèrent, en un sourire qui jamais n’avait peint mon visage auparavant.

    « Enfin. Je t’ai trouvé. »


Dernière édition par Electre Nocturnys le Lun 25 Oct - 11:43, édité 1 fois
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Lucan Nocturnys
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♠ Karnevale : Peut contrôler la température de n'importe quelle structure par simple contact. Ainsi, il peut transformer l'eau en glace, ou au contraire la faire bouillir. Ce pouvoir est exténuant s'il est utilisé trop fréquemment.
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Lait.

MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Dim 24 Oct - 4:10


    « Eh ! Lu’ ! Dépêche-toi ! »
    Je tournai vivement la tête, l’air agacé et un sourire immense collé au visage. Je mis mes mains dans les poches et creusai légèrement le dos, me lançant dans un énorme soupir.
    « Tu marches trop vite pour une gamine ! »

Je trottinai sur le chemin de pierre et ébouriffai cette touffe de cheveux blonds arrivant à peine au milieu de mon torse. Elle se contenta de me faire une grimace. Évidemment, elle allait me réprimander. Avec seulement 8 ans de différence, elle était toujours là pour me rappeler que j’étais le vrai gamin, non pas que ça me dérange vraiment. Ah, oui, c’est bien huit ans de moins que moi, tout juste quinze ans. Bref, elle est tout de même très en avance pour son âge. On ne peut pas vraiment lui en vouloir, Elya est née à Karnevale Avenue. Naître ou vivre là-bas… C’est comme venir d’un autre univers, vraiment. Aujourd’hui, c’est la toute première fois que je sors de mon cocon qu’est K.A. , je me sens complètement perdu.
Un coup de coude ferme me ramena à la réalité : un jeune homme aux cheveux châtains me fixait d’un air grave. Pas de panique, je n’avais rien fait de mal, c’était juste son regard habituel. J’ajustai ma casquette et lui rendit un tendre sourire. Non, et heureusement, nous n’étions que trois à avoir osé franchir les frontières de notre chaleureuse ville : cette jolie petite blonde, un grand garçon aux cheveux noisette… Et moi. Nous trottinions tels des chatons abandonnés à la recherche d’aventure. Enfin, c’était pour cette raison que j’avais accepté de venir. Cette petite peste d’Elya en avait décidé autrement, et elle n’hésitait pas à me tirer la manche pour me faire avancer plus vite. J’adore les gens sans-gêne.
« Mon cousin va bientôt fermer ! Franchement, tu le fais exprès de traîner des pieds ! D’habitude t’es le premier à faire la course… »
Elle me refit la grimace. Et, juste pour l’énerver, je lui fis un grand sourire tout en haussant des épaules. Ce fut une réussite : elle me frappa de son poing trop musclé dans l’épaule droite. Je fis semblant de souffrir le martyr et, éventuellement, on en finit par en rire. J’arriverais presque à en oublier la raison pour laquelle nous sommes venus ici. C’est vrai, la fausse blonde voulait qu’on aille voir son cousin confiseur. Apparemment il aurait des « surprises » à nous montrer, quelque chose qu’il aurait inventé visiblement. Cela ne m’intéressait qu’à moitié : voir un savant fou traficoter du glucose et du caoutchouc… D’ailleurs, j’en profitai pour jeter un regard curieux à ce jeune Greivh, le grand châtain. Qu’est-ce qui pouvait bien l’amener à vouloir venir ici ? Je n’ai jamais réussi à le comprendre, ni à lui faire décrocher un sourire d’ailleurs. Il a du avoir un pouvoir nul, je vois que ça, ou se faire maltraiter pendant son enfance… En gros, ce gars restera certainement un mystère pour moi. Je détournai le regard et me concentrai sur cette avenue qui n’en finissait pas. Jusqu’à aujourd’hui, j’avais toujours cru qu’il n’existait qu’un seul rayon de soleil sur Sphera, et que celui-ci s’était arrêté sur Karnevale Avenue. Désormais, en voyant la joie qui s’affichait sur les visages des Almenthysiens, je découvre avec surprise que je me trompais royalement depuis tout ce temps. Même à cette heure-ci, les rues sont animées avec une chaleur qui m’envoutait légèrement. Une ambiance sonore s’était emparée de l’endroit, et on sentait presque la gaieté provenant du cœur des passants. J’avais presque envie de m’attendrir devant ce paysage parfait, mais la blondasse m’obligeait d’avancer à m’en arracher le bras. Soudain, elle s’arrêta net, provoquant mon léger trébuchement ainsi qu’un juron bien placé. Alors que je m’apprêtai à la taquiner, elle se tourna vers moi, d’un air que je ne lui reconnus pas.
    « Y a un traqueur. »


Je sentis brusquement mon corps s’emparer d’un long frisson, conscient du danger imminent. « Traqueur »… J’avais entendu plusieurs fois ce mot : dans les bars quand tout le monde est soûl, dans les ruelles avec des mendiants qui vous attrapent le poignet en vous menaçant que les traqueurs viendront vous chercher. Je les fixais toujours de cet air dégoûté avant de m’éloigner. Peu de gens connaissent l’existence des traqueurs, peut-être bien que ce n’était même pas censé être divulgué au « grand public ». Le peu d’informations que l’on a obtenu d’eux était qu’il fallait absolument les éviter, surtout ceux dont le Karnevale est très, voire trop voyant. Bref, je n’avais pas du tout à m’inquiéter pour moi, il était impossible de se douter de quoique ce soit. Je posai doucement ma main sur l’épaule d’Elya et lui murmura doucement : « Eh… Ça va ?... »
Elle secoua la tête et se tourna brusquement vers moi, les sourcils froncés.
« Prenons un autre chemin avant que je me défoule sur lui ! »
A peine avais-je entrouvert mes lèvres qu’elle s’était engagée dans une petite ruelle entre deux bâtiments, suivie de son fidèle et mystérieux Greivh. La curiosité semblait brûler en moi et je me mordis la lèvre inférieure, frustré. Je n’osais pas faire le moindre pas, mes jambes refusaient de bouger. Seules mes lèvres s’entrouvraient, puis se fermaient, ne produisant pas le moindre misérable son. Je finis heureusement par interpeller mon amie, la voix légèrement tremblante et un sourire de défi s’étirant sur toute sa largeur.
« M-Montre-le moi ! Je veux le voir. »
Je ne sais pas durant combien de temps elle m’adressa ce regard empli de haine, mais il me parut durer une éternité. Je ne l’avais jamais vu autant en colère. Il est vrai que c’était un sujet à ne surtout pas aborder avec elle, au risque de la voir de mauvaise humeur toute la journée, c’en était vraiment insupportable. Avant même que je l’eus remarqué, elle s’approcha de moi, marchant tel un robot auquel on aurait donné un ordre, puis pointa sans aucune gêne un individu dans la foule. Je suivis instinctivement la direction qu’elle m’offrit, gardant le regard tourné vers elle. Malheureusement, elle disparut une poignée de secondes plus tard, ne laissant derrière elle que le noir complet. Mes yeux repartirent à la recherche du monstre, de la créature traquant ce que nous étions. J’étais tout excité à vrai dire, c’était la première fois que j’en voyais un. Si je parviens à être assez malin, je pourrais même engager la conversation avec lui, et lui poser toutes sortes de questions sur son travail si honnête. Je trépignais d’impatience tel un gosse auquel on allait donner un jouet. Mes pas se rapprochèrent de lui, mais je ne voyais strictement rien. Tout était devenu plus sombre, moins chatoyant. Me glisser au milieu des clients potentiels de tous ces arnaqueurs m’étouffait, mais ma cible n’était plus très loin désormais. Lorsque je fus assez près, d’environ quelques mètres, je m’aperçus enfin qu’il était de dos. Tout ce que j’arrivais à distinguer, c’était cet insigne sur ce blouson, accompagné de cheveux bruns assez soignés. C’était à ça que ressemblait ces êtres terribles et sans cœur ? Un sourire figé se glissa discrètement sur mes lèvres, quelle ironie. Ce type ne devait même pas être plus grand que moi. Il n’avait pas l’air vieux non plus. C’était donc avec ça que l’empereur tenterait de nous attraper ? C’est une blague non, il faut rire ? Pour le moment, je me satisferais d’un simple ricanement. Je me glissai lentement derrière lui, tel un prédateur guettant son gibier. Seulement, le prédateur ne se fait pas brutalement bousculer par la foule maladroite et ne se retrouve pas juste en face de son gibier, l’air apeuré. Oui, c’était exactement ce qu’il venait de m’arriver. Je me fis carrément éjecter de cette stupide masse, trébuchai, et enfin me retrouvai comme un idiot droit devant ma victime. Quel malheur. La honte prit soudainement possession de mon esprit et je n’osai même pas regarder droit devant moi. Je cherchais les mots, les expressions, quelque chose de censé afin d’expliquer ma situation. Qu’est-ce que je me détestais dans ces moments là… Je n’aurais jamais du suivre ce mec, j’aurais du resté avec Elya et l’autre, on se serait sûrement bien marré… Mes mains s’enfoncèrent dans mes poches au point de les traverser, si cela était possible. Je ne savais plus quoi faire pour passer à autre chose, je devrais même m’enfuir, oui ce serait sûrement...
    « Oh Lucan… »

Mes muscles tressaillirent, je n’arrivais plus à rester immobile. L’inconnu avait prononcé mon nom, d’une manière si naturelle, c’en était presque inquiétant. Je n’attendis pas une minute de plus et levai mon visage intrigué vers lui. Ce n’était pas la première fois que je me regardais dans un miroir. Mais, pourquoi mon reflet me paraissait pourtant si différent ? Si proche ? Je sentis mes yeux trembler, vides, dans un état second. Mes lèvres articulaient des mots, mais tous restèrent muets. Il n’y avait plus rien autour de moi, mon corps s’était vidé de toute sensation. La chaleur, le froid, tout s’était déjà envolé ? Je pouvais toujours voir, observer, analyser ce qu’on m’offrait devant moi : mon double, mon sosie, presque ma moitié. Mes sens furent si perturbés que je me serais cru dans un rêve, ou un cauchemar, qui sait. Pourtant, le sourire qui m’était donné d’apercevoir était si réel, si sincère qu’il me donnait envie de pleurer, comme avant. Je devais reprendre conscience, vite, avant que le rêve ne s’efface à tout jamais. Ma main cherchait désespérément un appui solide sur lequel elle pourrait se rapprocher du réel. Par chance, elle trouva cette épaule rassurante, douce, familière… Je la serrais de toutes mes forces, encore perturbé, chamboulé. Tout était si flou, je n’entendais plus rien autour de moi, je n’étais devenu qu’un simple acteur muet.
« E-Electre. »
Je lâchais comme un poids soutenant mon cœur, tout me sembla plus facile soudainement. Prononcer son nom, cela me rappelait tout ce que l’on m’avait interdit auparavant, tout ce qui m’était tabou. J’avais enfin enfreint l’impossible, l’inconcevable. Je venais de rencontrer mon frère. Celui dont l’existence avait été presque reniée, s’était effacée peu à peu. Avant même que je m’en rende compte, mon corps vint se nicher contre le sien, et je me surpris même à glisser tendrement mes bras autour de son cou. Ce contact, cette odeur, cette chaleur… Depuis combien de temps m’avait-elle quittée ? Je ne me souviens plus. Tout ce qui m’importait pour le moment, c’était de rester contre lui. J’étais toujours persuadé qu’il pouvait disparaître à n’importe quel moment. Si je le serrais contre moi, alors je partirais avec lui. Cet idiot.
« Electre… »
Prononcer son nom semblait comme une véritable délivrance, j’étais enfin libre. Ce vide, cet horrible sentiment de culpabilité qui me guettait depuis tout ce temps. C’était à cause de lui. J’espère qu’il se fera pardonner comme il se le doit. Je suis devenu très exigeant depuis tout ce temps, il le sait au moins ? Il le saura. Je ne le lâche plus, plus rien n’a d’importance... Plus rien mais… « Traqueur ». Ce mot me fit presque sursauter. Je ne contrôlais plus mes pensées, la présence de cet idiot de frère… De ce traqueur… Je refusais de le lâcher pourtant, malgré mes tremblements incessants. C’était impossible qu’il m’ait trahi. Un reflet ne fait que copier l’original, pas vrai ? Il avait sûrement vagabondé un peu, comme moi. Il n’avait pas fait cette erreur là, n’est-ce pas? Je me laissai reculer, péniblement, une nouvelle blessure s’ouvrant au plus profond de moi. Ça fait mal, il le sait ça ? Je gardai mes mains fermement sur ses épaules, mon regard cherchant le sien, le cherchant désespérément. Est-ce que j’avais vraiment trouvé ce que je voulais ?
    « C… C’est quoi… »
    Ma main droite empoigna son blouson, précisément à l’endroit où brillait sûrement sa fierté, ce blason, cet insigne prouvant son imposture, sa trahison envers moi.
    « … Ce truc… »
    Je le relâchai et reculai, me massant douloureusement le front. Je refusai de le croire. J’avais mal vu, c’est ça ? J’étais encore devenu sourd, muet, aveugle ? Je ne savais plus, j’étais perdu. Mon regard le suppliait, le suppliait de m’expliquer, de me dire pourquoi. Je ne comprenais rien.

J’aurais mieux fait de rester avec les autres.
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Dim 24 Oct - 15:08

    https://www.youtube.com/watch?v=miVVEuiDjkQ




      You clear my mind
      You’re my escape
      From this messed up place
      ‘Cause you let me forget
      You numb my pain
      You’re better than drugs
      Your love is like wine
      Feel you comin’ on so fast
      Feel you comin’ to get me high
      You’re better than drugs
      Addicted for life
      Feel you comin’ on so fast
      Feel you comin’ on to get me high

    Mon regard était doux, tendre. Presque émerveillé à vrai dire, face à tant de beauté, tant de magnificence concentrée en un point visible, dans un carré étroit que l’on m’offrait à bout de bras, presque sur un plateau d’argent où apparaissaient déjà quelques traces de gel, destructeur. Il effleurait le paysage, celui où dansait la neige, ou pleuvaient d’un air somptueux les quelques rayons du Soleil parfait qui éclairaient l’horizon. Ils tombaient du ciel, celui immense dans lequel je croyais me perdre tous les soirs, lorsque je le contemplais dans air attendri, face à cette immensité sans nom dans laquelle tu évoluais aussi, mon amour. Ce monde dans lequel tu m’attendrais peut-être un jour, guettant un baiser, une caresse, un regard, un sourire du coin de l’œil, avec envie, impatience. Les flocons semblaient scintiller à la lumière de l’astre brûlant, je plissais les yeux, ça éblouissait un peu il fallait avouer, par ces points dérivant dans l’air sans point d’attache, sans but, traçant des courbes déstructurées, anguleuses. Les arbres ne bougeaient pas, la chaleur était trop inexistante pour les faire s’animer, alors ils m’observaient de leurs yeux, vivants, pendant que moi, je regardais d’un air loin cet environnement étrange, irréel, tout droit sorti de mes songes. Nous sommes faits de nos rêves, de cette matière magmatique, visqueuse, sombre. Un vent froid vint faire s’agiter mes cheveux noirs, il glaçait mon corps dans un craquement, une fissure, une cassure. Non, à vrai dire, je ne sais pas, le fil des mots s’était brisé, et l’encre cramoisi venait se déverser sur le sol impur, souillé, rouge. L’histoire s’arrête soudain. Dans un silence morbide. Plus un souffle, plus un chuchotement. Rien. Même le vent s’est tu, il a délicatement fermé la bouche, il n’articule plus, et maintenant il attend sagement son tour. Il guette la mort qui rode, armée de sa faux légendaire, de sa cape recouvrait son visage squelettique. Il retient sa respiration. Dans un dernier effort. C’est bizarre. Je commence à avoir peur, j’ai peur d’avoir peur. Mes bras ne réagissaient pas, mes jambes non plus. Rien. Les arbres devenaient ombres, les flocons devenaient pics aiguisés. Mon regard n’était plus doux, plus tendre, non, il était vague, sans aucune lueur. Paupières closes, j’affrontais la suite. Avec méfiance, avec frayeur, avec ce je ne sais quoi qui faisait battre mon cœur à tout rompre, affolé, irrigué de stress. Et puis, je me réveillai, tout du moins l’écran ténébreux de mes paupières quitta son emplacement protecteur, rapidement, avec peine presque, comme pour retenir ce qui se produisait face à notre incompréhension à tout deux, face à ce désir que nous avions cru devoir oublier. Mes iris rouges furent prises d’assaut par l’obscurité éblouissante, celle qui n’avait jamais quitté les lieux où je me trouvais depuis maintenant quelques heures, passées à marcher sans ressentir le vent battre mes côtes, elles caressèrent les pavés de la rue, ceux gris qui semblaient former un énorme et immense puzzle dont chaque pas, chaque talon frappé, bougerait les pièces, dans un bruit sourd de déplacement. Oui j’avais fermé les yeux, par pure peur du réel, par pure peur de l’illusion qui doucement meurt dans mon esprit, dans un ultime cri atroce, dans un dernier coup mortel. Et puis, plus rien. J’avais peur, tellement peur, j’étais presque terrorisé, moi, un traqueur entraîné au combat, à l’épreuve, à la mort. Que tu ne sois pas vraiment en face de moi mon amour, que ce ne soit pas ce sourire que j’avais tant cherché qui me répondait. Bordel, ce que j’ai pu attendre ce moment. Maintenant, j’avais peur qu’il ne prenne fin beaucoup trop tôt, je voulais pouvoir poursuivre ce rêve fou qu’un jour j’avais choisi comme destinée, je voulais pouvoir enfin être heureux, avec toi bordel. Je voulais que ce sourire, ce soit moi qui le dessine sur tes lèvres fines et rosées, je voulais que ça soit moi qui dicte le rythme de ton cœur s’affolant au moindre de mes gestes. Mais ça, je doute que tu le comprennes.

    Ma respiration s’était coupée, mon torse mince devint immobile, pourtant je n’en ressentais pas les conséquences dangereuses de cet arrêt brutal, cette sensation de tête qui tourne, cette vision qui devient peu à peu floue jusqu’à s’estomper doucement. J’étais concentré sur toi, toi et toi seul. Personne d’autres au monde ne pouvait générer telle réaction sur moi, sur mon corps, sur mon âme. Sur mon cœur. Lucan, tu étais mon oxygène, celui pour qui j’osais vivais, celui pour qui j’avais décidé de me battre cette nuit noire d’hiver, quand des flocons meurtriers battaient les vitres, quand le noir gluant coagulait dans ce ciel hostile qui ne provoquait que mon dégoût, quand plus aucune humanité décente n’habitait le gosse torturé que j’étais, quand je croyais que la fin était proche, et que la mort serait mienne. On avait arraché mon innocence, de ces mains moites de sang, ces mains baladeuses sur cette peau déchirée, sanguinolente. Longtemps, lorsque la souffrance dictait mon quotidien, lorsque ces hommes vêtus de noirs venaient à ma rencontre avec ce sourire malsain que je haïssais tant, j’aurais voulu me jeter dans tes bras, en pleurs, j’aurais voulu crier jusqu’à en cracher du sang, un sourire accroché aux lèvres, un rictus de bonheur à l’état pur, tremblant, fragile. J’aurais voulu sentir ta chaleur bouillonnante animer le cadavre que je devenais peu à peu, sous ces coups assénés à répétition jusqu’à en devenir une banalité immonde qui ne m’arrachait plus que des gémissements plaintifs, jamais plus des cris stridents de douleur. Si tu savais, tout ce que j’ai enduré sans toi, lorsque tu étais parti, lorsque ce monstre t’a emmené. Oh putain, si tu savais ... Je n’arriverai jamais à oublier, je vois en chacun le regard pitoyable de mes bourreaux. Tu es le seul à être resté parfait. Je crois que, même pour toi, je ne suis plus pur. Ca me détruit, je pense. Serais-tu là pour panser mes plaies ? Celles béantes d’où s’écoule le souffle vital de mon âme.

    Et tu as saisi mon épaule alors que je n’espèrerai plus, alors que je n’en avais plus les forces. Et tu as prononcé mon prénom dans une mélodie si parfaite que j’ai cru fondre en larmes, comme le gosse de cinq ans que tu avais connu, comme cet être protecteur qui t’avait enlacé une dernière fois avant de te voir l’abandonner. On m’avait appris à contrôler mes émotions pendant cet entraînement intensif qui m’avait métamorphosé, alors je me contentai de sourire béatement, cette expression dessinée d’un coup de pinceau appliqué et aimant, face à ta perfection divine, face à ce rêve que tu avais su animer dans mon esprit pendant 18 ans. Et tu t’es avancé, alors que jamais je t’en aurais cru capable. Je t’aime tellement, depuis tout ce temps, toutes ces années à attendre, en vain presque. Et puis maintenant, c’était comme si enfin Dieu existait, enfin il reconnaissait ma peine, enfin, il prenait conscience de mon existence, qu’il avait pourtant renié. L’une de mes mains vint effleurer tes omoplates dans une caresse tendre, tandis que l’autre se frayait un chemin dans tes cheveux ténébreux, je resserrais l’étreinte à la limite du possible, pour sentir cette chaleur, cette odeur, cette présence que j’avais tant rêvé d’approcher. Tu murmuras à nouveau mon prénom, de cette voix divine. Je serrais des dents, retenant avec peine quelques sanglots dans ma gorge. Ils n’attendaient que ça, jaillir, laisser couler des larmes brûlantes le longs de mes joues pâles. Je laissai filer quelques secondes, le temps de profiter de ce temps qui défiait les règles définies, de sombrer dans ce bonheur que je n’avais fait qu’apercevoir la silhouette torturée depuis tout ce temps. Inspirant profondément, brisant l’étreinte, reculant pour planter mon regard rouge vif dans le tien, je me surpris à oser parler, à oser affronter ces pleurs qui se battaient en duel dans mon esprit :

    « Oh Lucan ... Si tu savais comme j’ai attendu ce moment. Depuis tout ce temps, que je te cherche. »

    Je refusai de te quitter à nouveau, pas maintenant, surtout pas. Enfin, j’avais réussi, il était hors de question de te laisser m’abandonner à nouveau, pas maintenant, plus maintenant. Pourtant, ton regard changea, ton expression aussi. Ce n’était plus du bonheur qui était peint sur tes traits parfaits, non. C’était le désespoir, l’incompréhension, le dégoût presque. Je ne comprenais pas, je ne voulais pas comprendre à vrai dire. Mes prunelles s’écarquillèrent quelque peu, te fixant, sans la moindre cesse. Impossible de détourner le regard, de cette main qui saisit mon blouson arboré avec fierté du blason des traqueurs, ce métier que j’avais dessiné de choisir comme avenir, celui que l’on partagerait tout les deux, ensemble, à jamais, comme pour nous venger de ce que l’on nous avait fait subir. Ta voix se faisait torturée, fragile, haineuse. Je me tu, la gorge serrée, incapable d’articuler le moindre mot. Tu reculas, presque pour me rejeter, pour me renier à nouveau. Mon cœur se brisa, et la souffrance emplit à nouveau mes pensées, elle réintégra le liquide de vie qui se nichait dans mes veines bleutées. Tu avais l’air de me supplier mon amour, mais ce n’était pas ça que j’avais tant désiré, pas ce début que je souhaitais. Alors, dans un geste rapide, tellement fluide, gracieux,, je saisis l’une des tes mains que je portai et posai sur l’une de mes joues, essuyant par la même occasion une larme solitaire qui avait laissé un chemin humide sur ma peau. Dans une voix fébrile, mon regard plongé dans le tien, j’ouvrais la bouche, prononçant quelques mots dans une voix plus aiguë que d’habitude :

    « C’est pour toi que je l’ai fais, pour toi que je suis devenu Traqueur, pour anéantir ce qui nous a séparé. Pour que l’on puisse vivre dans un monde meilleur toi et moi, ensemble, oh Lucan, je t’ai tellement cherché. Tellement. »

    Je lui adressai un sourire des plus magnifiques, voulu réparateur, convaincant, tandis que ma vision se brouillait peu à peu, sujette à ses larmes de bonheur, celles brûlantes qui ruisselaient déjà sans que je ne puisse les retenir. Pourtant, je ne savais pas si c’était un beau fleuve tranquille qui se profilait sur l’horizon de notre futur, non, à ce moment, je voyais déjà les guerriers armés jusqu’aux dents, venus lacérer notre amour, notre idylle, celle que tu semblais briser de tes poings. Saisissant ses mains, laissant mes doigts s’entrelacer aux siens, les effleurant tendrement dans une caresse infime, je commençais à marcher, loin de cette foule qui nous observait, de ces centaines de regards misérables plantées sur nos nuques. Mes pas se faisaient rapides, décidés, amoureux, pressés de quitter cet environnement oppressant, étouffant.

    « Suis-moi. Il y a trop de monde ici. »


Dernière édition par Electre Nocturnys le Lun 25 Oct - 11:44, édité 1 fois
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Lucan Nocturnys
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Dim 24 Oct - 22:21


Je n’avais jamais senti une telle confusion. Chaque contact avec lui semblait littéralement me brûler de l’intérieur. La haine, l’amour d’un frère, tout se mélangeait et s’extirpait afin de ne pouvoir former qu’une seule et unique émotion. Je lui avais supplié, mettant ma stupide fierté de côté. Je n’avais encore jamais vu un regard aussi touchant, aussi sincère. J’étais si mal à l’aise à cause de lui… Et si heureux… Electre n’est pas n’importe qui. Je le sens si différent de moi, et vraiment plus mature. Je n’ai l’impression que d’être un minuscule grain de sable à côté de lui. Depuis tout ce temps, je ne l’ai jamais considéré comme un simple sosie, mais comme un grand frère rassurant et aimant. Je ne peux pas, je ne pourrais jamais me montrer hostile envers lui. Sa présence me sera toujours chaleureuse, unique à mes yeux. Je me demande si c’est cela qui m’attire vers lui tel un aimant ? Je voulais tellement en savoir plus sur lui, connaître les moindres détails de sa vie. Toutes ces questions grouillaient en moi tel un volcan prêt à exploser. Je n’étais sûrement pas le seul à être impatient, puisque je sentis ses mots s’embrouiller, se répéter. Il m’avait donc cherché. Une réflexion hypocrite, malhonnête, j’en avais honte déjà, se mit à grandir dans mes pensées : m’avait-il cherché en tant que traqueur ? Ou en tant que frère ? J’avais envie de le taquiner, de lui poser la question, juste pour voir. Mais mes jambes tremblaient déjà trop. Je ne le détestais pas, je ne le repoussais pas. Il disait faire ça pour moi… Et ce contact, sa joue. La température extérieure avoisinait à peine les cinq degrés, alors pourquoi ta joue était-elle si chaude, si accueillante ? Une partie de moi, celle en tant que frère sûrement, me criait de me jeter contre lui, de lui murmurer la douleur que m’a fait connaître sa terrible absence. L’autre me hurlait de lui mettre une droite, en tant que Karnevalien, en tant que simple personne. J’en étais incapable, il était au moins aussi perturbé, aussi heureux que moi. Je détestais ça, me sentir faible, honteux face à quelqu’un. Il deviendrait sûrement une exception, et je me ferais balader par le bout du nez. Mes joues s’étaient enflammées, et mon regard formaient des va-et-vient entre le sol et lui. Je devais ressembler à une stupide écolière à laquelle on aurait déclaré sa flamme.
Sa main dans la mienne, ses doigts caressant tendrement les miens, rien n’arrangeait la situation. Tout était devenu… Trop bizarre, trop étrange pour me paraître logique et réel. Mon frère se comportait comme un prince sauvant sa princesse. Je ne le supportais pas, je ne l’accepterais pas. Il n’avait bien sûr répondu à aucune de mes questions. Son bla-bla inutile ne m’impressionnerait plus. Je ne veux ni être méchant, ni être égoïste. La chose que je souhaitais le plus, c’était être honnête avec lui. Malgré mes pensées réservées, je continuais à le suivre, tel aspiré par ses pas. Pourtant, il n’avait pas tort. Parler ici n’était… Comment dire ? Peu commode ? La foule s’était emparée de notre espace vital, il était impossible de discuter. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de me poser toutes ces questions : où m’emmenait-il ? Par réflexe, je m’arrêtais sur le champ, le forçant à stopper sa marche déterminée. Je passai rapidement une main confuse dans mes cheveux, n’osant pas affronter son regard. Je m’approchai de lui, une lueur d’inquiétude brillant dans mes iris.
    « Attends… Restons là quelques minutes… J’ai des questions à te poser. Écoute-moi jusqu’au bon s’il te plaît. »
    Je soupirai, reprenant peu à peu mon souffle et mon courage. Il ne se doutait vraiment de rien j’imagine. Je baissai le ton de ma voix, redoutant les oreilles trop curieuses autour de nous.
    « Tu dis faire tout ça pour moi… Pour nous deux… » Un rictus maladroit se forma sur mes lèvres. « Arrête de dire ce genre de trucs, j’ai l’impression que t’es obsédé par moi ! »
    Mon sourire s’agrandit légèrement, sur le ton de la plaisanterie. Je disais ça uniquement pour le mettre un peu plus à l’aise. Même dans ces moments j’aime plaisanter, quel fourbe.
    « Et puis… Ah, d’habitude c’est pas le genre de détails qui m’inquiète, mais là… » Je me mordis la lèvre inférieure, perdu dans mes pensées. Je n’osais toujours pas le regarder, il devait me prendre pour un fou. Tant pis, il devra faire avec. Je soupirai une bonne fois pour toute et me lançai :
    « Tu es devenu un traqueur… Je ne comprends pas pourquoi tu as fait ça. Je ne bougerais pas d’ici tant que je n’aurais pas eu de véritable explication. Tu sais pourquoi je m’acharne là-dessus ? Parce que… Quand j’avais cinq ans, Papa m’a emmené à Karnevale Avenue avec lui. Et… A treize ans, mon Karnevale a commencé à se développer. Je suis comme eux, et je ne peux comprendre ce que tu ressens, encore moins l’approuver. »

Je déglutis et repris ma respiration, choqué par mes propres paroles. Et si son travail le prenait plus à cœur que ce que je croyais ? Il n’oserait pas m’attaquer, pas une seule seconde. Je suis prêt à l’assumer, j’ai eu 18 années pour faire face à ça. Je ne me laisserais pas faire, ma vie future m’attend, dans ma véritable ville, Karnevale Avenue. Je lui lançai un regard de défi, un sourire en coin se formant sur mes fines lèvres.
« Tu peux faire ton boulot de traqueur ! Vas-y ! Je suis prêt à me défendre. »
Je glissai instinctivement sa main dans mon blouson, cherchant à tâtons mon couteau suisse. Je me contrefichais des conséquences que cela pourrait avoir, de se battre ici avec mon propre frère. Je voulais juste me prouver que je faisais bien partie de cette communauté, je leur suis fidèle, je ne m’allierais jamais avec un traître. Jamais.
Je fronçai les sourcils, sortant doucement mon couteau suisse.
Montre-moi ce que tu vaux, Electre…


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♠ Karnevale : « J'étais là tu vois, lui à côté de moi. Et je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus, j'en croyais pas mes yeux. Et lui qui me disait ; " J'suis un dur. Tu vois les brûlures là sur mes bras ? J'les sens pas ... J'les sens pas. " J'étais là, j'ai rien dis, et puis j'suis parti de chez lui. Si j'y suis retourné ? Plus jamais ... Plus jamais. » ; CONTRÔLE DU SANG.
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Lun 25 Oct - 0:13

    https://www.youtube.com/watch?v=uCUpvTMis-Y&ob=av3e

    KISS ME YOU ANIMAL !

    « I never said I'd lie and wait forever
    If I died, we'd be together
    I can't always just forget her
    But she could try

    At the end of the world
    Or the last thing I see
    You are
    Never coming home
    Never coming home
    Could I? Should I?
    And all the things that you never ever told me
    And all the smiles that are ever ever...
    Ever...
    »

    Il existait encore des soirs, quelques peu rares il fallait avouer, où je rêvais. Doucement, j’entends, honnêtement, tendrement, le regard planté dans le ciel, celui qui s’assombrit au fil des heures, comme changeant de visage, de facette, chacune des plus magnifiques, accueillantes. Grandioses. Il était imprévisible, à mon image, j’avais l’impression de m’y reconnaître. Je me surprenais presque à sourire, de manière mélancolique, à me dire qu’un jour je la rejoindrai, cette immensité rayonnante, absorber par sa puissance protectrice, cette hauteur divine. Qu’un jour je mourrai au combat, après avoir accompli ma quête, après avoir été aimé et avoir aimé. Mais il y avait d’autres nuits, beaucoup plus fréquentes quant à elles, qui semblait hanter mes moments de répits. Combien de temps allais-je rester immobile, mon corps à la peau nue, naïvement protégé par un drap blanc et fin ? Combien de nuits noires allais-je devoir supporter des tourments profonds qui broyaient mon âme ? Des visages anonymes mais déformés par un masque de souffrance, des silhouettes démembrées et torturées, oui, tant d’images défilant sur l’écran noir et supposé protecteur de mes paupières qui dissimulaient mon regard cramoisi. Telles étaient les visions qui se propageaient chaque jour un peu plus dans mon esprit, lorsque parfois l’image de Lucan laissait sa place, si généreusement. Quelle douce ironie. Les cauchemars n’étaient que cri, douleur, massacre. La vraie image de l’espèce humaine ? C’est ça ouais. La souffrance de ces « pauvres » individus dont j’avais juré la perte, dont l’Empereur voulait, dans ces accès de colère, trancher la moindre tête. Mais ces pauvres cons étaient vraiment partout, oui, ils étaient beaucoup trop présents, beaucoup trop sadiques, eux aussi, à venir déchirer le mental, pourtant d’acier, d’un être désirant l’avenir de notre espèce. Tcht. Je n’en pouvais plus. Oui, je voulais me perdre dans mon aventure, dans l’oubli le plus total. Il m’arrivait souvent de soupirer, tandis que mes doigts fins venaient effleurer mes lèvres rosées, celles qui, quelques secondes auparavant, étaient tailladées par mes crocs, jusqu’à ce qu’un léger filet de sang s’écoule des plaies ainsi dessinées sur ma peau rougie. Mais je me perdais, chaque jour un peu plus. Et ce n’était pas le soulagement attendu ...

    Je marchai vite, un peu trop vite je crois, mes cheveux noirs ondulaient, caressaient ma nuque doucement, je n’y prêtais pas attention, ne prenant même pas le temps de frissonner imperceptiblement. C’était terriblement superflu à ce moment là. Je ne prenais pas la peine non plus de l’observer, j’en avais peur et à la fois envie. Assez étrange, non ? Tss. Tout était trop irréel. Tant d’années passées à le chercher pour ce résultat, pour cette rencontre bien précise dont je ne maîtrisai pas les ficelles. Non, au contraire, je n’étais que le pantin qu’un marionnettiste s’amusait à faire agir, parler, je n’étais qu’une poupée sans âme ni conscience, jouet d’un être beaucoup trop puissant, trop invisible, pour laisser ses mains transpercer le ciel, laissant flagrant les fils reliés à mes membres faits de matériaux inhumains, rigides, sans vie. Il stoppa ma course folle, brisé, mes talons se plantèrent dans le sol violemment, silencieusement. Je lâchai sa main, par pure résignation, elle retomba mollement le long de mes côtes. Le contact se brisa, et l’espace d’un court instant, je cru qu’il fut de même pour nous, pour notre amour. Peut-être n’avais-je pas tort ? Toutes ces années à chérir un amour à sens unique, tout ce temps passé à espérer. Pour rien ? Pour que dalle ? Putain. Dieu, si tu m’entends, sur ce coup, ça se fait pas.

    La voix de Lucan s’éleva, presque hésitante. Mes prunelles le fixaient irrémédiablement, quant à lui, son attention ne m’était pas portée. Encore une fois, je voulais dire. L’avais-je au moins déjà capté ? La désillusion semblait tracer son chemin, cet ultime sentier, dans mon esprit, dans mon cœur qu’elle semblait lacérer avidement, méchamment, dans un sourire moqueur, railleur. Oui, c’est ça, j’étais obsédé. Parce que jamais je n’avais été sujet à l’amour, jamais. Je n’avais pas eu un père bienveillant pour accompagner mes pas, non, j’avais eu une mère sombrant dans la folie, j’avais eu comme proches des hommes immondes. Je n’ai jamais eu ce qu’il avait la chance de posséder. Alors j’avais eu besoin de me rattacher à quelque chose, l’espoir fait vivre après tout. Mon choix s’était reporté sur toi, mon amour, et depuis lors il ne t’avait pas quitté, je ne t’avais pas quitté, obnubilé. J’avais aussi effleuré l’amour, avec tant d’autres, plus particulièrement Sven. La jeune femme blonde semblait m’aider, me soutenir tout du moins. Peut-être qu’elle pouvait prétendre à la compréhension de ma souffrance. Mais cela paraissait si mauvais dans ton regard, si malsain dans tes paroles. Je me surpris à me haïr, à haïr tout le reste de la planète à vrai dire. Tout ce que jamais je n’avais eu, tout ce qui m’avait été arraché. Je me tu, me contentant de pincer des lèvres sérieusement, mon regard porté au sol, résigné à nouveau. Comment pouvais-tu comprendre hein ? Tu n’avais jamais été là, qui plus est, dans mes souvenirs, tu ne t’étais même pas retourné pour me retenir. T’avais-je au moins manqué ? Ou n’étais-je que le grand frère dont l’absence avait semblé paraître inaperçu ? Oui, c’est ça, je n’étais rien, n’est-ce-pas ? Pitié, dis le moi franchement. Achève-moi. Là, maintenant, avant que les rêves ne renaissent, avant que l’espoir ne s’enflamme, avant que la vie ne daigne reprendre. Il se mordit la lèvre inférieure. Par temps normal, cela m’aurait fait fondre, rougir. Pourtant à ce moment précis j’y guettai le sang, j’y guettai la douleur, si infime, mais qui t’aurais néanmoins aidé à comprendre, peut être, un soupçon tout du moins. Il ne vint rien. Tes paroles firent monter en moi un accès de rage que je ne pu retenir :

    « PAPA ?! Comment peux-tu donner un surnom si affectueux à un monstre qui nous a séparés ?! C’est bien pour ça que je suis me suis engagé sur cette voie ! Bien à cause de lui que je suis devenu ce que je suis maintenant : un traqueur ! Afin d’anéantir ce qui nous a détruit tous les deux, tu comprends ?! »

    Comme souvent, j’avais agi sans réfléchir, sans vraiment écouter ce qu’il avait pu déblatérer. Alors soudainement un vertige me fit perdre l’équilibre, si bien que je fléchis légèrement les genoux sous le poids du choc. Putain. Putain putain putain. Toi ... Un Karnevalien ? Toi. Contaminé par ce fléau qui ne provoquait chez moi que haine et dégoût. Un rictus déforma mes lèvres l’espace de quelques secondes. Je fis un pas en arrière, me retournai, par honte de t’affronter, par peur de discerner ton visage, cette expression haineuse dans ton regard, celle bouillonnante qui grandissait à mon égard. Une plainte s’échappa doucement de ma gorge, mes mains fines et énervées étaient venues encadrer mon visage, le meurtrissant presque, dans un ultime élan. Ma peau déjà très pâle semblait blanchir davantage, à croire que je disparaissais peu à peu. Oui, c’est ça, je voulais devenir invisible. Là, maintenant. J’avais peur de regretter, de m’en vouloir jusqu’à la fin de ma misérable existence. Et c’est ce qu’est un regret, une décision prise qui par la suite ne s’avérait pas être la bonne, sûrement. Et ce sentiment vous envahit, et parfois il vous ronge, il vous détruit, peu à peu, jour après jour, nuit après nuit, vous enfonçant toujours un peu plus dans les ténèbres de votre propre esprit, de vos propres tourmentes. Oui, le Regret est quelque chose d’horriblement puissant, d’horriblement effrayant aussi. J’avais cru avoir dépassé la dose à respecter, j’avais osé croire que j’avais atteint le stade maximum. Mon cœur me faisait mal, terriblement souffrir, il libérait en moi une toxine des plus nocive. Je serrai des dents, dans un crissement sinistre.

    Sa voix effleura mes oreilles à nouveau. Je frissonnai violemment, tremblai presque. Ce n’était plus la même, pas celle que j’aimais tout du moins. Un ricanement resta bloqué dans ma gorge tandis que mes iris lui lançaient un regard en coin, perçant. On ne devenait pas traqueur du jour au lendemain, dans un claquement de doigt hautain. Non, j’avais subi tant d’entraînements, tant d’heures passées à souffrir. Mes sens s’étaient affutés, lentement, afin de palier à mon manque de pouvoir, afin de contrecarrer leurs attaques quasi vaines. Alors je l’ai vu, ta main qui glissait lentement. Alors comme ça, tu voulais te battre, me tuer même ? Mais ça, je ne pouvais l’accepter, j’avais commencé ma vie avec toi, à la même minute presque, tu ne devais en aucun cas achever tout ce travail maintenant, alors que tu ne comprenais absolument rien à mes motivations, rien. J’en étais parfois même jaloux, de tout ce bonheur qui t’avait constamment réussi, de cette vie splendide et confortable que tu avais mené vécu, pendant que moi je crevais au fond d’un trou, à moitié nu, violé par des hommes moqueurs. En étais-tu conscient ?! NON ! Tout cela mettait mes nerfs à rude épreuve, je ne voulais pas que tu t’aperçoives de moi cette facette imprévisible, si bien je me contentai de lâcher froidement :

    « Je n’ai reçu d’ordres officiels que de neutraliser tout individu troublant l’ordre public, donc, dans le cas présent, personne. Alors oublie immédiatement et range cette arme. Je ne le répéterai pas deux fois, Lucan. Toi et moi ne sommes pas faits pour nous battre. Au contraire. »

    Dans un geste fluide, tant de fois répétées, je saisissais mes deux lames aiguisées, rétractables, qui, dans un mouvement brusque et violent, apparurent dans un cliquetis, luisant à la lumière blafarde de la lune. Les deux armes semblaient être le prolongement de mes bras, mes doigts fins ferment serrés sur leurs manches. Je lui fis face, dans une position plutôt neutre qu’offensive, un sourire rassurant aux lèvres.

    « Lucan, tu ne comprends pas. Je suis venu t’aimer, pas te tuer. Il faut qu’on saisisse notre chance, tu vois ? Elle ne se représentera pas deux fois. On s’est déjà perdu, je refuse de te voir partir à nouveau. Plus maintenant. Lucan ... Je ne t’ai jamais oublié. Jamais. »
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♠ Sexualité & Statut : Bisexuel & Célibataire
♠ Mon rêve : Devenir le maître du monde!
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  • Electre Nocturnys : Frère jumeau
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Sam 13 Nov - 20:23

Rien ne se passait comme prévu. Plus jeune, je me disais toujours que lorsque je reverrai mon frère, nous nous serrerons dans nos bras, heureux de ces retrouvailles. Mais cette tension qui régnait entre nous deux me désespérait. J’avais peur de ce qu’il était devenu. C’était quoi, cette haine qui avait grandie en lui ? Elle m’effrayait. Nous avions le même physique : même yeux, même visage… Pourtant il me semblait si différent de moi. Nous n’avions rien en commun. Rien. Je ne le comprenais pas. Il ne me comprenait pas. Mais il y avait décidément une grande différence entre nous deux, une énorme différence. La peur me consumait peu à peu. Je ne suis pas courageux, je veux juste vivre dans un coin tranquille et vivre sans soucis. Electre par contre… Il n’a connu que le contraire. Je le vois, je le sens. Nous n’étions pas juste de la même famille, nous étions plus que liés, nous somme jumeaux. D’après lui, il lui est inimaginable que l’on puisse se renier, se séparer à nouveau après cette rencontre infortunée. Sa voix me fait frissonner, je sentais que mes jambes frémissaient sous mon poids. Je ne pouvais pas le supporter, ce mur, cette barrière nous séparant. Et, bien sûr, je vins à regretter chacune de mes lourdes paroles. J’ai été idiot, une fois de plus. J’avais vraiment envie de lui dire, à quel point j’étais inconscient de la pesanteur de mes mots, que je ne savais pas ce qu’il avait vécu. Nous ne somme que deux inconnus. Et pourtant, il m’en demande tellement… Il ne m’a rien dit de lui, rien. Alors qu’en échange, je dois lui offrir mes pensées sur un plateau. Je dois le respecter, être en accord sans même avoir mon mot à dire. Ce n’est pas comme ça que je fonctionne Electre, je suis désolé.

Sa voix me rappelle de doux souvenirs. Je me souviens quand nous étions encore enfants, on jouait aux mêmes jeux, nous apprenions les mêmes comptines, nous parlions en même temps. Nous étions identiques, et tout le monde nous regardait avec de grands sourires. C’était merveilleux. Je garderai à jamais ces moments précieux. Lorsque l’un pleurait, l’autre lui essuyait ses larmes. Nous ne nous disputions jamais, jamais. Pourtant, il reprenait parfois son rôle de grand frère, l’aîné. Il décidait souvent à quoi nous allions jouer. Je le respectais énormément, déjà, à cet âge là. Je n’ai rien oublié, notre famille était tout pour moi. Je ne suis qu’une victime, j’ai été soumis à ce qui s’est passé autour de moi. Mais tu ne me regardes plus. Je t’ai rejeté, je t’ai trahi. Je fais parti de ceux que tu méprises. Nous ne nous disputions jamais. Nous étions toujours d’accord. Pourquoi avons-nous grandis si vite ? Je ne voulais pas réfléchir à tout ça, nous n’avions pas le temps. Il était déjà tard, il devrait partir. Je n’arriverais donc jamais à être honnête avec moi-même… Je veux juste qu’il reste auprès de moi, peu m’importe son identité. Il restera à jamais mon frère. Il m’arrivait souvent d’être un vrai monstre avec les autres. Mais Electre est si différent. A peine avait-il dit un mot que mes muscles tressaillirent, et ce cher respect monta en moi si vite qu’il me donna le tournis. J’en étais sûr, il n’avait pas la moindre idée de l’effet qu’il me faisait. Quelle enflure. Éventuellement, je me mis à sourire, lâchement, bêtement, je ne sais plus. J’essayais certainement de dévier sur de l’autodérision. Je voulais éclater de rire, passer gaiement mon bras autour de lui et crier : « Je t’ai bien eu ! » Mais mon corps ne m’écoutait plus depuis un bon moment déjà. Seul ce sourire pervers et dérangé m’appartenait vraiment. Electre était en colère, beaucoup trop en colère. Furieux à cause de moi ? Sûrement. J’étais pourri jusqu’à la moelle. Il n’était pas parfait lui non plus, je l’avais toujours cru très posé et calme, et le voici à crier ses foutaises et ses délires par toutes les manières possibles et imaginables. Bien sûr que je comprenais sa réaction. Je le menaçais honteusement, c’en était pitoyable. J’étais dégoûté de moi-même, mais ça ne m’étonnait que très peu, cela arrive de temps à autre. Encore une fois, je suis désolé Electre, mon caractère explosif risquerait fortement de te déplaire.

D’une manière plus réfléchie, nous ferions mieux de tout remettre à zéro. Mon père… Papa. Il n’est vraiment pas celui qu’il croyait être. C’est un homme juste, soucieux et conscient de notre situation peu banale. Je ne peux pas en vouloir à Electre de le détester, je vais devoir me calmer. Ce n’est qu’un stupide détail, s’il s’acharne autant… Il doit vraiment lui en vouloir. Mais pourquoi ? Je n’arriverais donc jamais à le comprendre ? Mais Electre… Vraiment… Tu n’es pas le seul à avoir souffert, crois-moi. Séparé de ma mère, sans même savoir pourquoi. Certes, ma vie s’est avérée être la plus banale possible après cela, mais chaque jour pour moi était un jeu. Je m’amusais. Electre, lui… S’est amusé à traquer. Je ne comprends pas quel bonheur, quel soulagement recherchait-il afin d’être poussé à bout, et finalement d’en venir à une solution aussi sordide et malsaine. Je ne comprends pas. Je ne veux plus comprendre. Il me décevait énormément. Ce n’était plus l’exemple, le parfait modèle que je sollicitais. Mon Electre n’était qu’une immense illusion, ce n’était donc pas celui qui se tenait devant moi. Ok, très bien. Je rangeai vaguement mon ridicule moyen de défense, et non d’attaque. Jamais, jamais je n’aurais pu le blesser ou quoique ce soit. Tout d’abord, je n’aime pas la violence. Sauf quand c’est drôle. Et il ne me semble pas qu’Electre soit un petit plaisantin. Et puis, je n’ai aucune idée de ce qui peut se passer dans sa tête. C’est un traqueur, il peut m’attaquer. S’il l’avait fait, j’aurais été à terre, et ma vie se serait finie là, point barre. Je n’aurais pas eu le temps de regretter, sauf si Electre est un véritable psychopathe et m’aurait fait souffrir des heures et des heures. Je levai la tête vers lui. Non. Electre n’était pas comme ça. Enfin, peut-être. Merde… Je sais même plus où j’en suis. Bref, j’ai envie de lui faire confiance. J’essayerai, du moins. Il ne souhaitait pas se battre de toute façon. Je ne veux même plus paraître hostile. Je déteste me laisser soumettre comme ça, j’ai l’impression d’être un faible. Mes paupières étaient lourdes, j’étais épuisé. Je laissai mon regard tomber vers le sol, n’osant à peine le regarder. Il faudrait bien lui faire face un jour ou l’autre. Mais ma peur se disséminait en moi, prenant toute son ampleur dans son esprit. Je ne voulais plus qu’il me laisse, qu’il parte au loin. Mais c’était si difficile de lui dire ce que je ressentais. Je levai brusquement la tête, les lèvres gercées à cause du stress. Mon regard s’était planté dans le sien, puis vers ses lames, et je trébuchai en arrière.

Ses terrifiantes lames me menaçaient par leur pointe aiguisée. Mes pupilles le fixèrent, lui, ses lames, lui, ses armes. Je n’arrivais plus à trouver un équilibre et m’aida du mur sur le côté, sentant dangereusement mon cœur battre à toute vitesse. Ce n’était pas l’attitude que j’attendais de sa part. La lueur provoquée par ses fers m’éblouissait, m’effrayait. J’avais peur. Si je tentais de m’enfuir, il me poursuivrait sûrement. Il ne me laisserait pas partir. J’étais devenu comme son prisonnier. Je voulais juste m’en aller, fuir cette situation. C’était vraiment trop pour moi. Ma menace était ridicule, et je suis sûr qu’il en était lui aussi persuadé. Je n’aurais jamais pu lui faire du mal, ma force ne vaut rien comparée à la sienne. C’était un traqueur, il est habitué à se battre, moi je ne connais que quelques coups appris dans la rue. Je ne comprenais pas ce qu’il attendait de moi. Mon sourire était d’ors et déjà tombé, et mon corps entier n’était pas loin de le suivre. Je sentais l’émotion monter en moi, m’étouffant, j’avais la gorge serrée. Mes doigts tremblaient, peut-être à cause du froid. Une bouffée de chaleur m’asphyxiait. J’étais prisonnier de mon corps, seules mes pensées vaguaient autour de moi. Je me redressai légèrement, levant une dernière fois mon regard vers lui. Quelques larmes me montaient aux yeux, je ne savais pas pourquoi. Ma vue s’était embrouillée, mais j’apercevais encore beaucoup trop bien ces stupides couteaux. Je voulais lui faire confiance, et voilà qu’il troubla mon esprit déjà bien encombré. Un rire nerveux s’échappa de ma bouche. J’étais certainement devenu fou pour rire dans ce genre de situation. De plus, j’étais indécis. Entre ma vie qui m’attend derrière et mon frère, je souhaitais absolument faire un choix. Je reniflai pitoyablement et essuyai mes yeux grâce à la manche de mon blouson. Évidemment que je veux rester avec lui, que je ne l’ai jamais oublié, je ne l’oublierai jamais. Et il me sourit non ? Je ne peux pas refuser ce sourire, je suis trop faible pour ça.

Prudemment, je fis un pas. Un autre se suivit et je me retrouvai juste en face de lui, ignorant ses lames. Il est le seul qui compte pour l’instant, je n’avais plus à m’inquiéter. Il me suffirait de lui faire confiance. Je n’avais plus rien à douter. Il se chargerait de tout, comme un grand frère se doit de le faire.

« Je ne t’ai jamais oublié… » Je répétai ses mots, me les appropriant peu à peu. « Je ne vais pas m’enfuir, ni te rejeter. Je veux te faire confiance ! Montre-moi que je compte pour toi ! E-Et puis… Je suis désolé…»

J’avais baissé le ton, j’articulais à peine mes mots, honteux et craintif. Je me comportais comme un chien avec son maître… Et en plus je l'accusais. J’étais vraiment un misérable. Je descendis le menton et laissai ma tête se poser sur son épaule, ne voulant pas croiser son regard.

« J-Je n’ai pas peur de toi… Mais… Range ces lames… S’il te plaît… »

Mes mots étaient pratiquement inaudibles, tandis que je me cachai désespérément dans le creux de son propre blouson. Je tremblai encore, et mes yeux étaient toujours humides. Pourquoi est-ce qu’il me rend aussi émotif… Ça me rend malade d’être comme ça.
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♠ Karnevale : « J'étais là tu vois, lui à côté de moi. Et je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus, j'en croyais pas mes yeux. Et lui qui me disait ; " J'suis un dur. Tu vois les brûlures là sur mes bras ? J'les sens pas ... J'les sens pas. " J'étais là, j'ai rien dis, et puis j'suis parti de chez lui. Si j'y suis retourné ? Plus jamais ... Plus jamais. » ; CONTRÔLE DU SANG.
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Mer 24 Nov - 19:09

    https://www.youtube.com/watch?v=bLuFH0GYhaw

    « En tête à tête avec moi-même
    Souvent j'me tâte pour trouver l't'hème
    En tête à tête avec moi-même
    J'ai pas la force de m'dire "je, je, je..."

    Il faut aimer pour comprendre
    Nous aimer pour nous comprendre
    Mieux aimer pour mieux comprendre
    C'est vrai ce week-end, je suis seul avec moi-même.
    »

    La solitude était comme un mal, ancré, profond, étrange. Miroitant. Un poison, une drogue, une douceur. Cet acide qui chatouillait mon palais, qui palpitait dans mes veines bleutées, effleurait mon épiderme dans un souffle concentré. Cette amie qui se faisait de plus en plus proche, fidèle, loyale, presque à me tenir la main, la caresser, me conforter dans ce destin funeste et tragique. Ça se baladait dans mon corps, comme une ombre étrange, sans formes, oui, juste une masse visqueuse, bizarre, inqualifiable. Non, elle n’avait pas de contours bien définis, elle semblait jouer avec, onduler, changer, disparaître et enfin surgir à nouveau, parfaitement dessinée, d’une robe légère, cachant à peine son anatomie, invisible. Étais-je le seul à subir sa présence superflue, oppressante, lancinante. C’était assez étrange à décrire, presque impossible même d’y mettre des mots, des adjectifs, trop rares, trop inexactes. C’était comme une présence, qui jamais ne fermait l’œil, qui jamais ne s’estompait, cachée dans le coin d’une pièce ténébreuse, derrière une porte, dans mon dos fragile. J’étais comme une proie, chétive, avec personne pour me protéger à part mon propre instinct de survie, celui que j’avais dû me forger au cours de ces aventures trop dures à supporter pour l’enfant que j’étais. C’était comme des yeux braqués sur ma nuque, des iris invisibles, que je ne pouvais pas distinguer en me retournant brusquement, en lançant un ultime regard en coin. Je me contentais de balancer un feulement, agressif, ennuyé, un râle. Pourtant c’était encore là. Inlassablement. Un long soupir grave m’échappait souvent, sans que je ne puisse le retenir. Douce impression de chuter, de tomber dans un abyme sans fond, sans accroches pour se retenir. C’était lent, très lent, mais tout aurait une fin un jour ou l’autre. Un jour viendrait où je pourrais enfin fermer les yeux sans voir des cadavres, des horreurs se profiler sur l’écran noir que formaient mes paupières, sans entendre ces cris résonner dans ma tête, sans sursauter au moindre bruit. Oui, un jour viendrait où enfin la paix m’envahirait. Et j’attends, j’attends, j’attends, ce jour qui semble apparaître sur cet horizon flou, sur cette ligne de vie qui chaque jour s’estompe un peu plus, laissant place à la mort, celle qui rôde, ventre à terre. Cette heure, cette minute, cette seconde, se rapprochaient-elles ? Doucement, inlassablement, dans un angle mort dont je pouvais apercevoir la silhouette ? J’observais, lançais des regards en vain, un espoir sourd et aveugle niché dans ma poitrine, bien ancré, bien gravé, après tant d’années. A attendre, à vouloir, à pleurer. Je serai patient, quoiqu’il arrive, guettant ton amour dans le brouillard, celui dense qui tentait de m’étouffer. Celui obscur qui semblait danser au loin, dans des gestes brusques et mauvais, meurtriers. J’attendrai, dans le froid ou la chaleur, sous la pluie ou le soleil brûlant, blessé ou serein. Mais quoiqu’il advienne de moi, de mon corps, de mon âme déchirée, cet espoir, cette envie, cette douleur, seront à jamais présents, comme le sillage de mon être, comme la preuve de mon existence. Celle que je t’avais léguée, celle que j’avais décidé de te dédier.

    Je serais tien à jamais.

    Je m’effrayais moi-même, si bien que la foule environnante n’était semblable qu’à une fourmi indifférente. Ma voix n’était pas mienne, c’était différent. Ça restait bloqué dans ma gorge nouée, j’asphyxiais irrémédiablement, sans pouvoir réagir, me débattre, m’agitant de toutes mes forces. J’avais beau ouvrir la bouche, faire vibrer mes cordes vocales dans un dernier souffle d’air glacé, ce n’était pas moi. J’étais comme manipulé, par ma propre volonté qui plus est. Je me détestais. Tellement. Je n’avais jamais eu la force de combattre fut un temps, jamais la puissance pour résister aux assauts de l’ennemi. J’avais toujours dû subir, embrassé par leurs regards méprisants, souillé. Mais aujourd’hui je voulais me battre, je voulais être respecté, crains. De tous. Je voulais qu’on me lance des regards apeurés, face à tant de force, tant de puissance. Cette frayeur dont je serais le maître. Je voulais qu’enfin on me reconnaisse. Pour ce que j’étais, pour ce que j’avais été, pour ce qu’on m’avait enlevé. Je ne voyais en autrui que le mal, les ténèbres, la méchanceté. La souffrance aussi. Je ne pouvais plus faire confiance, plus aimer, et l’envie de vivre me quittait souvent. J’avais toujours voulu être aimé, sincèrement. Pourtant les seules personnes capables de le faire s’étaient envolées, sans que je puisse les retenir. Elles avaient lâché ma main, me laissant seul dans un monde trop grand et trop hostile. Mon cœur en pièces n’avait jamais réussi à se remettre de cette hémorragie forcée, de ce déchirement ignoble. Je crois que c’est bel et bien impossible. De toute façon, je n’ai jamais voulu oublier.

    J’aimais essayer de me souvenir le plus possible, des ces petits détails, de ces petites choses qui faisaient tout, qui ne faisaient rien. Un jour mon regard rouge avait rencontré la silhouette fine d’un jeune homme. Je l’avais observé, doucement, lentement, effleurant ce corps attirant de mes iris vides. Mes jambes m’avaient guidé, je les avais sagement suivies, comme un bon chien-chien obéissant, et je m’étais planté devant ce parfait inconnu, fixant mes iris dans les siennes, d’un air provocateur. Oui, parfois je ne me comprends même pas. Je crois que je suis bien trop torturé pour vouloir le faire, bien trop obnubilé par mon propre désespoir, parce ce mal que je combattais. J’avais ouvert la bouche, ce bruit étrange était encore sorti, ces quelques mots assassins. Comme à l’habitude. J’avais trop subi pour pouvoir être doux et gentil. Je n’étais pas ce parfait petit agneau que mon physique pouvait laisser penser. J’avais déjà trop vécu. Et c'était assez dur à dire, violent. Il m’avait surpris avec son pouvoir, alors mes lames s’étaient simplement plantées sauvagement dans son corps. Je voulais m’amuser, un peu, avant de sombrer. Je voulais ... Hm. Mes mains étaient souillées, par tant de sangs impurs. Mais je l’avais fais pour toi, pour construire un monde meilleur où nous pourrions vivre toi et moi. Enfin … Surtout toi. Je ne suis pas encore certain de survivre jusqu’à ce jour. Pas certain de vouloir te laisser admirer mon état pitoyable.

    Ce jour là, le ciel n’était pas habillé d’un sublime manteau bleuté, il n’illuminait pas quelque expressions magnifiques. Non, au contraire, il avait revêtu un habit moucheté d’étoiles, sombre, ténébreux. Je détestais cela, cette couleur provocante, annonciatrice de tant d’horreurs. Je voulais que le Soleil perce ce massacre, de ces rayons splendides, éblouissants. Je voulais qu’il chasse ce néant qui m’entourait. Mes prunelles ennuyées parcouraient les lieux sans vraiment s’y attarder, évitant le noir désireux. Je sentais les regards transpercés mon dos, dans une douce blessure d’où s’écoulerait un sang frais, cramoisi. Je ne me retournais même pas pour leur lancer un sourire mauvais orné de crocs, non, je les ignorais parfaitement, me concentrant tout de même sur leur respiration, leur marche. Quelques minutes s’écoulèrent, longues, le vent en profita pour battre mes flancs, douloureusement, me faisant légèrement trembler. Je me crispe, me stabilise. Il ne s’est rien passé. Le stress montait peu à peu en moi. Je n’avais jamais prévu que tout ceci se passe trop vite. Que cette rencontre que j’avais imaginé parfaite s’achève en un nouveau déchirement. Mais je cherchais l’amour dans tes yeux, je guettais la moindre réaction de ton corps. Je ne pouvais envisager l’idée que cette utopie que j’avais créée de toute pièce ne soit bel et bien qu’une illusion féérique. Non, non, non. Je voulais y croire, désespérément.

    Il te suffisait de ne voir que ma silhouette se dessiner dans ton champ de vision, mon corps, devant toi, tout contre toi. Sentir ma chaleur contre la tienne, réchauffer mon corps et mon cœur glacé. Il te suffisait de me faire confiance, quasiment aveuglement, car j’avais prêté serment lorsque rien n’était dans le droit chemin, de me battre pour toi, de tuer pour toi. J’avais fais couler mon sang pour voir ton sourire s’élargir. Tu n’avais plus à t’inquiéter, ni à douter de moi, de nous. Je serais présent pour tout gérer, pour te protéger. Après tout, j’étais ton grand frère, n’est-ce-pas ? Je t’aimais comme jamais, comme personne n’avait pu le faire auparavant. Je voulais passais ma vie à tes côtés, être avec toi à tout jamais. Il ne te suffisait plus qu’à accepter cet engagement, il ne te restait plus qu’à succomber. Dis-moi encore, que tu m’aimes. En attendant, mes mains lacéraient mes poignets et mes avants bras d’un air anxieux, nerveux, presque incontrôlable. Les cicatrices blanchâtres ressortaient fortement, traçant des courbes et des sillages douloureux sur ma peau pâle, peut-être le remarquerais-tu … ? J’ignorai, et sur le coup, ce n’était pas ce qui m’intéressait le plus. Après tout, il me serait impossible de constamment te le cacher, derrière des vêtements que, du moins j’espérais, tu voudrais arracher un jour. Laisserais-tu peut être un jour tes doigts fins effleurer ses blessures indélébiles, celles que je porterai en mon sein, parfois causées par mes propres coups assenés dans un élan de folie, comme un fardeau imposant. Celui que tu me feras oublier, le nappant tellement de ton amour qu’il s’estompera doucement, sans demander son reste. Il n’y avait que toi pour m’apaiser, me guérir de ce mal absurde. Celui que tu avais en partie causé, sans t’en rendre compte, sans t’arrêter non plus.

    Mais tu t’approchais doucement, et je ne pouvais pas reculer. Pire, mes jambes me dictaient de courir vers toi, et ne jamais te laisser nous stopper dans notre course folle comme tu avais pu le faire quelque minutes auparavant. Non, elles et moi voulions survivre, voulions vivre, rêver. Mes prunelles cramoisies suivaient le moindre de tes mouvements, bougeant rapidement, à la moindre réaction infime. Je voulais découvrir ton corps, le caresser, l’aimer. Accomplir ce rêve que tant de fois j’avais cru vain. Mais tu étais vraiment là, n’est-ce-pas ? Juste devant moi, tu n’allais plus t’enfuir, ton souffle chaud effleurant ma peau, ton menton sur mon épaule. Je n’esquissai presque aucun geste, crispant simplement mes doigts, n’osant déposer mes mains dans ton dos. L’air froid qui s’agitait à nos côtés semblait inexistant, il n’y avait que ta chaleur contre moi, et c’était suffisant. Ta voix s’éleva comme une supplique, une plainte. Je n’avais pas pour habitude d’obéir sans réfléchir, sans vraiment essayer de comprendre, mais déjà, dans un mouvement brusque et rapide, mes lames regagnèrent leurs manches puis leur étui avant de disparaître. Mon regard se fit protecteur, ma voix douce et rassurante :

    « De quelles lames parles-tu, je n’en vois aucune. Aucune. » Je répétai ce dernier mot, pour le convaincre, nous convaincre. Que quoiqu’il arrive, tout irait bien. Que quoiqu’il arrive, le rôle de grand-frère surmonterait tout les obstacles. Je t’aimerai, t’aimerai tellement.

    Je caressai tes cheveux, la tête rejetée en arrière. Nos cheveux sombres semblaient se mêler, les deux jumeaux séparés se retrouvaient enfin. Enfin. Après dix huit ans passées à se chercher, dans un monde à la fois immense et minuscule. Dans un monde à la fois magnifique et hostile. Et dans le ciel, j’eus l’impression de percevoir une once de bienveillance d'un Être suprême, je cru en lui l’espace de quelques secondes. Enfin, il nous réunissait, après avoir admiré notre peine, après avoir été notre bourreau pendant tout ce temps. J’espérais simplement que tu n’allais pas abandonner cette chance. J’espérais. Je sentais ton émotion, celle qui dominait ton esprit que je supposais confus, le torturait peut être de questions sans réponses évidentes, de phrases dures à poser. Quant à moi, mes larmes s’étaient séchées sans que je ne m’en aperçoive. Je crois que j’avais trop pleuré aujourd’hui, trop depuis tant d’années passées les yeux secs. [REMARQUE LA REFERENCE !] Mes iris n’arrivaient pas à tenir le coup, le choc. Mon esprit non plus, il était complètement démoli, les briques gisant au sol dans un schéma décousu.

    Mais à ce moment là … Je crois que je n’écoutais plus ta voix, je ne sentais plus le bruit immonde qui nous enveloppait, je ne voyais que toi, me concentrais sur ce que j’avais tant recherché. Je ne ressentais plus rien, mis à part les battements affolés de mon cœur qui semblait danser, danser, danser, danser. Mon corps ne me répondait même plus, mais je crois que je préférais lui obéir sagement, sans poser de questions. Il savait sûrement ce qu’il y avait de mieux pour nous.

    Excuse-moi. Pardon. Mais je t’aime trop. Trop pour me contrôler.

    Je fis un pas un arrière, ni trop grand, ni trop étroit. Juste assez pour laisser nos deux visages se retrouver en tête à tête. Mes crocs mordillèrent ma lèvre inférieure. Mes prunelles effleurèrent doucement les traits fins de ton visage, rapidement, afin de ne pas laisser un long moment gênant s’installer entre nous. Je ne voulais pas te laisser le temps de réagir, pas le temps de me repousser. Je ne le supporterai plus, ça me tuerait, sûrement. Non, il n’y avait pas de « peut être », je ne pouvais plus, je n’en pouvais plus. Le fait est que ma main droite vint saisir ton menton, entre mon pouce et mon index. Mon cœur s’affolait de plus en plus, mes joues rougissaient énormément il me semble. Les secondes défiaient les règles du temps.

    Je me rapprochai. Lentement. Doucement. Laissant nos souffles s’entremêler dans un tourbillon magnifique et attendu. Je n’écoute plus. Tout est vide, je suis sourd. Sourd d’amour. Tes lèvres rencontrent les miennes, et j’y dépose un baiser, mes paupières recouvrant mes iris rouges, le souffle coupé. Je fais durer ce moment quelques secondes, elles passent beaucoup trop vite. Et déjà je m’éloigne.

    « Je crois que tu l’as ta preuve, maintenant. »

    En espérant ne pas devoir mourir dans les moments à suivre. En espérant te voir sourire, rougir, pleurer, m’aimer.

    « Et si on rejouait toutes les scènes. Dis-moi encore que tu m’aimes. La nuit chasse les dilemmes. »

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Lucan Nocturnys
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Yop.
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Dim 24 Avr - 16:33

Je devais être maso.
Oui, c’est ça, j’étais maso. Cette odeur, cette chaleur, les soupirs répétitifs de sa respiration, tout cela me rendait fou. Et pourtant, j’en redemandais encore, je me serrais contre lui, voulant être encore plus proche que je ne l’étais déjà. Je fondais entre ses bras, aussi immobile qu’une statue. C’en était devenu ridicule, comme si je m’étais transformé en pantin. Être aussi près de lui me mettait extrêmement mal à l’aise, chaque seconde semblait durer une éternité, une vraie torture mentale. Alors, tandis que le temps s’arrêtait ici et là, je ne faisais que le subir lâchement. J’avais la tête vide, et le regard tourné vers la nuque d’Electre, je n’entendais plus rien autour de moi. Les paroles vaines du garçon ne m’atteignaient plus vraiment, et je hochais de la tête doucement, sans même croiser son regard. J’étais toujours aussi surpris d’être embarrassé de la sorte par un simple enlacement. Je ne doutais plus de rien désormais, et au fond de moi certainement, j’avais toujours voulu être à ses côtés, aux côtés d’un grand frère protecteur. Inconsciemment, je serais venu jusqu’ici, le guettant, implorant qu’il me remarque. C’était bien ce dont j’avais toujours rêvé, retrouver Electre. C’est vrai, maintenant je l’avais contre moi, sentant sa joue glacée contre ma tempe. Je n’arrivais pas à me décider, ces retrouvailles inattendue s’étaient-elle faites consciemment, inconsciemment, ou dans le simple désir de retrouver mon frère disparu ? Je l’avais donc secrètement désiré depuis si longtemps, cachant ce manque par toutes ces bêtises qui étaient depuis un moment parties intégrantes de mon insignifiante vie. Ça m’en donnait des frissons. Je ne nécessitais pas grand-chose pour être heureux pourtant… Quelques filles, avoir un endroit où dormir, et puis mes quelques amis, rien d’autre. J’avais vraiment oublié mon frère. Définitivement même. Non, je m’étais considéré fils unique depuis longtemps. J-Jamais je ne rêvais de lui, et je ne voulais certainement pas être dans ses bras. Mais qu’est-ce que je raconte ?...

De toute manière, cette proximité entre nous me troublait énormément. Je ne le connaissais pas du tout. Nous nous étions vus la dernière fois, quel âge on avait déjà ? Je ne sais plus, on était si petits, si fragiles et innocents. Mes souvenirs sont vraiment flous, et puis, finalement, nous n’avons passé que très peu de temps ensemble. J’aimerais savoir moi, comment deux personnes si éloignées l’une de l’autre peuvent se sentir aussi proches ? C’était incroyable, invraisemblable, stupide. La peur montait en moi. Je ne voulais pas être attaché à lui, ça me rendrait malade. Déjà, je me demande encore comment j’ai pu le prendre dans mes bras. A force d’y réfléchir, tout cela me semblait de plus en plus suspect. Je n’arrivais plus à avoir les idées claires, certes, mais cela me permettait tout de même de gérer ce que je faisais. Alors comment cela se faisait-il que je le serrais encore plus fort contre moi, comme si j’avais peur qu’il me glisse entre les doigts. Par réflexe certainement, mes ongles s’enfoncèrent dans son dos, frissonnant sous ses caresses dans mes cheveux. Malgré ce dérangement permanent, je n’osais plus me séparer de lui, voulant égoïstement combler ce manque. Je me fichais de ce qu’il pouvait penser, tant que j’étais autorisé à le serrer contre moi, tout allait pour le mieux. J’avais définitivement perdu la raison, je ne me reconnaissais plus. Étrangement, c’était la première fois que j’éprouvais les sensations de peur et de plaisir au même moment.

Peu à peu, je finissais par retrouver la raison. Mes idées redevenaient claires, mon souffle plus lent, mes pensées déviaient enfin, j’avais bel et bien retrouvé mon calme. « Enfin. » Murmurais-je. Je rouvris lentement les yeux et soupirai. Mes paupières étaient lourdes, ceci était du à la fatigue sûrement, c’était trop d’un coup. Ma rencontre avec Electre, aussi brusque soit-elle, les larmes de joie, de tristesse, et cette sorte de réconciliation venue tout droit d’un film. Ça paraissait plus que surréaliste, c’en était trompeur, impensable. Quelque chose me dérangeait, cette ambiance pleine d’amour entre frère… C’était… Etrange, presque ambigu. Cette manière, cette douceur avec laquelle il me parlait, murmurait presque, je percevais bien une tendresse évidente derrière tout ça. Il avait certainement un trop plein d’amour à déverser sur quelqu’un, et c’est tombé sur moi. Ses mots ne m’étaient pas incontestablement destinés. L’émotion de cette rencontre l’avait évidemment perturbée. Lentement, je levai mon regard vers le sien, presque timide. J’eus soudain l’impression d’être transpercé en plein cœur. De l’amour, de l’envie. Je me mordis immédiatement la lèvre, la douleur me fit frissonner. Mes joues rougirent à une vitesse effrayante, tandis que je reçus plusieurs bouffées de chaleur en plein visage. Mes doutes se confirmèrent, même si une partie inévitable de moi refusait de l’admettre. Ses mots doux n’exprimaient pas que de l’innocence et de la pureté. Je n’étais qu’un crédule, un pauvre naïf. Electre attendait beaucoup plus de moi, malheureusement. Il ne me parlait pas en tant que frère, mais en tant qu’amant presque, et cette pensée me terrorisait. J’avais vraiment l’impression qu’il était en train de me draguer, de me guider vers lui, peu à peu. C’était réellement terrifiant, à quel point il était capable de me manipuler, lentement, sournoisement. Cette angoisse qui montait en moi, je savais désormais d’où elle provenait. Cette proximité était bien synonyme d’un rapprochement beaucoup trop rapide. Je ne m’étais pas fait d’illusions. Donc, pour résumer la situation, il était clairement possible qu’Electre ici présent soit non seulement gay, mais de plus essayait de m’entraîner dans une relation incestueuse, immorale et plus généralement impossible.

Faites qu’il s’en aille, qu’il recule, qu’il ne s’approche plus de moi. J’éprouvais un dégoût soudain pour ce qui me servait de frère. Je n’arrivais pas à y croire, mais je ne pouvais plus me voiler la face, ce type m’emprisonnait dans son monde où des jumeaux peuvent s’aimer. Cela me rendait malade. Comment peut-on en arriver là ? Il devait vraiment être désespéré, il n’y avait personne d’autre qui lui convenait ? J’avais l’habitude des transsexuels et autre travelos qui se promenaient sans aucun problème au milieu de Karnevaliens. Par contre, je n’avais jamais vu deux personnes de la même famille s’aimer et exposer leur amour sans le moindre complexe. Cette vision me dérangeait, et ma tête redevint lourde et pesante. Il avait des problèmes, Electre avait de sérieux problèmes. Il fallait qu’il se soigne, qu’il arrête de me serrer contre lui comme ça. Je ne sais pas si l’on peut vraiment considérer cela comme une maladie, mais je suis sûr que cela peut se soigner, avec le temps. Il suffisait qu’il en parle à quelqu’un digne de confiance. Pourtant, les battements de son cœur résonnaient contre ma poitrine. Il n’arrivera pas à se stopper, la course était déjà lancée. Et déjà, j’avais peur, je tremblais de peur. Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, je ne savais plus rien. Quelques gouttes de sueur perlaient sur mon front, et bientôt je sentais le stress prenant possession de mon corps. Mes muscles s’étaient raidis, j’avais mal. Je souffrais énormément. Ses gestes tendres m’empêchaient de réagir, je devenais un pantin, une marionnette sujette à toutes sortes de tortures. Il n’avait donc pas honte ? Il était trop confiant pour quelqu’un qui a l’air pourtant si émotif. S’il vous plaît, faites que par un quelconque miracle, il retrouve la raison. Je n’arriverai pas à l’arrêter, car il me semblait si franc, si sincère, il m’était impossible de le faire souffrir davantage.

Un baiser, court, presque innocent. Mon corps frissonnait, et je sursautai. J’étais si distrait, je n’avais pas remarqué son visage couvrir le mien, et je m’étais laissé faire lâchement. Je n’osais pas réagir, je n’avais pas le temps de toute manière. Mes doigts s’accrochaient si forts à lui qu’ils devinrent bleus. Le silence total. Je n’avais encore jamais ressenti ça. Mes tremblements s’étaient brusquement arrêtés, mes yeux s’étaient fermés, sous l’effet de la surprise. Et déjà, il reculait.

Je clignai des yeux, la bouche toujours entrouverte, l’air hébété. J’étais choqué, bien sûr. Je soulevais lentement, doucement mon poing droit qui s’effondra brusquement sur la joue d’Electre. Il n’avait pas le droit, de jouer avec moi de la sorte. J’étais dégoûté par son attitude. Je rabaissais mon poing, la respiration forte et les joues rouges. Je le regardais droit dans les yeux, ne me résiliant pas à simplement abaisser mon regard, tel un lâche. Je l’ai frappé par réflexe seulement, mais quel réflexe. Je n’étais clairement pas la douceur incarnée. Pourtant, je ne regrettais pas, enfin, pas pour l’instant. On apercevait même une trace rouge clairement visible, malgré les ténèbres de la nuit qui nous entouraient. Je me mordis la lèvre, au point d’en sentir la douleur traverser mon corps. J’étais énervé, vexé, abasourdi. Mes sourcils froncés et une grimace de souffrance collée au visage, je le fixai, lui partageant toute mon incompréhension. Ce type était un malade. Je ne sais pas qui il est, je ne sais pas d’où il vient, ni même son histoire ou bien ce qui fait qu’il ait l’audace de me toucher, mais je ne le tolérerai pas. Jamais. D’habitude, je n’étais pas bien difficile lorsque cela arrivait. En soirées, les baisers sont vite volés et personne ne s’en plaindra. Mais là, dans ce cas précis, j’étais profondément dégoûté. Je n’y voyais que perversité et impulsion. Ces deux mots là résumaient parfaitement ma vision de ce baiser. Mais pourtant, mon regard n’avait pas quitté le sien, et très vite, je commençais déjà à regretter. Je n’étais pas obligé de le frapper, certes, mais c’était si soudain. Je ne peux pas accepter que mon frère m’embrasse, jamais je ne l’accepterai. Il avait peut-être bu, dans ce cas là, je ne pouvais clairement pas lui en vouloir. Et puis, cela me semblait plus comme si un inconnu avait jeté son dévolu sur moi. Et alors, la situation deviendrait particulièrement divertissante. Peut-être fallait-il que je le vois sous cet angle ? Je n’arrivais pas à me décider, cette attitude si indécise n’était vraiment pas dans mes habitudes. Moi qui agissais avec tant de spontanéité, je me décevais moi-même, c’était ridicule. Je balbutiais idiotement : « P-Pardon. » Je ne savais même pas pourquoi je m’excusais. A vrai dire, n’importe quelle personne normale aurait réagi de la sorte. Je n’avais aucune honte à avoir. Et pourtant, je ressentais de la pitié pour lui, de la peine. Il semblait faire tellement d’efforts, cela me touchait en plein cœur. Dieu sait à quel point je détestais être faible face à quelqu’un. Surtout si cette personne s’avère être mon frère recherchant une relation incestueuse si possible gay et par-dessus tout, qui devient mon opposé. Comment ce mec, un traqueur, pouvait-il me choisir ? Il était l’allégorie du paradoxe même. Jamais je n’avais encore vu autant de contradictions en un si court moment.

Cette expression sur son visage me semblait étrangement familière. Bien sûr, il me ressemblait énormément. Mais le déjà vu venait d’ailleurs, un rêve peut-être ? Une vision du passé ? Mes souvenirs n’étaient pas clairs, mais il me semblait bien que ce n’était pas le premier moment privilégié passé avec lui. Nous étions auparavant déjà aussi proches. Mais ça ne l’excusait en rien. Le choc était trop important, et la colère s’accaparait de mon corps. Il avait agi sans réfléchir, et il devra en subir les conséquences. Mon expression sidérée laissa place à la rage. Je n’arrivais plus à me contenir, et commençai à hausser la voix :
« Comment tu peux faire ça ?! On est frères, non ? Ça me dégoûte ! » Je m’essuyai les lèvres, lui lançant un regard noir. « Espèce de pervers ! On se connaît pas, tu peux pas m’embrasser comme ça, au feeling ! » Quelques jurons fusèrent de ma bouche. Je ne me contrôlais plus vraiment, je voulais juste apaiser ma colère le plus rapidement possible. Après quelques minutes de reproches non-stop, je repris ma respiration. Mes joues étaient cramoisies, et quelques veines se firent apparentes sur mon front. Mon mal de tête me fatiguait, j’avais consumé toute mon énergie.

Si j’avais été si virulent, c’était surtout pour cacher mon embarras. Je n’avais pas été indifférent à… Ce qui s’était passé. Seulement, je n’arrivais pas m’enlever de la tête à quel point cela était indécent. Mais après tout, qui décidait de ce qui était moral ou non ? Je m’étais toujours fixé mes propres règles, ce n’était pas le moment de faiblir. Mes mains saisirent rapidement sa veste au niveau de ses épaules. Je n’avais pas la moindre idée de ce que je devais faire, mais un baiser peut ne rien signifier, tout comme l’opposé. Dans le premier cas, ça ne devenait qu’un simple salut, presque anodin. J’étais éventuellement trop impressionnable, c’est vrai. Et puis, j’éprouvais de la compassion, presque de l’apitoiement pour lui. Je ne pouvais pas le repousser comme ça, c’est mon frère après tout. Pour la première fois de ma vie, je pensais à quelqu’un d’autre qu’à moi. Il devra obligatoirement me remercier, bien sûr. Je serrais mes mains sur ses épaules, ne souhaitant pas le voir fuir. Je maintins mon regard dans le sien. « Je ne pense pas pouvoir t’aimer comme toi tu m’aimes. Seulement… Hm… On peut quand même apprendre à se connaître, tu ne crois pas ? J’ai agi un peu durement, désolé. Mais, essaye de me prévenir la prochaine fois, au moins. Peut-être que je n’aurais pas réagi comme ça, qui sait. » Je haussai les épaules, feignant l’indifférence, alors que mon cœur semblait se décrocher de ma poitrine douloureuse. « Je ne t’en veux pas, ne t’en fais pas pour ça. » J’esquissai un faux sourire, les joues toujours rougies. « Surtout, si tu as envie que l’on se voit, n’hésite pas. M-Mais, tu ne penses pas que ça suffit pour ce soir ? J’ai besoin de réfléchir… » Je me mordis la lèvre inférieure, détournant enfin les yeux. Je n’arrivais pas à être moi-même. Ma respiration était saccadée, mon cœur me faisait atrocement mal. Je fermais les yeux, n’osant plus lui faire face. J’étais atrocement lâche, tant pis, je n’avais plus rien à dire.
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Electre Nocturnys
✝ Tu ne t'attendais pas à me voir?

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♠ Karnevale : « J'étais là tu vois, lui à côté de moi. Et je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus, j'en croyais pas mes yeux. Et lui qui me disait ; " J'suis un dur. Tu vois les brûlures là sur mes bras ? J'les sens pas ... J'les sens pas. " J'étais là, j'ai rien dis, et puis j'suis parti de chez lui. Si j'y suis retourné ? Plus jamais ... Plus jamais. » ; CONTRÔLE DU SANG.
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♠ Mon rêve : Anéantir les Karnevales ; « Raise your weapon. »
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MessageSujet: Re: { The only hope for me is you. || PV Lucan Nocturnys. ♥   Mer 6 Juil - 20:46

Avec l’accord de Madness pour faire bouger son perso à ma guise. On verra si cette petite expérience sera concluante. J’ai peur.

Benjamin Biolay est un Dieu. ~

« Tu es mon amour ou tu ne l'es pas
Tu es mon amour ou tu ne l'es pas
Si oui, tu dois faire tout, oui tout pour moi
Si oui, tu dois faire tout, oui tout pour moi

On va de l'avant ou l'on n'y va pas
On prend les devants ou on ne les prend pas
Si, d'aventure, tu te joues de moi
Change les serrures et prends garde à toi

Je voudrais que ce séjour dans tes bras
Que tes caresses ne s'arrêtent pas
Je voudrais compter les jours sur tes doigts
Tu es mon amour ou tu ne l'es pas

Nous sommes amants ou n'en sommes pas
Nous sommes amants ou n'en sommes pas
Et face au vent on se soutiendra
Dans quarante ans, on s'en souviendra

Tu es mon toujours ou tu ne l'es pas
Tu es ce velours si doux sous mes doigts
Et ce détour qui n'en finit pas
Oui, ce détour qui n'en finit pas

Je voudrais que ce séjour dans tes bras
Que tes caresses ne s'arrêtent pas
Je voudrais compter les jours sur tes doigts
Ou Tu es mon amour ou tu ne l'es pas

Mais, tu es muette, tu ne réponds pas
Tu es mutine et bien sûre de toi
Tu es mon amour ou tu ne l’es pas.
»

Ma vie est un théâtre. Absurde, tragique, dramatique.

ACTION.

Acte I, après l’élan violent de Lucan. Electe chancèle quelques temps puis se reprend, comme sonné. La scène semble s’étaler dans le temps alors qu’elle ne prend dans la réalité que quelques secondes. Les mouvements sont surfaits, surjoués, superflus. Les paroles aussi, le traqueur semble jouer un rôle pré-fabriqué qui lui colle à la peau sans le ravir. Absurde.

Milieu de scène. Foule proéminente, têtes baissées. Bruit de fond. Electre se tient devant Lucan, immobile. Mimique à la fois surprise et sérieuse. Il pense et semble converser seul. A chaque parole chantée, Electre semble s’agiter davantage.


« Run away from everything you love. »
Electre ; Je croyais que tu étais la personne la plus importante à mes yeux, que sans toi la vie ne serait que la funeste ombre d’une illusion nourrie par les ravages du temps. Et cette idée, que dis-je, cette flamme ne s’est toujours pas résignée à s’enfuir de mon esprit, résonnant sans le moindre cesse comme un écho de doux murmures plaintifs. C’était maintenant un fait établi que j’avais mis du temps à accepter : je t’aimais. Et tenter de le nier ne faisait qu’enfoncer davantage des piques assassins dans ce qui fut autrefois mon cœur et qui n’était aujourd’hui qu’un puits sans fond noyé par la rage, les vestiges d’un organe immobile. Je n’arrivais pas à mettre de sens à mes sentiments et il m’arrivait parfois d’en douter. Mais il est impossible d’échapper à l’amour et celui-ci semblait me briser pour mieux me faire comprendre l’évident, dans un magma instable de souffrance et de bonheur. Il y avait cette contradiction, ce soudain « non, ne fais pas ça, ne le dis pas, ne le pense pas » qui s’imposait à moi. C’était peut-être lui qui autrefois t’avais protégé et qui maintenant creusait ma tombe. Quand je n’avais pas été capable de t’avouer ce que je ressentais, quand j’avais eu peur que tu me rejettes comme un déchet, je … Je t’avais laissé me filer entre les doigts et maintenant tout ce que je touchais tombait irrémédiablement en poussière, chaotique. L’avenir que je nous avais tracé s’écroula sans prévenir comme le mirage d’une utopie impossible à atteindre. ( Belle redondance, mais qu’importe ! ) Cela avait été comme une injection létale en pleine carotide et ce venin avait mis du temps à s’essouffler, rien qu’un peu. Mais tu n’étais plus là pour peindre un sourire sur mes lèvres, maintenant scellées, et ce n’était plus tes mains qui me touchaient. Non. Et tu n’étais pas là, heureusement, pour observer ma déchéance inévitable. Pour une fois, c’était tant mieux.

Je ne suis plus vivant, c’est ça ? Répond moi.

?? ; Honnêtement ? Non. Et tu es pathétique à lui parler dans ta tête, tu sais bien qu’il ne voudra jamais t’écouter ce salaud. Ouvre les yeux à la fin.

Electre ; Oh. Qu’il soit ainsi alors. Ce n’est pas si horrible que ça … J’arriverai à vivre dans ces conditions. Je crois.

?? ; Tu sais bien que ce n’est que la manière dont tu vois le monde, que ce n’est qu’une vision obscure qui laisse un voile opaque recouvrir tes prunelles rouges. Arrête de regretter, fais selon tes désirs, obéis à ton cœur pour une fois. Electre, tu aurais pu décider de vivre il y a longtemps, tu aurais pu. Pourtant tu as emprunté la voie la plus sanglante et douloureuse qu’il soit. Tu l’as fais consciemment, pensant passer outre ces maux que tant de tes prédécesseurs avaient traversé pour en succomber quelques temps après. Ferme les yeux, une bonne fois pour toute, secoue toi, bouge ton cul. Arrête de constamment regretter le moindre de tes faits et gestes. Ce n’est qu’une question de point de vue, de conviction, affirme toi, crois en toi. Il te faut avancer, oublier ce que te rabâche ton utopie. Elle ne veut que t’enfermer à ses côtés, loin.

Electre baisse les yeux au sol, poings serrés. Il se mord la lèvre inférieure brutalement sans prendre compte la douleur engendrée, comme pris d’un dilemme. La voix reprend, il semble sursauter lorsqu’on son écho résonne à ses oreilles. Suite de la conversation intérieure qui fait suite au geste violent de Lucan.

« I’m your biggest fan, I’ll follow you until you love me. »
?? ; Je crois qu’il vient de te laisser. De te rejeter. De t’effacer de sa vie. Et tu sais quoi ? C’est bien fait pour toi.
Electre, qu’attends-tu de ton monde, de cet univers qui ne provoque dans ton cœur déchiré que haine et regret ? Tu sais bien que rien ne pourras jamais te consoler et te combler. Tu sais très bien que rien au monde ne sera fait pour toi, pour ton bonheur rayé du bon vouloir de chacun, que rien ni personne ne pourra jamais te sauver. Arrête de faire le con, arrête de laisser la blessure s’agrandir, cette plaie béante différente des autres, et qui ne cicatrice jamais dans un crépitement électrique. Le sang coule lentement sur ta peau pâle et j’avoue que l’image me plaît, néanmoins tu ne fais rien pour le retenir dans ces veines tranchées, ta peau se déchire et tu restes impuissant. Cela se rapproche de ton cœur, mais tu l’estimes déjà trop mort pour réagir, tu crois que tu ne seras plus jamais victime des pire préjudices ainsi, pire, tu sembles chérir cette souffrance comme une amie qui jamais n’avait osé te tourner le dos par peur de se voir poignardée. Es-tu trop violent pour la laisser s’en aller, ou trop désespéré pour la laisser te quitter pour ne plus revenir ? Si tu n’as plus de force alors crie, crie mon enfant. Ne reste pas comme ça, on ne te tendra aucune main, cherche pas, on s’en fout total de toi. Qu’attends-tu, que cherches-tu à la fin ? Dis-moi, je suis l’incarnation de ton ultime chance. Je n’existe pas, et pourtant je suis la seule au monde à pouvoir te redonner le courage, ne serait-ce qu’une infirme partie. Pourquoi baisses-tu la tête en riant ? Tu n’as pas à avoir peur, tu n’as plus à avoir peur maintenant. Je ne te veux aucun mal. Ta voix est fébrile, petit. La fin du monde, c’est ce que tu souhaites, la fin de tout Homme ? Alors charge toi de patience, tu ne le verras ni vivras sûrement jamais, ce rêve inattendu, cet espoir impossible, pourtant tes mortes prunelles rouges continuent de divaguer sur ce paysage vide, à la recherche du moindre signe. Réponds-moi ! Tu n’y peux rien, tu le sais très bien, alors pourquoi continues-tu de porter un fardeau beaucoup trop lourd pour ces frêles épaules ?


Electre ; Je n’ai rien à te dire, rien à te répondre, tu sais. C’est ainsi, un point c’est tout. Pourquoi ? Passe ton chemin. Trop de questions, ça me dégoûte, franchement. Comment veux-tu que je t’expliquer un fait que moi-même je ne comprends pas ? Gifle moi, mord moi, tue moi. Rien n’expliquera mon état. Je n’ai jamais les réveils, non, loin de là, et je veux rester dans cet état second dans lequel je me suis plongé tout petit. Tu le sais très bien, idiote. Aujourd’hui, j’aurais peut-être préféré ne pas ouvrir les yeux mais tu m’as obligé, encore une fois. Tu as toujours été là, comme pour me soutenir, me lancer le seul et unique sourire de ma journée fade. Je refusais constamment de quitter ce refuge construit de toutes pièces, minutieusement, des mains angéliques et parfaites de l’enfant que j’étais. Que veux-tu que je te dise d’autre ? Je vois tes yeux avides de réponses, mais n’en attend aucune, il n’y a rien à attendre, toi-même tu le dis. Alors ferme ta gueule maintenant. Je n’ai pas trop le moral, il y aura bientôt du soleil dehors.

?? ; Ne me fait pas rire ! Ta chambre est trop sombre pour laisser filtrer le moindre rayon, tu ne te sens bien que la nuit lorsque les victimes se font fragiles, tu me déstabilises petit insolent. Je tremble pendant que toi tu restes immobile, immatériel. Même si je tends la main vers toi, il n’y a rien à toucher. Ton torse nu semble presque lointain, sa pâleur maladive m’attire pourtant tellement. Ta respiration presque coupée, tu n’esquisse vraiment aucun mouvement. Es-tu mort sur place ? Non, non, je suis encore là, tu ne peux pas. Reste. Je veux continuer à te voir souffrir encore un peu, je veux te voir te débattre quelques décennies. Oui, je serais là, comme l’unique amie de ta vie, reste là, tout près de moi, dans mes bras. Mon rire inaudible s’élève, les commissures de tes lèvres frémissent. Je t’emmerde, tu sais ? Tellement, tellement, franchement. Tu te tais, le dos courbé, les yeux fermés, le monde extérieur n’existe plus maintenant, il n’y a plus que toi. Toi et toi seul. Pourquoi ne réponds-tu pas ? Petit con.

Electre ; Je me fous bien de toi, tu sais. Celui que j’écoute, c’est seulement moi. Alors … Rester ou bien partir ? Ma question, fruit de mes doutes et envies, résonne dans ma tête inlassablement. Tourbillon magmatique de mes folies, élan chaotique que je ne peux réprimer. Bien plus forte que mes faibles tentatives vaines de la faire taire, elle continue de me hanter, presque avec plaisir et moquerie. Pourtant, derrière mes prétendues envies de l’oublier dans un recoin abandonné de mon esprit de Traqueur, se cache le désir d’y trouver une réponse. Une réponse qui pourrait enfin me délivrer de ce destin tragique qui déjà se profile sur l’horizon de mon avenir obscur. Rester ou partir ? Alors qu’il n’y a plus d’espoir à attendre de ma vie telle qu’elle est aujourd’hui, pas d’amour ni d’intérêt à désespérément chercher du regard dans la foule assourdissante. Non, il n’y a plus rien à espérer ! et ce vide assassin oppresse mon âme meurtrie. Je n’ai plus aucune envie de poursuivre ce sombre sentier, je veux tracer mon propre chemin, écrire mon propre avenir, de la lumière de mon esprit, de l’encre de mon sang ! Il y a tout un monde à explorer, tant de choses à découvrir et à apprendre. Loin, loin d’ici ! loin de ce grotesque univers ennuyant. Alors, rester ou bien partir ? Je ne crois plus en rien du tout.

Je te concède un point, unique : ma chambre est bien trop sombre. Mais maintenant les ténèbres habitent les alentours, je peux enfin me risquer dehors, loin de cette prison étouffante. Non. Disons plutôt que je change juste de cage. Le lion emprisonné, le regret enchaîné. Incarnation de mes deux. Tu me suis ? Le chemin n’est pas long, mais tu t’en fous hein. J’espérais qu’il n’y aurait personne pour me voir dans cet état. Mais il était là, ce jumeau que j’ai depuis toujours aimé. Je sais que tu as toujours été confortablement installé dans mon ombre, emboitant mes pas où que j’aille. Il est impossible de t’écraser sous mon talon, tu es increvable. Crevure.

?? ; Tu restes muet, un léger sourire victorieux étirant tes lèvres fines. Ca ne te va pas du tout. Fais attention quand même, tu ne marchais pas droit quand tu as couru vers lui, tes jambes se croisaient avant que ton cher salaud de frère te plonge bien plus bas. Tu sais les murs ne vont pas s’écarter devant toi, pourtant tu continues à sauvagement t’y abattre, comme une silhouette purement noire et à moitié morte. De toute façon les ecchymoses sont bannies de ton corps, simples insectes si facilement assassinés. Où vas-tu ? Tu n’es pas seul, tu le sais très bien. Du moins, vu de l’extérieur. Qu’attends-tu, vraiment ? Trouver réconfort dans l’étreinte meurtrière de quelqu’un d’autre ? Tu sais pourtant que je suis là. Et que Lucan ne sera jamais là pour toi. Jamais.

Electre ; Franchement ta gueule maintenant.

Electre réprime une expression colérique, son feulement reste coincé dans sa gorge. Il hésite à tourner le dos à Lucan. Aucun mouvement, il abandonne peu à peu l’idée et semble presque se calmer, ses muscles se détendent. La voix murmure des paroles incompréhensibles qui semblent s’affaiblir peu à peu jusqu’à disparaître.

« Je n’attends pas de toi que tu sois le même. Je n’attends pas de toi que tu me comprennes. Mais seulement que tu m’aimes … Pour ce que je suis. »
Electre ; Tic, tac. Tic, tac. Le temps passe mais ne peut m’emporter loin d’ici. Les grandes aiguilles noires continuent leur ronde inlassable sans remarquer les battements faibles de mon cœur éteint. Personne ne me remarque à vrai dire, je suis l’ombre de moi-même, le sourire effacé d’une enveloppe charnelle assombrie. Il n’y avait pas de répit depuis des décennies, le lourd métal n’osait s’arrêter par simple peur de ne jamais redémarrer et de s’éteindre dans l’oubli de tous. Le temps filait sans me voler mon âme, le peu de vie éternelle que l’on m’accordait, le manque d’amour dont j’étais sujet. On avait oublié de m’enseigner les bases, j’étais comparable à un enfant se dépêtrant dans un monde assassin. J’étais pitoyable n’est-ce-pas ? Je vouais mes nuits, non, ma vie entière, à maudire, à souffrir. Double insomnie pathétique qui dictait mes pas. Je trouvais plaisir dans la manipulation des faibles insectes, dans mes pulsions étranges envers ceux que j’aimais. Pourtant je me rendais aveugle et sourd pour mieux ignorer les appels inaudibles de mon cœur. Tic, tac. Tic, tac. Le temps passe mais ne peux m’emporter loin d’ici. Le vent agite mes cheveux et plaque mes vêtements contre mon corps mince. Mes yeux sombres continuent de divaguer sur la foule quand j’aimerais tant terroriser dans le brouillard du Regret. Je suis immobile, là, et j’écoute les secondes crier, j’admire le temps qui laisse ses dégâts sur le visage des autres mais qui ne peut atteindre le mien. J’observe ma vie trop longue qui s’étale et tente de s’inscrire dans l’Histoire. Peut-être qu’un jour mon nom se retrouvera couché sur le papier d’un archiviste. Peut-être.

Electre lève brutalement la tête comme s’il était pris d’un spasme, un regard mélancolique. La scène semble reprendre la vraie notion du temps. La vie reprend. On sort de l’esprit du seul personnage qu’est Electre, il reprend prise sur la réalité, sa réalité. Cette fois-ci, le jeune Traqueur semble plus s’adresser à Lucan, sans oser ouvrir la bouche et articuler un mot. Son monologue intérieur ne s’étale pas dans le temps, il reste bref et concis.

« We are the kids from yesterday. »
Electre ; Je savais que tu étais loin de ressentir la même chose à mon égard et c’est ce qui broyait le plus mon âme. Ma plus grande angoisse s’extirpait de mes peurs les plus enfouies pour devenir une réalité implacable de laquelle il était impossible de s’enfuir. Plus petit déjà tu n’avais pas tendu la main vers moi, Lucan. Tu te souviens ? Je ne suis pas con, je le remarque ce fossé que tu installes entre nous, entre tout ce qui peut nous rapprocher. Tu le fais intentionnellement, c’est ça ? Va au diable. Je refuse d’être la marionnette suspendue au bout de fils que seules tes mains commanderaient. Je ne suis pas un jouet, encore moins un esclave. Plus maintenant. Plus jamais. Tu sais, j’en ai vécu des choses pendant que toi tu te la coulais douce avec tes petits amis de jeunesse et je n’ai plus assez de force pour supporter la bêtise humaine. Au fond de mon cœur, j’ai l’impression que tu es ma plus grosse désillusion mais j’ai tellement besoin de me raccrocher à ces souvenirs heureux que j’en arrive même à bafouer ce que je ressens. Tu es celui qui me fait le plus souffrir, et ça t’amuses, n’est-ce-pas ? Comme si je n’avais pas assez donné, en plus de ça tu voulais m’achever avec ce poing que tu m’envoyais dans la gueule. Tu y étais allé fort, et un léger filet de sang ruissela de ma lèvre inférieure, fendue. Ma main droite s’y porta, effleurant le liquide de vie avant que ma langue ne le happe. Ce goût métallique m’était si horriblement familier mais tu t’en foutais de m’infliger ça, non ?

Effectivement, Electre porte rapidement sa main à sa bouche pour essuyer le sang. L’avale, déglutissent bruyamment avec une mine mêlant dégoût et rejet. Il tourne la tête vers l’arrière de la « scène », anxieux. Sa main droite frappe l’air discrètement. Corps raide.

JE VOULAIS TE DETESTER. Putain, oui, si tu savais. Mais j’avais beau tenter l’impossible, l’irréparable, me répéter inlassablement cette phrase amer, me dicter frénétiquement mes sentiments préfabriqués… Putain. Je n’y arrivais pas, salaud. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir essayer, comme aimer quelqu’un qui m’avait sciemment infligé tout ça. Mon regard rouge sang fut néanmoins attiré au loin. Dès l’instant où enfin j’eu compris, ma main s’agita en un léger signe pour stopper net la course de la silhouette féminine qui glissait déjà gracieusement et rapidement dans la foule pour mener l’assaut. Celui pour te châtier après ton geste impardonnable aux yeux de cette personne. Ce poing que tu avais si élégamment écrasé sur mon si beau visage. Aha. Aha … Elle s’arrêta et réintégra s la foule à merveille, comme si de rien n’était, le regard assombri. Seth, ma meilleure amie, ma sœur même. L’une de ces personnes qui me protégeaient de ta disgrâce. Tu ignores bien quelle force monstrueuse tu viens de libérer. Il lâche un long feulement lorsqu’enfin son jumeau cesse de déblatérer des paroles insensées. « Lucan. Ta stupidité pourrait te couter cher. Tes beaux discours n’ont convaincu personne. T’enfuir quand j’aurais le dos tourné, tu es si doué pour ça. Tout comme pour poignarder les autres, n’est-ce-pas. »

« I remember when you told me that the world is gonna pay. But we never learn from our mistakes. »
Electre saisit le col de Lucan et le tire vers lui, plantant ses prunelles dans celles de son frère. Sans ménagement, le traqueur se met à courir dans la foule, bousculant certaines personnes, lançant un regard dur à Seth lorsqu’ils passent juste devant elle et sa chevelure de flamme. Electre s’engouffre dans une rue quasiment vide, sa présence semble faire fuir ceux qui ont reconnu le blason des traqueurs planté sur sa veste au niveau du cœur. Il lance Lucan contre un mur violemment puis enserre le cou de celui-ci avec sa main droite comme s’il voulait pratiquer une strangulation. Il serre de plus en plus jusqu’à couper la respiration de son frère. Sa respiration à lui se fait bruyante, saccadée et irrégulière. Il reste ainsi quelques secondes à la limite du craquement osseux avant de finalement lâcher prise et laisser ses lèvres s’emparer de celles de son jumeau sans lui laisser le temps de crier. Il ne lui laisse pas l’occasion de se débattre ni de le repousser, bloquant d’avance ses tentatives vaines, bloquant ses poignets d’une main. Electre met fin à ses baisers laissant son souffle chaud effleurer la nuque de Lucan, puis comme vidé de ses forces il se laisse presque tomber sur son jumeau, laissant le corps de celui-ci le maintenir debout.

« On ne peut pas vivre dans des illusions, on ne peut plus les nourrir maintenant. Nos sommes frères, et alors. T’a-t-on éduqué de manière trop fermée. Tu peux m’aimer. Je peux attendre un peu encore. Mais plus pour longtemps. Je suis à bout de force, à bout de force, au bout de tout. »

Il se laisse tomber au sol et s’assois de manière assez débraillée. Mais il s’en fout. Il tient dans ses mains l’insigne de traqueur comme si c’était son ultime trésor.

« J’aimerais te détester, tu sais. Ne pas m’arrêter en essayant de mettre fin à ce que tu es. Ne pas m’arrêter alors que je suis si proche du but. »

A bientôt, la Mort. Attends moi, je serais bientôt là.

?? ; Promis, mon enfant.



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