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 Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]

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MessageSujet: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Lun 13 Déc - 20:46

Danse & éveil.


Il y avait déjà un petit attroupement. La danse était lente, mélancolique. Lancinante, chargée de souvenirs, porté par une mélodie douce, presque triste. Le murmure, les pas hésitant s’affirmèrent. Elle chanta à pleine voix, tournant à n’en plus distinguer les formes. Ses cheveux lui fouettaient le visage, ses pieds nus frôlaient les pavés comme si elle allait s’envoler. Autour d’elle, le marché était muet, fasciné. Elle ne percevait que le silence et sa voix qui résonnait. Elle ferma les yeux, prisonnière de sa danse endiablée, esclave de ses pas. Sa voix monta encore, devint cri plus que chant, elle martela le sol de ses pieds, elle frappa l’air de ses mains. Et sa voix retomba.
Elle se figea, en équilibre, funambule qui cherche le ciel, ignorant la terre si lointaine. Doucement, elle chuchota les dernières notes de sa mélopée. Alors que les badauds qui l’encerclaient applaudissaient furieusement, la jeune danseuse ne bougeait toujours pas, les deux mains tournées vers le ciel, tel une imploration. Elle contempla le ciel jusqu’à ce que ses jambes ne la soutiennent plus. Elle tomba, euphorique, épuisée par sa prestation. Déjà, les badauds se dispersaient.
Un homme s’approcha de Yimae, le regard charmé.

Ce que vous faites est magnifique ! Je m’appelle Lagam. Si vous le souhaitez, je peux vous faire une place dans un grand spectacle.

Il se lança dans un discours enflammé sur le talent de la jeune fille et la renommée de sa troupe. Mais elle n’écoutait pas. Ses mains la brûlaient. Sa tête la lançait, elle avait chaud, elle avait froid. Ses bras vinrent encerclés son visage, elle se recroquevilla.

-Vous allez bien mademoiselle ?

Il lui prit la main.

Et tout explosa.
Un flux d’image la submergea. Du noir, du blanc, les images sans couleur se déversaient dans son esprit. Un homme, une capuche, une dague. Une ruelle, une silhouette féminine, un coup. Et du liquide sombre qui s’écoulait sur les pavés.
Elle releva la tête.

-Vous l’avez tué. Vous avez tué la femme.

Sa voix était neutre, ce n’était pas un jugement, seulement une affirmation.
Les yeux de l’homme s’écarquillèrent. Il agrippa l’autre main de la jeune albinos avec fureur. Et à nouveau, elle fut engloutie sous un flot d’image. Cette fois, la scène débordait de couleur. Une foule en costume aux teintes vives encerclait Lagam. Ils semblaient tous crier, mais aucun son ne parvenait aux oreilles de Yimae. Et la foule tournait autour de l’homme, se rapprochant de lui, menaçante. Il semblait désespéré, implorant le pardon ou la pitié. Un premier coup fut porté, écrasant sa main sous une botte. Puis un deuxième. Et la foule entière se déversa sur l’homme à terre.
Quand Yimae reprit ses esprits, Lagam, encadré par deux gardes, se débattait violemment. Un couteau gisait à ses pieds. Elle porta la main à son cou, et la retira, avant de la regarder étrangement. Elle était rouge. Rouge ? Comme du sang ? Une estafilade barrait sa gorge, saignant faiblement. Le sang lui rappela ce qu’elle avait vu. D’abord une femme, allongé dans une mare sombre, puis…

-Vous allez mourir.

Elle l’avait vu jeune, dans une ruelle. Elle l’avait vu tuer une femme. Elle avait vu toute la scène sans couleur. Elle avait vu son passé.
Elle l’avait vu, lui, gisant à terre, alors que la foule s’était dispersée. Elle l’avait vu, dans son sang rouge, pousser son dernier soupir. Elle l’avait vu mourir. Elle avait vu son futur.

-Kar…nevale ?


Dernière édition par Yimae Nnesor le Mer 16 Fév - 20:51, édité 2 fois
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Mer 29 Déc - 2:10


Le marché d’Amenthalys. Un lieu où tout n’est que bruit, couleur, odeurs, où des dizaines de sensations vous assaillent à chaque instant. Un lieu vivant, tout simplement. Trop vivant, même. Un moment d’inattention, et vous voilà englouti par la foule, balloté au grès de ses caprices, écrasé entre ses griffes et pour finir rejeté comme un vulgaire déchet dans un lieu inconnu.

Situation peu enviable dans laquelle se trouvait désormais Osmanthe. Adossé contre un mur, à l’entrée d’une ruelle sombre et sûrement peu sûre, il réfléchissait. Pas une petite réflexion légère, du genre « que vais-je manger à midi ? ». Non, une réflexion profonde comme seul un génie peut en produire, proche de l’état de transe. Il fouillait dans sa mémoire, repassait en boucle la longue bousculade qui l’avait conduit à se perdre dans les rues désordonnées et tortueuses du marché, à la recherche de détails qui pourraient l’aider à retrouver son chemin.
Petit à petit, il reconstituait le trajet involontaire qu’il avait effectué : un déplacement latéral vers la droite, 20 m environ ; passage devant une maroquinerie d’après les odeurs de cuir ; collision avec un mur de vieilles pierres bleues- à cet instant, il avait pu apercevoir le clocher de la chapelle qui marque l’entrée du marché ; environ 15 m dans sa direction et …

Sa concentration se brisa net. Cassure provoquée par un bruit. Un chant. Provenant de la place sur laquelle aboutissait la ruelle. Une voix pure. Une jeune fille, moins de 20 ans sûrement. Enfin, quel que qu’était son âge, son chant était beau. Suffisamment pour intéresser Osmanthe. Et réduire à néant sa réflexion.
Avec un soupir, il se décolla du mur pour se rapprocher de l’origine du chant.
Une foule compacte s’était amassée, empêchant le jeune homme de voir la chanteuse.
Sans même essayer de fendre la masse de badauds, il reprit sa position favorite, appuyé contre un mur, et laissa ses pensées vagabonder au gré de la mélodie. Osmanthe savait que le meilleur moyen de retrouver sa concentration était de relâcher un peu son esprit, et surtout attendre que rien d’autre que le problème posé n’occupe son attention. Quand la fille se tairait, il réessaierait.

Comme pour faire écho à sa remarque intérieure, le chant devint plus intense, plus fort. Il atteint son paroxysme avant de s’éteindre presque brutalement, à la manière d’une bougie qu’on aurait soufflé.
Dernières notes, à peine audible. Avant le fracas des applaudissements.
Puis, la foule se dispersa. Loin d’être silencieuse, la place se retrouva de nouveau emplie par ce joyeux brouhaha qui caractérisait le marché.
Seul quelques passants s’attardaient encore aux près de la jeune chanteuse. Assise sur le sol, recroquevillée sur elle-même, elle semblait trop petite et fragile pour pouvoir émettre des sons d’une telle intensité.
Debout devant elle, un homme gesticulait, visiblement en proie à un discours enflammé.
Osmanthe était sur le point de se désintéresser de la scène. Se tournant déjà dans une autre direction, il aperçut du coin de l’œil l’homme se pencher vers la jeune fille, un air inquiet sur le visage.
Il ne put percevoir les mots de la chanteuse à cet instant.
Mais il remarqua le brusque raidissement de l’homme. De nouveau intéressé, il capta même à sa distance les expressions sur son visage. Surprise, peur, incompréhension, haine et une résolution brillante dans son regard. Cette résolution qu’il connaissait bien, pour l’avoir déjà vu sur de nombreux visage, pour l’avoir expérimenté aussi. Tantôt dure et froide, tantôt hésitante et passionnelle. Sans aucune surprise, il regarda l’homme sortir un poignard de sa besace. La fille ne réagit pas. Droguée, supposa Osmanthe.

Ses instincts de Traqueur avait pris le dessus dès qu’il avait aperçu l’arme blanche. Tout en continuant son analyse froide des réactions du meurtrier potentiel, il s’était élancé vers l’homme en question.
Au moment où ce dernier empoigna la jeune fille par l’épaule et appuya son poignard sur sa gorge, Osmanthe attrapa le poignet qui tenait l’arme, et le tordit avec une aisance qui démontrait une longue pratique. L’homme poussa un glapissement ridicule, et lâcha l’arme qui atterrit sur les pavés à quelque centimètres de la jambe de la chanteuse.
Dans un mouvement fluide, Osmanthe retourna le bras du meurtrier de manière à lui tordre dans le dos. Totalement immobilisé, il roulait des yeux, affolé.
La brève altercation n’était pas passée inaperçue, et des gardes qui patrouillaient dans le quartier accourraient déjà.
Osmanthe désigna d’un mouvement de tête l’insigne de Traqueur sur sa poitrine et leur remit l’homme qui commencait à se débattre un peu trop à son goût.

- Tentative de meurtre. Déclara-t-il sur un ton dénué de toute émotion, en montrant la jeune fille dont la gorge était désormais barrée d’une mince estafilade écarlate, et qui semblait reprendre ses esprits.

Il recula d’un pas de manière à se placer à la droite de la chanteuse, un peu en retrait par rapport à elle. Il entendit donc parfaitement le mot qu’elle bafouilla sur un ton hésitant.

-Kar…nevale ?

Un simple petit mot qui décupla sa curiosité. La jeune fille regardait sa main et les quelques gouttes de sang qui la maculait, ébahie, perdue.
Les gardes avaient l’air tout aussi paumés, mais dans un autre registre. Leurs têtes faisaient des va et viens entre l’homme qu’ils avaient du mal à contenir, la jeune fille en état de choc et Osmanthe, parfaitement calme, dont l’esprit bien fourni commençait déjà à échafauder des sombres théorie de manipulation et…

Bon. Avant de faire quoi que ce soit, clarifier la situation.
Il fit deux pas en direction des gardes avant d’ordonner sur un ton autoritaire :

- Mettez cet homme en prison. Il a tenté d’assassiner cette demoiselle, comme le prouve la marque sur sa gorge et le couteau à vos pieds. Si vous souhaitez une déclaration, vous avez le choix des témoins. Je suis certain qu’au moins une dizaine de badauds présents sur cette place ont parfaitement vu la scène. Je vais m’occuper de l’interrogatoire de la jeune fille.

Voyant que les gardes ne réagissaient pas à sa déclaration, il leur adressa son regard le plus glacial et repoussa en arrière sa cape, découvrant ainsi son insigne et son uniforme de Traqueur.

- C’est un ordre, précisa-t-il froidement. Exécution.

Les deux hommes semblèrent enfin percuter, et bredouillant des excuses et des approbations de manière presque drôle, s’éloignèrent en essayant de retrouver un peu de dignité, et surtout, faisant de leur mieux pour tenir le meurtrier qui continuait à se débattre furieusement.

Osmanthe leur adressa un dernier regard méprisant avant de se tourner vers la jeune fille. Et de changer radicalement d’attitude.
Il soupira, feignant la lassitude, et eut un demi-sourire.

- Problème réglé en ce qui concerne cet individu. Tout va bien ?

Tendant une main à la chanteuse pour l’aider à se relever, il ajouta :

- Comme je l’ai dit à ces messieurs, il faut que je prenne votre témoignage en ce qui concerne cet incident. Il sera vital pour le procès de votre agresseur. Je suis désolé de vous demander ça alors que vous venez d’échapper de peu à la mort, mais il vaut mieux régler ça rapidement. Si vous le voulez bien, allons dans un endroit plus calme.

Un ton rassurant, très étudié. Un sourire chaleureux… et parfaitement hypocrite. Osmanthe mentait avec aisance. Il mentait les trois quart du temps. Et les gens tombaient sous le charme de ses belles paroles.

La petite chanteuse l’intéressait. Elle pourrait devenir un pion d’une importance capitale, si il la manipulait comme il faut. Elle venait peut-être de se découvrir un Karnevale. Qui dit Karnevale tout nouveau dit possibilité qu’elle soit contactée par les rebelles. Et il lui avait sauvé la vie. Elle avait une dette envers lui.
Si il prenait en compte tous ces éléments, et faisait en sorte qu’ils s’assemblent selon sa volonté… Alors il venait peut-être de trouver un charmant petit appât.

Osmanthe sourit intérieurement. Le jeu était lancé. Comment sa proie allait-elle réagir ?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Sam 1 Jan - 15:10

La jeune fille était toujours dans un état de confusion et perplexe quant à ce qu’il venait de se passer. L’homme à qui elle parlait il y avait quelques instants avait-il réellement tenté de la tuer ? Elle en doutait. Pourtant, le sang qui perlait de sa gorge et le couteau taché de rouge à terre en attestaient. Plus important, ces flashs d’images provenaient-ils vraiment d’un Karnevale qui venait d’éclore en elle ? Comme sa sœur avant elle, il semblait qu’elle avait développé un don, bien que très tardivement.
Elle contemplait toujours le sang sur ses doigts quand elle entendit quelqu’un parler près d’elle. Elle releva la tête. C’était un garçon. Enfin, un jeune homme aux cheveux et aux yeux bleus qui parlait du ton sec et autoritaire de ceux qui savent se faire obéir.

- Mettez cet homme en prison. Il a tenté d’assassiner cette demoiselle, comme le prouve la marque sur sa gorge et le couteau à vos pieds. Si vous souhaitez une déclaration, vous avez le choix des témoins. Je suis certain qu’au moins une dizaine de badauds présents sur cette place ont parfaitement vu la scène. Je vais m’occuper de l’interrogatoire de la jeune fille.

Malgré les ordres très clairs de l’homme, qui savait apparemment ce qu’il faisait, les gardes hésitaient encore. Mais ils n’hésitèrent plus lorsqu’ils virent quelque chose que leur dévoila l’étrange homme en écartant sa cape. Du coin de l’œil, Yimae discerna un insigne. Peut-être faisait-il parti de la police, et suffisamment haut placé pour avoir de l’autorité sur ces gardes. En tout cas, ils obéirent de suite, maladroits et presque effrayés.
Enfin, l’homme aux cheveux bleus se tourna vers elle, lui souriant à moitié.

- Problème réglé en ce qui concerne cet individu. Tout va bien ?

Yimae n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche, n’y même de réfléchir à une réponse que déjà, il enchaînait en lui tendant la main.

- Comme je l’ai dit à ces messieurs, il faut que je prenne votre témoignage en ce qui concerne cet incident. Il sera vital pour le procès de votre agresseur. Je suis désolé de vous demander ça alors que vous venez d’échapper de peu à la mort, mais il vaut mieux régler ça rapidement. Si vous le voulez bien, allons dans un endroit plus calme.

La jeune albinos le contempla un instant, légèrement perdue. Finalement, elle prit la main qu’on lui proposait et se releva, plus assurée. Il lui avait parlé de témoignage, de procès, mais si les autorités découvraient qu’elle vivait dans les rues de la capitale, que se passera-t-il ? Il la reconduirait certainement aux portes de la cité. Ou pire, si elle leur donnait son identité, ils pouvaient même la renvoyer chez ses parents. Chez sa mère, qui la détestait si ardemment.
Il valait mieux pour elle qu’elle mente, qu’elle invente une autre Yimae, si elle voulait continuer sa paisible vie à Amenthalys. Le sourire si amical de l’homme qui lui faisait face faillit la faire douter. Il semblait si proche, si gentil. Il pourrait comprendre sa situation, peut-être même mentir pour elle…
Elle secoua la tête, mettant fin à son monologue intérieur. Elle mentirait sur son identité. Elle avait trop à perdre pour parier sur la gentillesse d’un inconnu. Mais, mis à part sur qui elle était réellement, pourquoi mentir ?
Elle s’apprêta à enfin répondre.

-Oui, je crois que je vais bien. La lame a seulement effleuré ma peau.

Elle passa un doigt sur sa blessure et le brandit devant elle.

-Vous voyez ? Ça ne saigne plus.

Repensant à ce qu’il avait dit par rapport à un endroit calme, elle repéra à sa droite une table libre à la terrasse d’une auberge. L’endroit était tout sauf calme, mais c’était un petit coin entouré de personnes absorbées dans leurs conversations, qui ne leur prêteront aucune attention. Elle s’y dirigea, s’assit, et demanda de l’eau à une serveuse qui passait.
Puis, lentement, elle raconta :

-Je m’appelle Aniel, j’ai 16 ans. Je faisais un petit spectacle dans la rue, et quand j’eus fini, il y a eu cet homme qui m’a abordé. Il disait s’appeler Lagam et me voulait dans sa troupe.

La jeune fille but une gorgée d’eau, essayant de se remémorer avec exactitude la scène.

-Je ne me sentais pas très bien, il m’a demandé comment j’allais. Et puis… Il a pris ma main.

Elle baissa lentement le regard vers ses mains. Elles paraissaient pourtant normales. Elle ne la piquaient plus, ne la brûlaient plus. Ce n’était que des mains blanches aux doigts blancs.

-C’est quand il a touché ma main que ça a commencé. J’ai été comme… Déconnectée de la réalité. J’ai vu des images. Il y avait un homme et une femme dans une ruelle. Et l’homme a tué la femme. C’était étrange parce que l’homme en question ressemblait à Lagam, mais en plus jeune.

Préférant garder pour elle l’absence de couleurs et de sons de la scène, elle prit une inspiration et continua :

-Ensuite, je suis sortie de cette sorte de transe. Et je ne saurais dire pourquoi, mais je lui ai dit… « Vous avez tué la femme. » ou quelque chose comme ça. C’est là qu’il a attrapé mon autre main. Un flot d’images est de nouveau apparut à moi. Cette fois-ci, c’est lui que j’ai vu mourir.

Elle frissonna malgré la chaleur. Si son Karnevale était de voir la mort dans le passé et le futur de ceux qu’elle touchait, elle aurait préféré ne pas recevoir de don.

-Et voilà. Je me suis réveillé et vous étiez là.

Elle lui sourit gentiment. Il ne paraissait pas avoir plus de vingt ans, et pourtant ses yeux étaient si froids… Elle posa sa main sur la sienne.
Sans qu’elle n’ait le temps de se traiter d’idiote, une vague d’images se renversa dans sa tête. Pendant une seconde, elle vit un jeune garçon, la tête baissée, ainsi un grand homme qui le sermonnait furieusement. La scène était dépourvue de couleurs, donc d’après ce qu’elle avait pu comprendre, il s’agissait du passé.
Les images s’évanouirent. Elle ouvrit les yeux.
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Sam 1 Jan - 23:04


-Oui, je crois que je vais bien. La lame a seulement effleuré ma peau.

Osmanthe hocha la tête, sans surprise. Il savait très bien que la blessure de la jeune fille n’était qu’une égratignure, et il n’avait posé la question que pour la forme.

-Vous voyez ? Ça ne saigne plus.

Elle avait passé un doigt sur sa blessure, et le brandissait presque fièrement, de manière à ce qu’il puisse voir qu’il était immaculé. La remarque avait quelque choses d’enfantin qui rassura Osmanthe. Il jouait avec une petite fille, même si elle n’avait sûrement que quelques années de moins que lui, elle n’était pas encore adulte. Contrairement à lui qui l’était depuis bien longtemps. L’enfance était une notion qu’il n’avait jamais réellement connue. Mais quoi qu’il en soit, un enfant était toujours plus facile à manipuler.

Sans prévenir, elle se dirigea d’un pas léger vers une table vide, à la terrasse d’une auberge. L’endroit ne pouvait pas être qualifié de calme, et il y avait un peu trop de monde autour au goût d’Osmanthe. A priori, chacun était absorbé dans sa conversation, mais le jeune homme savait très bien qu’un bon espion est tout à fait capable de soutenir une conversation tout en écoutant celle de la table d’à côté.
Cependant, il ne voulait pas alarmer la demoiselle avec sa méfiance. Il se résolut donc à la suivre, mettant tous se sens en alerte pour repérer le moindre détail qui lui semblerait suspect.
Tandis qu’il s’asseyait, la fille avait déjà eu le temps de commander un verre d’eau qu’une serveuse lui apportait désormais. Sans qu’il ait besoin de poser la moindre question, elle commença à parler, sur un ton lent et mesuré. Un ton qui pouvait sans problème cacher les éventuelles hésitations dues à un mensonge.

-Je m’appelle Aniel, j’ai 16 ans. Je faisais un petit spectacle dans la rue, et quand j’eus fini, il y a eu cet homme qui m’a abordé. Il disait s’appeler Lagam et me voulait dans sa troupe.

Aniel. Etrangement, elle ne lui avait pas donné son nom de famille. Ce qui était pourtant un réflexe quand on se présentait à un inconnu, normalement. Sans sauter sur les conclusions, Osmanthe envisagea la possibilité qu’elle ait menti au sujet de son prénom, ce qui expliquerait qu’elle n’ait pas donné de nom en plus. Inventer à la fois un prénom et un nom, et les prononcer de façon naturelle pouvait s’avérer très difficile quand on n’avait pas l’habitude de mentir. Le jeune homme enregistra aussi le nom de Lagam, même si l’homme ne l’intéressait que moyennement.
Sans rien dire, il encouragea la jeune fille à continuer d’un hochement de tête. Elle s’était arrêté le temps de boire quelques gorgées d’eau, et plissait légèrement le front, visiblement très concentrée.

-Je ne me sentais pas très bien, il m’a demandé comment j’allais. Et puis… Il a pris ma main.

Re-pause. Aniel, si c’était bien son nom, regardait ses mains avec un air étrange, un peu comme si elle s’était attendue à trouver autre choses à leur place. Par réflexe, Osmanthe baissa également les yeux pour observer les mains. Mais à première vue, elle n’avaient rien de spécial. Fines et blanches, peut-être un peu trop soignées pour quelqu’un qui vivait dans les rues, mais rien d’alarmant. L’hésitation de la jeune fille montrait en tous cas qu’elle arrivait au moment crucial de son récit. Il se pencha légèrement en avant, attentif. Il n’avait repéré aucun individu suspect sur la terrasse, et pouvait donc se concentrer exclusivement sur sa future marionnette. Quel était donc son Karnevale ?

-C’est quand il a touché ma main que ça a commencé. J’ai été comme… Déconnectée de la réalité. J’ai vu des images. Il y avait un homme et une femme dans une ruelle. Et l’homme a tué la femme. C’était étrange parce que l’homme en question ressemblait à Lagam, mais en plus jeune.

Osmanthe identifia immédiatement le pouvoir qu’Aniel venait de se découvrir. Voir un évènement du passé d’une personne par simple contact. Un pouvoir peu offensif, mais pourtant redoutable pour les informations qu’on pouvait en tirer, et souvent peu apprécié car il dévoilait sans la moindre retenue les secrets les mieux enfouis. Dans le passé, un fameux espion doté de ce Karnevale s’en était servi pour éliminer de nombreux traître et démanteler quelques complots. Mais cet homme avait acquis une maîtrise quasi-parfaite de son don, et il pouvait choisir quel moment il voulait voir. En plus, il percevait, mais de manière beaucoup moins contrôlée, un moment du futur de la personne qu’il touchait. Un moment crucial, la plupart du temps. Depuis, on n’avait recensé aucun détenteur de ce don. Et voilà qu’il réapparaissait chez une gamine des rues… Il avait eu beaucoup de chance de tomber sur elle, il en était conscient. Parce qu’avec un tel Karnevale, elle devenait encore plus intéressante. Il pourrait apprendre un nombre de choses considérable si il parvenait à la mettre sous sa coupe. Tout à sa réflexion, il faillit manquer la suite du récit d’Aniel.

-Ensuite, je suis sortie de cette sorte de transe. Et je ne saurais dire pourquoi, mais je lui ai dit… « Vous avez tué la femme. » ou quelque chose comme ça. C’est là qu’il a attrapé mon autre main. Un flot d’images est de nouveau apparut à moi. Cette fois-ci, c’est lui que j’ai vu mourir.

Voilà qui confirmait l’analyse d’Osmanthe. Elle avait vu la future mort de son agresseur. De là à savoir pourquoi elle avait prononcé cette phrase qui avait failli lui coûter la vie… Peut-être était-ce un automatisme. Osmanthe avait assisté à des prédictions par une prophétesse, et avait été frappé par la profondeur de la transe dans laquelle elle était plongée. Tellement profonde que sa voix en devenait robotique, ses paroles saccadées, ses yeux vides… et surtout elle ne pouvait s’empêcher de dire à voix haute leur prophétie, et le comble, c’est qu’elle ne s’en souvenait pas ensuite. C’était bête, parce que ça voulait dire que si personne n’était là pour assister à la prédiction, cette dernière tombait immédiatement dans l’oubli. Mais en y réfléchissant, tous les Karnevale possédaient une faille, ou un revers de médaille. Heureusement pour lui, car c’était justement cette faiblesse que les Traqueurs sans pouvoirs comme lui devaient trouver et exploiter pour pouvoir sortir vainqueur d’un affrontement contre un rebelle.

-Et voilà. Je me suis réveillé et vous étiez là.

Bon. Fin du récit, apparemment. Aniel lui adressa un sourire chaleureux, auquel il répondit par automatisme. Il allait ouvrir la bouche pour lui parler de son Karnevale, quand elle posa sans prévenir sa main sur celle du jeune homme. Osmanthe se raidit imperceptiblement. Il n’avait pas l’habitude des contact humains. Enfin, si, mais pas ce genre de contact, spontané et amical… Il réalisa avec une demi-seconde de retard que la jeune fille ne maîtrisait pas son Karnevale. Les yeux fermés, elle venait de replonger dans une transe. Et donc était en train de faire un petit tour dans son passé, à moins que ce ne soit son avenir. Ce qui était absolument néfaste pour ses plans. Parce que le passé d’Osmanthe n’était pas franchement reluisant, et qu’il avait sûrement commis 10 fois plus de meurtres que Lagam. Et donc que la probabilité que la jeune fille ne tombe sur une scène d’assassinat était dix fois plus élevée. Il pensa à retirer brusquement sa mains, mais de toute façon c’était trop tard. A partir du moment où sa peau était entrée en contact avec la sienne, elle avait commencé sa transe. Si il y avait quelque chose de compromettant à voir, elle l’avait déjà vu.
Aniel ouvrit les yeux. Osmanthe s’était préparé à toute éventualité, y compris celle de lui sauter dessus et de la bâillonner pour éviter qu’elle ne crie au meurtre.
Mais à son grand soulagement, elle ne prit pas un air choqué, ne le regarda pas avec crainte et n’essaya pas de prendre ses jambes à son coup. Elle avait juste l’air un peu égaré.

- Qu’est ce que tu as vu ?

Il était passé au tutoiement volontairement, histoire de créer une impression de proximité entre eux. Et il avait posé la question sur un ton neutre, un peu curieux, mais en cachant toute trace d’inquiétude ou de méfiance. Comme si il n’avait absolument rien à se reprocher. Ce qui était vrai, dans la mesure où Osmanthe tuait sans la moindre arrière-pensée, et que le mot regret ne faisait pas partie de son vocabulaire.

- D’après ce que tu m’as raconté, j’ai pu en déduire que tu possédais un Karnevale, même si il était inactif jusqu’à maintenant. Tu peux voir un moment du passé et de l’avenir d’une personne par simple contact physique. Donc je suppose que tu as entrevu quelque chose à mon sujet. Enfin, ça ne me gêne pas, et tu n’es pas obligée de répondre si tu n’en as pas envie.

Surtout, ne pas la forcer à faire quoi que ce soit. Il s’était résolu à jouer le parfait gentleman en sa présence.

- Ah, et à propos de ton récit… Il me faudrait quelques précisions, notamment à propos de ton nom de famille et de ces vision que tu as eues.

Il avait abordé sur un ton tout à fait naturel la question du nom, mais il était à l’affut de la moindre réaction de la jeune fille, histoire de déterminer si elle lui avait menti ou non. Si c’était le cas, il lui faudrait aussi déterminer la raison qui l’avait poussé à le faire. Peut-être cachait-elle quelque chose qu’il pourrait encore utiliser à son avantage. En tous cas, le jeu se déroulait plutôt bien. Le seul imprévu était le Kranevale de la demoiselle, un peu trop dangereux pour lui. Surtout, éviter d’autres contact avec ses mains. Ou le début de confiance qu’il avait installé volerait en éclat, et sa proie lui échapperait.
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Dim 2 Jan - 20:46

- Qu’est-ce que tu as vu ?

Yimae tiqua quand le présumé policier la tutoya, brisant la distance nécessaire entre autorité et victime. Mais après tout, ils avaient sûrement presque le même âge, bien que l’homme avait des yeux infiniment plus matures que son physique jeune ne le présumait. Il avait posé la question avec curiosité, mais sans aucune trace d’inquiétude. Bien sûr, ils existaient certainement quelques personnes dans Sphera qui n’avait absolument rien de négatif, de honteux ou de répréhensible dans leur passé, mais elles étaient très rares. Une personne normale aurait assurément été inquiète que quelqu’un visite son passé, au risque de voir une scène intime. Sachant en plus qu’elle avait pu voir une future mort, n’importe qui serait soucieux de ce qu’elle avait pu voir, dans le passé ou le futur. Mais, elle n’avait rien vu de compromettant, ce qui orientait son interlocuteur vers les rares personnes parfaites de ce monde. Bien que cela restait à prouver.

- D’après ce que tu m’as raconté, j’ai pu en déduire que tu possédais un Karnevale, même si il était inactif jusqu’à maintenant. Tu peux voir un moment du passé et de l’avenir d’une personne par simple contact physique. Donc je suppose que tu as entrevu quelque chose à mon sujet. Enfin, ça ne me gêne pas, et tu n’es pas obligée de répondre si tu n’en as pas envie.

Le ton était parfaitement mesuré, il n’y avait toujours aucune inquiétude dans sa voix. Ca et le fait qu’il lui laissait le choix de lui révéler sa vision ou non faisaient de lui un parfait menteur ou un parfait gentleman. Elle ne voyait aucune objection à lui dire ce qu’elle avait vu. Elle allait répondre quand un détail lui revient. Si, à ses deux premières utilisations de son Karnevale, elle avait à chaque fois prononcé une phrase sur la nature des images qui s’étaient imposées à elle, cette fois-ci, elle n’avait rien dit. Soit, ce qu’elle avait vu n’était pas assez important, soit dire une phrase n’était pas un automatisme dû à son don. Par contre, le déclenchement s’était effectué les trois fois par un contact entre ses mains et les mains d’une autre personne. Elle nota ces détails dans un coin de son esprit, se promettant de tester plus précisément son pouvoir plus tard. Elle s’apprêtait enfin à parler quand le policier rajouta quelque chose :

- Ah, et à propos de ton récit… Il me faudrait quelques précisions, notamment à propos de ton nom de famille et de ces visions que tu as eues.

Les yeux rouges de l’albinos s’écarquillèrent une fraction de seconde avant qu’elle ne se force à prendre un air normal et détaché. Mais il était sûrement trop tard. Un interlocuteur normal n’aurait peut-être pas remarqué son expression passagère, mais un policier… Repérer les détails était tout leur métier, aucune chance qu’il n’ait rien vu. Elle se retint de soupirer. De toute façon, masquer sa véritable identité était une action vaine et stupide. Une albinos de seize ans qui savait chanter et danser… Il n’y en avait pas cent. Un simple appel à témoin et tout Alzen la reconnaissait. Elle ne prit encore aucune décision sur ce qu’elle dirait à propos de ses visions.

-En vous touchant, j’ai simplement vu un homme disputer un jeune garçon, certainement vous.

Elle soupira profondément. L’heure de vérité.

-En réalité, je me nomme Yimae Nnesor. Je suis partie de chez moi, à Alzen, il y a trois ans, et je vis à présent ici.

Elle planta ses yeux couleur sang dans ceux saphir de celui qui l’écoutait.

-Je-ne-veux-pas retourner chez moi, précisa-t-elle en détachant bien les mots.

Elle baissa les yeux sur son poignet, tatoué d’une clé et d’une aile, symbole suprême de la folie de sa mère. Son regard passa sur son épaule, où les cicatrices qui maculaient son dos commençaient et pointaient où sa robe s’arrêtait. Elle se souvenait parfaitement de la période de dix années pendant lesquelles celle qui lui avait donné vie l’avait ignoré. Autant qu’elle se souvenait des trois ans qui suivirent, quand sa mère croyait que l’albinisme venait d’une possession démoniaque ou d’une malédiction. Elle avait eu le courage de fuir et ne regrettait en rien son geste salvateur.

-Quant à mes visions, je ne vois rien de plus à ajouter. Mis à part, peut-être…

Une idée lui apparut. Elle était sûrement stupide, mais elle était trop impatiente de découvrir l’étendue et les limites de son don pour se raisonner. Il fallait qu’elle soit rapide, car l’homme en face d’elle l’était certainement, au vu de son physique svelte et agile. Elle se pencha légèrement vers lui, l’air de lui faire une confidence… et bougea sa main. Ses doigts vinrent effleurer la joue froide de l’homme… sans que rien ne se passe. La jeune fille se recula, s’adossant à la chaise, satisfaite. Si ses mains étaient vectrices de son pouvoir, cela ne suffisait pas.

-Main contre main donc, souria-t-elle.

Il lui restait néanmoins beaucoup de choses à apprendre. Comme savoir si dire ce qu’elle voyait était nécessaire dès lors qu’il s’agissait d’un évènement important. Si elle pouvait voir le futur aussi souvent que le passé. Ou si elle pouvait contrôler ses visions dans le temps ou l’espace. Voire même si elle pouvait contrôler l’activation de son don. Le moyen le plus rapide de savoir tout ça était d’essayer. Presque aussi rapidement que la fois précédente, elle avança sa main vers celle de l’homme aux cheveux bleus…
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Mer 5 Jan - 0:12


En réponse à sa question, les yeux de la jeune fille s’écarquillèrent brièvement. Détail qui n’échappa au jeune homme, et qui lui tira un sourire intérieur. Petite menteuse… En même temps, il était mal placé pour la critiquer, il mentait les trois quarts du temps. Sauf que lui jouait le jeu jusqu’au bout. Alors que mentir pour finir par tout avouer était ridicule. Mais on ne pouvait pas trop la blâmer, le mensonge étant un moyen de défense instinctif. Quoi de plus naturel que de mentir quand on se retrouvait face à un inconnu ?
La brève tentative d’Aniel pour prendre un air naturel l’amusa beaucoup. C’était encore plus suspect que si elle avait gardé son air surpris. Elle dût se rendre compte que son mensonge était irrémédiablement découvert, et laissa tomber sa fausse expression.

-En vous touchant, j’ai simplement vu un homme disputer un jeune garçon, certainement vous.

Le visage d’Osmanthe resta parfaitement neutre. En lui-même, il était profondément soulagé. Elle avait seulement entraperçu une des nombreuses réprimandes que son père lui faisait à longueur de journée. Et encore, elle avait du tomber sur une des plus insignifiantes. Parce que si elle avait vu le garde du corps de l’empereur vraiment en colère, elle aurait sûrement été un peu effrayé. Sans entrer dans les détails, ça faisait à peu près le même effet que de se retrouver face à un grizzli fou de rage. En tous cas, rien de compromettant dans sa vision. Tant mieux.

-En réalité, je me nomme Yimae Nnesor. Je suis partie de chez moi, à Alzen, il y a trois ans, et je vis à présent ici.

Et voilà les aveux. Yimae Nnesor. Un nom étrange. Bizarrement, Osmanthe se fit le réflexion que cela lui allait beaucoup qu’Aniel. La seconde partie de la confession le fit un peu tiquer. La jeune fille avait visiblement volontairement quitté sa maison et vivait sûrement seule depuis trois ans. Qu’est ce qui pouvait bien pousser une gamine d’une douzaine d’années à fuir son propre foyer ? D’un autre côté, Osmanthe avait été élevé dans un milieu aristocratique et autoritaire, où son parcours avait été décidé dès sa naissance, et rigoureusement respecté. Son avenir n’avait jamais été flou, il n’avait jamais manqué de rien. Mais il était conscient de faire partie d’une minorité élitiste, un milieu très éloigné de celui des gens qui se promenaient habituellement sur le marché. Son point de vue était terriblement étroit. C’était une constatation assez frustrante.

-Je-ne-veux-pas retourner chez moi

Yimae avait rivé son regard dans celui du jeune homme, un air buté sur le visage. Osmanthe hocha imperceptiblement la tête. Encore un éventuel moyen de pression qu’il pourrait exercer sur elle. Mais pour ne pas vouloir retourner dans son foyer à tel point que cela pouvait devenir une menace pour elle, la jeune fille devait avoir vécu des moments difficiles. Suivant son regard, il découvrit un étrange tatouage sur son poignet. Une clé et une aile. Il n’y avait pas fait attention. Le regard de Yimae passa ensuite sur son épaule, et Osmanthe remarqua les cicatrices qui dépassaient à peine de la robe, invisibles lorsque les cheveux blancs de la jeune fille se déposaient sur ses épaules. Peut-être avait-elle été maltraitée par ses parents, ce qui expliquerait qu’elle ait fui. Alors qu’il allait demander des précisions, elle le devança pour ajouter :

-Quant à mes visions, je ne vois rien de plus à ajouter. Mis à part, peut-être…

Yimae se pencha en avant avec un air de conspiratrice. Supposant qu’elle allait lui révéler une information supplémentaire, Osmanthe s’avança également un petit peu, sans méfiance. Il tressaillit et recula légèrement quand la main de la jeune fille effleura sa joue. Avant de se figer, inquiet. Venait-elle de saisir par ce contact une bribe de plus de son passé ? Il se maudit intérieurement. Il baissait sa garde, car il estimait que sa future marionnette n’était pas dangereuse. Mais avec ce Karnevale, elle pouvait tout faire échouer. En plus, elle était plus vive qu’il ne l’aurait pensé. Si elle avait été un assassin, elle n’aurait eu aucun problème à lui planter un couteau dans la gorge à ce moment. Tous son corps se remit en alerte, de manière imperceptible. Fini de rêvasser.

-Main contre main donc, sourit Yimae.

Visiblement, elle n’avait rien vu. Tant mieux. Mais cela l’amusait ? Evidemment, un nouveau pouvoir, c’était toujours plaisant. Mais Osmanthe n’appréciait pas de jouer les cobaye. Quand la jeune fille approcha à nouveau sa main de la sienne, dans le but de tester encore une fois son nouveau don, il était prêt. Elle était rapide, et si il n’avait pas suivi un entraînement aussi perfectionné, il n’aurait peut-être pas réussi à éviter le contact. Mais là, avec une rapidité presque surhumaine, il devança la jeune fille et attrapa son poignet, veillant bien à ne pas toucher la main. Sans violence, mais avec fermeté, il plaqua le bras de la l’adolescente sur la table, avant de déclarer sur un ton mi-amusé mi-répréhensif, comme un grand frère qui gronderait gentiment sa petite sœur :

- On se calme, Miss ! Je comprends que tu veuilles essayer ton nouveau pouvoir, mais ce n’est pas pour autant que j’accepte de te servir de cobaye.

Soudain plus grave, il planta ses yeux dans ceux de Yimae, avant de continuer sur un ton sérieux :

- Peu de gens peuvent se vanter d’avoir un passé irréprochable, et je n’en fais malheureusement pas partie. Il y des choses que je préférerais que tu ne voies pas.

L’euphémisme du siècle ! Le jeune homme jouait un jeu, en même temps qu’il mentait effrontément. Il laissa passer un moment de silence, feignant le regret et la honte envers un quelconque souvenir peu glorieux, avant de faire semblant de se ressaisir et de reprendre sur un ton un peu plus enjoué :

- Et je te déconseille de tester comme ça ton Karnevale sur des inconnus. Surtout si tu ne peux pas t’empêcher de dire à voix haute les méfaits que tu découvres. Comme tu as pu le remarquer, certaines personnes ne sont pas à un meurtre près, et tu risquerais fort de réduire ton espérance de vie.

Ce qui serait dommage pour lui aussi. Après tout, ce n’était pas souvent qu’il mettait la main sur un pion aussi intéressant. Mais visiblement, l‘instinct de survie était très moyennement développé chez la demoiselle. Il lui lâcha doucement le bras.

- Sinon, j’aimerais revenir sur la raison pour laquelle tu ne vis plus avec ta famille. J’imagine que c’est sérieux, vu que tu t’es enfuie, mais d’un autre côté je ne peux pas laisser une fille de ton âge avec un Karnevale non maîtrisé se débrouiller toute seule, surtout dans des quartiers aussi mal famés. Si on découvre ton pouvoir, on risque de vouloir te forcer à l’utiliser. Tu as des amis sur qui compter, un endroit sable et correct où dormir ?

Osmanthe, où comment se renseigner en faisant passer ça pour une inquiétude altruiste…

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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Ven 7 Jan - 2:03

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L’étrange jeune homme avait attrapé son poignet, évitant soigneusement tout contact avec sa main, avec une rapidité incroyable. Il plaqua son bras sur la table. Le geste était dénué de violence, mais très déterminé. Il avait enfin une réaction normale. Voire même disproportionnée, si l’on considérait que son geste de défense avait été spontané, automatique, comme si protéger son passé des regards indiscrets relevait de l’instinct de survie. Sa réaction première face à la vision involontaire de Yimae avait ainsi été étudiée et contrôlée. Son passé n’était peut-être pas si parfait finalement.

- On se calme, Miss ! Je comprends que tu veuilles essayer ton nouveau pouvoir, mais ce n’est pas pour autant que j’accepte de te servir de cobaye.


Le ton était presque amusé, mais la jeune fille sentait bien qu’il était inquiet. Inquiet de ce qu’elle pouvait voir, assurément. Tant pis, elle trouverai bien une autre cible pour ses expériences. Soudain, le policier planta ses yeux dans ceux de l’albinos et elle redevint sérieuse.

- Peu de gens peuvent se vanter d’avoir un passé irréprochable, et je n’en fais malheureusement pas parti. Il y des choses que je préférerais que tu ne voies pas.

Il préférait ainsi l’avouer. C’est vrai que cela faisait plus classe, plus professionnel, et surtout moins menteur et moins truand. Il afficha même un air honteux, feint ou sincère. Le côté joueur et insolent de la jeune Alzienne la rendait morte d’envie de connaître ce passé si tumultueux, mais elle préféra s’abstenir. Il se mettrait sûrement en colère si elle le retouchait. Et comme il avait été plutôt gentil avec elle pour l’instant, elle ne voulait pas se mettre à dos quelqu’un qu’elle pouvait garder comme allié.

- Et je te déconseille de tester comme ça ton Karnevale sur des inconnus. Surtout si tu ne peux pas t’empêcher de dire à voix haute les méfaits que tu découvres. Comme tu as pu le remarquer, certaines personnes ne sont pas à un meurtre près, et tu risquerais fort de réduire ton espérance de vie.

Il avança un dernier argument afin de la convaincre de ne pas user de son pouvoir sur lui. Cette profusion de justification était suspecte. Et puis, sa dernière phrase sonnait presque comme une menace, même si elle prenait comme exemple ce Lagam qui avait bien tenté de raccourcir sa vie. Pour la première fois depuis qu’il l’avait abordé, elle commença à se méfier de cet homme dont elle ne connaissait pas même le nom. Il lui lâcha le bras et elle lui accorda un bon point pour ça, elle n’avait pas eu à se dégager d’elle-même.

- Sinon, j’aimerais revenir sur la raison pour laquelle tu ne vis plus avec ta famille. J’imagine que c’est sérieux, vu que tu t’es enfuie, mais d’un autre côté je ne peux pas laisser une fille de ton âge avec un Karnevale non maîtrisé se débrouiller toute seule, surtout dans des quartiers aussi mal famés. Si on découvre ton pouvoir, on risque de vouloir te forcer à l’utiliser. Tu as des amis sur qui compter, un endroit sable et correct où dormir ?

Il passa à un autre sujet, peut-être pour détourner la conversation. Ou peut-être était-elle seulement paranoïaque.

-La raison pour laquelle je me suis enfuie… Eh bien, vous l’avez sûrement constaté, je suis albinos, de naissance évidemment. Cela n’a pas trop plu à ma mère, qui me croyait possédée ou maudite. Elle a tenté de faire sortir le diable de mon corps, d’où les cicatrices dans le dos, puis de me purifier, d’où le tatouage : une clé pour libérer mon âme et une aile pour qu’elle s’épanouisse. Je suis partie sans me retourner.

En parlant, elle désigna du pouce son épaule et agita sa main devant le nez de son interlocuteur. Puis, elle poussa un long soupir. Si sa mère n’avait pas été sotte et superstitieuse, elle aurait su que l’albinisme n’avait rien d’occulte. Elle finit par hausser les épaules. Tout cela était loin derrière elle. Le tatouage n’était pas laid, et les cicatrices blanchâtres se distinguaient à peine sur sa peau pâle. Ce n’était plus qu’un lointain souvenir. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle voulait revoir sa mère.

Ce que venait de lui dire l’homme lui sauta enfin aux yeux. « Si on découvre ton pouvoir, on risque de vouloir te forcer à l’utiliser. » "On" ? Qui était ce "on" ? Lui l’avait déjà découvert, ou plutôt elle lui avait tout raconté, voulait-il la forcer à l’utiliser ? Il ne lui avait rien montré. Mis à part l’obéissance que lui avait témoigné avec réticence les gardes, qu’avait-elle comme preuve de son identité ? Et, même s’il était bien une autorité, quelqu’un de haut placé, qu’en étai-il de sa bonne foi ? Tout le monde, n’importe qui, pouvait utiliser quelqu’un. Les plus grands manipulateurs n’étaient-ils pas des hautes sphères de la société ? Elle commença à se lever, reculant pas à pas.

-Oui, j’ai plein d’amis, j’habite avec eux, d’ailleurs ils doivent m’attendre, ils sont sûrement inquiets… en train de me chercher…

Elle se retourna et s’élança dans la rue, courant de toutes ses forces.
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Sam 8 Jan - 16:26

-La raison pour laquelle je me suis enfuie… Eh bien, vous l’avez sûrement constaté, je suis albinos, de naissance évidemment. Cela n’a pas trop plu à ma mère, qui me croyait possédée ou maudite. Elle a tenté de faire sortir le diable de mon corps, d’où les cicatrices dans le dos, puis de me purifier, d’où le tatouage : une clé pour libérer mon âme et une aile pour qu’elle s’épanouisse. Je suis partie sans me retourner.

Osmanthe n’eut pas ma moindre réaction en entendant l’histoire que la jeune fille venait de lui raconter sans hésitations, avec une spontanéité naïve. Il ne ressentit pas la moindre étincelle de pitié ou de compassion. Il enregistra juste froidement l’information, l’ajoutant à toutes celles qu’il avait déjà pu recueillir sur Yimae, et cela en à peine cinq minutes.
Les parents un peu extrémistes, il connaissait. Son père aurait préféré le voir mourir plutôt que déshonoré. D’ailleurs, si Osmanthe n’avait pas été aussi brillant, il serait mort depuis belle-lurette durant l’un des entraînements que son géniteur lui avait fait subir.
Mais au moins, son père était intelligent. Alors qu’il fallait être d’une bêtise aberrante pour croire que l’albinisme était le résultat d’une malédiction. Il ne s’agissait que d’une mutation sans conséquences, un simple petit allèle déficient. Le jeune homme méprisait la bêtise plus que tout.
Comme pour faire écho à ses pensées, la jeune albinos désigna son épaule où l’on pouvait apercevoir les cicatrices, et lui mit sa main devant les yeux afin qu’il puisse bien voir le tatouage qui l’ornait, avant de lâcher un long soupir.

Et soudain, quelque chose dans son attitude se modifia. Elle se raidit, et une expression de méfiance mêlée peut-être à un peu de peur passa dans ses yeux.
Osmanthe se raidit également, et jeta un rapide coup d’œil autour de lui pour vérifier si la réaction de Yimae n’était pas due à quelqu’un qu’elle aurait aperçu. Mais elle ne fixait pas une personne en particulier. Le jeune homme en déduisit qu’il avait fini par éveiller sa méfiance. Peut-être venait-elle de réaliser qu’elle parlait d’elle depuis cinq bonnes minutes avec un parfait inconnu qui ne s’était même pas présenté. Ou peut-être avait-elle assimilé ce qu’il avait dit à propos de son don, et qu’elle l’avait appliqué au pied de la lettre, en commençant par se méfier de la seule personne au courant de son Karnevale, c'est-à-dire lui.
Il faut dire que certaines de ses phrases pouvaient parfaitement être interprétées comme des menaces, et que si la jeune fille était un peu trop naïve, elle n’était sûrement pas aussi stupide que sa mère.

Il la regarda se lever et esquisser quelques pas pour s’éloigner de lui avec un amusement qu’il ne chercha même pas à camoufler. Yimae ne serait peut-être pas si facile que ça à manipuler, mais elle lui avait donné suffisamment d’éléments sur elle pour qu’il puisse la forcer à effectuer quelques petites tâches pour lui. Bien qu’il ait perdu le peu de confiance qu’elle lui accordait au début de leur rencontre, il était confiant. Elle aurait beaucoup de mal à lui échapper.

-Oui, j’ai plein d’amis, j’habite avec eux, d’ailleurs ils doivent m’attendre, ils sont sûrement inquiets… en train de me chercher…

Et sur ces mots hésitants, elle prit ses jambes à son coup, sous le regard tranquille du jeune homme. Il lui laissa dix secondes d’avance, le temps de se lever sans se presser, d’enfiler une fine paire de gants noirs et de rajuster sa cape.
Puis il se lança à sa poursuite.
La foule n’était pas très dense, mais suffisamment pour ralentir quelqu’un qui n’avait pas l’habitude des rues du marché. Mais le jeune homme s’était déjà fait avoir une fois, et cette fois il faisait attention. Agile comme un chat, il louvoya avec aisance entre les badauds et aperçut très rapidement Yimae, quelques mètres devant lui.
Il accéléra un petit peu, jusqu’à la rattraper et refermer une poigne de fer sur son épaule, la stoppant net dans sa course.
Il la poussa sans violence, mais sans douceur non plus jusqu’à l’entrée d’une petite ruelle.
Là, il la fit pivoter face à lui et la lâcha, avant de demander sur un ton moqueur :

- Quelque chose ne va pas ? Ce n’est pas très poli de s’enfuir comme ça sans prévenir. Surtout que ça pourrait être mal interprété. En général, ce sont les gens qui ont des choses à se reprocher qui fuient les forces de l’ordre.

Sans se départir de son sourire amusé, il écarta un pan de sa cape, dévoilant son insigne de Traqueur, avant de se présenter en bonne et due forme.

- C’est vrai que j’ai oublié de me présenter, ce n’était pas non plus très poli de ma part. Osmanthe Cathair, Traqueur. Et je ne peux pas te laisser repartir comme ça. Surveiller et protéger les détenteurs de Karnevale est notre métier. Il va donc falloir que tu m’accompagnes jusqu’à la mairie, ou au palais pour déclarer ton pouvoir, et remplir un formulaire détaillé sur ton identité et ta situation.

Il fit une petite pause, le temps que la jeune fille digère les informations. Il n’avait pas ajouté « de gré ou de force » à la fin de sa phrase, parce qu’il trouvait la formule un peu grossière. Mais c’était clairement sous-entendu par le ton sans répliques qu’il avait employé.

- Si tu veux qu’un des tes amis t’accompagne, on peut passer par là où tu habites, avant.

Histoire de vérifier la véracité de ses propos et de repérer l’endroit où elle vivait. Parce qu’il était pratiquement sûr que Yimae n’avait pas autant d’amis qu’elle l’avait prétendu. Et même si elle avait dit la vérité, la présence d’un ami ne le dérangeait pas – après tout il était très bien de maîtriser deux gamins à la fois – et en plus cela la rassurerait peut-être.


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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Jeu 13 Jan - 2:15

En se retournant, elle avait aperçu l’ombre d’un sourire sur le visage de l’homme. Elle était donc tombée sur un manipulateur du genre fou. Et un très doué. L’alzienne ne voulait pas en savoir plus sur lui, elle voulait juste s’enfuir, s’éloigner le plus loin possible de cet homme qui savait tout d’elle et dont elle ne savait rien. Elle courrait, évitant habilement les passants avec la force de l’habitude. Un petit peu plus loin, à quelques mètres, elle connaissait une auberge où elle pourrait se cacher. Il lui suffisait d’atteindre la porte, à quelques pas…

Une main se referma sur son épaule, l’immobilisant malgré son élan. Immédiatement, il la poussa dans la ruelle déserte qu’elle cherchait à atteindre.

- Quelque chose ne va pas ? Ce n’est pas très poli de s’enfuir comme ça sans prévenir. Surtout que ça pourrait être mal interprété. En général, ce sont les gens qui ont des choses à se reprocher qui fuient les forces de l’ordre.

Il la réprimandait gentiment, un air narquois fixé sur le visage. La seule chose qu’elle avait à se reprocher, c’était d’avoir naïvement fait confiance à un inconnu, si persuasif et chaleureux soit-il. Elle lui avait tout raconté stupidement, il savait son nom, son histoire, et même son pouvoir. Pas étonnant qu’il ait cherché à éviter tout contact avec ses mains, une seule vision mal placée et toute sa couverture partait en lambeau. Et maintenant qu’elle lui avait révélé sa vie entière, les moyens de pression qu’il détenait sur elle étaient très, trop, nombreux.

Il écarta sa cape, sur ses habits, un insigne brillait. Cette fois-ci, Yimae le reconnut. Un insigne de Traqueur évidemment. De tous les instants où son Karnevale aurait pu éclore, il avait fallu que ce soit non loin d’un Traqueur. Elle était bel et bien maudite. Elle avait absurdement parlé à cœur ouvert à un agent de l’Empereur, à un exterminateur de Karnevaliens.

- C’est vrai que j’ai oublié de me présenter, ce n’était pas non plus très poli de ma part. Osmanthe Cathair, Traqueur. Et je ne peux pas te laisser repartir comme ça. Surveiller et protéger les détenteurs de Karnevale est notre métier. Il va donc falloir que tu m’accompagnes jusqu’à la mairie, ou au palais pour déclarer ton pouvoir, et remplir un formulaire détaillé sur ton identité et ta situation.

« Surveiller et protéger les détenteurs de Karnevale. » La formulation était aberrante. Plus que surveillées, les personnes dotées de pouvoirs étaient emprisonnées, utilisées, ou même tuées. Elle appartiendrait sûrement bientôt à la seconde catégorie, doublées éventuellement de la première. Elle préféra ne pas penser à la troisième solution. Il fallait qu’elle aille à la mairie. Elle allait se faire recenser, être un nom de plus sur la liste des personnes connues ayant un Karnevale, être un trophée de chasse d’Osmanthe le Traqueur.

- Si tu veux qu’un des tes amis t’accompagne, on peut passer par là où tu habites, avant.

Elle leva la tête haute. Jamais. Jamais elle n’associerait ses amis aux ennuis qu’elle avait. Elle était seule responsable de ses erreurs. Elle en avait déjà si peu… Elle ne pouvait pas les décevoir. Même si, étant sans Karnevale, ils ne risquaient pas de figurer sur la liste d’un Traqueur, la jeune fille ne voulait pas les mettre dans l’embarras. Sans compter qu’ils pouvaient représenter une nouvelle source de pression sur elle. Elle ne les mettrait pas en danger. Et hors de question de montrer au Traqueur où elle habitait.

Sa situation était réellement critique. Une fois sur les listes officielles, n’importe quelle autorité, Traqueurs ou simples policiers, pourra l’utiliser à sa guise. Être la marionnette d’une seule personne était suffisamment gênant. Si elle voulait un minimum de liberté, elle devait s’enfuir, et éviter qu’Osmanthe la retrouve, ou conclure un pacte avec lui. Ignorant sa proposition de contacter un ami, elle alla directement au but.

-Je te propose un marché. Tu ne me dénonces pas, tu ne me marques pas sur la liste, tu ne me fais pas de mal. En échange, je te rends quelques services de temps en temps et je ne me cache pas lorsque tu me cherches.


Instinctivement, elle était passée au tutoiement, certainement afin de montrer le dégoût qu’il lui inspirait. Il avait à y gagner l’exclusivité de ses services, mais s’il était trop orgueilleux, il pouvait préférer exhiber sa nouvelle prise. Elle pria pour qu’il accepte.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Jeu 13 Jan - 22:43

-Je te propose un marché. Tu ne me dénonces pas, tu ne me marques pas sur la liste, tu ne me fais pas de mal. En échange, je te rends quelques services de temps en temps et je ne me cache pas lorsque tu me cherches.

Osmanthe sourit franchement. Etait-ce du dégout qu’il pouvait entendre dans la voix de la jeune fille ? Avait-elle compris à quel point elle s’était faite avoir ? En tous cas, il pouvait sûrement l’ajouter à la longue liste des personnes qui préféreraient le voir mort plutôt que vif. Osmanthe s’étonnait toujours de la facilité avec laquelle il arrivait à se faire détester par les gens, alors que lui ne ressentait rien de particulier à leur égard.

En tous cas, la demoiselle avait vite compris la situation, et avait judicieusement choisi le meilleur moyen de s’en tirer. A savoir, faire un marché avec lui. Sauf que les conditions qu’elle avait posées n’étaient pas suffisamment satisfaisantes pour lui. Il allait donc falloir négocier. Enfin, vu qu’il était largement en position de force, ça allait être du gâteau. Yimae avait beaucoup à perdre, alors qu’il avait tout à gagner.
Il laissa volontairement passer quelques secondes, l’attente étant toujours un moyen de pression très efficace. Il avait pris un air pensif, comme s’il réfléchissait attentivement à la proposition. Finalement, il prit la parole sur un ton doux et menaçant à la fois.

- Eh bien, on peut dire que tu ne perds pas le nord. Tu as beaucoup à gagner dans la proposition que tu m’as faite, mais moi, quel serait mon intérêt ? « Quelques services de temps en temps » de ta part ? Et ta promesse que tu ne chercheras pas à t’enfuir ? Les gens tiennent rarement leurs promesses quand il y a tant d’intérêts en jeux. Tu pourrais t’évanouir dans la nature à n’importe quel moment. Même si ce ne serait pas très judicieux de ta part, étant donné que le réseau d’information des Traqueurs n’a aucune limite…

Il fit une pause le temps de s’appuyer nonchalamment contre le mur, et planta son regard dans celui de Yimae.

- Donc je vais redéfinir les termes du contrat, si tu veux bien.

Re-pause. Il plongea sa main dans sa poche, et en ressortit un pendentif accroché au bout d’une chaîne. Discret mais joli, il s’agissait d’une petite clé aux motifs complexes, taillée dans une matière qui pouvait évoquer un cristal aux reflets bleutés. Au centre du pendentif, un oiseau aux longues ailes déployées. Il la laissa se balancer quelques secondes devant le visage de la jeune fille, un petit sourire aux lèvres.

- Ce n’est pas une clé supplémentaire pour libérer ton âme, ironisa-t-il, tout en lui rappelant implicitement combien elle lui en avait dit sur son passé. Il s’agit d’un émetteur à la pointe de la technologie Alzienne. Grâce à ça, je pourrais suivre le moindre de tes mouvements et savoir exactement où tu te trouves. Dès que j’aurais besoin de tes services, elle émettra de la chaleur. Pratique, non ?

L’air narquois, il se redressa pour s’approcher de l’adolescente et lui montra le système de fermeture de la chaîne.

- Comme tu peux le voir, c’est une chaîne qui se ferme grâce à un code à 5 chiffres. Tu ne pourras pas l’enlever. Si tu essayes de la couper, ou de le détruire d’une manière ou d’une autre, j’en serais immédiatement averti. Et non seulement je n’aurais aucun problème à mettre la main sur toi, mais en plus il se pourrait que tes amis, que je ne vais avoir aucun mal à retrouver, reçoivent une petite visite…

C’était une menace très claire. Jouer les méchants n’amusait pas spécialement Osmanthe, et il avait toujours trouvé lâche d’utiliser les proches comme moyen de pression. Cependant, c’était aussi ce qui était le plus efficace, l’option la plus logique et la plus sûre. C’était donc sans scrupules qu’il avait prononcé les mots.
Il fit quelques pas en arrière, et, faisant tournoyer le pendentif au bout de sa chaîne, sourit à Yimae.

- Ce sont mes conditions. Soit tu les acceptes, je te remet ce pendentif, et je te laisse repartir tranquillement, soit tu refuses et nous allons de ce pas à la mairie. Fais ton choix…


La petite clé se balançait avec un mouvement presque hypnotique au bout de l’index du jeune homme. Cette clé qui symbolisait pour l’instant l’enfermement. L’oiseau et ses ailes déployées, incarnation même de la liberté, semblait la narguer. L’ironie de la situation tira un sourire amer à Osmanthe. La vie était souvent bien cruelle pour les petites oiseaux tombés du nid mais qui cherchaient malgré tout à prendre leur envol. Nul doute que si la jeune fille acceptait de mettre la chaîne, elle serait condamnée à rester à terre éternellement.

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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Lun 17 Jan - 21:57

Le traqueur semblait réfléchir, un air songeur ancré sur ses traits fins. Pendant quelques instants, il resta immobile, avant de répondre :

- Eh bien, on peut dire que tu ne perds pas le nord. Tu as beaucoup à gagner dans la proposition que tu m’as faite, mais moi, quel serait mon intérêt ? « Quelques services de temps en temps » de ta part ? Et ta promesse que tu ne chercheras pas à t’enfuir ? Les gens tiennent rarement leurs promesses quand il y a tant d’intérêts en jeux. Tu pourrais t’évanouir dans la nature à n’importe quel moment. Même si ce ne serait pas très judicieux de ta part, étant donné que le réseau d’information des Traqueurs n’a aucune limite…


Il avait mis le doigt sur la faiblesse du marché qu’elle avait proposé. Une relation basée sur la confiance n’avait aucune chance de fonctionner. Elle profiterai de la première chance pour s’enfuir et il le savait. Comme elle savait qu’il la retrouverai très peu de temps après.

Il la regarda droit dans les yeux et continua :

- Donc je vais redéfinir les termes du contrat, si tu veux bien.


Après un temps d’arrêt, il sortit de sa poche un pendentif. Une magnifique clé bleutée se balançait au bout d’une chaîne. Et au centre, un oiseau prenant son envol. L’ensemble était superbe et sûrement coûteux. Il attendit quelques secondes de plus, souriant. Yimae ne voulait pas en entendre plus, elle sentait qu’il allait proposer à son tour un marché nuisible qu’elle ne pourrait pas refuser.

- Ce n’est pas une clé supplémentaire pour libérer ton âme.

Elle serra les poings, rageant. Railleur, il se moquait ouvertement de sa naïveté. Bien de ses amis ne savaient pas la moitié de tout ce qu’elle avait raconté à Osmanthe le Traqueur.

- Il s’agit d’un émetteur à la pointe de la technologie Alzienne. Grâce à ça, je pourrais suivre le moindre de tes mouvements et savoir exactement où tu te trouves. Dès que j’aurais besoin de tes services, elle émettra de la chaleur. Pratique, non ?


Elle ouvrit des yeux stupéfaits. Elle s’attendait à tout sauf à ça. Une laisse, ce n’était rien de moins qu’une laisse. Elle allait lui appartenir comme un chien appartient à son maître. Sa liberté ne serait plus qu’apparente. Mais il y avait une faille. Elle pouvait très bien l’enlever, l’abandonner dans une poubelle et disparaître. Le Traqueur y avait sûrement pensé. Il s’approcha d’elle en lui montrant la chaîne. Il n’y avait pas le crochet habituel pour la fermer. A la place, une série de petits anneaux coulissant dévoilaient des chiffres. Il fallait un code pour ouvrir l’attache.

- Comme tu peux le voir, c’est une chaîne qui se ferme grâce à un code à 5 chiffres. Tu ne pourras pas l’enlever. Si tu essayes de la couper, ou de le détruire d’une manière ou d’une autre, j’en serais immédiatement averti. Et non seulement je n’aurais aucun problème à mettre la main sur toi, mais en plus il se pourrait que tes amis, que je ne vais avoir aucun mal à retrouver, reçoivent une petite visite…

Un code à cinq chiffres. Il y avait quelques cents mille possibilités. Elle pouvait mourir de vieillesse avant de trouver la bonne association de chiffres. Elle ne pouvait pas l’enlever par l’attache, ni en sectionnant la chaîne. Prisonnière d’un simple bijou, quelle ironie. Et même si elle s’en débarrassait et parvenaient à se cacher de lui, il s’en prendrait à ses amis. La chance l’avait de nouveau abandonné. Osmanthe recula, jouant avec le pendentif. Elle ne le regarda pas, ne lui laissant pas la joie d’admirer son air défait.

- Ce sont mes conditions. Soit tu les acceptes, je te remets ce pendentif, et je te laisse repartir tranquillement, soit tu refuses et nous allons de ce pas à la mairie. Fais ton choix…

Yimae n’avait plus d’option. La proposition du Traqueur lui laissait un semblant de liberté, contrairement à sa position si elle devenait le jouet de toutes les autorités de Sphera. Elle était obligée d’accepter. Mais elle se fit la promesse de se libérer un jour de son emprise. Même si elle devait mentir, voler, tuer, elle viendrait à bout de cette clé qui l’enchaînait. Elle leva lentement les yeux et lança un regard glacé à son geôlier. Prenant une inspiration, elle déclama distinctement ce qu’elle avait à dire.

-Fais attention à toi Traqueur. Je ne serai pas longtemps la proie.

Elle se retourna tout doucement, relevant ses cheveux de neige et présentant sa nuque, en l’attente du sceau qui condamnerait son avenir avant qu’elle ne trouve une solution. Dans sa tête, elle commença le décompte des codes possibles. 00001. 00002. 00003…
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Jeu 20 Jan - 23:24


Coincée. Elle était coincée, elle n’avait pas le choix. Cela se lisait dans son attitude figée, ses muscles crispés, ses poings serrés. Elle leva lentement les yeux vers Osmanthe, comme si elle répugnait à le regarder. Et lui lança un regard polaire. Qui ne lui fit ni chaud ni froid, sans mauvais jeux de mot. Il avait tellement l’habitude qu’on le regarde ainsi. Il y avait eu un moment où cela le blessait un petit peu. Lorsqu’il était enfant, et qu’il n’avait pas encore été endurci par les terribles entraînements moraux et physiques de son père. Mais aujourd’hui, il était capable de tuer un inconnu sans arrières pensées. Alors qu’est ce qu’un regard noir de la part d’une gamine trop naïve pouvait bien lui faire !
Après une inspiration, elle déclara avec hauteur et fierté :

-Fais attention à toi Traqueur. Je ne serai pas longtemps la proie.

Il fallait avouer que ça sonnait bien. Et il lui accordait qu’elle faisait preuve d’un sang-froid impressionnant. Certaines aurait éclaté en sanglots pour moins que ça. Ce qui, loin de l’attendrir, aurait plutôt contribué à l’exaspérer. Mais là, elle préservait au moins sa fierté, à défaut de sa liberté.

Yimae lui tourna le dos et releva ses cheveux pour lui présenter sa nuque. Une marque de fausse docilité de sa part. Souriant, il enleva ses fins gants noirs, avant de passer la chaîne autour du cou de la jeune fille. Tout en composant le code qui allait enfermer à jamais le futur l’adolescente dans un boîte noire, il souffla sur un ton amusé :

- Beaucoup disent ça, quoique souvent avec moins de panache. Mais à ce jour, personne ne m’a échappé. Et si tu n’es pas la proie, que seras-tu ? Tu n’as pas le profil d’un prédateur. Pas pour l’instant, en tous cas.

Un dernier petit cliquetis de rouages, et il relâcha la chaîne qui retomba mollement sur la poitrine de Yimae. Toujours derrière elle, il continua sur le même ton :

- Parce que pour être un prédateur, il faut être capable d’une chose, au moins. Une toute petite chose, qui peut paraître si simple, si bête, mais qui nécessite une très grande force morale, ou au contraire une absence totale de morale. Tu n’as ni l’un ni l‘autre.

Avant de la laisser partir, il voulait tester son pouvoir. Maintenant qu’elle savait qui il était réellement, peu importait qu’elle voit des épisodes de son passé. Il n’avait rien à cacher, étant donné qu’elle avait déjà un aperçu de son manque d’éthique. Et voir quelques meurtres en direct la dissuaderait peut-être d’essayer d’échapper à son emprise. Et de choisir une vie soumise mais calme.

- Cette chose, c’est tuer.

Et d’un geste rapide, il attrapa sa main. Et fouilla dans ses souvenirs. Pour se remémorer plusieurs meurtres qu’il avait commis.
Il y avait cet homme, ce rebelle qu’il avait exécuté froidement devant ses camarades pour l’exemple, et pour les convaincre de se rendre. Une balle dans la tête. Un assassinat comme un autre. D’ailleurs, cela lui évoqua la façon dont il avait tué un espion infiltré au sein des Traqueurs. Jugulaire tranchée à l’issue d’un combat dont il n’était pas ressorti non plus indemne. Et puis il y avait eu tous ces meurtres faciles, attendre à un endroit stratégique, posté en sniper, et ensuite une simple petite pression sur la gâchette pour détruire à jamais une vie. C’est vrai, il était si simple de tuer. Pourtant même lui en faisait parfois de mauvais rêves. Ce qui montrait qu’une minuscule petite partie de morale lui restait quand même, bien enfouie sous des tonnes de froideur, de sarcasmes et de flegme.
Se remémorer des instants précis tout en lui laissant voir son passé le renseignerait sur une chose à propos de son Karnevale. Si elle ne pouvait pour l’instant pas choisir le moment qu’elle voyait, sa « victime » le pouvait-elle ? Était-elle en ce moment en train d’assister aux meurtres successifs dont il s’était remémoré ?
Il lui lâcha la main et resta silencieux, attendant sa réaction avant de lui poser toute question.
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Sam 22 Jan - 16:46

A travers ses paupières à demi closes, elle distingua les doigts fins d’Osmanthe qui passa la chaîne argentée autour de son cou. Elle entendit les anneaux chiffrés cliqueter en tournant. Juste derrière elle, trop proche, le Traqueur lui souffla à l’oreille des mots qui la firent frissonner.

- Beaucoup disent ça, quoique souvent avec moins de panache. Mais à ce jour, personne ne m’a échappé. Et si tu n’es pas la proie, que seras-tu ? Tu n’as pas le profil d’un prédateur. Pas pour l’instant, en tous cas.

Il avait raison. Si elle était loin d’être une fille choyée par la vie, incapable de vivre sans une escouade de majordomes, tellement entourée qu’elle ne savait plus s’alimenter ou s’habiller, elle n’avait pas non plus la fibre de l’autorité, de la violence, du calme meurtrier. Elle était juste débrouillarde, vivant de peu avec joie. Elle ne s’abaissait même pas à voler, bien qu’elle en aurait eu besoin plus d’une fois. Elle avait des valeurs qu’elle respectait.

La chaîne enfin attachée, le pendentif glissa sur sa peau, glacé. Toujours avec une voix amusée, il continua.

- Parce que pour être un prédateur, il faut être capable d’une chose, au moins. Une toute petite chose, qui peut paraître si simple, si bête, mais qui nécessite une très grande force morale, ou au contraire une absence totale de morale. Tu n’as ni l’un ni l‘autre.

Yimae savait bien où il voulait en venir. Et la façon dont il en parlait lui glaçait le sang. Une « toute petite chose », « si simple, si bête ». Parlait-il donc de la mort comme on parlait d’un détail insignifiant ? Cet homme se situait bien dans la seconde des catégories qu’il évoquait. Commettre un meurtre lui était indifférent. Juste une broutille dans le flot de son passé.

- Cette chose, c’est tuer.

Sans qu’elle n’ait pu esquisser un seul geste, il saisit sa main.

Une seconde scène d’enfance s’ébaucha dans son esprit… Avant d’être balayée violemment. Des images tentaient de s’insérer de force dans sa tête. Elle se sentit sombrer dans les tableaux sans sons et sans couleurs. Quelques personnes. Tout le monde sursaute et semble hurler quand l’un s’effondre, le crâne explosé. Et Osmanthe qui s’éloigne, calme, serein. Pour réapparaître tranchant une gorge, le sang coulant à flot, se répandant pour former une immense mare. Et tout ces gens qui s’écroulent au loin, transpercés par une balle meurtrière. Osmanthe sur toutes les scènes, repartant paisiblement, insensible.

Elle ouvrit les yeux. Et tomba à genoux. Ses mains vinrent enserrés ses tempes jusqu’à s’en faire mal et elle hurla. Pendant de longues secondes, incapable de se contrôler, elle cria. Jusqu’à que sa gorge s’enraye.

A bout de souffle, quelques larmes perlant de ses yeux rouges, elle s’accrocha désespérément au mur et s’en aida pour se relever. Contrecoup de ce qu’elle venait de voir ou abus de l’utilisation de son Karnevale, une chape de brume s’abattit sur elle. Le collier, sa nouvelle acquisition, pesait lourd sur sa nuque et semblait l’entraîner vers le fond. Mais elle tint bon, malgré ses jambes flageolantes. D’un revers rageur, elle essuya ses yeux. Si elle atteignait l’entrée de l’auberge qu’elle connaissait, elle pourrait se cacher, puis jeter le pendentif et prévenir ses amis. Mais cette solution incluait de courir et elle s’en sentait absolument incapable pour le moment. Elle pouvait aussi attraper le couteau qui était caché sous ses vêtements et attaquer le Traqueur. Encore plus mauvaise idée, il avait beaucoup plus d’expérience et de force qu’elle et la désarmerait en un clin d’œil. Elle ne pouvait donc rien faire pour s’échapper ?

Repartir en acceptant le collier, remettre le problème à plus tard, était une solution, mais avec ce qu’elle venait de voir, elle ne pouvait pas. Le dos toujours tourné au Traqueur, il fit mine de réajuster sa robe et attrapa son poignard. Elle se retourna enfin, pointant l’arme vers Osmanthe.

-Vous êtes fou. Donnez moi le code.

D’un geste sûr, elle empoigna l’arme blanche et posa le fil glacé sur son propre cou.

-Donnez moi le code. Ou je ne serai plus la proie, mais la victime.

L’albinos se prenait elle-même en otage. Ignorant la douleur, elle tenta de rendre son bluff plus vraisemblable en faisant couler une goutte de sang le long de sa peau pâle.
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Dim 23 Jan - 20:19



La jeune fille tomba à genoux, sans qu’Osmanthe n’esquisse le moindre geste pour tenter de la rattraper. Il l’observait avec intérêt, calmement, comme un savant fou observerait un cobaye soumis à une expérience particulièrement sadique.
Yimae saisit sa tête à deux mains, et hurla. Réaction normale face à la vision choquante de plusieurs meurtres plus violents les uns que les autres. Le jeune homme en déduisit qu’elle avait bien vu les souvenirs qu’il avait tenté de lui imposer. C’était bon à savoir. Cela voulait dire que, lorsqu’il aurait besoin de ses services dans le cadre d’un interrogatoire, il pourrait obtenir des informations sur une scène précise s’il pouvait amener le suspect à se remémorer l’information qui l’intéressait.
Et la fille qui criait toujours. Il allait faire un pas dans sa direction, dans le but de la faire taire, quand elle s’arrêta d’elle-même. Ou plutôt que ses cordes vocales s’arrêtent d’elle-même.
Osmanthe reposa son regard froid sur elle. Haletante, les larmes aux yeux, tremblant de tous ses membres, l’utilisation de son pouvoir avait visiblement des effets néfastes sur elle. Il faudrait qu’il en tienne en compte, afin de ne pas abuser de ses forces. A la vue de l’état dans lequel elle était, une minuscule once de compassion traversa le regard du jeune homme. Compassion qui s’évanouit aussi vite qu’elle était venue. Son insensibilité reprit vite le dessus, et il s’intéressa plutôt à ce qu’elle était en train de faire. Comme elle était de dos, il ne pouvait pas distinguer précisément ce qu’elle farfouillait. Bizarre de réajuster sa robe dans de telles circonstances.
Quand elle se retourna vers lui, un poignard à la main, pointé dans sa direction, et l’air déterminé, il faillit éclater de rire. Que comptait-elle faire avec cette arme dont elle ne savait sûrement même pas se servir correctement ?

-Vous êtes fou. Donnez moi le code.

Et avant qu’il ait pu répliquer, elle posa le poignard sur sa gorge. Une lueur amusée s’alluma dans le regard d’Osmanthe. Elle se montrait étonnamment obstinée et coriace. Mais elle ne résoudrait rien comme cela. Déjà, elle avait peur. Peur de lui, le fait qu’elle soit repassée au vouvoiement le montrait. Peut-être peur de finir comme ses autres victimes. Mais dans tous les cas, elle avait peur pour elle-même. Donc elle ne pouvait pas en même temps vouloir sérieusement attenter à sa propre vie.

-Donnez moi le code. Ou je ne serai plus la proie, mais la victime.

Osmanthe eut un sourire presque bienveillant quand il la vit appuyer légèrement sur son cou jusqu’à faire apparaître une goutte de sang. Proie, victime, elle jouait sur les mots. Mais en l'occurrence, elle n'était déjà plus une proie, étant donnée qu'il l'avait attrapée. Elle se situait don déjà dans la catégorie des victimes.

- Penses-tu vraiment que tu vas résoudre quoi que ce soit comme ça ? Pour commencer, je ne te crois pas capable de mettre fin à tes jours, là maintenant. Alors laisse ta pauvre gorge tranquille, je crois qu’elle a suffisamment été malmenée pour aujourd’hui.

Il fit un pas, puis deux dans sa direction, tout en continuant à parler.

- Et même si tu était assez inconsciente pour te suicider ici, cela vaudrait mieux pour moi plutôt que te donner le code. Parce que libre, tu risquerais de devenir une gêne, à cause de ton Karnevale. En clair, tu es pour l’instant dans la situation la plus enviable pour toi. Tu n’as peut-être pas toute ta liberté, mais tu es vivante, et tu disposes de plus d’une protection de ma part vu que j’ai besoin de tes pouvoirs. Alors que si tu échappe à mon emprise, je signalerai ton Karnevale aux autorités, et avec un don aussi dangereux, peu de chance que l’on te laisse vivre ta petite vie tranquille. Et là, tu auras tous les Traqueurs après toi, avec pour but de t’emprisonner, au mieux, et de te supprimer, au pire.


Le raisonnement était tout à fait logique du point de vue du Traqueur. Il savait très bien la manière dont fonctionnait l’administration de l’empereur. Une fois sur les listes des Karnevales, elle n’aurait plus la moindre parcelle de liberté.

- Alors lâche cette arme, ce serait dommage de te blesser bêtement parce que tu ne sais pas t’en servir. Lâche la ou je m’en charge.

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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Jeu 10 Fév - 22:05

Lorsqu’elle pointa son poignard vers le Traqueur, il la regarda avec un sourire amusé. Evidemment. Ainsi qu’elle l’avait prévu, il se sentait, et était, bien supérieur à elle physiquement. Et dès qu’elle glissa la lame sur sa peau, elle vit clairement qu’il ne la prenait au sérieux. Et il avait raison. Elle n’avait aucune intention de se faire du mal. Son bluff déjà vacillant avait été percé à jour en un rien de temps.

- Penses-tu vraiment que tu vas résoudre quoi que ce soit comme ça ? Pour commencer, je ne te crois pas capable de mettre fin à tes jours, là maintenant. Alors laisse ta pauvre gorge tranquille, je crois qu’elle a suffisamment été malmenée pour aujourd’hui.

Il avait absolument raison et il le savait. Elle n’avait plus qu’à laisser tomber l’arme à terre et se rendre. Elle n’avait plus qu’à abandonner sa liberté. Mais elle ne pouvait s’y résoudre. Elle relâcha légèrement sa prise sur la dague et l’éloigna de sa gorge déjà coupée par Lagam et par sa propre main. Mais elle la laissa en suspens, tout près de son cou.

Elle tenta de reculer quand Osmanthe avança vers elle, mais elle buta contre le mur, derrière son dos. Il continua de parler sur un ton tranquille.

- Et même si tu était assez inconsciente pour te suicider ici, cela vaudrait mieux pour moi plutôt que te donner le code. Parce que libre, tu risquerais de devenir une gêne, à cause de ton Karnevale. En clair, tu es pour l’instant dans la situation la plus enviable pour toi. Tu n’as peut-être pas toute ta liberté, mais tu es vivante, et tu disposes de plus d’une protection de ma part vu que j’ai besoin de tes pouvoirs. Alors que si tu échappe à mon emprise, je signalerai ton Karnevale aux autorités, et avec un don aussi dangereux, peu de chance que l’on te laisse vivre ta petite vie tranquille. Et là, tu auras tous les Traqueurs après toi, avec pour but de t’emprisonner, au mieux, et de te supprimer, au pire.


Il ne pouvait pas lui donner le code. Et même s’il lui donnait, elle ne serait pas libre pour longtemps. A moins de tuer Osmanthe, ce dont elle était incapable, elle serait à jamais poursuivie par les Traqueurs. Et s’ils la retrouvaient… Elle serait leur esclave toute sa vie. Elle le savait, elle le comprenait si fort. Pourquoi sa main refusait-elle alors de lâcher le poignard ? Pourquoi ses yeux fermés avec la force du désespoir refusaient-ils de voir la vérité en face ?

Elle sursauta quand Osmanthe reprit la parole. Elle rouvrit les yeux. Il était si proche d’elle à présent. Et le mur était toujours derrière elle, l’empêchant de faire tout mouvement.

- Alors lâche cette arme, ce serait dommage de te blesser bêtement parce que tu ne sais pas t’en servir. Lâche-la ou je m’en charge.

Lentement, elle abaissa la main. Elle ne voulait pas que le Traqueur se sente attaqué. Yimae hésita un instant, puis ouvrit la main. La lame rebondit sur les pavés dans un tintement. Voilà, elle était sans défense. Elle se rendait. Elle lui offrait sa liberté. Même si elle n’avait pas eu le choix, elle avait ce désagréable pincement au cœur qui la tiraillait.

Rien ne serait plus comme avant. Elle ne serait plus la jeune fille insouciante qu’elle était jusqu’à présent. Elle allait sûrement devoir regarder souvenir après souvenir de quelques personnes inconnues, sans aimer ce qu’elle verrait. Le seul point positif était qu’elle allait pouvoir développer et apprendre à utiliser son pouvoir. Et sa vie ne sera peut-être pas si différente, si insoutenable. Avec un petit peu de chance, elle pourrait avoir une vie normale, parsemée de petites missions pour Osmanthe. Oui, ce serait sûrement cela.

Toujours coincée par le mur, elle regarda Osmanthe dans les yeux et lui tendit la main.

-Ceci est donc le début de notre… Collaboration. Espérons qu’elle sera fructueuse.

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MessageSujet: Re: Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]   Mer 16 Fév - 17:36

Osmanthe regarda sans surprise la jeune fille baisser la main, avant de lâcher le poignard qui rebondit sur le sol pavé pour venir s’immobiliser à quelques centimètres de ses pieds.
Il savait très bien qu’elle n’envisageait pas réellement de se tuer. Ça aurait été un geste exagéré, sa situation n’étant pas si désespérante du point de vue de Traqueur. Ce n’était pas les quelques services qu’il lui demanderait qui aller bouleverser irrémédiablement sa vie. Il lui offrait même l’opportunité de tester et de développer son Karnevale sans aucun risque pour elle. Il n’y avait franchement pas de quoi se plaindre. Son raisonnement logique ne prenait évidemment pas en compte les sentiments de la jeune albinos, et l’idée que fouiller dans les souvenirs de parfaits inconnus pour en extraire des informations pas toujours très catholiques puisse la gêner ne lui avait pas traversé l’esprit.
Brusquement, elle tendit lui tendit la main et planta son regard écarlate dans celui du jeune homme.

-Ceci est donc le début de notre… Collaboration. Espérons qu’elle sera fructueuse.

Osmanthe sourit et serra la main qu’elle lui présentait.

- Je suis sûr qu’elle le sera. Mais cela dépends surtout de toi. A part ça, je te conseille de ne pas trop utiliser ton Karnevale en dehors des moments où je te le demanderai, surtout vu le peu de contrôle dont tu en possèdes pour l’instant. Enfin, je ne peux t’obliger à rien sur ce point, mais cela t’attirera plus d’ennuis qu’autre chose, tu l’as bien vu tout à l’heure.

Et oui, c’était à cause de son Karnevale que cet homme avait tenté de l’assassiner, au cas où elle aurait la mémoire courte. Ce qui montrait bien à quel point son pouvoir la mettait en danger. Et Osmanthe ne serait pas toujours là pour s’interposer entre elle et tous ceux dont elle surprendrait les sales petits secrets.
Il jeta un coup d’œil rapide à sa montre. Il avait rendez-vous avec un contact dans moins d’une demi-heure, ce qui la forçait à commencer à s’y rendre dès maintenant si il ne voulait pas arriver en retard.

- Malheureusement, je vais devoir y aller. Commença-t-il, ironique, car il se doutait bien que l’adolescente n’avait qu’une envie, c’était de le voir déguerpir.

- Tu vas pouvoir reprendre ta petite vie tranquille. Retiens juste le nom et l’adresse du café auquel nous avons discuté tout à l’heure. Ce sera notre point de rendez-vous. Quand ton pendentif chauffera, tu auras exactement 24h pour t’y rendre. Autrement dit, si je t’envoie le signal à dix heure du matin, tu devras y être à dix heure au plus tard le lendemain. Passé ce délai, si je suis sans nouvelles de toi, attends-toi à ce que ta famille reçoive une petit visite.

L’explication, dite sur un ton calme et détaché, était on ne peut plus claire, de même que la menace. Osmanthe n’avait rien de plus à ajouter. Il pouvait sentir le mépris mêlé de peur et de haine qui émanait de la jeune fille. Ce qu’elle pensait de lui l’importait peu, du moment qu’elle faisait ce qu’il attendait d’elle. Pourtant, une petite partie de lui devait être irrité par tant de sentiments négatifs à son égard, car presque involontairement il ajouta :

- Oh, et une dernière chose. Je n’essaye même pas d’imaginer à quel point tu dois me maudire en ce moment, sous prétexte que je perturbe ta petite vie paisible, mais n’oublie pas que sans moi, ta vie se serait arrêté il y a moins d’une heure. Et qu’à ce moment je t’ai sauvé sans arrière-pensées, ne pouvant pas deviner que tu possédais un don susceptible de m’intéresser. Tu as beaucoup plus de chance que tu ne l’imagines, alors arrête de dramatiser, veux-tu ?

Sur cette dernière déclaration sèche, il sortit d’un pas pressé de la ruelle, sans se retourner pour voir l’effet que ses mots avaient pu produire sur la jeune fille.



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Danse & éveil. [PV Osmanthe] [Terminé]

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