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 "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]

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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 15 Jan - 20:41

Il brule, mais elle ne doit pas bouger, ne pas se faire repérer. Le toit où elle se trouve est noir, la capuche et les vêtements qu'elle porte sont noirs. Il fait soleil. L'accumulation des rayons sur sa tête brûle, elle espère la nuit. Elle ne peut pas se découvrir la tête, au moins, pour avoir moins chaud. Ses longs cheveux blancs seraient immédiatement visibles. Elle ne peut se permettre aucun écart si elle veut conserver sa couverture. Tout est une question d'endurance. Cela fait maintenant plus d'une journée qu'elle est là, à attendre. Sans prendre le risque de manger, sans prendre le risque de boire. Des miettes de sandwich attireraient les pigeons et quelques gouttes d'eau pourraient couler et atterrir sur la tête de quelqu'un. Et ne parlons pas des bruits émis lorsque l'on mastique ou avale. La dernière chose à ne pas oser est de bouger car malgré le fait qu'elle se soit parée de couleurs sombre, un mouvement pourrait entraîner un reflet ou rendre visible l'éclat de ses yeux clairs et ainsi la faire paraître aux regard de quelques-uns, un vrai désastre. Voilà, cela faisait plus de vingt quatre heures qu'elle était immobile sur cette toiture brulante. Les quelques morceaux de sa peau pain d'épice dépassant du dessous de sa cape avait pris une couleur penchant vers le rouge et le brûlé. Elle devait également avoir quelques talures sur les parties de son corps posées pour la maintenir, mais elle ne pouvait relâcher ces précautions et ces vigilance. Plusieurs personne du quartier ont bon nombre d'ennemis et ont les moyens de payer des espions ou des gardes du corps. La discrétion est la chose qui s'impose naturellement.

Une dernière fois, Raz-Raz se remémore pourquoi elle est ici et qui l'y a envoyée. C'est un homme qui a étudié au même endroit que la cible et l'a toujours jalousé. Il l'a rendu coupable de son échec personnel et s'est mis à lui vouer une haine sans limite. Il devint complètement paranoïaque et, n'en pouvant plus, alla demander de l'aide à une tueuse d'Opale de faire le sale boulot à sa place car il n'aurait jamais la force de le faire lui-même. Il ne voulut pas s'étaler sur les motifs exacts du meurtres sous prétexte que cela serait étaler la nullité dans laquelle Osmanthe l'a plongé. Osmanthe Cathair, c'est le nom de la cible. Sur le moment la jeune femme lui trouva une consonance étrange et rêche, puis, après quelque essais, cela passait bien dans la bouche. Elle ne s'attarda pas plus sur la prononciation du nom d'un homme dont le futur proche était marqué du sceau de la mort. Des informations qu'elle avait pu obtenir il était fils unique et était le plus jeune membre a avoir jamais intégré le groupe des traqueurs. Cela l'avait fait penser à son frère qu'elle désire tuer, si elle n'avait pas du le tuer, ils auraient pu former une alliance. Elle se serait occupé de son proche tandis que monsieur aurait mis à terre toute la bande de copains. Enfin bref, elle avait également appris qu'il avait tout récemment obtenu une habitation dans le quartier aisé d'Amenthalys et que, bien qu'il voyage beaucoup, c'était l'endroit où elle avait la plus grande probabilité de le trouver. Elle avait longuement observé les photos de classes que lui avait fournis sont employeur et était certaine de pouvoir le reconnaître dans la foule la plus dense ou sous le meilleur des déguisements... Le seul point noir dans ce merveilleux plan est que, d'après les témoignages il était bien chez lui, mais vu qu'elle ne l'avait pas encore rencontré, cela devait être un gros reclus ou quelque chose dans le genre.

* Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Alors tu seras un moins que rien
Ah oui ça j'veux bien *

Elle se fredonnait en tête cet air que son père lui avait appris pour passer le temps. Il le chantait à sa propre mère car elle pensait que les assassins étaient des moins que rien, mais aimait trop son mari pour le quitter malgré son boulot. Elle souhaitait de grandes études pour son fils, mais lui voulait suivre les traces de son père. Cela amusait Raz de se répéter cet air car elle qui n'avait jamais vraiment eu de mère a l'impression de s'adresser ainsi à celle qui est montée au ciel depuis longtemps. Elle et son père sont devenus des moins que rien aux yeux des autres, mais entre eux ils se considèrent comme des gens d'honneur. Osmanthe mourra en pensant avoir été tué par une moins que rien. Tant pis.

Un claquement de porte, elle est à l'affut. Une tignasse noire aux reflets bleus apparait et, même de loin, elle y distingue des écouteurs. C'est lui. Elle repère la rue qu'il emprunte et se faufile de l'autre côté du toit. C'est une petite ruelle peut empruntée qu'elle avait repérée lorsqu'elle examinait les lieux. Elle enlève sa cape sous laquelle elle est habillée en danseuse, son métier d'emprunt, et la roule en boule dans le sac qu'elle porte au niveau de la taille. Elle se met à marcher d'un pas naturel, sentant le vent s'engouffrer dans ses vêtements amples et quelques peu transparents. Au début elle avait honte de se promener habillée ainsi, laissant son corps presque nu si ce n'est une culotte, un soutien-gorge et des voiles non-opaques. Au bout d'un moment de pratique elle s'y est habituée et désormais cela ne la gène plus et elle passe vraiment pour une touriste venue d'Opale. C'est une très bonne couverture. Une prestation par-ci, par-la et le tour est joué, elle s'est mis quelques habitants dans la poche.

Elle rattrape rapidement sa cible et se met à la filer où qu'elle aille sans se soucier des endroits traversés. Elle attendait juste l'occasion de lui parler afin de l'emmener dans un endroit peu fréquenté ou assez animé pour qu'un meurtre passe inaperçu. Elle pouvait rester des heures ainsi à suivre un homme en se faisant plus ou moins repérer, mais là, il poussait le bouchon trop loin. Elle avait vraiment trop faim pour patienter encore plus. Son endurance étant mise à rude épreuve, elle tentait de presser les opérations en se rapprochant progressivement de lui. Soudain, elle le prit par le bras :

    - Osmanthe ! Ça fait siiii longtemps ! Tu te souviens de moi ? C'est moi, Iris ! Non, vraiment ? Arrête de faire semblant voyons, ahah !


Elle continuait de baratiner un petit peu tout en tentant de le traîner vers un cul de sac proche afin d'achever sa sale besogne de moins que rien.


Dernière édition par Raz-Raz Ray le Dim 11 Sep - 19:03, édité 2 fois
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 16 Jan - 0:39

Lorsqu’il sortit de son appartement, Osmanthe ne se doutait de rien. En fait, il réfléchissait à sa prochaine opération contre les rebelles. Il avait passé une bonne partie de la journée à tout planifier, à contacter les autres Traqueurs dont il aurait besoin, à donner des ordres pour que la milice de l’empereur intervienne au bon moment, bref à exploiter au maximum tout son génie pour que l’attaque soit une réussite. Et nul doute qu’elle le serait. Il n’échouait jamais. Ça ne lui était encore jamais arrivé, et il avait bien l’intention que ça continue.
Seulement, même les génies commencent à avoir la migraine après avoir passé autant de temps à travailler. Il était donc sorti sans but précis, juste histoire de s’aérer un peu l’esprit.
Se forçant à penser un peu à autre chose, il entreprit de s’intéresser de plus près à ce qui l’entourait. Il n’avait jamais vraiment pris la peine d’admirer la beauté simple du quartier où il avait emménagé quelques mois auparavant. Bien sûr, cela n’avait rien de comparable avec la prestance et le luxe qui se dégageait de l’immense manoir où il avait passé son enfance. Mais trop de luxe l’étouffait, et les quartiers aisés lui convenaient parfaitement.
C’est à peu près à ce stade de sa réflexion qu’une étrange impression s’insinua en lui. Il était sorti depuis cinq bonnes minutes, et à cette heure-ci le quartier était peu fréquenté, pourtant il croyait sentir une présence. Ne laissant rien paraître sur son visage, il mit néanmoins tous ses sens en alerte. Mieux vaut être paranoïaque plutôt que mort. Ça avait toujours été un des principes d’Osmanthe. Il se dirigea vers un quartier plus animé. Histoire de gagner du temps et d’identifier un éventuelle menace.

Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes de marche dans une avenue bondée de monde qu’il identifia clairement la menace qu’il sentait peser sur lui depuis qu’il était sorti.
Une jeune fille le suivait. Elle devait avoir une vingtaine d’année, et si on se fiait à ses vêtements, elle était danseuse, ou quelque chose d’approchant. Une fille du peuple, donc. Aucune personne bien née n’accepterait de se balader aussi légèrement vêtue. Mais elle, ça n’avait pas l’air de la déranger. Elle se mouvait de manière gracieuse et discrète à la fois. Nul doute qu’elle avait l’habitude des filatures. Et même si elle n’avait pas exactement le profil d’un assassin ou d’une espionne, Osmanthe ne pouvait pas imaginer d’autres raisons qui la pousseraient à le suivre. Mais dans l’hypothèse de l’assassin, où cachait-elle son arme ? Ce n’était pas avec de tels vêtements qu’on pouvait camoufler une arme à feu ou un poignard, à moins que ce dernier ne soit vraiment minuscule. Ou alors utilisait-elle une cordelette pour étrangler ses victimes ?
Même en se sachant menacé, il n’accéléra pas pour autant son rythme, et continua à la balader de quartiers en quartiers, de rues en rues. Allait-elle se décider à frapper ? Pour l’instant, elle était plutôt patiente.
Finalement, il la vit s’approcher progressivement de lui. Sans rien laisser paraître, il se prépara à parer un éventuel coup.
Il se raidit quelque peu quand il la sentit attraper son bras, mais la laissa faire.

- Osmanthe ! Ça fait siiii longtemps ! Tu te souviens de moi ? C'est moi, Iris ! Non, vraiment ? Arrête de faire semblant voyons, ahah !

Tout en babillant joyeusement, elle tentait de le tirer vers une ruelle sombre à quelques mètres de là, sûrement pour l’y trucider en toute tranquillité. N’empêche que sa technique d’approche était un peu loufoque. Mais bon, si elle voulait jouer à ça. Il lui décrocha un grand sourire.

- Oh, mais bien sûr ! Iris ! Je suis absolument ravi de te revoir. Que fais-tu ces derniers temps ? Les affaires marchent bien ? Je suppose que si tu viens me voir, c’est que tu as trouvé un bon client.

Une manière plus ou moins subtile de lui dire qu’il n’était pas dupe. Une personne qui ne comprendrait pas ce qui se passe froncerait les sourcils et assurerait quelle ne connaissait personne du nom d’Iris. Alors qu’en se prenant au jeu, il lui montrait d’emblée que son petit baratin et ses méthodes grossières ne fonctionnerait pas avec lui. Et puis en parlant d’un client, il faisait bien entendu référence à la personne qui avait engagé la demoiselle. Car il était rare qu’un assassin tue pour soi-même, et il ne voyait pas pourquoi une fille qu’il ne connaissait ni d’Eve ni d’Adam se mettrait en tête de le tuer.
Mais il la laissa l’entraîner dans le cul de sac obscur. Ça l’arrangeait aussi. Parce que si elle essayait de le tuer, il allait devoir se défendre, quitte à tuer son agresseur, et commettre un meurtre en pleine rue, ce n’était pas très judicieux, même s’il s’agissait de légitime défense.
Dans sa manche gauche, celle que la fille ne tenait pas, se trouvait un poignard qu’il fit discrètement glisser jusqu’à ce qu’il puisse l’attraper d’un simple petit mouvement du poignet. Elle était trop proche pour qu’il utilise ses pistolets, il allait donc devoir de rabattre sur les armes blanches, même si ce n’était pas la méthode qu’il préférait.
Ils étaient désormais bien au fond de la ruelle, et les bruits de la rue passante qu’ils avaient quitté étaient atténués. Il faisait sombre, bien que l’on soit en milieu d’après-midi, et les murs humides étaient recouvert d’un mélange de mousse et de moisissure verte, vision très peu appétissante, mais qui convenait parfaitement pour le lieu d’un meurtre.
Osmanthe songea que bientôt, le vert se teinterait de rouge, mais le sang qui allait couler n’était peut-être pas celui que la fille imaginait. Quoi qu’il y avait peut-être un moyen d’éviter le combat.

- Ravi de vous rencontrer, mademoiselle, commença-t-il avec une petite courbette, un sourire ironique aux lèvres. Pourrais-je savoir qui vous a employé ? Un rebelle ? Un Traqueur ? Ils ne vous ont pas dit que les précédentes tentatives d’assassinat contre moi ont toutes échouées, je suppose. Mais comme ce serait dommage de mourir si jeune, pourquoi ne pas laisser tomber vos macabres projets et aller plutôt discuter de cette lamentable tentative autour d’un petit thé ?

Oui, ce n’était pas la première fois que l’on attentait à sa vie. Bon, cela n’arrivait pas non plus tous les quatre matins, mais en moyenne une fois tous les trois mois. Et jusqu’à maintenant, il s’en était sorti. Pas toujours indemne, mais mieux que celui qui avait essayé de le tuer. Et il avait bien l’intention que ça se passe de la même façon cette fois ci. Alors même si il avait employé un ton goguenard, et qu’il se moquait ouvertement d’elle, peut-être ferait-elle mieux d’accepter sa proposition. Ou elle allait tomber sur un os.


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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 16 Jan - 21:45

Elle n'en attendait pas moins du personnage qu'était sa cible. Un traqueur de génie n'allait pas se laisser avoir par une ruse aussi grossière, mais elle n'en pouvait vraiment plus d'attendre et, au fond, elle était depuis le début persuadée de ne pouvoir rester anonyme auprès de lui. Bah, un mort ne pourrait pas se souvenir de son visage. Ils s'avançaient donc tous les deux sur une fausse conversation de retrouvailles -tellement peu crédible qu'elle aurait pu appartenir à une émission de TF1- dans la ruelle sombre repérée par Raz-Raz. Pendant le voyage, elle nota un léger mouvement dans son bras gauche puis un son, presque inaudible, d'un petit objet qui tombe délicatement. Ce bruit et ce frottement, elle ne le connait que trop bien. Osmanthe cache une arme là-dedans. Elle devra redoubler de prudence, surtout si la chose se finit en féroce affrontement. Elle s'y prend moins bien au corps à corps que lorsqu'elle parvient à prendre l'ennemi par surprise.

    - Ravi de vous rencontrer, mademoiselle. Pourrais-je savoir qui vous a employé ? Un rebelle ? Un Traqueur ? Ils ne vous ont pas dit que les précédentes tentatives d’assassinat contre moi ont toutes échouées, je suppose. Mais comme ce serait dommage de mourir si jeune, pourquoi ne pas laisser tomber vos macabres projets et aller plutôt discuter de cette lamentable tentative autour d’un petit thé ?


L'assassin n'avait que faire des moqueries de cet hommes. Ce n'était pas la première fois que la cible la prenait pour une personne ridicule qui n'arriverait jamais à attenter à sa petite personne. Les vantardises elle avait l'habitude aussi, après tout, il arrive souvent que les clients se déplacent jusqu'à Opale la voir car les tueurs de leurs propres pays ont tous échoués, trouvant la mort ou finissant sous les verrous. La chanson lui trotte toujours en tête, cet homme doit lui aussi suivre la voie de pensée de cette mère.

Ce qui par contre la fit tilter fut le mot "rebelle". Elle, employée par des rebelles... Que quelqu'un puisse émettre cette hypothèse avait le dont de la mettre hors d'elle bien qu'il était tout à fait normal que l'on puisse se poser cette question étant donné les faits que le garçon était un traqueur et qu'elle lui était tout à fait inconnue. Elle rougit tout de même en entendant ces mots et fronça les sourcils, un poil nerveuse.

Elle posa un doigt sur ses lèvres, semblant se la jouer enjôleuse, mais souhaitant tout simplement sentir l'amorce de la formation de sa faux sur sa peau afin qu'elle soit prête à la moindre occasion d'offensive mortelle qui s'offrirait à elle.

    - Je n'en attendais pas moins de vous, Omsanthe. Après tout vous êtes un traqueur de talent, ce n'est pas une moins que rien d'assassin comme moi qui allait réussir à vous duper.


Elle marqua une pause, ayant senti la marque du métal se dessiner sur les bords de ses lèvres.

    - Avant d'accomplir ma besogne, je souhaiterais juste clarifier la question que vous m'avez posée car elle m'a légèrement frustrée. C'est un homme du même métier que vous qui a commandé votre assassinat, mais vous n'en saurez pas plus. Je me demande bien comment vous est venue à l'esprit l'hypothèse que j'ai pu être engagé par les rebelles, ces êtres que je hais pas dessus tout, tout comme vous.


Elle campa sur sa position. Elle se trouvait à quelques mètres de sa cible. Il lui suffirait d'ouvrir les bras de manière large pour que son arme soit propulsée avec une certaine rapidité vers l'avant et tranche en deux le traqueur de génie. Si elle le ratait, serrer le poing suffirait à faire revenir sa faux vers elle et elle pourrait ainsi s'en servir comme arme au combat rapproché. Malgré la grande taille de l'objet, les longues heures d'entrainement lui avaient permit d'acquérir une certaine expérience dans le maniement de la chose et elle pouvait ainsi accomplir quelques prouesse au combat très rapproché, mais avec tout de même un peu de difficulté. Au pire, il lui restait les petites lames à cran d'arrêt qu'elle cachait dans les fin bracelets ornant ses poignets. Ce n'était pas suffisant pour tuer quelqu'un si on le touchait au niveau du ventre, mais cela pouvait l'immobiliser. Un bon coup dans la jugulaire pouvait aider aussi.

    - Vous savez, maintenant que vous m'avez vue, je ne peux vous laisser repartir vivant en plus cela serait faillir à mon contrat et violer une de mes règles les plus précieuses. L'un de nous doit mourir.



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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mer 19 Jan - 2:13

La jeune fille posa un doigt sur ses lèvres. Etrange, ce n’était pas le genre d’attitude que l’on pouvait attendre d’un assassin. Le doute s’insinua dans l’esprit du jeune homme : serait-ce un signe défini à l’avance à l’intention d’un éventuel complice ? Mais Osmanthe n’avait repéré aucun autre poursuivant. Et il était impossible qu’elle ait pu prévoir l’endroit où elle tenterait de le tuer. Peut-être était-il un peu trop paranoïaque… Mais ce simple geste avait légèrement ébranlé sa confiance en lui. Il devait absolument rester sur ses gardes. La jeune fille ne correspondait à aucune des descriptions que les Traqueurs possédaient à propos des assassins les plus actifs et dangereux. Cela pouvait signifier deux choses : soit elle était un assassin de bas étage, soit au contraire elle était suffisamment douée pour accomplir ses sales besognes tout en restant discrète et en échappant au réseau de surveillance de ses collègues.

- Je n'en attendais pas moins de vous, Omsanthe. Après tout vous êtes un traqueur de talent, ce n'est pas une moins que rien d'assassin comme moi qui allait réussir à vous duper.

Osmanthe ne répondit rien. La phrase qu’elle venait de prononcer n’avait pas de réel sens, de son point de vue. Il savait déjà qu’il était doué, il savait déjà qu’elle était un assassin, elle ne lui apprenait rien. On aurait plutôt dit qu’elle cherchait à meubler la conversation… ou à gagner du temps. L’inconvénient d’avoir un esprit ultra-logique capable d’envisager des dizaines d’options, de solutions, de possibilités pour chaque situation, c’est qu’entre la prévoyance et la paranoïa pure, il n’y avait qu’un pas.

- Avant d'accomplir ma besogne, je souhaiterais juste clarifier la question que vous m'avez posée car elle m'a légèrement frustrée. C'est un homme du même métier que vous qui a commandé votre assassinat, mais vous n'en saurez pas plus. Je me demande bien comment vous est venue à l'esprit l'hypothèse que j'ai pu être engagé par les rebelles, ces êtres que je hais pas dessus tout, tout comme vous.

Bon. Encore un Traqueur jaloux. A condition qu’elle dise la vérité, évidemment. Mais la possibilité était tout à fait envisageable. Un de ses collègue avait déjà essayé de le tuer. Sauf qu’au lieu de faire appel à un assassin, il avait essayé lui-même. Et donc il avait fini six pieds sous terre. Comme la plupart des ennemis du jeune homme.
Il prêta une attention toute particulière à la suite de la phrase de la jeune fille. D’où venait l’hypothèse des rebelles ? Elle était tout à fait naturelle. Il avait mis derrière les barreaux un nombre considérable de ces gens, il commençait à se faire une petite réputation. Donc logique qu’on veuille le faire disparaître. Mais le plus intéressant, c’était la suite. Elle haïssait les rebelles ? Intéressant. Etonnant, aussi. D’habitude, les assassins n’avaient pas d’opinion, et se contentait de prendre toutes les demandes bien payées. D’un autre côté, elle n’était pas très logique. Si elle détestait les rebelles, pourquoi assassiner ceux qui sont susceptibles de l’en débarrasser, à savoir les Traqueurs ? Ou peut-être que là aussi, elle mentait. Instinctivement, il fit un léger mouvement du poignet, juste pour sentir la présence réconfortante du fin poignard. Il n’avait pas peur, pas vraiment. Mais il sentait que quelque chose lui échappait, et cela l’inquiétait et l’irritait en même temps. Osmanthe aimait dominer la situation, or, ici, ils étaient à égalité. Il remarqua que la jeune fille modifiait légèrement sa position de manière à être plus stable, autrement dit prête à passer à l’attaque. En retour, il focalisa toute son attention sur elle, dans l’attente de l’assaut. Qui ne vint pas.

- Vous savez, maintenant que vous m'avez vue, je ne peux vous laisser repartir vivant en plus cela serait faillir à mon contrat et violer une de mes règles les plus précieuses. L'un de nous doit mourir.

La phrase, prononcée avec sérieux, fit pourtant sourire le jeune homme. Mais pourquoi n’attaquait-elle pas ?

- Ca, c’est vous qui le dites, mademoiselle. Pourtant, vous n’avez pas l’air pressée de passer à l’attaque. Et je vous préviens à tout hasard que je n’ai pas l’intention de mourir dans l’immédiat. J’ai encore bien trop de chose à régler avant cela, notamment avec ces fameux rebelles que vous prétendez détester. Au passage, je ne me rappelle pas avoir dit les haïr.

Pour la simple et bonne raison qu’Osmanthe ne haïssait pas les rebelles. Ils les trouvaient même intéressants. Intéressant qu’un groupe osent s’opposer à la toute puissance d’un souverain. Intéressants pour être capables de résister, réellement. Intéressant, car ils lui offraient des possibilités de jeux, tout simplement. Mais il les traquerait sans relâche, parce que c’était son métier, et parce que s’il ne les détestait pas, il ne les appréciait pas non plus. Il était neutre à leur égard. Il fit un pas en direction de l’assassin, puis un deuxième, tout en continuant à parler :

- Je ne sais quelles raisons vous poussent à leur vouer une telle haine, mais si vous étiez logique, alors vous tenteriez de vous engager chez les Traqueurs, au lieu de d’essayer de les assassiner. Mais le bon sens n’a jamais été un attribut universel…

Encore un pas…

- Cependant, je crois pouvoir prétendre en posséder une bonne dose. La preuve ?

Avec une rapidité quasi-surnaturelle, résultat de longues années de pratique en d’entraînement, il dégaina l’un de ses pistolets pour le pointer sur le front de la jeune fille. Vu qu’ils étaient désormais à moins de deux mètres l’un de l’autre, il avait peu de chance de manquer sa cible.

- Je ne préviens pas avant d’attaquer. Et surtout, j’ose passer à l’attaque lorsque je suis potentiellement en danger. Tournez vous face au mur, les mains levées, s’il vous plaît.
Ou votre sinistre prédiction de tout à l’heure pourrait bien se réaliser.


Il souriait aimablement, et avait proféré les ordres et menaces sur le même ton qu’on employait généralement pour parler de la pluie ou du beau temps. Pourtant, il n’hésiterait pas une seconde à appuyer sur la gâchette. C’était ce paradoxe entre ses paroles et ses actions qui surprenaient la plupart des gens.

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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mer 19 Jan - 18:03

Le début de la phrase que prononçait la cible n'avait pas vraiment de sens pour son assaillant. Qui pourrait avoir prévu de mourir lorsqu'il avait une telle situation d'aisance, franchement ? Malgré tous les efforts qu'elle avait pu fournir par le passé, Raz n'avait pas encore trouvé la réponse à la question du suicide. Elle était toujours perplexe face à cet acte où l'homme demande la mort et s'interrogeait souvent sur le pourquoi est-ce qu'on pouvait bien demander à ce que la faucheuse vienne nous rendre visite. Elle se souvint avoir vaguement pensé à mourir lorsque son frère les avait quittés, mais elle s'était bien vite ressaisie, au moins pour son père. Si l'on ne peut plus vivre pour soi, il faut vivre pour ceux que l'on aime. C'est un de ces principes. Donc, pour le moment, elle se doit de vivre jusqu'à ce que son père s'éteigne. Ensuite on verra.

Voilà qu'Osmanthe jouait sur ses propos. Soit disant qu'il n'avait jamais prononcé le mot haÏr ou quoi que se soit, mais en tant que traqueur son métier était de les éliminer. Logiquement il devait donc les détester... Quoique si l'on devait éprouver ce sentiment pour donner la mort à quelqu'un, Raz serait en dehors de son mode de pensée. Tuer des gens dont on ne connait rien, dont certains nous intriguent, d'autres nous surprennent sur le moment... Ils étaient certainement au moins un peu pareil sur ce point là.

Elle n'attaquait pas non plus car elle n'était pas pressée. Elle avait le temps, sa faux était prête à être dégainée en une fraction de seconde. Elle n'avait rien à craindre de ce blanc-bec et ne comptait pas répondre à sa question, normal. Elle vit son ennemi s'avancer, sans doute préparait-il une offensive. Elle sourit et campa sur sa position, attendant que cet homme trop sûr de lui sorte sa vraie arme, histoire de pouvoir avoir une idée du potentiel danger.

    - Je ne sais quelles raisons vous poussent à leur vouer une telle haine, mais si vous étiez logique, alors vous tenteriez de vous engager chez les Traqueurs, au lieu de d’essayer de les assassiner. Mais le bon sens n’a jamais été un attribut universel…


Rejoindre les Traqueurs ? Il en était hors de question. Elle y avait pensé, une fois, mais ces hommes étaient décidément dépourvus de bons principes. Ils ne savent que charcuter du rebelle, les supers toutous du royaume. Elle préférait amplement suivre les règlements énoncés par son père et pense qu'une tradition familiale contient déjà plus de valeur par son nom seul que toute cette organisation de barbares qui ne savent que se jalouser entre eux. Et puis elle avait généralisé dans sa première phrase. Elle ne déteste pas "les" rebelles, elle "lui" voue jouste une haine sans limites. Malgré ce point de vue elle aurait aimé poser la question au futur cadavre. Elle voulait savoir ce qu'il pensait de sa propre condition. Elle fut légèrement troublée car ce devait être la première fois qu'elle accordait autant d'attention à la vie d'une de ses victimes.

Il parle du bon sens, mais lui, en a-t-il ? Une assassin que ne réagit pas aux menaces, qui ne bouge pas et laisse sa futur cible l'acculer, n'est-ce pas étrange ? S'il en avait deux grammes il serait un peu plus méfiant dans ses gestes et moins provocateurs dans ces paroles. C'est lorsqu'elle se trouve face à des petits frimeurs que Raz-Raz peut-être la plus redoutable. Elle déteste ces personnages et ne manque pas une occasion de les remettre à leur place. Il va voir.

Il avance encore.

    - Cependant, je crois pouvoir prétendre en posséder une bonne dose. La preuve ?


Ô, mais c'est de toute beauté ! Quelle magnifique preuve : un pistolet. C'est sûr, il est tellement beau, il brille au soleil et fait apparaître des reflets sur les murs susceptible de les faire repérer tous les deux. Voilà la meilleure preuve de bon sens qu'elle n'avait jamais vue de toute sa vie. Elle faillit rire à cet instant et leva juste les yeux vers un coin de bâtiment pour s'assurer qu'ils n'étaient pas trop visible par la projection de lumière. C'était bon, seul un aigle aurait pu les repérer dans ce trou.

Elle ne moufta pas, restant presque blasée malgré la lourde menace qui pesait sur elle. Sa faux en métal recouvrait une bonne partie de l'avant de son corps, même si elle n'était pas visible. Les dégâts occasionnés par une balle sur son corps seraient minimes si elle ordonnait à temps à son arme de sortir au grand jour. Le seul cas où elle pourrait essuyer une blessure grave serait celui où le tireur saurait où se trouvent les points faibles de cette armure improvisée.

    - Je ne préviens pas avant d’attaquer. Et surtout, j’ose passer à l’attaque lorsque je suis potentiellement en danger. Tournez vous face au mur, les mains levées, s’il vous plaît.
    Ou votre sinistre prédiction de tout à l’heure pourrait bien se réaliser.


Elle hocha la tête.

    - Soit.


Rien de plus, rien de moins. Elle se dirigeat vers le mur et leva les mains, le sourire aux lèvres. Logiquement il allais s'approcher encore un peu pour l'immobiliser ou quelque chose de ce genre. Cette action lui sera fatale. En attendant elle décida de lui taper un peu la causette, histoire de combler le vide que pourrait occasionner ces derniers instants.

    - Vous savez, en vérité il n'y a qu'un seul rebelle que je hais. Les autres peuvent bien exister je m'en fiche totalement. C'est pour ça que je ne désire pas devenir Traqueur... Et aussi parce que je ne veux pas servir de toutou, bien sûr. Franchement, qu'est-ce que vous ferez le jour où il n'y aura plus de rebelles ? Plus rien, vous ne servirez plus à rien.


Bon, elle ne connaissait pas tout sur les traqueurs, mais bon... Ce qu'elle disait ne devait pas être complètement faux. Et puis de toute façon elle s'en fiche elle parle à un mort. Elle resta en position, attendant sagement qu'Osmanthe s'approche d'elle. Enfin ce fut le cas.

    - Dîtes, je peux me gratter le nez ? Je n'aime pas éternuer...


Elle joint le geste à la parole sans avoir une réelle autorisation. Une fois qu'elle eut fini le feux frottement, elle tourna la tête vers celui qui avait le dessus pour le moment. Il était à la bonne distance, parfait.

    - La voici qui s'accomplie, ma prédiction.


Elle lanca le bras qu'elle avait de replié vers l'arrière en envoya sa faux vers le Traqueur. Elle ne la fit pas sortir droit devant elle ce qui retira de la précision à l'assaut, mais elle était persuadée qu'elle ne pouvait pas le rater. Après son assaut elle serra le poing et réceptionna le bâton de l'objet en métal qu'elle mit comme un bouclier devant elle, silencieuse, alerte. Elle attendait d'être certaine qu'il soit mort avant de relacher son attention, elle n'avait rien vu de l'action qu'elle venait d'effectueur, faute de tête tournant à 360°, mais était quasiment certaine de l'avoir tué.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 23 Jan - 13:26


- Soit.

Et la voilà qui s’exécute tranquillement, le sourire aux lèvres. Evidemment, elle a encore un tout dans sa poche. Sinon, elle paniquerait au lieu de s’amuser comme elle semble le faire. Mais de toute façon, il fallait que l’un d’entre eux passa à l’attaque, à un moment ou à un autre. Et puis attaquer collait avec le rôle du parfait crétin arrogant qu’il jouait les trois quarts du temps. Enfin, arrogant, sûrement l’était-il vraiment. Mais crétin, sûrement pas.

Normalement, il ne pouvait pas la manquer, l’espace entre eux était si réduit… Alors pourquoi était-elle si calme ? Parce qu’elle avait une protection. D’une manière ou d’une autre, elle détenait le moyen d’échapper à sa balle. En prenant en compte le fait qu’elle était à peine vêtue, cela paraissait absurde qu’elle ait un moyen de protection. Sauf qu’il existait en ce monde quelque chose qui défiait la logique. Les Karnevales. Elle possédait forcément un Karnevale. Et tant qu’il ne connaissait pas son petit pouvoir, elle avait un avantage certain sur lui.

- Vous savez, en vérité il n'y a qu'un seul rebelle que je hais. Les autres peuvent bien exister je m'en fiche totalement. C'est pour ça que je ne désire pas devenir Traqueur... Et aussi parce que je ne veux pas servir de toutou, bien sûr. Franchement, qu'est-ce que vous ferez le jour où il n'y aura plus de rebelles ? Plus rien, vous ne servirez plus à rien.

« Le jour où il n’y aura plus de rebelles, les Traqueurs resteront les troupes d’élite de l’empereur. Mais de toute façon, il y aura toujours des personnes s’opposant à ce régime, c’était évident. Il existera toujours des personnes assez courageuses ou assez folles pour contester un régime aussi totalitaire que celui-ci. Et même en supposant que tout trace de rébellion ait disparu, restera les criminels, les voleurs ou les assassins de ton genre à nettoyer. Sphera ne sera jamais un monde idyllique où tout le monde respecte la loi. Il y a beaucoup trop d’injustices pour cela. » C’est sûrement ce qu’il aurait dit si il n’avait pas été si occupé à chercher quel pouvait bien être son Karnevale. Sûrement un de type physique, qui agit ou émane directement de son corps.

Il ferma les yeux une seconde, pour mieux se concentrer. Elle n’avait toujours pas l’air décidé à attaquer. Ce qui voulait sûrement dire que leur position actuelle ne l’avantageait pas pour attaquer. En revanche, si il bougeait, il s’exposait à un assaut de sa part. Mais un assaut auquel il s’attendait. Et dont il avait des chances raisonnables de s’en tirer. La rapidité avait toujours été son point fort, à défaut de force brute. La rapidité et la précision. Raison pour laquelle il avait choisi les armes à feu plutôt qu’une arme blanche qui nécessiterait un corps à corps où il serait désavantagé. Après, il pourrait tout simplement tirer. De là où il était. Elle était de dos, elle ne s’en apercevrait peut-être pas à temps. Mais qui dit Karnevale dit potentielle utilité. Il choisit donc l’option la plus risquée, et fit quelques pas dans sa direction, attentif au moindre geste de la part de la jeune fille.

- Dîtes, je peux me gratter le nez ? Je n'aime pas éternuer...

La demande était on ne peut plus louche. Osmanthe se tendit quand il la vit se frotter le nez, sans même avoir attendu sa réponse. Pourquoi avoir posé la question, dans ce cas ? Elle n’avait fait que l’avertir du mauvais coup qu’elle était sûrement en train de préparer. Elle tourna brièvement la tête vers lui, avant de déclarer :

- La voici qui s'accomplit, ma prédiction.

Et avant qu’il n’ait pu analyser vraiment la phrase, elle lança un bras en arrière, et Osmanthe vit un immense objet tranchant voler dans sa direction. Réflexe, il se jeta sur le côté. Ce qui lui évita de se faire tout simplement trancher en deux, mais n’empêcha pas la faux – oui, c’était bien une faux, il reconnaissait maintenant l’arme si souvent représentée entre les mains de la Faucheuse – de lui entailler le bras droit. Blessure peu profonde, pas d’artère touchée, le seul problème était qu’il était droitier, et que le pistolet qu’il avait dégainé se trouvait précisément dans sa main droite. Il tira néanmoins. Deux balles, destinées respectivement à son bras droit et sa jambe gauche. Il avait volontairement évité les organes vitaux, son but n’étant pas de la tuer – pour l’instant – mais de l’empêcher d’utiliser à nouveau sa lame géante. Il sentit son bras trembler et dévier légèrement lors des deux tirs. Peu de chances que les balles ait atteint précisément les endroits qu’il visait, mais normalement elle avait du être touchée. Il s’immobilisa, dans l’attente d’un cri de douleur ou tout autre manifestation qui montrerait qu’elle avait effectivement reçu les projectiles.


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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mar 25 Jan - 13:55

Malheureusement les prédictions peuvent toujours être contredites par l'action d'un tier. Même les meilleurs devins ont pu donner des prémonitions qui ont lamentablement été contournées par le seul acte d'une personne. Un pas de travers et tout pouvait être fichu. C'est ainsi que certains ont été exécutés pour mensonge, voir trahison, mais il se trouve que Raz-Raz n'avait aucune envie de mourir maintenant alors elle n'allait pas se laisser démonter pour si peu. Enfin, "si peu"... Elle en juge ainsi, mais d'autres penseront qu'il s'agit d'une blessure grave, qu'elle ne pourra pas continuer dans ces conditions, qu'elle risque de tomber à tout moment. Qu'à cela ne tienne, elle continuera jusqu'à voir ses dernières forces quitter son corps.

Son assaut précédent avait en quelque sorté échoué. Le manque de précison dans son lancer avait permit à Osmanthe de s'en sortir avec un bras droit à peine entaillé, mais qui devait tout de même le pénaliser car l'assassin avait vite compris que le personnage était droitier. Il avait bien évidemment riposté, deux balles tirées, mais entre temps la meurtrière avait pu avoir sa faux devant elle. De fait l'une des balles vint se loger dans l'acier tandis que l'autre transperça la main gauche libre qu'elle s'apprêtait à placer devant son visage au cas ou. Fort heureusement, après avoir fait un trou dans le membre de la jeune femme, le projectile ne fit qu'effleurer son oreille et lui arracher un ou deux cheveux. Elle ne dit rien sur le moment, mais lorsqu'elle entreprit de très rapidement nouer un bout de tissus qu'elle arracha du peu qu'elle portait autour de la plaie pour stopper une petite hémoragie, elle hurla de douleur en sentant que s'incrustaient aussi les saletées qu'elle avait pu rammaser à crapahuter sur les toits. Une larme coulait le long de sa joue. Elle maintenu néanmoins sa garde afin d'ête protégée d'un nouvel assaut.

Elle ne pouvait pas s'enfuir, se soigner et revenir plus tard. Il l'avait vue et doué comme il était, il allait s'enfuir et jamais elle ne retrouverait sa trace. Il fallait qu'elle en finisse aujourd'hui, que sa prédiction se réalise. Laisser la cible partir tranquilement serait le plus haut déshoneur auquel elle pourrait s'exposer auprès de son employeur et surtout auprès de son père. Qu'allait-il dire d'elle ? Qu'elle était une incapable, une "moins que rien" en le pensant vraiment. Ses pensées lui donnèrent aussitôt la rage de vaincre dont elle avait besoin pour continuer le combat malgré la douleur qui s'était désormais emparée de tout son bras.

A l'aide de ses dents, elle ressera encore une fois le bandage improvisé, trouvant qu'il ne bloquait pas assez le sang. L'ennemi gisant à terre et sa faux la protégeant, elle s'accorda ce petit instant de répis avant de se dire tout haut à elle-même, comme un encouragement :

    - Si je ne le tue pas, je ne pourrais jamais t'avoir mon frère...


Elle murmura ensuite quelque chose comme "saleté de karnevalien !".

Raz-Raz s'avança vers Osmanthe, son arme de taille assez conséquente lui servant de bouclier partiel. Elle comptait sur elle et sur l'incapacité de son ennemi à tirer avec toute la précision dont il pourrait faire preuve à cause de son bras blessé. A environ trois mètres de lui, elle fit sortir du bracelet qu'elle portait au bras blessé une de ses petites lames secrètes. Elle allait devoir les utiliser, la grosse artillerie servant déjà la protection. Confiante, elle continuait de marcher, d'un pas lourd et décidé qui lui semblait sonner comme l'annonce du jugement dernier, vers celui qu'elle comptait transformer en cadavre sous peu.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 29 Jan - 0:45


N’entendant pas les bruits attendus, Osmanthe releva la tête inquiet. Avait-elle réussi à esquiver les deux projectiles ? Si elle était suffisamment doué pour cela, alors leurs niveaux n’étaient sûrement pas aussi semblables qu’il l’avait imaginé. Et donc il était dans une très mauvaise situation.
A son grand soulagement, un cri de douleur résonna soudainement dans la ruelle. Il put ainsi constater que l’une des balles avait touché son adversaire, pas à l’endroit visé, mais le résultat était à peu près équivalent. L’une de ses mains était désormais presque hors d’usage. Transpercée de part en part, la douleur devait être difficilement supportable. Il dût admettre que la jeune fille n’ayant laissé échapper qu’une plainte, était réellement coriace, et que sa résistance à la douleur était impressionnante. Elle avait noué de façon rudimentaire un morceau de tissu autour du membre blessé, ce qui ralentissait fortement l’hémorragie, mais ne la stoppait pas encore assez. Elle avait intérêt à trouver un médecin pendant les 12 heures qui suivaient si elle ne voulait pas se vider totalement de son sang.
Mais malgré tout cela, malgré le fait qu’il soit pour l’instant en position de force car sa blessure était moins importante, elle avait cette détermination dans le regard, une détermination désespérée, le même genre que l’on trouvait en général chez les gens qui n’avaient plus rien à perdre. Elle n’allait pas s‘enfuir comme ça. Elle avait l’intention de se battre jusqu’à ce que l’un d’entre eux perde et meure. Charmante perspective.
La jeune assassin marmonna soudainement pour elle-même une phrase qui éclaira Osmanthe :

- Si je ne le tue pas, je ne pourrais jamais t'avoir mon frère...

Cette jeune fille avait donc des intentions fratricides ? Et elle avait affirmé en vouloir à un rebelle en particulier… Se pourrait-il que ?

saleté de karnevalien !

Bien que le juron ait été murmuré, le jeune homme le perçut. Cela confirmait ce qu’il avait entre-deviné : elle voulait la peau de son frère, qui de toute évidence était un rebelle, d’où l’emploi du terme « Karnevalien ». Cela semblait être son but dans la vie de se débarrasser de ce parent. Ce qui signifiait que leurs intérêts pourraient se rencontrer. Avoir un homme – une femme en l’occurrence- de main talentueux en plus était toujours intéressant. Et surtout plus intéressant que de se faire amocher, voire plus dans un tel combat.

L’assassin avança d’un pas lourd et décidé vers sa cible, laquelle se releva prestement, avant de tendre une main devant soi, en guise d’invitation à cesser le combat. Hasardant un sourire, mais ne lâchant pas son arme, sait-on jamais, il engagea les négociations :

- Une petite minute, mademoiselle ! Vous êtes blessée, moi aussi, quoique moins gravement, mais je crois surtout que continuer ce combat ne mènera à rien, si ce n’est plus de dégâts des deux côtés. Vous avez du vous en rendre compte, nous sommes sensiblement au même niveau. Alors arrêtons le massacre ici, voulez vous ?

Il fit une pause, guettant une réaction de la part de son adversaire, avant de reprendre :

- Nous avons de toute évidence des intérêts en commun. Vous voulez supprimer un rebelle, mon but est d’en supprimer le plus possible. Il y a sûrement moyen de s’arranger pour que nous atteignions tous les deux nos objectifs.

Plissant les yeux, son immense faux était bien trop proche à son goût, il abaissa son pistolet, se tenant prêt à tirer néanmoins si elle faisait mine d’attaquer.

- Pour commencer, je pense qu’il serait plus commode de discuter sans votre gigantesque lame entre nous. Si vous aviez l’obligeance de l’abaisser…

Il était, légèrement moqueur en employant un registre aussi soutenu pour s’adresser à elle, qu’il considérait pour l’instant comme une vulgaire assassin, un pion utile mais qui ne méritait pas son respect. Il se moquait un peu également de sa condition inférieure, bien qu’ils soit loin d’être suffisamment aveugle pour croire que les nobles valaient mieux que les simples roturiers. Osmanthe le génie méprisait les inférieurs. Son rôle était trop ancré en lui pour qu’il puisse l’effacer d’un seul coup, et gommer par la même occasion cette lueur de malice dans ses paroles. Osmanthe le génie, qui avait bien l’intention de se créer une nouvelle marionnette.

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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 30 Jan - 17:43

    - Une petite minute, mademoiselle ! Vous êtes blessée, moi aussi, quoique moins gravement, mais je crois surtout que continuer ce combat ne mènera à rien, si ce n’est plus de dégâts des deux côtés. Vous avez du vous en rendre compte, nous sommes sensiblement au même niveau. Alors arrêtons le massacre ici, voulez vous ?


Si elle s'attendait à cela ! L'ennemi serait-il en train de prendre peur ? Chercherait-il à gagner du temps afin de trouver un moyen de fuir ? Raz-Raz n'y croyait pas trop, mais cette perspective l'encourageait à surmonter la douleur de cette blessure qui était effectivement très handicapante. Elle voulait écouter ce qu'il avait à dire. Il se rend et accepte sa mort, vite un suicide ; il cherche à s'enfuir, vite à l'assaut.

    - Nous avons de toute évidence des intérêts en commun. Vous voulez supprimer un rebelle, mon but est d’en supprimer le plus possible. Il y a sûrement moyen de s’arranger pour que nous atteignions tous les deux nos objectifs.


Elle tilta. Il aurait donc entendu le juron qu'elle avait laissé échappé quelques instants plus tôt. Ce jeune homme avait de bonne oreilles et savait tirer parti de ce qui lui parvenait. Il avait très bien réussit son coup car maintenant l'assassin était captée par sa proposition. La perspective d'éliminer son frère l'emplissait d'une grande joie et le bouillonnement intérieur de sa rage n'était qu'attisé à chaque nouveau pas qu'elle faisait en direction de son objectif. Les entrailles de Raz étaient donc en train de danser la gigue sur un fond de hard rock -chose techniquement impossible, mais c'est pour illustrer son excitation- lorsqu'elle se calma complètement pour recevoir les propositions du traqueur.

    - Pour commencer, je pense qu’il serait plus commode de discuter sans votre gigantesque lame entre nous. Si vous aviez l’obligeance de l’abaisser…


Effectivement le commun des mortels ne devait pas être habitué à discuter dans ces conditions, mais comme elle restait méfiante elle hésité un peu puis s'avisa de la réintégrer à son corps, la tenant tout de même prête à l'assaut au moindre geste louche d'Osmanthe. Elle n'accordait pas le moindre petit brin de confiance à cette personne et n'était pas prête de le faire tout aussi bonne que soit sa proposition. Elle n'oubliait pas qu'elle avait un contrat sur les bras et que faillir à sa mission était s'exposer à l'un des plus grands déshonneurs qui soient.

Pourquoi ne pas profiter de lui un petit peu ? Traqueur, il doit en savoir bien plus long qu'elle à propos des karnevaliens. A deux ils arriveraient certainement à trouver ce frère qui fit tant de mal et l'éliminer dans la plus grande aisance. Ensuite elle éliminerait le petit prétentieux qui se trouve en face d'elle. Voilà. Lui qui allait lui donner la tête de son frère, elle allait prendre la sienne ensuite pour ne pas échouer ni dans son travail, ni dans ses principes. C'était le plan parfait, il ne restait plus qu'à s'assurer que la cible ne découvre pas le pot aux roses. Il n'était pas bête, elle allait certainement avoir du mal et lui allait sûrement tenter de la rouler, de profiter d'elle également.

    - Vous me proposez donc une alliance contre eux ? Un grand traqueur et une poussière d'assassin, le jour et la nuit en duo, voilà une charmante perspective ! Personne ne soupçonnerait une telle union.


Elle marqua un temps d'arrêt, pour reprendre son souffle parce que mine que rien un trou dans la main ça gène pour parler. La douleur finit par s'emparer de tout le corps comme si elle cherchait à se répartir pour être moins lourde et handicape donc la mâchoire.

    - Mais sachez bien une chose : dès que mon frère n'est plus je vous quitte. Je n'en veux qu'à lui et lui seul. Les autres me sont aussi indifférents qu'un grain de sable à Opale.


Elle avait les yeux rivés dans ceux d'Osmanthe lorsqu'elle prononçait ces paroles. Ce pacte pouvait être très important, changer toute une vie. Tuer son frère, oui, et après ? Après elle n'aura plus rien, sa haine aura disparue, il ne lui restera rien. L'être humain l'a quittée depuis bien longtemps, perverti par ce sentiment impure qui ravage même le cœur des enfants. Dans un sens, elle n'a qu'une envie c'est qu'il reste en vie afin qu'elle ait une raison de continuer la sienne, mais la noirceur est plus forte. Le tuer, le tuer, le tuer et le tuer encore. Jusqu'à la fin. Vivre pour les autres, c'est bien beau, elle y a pensé, elle veut se convaincre que cela la fera survivre, mais elle a peur. Peur que tout ne soit que trop détruit. Peur que la haine se manifeste également contre ces gens qu'elle aime. Peur de devenir une coquille vide. Est-elle si faible que ça pour craindre ce qu'elle énonce elle-même comme un principe ?

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Jeu 3 Fév - 0:36

L’assassin ravala l’immense faux. Enfin, ravaler n’était pas vraiment le mot. Elle l’assimila, la fondit en elle, jusqu’à ce l’arme ait totalement disparu. Processus absolument fascinant. Il faudrait que les chercheurs en biologie de l’académie étudie son corps après qu’il se soit occupé d’elle. Oui, parce qu’il n’avait pas l’intention de la laisser en vie très longtemps. Tôt ou tard, elle deviendrait inutile, et alors il lui faudrait l’éliminer, avant qu’elle ne prenne l’initiative.
La jeune fille prit le temps de réfléchir avant de répondre.

- Vous me proposez donc une alliance contre eux ? Un grand traqueur et une poussière d'assassin, le jour et la nuit en duo, voilà une charmante perspective ! Personne ne soupçonnerait une telle union.

Oui, c’était bien l’intérêt. Même si ses comparaisons n’était pas très heureuses, le traqueur n’avait rien d’assimilable avec le jour, au fond, elle avait compris l’idée. Et visiblement, ça l’intéressait, sinon elle se serait déjà jetée sur lui. Il sourit légèrement e n la voyant se crisper sous l’effet de la douleur. Peut-être aurait-il été en mesure de la tuer, finalement. Mais maintenant que les négociations étaient engagées, tant pis. Ou tant mieux. Il y avait de bonnes chances pour qu’elle soit plus utile vivante que morte. Pour l’instant.

- Mais sachez bien une chose : dès que mon frère n'est plus je vous quitte. Je n'en veux qu'à lui et lui seul. Les autres me sont aussi indifférents qu'un grain de sable à Opale.

Comme c’était gentil à elle de l’en informer ! Un assassin honnête, ça ne courrait pas les rues ! Bon, il était légèrement ironique pour le coup. Car il se doutait bien qu’une fois qu’elle aurait obtenu ce qu’elle voulait, non seulement elle le laisserait tomber, mais il y avait également de bonnes chances pour qu’elle essaye de terminer son job en le tuant. Tout l’art serait de la tuer avant qu’elle ne le fasse, mais après qu’elle ait servi ses plans.
Cependant, il lui adressa un sourire aimable qui ne laissait rien paraître de ses pensées.

- Cela va de soi, et c’est parfaitement réciproque. Une fois que je n’aurais plus besoin de vos services, ce sera comme si nous ne nous étions jamais rencontré. Je suis ravi que nous puissions trouver un terrain d’entente, mademoiselle… Ce qui me fait penser que je ne connais pas votre nom. Ni la raison pour laquelle vous en voulez autant à votre frère, au point de pactiser avec votre cible dans le but de l’éliminer. Votre réponse pourrait me donner une idée de votre résolution, parce que je préfère vous prévenir, ce ne sera sûrement pas une promenade de santé, si vous décidez réellement de vous joindre aux Traqueurs pour un temps.

Allait-elle accepter de lui donner son identité ? Elle serait de toute façon obligée de le faire, afin qu’il puise identifier son frère parmi la masse des rebelles. Quant aux raisons, à vrai dire il n’en avait rien à faire. C’était surtout pour vérifier si elle n’était pas en train de le berner. Ses histoires familiales ne l’intéressaient pas le moins du monde.
Vu qu’elle avait « rangé » sa faux, Osmanthe décida de reposer un peu son bras et remit son pistolet dans son étui, avant de fouiller dans un petite sacoche qu’il avait à la ceinture pour en tirer une longue bande de tissu désinfectant enroulée sur elle-même. Il avait toujours sur lui un nécessaire pour les premiers soin, car une blessure pouvait vite s’infecter. Dans le cas de l’assassin, c’était surtout l’hémorragie qui était dangereuse. Et ce n’était pas avec un bout de tissu crasseux mal enroulé autour de la main qu’elle allait arrêter de se vider de son sang.
Il lui lança, toujours souriant.

- Vous serez moins efficace avec une main en moins, alors arrêtez l’hémorragie un peu mieux que ça, où je vous achève sur place pour vous éviter une mort longue et douloureuse à vous vider de votre sang.
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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Jeu 10 Fév - 17:28

Plus elle le voyait, plus elle avait envie de lui arracher son sourire. le faux de cette expression était au moins égal à son talent en tant que traqueur. Qui voudrait bien pouvoir être aimable avec une assassin ? Personne. Même les clients, dans le fond, ne sont pas reconnaissants. Ils sont juste soulagés car ils se disent qu'ils n'ont pas le meurtre sur la conscience, mais ils sont stupides. Se sont eux qui ont commandé la mort, se sont eux les véritables assassins. Enfin bref, maintenant qu'elle a une si bonne occasion de se venger de son frère, elle ne va pas la gâcher en sautant sur Osmanthe dans le but de lui arracher les lèvres.

- Cela va de soi, et c’est parfaitement réciproque. Une fois que je n’aurais plus besoin de vos services, ce sera comme si nous ne nous étions jamais rencontré. Je suis ravi que nous puissions trouver un terrain d’entente, mademoiselle… Ce qui me fait penser que je ne connais pas votre nom. Ni la raison pour laquelle vous en voulez autant à votre frère, au point de pactiser avec votre cible dans le but de l’éliminer. Votre réponse pourrait me donner une idée de votre résolution, parce que je préfère vous prévenir, ce ne sera sûrement pas une promenade de santé, si vous décidez réellement de vous joindre aux Traqueurs pour un temps.

Raz ne se joint pas "aux traqueurs", mais "à ce traqueur". Les autres elle ne les a jamais rencontrés, jamais elle ne consentirait à pactiser avec des ombres. Lui est en chair et en os, ses supérieurs et collègues ne sont que brouillard flottant autour de cet accord. Jamais elle ne se dévoilera devant eux si elle les rencontre. Et que l'autre rigolo là n'aille pas leur dire "hé les mecs ! Je bosse avec une assassin ! Regardez, elle est là !".

Il rangea son arme et sorti à la place un morceau de tissus étrange. Elle mit un temps à réaliser qu'il servait à désinfecter car elle avait les yeux rivés sur le sale sourire de son nouveau co-équipier.

- Vous serez moins efficace avec une main en moins, alors arrêtez l’hémorragie un peu mieux que ça, où je vous achève sur place pour vous éviter une mort longue et douloureuse à vous vider de votre sang.

Mais c'est qu'il est très drôle ce garçon. Elle fronça les sourcils et pris d'un geste brusque le soin avant de l'appliquer sur sa main. Cela piquait tellement qu'elle fit une affreuse grimace, mais ne laissa aucun bruit sortir de sa bouche. Ce n'était pas le moment de passer pour une chochotte. Elle serra les dents et les yeux un bon coup et c'était finit.

- Si nous parlons de tout cela maintenant, nous n'aurons plus rien à nous dire par la suite du voyage. Laissons mon frère de côté pour le moment, voulez-vous ?

La vérité c'est qu'elle n'a pas du tout envie de parler de sa situation familiale avec un homme qui lui est quasiment inconnu. Il pourrait se servir des informations pour atteindre Raz-Raz. Et s'il s'en prenait à son père ? Elle ne veut même pas y penser. Il faut que ce vieillard vive le plus longtemps possible. La légère sympathie naissante qu'elle entretenait pour le jeune traqueur car il lui offrait son aide était mêlée a une méfiance grandissante.

- Pour mon nom, se sera Raz-Raz.

Même si son prénom n'était pas commun, elle se disait que tant qu'elle ne lui dévoilait pas son nom de famille tout allait se passer au mieux. Elle continuait à avoir une longueur d'avance sur lui étant donné qu'elle était au courant de son nom et de son prénom.

Le soleil n'atteignant pas la ruelle où tout deux se trouvaient elle commençait à avoir un peu froid. Elle était habituée aux fortes chaleurs d'Opale et sa tenue n'arrangeait pas les choses. Machinalement elle pris sa la cape noire qu'elle dissimulait dans son sac et s'enroula dedans en poussant un petit "brr" frissonnant. Elle considéra sa main blessée, la serra, la desserra. Pour ce service rendu elle oublia une partie de sa méfiance et son aversion. Raz sourit.

- Pour ma main, merci beaucoup.

Jusqu'ici elle empêchait sa franchise naturelle de lui dire qu'une fois le tout finit elle n'allait pas manquer de l'éliminer pour de bon, mais elle n'avait pas pu retenir le "beaucoup" alors qu'un simple merci aurait suffit vu l'ambiance sérieuse et un peu froide du sujet. Cette erreur la gêna et la fit rougir un peu. De honte, bien sûr. Un traqueur n'est pas et ne sera jamais un ami. Ce remerciement c'est déjà trop de gratitude pour un opposant. Elle décida de détourner la conversation :

- Et si nous allions discuter ailleurs ? Si quelqu'un nous surprend ici il se posera des question, c'est un risque que nous ne devrions pas prendre. Vous connaissez bien cette ville ? Serait-il possible d'y trouver un endroit où notre dialogue paraîtrait à peu prêt naturel ?
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 13 Fév - 22:11

Osmanthe eut un léger sourire lorsqu’il vit passer une lueur d’agacement dans le regard de l’assassin, tout de suite suivie d’un froncement de sourcil. Agaçant. La plupart des gens le qualifiaient d’agaçant, soûlant même, voire insupportable. S’ils savaient qu’il valait mille fois mieux pour eux que le jeune homme les noie sous des tonnes de plaisanteries douteuses, plutôt qu’il fasse preuve de sérieux. Lorsque Osmanthe était sérieux, non seulement le côté inquiétant de sa personnalité ressortait de façon frappante, mais surtout, cela voulait très souvent dire que vous n’aviez plus très longtemps à vivre. Et donc qu’il s’autorisait à dévoiler cette facette. L’autre possibilité était que la personne en face de lui avait suscité son respect, ou sa crainte. Ce qui n’était jusqu’à maintenant jamais arrivé.
La jeune fille enroula la bande autour de sa main en grimaçant, mais ne laissa échapper aucune plainte, malgré la douleur que le désinfectant devait provoquer. Elle se contenta finalement de répondre assez abruptement :

- Si nous parlons de tout cela maintenant, nous n'aurons plus rien à nous dire par la suite du voyage. Laissons mon frère de côté pour le moment, voulez-vous ?


Oh, c’était un sujet sensible, hein ? Osmanthe se ferait donc une joie de découvrir le moindre détail en ce qui concernait la relation visiblement houleuse que la demoiselle entretenait avec son frère. Il était presque certain qu’il pourrait s’en servir contre elle. Comme il pourrait se servir de tout information concernant le reste de sa famille, si elle en avait. Le Traqueur savait
que c’était le point faible de beaucoup de personnes si puissante en apparence, mais que l’on pouvait faire plier à la moindre allusion sur un vieux grand-père malade, ou une charmante petite sœur sans défense. Combien de fois avait-il utilisé cet odieux chantage, et ce sans le moindre remord ? Si elle avait une famille, et qu’il réussissait à déterminer où celle-ci vivait, l’assassin était cuite.

- Pour mon nom, se sera Raz-Raz.


Pas de nom de famille. Evidemment, ça aurait été trop facile. Mais un prénom peu commun, c’était déjà ça. A condition qu’elle n’ait pas menti, évidemment. Et puis il était pratiquement sûr que la jeune fille était originaire d’Opale. Ses vêtements et sa couleur de peau était caractéristique. Même si là aussi, il pouvait s’agir d’un déguisement. En tous cas, elle dissimulait son nom, ce qui pouvait vouloir dire qu’elle avait d’autres choses à cacher.
Il eut un léger sursaut lorsqu’elle sortit la cape de son sac, et se détendit quand il vit que ce n’était qu’un inoffensif morceau de tissu dans lequel elle s’enroula avec un petit frisson. Elle avait l’air assez frileuse, encore une caractéristique opalienne.

- Pour ma main, merci beaucoup.

Osmanthe fut surpris. Il n’avait pas l’habitude qu’on le remercie. Il fait dire qu’il faisait rarement quelque chose qui méritait des remerciements, mais même quand c’était le cas, on ne remerciait pas un Traqueur. Pensait-elle vraiment qu’il avait fait ça par bonté d’âme ? Non, elle ne pouvait pas être aussi naïve, surtout qu’il avait clairement dit qu’il ne lui avait donné le bandage que pour qu’elle puisse lui être utile. Alors se moquait-elle de lui ? Mais elle avait eu l’air sincère. Il était mal à l’aise. Aucun sarcasme ne vint. Il resta muet. Chose rare.
Lorsqu’il se faisait passer pour un jeune homme charmant et irréprochable, il était fier que la personne en face de lui tombe dans le panneau, et dans ces cas là, il ne faisait même pas attention aux remerciements et aux marques de reconnaissance, puisque ce n’était pas à lui qu’elles étaient adressées, mais à ce personnage dont il endossait le rôle.
Mais là, il était presque sincère, et ne cherchait pas à se faire passer pour plus gentil qu’il ne l’était, alors ça l’irritait que cette fille le remercie. Elle était cruche, ou quoi ? Si elle commençait déjà à baisser sa garde, ce ne serait même pas intéressant de la manipuler et de la supprimer au final !
Heureusement, elle ne parut pas se rendre compte du début de colère qu’elle avait provoqué en lui. Elle semblait même un peu gênée. Bon. Ca lui avait échappé. Pas de quoi en faire un plat. Osmanthe s’obligea à se calmer, et apprécia qu’elle change de sujet.

- Et si nous allions discuter ailleurs ? Si quelqu'un nous surprend ici il se posera des question, c'est un risque que nous ne devrions pas prendre. Vous connaissez bien cette ville ? Serait-il possible d'y trouver un endroit où notre dialogue paraîtrait à peu prêt naturel ?

- N’importe quelle terrasse assez fréquentée d’un café fera l’affaire. Il y en a un près d’ici. Si vous voulez bien me suivre, mademoiselle.


De nouveau une pointe de sarcasme dans sa voix. Bien que le début de sa réponse ait été dit sur un ton plutôt sec.
Il parcourut en silence les 200 mètres qui les séparait de l’endroit auquel il pensait, sentant la présence tout aussi silencieuse de sa nouvelle co-équipière derrière lui. Io n’avait plus très envie de parler, bien qu’il y soit obligé, ne serait-ce que pour régler les détails de leur arrangement avec l’assassin. Osmanthe n’aimait pas appeler les gens par leur prénom ou leur nom de famille. C’était faire preuve d’une certaine proximité avec la personne, pour lui, et il ne s’était jamais rapproché de qui que ce soit. Il distribuait donc des surnoms peu originaux. Pour elle, « l’assassin » conviendrait très bien.
Arrivé sur la terrasse, il désigna une chaise à la jeune fille, avant de s’asseoir dans celle d’en face. Après avoir rapidement parcouru l’endroit des yeux pour s’assurer que personne n’avait l’air de s’intéresser à eux, il sourit à l’assassin.

- Cela vous convient-il ?

Sans attendre la réponse, il enchaîna :

- Il va falloir que nous définissions les détails de notre arrangement. Qu’attendez vous exactement de moi ? De mon côté, je compte sur vos capacités en combat pour participer à une opération contre des rebelles, ou ce qui serait encore plus efficace, une infiltration, puisque vous possédez un Karnevale.


Il s’arrêta volontairement, attendant sa réaction.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Lun 21 Fév - 12:39

- N’importe quelle terrasse assez fréquentée d’un café fera l’affaire. Il y en a un près d’ici. Si vous voulez bien me suivre, mademoiselle.

Très bien. Elle suivit en silence le traqueur, songeant à cette nouvelle alliance douteuse. Elle ne s'était jamais vraiment associée à quelqu'un, la seule sorte de coopération qu'elle n'avait jamais exercée c'est celle qu'elle avait avec ses clients en ce qui concerne l'échange "il donne des informations sur la cible et moi je tue". Jamais cela n'était allé plus loin. Aujourd'hui elle avait l'impression de faire un pas de plus vers son objectif tout en transgressant une de ses règles les plus importantes. Elle trahissait son client en ne tuant pas immédiatement Osmanthe. Elle se mordit les lèvres à cette idée et se jura encore plus fort de le tuer dès que le frère serait mort. Peu importe les circonstances, peu importe le lieu, peu importe s'ils sont au beau milieu d'une bande de karnevaliens en rages. Dans le dernier cas elle se ferait très certainement tuer ensuite, mais au moins elle serait morte en respectant son "honneur".

Au bout d'un certain nombre de minutes que personne ne s'était amusé à compter, les deux protagonistes arrivèrent sur la terrasse d'un café. On désigna à Raz-Raz une chaise sur laquelle elle s'assit. Le traqueur se plaça en face d'elle. Un bref coup d'oeil à la salle. Il y avait du monde, mais pas assez pour se sentir étouffé, les serveuses étaient affairées, la vue était agréable. Amenthalys était vraiment une très belle ville, mais Opale n'avait rien à lui envier. Il manque à cette région le sang chaud des habitants qui crée de l'animation à chaque coin de rue. Les bagarres de rue, les gens qui parient autour de deux badauts qui se tapent dessus, l'entoushiasme de tous au moindre petit conflit... Cela peut sembler désagréable dit comme ça, mais c'était un ambiance dont l'assassin ne pouvait se passer trop longtemps. Elle avait grandit au milieu de cette violence qui soude une population et ne la quitterait pour rien au monde. Dans son métier, c'est peut-être une erreur d'être attachée ainsi à une terre, mais bon... Tout le monde à ces petites faiblesses.

- Il va falloir que nous définissions les détails de notre arrangement. Qu’attendez vous exactement de moi ? De mon côté, je compte sur vos capacités en combat pour participer à une opération contre des rebelles, ou ce qui serait encore plus efficace, une infiltration, puisque vous possédez un Karnevale.

Ce qu'elle demandait, c'était simple. Soit ce garçon était stupide, soit il cherchait à vérifier une enième fois, soit il se croyait trop intelligent et pensait qu'elle était bête au point d'oublier son objectif ultime. Bref, la première partie de la réplique n'avait aucun intérêt à être analysée. En ce qui concerne la seconde, elle fut tout de suite plus intéressée. Qu'est-ce qui lui plairait le plus ? Trouver Karnevale Avenue, foncer dans le tas jusqu'à tomber sur son frère qu'elle transformera rapidement en cadvre ? Ou plutôt faire une infiltration discrète, trouver son chère et tendre, le tuer rapidement puis trahir le traqueur immédiatement ? La seconde option lui plaisait bien, mais si elle se faisait repérer elle risquait fort de finir tuée avant même de pouvoir sortir de la ville car elle n'aurait pas de renforts. La première option paraissait la plus sûre car elle aurait une sorte de couverture. Ainsi elle pourrait paraître moins louche et mettre fin aux jours de son "associé" par derrière tandis qu'il sera occupé à se battre conte d'autres... Mais elle risque tout de même de se faire massacrer. Il y a des "mais" partout. Aucune solution n'est meilleure qu'une autre. Réfléchir, réfléchir... La chose la plus importante, étant donnée qu'elle est certaine de pouvoir avoir son frère, c'est de pouvoir garder le blanc-bec à l'oeil.

- Sachez tout d'abord que je tiens à vous garder à l'oeil quoi qu'il arrive alors... Je vous propose une infiltration où vous seriez mon prisonnier que je présenterais aux autres comme une sorte d'esclave pour que l'on ne cherche pas à vous tuer.

Elle sourit. L'idée de devenir supérieure à ce type le temps d'une mission lui plaisait énormément. Le rictus qui traversa son visage était ponctué de sadisme. Elle ne digérait toujours pas les sarcasmes et le faux sourire d'Osmanthe.

- Bien sûr il faudra tout d'abord trouver ces fichus Karnevaliens et nous mettrons au courants vos collègues de leurs localisation pour qu'ils se posent pas loin. Ainsi ils pourront venir vous aider si cela commence à sentir le roussi.

Une image lui vint en tête : le traqueur qui court avec une corbeille de fruit pleine de raisin sur la tête en criant "maîtresse vos fruits !". C'était stupide et totalement absurde car jamais elle n'oserait lui faire faire un truc pareil, même pour donner le change au milieu des rebelles, mais c'était tellement drôle... Elle mit rapidement sa main devant sa bouche et pouffa un coup de rire, ne pouvant le retenir. Elle fit son possible pour garder son sérieux, mais son "partenaire" continuait à lui courir sur la cervelle armée de son glorieux chapeau. Et avoir la personne en question en face d'elle n'arrangeait pas les choses.

Oui, Raz est une assassin, mais elle reste une humaine. Avec ses petits délires, ses instants comiques, son imagination un peu loufoque. Et ne me parlez pas des circonstances graves du moment puisque n'importe qui peut avoir un fou rire en plein milieu d'une réunion. Ou, comme la plupart des personnes qui sont susceptibles de lire ce post sont des adolescents, en plein milieu d'un important contrôle. Testé et approuvé !

- Quand à ce que j'attends de vous, c'est très simple. Je désire juste en finir avec mon frère. Que j'en tue un, deux, dix ou cent, peu importe tant qu'il se trouve dans le lot.

Elle crispa son visage pour retrouver une expression sérieuse bien qu'elle sentait une petite larme lui venir au coin de l'oeil tellement elle avait envie de mourir de rire sur cette table de café. Peut-être allait-elle opter pour la solution de facilité et demander sous peu qu'il l'excuse afin qu'elle se rende aux toilettes. Ce serait risqué en ce qui concerne leur accord, mais c'est toujours mieux que de faire une crise en plein milieu de la terasse.

Au moins elle avait réussit à répondre à sa question et détournait le regard pour tenter de se contrôler.

- Cela vous va-t-il ?
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 27 Fév - 0:42

- Sachez tout d'abord que je tiens à vous garder à l'oeil quoi qu'il arrive alors... Je vous propose une infiltration où vous seriez mon prisonnier que je présenterais aux autres comme une sorte d'esclave pour que l'on ne cherche pas à vous tuer.

Osmanthe enregistra la réponse en silence. Pas la moindre expression ne passa sur son visage. Un véritable marbre, insensible et froid. Enfin, ça, c'est l'image qu'il voulait donner.
Parce que intérieurement, c'était loin d'être le calme. En fait, il avait un peu du mal à digérer la réponse de l'assassin. Il y avait un mot qui bloquait plus particulièrement. Esclave. Rien que le terme lui donnait des frissons de dégoût. Esclave? Elle voulait qu'il se fasse passer pour un esclave? Lui, le descendant d'une longue et fière lignée de chevalier au service de l'empereur? Lui qui appartenait à l'une des familles les plus riches et les plus puissante d'Amenthalys? Lui le petit génie, le Traqueur redoutable et redouté?
Bien sûr, sur le principe, son idée était loin d'être idiote. Mais voilà, Osmanthe avait sa fierté, elle était même beaucoup plus développée que chez le commun des gens. Ou, disons le franchement, il avait une très haute opinion de lui-même. Jamais sa prétention ne lui permettrait de faire semblant d'être l'esclave d'un assassin, d'une... moins que rien, pour reprendre ses propres termes.
Il écoutait à peine ce que disait sa nouvelle complice. Les mots ne cessaient de résonner dans sa tête, comme pour le narguer : "prisonnier!" "esclave!".
Et au moment où il releva la tête vers son interlocutrice, il eut la désagréable surprise de la trouver à moitié morte de rire.
Enfin, elle ne riait pas ouvertement, mais il était évident qu'elle faisait un gros effort pour se retenir. Aucun doute sur le fait qu'elle se moquait de lui, très fière de sa petite idée pour le rabaisser plus bas que terre.
Osmanthe sentit la colère monter en lui plus rapidement qu'un aéronef alzenien, ce qui n'était pas peu dire. Une bouffée de haine mêlée de mépris à l'égard de la jeune fille brilla un instant dans ses yeux, et l'envie de la tuer là, maintenant, tout de suite le tenailla pendant quelques secondes. Que quelqu'un comme elle se permette de se foutre ouvertement de sa gueule le mettait hors de lui, et il en perdait même son vocabulaire si poli et si raffiné. Ses mains fourmillaient à l'idée d'attraper son pistolet pour effacer ce sourire moqueur et cette petite larme au coin de son œil. Mais il réussit à se contenir. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on. Et bien Raz-Raz venait de se faire un redoutable ennemi, pas parce qu'elle avait essayé de tuer Osmanthe le Traqueur, mais parce qu'elle s'était moqué de lui. Absurde, n'est-ce pas?

- Cela vous va-t-il ?

Oh, mais bien sûr! Il sautait de joie rien qu'à l'idée de devoir passer des jours, peut-être plusieurs semaines en tant qu'"esclave" de Raz-Raz l'assassin! Elle le prenait pour qui?
Non, l'idée lui déplaisait affreusement. Pourtant, elle lui offrait des possibilités énormes. Si il parvenait à s'infiltrer dans Karnevale Avenue et à faire tomber la ville, il porterait un coup fatal à la rébellion.
Mais en y réfléchissant bien, il y avait peu de chance que ça marche. Il était tellement redouté parmi les rebelles que si ils avaient la moindre petite occasion de se débarrasser de lui, ils le feraient sans hésiter, et ce n'est pas une excuse vaseuse comme celle de l'esclave qui le tirerait d'affaire.

- Non, commença-t-il franchement, ça ne me va pas du tout. Si je m'infiltre avec vous en tant que prisonnier, les rebelles m'exécuteront à coup sûr. Je leur ai causé trop de pertes pour qu'ils prennent le risque de me laisser en vie. Vos explications n'y changeront rien.

Il n'ajouta pas que de toute façon, il n'aurait jamais accepté de jouer les esclaves. Elle devait bien s'en douter.

- En revanche, si vous tenez à avoir un prisonnier, je peux vous prêter un traqueur de bas-étage, ce n'est pas ça qui manque. Et plutôt que de prétendre qu'il est votre esclave, vous feriez mieux de proposer qu'il serve de monnaie d'échange contre des prisonniers rebelles qui pourrissent lamentablement dans les prisons du château.

Osmanthe, 180 de Q.I. et le triple de prétention, dans toute sa splendeur.
En tous cas, une chose qui l'avait frappé dans le discours de la jeune fille, c'était qu'elle voulait supprimer son frère, personnellement, à tout prix. Pourquoi, il n'en savait rien, et s'en moquait royalement. Mais ce dont il était sûr, c'est qu'il ferait tout pour qu'elle meure avant d'avoir pu réaliser son macabre projet. Quitte à tuer lui-même le frère pour cela.





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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mer 2 Mar - 1:32

- Non, ça ne me va pas du tout. Si je m'infiltre avec vous en tant que prisonnier, les rebelles m'exécuteront à coup sûr. Je leur ai causé trop de pertes pour qu'ils prennent le risque de me laisser en vie. Vos explications n'y changeront rien.

Une petite pointe de colère se fit sentir dans les paroles qui venaient d'être prononcée. Très légère, mais pas assez pour échapper à l'oreille avertie d'une assassin de talent sans prétention. Elle avait à peu prêt réussit à se calmer et le ton sec de son interlocuteur la conforta dans l'idée qu'elle devait à tout prix rester sérieuse si elle tenait à cette alliance et peut-être même à la vie. On ne sait jamais, avec ses gens là, il pourrait aller lui mettre une balle dans le bassin ou l'artère fémorale avant qu'elle ait eu le temps de dire "ouf". Réflexe, bête car il semble qu'il est plus utile en présence d'un détraqué sexuel, elle serra les cuisses et senti ses genoux toucher le pilier central de la table en terrasse. Le contact glacial de la barre en acier lui rappela l'ambiance de la situation et lui fit ravaler sa salive. Elle se trouvait en terrain dangereux.

- En revanche, si vous tenez à avoir un prisonnier, je peux vous prêter un traqueur de bas-étage, ce n'est pas ça qui manque. Et plutôt que de prétendre qu'il est votre esclave, vous feriez mieux de proposer qu'il serve de monnaie d'échange contre des prisonniers rebelles qui pourrissent lamentablement dans les prisons du château.

Quelque chose se brisa.
Malgré la gravité de la situation, malgré l'identité de la personne qui lui faisait face, malgré l'enjeu non-négligeable de la discussion ; elle fut envahie par une sombre colère. Osmanthe avait prononcé un mot. Un simple mot. Tout petit, à peine deux syllabes, mais qui allait pourtant avoir de grave répercutions sur l'humeur et le discours de Raz-Raz. Toi qui commence par un p et finit par un r, tu n'aurais jamais du sortir de la bouche de cet homme. Enfin, on ne peut pas en vouloir à cet enchaînement de lettres, il n'a pas choisir de vivre à cet instant précis. Non, la personne à qui il faut s'en prendre c'est celui qui possède les cordes vocales qui ont permit sa naissance. Elle eut envie de l'étrangler. "Prêter". Il osait utiliser ce mot pour désigner une personne. Un être humain. Une créature dotée de sentiments, pas toujours bons certes mais passons, de pensées, d'une âme, d'un cœur qui bat... Tout comme le petit génie. Révoltée, c'était le mot pour décrire son état d'esprit. Il ne fallait pas, se n'était vraiment pas le moment. Telle qu'elle se connaissait, elle savait qu'elle pouvait exploser à tout moment, contre n'importe qui et qu'il n'en ressortirait rien de vraiment bon. D'un autre côté elle n'allait pas pouvoir lui exposer en face son point de vue ; il s'agirait là d'un signe de faiblesse. Montrer ses états d'âmes cela n'est jamais très bon, surtout en face d'un ennemi potentiel. Sur l'instant elle avait grand mal à réfléchir sainement et laissait son regard se promener sur le pavé du lieu, se demandant lequel serait le meilleur pour accueillir la sale face hypocrite du traqueur. Au bout d'un moment qui put passer comme une réflexion sur le sujet dont ils étaient en train de discuter, elle en repéra un joli rouge. S'imaginant la scène, elle laissa un rictus diabolique se dessiner sur son visage. Elle le méprisait, elle n'avait pas envie de se retenir de le faire savoir. Son dialogue prit automatiquement un ton sec et hostile.

- Mouais...

Wouhou ! Réponse extrêmement constructive lâchée par une erreur inattention. Décidément elle les enchainait avec lui. Enfin, quand elle déteste quelqu'un, il n'est pas rare que cela tourne de cette manière. Des spasmes loufoques lui viennent, elle se fait mal toute seule. Elle a besoin de cette douleur pour supporter la vue de la personne haïe. C'est très étrange, accordons-le, mais c'est comme ça. Ainsi, pour se reprendre car il y avait quand même son frère au bout de cette périlleuse aventure, elle donna un coup sous la table avec sa main blessée. Elle avait également envie de souiller de son sang maudit le remède que lui avait offert plus tôt son ennemi. Raz se détesta de l'avoir remercié. Si elle avait su...

- Je refuse d'utiliser un de vos vases, il ne serait pas capable de porter convenablement ma corbeille de fruit... Elle est faite pour votre tête.

Elle passa sa main prêt de son visage et s'éventa un coup bien qu'elle soit sur le point d'avoir vraiment froid pour reprendre vraiment ses esprit. Il fallait à tout prix qu'elle cesse de raconter de telles sottises sinon... Sinon on ne sait pas ce qui pourrait se passer.

- Je veux vraiment vous avoir à l'œil. Si vous refusez ce mode d'opération et bien il n'y aura qu'à foncer dans le tas comme vous le sous-entendez dans votre première idée. Je me battrais de mon mieux à vos côtés jusqu'à atteindre mon objectif. Le sang des rebelles coulera.

Soudain, un petit truc gênant pour les opération surgit dans son esprit. Un truc assez bête, mais bon...

- Mais avant de songer à tout ceci, il faudrait penser à un petit truc tout bête : c'est où Karnevale Avenue ? Tant qu'on ne le saura pas, on pourra élaborer toutes les stratégies possibles, cela ne servira à rien.

Sur ces mots, elle s'arrangea pour mieux faire tenir la sorte d'écharpe qui accompagnait sa cape autour de son coup, se demandant ce que c'était que cette ville de fou. Il faisait vraiment frisquet. Elle espérait pouvoir bientôt fouler de nouveau le sable chaud d'Opale. Enfoncer ses pieds nus dedans, s'asseoir sur un muret et regarder un combat de rue avec le soleil brulant dans le dos, et parier bien sûr ! Les jeux d'argent lui manquaient.

Elle rêvassait les yeux rivés sur les mains de son "partenaire". Rien ne lui aurait plus plut que de les voir fondre sous les rayons meurtriers pour n'importe quel fétichiste du froid de sa ville natale. Encore fallait-il qu'il soit un fanatique des températures polaires comme elle l'espérait, mais rien qu'à voir ses cheveux foncés, elle se disait que son cerveau cramerait dès les premières heures s'il posait le doigt de pied dans la zone chaude. Ainsi elle pourrait lui faire porter une corbeille de fruit et rire pendant des heures avant de revenir à Amenthalys et lui exploser la tête contre le petit pavé rouge. En même temps elle lui expliquerait que les gens ne sont ni des objets, ni des pots de fleurs. Voilà.

Secondairement, elle se demandait quand est-ce que ses émotions dues au mot "prêter" allaient bien pouvoir exploser car, malgré le fait qu'elle ait laissé sous entendre que quelque chose ne lui plaisait pas dans la phrase d'Osmanthe, elle ne lui avait pas clairement exposé quoi.
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 5 Mar - 23:47


L’assassin sembla tout à coup plus raide, et resta un long moment silencieuse, laissant son regard errer sur le sol. Par réflexe, le Traqueur jeta un coup d’œil dans la direction en question, mais ne vit rien sur les pavés qui soit digne d’attention. A quoi pouvait donc bien penser l’assassin ? A ce moment, il surprit une expression de méchanceté pure sur le visage de son interlocutrice, sûrement mêlée d’une bonne dose de mépris. Nul doute que ce sourire menaçant lui était destiné. Finalement, peut-être valait-il mieux ne pas savoir. Il avait dû dire quelque chose qu’elle avait du mal à digérer, mais quoi ?
En tous cas, ce silence lui paraissait bien trop long pour être le fruit d’une réflexion, surtout au vu de la réponse qui en résulta :

- Mouais...

Même s’il ne s’était pas attendu à un enthousiasme délirant, cette onomatopée en disait long sur l’état d’esprit de la jeune fille. Surtout vu le ton sec, presque agressif qu’elle avait employé. Elle ressemblait un peu à une gamine boudeuse à qui on venait de refuser quelque chose, comme ça. L’ombre d’un sourire moqueur déforma brièvement les lèvres d’Osmanthe. Il ne savait pas pourquoi elle était en colère – après tout, ce n’était pas à elle qu’on avait demandé de jouer les esclave quelques minutes plus tôt – mais il était content de lui avoir, même involontairement, rendu la monnaie de sa pièce. A son tour de devoir contenir une fureur grandissante, désormais. A voir si elle y parviendrait. Le Traqueur se réjouissait à l’idée de voir l’assassin perdre le contrôle et piquer une crise au milieu de la rue, même si un tel comportement marquerait sans doute la fin de leur pseudo-alliance. De toute façon, elle était déjà mal partie, maintenant qu’ils avaient chacun un féroce envie de tuer l’autre.

- Je refuse d'utiliser un de vos vases, il ne serait pas capable de porter convenablement ma corbeille de fruit... Elle est faite pour votre tête.

Plaît-il ? Voilà qu’elle se mettait à délirer sur une corbeille de fruit ? Il n’osait pas imaginer quel genre de film elle avait pu e faire un peu plus tôt, lorsqu’elle peinait à retenir ses larmes de rire.
Bref, ce qu’il pouvait conclure de cette phrase qui trouvait difficilement son sens, de son point de vue, c’est qu’elle n’avait pas apprécié qu’il lui propose un autre Traqueur pour le remplacer. Personnellement, il ne voyait pas où était le problème, mais bon…

- Je veux vraiment vous avoir à l'œil. Si vous refusez ce mode d'opération et bien il n'y aura qu'à foncer dans le tas comme vous le sous-entendez dans votre première idée. Je me battrais de mon mieux à vos côtés jusqu'à atteindre mon objectif. Le sang des rebelles coulera.


Foncer dans le tas ? Il ne se rappelait pas avoir dit ça. Il lui avait proposé de participer à une opération contre les rebelles, ce qui en aucun cas ne voulait dire se ramener avec un gourdin – ou une faux, dans son cas – et taper sur tout ce qui bouge. Une opération, surtout lorsqu’elle était dirigée par Osmanthe, était longuement préparée, le moindre petit détail était réglé à l’avance afin que les Karnevaliens n’aient pas la moindre chance de s’en tirer. Ils essayaient, bien sûr, réflexe de survie élémentaire. Il était presque amusant de les voir paniquer, se débattre en vain, tenter des attaques suicide, bref, le comportement typique d’une proie aculée au mur qui use inutilement ses dernières forces.
La plupart du temps, Osmanthe supervisait les opérations de loin, et pouvait pleinement profiter du spectacle. Il adorait voir les plans sortis de son cerveau de génie se réaliser sans la moindre erreur. C’était ce qui faisait sa grande fierté, et jusqu’à maintenant, rien n’avait réussi à l’entacher. Mais si elle continuait avec ses idées bancales, elle allait plus lui nuire qu’autre chose. Foncer dans le tas… Et puis quoi encore ?

- Mais avant de songer à tout ceci, il faudrait penser à un petit truc tout bête : c'est où Karnevale Avenue ? Tant qu'on ne le saura pas, on pourra élaborer toutes les stratégies possibles, cela ne servira à rien.

Oh, elle vient seulement de se rendre compte de ce petit « détail » ? Quelle vivacité d’esprit ! Osmanthe en aurait ri si il n’avait pas trouvé cela aussi désespérant.
En effet, il fallait trouver Karnevale Avenue, et les méthodes bourrins telles que ratisser le moindre mètre carré de Sphera ou torturer un Karnevalien n’avaient jusque là pas fonctionné. Et c’est là que Osmanthe intervenait, avec ses plans machiavéliques et ses calculs parfaits. Il voulait trouver la ville des rebelles à sa manière, c'est-à-dire de façon beaucoup plus subtile et beaucoup plus lâche que ses prédécesseurs : il infiltrait des espions à sa solde parmi les rebelles, ceux qui œuvraient en dehors de la ville cachée. Des personnes dotés de dons intéressants, des personne susceptible d’intéresser les Karnevaliens se faisaient recruter « par hasard ». Et c’était tout, pour l’instant. Depuis des mois, ils vivaient avec l’ennemi, sans rien tenter. Ils s’intégraient à la communauté, commençaient à être apprécié et estimés. Petit à petit, on leur confiait des postes avec plus d’importance, petit à petit, la confiance que l’on plaçait en eux augmentait. Et bientôt, il espérait que l’on révélerait à ses espions le secret le mieux gardé parmi les rebelles : l’emplacement de Karnevale Avenue.
Et comme ce n’était plus qu’une question de mois, Osmanthe avait décidé de passer à la dernière phase de son plan : il avait augmenté le nombre d’espions. Ceux-là, peu importait qu’ils s’intègrent ou non. Il voulait juste que le réseau ennemi soit infesté de traîtres qui se retourneraient contre les rebelles simultanément. Le problème était que les personnes possédant toutes les qualités pour être capable d’infiltrer les Karnevaliens se faisaient rares. Il fallait non seulement que celles-ci soient dotés d’un Karnevale, mais en plus qu’ils ne soient pas identifiés comme proches des Traqueurs ou favorables au régime de l’empereur, et enfin, il était préférable qu’ils soient qualifiés en combats, autrement ils se feraient bêtement tuer avant d’avoir pu servir à quelque chose. Et Raz-Raz remplissait toutes ces obligations, raison pour laquelle il lui avait proposé cette alliance.

- Ça, c’est mon problème, et il sera réglé en temps utile. Ce qui ne l’est pas pour l’instant, c’est notre accord. Au passage, « foncer dans le tas » ne fait pas partie de mon vocabulaire, et de toute façon je continue à croire qu’il serait beaucoup plus efficace que vous infiltriez les rebelles. Et je ne vous accompagnerait pas, sauf si d’ici là je suis pris d’envies suicidaires. Mais si vous avez peur de vous retrouver seul face à l’ennemi, je peux également vous proposer un compagnon, autre qu’un Traqueur puisque visiblement l’idée ne vous a pas plu.


Il faisait évidemment allusion à la colère aussi soudaine qu’incompréhensible dont avait été prise l’assassin. Et puis il en avait profité pour glisser dans son discours une petite raillerie, le traditionnel « tu veux pas le faire parce que t’as peur, avoue ! », méthode de persuasion bateau qu’il employait depuis belle-lurette, mais qui marchait tellement souvent que c’en était effrayant. Peu de chance qu’elle tombe dans me panneau mais ça ne coûtait jamais rien d’essayer. Au pire, cela ne ferait que l’irriter un peu plus, il n’était plus à ça près.

- Si vous êtes accompagnée par une autre personne dotée d’un Karnevale, non pas pour vous servir d’esclave ou de monnaie d’échange, mais juste afin que vous soyez deux dans la place ennemie, acceptez-vous cette méthode ?

Là, on ne pouvait pas dire qu’il ne faisait pas d’effort. Et si elle disait non, et bien qu’elle trouve une idée plus intelligente. Parce que sa patience et sa tolérance avaient des limites, et celles-ci n’était pas loin d’être atteintes.

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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 19 Mar - 20:00

Enfin, la voilà. Belle, mesquine, subtile, magnifiquement placée, inefficace, puérile, minable, aberrante : la provocation. Tant attendue par l'assassin, elle pointait désormais le bout de son nez dans les négociations. Le message qu'elle souhaitait faire passer était si enfantin que la personne concernée par la moquerie plissa les yeux, pensant avoir mal compris la chose. Pourtant elle ne se trompait pas, à son grand regret. Elle venait bien d'entendre une remarque digne d'un élève de petite section. Ces enfants qui se battent sur la marelle parce que "c'est mon caillou, pas le tien", ou devant un jouet sous prétexte que "je l'ai vu en premier". Ces gamins incapable de rien faire de leurs dix doigts. Ces... Ces mioches ! On dit souvent que le ridicule ne tue pas, mais là allait peut-être arriver l'exception qui confirmerait la règle. Elle le détestait déjà, mais voulait lui accorder une certaine maturité quand même, mais là... Là ! Elle ne pouvait plus rien faire. Un "traqueur de génie" ? Plutôt un enfant inconscient qui réussit tellement bien à cause de son... Non, le mot "innocence" n'est pas approprié. En fait, rien n'est approprié pour qualifier ce spécimen. Peut-être Raz-Raz trouvera-t-elle au cours des prochains évènements, mais pour le moment sa langue reste sans idée.

Bien sûr elle n'avait pas peur. La seule chose qu'elle craignait était de trahir son client. Personne ne dit qu'à la première occasion Osmanthe la planterait là et qu'elle ne pourrait jamais le retrouver. Pire encore, il pourrait se faire assassiner par quelqu'un alors qu'elle avait le dos tourné. Non franchement, aucune des propositions que continuait de faire son "compagnon" ne lui plaisait. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, essayer de trouver des compromis, rien n'y faisait. Elle ne pouvait pas céder la moindre chose sinon elle était perdue. Elle allait devenir le jouet de cette personne sans avoir le temps de ne rien y comprendre. Il fallait absolument qu'elle campe sur ses positions sans en bouger d'un seul millimètre. C'était un manipulateur, cela se sentait dans ses sourire hypocrites.

Il fallait vite qu'elle propose quelque chose pour contre-argumenter sinon elle allait être prise au piège. Elle décida d'y aller en improvisation totale, comme elle sait si bien le faire lorsqu'il s'agissait de se sauver dans la foule. Une conversation de jeune fille, une réunion d'anciens élèves, un syndicat... Tout, elle pouvait improviser sur absolument tout. Et ce n'est pas un traqueur à la grosse tête qui allait lui ôter ce don.

- Voyez-vous, je...

Sa bouche resta ouverte, ses yeux s'écarquillèrent. Elle était là, figée. De surprise, peut-être de trouille aussi ; un gros mix d'un peu tout. Sur la terrasse de café venait d'arriver la dernière personne au monde qu'elle aurait pu avoir envie de voir ici. Ce n'était pas son frère, non. Il s'agissait d'un homme au visage fatigué malgré son jeune âge. Il tremblait comme s'il venait de voir la chose la plus atroce qu'il aurait pu lui être donné de voir. Le dégout se lisait sur son visage. C'était le client. Il était là, avançant dans le dos d'Osmanthe, avec un rictus presque démoniaque. L'assassin imaginait très bien ce qu'il pouvait penser en la voyant discuter autour d'un verre avec la cible : une trahison.

Elle tenta de se ressaisir rapidement, lança des regards furtifs aux deux hommes, surtout pour avertir le prétentieux de la venue de son collègue. Elle avait des sueurs froides, ne s'étant jamais retrouvée dans ce genre de situation. Tout semblait se troubler dans sa tête tant la situation était embarrassante. Elle ne pouvait pas lui expliquer qu'elle comptait le tuer après avoir profité de la possibilité que sa cible lui offrait. Faire passer son intérêt personnel avant celui de son client... Mais n'importe quoi Raz-Raz ! Vraiment n'importe quoi. Elle entendait son père lui dire qu'elle faisait honte à la famille. Tout mais pas ça ! Se serait comme être rabaissé au niveau de son frère. Elle aurait perdu tout ce qu'elle avait : l'affection de son père.

Et tandis qu'elle se faisait des réflexions, l'autre ne cessait d'avancer. Il était désormais arrivé au niveau de l'être détesté. L'opalienne le vit poser la main sur un révolver caché sous sa veste. Le pire était à venir, il souhaitait certainement les supprimer tous les deux. Il fallait trouver une diversion, quelque chose qui le ferait croire qu'ils n'étaient pas ensemble. Elle pensa à se faire passer pour une serveuse à l'essaie, mais le problème était qu'elle ne savait pas depuis quand il se trouvait là. Dans les instants qui ont précédés elle n'avait presque pas détache son regard de celui d'Osmanthe. Voilà qu'elle paniquait alors qu'il ne fallait surtout pas, elle avait déjà un pied dans la tombe. Il fallait se focaliser sur le plus important : ne pas révéler l'identité de son client :

- Vous désirez, monsieur ?

La phrase bateau, mais qui peut marcher. Elle n'avait rien trouvé d'autre sur le moment, la panique étant devenue maître de sa personne.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 2 Avr - 23:35

Osmanthe attendit la réaction. En vain. Le visage de l'assassin resta neutre. Peut-être une petite lueur de colère, ou de mépris -à moins que ce ne soit les deux à la fois- brilla-t-elle furtivement dans son regard, à peine perceptible. Mais rien de plus.
Le jeune homme en fût horriblement déçu. Il ne savait pas exactement à quoi il s'était attendu. Une explosion, peut-être? Qu'elle craque enfin, qu'elle perde le contrôle d'elle-même, qu'elle se rue sur lui, afin de mettre un terme à cette conversation de plus en plus absurde? N'importe quoi, au fond, du moment que cela décoinçait cette situation pour le moins désagréable dans laquelle ils étaient tous les deux.
Il en vint à se demander comment l'idée saugrenue de s'allier avec une moins-que-rien d'assassin avait-elle bien pu émerger de son esprit si logique. Cela ne lui plaisait pas trop de l'avouer, mais son système de raisonnement devait avoir quelques faiblesses, par moment. Décidément, trop de travail lui réussissait de moins en moins. Il se promit que dorénavant, il prendrait bien soin de ne pas passer plus de cinq heures sur de la planification sans voir la lumière du jour, histoire d'éviter ce genre de défaillance.
L'idée de la tuer, là, maintenant, dans la seconde qui suivait, l'effleura vaguement, mais fût immédiatement repoussée par des dizaines d'arguments supra-rationnels, preuve que sa logique n'était pas encore trop amochée.
Non, la tuer ici, en pleine rue, devant des dizaines de témoins, et sans raison défendable devant ses supérieurs ne serait pas très judicieux. Et puis, bien cachée, enfouie sous des couches et des couches de flegme et d'immoralité, un minuscule bout de bonne conscience lui soufflait insidieusement que tuer sans préavis quelqu'un à qui l'on avait proposé une alliance serait à la fois d'une lâcheté et d'une monstruosité écœurante, et que s'abaisser à ce niveau serait tout simplement lamentable.

Il re-fixa son regard sur le visage concentré de l'assassin. Bien lui en prit, car il pût ainsi capter la plupart des émotions qui la submergèrent dans les secondes qui suivirent.
Il la vit s'interrompre au beau milieu de sa phrase et rester bouche-bée. Il vit ses yeux s'écarquiller pour se fixer sur un point dans son dos. Il put lire dans son regard la stupéfaction, sûrement mêlée de peur, et vite remplacée par quelque chose d'autre : de la honte?
L'envie de se retourner pour découvrir ce qui était à l'origine de telles réactions fût forte. Pourtant, il resta focalisé sur l'expression paniquée de la jeune femme, un léger sourire aux lèvres, se repaissant du désarroi clairement lisible sur ses traits.
Ignorant les regards d'avertissement qu'elle lui lançait, il s'amusa à essayer de deviner qui pouvait bien effrayer l'assassin à ce point. Un autre Traqueur? Ou alors ce frère tant détesté?

- Vous désirez, monsieur ?

Était-ce à lui qu'elle s'adressait de manière si formelle, ou...
Osmanthe se retourna. Ou plutôt, tenta de se retourner, mais fit connaissance avec le canon d'un pistolet avant d'avoir pu effectuer une rotation complète. Un frisson lui parcourut le dos.
Cette situation, il l'avait vécue des dizaines de fois. Mais toujours de l'autre côté de l'arme à feu. Il avait désormais un aperçu de ce que pouvaient ressentir ses victimes quelques secondes avant leur mort. Et il apprécierait que cette désagréable sensation ne soit pas sa dernière sur cette terre. Autrement, en plus d'être mort, il serait mort d'une façon éminemment bête : "n'a pas jugé utile de se retourner alors qu'on lui avait clairement indiqué le danger". Non, ça ne ferait vraiment pas bon effet sur sa tombe.
A son grand soulagement, le canon s'écarta soudainement de son front pour aller pointer vers celui de l'assassin.
Pendant deux secondes, le temps sembla se suspendre. Tirera, tirera pas?
Cet homme dont il n'avait toujours pas regardé le visage allait-il lui rendre finalement lui rendre service en supprimant cette ennuyante jeune femme?
Osmanthe vit le doigt effleurer la gâchette, hésitant. Mais aucune détonation ne retentit.
Profitant de ce moment de répit, le jeune homme fixa enfin son regard sur le visage du type qui l'avait menacé. Et enfin, tout s'éclaira.
Il le connaissait. Enfin, connaître était un grand mot. Il n'avait jamais dû lui adresser la parole... ou peut-être que si, mais seulement pour lui aboyer des ordres. Aurélien Quelque-chose. Un Traqueur raté qu'il avait côtoyé quelques mois plus tôt. Un visage parmi des milliers d'autres, mais que la mémoire surdéveloppée d'Osmanthe avait enregistré, comme elle enregistrait des milliers de choses inutiles et anodines à chaque instant. Comme elle avait enregistré les paroles de l'assassin, quelques minutes plus tôt : "C'est un homme du même métier que vous qui a commandé votre assassinat".
Le jeune homme réalisa enfin toute l'horreur de la situation... pour la jeune femme en face de lui, évidemment, parce que de son point de vue, tout allait pour le mieux. Le client arrivait à point nommé. Il devait bouillir de rage, comme n'importe qui face à une telle trahison. Avec un peu de chance, Aurélien-le-raté allait descendre l'assassin, et ainsi Osmanthe pourrait à son tour descendre le client, en toute légitime défense.
Cinq autres secondes passèrent. Le Traqueur raté pointait toujours son pistolet en direction de l'assassin, mais ne semblait pas décidé à faire feu. Son bras tremblait légèrement, et il paraissait plus crispé et raide qu'un tronc d'arbre.
Tout à coup, une information supplémentaire sur le jeune homme émergea de la mémoire d'Osmanthe. La plus grande faiblesse d'Aurélien n'avait jamais été sa naïveté frôlant la bêtise, ou ses désastreuses capacités physique, mais son aversion envers la violence. D'ailleurs, le Traqueur s'était toujours demandé ce qui avait bien pu le pousser à embrasser une profession dans laquelle les meurtres constituaient plus de 40% des tâches à effectuer. Logiquement, si on était pas capable de faire de mal à une mouche, on se reconvertissait en vendeur de peluches, ou garde-mioches, mais enfin on ne devenait pas Traqueur.
Quoi qu'il en soit, sachant qu'il y avait eu de chances que le jeune homme se décide à tirer, Osmanthe décida de faire bouger un peu la situation.

- Aurélien? Lâche cette arme, s'il te plaît. D'après mes souvenirs, tu n'as jamais été capable de t'en servir correctement, et tu serais bien foutu de te tirer dans le pied, ou de blesser un innocent. A moins que, depuis le temps, tu aies appris à toucher une cible immobile se trouvant à moins d'un mètre de toi? Mais honnêtement, j'en doute un peu.

Les railleries étaient sûrement l'un des domaines dans lequel Osmanthe était le plus compétent, en troisième position derrière la résolution mentale d'équations du troisième degré et la mémorisation instantanée.
Au passage, il était tout à fait conscient qu'il risquait, en l'insultant de la sorte, de retourner le jeune homme contre lui. Et il avait prévu le coup : la main sur son propre pistolet, il était sûr d'avoir le temps de tirer si le client tentait le moindre geste contre lui. Après tout, Aurélien n'avait jamais été réputé pour sa vivacité, que ce soit au niveau de l'esprit ou du corps.
Il continua d'une sur un ton doucereux :

- Je précise que je dis ça dans ton intérêt. Je peux comprendre que face à cette horrible trahison, tu aies envie de te venger. Tu as toujours été trop naïf. Tu pensais vraiment pouvoir faire confiance à une assassin? Faire confiance à quelqu'un d'aussi dénué de morale, quelqu'un qui, tel un vautour, vit de la mort d'autrui? Tu aurais pu deviner qu'une personne de ce genre ferait passer ses propres intérêts avant les tiens, quitte à pactiser avec l'ennemi. Tu aurais du deviner qu'une personne de ce genre ne pouvait être qu'égoïste et opportuniste.

Osmanthe distillait son venin, à la fois chez le Traqueur raté et chez l'assassin. L'idée étant que si l'un d'entre eux se décidait à attaquer, peu importe la cible, alors il y avait de bonnes chances pour qu'il finissent par s'entretuer.
Ayant de nouveau l'impression d'avoir la situation en main, il s'autorisa un sourire goguenard à l'intention de l'assassin, qui se trouvait dans une situation pour le moins délicate. Qu'allait-elle faire, désormais?


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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Jeu 7 Avr - 10:08

Il fallait que le sol s'effondre sous ses pieds, qu'elle disparaisse de la vue de tous pour s'enterrer au fin fond de l'enfer. Les démons l'accueilleraient certainement avec grande joie : trahison, haine et assassinat doivent faire un joli petit combo de points maléfiques. Sûrement se retrouverait-elle rangée en tant que voisine des rebelles et souffrirait encore plus les supplices qui lui seraient infligés ; attendant patiemment la mort de son frère qui la rejoindrait. Alors elle tenterait de tuer un mort. Sans contrat, rien. Personne ne lui en ferait un en bas et après ce qu'elle venait de faire subir à son client, elle doutait d'être encore engagée par qui que se soit. Peut-être que quelques âmes peu perverties, mais déjà trop pour atteindre le paradis auraient envers elle un élan de bonté et lui signerait un papier. Le rêve doit certainement être permis partout, même dans le royaume de Méphistophélès. La jeune femme espérait ici se peindre un portrait à peu prêt correct de son avenir proche.

Attendant patiemment et résignée le canon qui allait arriver sur sa tête, elle fut agréablement surprise de le voir se diriger vers celle du traqueur. Fausse joie qui ne dura qu'un instant puisque le client changea rapidement de cible. C'était fini, elle allait mourir lamentablement à cette table de café parce qu'elle n'avait pas été capable d'accomplir son travail. Elle avait eu le malheur de se laisser tenter par la voix d'un gamin beau-parleur. L'intention de le tuer à la fin avait toujours été en elle, mais elle aurait dû le faire dès le début. Ne pas attendre une seule seconde, ne pas lui laisser le temps de finir sa tirade sur l'idée d'un pacte entre eux deux. "Aurait dû"... On pourrait refaire le monde avec ce verbe ; changer les actions de chaque humain qui l'a façonné depuis sa naissance. Sauf qu'il ne s'agit que d'irréalisable. Le temps n'est pas quelque chose de contrôlable. Il s'en va sans que l'on puisse l'attraper et n'est pas remodelable. Ce qui est fait est fait, il faut faire avec. Les yeux fermés, retenant ses tremblement, l'assassin ne pouvait que compter les secondes supplémentaires que le trahit daignait lui accorder. Instants de supplice, craignant toujours de sentir, aussi vite qu'un souffle, la douleur de la balle qui traverserait son crâne. Elle se remémorait celle qui avait percé sa main, le mal que cela lui avait fait et le soin administré par Osmanthe.

Elle se maudit. Par cette simple action qui ne signifiait rien elle ne pouvait s'empêcher de lui être au moins un peu reconnaissante. Il aurait pu la laisser se vider de son sang sur le pavé, la regarder mourante comme un poisson sorti de l'eau. Non, il lui avait permit de rester un peu plus longtemps sur cette fichue planète. S'énerver, détester, rire, boire un coup pour la dernière fois. Elle aurait bien sûr préféré éprouver de la joie, mais au moins elle avait caressé un instant l'idée de pouvoir enfin éliminer son frère et ça c'était encore mieux que de lui permettre de parier une dernière fois sur un combat quelconque.

- Aurélien? Lâche cette arme, s'il te plaît. D'après mes souvenirs, tu n'as jamais été capable de t'en servir correctement, et tu serais bien foutu de te tirer dans le pied, ou de blesser un innocent. A moins que, depuis le temps, tu aies appris à toucher une cible immobile se trouvant à moins d'un mètre de toi ? Mais honnêtement, j'en doute un peu.

Non, non... Non. Il fallait absolument chasser cette stupide reconnaissance : ce type est juste une grosse tête à claque. Certes il lui sauvait en quelque sorte la vie pour un petit instant, mais ce ne fut pas la première réflexion que pensa à se faire Raz-Raz. Elle lui en aurait collé une si la raillerie lui était adressée, mais tout merdeux qu'il était il venait de réussir à la faire esquisser un sourire, au moins. Elle imaginait aisément la scène qui illustre l'expression "ne pas toucher une vache dans un couloir" avec le pauvre Aurélien qui n'arriverait à rien. Faisant les paris dans sa tête, elle misa 10 000 sur le bovin qui finirait bien par avancer dans l'espace, acculer le traqueur raté contre un mur et l'écraser pour le tuer dans d'atroces souffrances. "Mort écrasé par une vache". D'accord ce n'est pas vraiment les pensées communes à avoir lorsque l'on est sur le point de rendre son dernier souffle, mais un peu d'amusement a toujours été le meilleur remède pour se détendre. Ainsi la traitre eut quelques petite soubresauts qu'elle camoufla habilement.

- Je précise que je dis ça dans ton intérêt. Je peux comprendre que face à cette horrible trahison, tu aies envie de te venger. Tu as toujours été trop naïf. Tu pensais vraiment pouvoir faire confiance à une assassin ? Faire confiance à quelqu'un d'aussi dénué de morale, quelqu'un qui, tel un vautour, vit de la mort d'autrui ? Tu aurais pu deviner qu'une personne de ce genre ferait passer ses propres intérêts avant les tiens, quitte à pactiser avec l'ennemi. Tu aurais du deviner qu'une personne de ce genre ne pouvait être qu'égoïste et opportuniste.

Le troupeau de bétail se trouvant désormais dans le couloir s'effaça à ces mots au, au lieu de rire, elle eut envie de concrétiser son idée du pavé dans la tête. Pour tenir de tels propos jamais il n'avait du se dire que certaines personnes n'ont pas le choix de choisir tel ou tel métier. Bon, pour celle en question ce n'était pas vraiment le choix, elle avait suivit le voie qu'il lui plaisait, mais il y avait toute une histoire de principe et d'éducation qui avait joué dans cette décision. On lui avait toujours appris qu'une chose existait pour répondre à un besoin. Le boulanger existe parce que les gens ont besoin de pain ; le garde car on a besoin de sécurité. Le mendiant existe car il n'a pas pu trouver de travail, mais il sert aussi à certaines personnes de la classe moyenne en difficultés à sentir qu'ils sont tout de même mieux que "cette chose là" et se rassurer ; pour d'autre donner une petite pièce permet de se soulager l'âme et faire sa BA du jour bien que l'on sache que ce n'est pas cela qui sortira ce pauvre homme du malheur où il est perdu. Les assassins aussi existent pour répondre à un besoin. Si les humains n'éprouvaient pas le désir de tuer ou qu'ils n'avaient pas peur de faire le sale boulot eux-même les gens comme Raz et sa famille n'existeraient pas. Ils auraient exercé un métier plus "respectable" comme boulanger bien que si l'on suit cette théorie on peut presque les mettre sur un pied d'égalité au niveau du besoin. Dire qu'ils sont dénués de morale est une erreur. S'ils n'en avaient pas il fuiraient leurs responsabilités, tuant lorsqu'ils en ont envie et se serait la catastrophe chez toutes les personnes avides de vengeances. La mort serait partout, effectuée n'importe comment et dans tous les sens.

On pourrait s'imaginer qu'elle voulait également réfuter les paroles comme quoi elle serait une personne "égoïste et opportuniste", mais c'était faux. Sur ces points elle était tout à fait d'accord avec Osmanthe qui avait bien raison de la traiter ainsi. Elle n'avait pensé qu'à elle dès qu'il avait s'agit de la mort de son frère, quitte à trahir son client et un de ses plus grands principes. Rien à redire sur cela, mais comment expliquer le précédent paragraphe à cette personne qui se croit supérieure à elle parce qu'il est traqueur ? Si on les considère en tant qu'humain tout simplement ils sont sur un pied d'égalité. En prenant leurs métiers on peut considérer qu'ils font à peu prêt la même chose. L'un tue et capture -ce qui mène à la mort- pour la vengeance et la haine du royaume, l'autre envoie la visite de la faucheuse sous ordre de la population guidée par les même sentiments que la royauté. Une fois encore : comment l'expliquer ?

Pour le moment la principale occupation à avoir si l'on a un minimum d'instinct de conservation c'est se débarrasser de cette personne qui met en péril la vie des deux protagonistes. Il avait toujours son arme dans la main et, comme il avait lâché son attention d'Osmanthe quelques secondes, Raz imaginait très facilement que lui aussi se soit emparé d'une des sienne. Elle aussi devait être parée au combat. Un "schling" presque aussi inaudible qu'un léger souffle de vent survint ; elle venait de faire sortir ses petites lames de ses bracelets. Bien sûr cela ne faisait pas le poids contre les pistolets des traqueurs, mais elle ne pouvait pas faire grand chose de plus si ce n'était user de sa faux mise à la limite de sa peau pour se protéger comme elle pouvait. Face à eux la jeune femme se sentait vulnérable et elle n'aimait pas ça du tout. Elle était amoindrie car blessée, Aurélien était apparemment amoindri de naissance et le petit Cathair était en pleine forme. L'assassin pesta contre elle-même de ne pas lui avoir arraché un bras plutôt que de lui faire deux égratignures, ils auraient été sur un pieds d'égalité s'il n'était pas déjà mort vidé de son sang sur la terrasse.

Le canon du pistolet était toujours braqué sur le tempe de la demoiselle, mais tremblotait comme s'il hésitait à se choisir une cible. Elle ne pouvait décemment pas tuer son client là au milieu, un travail d'assassin se doit d'être discret. Une petite question lui trottait dans le coin de la tête et elle avait enfin trouvé les mots pour se la formuler à elle-même. Forcément quand on panique on est tout de suite moins lucide à propos de ce qu'il se passe dans le petit bout poussiéreux d'une boîte crânienne alors quand une interrogation importante se trouve ici, elle n'est pas débusquée tout de suite. La formulation était donc : "pourquoi personne dans ce café ne réagit à une telle scène ?". Pourtant l'arme était bien voyante, elle brillait même au soleil et envoyait des reflets un peu partout. Les clients et le personnel auraient été une bande de légumes prenant un bain de soleil que les choses se seraient passées de la même manière. Raz-Raz roula des yeux pour tenter de voir ce qu'il se passait sur les côtés : il n'y avait plus personne. Ses traits se raidirent un instant, elle se demanda comment elle est son ex-associé n'avaient pas pu remarquer l'exode de cafétéria. Les gens avaient du s'y prendre de manière très naturelle et discrète. Il y avait donc des chances qu'Aurélien les ait repérés depuis un petit moment et qu'il ait organisé cette évasion... Il ne serait donc pas aussi stupide qu'on le dit.

Le traqueur de bas-étage commençait à faiblir sous la pression de l'acte qu'il voulait commettre et ses jambes s'affaissèrent. Cela ne dura qu'une instant, une petite fraction de secondes, mais n'ayant plus aucune menace flottant sur son crâne, l'assassin put réagir et asséna un coup du revers de la main au niveau du cou de son client. Il tomba raide. Il n'était pas mort, juste assommé. Soulagée elle prit une grande inspiration puis se tourna vers Osmanthe, soutenant son regard dont elle ne chercha même pas à déceler l'expression avant d'annoncer :

- Mon contrat est apparemment rompus, je n'ai plus aucune raison de vous tuer. Tant pis, même si vous me tapez sur les nerfs, j'aurais été un peu embêtée de mettre fin aux jours d'une personne qui a empêché que je meure dans les atroces souffrance d'une hémorragie à la main.

Il avait son arme dans la main, elle n'avait pas énormément de temps : l'évanouissement dans lequel elle avait plongé Aurélien n'était que superficiel car elle n'avait pas eu vraiment le temps de viser et préparer son coup. Elle n'avait agit que sur une impulsion pour se sauver la vie. Bientôt il se réveillerait et là il n'hésiterait sûrement pas une seule seconde à la tuer à moins que se ne soit une véritable poule mouillée.

- Tuez-moi si vous en avez envie, après tout vous devez vouloir vous venger, je suis une traitre, une opportuniste, une égoïste, une moins que rien ; je mérite l'enfer.

Tandis qu'elle parlait un sourire s'affichait peu à peu sur son visage. Elle continuait de le regarder et se sentait comme soulagée. Elle allait peut-être avoir ce qu'elle méritait d'une personne que, finalement, elle avait attaqué pour rien. De plus elle aurait une nouvelle bonne raison de lui être reconnaissante de la sortir de se sentiment de trahison et de déshonneur qui ne cesse de l'envahir depuis l'arrivée de son ex-client. Elle avait bafoué ses valeurs, son père ne voudrait plus d'elle... Oui, bon, d'accord. Elle voulait bien vivre aussi, même en portant ce poids qu'elle ferait tout pour se faire pardonner, mais elle doutait que cet homme veuille bien lui laisser la vie sauve. De toute façon si elle tentait de s'enfuit maintenant il la canarderait et elle risquerait fort de se prendre une balle mortelle. L'idée qui lui était venue en tête était que le traqueur était suffisamment intelligent pour se dire que s'il tuait quelqu'un qui désormais n'en voulait plus à sa vie, il serait réduit au même grade qu'elle et même pire. Sa fonction est de tuer et capturer sous ordre des Grands, en gros. Là il éliminerait une personne par pur désir de vengeance et de "oh toi je ne t'aime pas, viens-là que je te tue" ce qui reviendrait à le ficher comme un meurtrier. Ce statut est, à l'humble avis de Raz-Raz, encore pire que celui d'assassin car il ne tue que sur commande de lui-même et n'est utile à personne. Voilà, il serait pire qu'un moins que rien et la jeune femme espérait du fond du cœur qu'il s'en rende compte. Tout d'abord parce qu'elle se serait fait de fausses idées sur son intelligence potentielle et deuxièmement parce qu'elle serait embêtée qu'une personne qu'elle apprécie un tout petit peu -mais vraiment tout, tout, tout, tout petit- parce qu'il l'avait aidé et lui avait donné une opportunité de réaliser son rêve se trompe à ce point sur son propre statut. Elle imaginait qu'il la tue maintenant et ne se rende compte de sa bêtise que des années plus tard ; elle se mordait les lèvres.

Elle se trouvait donc face à un couloir dont les issues étaient toutes les deux fermées. L'une vers la mort, l'autre vers la vie. La personne qui pourrait lui ouvrir une des issues ne serait pas une vache comme celle qui se trouvait dans le corridor d'avant, mais Osmanthe Cathair. Monsieur le traqueur de génie de pacotille qu'elle avait tant de fois eu envie d'éclater contre le pavée. C'est bizarre, paradoxale. L'assassin avait vraiment des valeurs étranges et cette fois-ci, elles l'avaient mises dans une situation des plus délicates.

Alors mourra ? Mourra pas ?


Dernière édition par Raz-Raz Ray le Dim 24 Avr - 15:42, édité 1 fois
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mar 19 Avr - 23:08

Brusquement, la pure malveillance contenue dans les paroles qu'il avait jeté à la figure de son homologue et de surtout, à celle de l'assassin le frappa. Il n'avait dit ça pour décoincer la situation. Pas vraiment. La preuve, ça ne décoinçait rien du tout. Ils étaient toujours plantés là, tous plus figés les uns que les autres. A tel point que sans les tremblements pathétiques du bras d'Aurélien, un observateur extérieur aurait pu croire que le temps s'était figé autour des trois protagonistes, peignant un tableau tragique et laid. Horriblement laid, parce qu'il représentait tous les défauts de l'être humain. Couardise, jalousie, égoïsme, opportunisme, froideur, et aussi cette simple et froide cruauté qui l'avait poussé à cracher son venin.
Le Traqueur se surprenait lui-même.
Il n'avait jamais été gentil. Pas élevé pour ça. En fait, l'éducation maniaque et obsessionnelle de son père l'avait rendu aussi émotif qu'un bloc de glace. Froid, neutre, d'un flegme inhumain, presque robotique. On lui donnait des ordres. Osmanthe le bon petit soldat les analysait et les exécutait si il les jugeait pertinents. Sans se poser de question d'ordre morale, sans rechigner, mais sans y prendre non plus le moindre plaisir. Ni gentil, ni méchant. Juste un chien bien dressé.
Et puis petit à petit, les sentiments enfouis avaient refait surface. Pas de bons sentiments. Les produits de sa frustration qui avaient marinés pendant des années.
Désormais, presque plus rien ne subsistait du petit robot qu'il avait été. A la place, un adolescent, presque adulte, rempli de rancœur, d'amertume, de doutes. Qu'il cachait derrière ses sarcasmes, sa cruauté et un petit reste de flegme. Juste assez lucide pour voir qu'il était tombé bien bas. Et qu'il ne remonterait sûrement pas.
"Je suis devenu un vrai salaud." réalisa-t-il, sans que cela provoque le moindre émoi en lui.
"Sûrement pire que mon père." Et une vague de mépris le parcourut. Sans qu'il sache très bien si elle était lui inspirée par son père ou par lui-même.
"Et je me suis tellement ramolli que je ne suis même plus foutu de remarquer que tous les gens ont déserté la terrasse, sûrement depuis belle-lurette. Ça devient inquiétant, ces défaillances de plus en plus nombreuse. Si ça continue, je vais me faire bêtement assassiner dans mon lit, et ça ne chagrinera pas grand monde. J'aurai droit à une anti-oraison funèbre, et mon enterrement sera sûrement suivi d'un bal et de feux d'artifice. C'est quand même glauque de penser que la plupart des gens seront ravi de me savoir six pieds sous terre. Et le pire, c'est que Père passera son temps à médire sur moi et à radoter qu'il l'avait prédit, que je n'ai jamais été à la hauteur de ses attentes. Un moins-que-rien... Je serai nationalement considéré comme un moins-que-rien. Rien de plus qu'un putain de Traqueur assassin."

Tout en ayant conscience d'extrapoler de façon monstrueuse, Osmanthe doutait que ses prédictions soient bien loin de la réalité.
Grotesque. Il était en train de pleurnicher grotesquement sur son sort. Il se mettait à parler comme un de ces adolescents boutonneux mal dans leur peau. Et cette désagréable sensation de tomber, de sombrer, de s'enliser, de dégringoler encore plus bas, en étant parfaitement conscient de sa chute, mais sans pouvoir l'arrêter. Et cette haine pour son père, et pour le monde entier, contre sa vie entière qui n'était, quoi qu'on puisse dire, qu'une succession de luttes, de violences, de meurtres, et qui l'avait transformé en ce pauvre type amer en train de déprimer sur une terrasse de café, en présence de deux personnes qui mourraient d'envie de le massacrer.
Osmanthe ferma les yeux un court instant, tellement la vérité lui parût grotesque. Il était en train de faire une putain de crise d'adolescence tardive. Ou alors une espèce de méga-dépression qui y ressemblait bien.
Grotesque.

Ce qui était presque aussi grotesque, c'était cette situation sans issue. Ça ressemblait désagréablement à une tragédie de mauvais goût. Et ça commençait sérieusement à l’irriter. Il n’avait qu’à descendre ce pauvre Aurélien, et ça serait réglé. Il caressa distraitement de son arme toujours posée sur ses genoux, pesant le pour et le contre de cette solution.
A ce moment, le Traqueur raté tressaillit et baissa son pistolet pendant une seconde. Ce qui laissa largement le temps à l’assassin d’assommer le jeune homme d’un coup bien placé.
Osmanthe regarda le corps de la victime s’affaisser telle une poupée de chiffon. Une bonne chose de faite, et il n’avait même pas eu à lever le petit doigt. Maintenant, restait le problème de l’assassin. Le jeune homme resserra la prise sur son arme, au cas où la jeune femme ait de nouveau changé d’avis et décide de s’attaquer à lui, ce qui serait presque légitime vu les paroles qu’il avait eues.

- Mon contrat est apparemment rompus, je n'ai plus aucune raison de vous tuer. Tant pis, même si vous me tapez sur les nerfs, j'aurais été un peu embêtée de mettre fin aux jours d'une personne qui a empêché que je meure dans les atroces souffrance d'une hémorragie à la main.


Le Traqueur retint un soupir.
Soupir de soulagement, parce qu’il n’avait pas envie de se lancer à nouveau dans un combat à l’issue incertaine.
Soupir de mépris, aussi. Elle en était encore à l’histoire de bandage ? Si elle savait le nombre de gens qu’il avait soigné, réconforté avec une gentillesse feinte mais irrésistible, utilisé, puis assassiné quand il n’avait plus eu besoin d’eux, comme on jetait un mouchoir usagé. Si elle s’attachait à ce genre de détails, elle n’irait pas loin dans la vie. Au sens propre du terme. Elle se ferait lâchement assassiner par un individu lâche et sournois. Quelqu’un comme lui, en somme.

- Tuez-moi si vous en avez envie, après tout vous devez vouloir vous venger, je suis une traitre, une opportuniste, une égoïste, une moins que rien ; je mérite l'enfer.

Osmanthe en resta comme deux ronds de flan. Alors comme ça, voilà qu’elle se suicidait, maintenant. Enfin, pas exactement, mais sa reddition revenait un peu au même. Et elle souriait même. C’était peut-être une ruse. Bizarrement, Osmanthe, le jeune homme le plus sournois de toute la création, en avait assez des ruses. Aussi décida-t-il arbitrairement que ce n’en était pas une. Et si il mourrait bêtement dans quelques instants pour avoir rejeté cette hypothèse, et bien il saurait pendant un dixième de seconde avait de trépasser, que prendre des décisions arbitraires lorsque sa vie était en jeu n’était pas vraiment la chose à faire pour la conserver.

Mais du coup, il ne comprenait pas. Mais alors vraiment pas. S’il y a bien une chose que le Traqueur ne serait jamais capable de faire, c’est de se laisser mourir. Et pourtant, Dieu sait qu’il aurait de bonnes raisons de se jeter dans le vide, et en plus, il ne blesserait personne en faisant ça. Alors que cette fille, si honnête pour un assassin, devait bien avoir des gens qui tenaient à elle, non ? Et pourtant, elle acceptait en toute connaissance de cause de se faire tirer dessus ? Là, c’était de l’égocentrisme. De toute façon, le suicide était un acte stupide, inutile et égoïste, du point du Traqueur. Elle ne pouvait pas être sérieuse…
Après deux secondes d’hésitation qu’il cacha derrière la façade de son expression neutre, le sourire moqueur réapparut sur ses lèvres.

- Si c’est si gentiment demandé, je ne vois pas comment refuser… susurra-t-il en levant son pistolet en direction de l’assassin.

Et sans une seconde supplémentaire d’hésitation, il tira.
Le bruit du coup de feu, assourdissant, fût suivi d’un long silence.
Osmanthe, le visage parfaitement lisse, regardait toujours Raz-Raz.

Laquelle était encore sur ses deux jambes.
En un seul morceau.
Et sans le moindre trou, mis à part celui qu’elle avait déjà à la main auparavant.
Logique, étant donné que la balle était passée à dix bons centimètre au dessus de sa tête pour aller se loger dans un mur, derrière elle.
Il l’avait loupé. Volontairement. Il aurait pu laisser la balle la frôler, voire l’érafler, mais non, il avait même laissé une généreuse marge au cas où elle fasse un malheureux mouvement pour l’éviter qui aurait l’effet inverse. C’est dire à quel point son tir était dépourvu d’intentions meurtrières.
Le silence se prolongea encore quelques secondes. Puis fût rompu par le rire d’Osmanthe.

L’assassin devait être dans un moment de confusion totale. Peu de chance qu’elle comprenne pourquoi Osmanthe l’avait épargné tout en feignant de lui tirer dessus.
Le Traqueur lui-même n’était pas totalement sûr des raisons qui l’avait poussées à agir de la sorte. Mais il riait devant la surprise mêlée d’incompréhension de l’assassin. Et pour une fois, ce n’était pas un rire feint, dans le but de se moquer encore plus de Raz-Raz. Enfin, si, il riait d’elle, mais son rire était sincère.
C’était assez rare de voir Osmanthe rire pour de vrai. Ca le rajeunissait beaucoup, et faisait disparaître le jeune homme froid et mature pour laisser place, pendant quelques instants, à l’adolescent émotif qu’il aurait du être.
Il se releva prestement, et adressa un sourire charmant à l’assassin, laquelle devait vraiment être en train de se demander si il n’avait pas perdu l’esprit.

- Je plaisantais, lâcha-t-il sobrement, tout à fait conscient que son petit bluff n’avait rien eu de très drôle.
Il observa pendant quelques secondes l’expression de l’assassin, avant de continuer sur un ton badin :
- Si vous méritez l’enfer, honnêtement, j’ai un peu peur de l’endroit où moi, je me retrouverais après être passé de vie à trépas. c’est bien pour ça que je vais tout faire pour rester sur terre le plus longtemps possible. Je suis tout à fait conscient d’être un salaud, et j’assume (ici, le « contrairement à vous » était clairement sous-entendu) Du reste, si vous avez laissé tomber vos projets d’assassinat sur ma personne, je n’ai pas non plus de raison valable pour vous tuer. Après, si vous tenez vraiment à vous suicider, je ne vous retient pas, le fleuve n’est pas très loin, fit-il en indiquant de la main la direction à suivre.
Il s’autorisa de nouveau une courte pause durant laquelle il rangea soigneusement son pistolet dans son étui, avant de reprendre :
- Mais je n’y crois pas trop. Vous vous accrochiez bien à la vie tout à l’heure, durant notre petite lutte. Et je ne pense pas que les récriminations de quelqu’un comme Aurélien vous aient fait changer d’avis aussi vite. En tous cas, ça n’en vaudrait pas la peine, termina-t-il, toujours souriant.

Si Raz-Raz devait être stupéfaite par le changement radical d’attitude du Traqueur, c’était qu’elle n’avait eu à faire qu’à une facette du jeune homme, jusqu’à maintenant.
Mais la plupart des gens ne connaissaient que ce deuxième visage, celui d’un jeune homme souriant, enjoué et excentrique sur les bords. C’était une sorte de refuge pour Osmanthe. Un autre personnage, un inoffensif jeune homme dans la peau duquel il se glissait lorsque le Traqueur en lui en avait assez. Une façade, en partie. Mais à force de feindre, de faire semblant, et d’y prendre goût, on ne savait plus vraiment où était la réalité. Sûrement cette « façade » n’était pas si fausse que ça…

Osmanthe jeta un coup d’œil au Traqueur raté assommé sur le sol. Il commençait à remuer dans son sommeil, et nul doute qu’il ne tarderait pas à se réveiller. Par mesure de sécurité, Osmanthe s’accroupit à côté de lui et récupéra son unique arme à feu, qu’il fit rapidement disparaître dans sa veste.
Puis, sans regarder l’assassin, il déclara calmement :
- Il ne tardera pas à émerger, et même si il est désormais totalement inoffensif, il serait peut-être préférable qu’aucun de nous ne soit dans les parages. Qui sait si il n’aura pas subi un changement de caractère radical suite au coup magistral que vous lui avait asséné…

Il ponctua sa remarque presque humoristique par un léger haussement du coin de ses lèvres – décidément, c’était le festival des sourires – avant de s’éloigner tranquillement en direction d’une rue transversale, avec un signe de tête à l’intention de l’assassin. Ce dernier geste pouvant autant être interprété comme un salut que comme une invitation à le suivre. Volontairement ambigu. Parce que dans ces conditions, la présence de Raz-Raz ne le dérangeait plus. Mais ce n’était pas pour autant qu’il allait lui proposer clairement de l’accompagner, ne serait-ce que sur quelques mètres. Et puis la réaction de l’assassin l’intéressait.
Suivra ? Suivra pas ?

Spoiler:
 


Dernière édition par Osmanthe Cathair le Dim 22 Mai - 12:41, édité 1 fois
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Raz-Raz Ray
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Ven 29 Avr - 20:32

- Si c’est si gentiment demandé, je ne vois pas comment refuser…

C’était vraiment le jour de la malchance. D’abord elle ratait son assassinat puis elle trahissait et enfin elle se trompait complètement sur la capacités intellectuelles de l’homme qui déciderait de sa vie ou de sa mort. Le supposé intelligent s’avérait par cette phrase un bon candidat au championnat du monde de la stupidité. Certes les choses sont ici exagérée et on peut douter de l’existence d’un tel concours, mais la jeune femme dont les pensées sont traduites est sur la point de finir en passoire. Forcément les faits sont un peu déformés et ses réactions un tantinet hyperboliques. Ne voulant pas finir sa courte vie sur des réflexions pareilles elle pensa à son père. Lui qui lui avait bourré le crâne de valeurs morales depuis la petite enfance était ce qu’elle avait de plus précieux et l’écart qu’elle avait effectué ce jour là serait impardonnable. S’il avait vent de cette histoire il refoulerait sa fille et la ferait sortir de la maison à l’aide d’un grand coup de pied dans le derrière, tout aussi malade qu’il soit.

Si elle savait qu’en réalité monsieur Ray se glorifiait beaucoup lors de ses récits et qu’il s’était lui-même permit des déviations de parcours, elle s’apercevrai que cette histoire n’est qu’une bagatelle. Enfin, comme on dit toujours « mon père, ce héros », on ne va pas venir contrarier la vision idéalisée qu’une enfant a pour son paternel. Se serait certainement la fin du monde et l’assassine devrait remettre en question toute sa carrière, le fonctionnement de son cerveau, et sa vision familiale.

Une détonation retentit, Raz-Raz ferme les yeux. Elle ne ressent rien, aucune douleur. Sûrement est-elle morte sur le coup. Tant mieux cela lui évite de souffrir inutilement. Elle rouvre les yeux, pour voir à quoi ressemble l’enfer et bizarrement c’est très proche de la réalité. Il y a même Osmanthe qui est présent pour l’accueillir. S’est-il suicidé ? Même si c’est le cas il reste un problème temporel à régler. En supposant que tout le monde met le même temps pour arriver sur des terre d’Hadès, comment a-t-il pu arriver avant elle ? Non, sérieusement il y a quelque chose qui cloche. La chose qui ne va pas c’est que personne ici n’est mort… Sauf peut-être Aurélien si la demoiselle a raté son coup ; dans ce cas il ne devrait pas tarder à recracher son sang par la bouche, mais c’est peu probable. Elle ouvrit la bouche plusieurs fois, mais aucun son ne put sortir tant sa surprise était grande, et à cause du coup de flippe que venait de lui infliger son juge personnel. Ce dernier était d’ailleurs en train de rire comme un tordu qu’il était.

- Je plaisantais.

La plaisanterie était de très mauvais goût selon la jeune femme. Il venait de s’amuser avec sa vie comme un enfant avec un insecte. C’est vrai que dans cette situation elle se trouvait à peut prêt réduit à l’état de mouche ou gendarme, mais cela n’était pas une raison pour lui faire subir une telle torture. Ce garçon était un gamin. Il venait d’ailleurs d’en retrouver l’expression grâce à ses nombreux sourires et des éclats de voix. Au moins cela lui allait mieux que ce faux visage d’adulte emprunté dans une pochette surprise.

- Si vous méritez l’enfer, honnêtement, j’ai un peu peur de l’endroit où moi, je me retrouverais après être passé de vie à trépas. c’est bien pour ça que je vais tout faire pour rester sur terre le plus longtemps possible. Je suis tout à fait conscient d’être un salaud, et j’assume. Du reste, si vous avez laissé tomber vos projets d’assassinat sur ma personne, je n’ai pas non plus de raison valable pour vous tuer. Après, si vous tenez vraiment à vous suicider, je ne vous retient pas, le fleuve n’est pas très loin.

Un salaud bien sympathique si quelqu’un désire l’avis d’une assassin moins que rien. Il a au moins le mérite de reconnaître son statut et il n’en faut pas plus pour le sortir un peu du bourbier de la salaud-attitude où il se trouvait enlisé selon Raz. Osmanthe prit le temps de ranger son pistolet avant de continuer sa tirade ; preuve qu’il n’y avait plus aucune trace de « défis » entre les deux protagonistes. Cela rassura la troublée qui n’avait plus aucune envie de se prendre le chou avec lui. Surtout depuis qu’il avait trouvé un vrai souvenir qui convenait à un garçon de son âge. Certes elle ne devait pas être bien plus âgée que lui, mais elle avait tendance à se donner plus que son âge dans les situation sérieuses.

- Mais je n’y crois pas trop. Vous vous accrochiez bien à la vie tout à l’heure, durant notre petite lutte. Et je ne pense pas que les récriminations de quelqu’un comme Aurélien vous aient fait changer d’avis aussi vite. En tous cas, ça n’en vaudrait pas la peine.

C’est certain qu’elle s’accrochait à la vie et qu’elle continuera sur cette voie, mais il ne devait pas avoir idée de la place accordée à la morale dans la famille Ray. Avec la vision qu’elle a des choses, son père devrait lui tordre le cou pour une telle offense. Evidemment il ne le fera pas parce qu’il est cloué au lit et que c’est sa fille chérie, mais ce sujet ne sera pas plus développé ici. Ce qui intrigue l’assassin en ce moment c’est le changement radical de monsieur le traqueur. Lui qui depuis le début était aussi expressif qu’une huître employée de bureau se révéla capable de sourire, de rire et même d’être sympathique. Elle était abasourdie par ce volte-face et c’était pour cela qu’elle n’avait pipé mot jusqu’ici.

Un bruissement sur le sol, Aurélien s’était mit à gigoter : il n’allait pas tarder à se réveiller. Il allait falloir partir au plus vite. Raz-Raz se demandait comment les choses allaient continuer, si Osmanthe allait devoir partager encore un bout de sa vie ou si leurs routes se sépareraient maintenant et peut-être à tout jamais.

- Il ne tardera pas à émerger, et même si il est désormais totalement inoffensif, il serait peut-être préférable qu’aucun de nous ne soit dans les parages. Qui sait si il n’aura pas subi un changement de caractère radical suite au coup magistral que vous lui avait asséné…

Elle imaginait mal le pseudo-bisounours devenir vraiment agressif pour un coup pareil, mais personne ne peut savoir s’il n’est pas atteint de schizophrénie. Jouer la carte de la prudence était de rigueur. Voyant le traqueur se diriger vers une rue transversale et lui faire un signe de tête, elle se demanda ce qu’il pouvait bien vouloir lui dire. Cela pouvait être prit comme un salut d’au revoir comme une invitation à le suivre. Comme il ne donnait pas plus d’indications la demoiselle en conclut qu’elle avait le droit de choisir.

Elle prit le temps de réfléchir aux raisons qui pourraient la pousser à suivre le garçon, mais elle n’eu pas à cogiter bien longtemps : son petit côté stalkeuse se réveilla et pleins d’arguments vinrent de heurter dans sa petite tête. D’abord le coup de la main qui se répète depuis le début et qui la hantera certainement toute sa vie, ensuite parce que se serait intéressant d’avoir une discussion « normale » avec lui maintenant qu’ils ne sont plus ennemis, puis il connaît la ville et pas elle donc elle est actuellement complètement perdue, elle veut explorer plus en détail le Osmanthe sympa pour voir s’il ne s’agit pas d’un nouveau masque, elle n’est pas pressée de rentrer, elle n’a rien de mieux à faire et –la raison bateau par excellence- ils ne se sont pas dit au revoir. En clair elle veut encore faire un bout de chemin avec lui alors elle le rejoint dans cette rue inconnue. Pas en courant, non, ça ferait comme une sorte de groupie ; juste d’un pas pressé et avec un visage neutre. Elle arrive à sa hauteur et marche un peu dans la même direction que lui. Le gros problème c’est que, du coup, elle ne sait pas trop quoi lui dire. Revenir sur les évènements précédents serait comme remettre en jeux leur opposition et ne ferait que tourner en rond. Elle se contenta donc d’un murmure :

- Merci…

Pour avoir décidé de prolonger sa vie et d’être plus intelligent que prévu, bien sûr. Finalement elle s’était doublement trompée sur le personnage, mais comme il semblait très ambiguë elle pouvait bien se le permettre.

Suite à ces mots elle tourna la tête vers l’autre côté de la rue, voulant s’épargner son expression faciale dans le cas où il aurait entendu ce qu’elle venait de dire. L’architecture d’Amenthalys était décidément très différent de ce qu’on pouvait trouver à Opale. Le sol qui n’était pas en sable lui donnait une sensation bizarre sous le pied et il lui était déjà arrivé plusieurs fois d’avoir la sensation d’une perte d’équilibre. Elle allait finir par s’acheter des semelles compensées énormes et elle ne sentirait plus rien même si se serait très laid et qu’en plus elle aurait des difficultés supplémentaires à tenir debout.

Il fallait engager une quelconque conversation ; marches ainsi dans la rue tel des robots allait finir par lui donner le tournis et elle perdrait ainsi une bonne partie de ses arguments pour suivre le garçon. Normalement elle y arrive très facilement à trouver des histoires à raconter… Le seul problème c’est que, justement, elles sont complètement bidons et n’aboutissent pas sur une vraie conversation constructive. Aller, il suffit de reprendre ce à quoi elle pensait quelques instants plus tôt.

- Vous êtes-vous déjà rendu à Opale ?

Elle lui révélait ainsi la ville d’où elle était originaire, mais il avait dit lui même qu’ils n’avaient plus aucune raison d’être ennemis alors elle ne s’en faisait pas trop. En plus au milieu des millions d’habitants de la région il allait avoir du mal à la retrouver, même en faisant des efforts. Elle n’imaginait pas le réseau d’information des traqueurs aussi efficace qu’il l’était et ne voyait qu’un petit groupe de personnes chargés de la localisation.

Elle voulu ajouter quelque chose, mais avant elle prit une sorte de pose de petite bourgeoise insolente accompagnée du petit sourire qui va bien avant de se mettre face à lui, le stoppant ainsi dans sa marche :

- Oh ! Mais sûrement cette ville de rustres qui ne connaissent que la violence pour régler leurs problèmes ne convient pas à une personne de votre qualité ! Un fin stratège comme vous…

En aucun cas elle ne faisait ça pour se moquer de lui et pensait qu’il saurait déceler ses intentions. Elle voulait juste détendre un peu l’atmosphère et pouvoir engager un sujet de conversation sans que le jeune homme ne reprenne son masque insupportable. Elle désirait s'amuser et pouvoir mieux connaître Osmanthe de cette manière. Hors de question que leur conversation se tourne vers une histoire d'affaire comme la première fois.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 14 Mai - 20:00

Osmanthe ne fût pas franchement surpris lorsque l'assassin se retrouva à marcher à sa hauteur, le visage neutre, l'air de rien. Le temps qu'elle prenne sa décision, il avait eu le temps de calculer, en prenant en compte les quelques traits de caractère qu'il avait identifié chez elle, la probabilité qu'elle décide de faire un bout de chemin avec lui, et le résultat avait été de 0.72 environ, ce qui faisait presque 75% de chances pour qu'elle le suive.
Toujours dans son rôle de l'adolescent excentrique (après tout, c'était son jour de congé), il laissa un léger sourire flotter sur ses lèvres. Parmi les raisons qui avaient pu pousser Raz-Raz à supporter de son plein gré son odieuse personne, il ne doutait pas que la curiosité figurait en premier lieu, et que par conséquent, la conversation qui allait forcément s'amorcer à un moment ou un autre serait truffée de questions. Le Traqueur n'aimait pas vraiment parler de lui. Pas qu'il ait grand chose à cacher au sujet de sa vie personnelle, au contraire. Sa vie sociale était un désert, sauf si l'on comptait ses nombreuses marionnettes comme de véritables relations. Sa vie affective frôlait le néant, sauf si l'on comptait son semblant de haine pour son père et sa compassion mêlée d'un peu - oh, miracle - d'amour filial pour sa mère comme de véritables liens. Ses loisirs étaient inexistants. Il n'avait pas de passion, pas de style vestimentaire, pas d'idole, pas de couleur préférée, rien. Le seul sujet sur lequel il aurait pu discourir pendant des heures était son métier. Sauf que, justement, traqueur n'était pas le genre de boulot sur lequel on pouvait se permettre de discuter avec tout le monde. Et au fond, Osmanthe le savait, la raison pour laquelle il n'aimait pas parler de lui était qu'il n'avait rien à dire. Vraiment rien. 19 ans d'existence pour aboutir à un gamin-adulte incomplet. 19 ans de vide. Rien que d'y penser, le jeune homme en avait le vertige, ainsi qu'une vague envie que son père glisse sur une peau de banane et passe à travers une fenêtre du neuvième étage du château.
Bref, tout ça pour dire qu'Osmanthe ne voyait franchement pas comment engager la conversation, et qu'il attendait donc que l'assassin ait la gentillesse de le faire à sa place. Peu importe le sujet, tant qu'elle ne se mettait pas en tête de le remercier, il...

- Merci…

Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih...
Ceci, mesdames et messieurs, était un grincement de dents façon Osmanthe.
Mais POURQUOI le remerciait-elle donc? Pour lui avoir transpercé la main? Pour avoir monté son client contre elle? Pour lui avoir foutu la trouille de sa vie grâce à la blague la moins drôle du monde? C'est sûr, il y avait de quoi être reconnaissant!
Ou alors elle le faisait exprès? Elle avait remarqué que des remerciements sincères alors qu'il n'avait rien fait pour les mériter le mettaient horriblement mal à l'aise?
Un rapide coup d'œil en direction de Raz-Raz lui apprit qu'elle avait détourné la tête, et n'attendait visiblement pas de réaction de sa part. Tant mieux. Il n'y en aurait pas. De toute façon, elle avait presque murmuré, alors il n'avait officiellement rien entendu. Et qu'elle essaye encore une fois de la remercier et il la plantait là. Y'a des limites à ce qu'il peut accepter comme âneries, quand même!

- Vous êtes-vous déjà rendu à Opale ?

Opale... Vu la manière dont elle avait posé la question et d’après son teint hâlé, il devait s'agir de la ville natale de l'assassin. D'ailleurs, Osmanthe l'imaginait bien se faufiler, courir, danser dans le sable des rues de la ville du désert, aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau.
Il hocha vaguement la tête en réponse, attendant que Raz-Raz continue. Ce qu'elle fit, non sans lui avoir auparavant coupé la route, un sourire insolent sur le visage, les yeux pétillants.

- Oh ! Mais sûrement cette ville de rustres qui ne connaissent que la violence pour régler leurs problèmes ne convient pas à une personne de votre qualité ! Un fin stratège comme vous…

Le Traqueur eut un sourire mi-crispé mi-amusé. Avait-il vraiment l'air aussi coincé? ... Sûrement.

- Si le simple fait d'utiliser la violence faisait de nous des rustres, l'Ordre des Traqueurs arriverait en première place dans le classement des organisations les plus rustres, et je serais assez mal placé pour faire une remarque de ce genre. Par ailleurs, on trouve d'excellents stratèges à Opale. Mon précepteur en ce qui concerne cette discipline était un ancien gladiateur, une star de l'arène opalienne.

... C'est ce qui arrive quand vous discutez avec un génie. La moindre petite inexactitude dans vos paroles, le moindre mot mal employé, et voilà qu'il vous remet en place avec son insupportable air condescendant.
Pourtant, Raz-Raz avait touché juste : Osmanthe ne supportait pas la flamboyante ville du désert. D'ailleurs, il n'avait pu s'empêcher de parler vite, trop vite, et sur un ton qu'il avait voulu neutre, mais qui était sorti sec.
S'étant largement trahi, il redoutait quelque peu la question évidente qui pouvait alors se poser : pourquoi Osmanthe le génie ne supportait-il pas cette ville pourtant fort intéressante?
Il préféra anticiper la question, et ajouta avec un air faussement ennuyé :

- Malgré cela, je dois avouer que je n'aime pas beaucoup la chaleur qui y règne, ni le sable qui a tendance à vous arriver dans les yeux au moindre coup de vent.

Justification bateau, n'est-ce pas? Et fausse, par dessus le marché.
Le Traqueur se foutait royalement de la température, il avait été entraîné à supporter absolument tout types de climats, polaires comme désertiques. Évidemment, le soleil n'avait pas un effet très positif sur sa peau pâle, mais il lui suffisait simplement de s’enduire de crème solaire, et le tour était joué. Pas très glamour (de toute façon, n'essayez pas d'associer les mots "Osmanthe" et "glamour", il y a comme un étrange phénomène de répulsion...), mais efficace.
Quant au sable, même topo. Le Traqueur en avait avalé tellement durant ses multiples entraînements que ce n'était pas ça qui allait lui faire peur.

Ce n'était pas non plus la peur de l'inconnu, car le jeune homme connaissait la ville sur le bout des doigts. Il l'avait visité pour la première fois une dizaine d'année auparavant, au cours d'un "exercice de survie", charmante excursion organisée par les bon soins de son père. Le principe était simple : Osmanthe, 9 ans, était lâché dans les bas-quartiers de la ville, là où se réunissent les pires crapules, avec l'interdiction d'en sortir. Et il devait survivre une nuit sans se faire assassiner dans une sombre ruelle. Autant dire que ça n'avait pas été la meilleure nuit de sa vie. Il avait multiplié les altercations, souvent sans le faire exprès, par simple méconnaissance des mœurs de la ville. Et avec du recul, Osmanthe ne pouvait que constater que ce qui lui avait posé le plus problème à l'époque, c'était le langage. Ou plutôt, la différence de niveau de langage entre le petit noble Amenthalysien et les sombres crétins des bas-fonds. Évidemment, quand l'un prononçait sur un ton hautain : "Je vous prierais de désencombrer mon passage ou je serai dans l'obligation de vous y assister et je doute que cela vous siée." et l'autre répondait agressivement : "Quoiqu'est-ce qu'y vient d'dire l'mioche? Y'ma traité d'quoi? T'veux bouffer d'able ou quoi, sal 'tit blanc-bec!", le choc des cultures provoquait en général des chocs bien physiques beaucoup plus explicites...

Cependant, ce n'était pas non plus le souvenir de son visage tuméfié par les nombreux coups qu'il avait reçu à l'époque qui dérangeait le Traqueur, car il savait très bien qu'aujourd'hui, il serait parfaitement capable de leur coller une balle dans la tête avant que ces "sales gueux" n'aient le temps de baragouiner le moindre semblant de mot.
Non, c'était quelque chose de beaucoup plus petit, plus insignifiant. Quelque chose qui n'aurait du représenter qu'une bagatelle au milieu de tout ce qu'il avait dû subir avant de pouvoir enfin se présenter à l'examen des Traqueurs et de le réussir haut-la-main. Un souvenir horrible, un épisode dont il avait cauchemardé pendant des années avant de parvenir à retrouver le sommeil. Le responsable de tout ces maux (et accessoirement de tout le blabla ci-dessus) tenait en huit petites lettres. s.c.o.r.p.i.o.n.

La seule et unique phobie d'Osmanthe. Sa seule et unique faiblesse. Ce petit arachnide, dépassant rarement les dix centimètres, ce minuscule animal que l'on pouvait écraser sous sa semelle à condition de bien viser, cet horrible petit arthropode suffisait à paralyser Osmanthe Cathair, à le faire trembler de tous ses membres, voire à la faire pleurer de peur si il n'était pas dans un bon jour. Et, tout le monde le savait, les scorpions vivaient dans les déserts. Et, c'était de notoriété publique, les scorpions pullulaient à Opale.

D'ailleurs, rien que d'y penser, le jeune homme sentit un violent frisson lui remonter le long de la colonne vertébrale. Rien que d'imaginer l’arachnide glisser silencieusement sur le sable fin, il ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil nerveux sur le sol pour vérifier qu'aucune de ces immondes bestioles ne se cachait dans l'ombre, n'attendant qu'un moment inattention de la part du Traqueur pour lui sauter dessus. C'était ridicule. Il n'y avait jamais eu le moindre scorpion à Amenthalys, mis à part ceux exportés illégalement (raison pour laquelle Osmanthe avait toujours refusé d'intégrer les équipes douanières).
C'était d'autant plus ridicule que les scorpions ne sautaient pas sur les gens sans raisons, et ne piquaient que quand ils se sentaient menacés.
Il fallait qu'il écarte ces foutus arthropode de son esprit et comble ce silence qui devenait pesant.
Il ferma les yeux. Grave erreur.
Immédiatement, les images de ce sombre trou dans lequel son père l'avait poussé sans ménagement lui revinrent en mémoire.

Le noir, tout d'abord. Puis ce bruissement angoissant. Le petit garçon n'ose pas bouger, jusqu'à ce que ses yeux s'habituent à la pénombre. Jusqu'à ce qu'il puisse distinguer des petites formes mouvantes sur le sol. Jusqu'à ce qu'il comprenne de quoi il s'agisse, et que son rythme cardiaque s'envole. Alors il reste immobile, comme statufié, retenant sa respiration, priant pour qu'il ne s'agisse que d'un exercice de sang-froid. La voix de son père brise alors tous ses espoirs :

- Je n'attends pas de toi que tu restes bêtement paralysé devant ces scorpions, Osmanthe. Je veux que tu les élimine.

L'homme imposant regarde l'enfant depuis le haut du trou. Puis lui lance quelque chose. Le garçon le rattrape instinctivement. Il s'agit d'un pistolet. Mais pas n'importe lequel. Un trésor de famille. Une arme qui circule depuis des générations dans la noble lignée des Cathair. Presque une légende. Pendant un instant, l'enfant oublie la situation dans laquelle il se trouve, hypnotisé par la beauté froide, les reflets argents, le canon luisant du revolver qu'il tient entre ses mains. Une fois de plus, son père le ramène à la réalité :

- Sers t'en pour tuer la moindre de ces sales bêtes, Osmanthe. Si tu réussis cette épreuve, cette arme est à toi.

Sur ces mots, l'homme fait tomber, volontairement, une pierre dans le trou. Elle atterrit à deux mètres de l'enfant. Sur un scorpion, qu'elle tue net. Ce simple fait marque le début de l'affrontement. Ou plutôt, du massacre. Les scorpions se mettent à bouger, très vite, et une véritable fourmilière se met en marche sous les yeux apeurés du garçon. Alors, sans hésiter plus longtemps, il tire. Atteint sa cible. Un cadavre de scorpion, deux, trois, quatre... dix... La première piqûre survient. A la cheville. La douleur insupportable se répand dans sa jambe. Déconcentré, l'enfant manque sa première cible. Et c'est le début de la fin. Une deuxième piqûre au mollet, puis une troisième. Ses jambes ne sont désormais plus qu'un océan de souffrance. Le garçon sent la brûlure du venin remonter dans ses veines. Ses forces l'abandonnent. Il tombe au sol. Une piqûre au bras. Une autre sur la main. Le coude. les jambes, encore et toujours. Et la douleur. Et les points noirs qui dansent déjà devant ses yeux. Et son sang qui bat de plus en plus fort, véhiculant de plus en plus rapidement le poison vers son cœur. Le garçon sait qu'il va mourir, maintenant. Et c'est une libération. La souffrance est trop atroce pour qu'il ne tente de résister. Il se laisse couler. Les yeux rivés sur le ciel, il voit toutes les étoiles s'éteindre unes à unes. Et c'est le noir.


Osmanthe sait qu'il vient de prendre une teinte à mi-chemin entre le jaune d’œuf et le vert kaki. Il sait parfaitement que sa main gauche tremble de manière perceptible, et que sa droite est crispée sur son pistolet, celui qu'il a dû acheter après avoir survécu de justesse au funeste épisode, le symbole de sa défaite.
Et par dessus le marché, il a méchamment envie de rendre son dernier repas.
Reprend-toi, Osmante, sourit, parle!
C'est ce qu'il fait, de manière très convaincante : il adresse un sourire tremblotant à l’assassin, trop éclatant pour être vrai, et articule péniblement la première chose qui lui vient à l'esprit :

- De quoi avez-vous le plus peur au monde?

........................ Et là, pour la première fois de sa vie, Osmanthe regrette sincèrement de n'avoir aucun Karnevale. Tellement il aurait aimé pouvoir remonter le temps, ne serait-ce que de quelques secondes, juste assez pour pouvoir ravaler ses mots et les garder tout au fond de lui. Mais c'est trop tard, il le sait. Alors quitte à s'engager dans cette voie houleuse, autant le faire avec une assurance feinte, histoire de garder le peu de crédibilité qu'il lui reste.
Il utilise donc la même technique que l'assassin : l'humour, l'ironie, pour changer l'atmosphère et, avec un peu de chance, détourner son attention.
Alors il lui adresse un sourire narquois, une lueur moqueuse dans ses yeux bleus, et émet un ricanement :

- A moins que la peur ne soit un sentiment inconnu à tous les nobles assassins opaliens, ce qui expliquerait pourquoi ils ont le culot d'essayer de supprimer le Traqueur les plus talentueux de l'empereur?

Et, priant pour que Raz-Raz rentre dans la provocation, il prend son expression la plus hautaine et assène le coup de grâce :

- L'espoir fait vivre, j'imagine, mais j'espère que cette journée vous aura appris qu'il n'est pas bon pour la santé de s'attaquer à plus fort que soi!


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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Dim 5 Juin - 16:24

A la réponse donnée par le traqueur, l’assassin eut envie de se laisser tomber au sol de désespoir. Elle avait bien réussit à cerner le fait qu’il se prenait pour mister perfection, mais, franchement, il pourrait se détendre un petit peu, pour changer. La tête qu’il tirait en rectifiant la précédente réplique de la jeune femme était d’autant plus insupportable. Le pavé sur lequel elle avait voulu lui éclater sa petite tête de premier de la classe lui revint soudainement en tête. Elle aurait du le sortir du sol, l’emmener avec elle. Ainsi elle aurait pu lui en donner un bon coup dans le coin du crâne dans les moments comme celui-ci. Elle en vint même à se demander ce qui lui avait pris de le suivre ici. Si elle avait tourné les talons elle aurait pu rentrer chez elle tranquillement et glandouiller sur le canapé, pour une fois. D’accord cela aurait rapproché le moment de l’affrontement avec son père, mais cela ne pouvait pas être plus pénible qu’Osmanthe. Comme les deux n’étaient plus dans une atmosphère de tension, elle avait décidé de se laisser aller au niveau des expressions faciales ; c’est donc sans aucune gène qu’elle lui fit une de ses plus belles grimaces après cette réplique. Il n’eut pas l’air de relever et tant mieux, elle n’avait aucune envie d’avoir à s’expliquer là-dessus.

- Malgré cela, je dois avouer que je n'aime pas beaucoup la chaleur qui y règne, ni le sable qui a tendance à vous arriver dans les yeux au moindre coup de vent.

Si l’assassin s’était laissée allée sans réfléchir, elle l’aurait très certainement traité de chochotte. Du sable dans les yeux, la belle affaire. Qu’il s’imagine un instant comme le sable peut être pénible lorsqu’il s’introduit sous le peu de vêtements qu’elle porte lorsqu’elle doit se la jouer danseuse ; à la douche il y en a trois kilos qui tombent du moindre petit bout de tissus. Les canalisations sont régulièrement bouchées si l’on ne fait pas attention. Il faut se déshabiller prête de la fenêtre, en faisant gaffe aux regards indiscrets, et vite agiter ses habits dehors avant que tous les grains ne se déversent au milieu de la salle de bain. La grosse galère. Mais ça c’est un détail de la vie personnelle de Raz-Raz dont tout le monde se fiche alors nous allons passer à l’explication du « pourquoi qu’elle ne l’a pas traité de chochotte comme elle le voulait ? ». C’est très simple : elle savait qu’il lui racontait des bobards. Un super traqueur qui a du être entraîné depuis l’enfance à subir les pires choses qui existent ne peut pas craindre la chaleur et le sable. Il avait forcément une meilleure raison pour détester cette ville si merveilleuse du point de vue de la femme.

Les deux continuèrent à marcher au milieu de la foule. Apparemment l’opalienne aurait beau attendre, elle n’allait pas avoir sa réponse de sitôt. Elle lâcha un petit soupire de lassitude, se demandant pourquoi il était si difficile d’être sincère et dire la vérité pour certaines personnes. Même si elle est ridicule, on peut toujours en rigoler gentiment, et puis aucune justification n’est ridicule tant qu’elle est fondée. Elle tenta de se remémorer tout ce qui avait pu se dire depuis qu’elle avait rencontré Osmante et au niveau de la sincérité c’était très maigre… Anorexique même. Il est certain que le contexte ne s’y prêtait pas trop et qu’elle même avait du faire quelques écarts, mais désormais elle n’avait plus aucune raison de mentir et s’imaginait que lui non plus n’en avait plus énormément. A moins qu’il ne la voit encore comme une ennemie potentielle et que divulguer trop d’informations pourrait lui être fatal. Oui, c’était certainement cela. De son côté Raz ne craignait pas trop puisqu’elle se disait déjà qu’après ce jour elle ne le reverrait jamais alors un détail de plus ou de moins, cela n’allait tuer personne. Dans l’hypothèse qu’elle le croise un jour à Opale alors qu’elle va faire ses courses ou on ne sait quelle autre activité du quotidien, il lui suffirait de l’ignorer ou lui faire un simple salut de la main. De toute manière, s’il allait là-bas, se serait pour le travail et il n’aurait ni le temps, ni l’envie de s’arrêter pour taper la causette.

Lasse qu’il ne se passe rien, elle tourna la tête vers le traqueur pour voir s’il y avait un semblant de mot qui se dessinerait sur ses lèvres. Rien ne sortait de sa bouche, mais son visage avait l’air motivé pour jouer les boules lumineuses décoratives version moche. Pleins de couleurs se mêlaient sur son visage, mais elles n’étais pas des plus gracieuses, au contraire. Le jaune d’œuf pas frais ; ce truc qu’on a bien envie de manger, mais c’est comme si des veines vertes répugnantes étaient apparues en surface. En fait c’est juste lorsqu’il est un peu mouillé que l’œuf dur retient la saleté des doigts pour prendre cette teinte on ne peut plus appétissante. C’est pour cela qu’il faut se laver les mains avant de manger ou faire la cuisine, mais il s’agit maintenant du visage d’Osmanthe et, du peu que l’assassin sache de lui, il n’est pas question de le manger, frais ou non. Elle s’apprête à lui demander si ça va, remarquant au passage un drôle de tremblement dans ses mains, mais il la prend de vitesse en lui adressant un drôle de sourire. Le truc tellement pas vrai qu’il pourrait être dessiné sur la face d’une mauvaise marionnette… Une marionnette.

- De quoi avez-vous le plus peur au monde?

Voilà le pourquoi du comment. L’explication devint limpide dans l’esprit de l’assassin. Il y a quelque chose à Opale qui faisait flipper le grand traqueur au point qu’il soit complètement désorienté et couleur jaune d’œuf sali. Elle était satisfaite d’avoir dénoué le tout bien qu’elle n’avait pas précisément d’idée sur l’objet de la terreur, mais n’afficha pas pour autant un grand sourire. L’état d’Osmanthe l’inquiètait un peu. Oui, personne n’a mal lu : elle se faisait du soucis pour lui. Le jeune homme si plein d’assurance qui virait ainsi, c’était que le monde risquait de s’écrouler d’un instant à l’autre. Cela ne devait pas être tous les jours qu’il se retrouvait dans un état pareil et, pour parler franchement, elle avait peur qu’il s’écroule d’un coup et, à la limite, fasse une sorte de crise.

- A moins que la peur ne soit un sentiment inconnu à tous les nobles assassins opaliens, ce qui expliquerait pourquoi ils ont le culot d'essayer de supprimer le Traqueur les plus talentueux de l'empereur?

Il s’est repris apparemment, mais la jeune femme ne pouvait s’empêcher de revoir sa tête décomposée de l’instant précédent. Pour tout dire, elle n’eu même pas envie de répondre à cette provocation si évidente, du même genre que celle qu’elle lui avait adressé quelques instants plus tôt.

L'espoir fait vivre, j'imagine, mais j'espère que cette journée vous aura appris qu'il n'est pas bon pour la santé de s'attaquer à plus fort que soi!

Qu’il pouvait être agaçant. S’ils avaient été dans la ville du désert, cela fait longtemps que les deux auraient réglé cette histoire à coups de poings. Mais là non. Là on était à Amenthalys, la ville des gens raffinés, pas celle des grosses brutes. En plus les deux adversaires n’étaient pas pleinement en état de combattre. Surtout l’autre là, qui voulait se la jouer alors qu’il était certainement sur le point de défaillir. Elle s’approcha un peu plus prêt de lui, tendi le bras et posa sa main sur son front, délicatement, pour voir s’il avait de la fièvre ou un autre signe distinctif du genre. On ne sait jamais. Elle n’avait aucune envie de se retrouver avec un corps évanoui sur les bras. Et puis zut ! Elle n’avait aucune réelle raison de le vouloir dans un état pareil ! La prochaine fois qu’il revirerait au jaune elle risquait soit d’exploser de rire à cause de la couleur singulière, soit de s’énerver sur ce pauvre garçon qui n’arrivait pas à être sincère pour deux sous. Et merde ! Si elle éprouvait l’envie de s’inquiéter pour ce type c’était son problème.

- Osmanthe…

Peut-être qu’elle l’avait déjà appelé par son prénom, certainement même, mais c’était toujours pour de la provocation ou sur un ton agressif. Ici c’était une prononciation toute calme, un peu incertaine. Un ton qui laissait entrevoir les intentions de l’assassin. Aucune envie de moquerie, aucun signe marquant qu’elle pourrait profiter de la situation. Rien. Juste cette vague inquiétude. Elle appuya un peu plus fort sur le crâne du traqueur avant de repousser ses doigts et, maintenant le bras en l’air, elle lui dit :

- Je cite : il n’est pas bon pour la santé de s’attaquer à plus fort que soi.

Le sous-entendu du garçon qui tentait de s’attaquer et masquer sa propre phobie était clairement sous-entendu. C’était limite si un panneau lumineux avec l’explication de la phrase n’avait pas été brandi sous leur nez à tous les deux. Elle n’avait pas agi ainsi dans le but de se payer sa tête, non. Une petite remise à sa place de rien du tout. Ça fait toujours du bien aux gamins de temps en temps. Au final, c’est un peu comme si elle était rentrée dans sa provocation, mais bon… Sûrement pas de la manière que lui espérait. Elle lui sourit gentiment avant de lui tourner le dos pour continuer à avancer. Elle n’allait pas rester plantée comme un piquet en plein milieu de la rue. Ils auraient fini par avoir l’air louche. Un mec bien soigné et une espèce de danseuse, c’est vite louche. Les deux personnes qui n’ont rien à faire ensemble dans l’imaginaire collectif.

Elle leva le nez, observant les immeubles de la ville des arts avant de se rappeler de la question d’Osmanthe. De quoi avait-elle peur… Il lui était aisé de répondre : les araignées. Il n’y avait pourtant pas de raison particulière qui aurait pu faire qu’elle déteste ce genre de bestioles. Elle n’avait jamais rien vécu de traumatisant en rapport avec elles, rien. Juste l’horreur de ces longues pattes noires tantôt velues, tantôt fines. Ce corps affreux, ressemblant à une sorte de cervelle pour certaines. Leurs mandibules qu’elle ne pouvait pas se voir en peinture… Et cette sale manie de surgir de partout lorsqu’on ne les attend pas. Lorsque l’on ouvre une porte et que l’on les voit surgir, ou alors bien tranquilles dans notre lit et que nous entendons des bruits de pas pressés sur notre mur, que l’on allume la lampe et qu’on la voit, toute grosse pour faire autant de bruit, menaçante au dessus de notre tête. Les petites bêtes ne mangent pas les grosses, certes, mais parfois la peur ne se contrôle pas. Une araignée est juste une créature répugnante pour Raz-Raz. Voilà de quoi elle a le plus peur au monde… Ou peut-être de son père ; cet homme qu’elle aime tant, mais qui peut devenir le sujet de la plus grosse crainte qui soit. Enfin vu comme la question du traqueur était tournée, la réponse adéquate était celle des arachnides. Peut-être était-ce un mensonge de sa part à elle aussi, mais il serait toujours plus sincère que les réponses qu’avait donné le garçon jusqu’à maintenant.

Elle rebaissa le nez et se retourna vers son compagnon avant qu’il ne puisse en placer une, s’il comptait le faire bien sûr.

- Et d’abord lorsque l’on pose une question à quelqu’un, môssieur, on lui laisse le temps de répondre. C’est le principe d’une question !

Bien sûr qu’il ne voulait pas qu’elle réponde et qu’ils entament cette discussion. C’était plus qu’évident, mais elle allait tout de même prendre la peine d’y répondre. Pour l’embêter, le plaisir de dire quelque chose, de commencer un dialogue, tout ce que vous voudrez. A l’idée de prononcer le nom de la créature tant détestée, elle eut un petit frisson et posa ses mains sur ses épaules, comme si elle avait soudainement froid. Sa bouche pris une drôle de forme, la même que l’on a lorsque l’on doit manger quelque chose de dégoûtant –par exemple des tomates pour Raz-Raz– et ses yeux semblèrent un peu s’affoler. Y penser c’est une chose, mais en parler c’en est une autre.

- Ce qui me fait le plus peur au monde c’est les araignées. C’est bête je sais car ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre celles qui peuvent être mortelles, mais c’est comme ça. Quand j’en vois une dans un coin de mur j’ai toujours peur quelle me saute dessus c’est affreux !

Malgré elle, sur la fin de la tirade, sa voix était, comme on dit, « partie en couille ». Elle s’était éraillée et devenue plus aigue, un peu comme si elle s’apprêtait à chouiner. Elle avait également fermé les yeux entre temps et serré les dents. Comme si quelque chose qui allait faire très mal s’apprêtait à lui tomber dessus. Une araignée, ou un coup de poing d’un Osmanthe qui en a ras-le-bol par exemple.

Et c’est avec une Raz-Raz dans cette position un peu ridicule que la main est passée au jeune traqueur de génie.

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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Mer 15 Juin - 23:14

Osmanthe attendit avec assurance la réplique brûlante qui sortirait forcément des lèvres de l’assassin après avoir essuyé pareille remarque. L’idée qu’elle allait lui renvoyer une vacherie, à laquelle il répondrait tout aussi sympathiquement, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’elle ait oublié cette question ô combien stupide le rassérénait. Tout plutôt que de s’engager dans cette voie incertaine qu’il avait malencontreusement ouverte. Il aurait même préféré se retrouver nez à nez avec un scorpion… En fait, non, n’exagérons pas non plus. Rien que de penser à l’horrible petite bêbête se dandinant devant lui, il fit une légère rechute et son visage reprit une charmante teinte vaguement verdâtre.
Tout occupé à faire disparaître de son esprit l’image de l’arthropode, il ne vit absolument pas venir l’assassin et loucha donc pendant une dixième de seconde avec stupéfaction sur la main qui venait de se poser sur son front.
Elle n’avait quand même pas…
Son regard descendit jusqu’au propriétaire du membre. Si, en fait. C’était bien Raz-Raz qui avait délicatement placé sa main sur son front pour une raison obscure, et qui le regardait avec dans les yeux une lueur… d’inquiétude ?
Non, sûrement pas, peu probable, même, ce devait être de la moquerie qu’il lisait dans son regard. Oui, aucun doute, finalement. Elle se foutait de lui. Adjugé-vendu.
Dingue ce qu’il était capable de déformer la réalité quand il voulait…

- Osmanthe…

Si le Traqueur ne s’était pas retenu, il aurait laissé échapper un rire nerveux. Dieu qu’il avait horreur de ce genre de situation. De toute évidence, sa théorie bâclée sur la moquerie était en train de se casser la figure. Pas la moindre trace d’ironie ou de méchanceté dans le ton de la jeune femme. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien lui passer par la tête !
Le Traqueur se sentait de plus en plus mal à l’aise.
Parce qu’il avait horreur des contact physique avec autrui quand ce n’était pas lui qui avait pris l’initiative. Cela lui donnait une désagréable impression d’infériorité. Et puis il se contractait, se tendait, sans savoir pourquoi, et généralement sa main partait toute seule pour repousser l’envahisseur.
Il lui semblait que ça avait toujours été le cas. Il se souvenait avoir une fois fait pleurer sa mère pour l’avoir brusquement repoussée alors qu’elle tentait tout naturellement de l’étreindre, comme n’importe quelle maman le faisait avec son fils de six ans. A la même époque, il avait terrifié une gamine aristocrate de la cours qui avait innocemment essayé de lui prendre la main. La fillette s’était retrouvée sur le sol sans avoir eu le temps de comprendre quoi que ce soit, et Osmanthe avait déguerpi en vitesse avant d’avoir à supporter la bouille effrayée et les pleurs de la gamine. Même aujourd’hui, la jeune fille désormais âgée d’une vingtaine d’année l’évitait soigneusement. Osmanthe n’avait jamais été perturbé plus que ça d’avoir traumatisée une gamine, de toute façon elle était absolument niaise et d’une bêtise affligeante, ça faisait une dinde de moins à supporter. D’autant que ce genre de petit incident n’avait jamais été réprimandé par son père, au contraire. Il l’avait presque félicité de s’être montré « aussi viril », ce qui avec du recul, donnait au Traqueur envie de piquer une crise de fou rire. « Viril ». Cela montrait toute la primitivité des idées archaïques de son père. Et pourquoi ne pas remplacer les Traqueurs par une bande d’hommes de Cro-Magnon musclés et poilus armés de massues en chêne, tant qu’on y était !
N’empêche qu’il dérivait, il dérivait, et Raz-Raz avait toujours sa main posée sur son front, et le contact commençait à le gêner sérieusement. Au fil des ans, il avait appris à se contrôler, mais si ça continuait, elle allait finir comme la gamine. Sauf que elle ne serait sûrement pas traumatisée pour si peu. C’était une qualité qu’il devait reconnaître à l’assassin, et qu’il appréciait particulièrement. Contrairement aux dames de la cors qui s’évanouissaient dès qu’elles se piquaient avec leur aiguille à coudre, elle supportait depuis une bonne demi-heure le joli trou qu’elle avait dans la main.

Au moment où il allait aboyer un « Quoi ?! » agressif et se reculer pour échapper au contact, elle retira enfin sa main, à son grand soulagement. Seule sa fierté l’empêchait de s’enfuir à toutes jambes et d’aller se réfugier dans son appartement pour archiver biiiien au fond de sa mémoire cette rencontre avec l’assassin sans-gêne.

- Je cite : il n’est pas bon pour la santé de s’attaquer à plus fort que soi.

Pour toute réponse, il la fusilla brièvement du regard. De quoi se mêlait-elle ?! Qu’elle retourne dans son foutu désert et qu’elle se fasse piquer par un… Oui, bon, on va éviter de l’écrire histoire de préserver notre Traqueur, hein.
Le moins qu’on puisse dire était qu’Osmanthe était ennuyé. Il avait réussi à cacher sa phobie pendant dix ans, et voilé qu’une mois que rien d’assassin se pointait et réussissait à lui faire presque cracher le morceau. Heureusement, elle ne connaissait pas l’objet précis à l’origine de la psychose, mais rien qu’avec ça, elle pouvait lui causer beaucoup de tort. Et elle ne se gênait pas pour lui faire savoir qu’elle savait (il se comprend).
Il jeta un regard furtif à la jeune femme, et grimaça en voyant qu’elle était en train de lui adresser un sourire. Mais pas un sourire moquer, ou cruel, ou je ne sais quoi d’autre. Non, un sourire affreusement gentil, le genre de truc qui donnait la nausée au Traqueur.
Il n’arrivait pas à croire qu’elle était gentille. Avec lui, s’entend. Osmanthe, en bon salaud qui se respecte, en était presque au stade où il se réjouissait de voir quelqu’un le détester. Et surtout, surtout n’était pas habitué à ce qu’on soit gentil avec lui sans raison valable. D’autant que dans le cas de l’assassin, elle aurait mille raison d’être infecte avec lui, mais il avait beau chercher, il ne voyait pas ce qu’il avait bien pu faire pour qu’elle lui sourisse, pour qu’elle pose sa main sur son front en… en s’inquiétant.
En fait, ce n’était pas tout à fait vrai. La seule personne au monde qui se comportait de la même façon était sa mère. Mais Osmanthe attribuait ça au lien filial. Toute mère qui se respecte aime son enfant, aussi mauvais, ingrat et blessant puisse-t-il être.
Raz-Raz n’ayant de toute évidence aucun lien de parenté avec lui, d’où sortait-elle cette gentillesse ? La notion de gentillesse gratuite étant à peu près l’équivalent des aliens pour Osmanthe : l’existence des deux était très peu probable, c’était scientifiquement prouvé. Résultat, il se trouvait devant une assassin gentille gratuitement et la regardait avec un mélange de perplexité et de fascination, comme s’il se trouvait devant un alien*.

- Et d’abord lorsque l’on pose une question à quelqu’un, môssieur, on lui laisse le temps de répondre. C’est le principe d’une question !

Ah, mais c’était beaucoup mieux, ça ! Pas encore assez agressif à son goût, mais au moins le sourire gentil avait disparu. Pour un peu, il aurait presque préféré qu’elle reprenne ses projets d’assassinat. Là, au moins, il saurait comment réagir.
Etant derrière elle, les expressions faciales de l’assassin dans les secondes qui suivirent lui furent épargné. L’ennui, c’est que du coup, il ne vit pas non plus venir la suite :

- Ce qui me fait le plus peur au monde c’est les araignées. C’est bête je sais car ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre celles qui peuvent être mortelles, mais c’est comme ça. Quand j’en vois une dans un coin de mur j’ai toujours peur quelle me saute dessus c’est affreux !


« Hein ? Quoi ? Pardon ? J’aidûmalentendre ? ». Ceci résumait à peu près la première pensée du Traqueur suite à la déclaration de la jeune femme.
Elle venait de lui avouer sa phobie ? Sa pire faiblesse ? Comme ça, sans qu’il ait rien demandé ? Enfin, si, techniquement, il avait demandé, mais jamais ça n’avait été sérieux ! Et voilà qu’elle lui répondait poliment. Et sincèrement aussi, au vu des étranges fluctuations qu’avait eu sa voix et qui auraient été gratifiées d’une moquerie si le Traqueur n’avait pas été 1) aussi estomaqué 2)aussi sûr qu’il avait été au moins autant ridicule avec ses changements de teint intempestifs quelques minutes plus tôt.
Osmanthe fixa l’assassin pendant quelques secondes sans bouger. On aurait dit qu’elle avait peur de se faire frapper. Par quoi, une araignée géante ? Par lui ? Remarque, elle l’aurait bien mérité, après l’avoir fait autant tourner en bourrique. A vrai dire, c’était la première fois qu’il était déstabilisé à ce point. Alors il cacha son malaise comme il put. En ayant recours à un domaine qu’il connaissait bien. L’agressivité, la méchanceté gratuite, qui elle existait bien, exemple vivant à l’appui.
S’approchant de l’assassin, il siffla :

- Vous avez donc très peur des araignées ? Dans ce cas, j’aurais sûrement dû vous prévenir qu’un joli spécimen de cette espèce se prélasse dans votre dos depuis tout à l’heure. Oh, mais inutile de vous inquiéter, elle mesure à peine cinq centimètre de largeur, pas de quoi s’affoler.


Il était toujours derrière elle, sûrement pour s’éviter les diverses expressions qui allaient se succéder sur son visage. Il avait beau se montrer gratuitement cruel, il ne poussait pas le vice jusqu’à se délecter de la peur qui allait sûrement s’afficher sur le visage de l’assassin. En vérité, il ne savait pas si il aurait osé continuer son petit bluff si il avait lu la panique dans le regard de la jeune femme. Sûrement une pointe de culpabilité se serait-elle réveillée en lui. Alors que là, il n’en ressentait pas une once. Après tout, ce qu’il était en train de lui enseigner lui sauverait peut-être la vie un jour. Osmanthe, ou comment justifier sa méchanceté pour garder une conscience vierge.
Désormais à quelques centimètres seulement du dos de l’assassin, il continua sur le ton venimeux qu’il savait si bien prendre :

- A votre avis, combien de fois aurais-je eu le temps de dégainer mon pistolet et de vous coller une balle dans la tête, le temps que vous vous ressaisissiez ? Un petit bluff de rien du tout, sans rien pour l’appuyer, et j’aurais pu vous tuer sans problème. Et je le pourrai toujours. Maintenant que vous m’avez gentiment livré votre pire faiblesse, il me suffit de vous jeter une araignée en plastique à la figure pour vous paralyser et vous assassiner sans la moindre difficulté. Et si vous êtes sur le point de dire qu’il n’y a aucune raison que je fasse ça, détrompez-vous. Nous nous connaissons depuis à peine une demi-heure durant laquelle nous avons déjà failli nous entretuer. Je pourrais tout à fait être un psychopathe rancunier. De plus, je suis un Traqueur, vous possédez un Karnevale. Savez-vous que lorsque l’Empereur est en colère, il suffit de lui amener une personne dotée d’un pouvoir et de le torturer un peu devant lui pour que son humeur s’améliore ? Désormais, grâce à vous, j’ai une victime toute désignée pour la prochaine fois ! La gentillesse écœurante et la naïveté dont vous faites preuve me pousse à me demander comment vous avez pu exercer ce métier et survivre jusqu’à maintenant. Et si je vous dis que tout était programmé pour que vous me livriez votre phobie ? Que j’ai fait semblant d’être effrayé, que vous avez magnifiquement mordu à l’appât, que j’ai eu ce que je voulais et que j’ai berné des fillettes de quatre ans plus difficilement ? Allez-vous enfin me haïr ou allez vous continuer à vous inquiéter pour un salaud de Traqueur ?!

Les mots coulaient tout seul, se voulant blessants, empoisonnés. Il aurait pu continuer à débiter des méchancetés pendant des heures sans problème. Il était de nouveau dans son élément, dans un domaine où il excellait. Et pourtant, le malaise était toujours présent. On pouvait sentir un mélange de colère, de frustration et de déroute dans son ton cassant. Évidemment qu’il cherchait à se faire détester. La haine était tellement plus facile à gérer que des sentiments plus complexes comme l’amitié ou la compassion. Elle osait chambouler ses principes, bousculer ses convictions par sa gentillesse mal placée ? Elle en paierait le prix. Osmanthe n’était pas prêt à recevoir des sentiments positifs. Alors il les lui renvoyait en pleine figure. Avec une aisance inouïe. C’était si facile d’être cruel. Tellement facile qu’il se mordait la lèvre pour se retenir de continuer. Et accessoirement, se préparait à esquiver le coup qui ne devrait pas tarder. Quoi que si il n’avait pas l’air trop méchant, il l’encaisserait peut-être. Une bonne baffe de temps en temps, ça ne faisait pas de mal, et il était parfaitement conscient de la mériter. Pour un peu, il aurait tendu la joue. Pour qu’elle le frappe, qu’elle l’insulte, qu’elle le haïsse, qu’elle s’en aille furieuse et humiliée, qu’elle ne veuille plus jamais croiser sa route, et surtout, surtout qu’elle ne lui adresse plus. jamais. ce. foutu. sourire. gentil. qui allait hanter ses nuits dans le cas contraire. Pour que jamais il n’ait de regret en pensant à Raz-Raz l’assassin moins que rien, à sa gentillesse et au semblant d’amitié qui aurait pu se développer entre eux. Brûler le mal à sa source était le meilleur moyen de le détruire. Il était pratiquement sûr d’avoir définitivement détruit la compassion de la jeune femme à son égard. Une bonne chose de faite… n’est-ce pas ?


*[au passage, admire cette comparaison atrocement absurde. La preuve que mes persos déteignent les uns sur les autres. Ici, c’est Av’ qui s’est incrusté et qui hurle derrière que la conclusion logique qui s’impose est que Raz-Raz est un alien ! CQFD ! 8D]

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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   Sam 25 Juin - 21:06

Il y eut un moment de blanc avant qu’un des deux ne se décide à reprendre la parole. En y réfléchissant, l’assassin conclu que lui avouer sa plus grande faiblesse n’était pas un choix des plus judicieux, mais bizarrement elle ne se sentait pas en danger. S’il avait voulu en finir avec elle il n’aurait pas eu à attendre d’avoir cette information, il lui aurait suffit de tirer lorsqu’elle lui avait laissé le choix. Or s’il avait décidé de la garder en vie, c’est qu’il ne devait pas y avoir grand risque. Certes il est un traqueur et elle une assassin possédant un karnevale, mais Raz-Raz avait envie de « croire ». Voilà, c’était ça le terme. « Croire en Osmanthe » ; cela paraissait hallucinant quand elle y pensait ainsi, stupide même. Cet homme ne devrait être un ennemi, au pire une vague connaissance de qui on se méfie, rien d’autre. Absolument rien d’autre. Pourtant il semblerait que la raison lui ait tournée. Farce du sort qui semblait décidé à lui en faire voir de toutes les couleurs aujourd’hui.

- Vous avez donc très peur des araignées ? Dans ce cas, j’aurais sûrement dû vous prévenir qu’un joli spécimen de cette espèce se prélasse dans votre dos depuis tout à l’heure. Oh, mais inutile de vous inquiéter, elle mesure à peine cinq centimètre de largeur, pas de quoi s’affoler.

Ne pouvant retenir son sursaut de frayeur, la jeune femme accompagna le tout d’une petite exclamation. Même s’il était évident qu’il s’agissait d’une plaisanterie de mauvais goût, l’idée qu’une de ces créatures puisse être bien confortablement installée dans son dos lui donnait des frissons, aussi petite qu’elle puisse être. Le ton de la prononciation avait joué dans l’effet produit, le traqueur avait parlé à la manière d’un serpent se faufilant derrière elle pour mieux l’étouffer par la suite.

Oui, suite si douloureuse à entendre. Suite remplie de haine, de méchanceté, de sentiments négatifs. Le poison mêlé dans cette tirade venimeuse s’infiltrant dans l’esprit de l’assassin. Allant toujours plus profond, toujours plus vite dans les veines de son âme, se propageant dans chaque petite parcelle de son être. Les bouts de ses doigts tremblaient, contaminés par ce poison qui donnait à la jeune femme l’envie de se retourner et gifler son interlocuteur. Elle ne comprenait même pas la moitié de ce qu’il disait tant le ton et les sentiments mis dans les paroles lui faisaient du mal. Pourtant il n’y a pas de raison, ce ne sont que des paroles en l’air, de la cruauté gratuite qu’il est si facile de produire. N’importe quel enfant en est capable, ils le font même instinctivement. « Je vais te tuer si tu fais pas ça » ou encore « de toute façon je te déteste » ; il est facile pour un petit de dire cela à n’importe quoi, que se soit une personne chère ou non. Raz-Raz n’avait jamais vraiment eu de grands contacts avec les enfants, mais elle connaissait au moins les grandes lignes sur eux.

Lorsque la tirade arriva à sa fin, des larmes lui coulaient sur les joues. Elle se mordait la lèvre pour ne pas laisser échapper des sanglots. Bien qu’elle n’ait saisit que la moitié des horreurs qu’il lui racontait, elle en était profondément affectée. La raison de cette avalanche de douleur lui était absolument inconnue, il fallait qu’elle y réfléchisse profondément. C’est pourquoi elle laissa s’échapper tout ce qu’elle tentait de retenir, pour ne pas être encombrée. Les pleurs, les quelques cris, la gifle. Le dernier mouvement fut assez rapide et bien envoyé, laissant une marque rouge vive sur la joue d’Osmanthe. Honteuse de se montrer dans un tel état, l’assassin n’avait pourtant pas la force de se retourner pour cacher son visage déformé par les sentiments qui la traversaient. Il aurait été superflu de tenter un quelconque mouvement, et puis cela faisait certainement plaisir à la raclure de la voir dans cette posture d’infériorité, de faiblesse, de sensibilité mal placée, inutile, incompréhensible. Sottise que cette femme.

« Allez-vous enfin me haïr ou allez vous continuer à vous inquiéter pour un salaud de Traqueur ?! »

Salaud

Pourquoi cette inquiétude ?

Je te hais

D’où vient ce sentiment ?

Gamin

L’est-il ?

Pauvre gosse

Qu’est-il ?

Un pauvre enfant


C’est cela. Osmanthe était un pauvre enfant égaré. Cette douleur que ressentait Raz lui venait uniquement de cette conclusion dont elle devait être malgré elle consciente depuis un petit moment. Maintenant la question était de savoir pourquoi est-ce qu’elle était autant emphatique avec ce petit. Il ne lui avait rien fait de spécial, venait d’être absolument affreux avec elle et, surtout, elle aurait du le tuer quelques heures plus tôt. Une imbécile. Voilà ce qu’elle était. Une femme aussi ; adulte. Elle qui n’avait jamais eu de mère venait de reporter toute l’affection qu’elle aurait aimé avoir sur le traqueur. Si ce n’était pas malheureux. Elle ne pouvait pas choisir quelqu’un d’autre non. Des gosses en détresse elle en avait vu passer ; alors allez savoir pourquoi lui. Elle-même ne le sait pas, peut-être plus tard si elle peut continuer de converser avec lui. Pour le moment rien, aucune explication ne sort de cet esprit qui en ce moment même se torture, se contorsionne, se disloque pour mettre des mots sur ses émotions.

- Pauvre gamin.

Le résumé de sa pensée. Ce qu’était le traqueur pour elle, et peut-être l’était-il vraiment. Elle n’avait pas la prétention d’avoir lu en lui ou quoi que se soit, mais cette méchanceté gratuite lui avait semblé tellement révélatrice qu’elle n’avait pu s’empêcher de lui faire remarquer. Un ton sec au milieu des larmes. Les sourcils froncés, mais pas agressif, seulement pleins de peine. La main serrée sur le tissus de sa robe, elle tremblait un peu ; se demandant si elle réussirait à s’exprimer correctement sur un sujet qui lui tenait à cœur. Devant cet enfant. Pour cet enfant.

Du ton le plus calme dont elle était capable au milieu du torrent salé s’écoulant sur son visage, elle s’exprima ainsi ; parsemant ses paroles de soubresauts gémissants. L’explosion dans l’abri anti-atomique.

- Je sais, c’est facile d’être méchant. Pourquoi crois-tu que j’arrive à exercer mon métier avec une telle aisance ? Parce que c’est simple, il suffit d’être cruel.

Elle ponctua sa phrase de quelques silences, pour laisser le temps à son interlocuteur d’assimiler ce qu’elle disait. Aucune prétention sur le fait qu’elle explique une chose complexe, juste pour qu’il prenne conscience du sérieux des paroles. Elle ne réagissait certainement pas comme il l’aurait souhaité, pas besoin de le déstabiliser encore plus. Son monde s’était écroulé sur la terrasse du café ; à son tour de bouleverser sa vision. Penser ainsi était sûrement un peu vaniteux, le traqueur ne serait peut-être en rien affecté par les « imprévus » provoqués par l’opalienne. Une main libre s’agrippa fermement au bas de sa robe, si elle la laissait traîner elle risquait d’avoir un nouveau contact avec Osmanthe, ce qui serait malvenu dans cette situation.

- Ce serait plus facile que je te haïsse, je l’admet. Nous n’aurions qu’à tourner les talons, nous séparer et ne plus jamais nous revoir que pour nous entretuer. Simple, on saurait à l’avance ce qui se passerait. C’est pour ça que tu veux que je te déteste, chochotte.

C’était le terme. Un trouillard, une poule mouillée, une lopette, un pétochard. Voilà ce que l’on est lorsqu’on choisit cette solution de facilité ; rien d’autre. Ce n’est pas ça « affronter la vie ». Même si c’est souvent de la merde il faut faire avec et continuer à avancer sans se perdre dans tous ces sentiments négatifs ; en restant « gentil ». Cette expression placée au sens universel, compréhensible par tous, à la portée de tous. Même lui. Oui, même Osmanthe devrait être capable de l’assimiler. Sinon elle se serait encore plus trompé qu’avant. La déception serait encore plus grande. Elle n’y pensa plus, seulement à son discours. Il fallait finir, rien d’autre à penser pour le moment.

- Et bien non. Je t’apprécie ; je sais même pas pourquoi. Après tout t’es un salaud comme tu le dis si bien. Je suis même en train de pleurer devant ta connerie et ton égarement de pauvre gamin.

A ce moment seulement elle remarqua le tutoiement. Familiarité sortie toute seule, qui n’avait pas lieu d’être. Ils ne sont pas proches, aucun des deux n’a demandé ni donné son autorisation. Une offense à la politesse. Désormais cela n’était plus excusable, autant continuer dans ce délit. Sûrement s’exprimait-elle ainsi car elle avait senti une douleur, réelle ou inventée, provenant du traqueur, son esprit se sentait plus proche de lui.

- J’ai mal pour toi.

Stupide. Elle était définitivement stupide. Il y avait une chance sur dix millions que ces paroles touchent le caillou à peine fissuré en face d’elle. Aller, pour la route, une seconde gifle. Il la méritait pour l’avoir fait pleurer ainsi. Ses deux joues étaient rouges maintenant. Bien fait.

- Pardon...

Contradictoire que cette femme là. Avec toute les raisons du monde de le détester et aucun remord à avoir, elle parvenait à demander pardon à Osmanthe pour l’avoir légitimement frappé. Au moins elle était sûre de l’avoir « touché » d’une certaine manière ; même si la marque ne resterait pas longtemps.

D’un revers de doigt, elle essuya les larmes qui ont rougis ses yeux. Elle se ressaisit, se redressa, toussota un peu. C’était peu, mais tellement à dire. Les phrases lui ont coûté, peut-être pour rien. Dur à admettre, mais certainement triste vérité. Elle respira profondément ; s’apprêtant à recevoir incompréhension et nouvelle méprise. Face à face avec le traqueur, elle esquissa tout de même un petit sourire, histoire d’être en accord avec ses propres paroles. Elle savait, c’est tellement plus compliqué d’être gentil, même lorsqu’on en a envie.

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MessageSujet: Re: "Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]   

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"Alors tu seras un moins que rien, ah oui ça je veux bien !" [Osmanthe] [terminé]

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