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 "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]

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MessageSujet: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 6 Mar - 0:26

Je me rends assez régulièrement à Alzen, pour plusieurs raisons. La première, c'est que j'adore cette ville, elle est magnifique et la plupart des choses qu'on y trouve, gadgets, bouquins, engins, sont extrêmement intéressants. La deuxième raison, beaucoup plus concrète, c'est que mon masque se trouve régulièrement bousillé lors de mes combats d'arène, et que seule l'entreprise Alzienne qui me l'a conçu est capable de le remettre à neuf. Vous me direz, on a bien des forges à Opale, mais aucune n'est capable d'atteindre la température du point de fusion du tungstène, qui est la plus élevée de tous les métaux existants. Les Alziens sont capables de l'atteindre sans aucun problème dans leurs labos.

Et là, mon masque commençait à ressentir le poids de mes combats incessants. Malgré sa solidité, dont je n'avais jamais eu à me plaindre, il était sacrément rayé et il avait une grosse ébréchure sur le bord gauche. Non seulement c'était assez inesthétique, mais en plus ça découvrait une petite partie de ma mâchoire. C'était pas top, quoi.
J'ai donc décidé de me payer mon petit voyage trimestriel vers Alzen, histoire de retaper tout ça et accessoirement de me prendre un peu de bon temps.

Et me voilà donc à l'Aéroport des Abimes. Du côté « terrestre ». C'est un superbe édifice d'acier et de verre, de conception Alzienne à n'en pas douter, qui trône au beau milieu de nulle part, à la limite séparant le désert de la forêt. On pouvait voir la cité volante haut dans le ciel, au dessus de la forêt, et la nuée d'aéronefs de tailles variées l'accompagnant qui semblent si petits à cause de la distance qu'on aurait pu les confondre avec un essaim d'abeilles bourdonnant autour de leur ruche. C'est un spectacle dont je ne me lasse jamais.

J'embarquai dans le premier aéronef en partance pour Alzen, en compagnie de centaines d'autres voyageurs que les imposants aéronefs de transport qu'on pouvait voir à quai ou en train de tourbillonner au dessus de l'édifice, accompagnés d'aéronefs de sécurité plus petits et plus agiles, n'auraient aucun mal à porter. Il y a ainsi des milliers de personnes qui font la navette vers ou depuis Alzen chaque jour. Le prix des billets n'est pas bien cher.
La sécurité n'est d'ailleurs pas bien élevée non plus. J'ai pu garder mon épée au dos. Il faut dire que les citoyens du glorieux Empire n'auraient jamais idée de faire acte de violence dans un aéronef. Quant à détourner un de ces imposants engins de transport, pas la peine d'y penser. Ils sont volontairement très compliqués à piloter, justement pour éviter que le premier abruti venu s'en empare.

Je m'assis tranquillement à ma place, tel les centaines d'autres personnes qui m'accompagnaient, et l'énorme engin décolla très lentement, comme une grosse baleine qui émerge de l'eau, et pointa son museau vers la grande cité volante. Le voyage promettait d'être calme et ennuyeux...
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 6 Mar - 13:43

Is it the cop, or am I the one that's really dangerous ?

Alzen. Le summum de la démesure, de l'arrogance. Un édifice ridiculement disproportionné sur lequel se reflète la lumière de l'égocentrisme de l'Empereur. Alzen. Le miroir de tout ce qui dégoutait Roxanne dans ce Monde tyrannique. Une ville dans laquelle elle évitait autant que possible de se rendre. Évidemment, ce n'était pas comme si elle ne se rendait de toute façon jamais autre part qu'à Karnevale Avenue -donc autant dire qu'elle ne sortait quasiment jamais-, mais cette fois, elle n'avait pas réellement le choix. En effet, les soirées du Midnight ne sont pas réputées pour leur calme, si bien que le matériel utilisé dans la gigantesque discothèque se retrouve bien vite hors d'état. Ainsi, le seul endroit où elle pouvait espérer trouver ce qu'il lui fallait n'était autre qu' Alzen, la seule ville ayant un niveau technologique suffisant pour subvenir aux besoins de son commerce. Alors, évidemment, elle s'abstenait bien d'indiquer qu'elle était Roxanne, la gérante du Midnight, célèbre boîte de nuit de Karnevale Avenue, la ville des rebelles. Elle n'était pas suicidaire. Elle était même paranoïaque.

En tout cas, tout ceci expliquait pourquoi elle se trouvait, en cette fin d'après-midi, en chemin vers l'aéroport d'Alzen, afin d'embarquer dans un aéronef qui la conduirait rapidement jusqu'à la ville de laquelle elle partirait -elle l'espérait- rapidement. C'est ainsi qu'elle monta à bort de l'appareil, soutenant les regards de quelques curieux qui ne pouvaient s'empêcher d'observer cette jeune femme aux cheveux blonds. Elle alla prendre place tout au fond de l'appareil. Elle n'appréciait absolument pas ces voyages, ni même la compagnie étouffante de toutes ces personnes qui allaient piailler et brailler durant tout le trajet. Elle jeta un coup d'œil à sa montre argentée et soupira d'avance de l'ennui qui allait l'accompagner durant ce voyage qui allait probablement lui sembler interminable.

À vrai dire, ce qui l'agaçait n'était pas vraiment l'appareil en lui-même, mais bien l'effet terriblement soporifique qu'il avait sur lui. En fait, la plupart des moyens de transports avaient cet effet sur elle, la faisant très rapidement somnoler. Elle essaya autant qu'elle fût en mesure de le faire de garder ses paupières ouvertes mais, les nombreuses nuits blanches qu'elle devait enchaîner ne l'aidant pas, le poids de la fatigue fût bien plus fort que sa volonté. Elle ferma les yeux, se disant qu'après tout, le trajet passerait plus rapidement comme ça.

Elle se réveilla lorsqu'elle se mit à sentir que son siège vibrait et que la voix mécanique de l'ordinateur de bord résonna dans l'appareil, indiquant d'une voix monotone -ce qui était presque comique à la vue de ce qu'elle annonçait- que l'appareil semblait rencontrer un problème technique et que la plupart des commandes ne répondaient plus. Évidemment, l'annonce provoqua un véritable vent de panique parmi la plupart des nombreuses personnes présentent dans l'appareil. Roxanne, elle, était prise de vertiges. Et l'explication lui sembla limpide au milieu de ses nausées. Bien que d'habitude son pouvoir magnétique ne réagissait aucunement au fait qu'elle s'endorme, ici, son contact incontrôlable avec les appareils sensibles au magnétisme de l'aéronef était la raison de la déstabilisation soudaine de l'engin. Et cela l'épuisait.

Elle pesta intérieurement contre elle alors que la petite voix annonçait que le pilote allait atterrir d'urgence dans la forêt d'Orphée, qui s'étendait juste au-dessous d'eux. La panique redoubla un peu plus, les jeunes femmes hurlant et les enfants pleurant en s'imaginant déjà devoir passer la nuit dans cette horrible forêt. Car oui, le soleil commençait à se coucher.

La suite fût d'une déconcertante rapidité, et aucun des passagers n'eut le temps de se rendre compte de l'impressionnante descente en piquée que débuta l'appareil qui frôla bientôt les plus hautes branches des arbres de la forêt avant de s'écraser lourdement au sol, se trainant sur encore de nombreux mètres avant de finalement s'arrêter, progressivement ralentit par les arbres. Les passagers purent descendre tranquillement de l'appareil, sans qu'aucun dommages -à part évidemment un aéronef totalement détruit- ne soit à déclarer.

Roxanne se mit immédiatement à l'écart des autres et, sortant de sa poche son carnet, y nota en lettres majuscules soulignées: «NE PLUS JAMAIS MONTER DANS UN DE CES FOUTUS AÉRONEFS!!!»
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Mar 8 Mar - 23:52

Comme je l'avais imaginé, le voyage fut effectivement calme et ennuyeux.
Enfin non, rectification : Les premières minutes du voyage furent calmes et ennuyeuses. Ensuite, ça a été un sacré bordel.
L'appareil se mit à vibrer, sa structure en métal à grincer lentement et longuement, un peu comme les gonds d'une vieille porte laissée à l'abandon depuis des lustres. Au début, comme tous les autres passagers sans doute, j'ai naïvement pensé que c'était normal, un peu comme les craquements horriblement chiants qu'on entend toutes les deux minutes quand on est sur un bateau. Ce sont des choses qui arrivent. Erreur.

J'ai commencé à me poser des questions quand toutes les alarmes de l'aéronef se mirent à sonner. Ce qui était relativement anormal, parce que ça signifiait grosso-modo que l'aéronef était en train de bruler, de se dépressuriser et de s'écraser, le tout accompagné une panne moteur générale. Tout ça en même temps oui. Je vous rassure, c'était pas du tout le cas. Pour compléter le tableau, la plupart des ampoules qui éclairaient l'intérieur de l'appareil se mirent à clignoter de manière totalement anarchique et sans aucune raison apparente.

Alors que j'étais en train de me demander si l'ingénieur qui avait programmé les systèmes électriques de cet aéronef n'était pas bourré et, plus généralement, sous l'effet de tous les psychotropes connus au moment où il a fait son boulot, l'appareil a effectivement commencé à piquer du nez, les vibrations qui le secouait redoublant d'intensité au passage. Et ça, c'était franchement moins marrant. Les hauts-parleurs annoncèrent tant bien que mal au milieu d'un torrent de grésillements insupportables que l'aéronef allait devoir effectuer un atterrissage d'urgence, ce qui n'était pas vraiment surprenant. Enfin pour moi, parce que la plupart des passagers se mirent alors à hurler, et leurs braillements incessants couplés aux grincements de la coque commençaient sérieusement à me vriller les tympans.

Comme si ça suffisait pas, mon épée se mit alors a gigoter dans mon dos. Elle avait commencé à vibrer en même temps que l'appareil, et je n'avais vu là qu'un bête lien de cause à effet, mais maintenant cette théorie ne tenait plus vraiment la route. Tandis qu'elle s'extirpait des lanières qui la maintenait à mon dos comme si elle voulait s'enfuir le plus vite possible, j'ai pu remarquer que les objets métalliques que possédaient les autres passagers étaient en train d'adopter le même comportement. Même mon masque commençait à tirer un peu sur ma peau, comme si on essayait de le décrocher de force. J'attrapai la poignée de mon arme pour la maintenir en place, ce qui me sembla facile les premières secondes. Mais elle commença alors à bouger avec beaucoup plus de force, se décrochant de mon dos alors que je l'avais encore en main. Incapable de la tenir plus longtemps, je me résolus à la lâcher, et elle fila telle une balle de fusil vers l'arrière de l'appareil avant de se planter dans le mur du fond, le traversant comme du papier alu.
Pendant ce temps là, la plupart des petits objets métalliques évoqués précédemment se dirigèrent aux aussi vers le fond de l'appareil, où ils se mirent à tournoyer, comme si ils gravitaient autour d'un soleil indéterminé. Malheureusement ils n'en avaient pas vraiment la place, et se cognèrent contre tous les murs qui passaient à leur portée, s'ajoutant à la cacophonie ambiante.

Pendant ce temps, l'appareil s'était mit à raser la cime des arbres de la forêt d'Orphée, qu'il commença à renverser sur son passage au fur et à mesure de sa descente. Il finit par toucher le sol qu'il racla sur plusieurs mètres avant d'arrêter définitivement de bouger. J'aurais bien applaudi, saluant le plus admirable atterrissage en catastrophe qu'il m'ait été donné de voir, mais j'étais bien plus occupé à pester contre le sort qui m'avait foutu dans ce pétrin.


« Je sais que j'ai dit pas aimer les voyages calmes, mais faut quand même pas exagérer, nom de dieu. »

Mes paroles lancées dans le vent furent immédiatement avalées par le bruit des passagers qui hurlaient encore et des alarmes qu'on avait toujours pas réussi à éteindre. C'était pas plus mal.
Je me levai de mon siège et me dirigeai vers l'arrière de l'aéronef pour y récupérer mon épée. C'est alors que je remarquai que tous les bidules métalliques qui tournaient joyeusement à cet endroit quelques instants plus tôt étaient tombés mollement au sol, formant un cercle grossier autour d'une femme blonde, qui, à la différence des autres passagers, n'était pas occupée à brailler, mais à griffonner dans un carnet. Mon arme était plantée quelques mètres pile au dessus de sa tête.
Je m'approchai, tendis le bras, saisis la poignée et arrachai brusquement mon épée dans un beau grincement qui attira l'attention de la quasi totalité des passagers, qui s'interrogeaient entre eux pour essayer de comprendre ce que tous ces machins fichaient par terre autour de moi et de cette femme.
Ne leur prêtant pas la moindre attention, je m'adressai simplement à l'intéressée.


« Dites-moi, mademoiselle... Vous pourriez m'expliquer tout ce bordel? »

Alors que je tournais la tête pour regarder le-dit bordel qui trônait derrière moi, je vis des agents de sécurité à l'air mécontent qui se dirigeaient vers nous, le tout en nous foudroyant d'un regard excessivement suspicieux. En fait, c'était tous les passagers qui nous adressaient un regard suspicieux. Oui, « nous ». C'était assez injuste étant donné que j'avais rien à voir là-dedans, mais je réalisai assez rapidement que j'avais pas l'air très clair, comme type. Je paraissais peut-être même encore plus suspect que la jeune femme en face de moi. Sans me retourner, je dis simplement, plus pour moi-même que pour elle :

« Ah, ça sent les emmerdes, ça... »

Et j'avais vraiment pas l'intention de me laisser embarquer.
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 13 Mar - 20:46

So make it bleed.

Roxanne rangea dans sa poche son carnet et son stylo après avoir noté avec soin cette recommandation fort spirituelle. Car, en effet, il s'agissait là d'un événement passablement exceptionnel. N'avait-elle pas déjà voyagé de nombreuses fois dans un aéronef ? Pire, ne s'était-elle pas également endormie d'encore plus nombreuses fois lors de ces trajets ? Pourtant, jusqu'à présent, jamais son karnevale qu'elle maîtrise pourtant avec précision ne s'était montré aussi peu obéissant. Peut-être s'agissait-il d'un nouveau ou d'un ancien modèle d'aéronef dont le contenu électronique était bien plus important que la normale. C'était fort possible, en effet, que le trop plein d'éléments sensibles au magnétisme aient été les responsables de cette explosion de karnevale. Enfin bon, après tout, elle n'en avait rien à faire. Même si l'aéronef avait volé en éclat, elle aurait pu se poser tranquillement sur le sol en faisant jouer répulsion et attraction. La vie était quand même bien faite.

La demoiselle, qui était jusque là totalement perdue dans ses pensées, sursauta légèrement lorsqu'elle entendit une voix visiblement à son attention. Elle cligna des yeux, comme pour se réveiller -ce qui était en fait relativement vrai-, puis s'intéressa à ce qui l'entourait. Ses yeux se posèrent tout d'abord sur la pile d'objets métalliques à ses pieds puis sur l'homme-boîte de conserve, puis sur la foule de gens en furie.


«Oh merde...»

C'était loin d'être subtile, mais cela avait le mérite d'être franc et clair. Visiblement, elle qui avait l'habitude de vouloir se faire discrète, c'était cette fois loin d'être une réelle réussite. Bon, eh bien, tant pis après tout. Il fallait bien que cela arrive un jour. L'important était maintenant de vite s'éclipser, parce que ça serait quand même idiot qu'elle se fasse arrêter et embarquer par la sécurité. Vous n'imaginez même pas à quoi ressemblerait la réaction des karnevaliens privés de soirée au Midnight... Roxanne devait réagir vite, et elle le fit. Les multiples montres et autres briquets qui faisaient office d'effets personnels de ces messieurs et de ces demoiselles se mirent à léviter à quelques mètres au-dessus du sol puis à filer à toute vitesse dans la direction opposée. Les passagers hésitèrent un moment puis préfèrent finalement courir après leurs objets inutiles. Il restait ces messieurs de la sécurité qui eux, n'avait visiblement pour seule envie que de venir entendre les explications de Roxanne -et de son ami d'infortune le super-héros métallique-.

Usant une nouvelle fois de son don magnétique qui était décidément bien pratique, les quelques agents se virent propulsés contre les murs de l'aéronef et la boucle de leur ceinture se détacha précipitamment, laissant honteusement tomber leur pantalon. Bon, ça, ça servait à rien, mais elle trouvait l'idée amusante. Avec un petit sourire satisfait, elle attrapa l'homme qui était à ses côtés par le bras et l'entraîna avec elle au milieu des arbres de la forêt d'Orphée. Ce n'était d'ailleurs peut-être pas la meilleure idée, mais bon.

Évidemment, dès qu'elle fût certaine qu'il n'avait pas besoin d'elle pour la suivre, elle le lâcha, et elle courait, elle courait, essayant d'éviter les branches basses -quelles fourbes-. Au bout d'un moment, elle décida de s'arrêter au milieu d'une clairière, ou en tout cas, à ce qui y ressemblait. Elle ne s'arrêta pas seulement parce qu'il s'agissait d'une clairière, et pas vraiment parce qu'elle était fatiguée, mais plutôt parce qu'elle en avait marre de courir. Y a pas idée quand même de jouer les fugitifs encore plus que d'habitude. L'aéronef devait être assez loin et puis, à la vue de la condition sociale de la plupart des passagers, il aurait été étonnant qu'ils décident de partir à la chasse pour les retrouver. Roxanne se laissa tomber par terre, s'adossant à un arbre.


«'Tain, encore un billet acheté pour rien.»

Elle soupira puis se tourna vers son interlocuteur qui avait été bien malgré lui entraîné avec elle dans cette histoire.

«Désolée pour ça, mais j'avoue que j'ai pas pour habitude de flinguer des aéronefs comme ça.»

Elle se mit à rire, dédramatisant la situation. Ils allaient devoir trouver un moyen de sortir de cette forêt, autant le faire dans une bonne ambiance. Elle reporta son attention sur l'homme.

«Je m'appelle Roxanne. Et vous êtes ?»

Elle se retint d'ajouter, se répondant à elle-même «Un genre de robot ?».
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 20 Mar - 15:48

Alors que je soulevai mon épée, lui faisant dessiner un arc de cercle ample avant de la laisser retomber lourdement sur mon épaule -mouvement qui signifiait que j'avais bien l'intention de m'en servir dans un futur proche, genre dans dix secondes- la femme qui n'avait toujours pas bougée depuis que je l'avais interpelée fit écho à mon exclamation précédente. Elle venait probablement à peine d'apercevoir la sécurité. Eh oui, mademoiselle, on est dans la merde. Je retournai à demi ma tête vers elle.

« C'est maintenant que vous émergez, vous? Comment vous faites pour végéter comme un vieux crouton dans une situation pareille? »

Mais elle réagit d'une manière aussi vive que déconcertante. M'ignorant toujours, elle fit -du moins, je présumai que c'était de son fait- s'envoler toutes les petites babioles métalliques qui trainaient par terre avant de les projeter au loin. Je ne voyais sincèrement pas l'intérêt de la chose, me disant que si c'était cette femme qui était derrière cet événement étrange, elle devait être un peu ramollie du bocal, mais il s'avéra que le troupeau stupide de passagers se précipita à la suite de leurs bibelots, tels des cabots auxquels on aurait lancé une baballe. Bon, d'accord, ça avait de l'intérêt.
Mais un intérêt limité, tout de même, vu que le principal problème, en l'occurrence les types de la sécurité, était toujours bien présent, et ces messieurs avaient l'air toujours aussi mécontents.
Au moins, sans les passagers pour me gêner, je pouvais foncer dans le tas sans retenue. Oui mais non.
Ce fut au tour de ces mêmes agents de s'envoler, et ils furent plaqués contre les murs, avant que... que leurs pantalons s'abaissent d'eux-mêmes. Euh... attendez. Quoi?
La scène était tellement déroutante que je me figeai littéralement sur place, regardant les types de la sécurité avec un air incroyablement ahuri. Merci, masque, de leur épargner un spectacle au moins aussi ridicule que celui qu'ils représentaient. Le fait que la jeune femme derrière moi soit responsable ne faisait plus le moindre doute. Le fait qu'elle soit complètement tarée non plus.
Alors que j'hésitais entre éclater de rire et profiter de cette opportunité pour me tailler de là en vitesse, elle prit la décision à ma place. Elle me saisit brusquement par le bras et me traina dans la forêt. Putain, elle avait plus de poigne que la plupart des gladiateurs que j'avais rencontrés... Et elle courait vite, aussi. Je fus obligé de courir pour suivre le rythme, ce que je n'avais pas, mais vraiment pas du tout envie de faire. J'essayai de lui crier de me lâcher, mais en à peine dix secondes, ma respiration était devenue tellement saccadée que je n'arrivais plus à articuler le moindre mot. Pourtant, miraculeusement, elle finit par me larguer avant de poursuivre sa course seule.
Je me stoppai net avant de me courber à demi, les mains sur les genoux, en haletant comme un asthmatique. J'avais l'impression d'avoir une fièvre de tous les diables, comme si mon corps allait exploser. Après quelques inspirations lentes et profondes, je réussis à reprendre le contrôle de moi-même, pour enfin pourvoir murmurer ce que je mourrais d'envie de dire depuis vingt secondes.


« Putain, je vais la crever, cette salope. »

Pas super élégant, pas vrai? Mais faut dire qu'en l'espace de quelques minutes, elle avait fait s'écraser « mon » aéronef -j'en avais aucune preuve, mais j'étais sur que c'était elle-, m'avait foutu la sécurité à dos -bon d'accord, c'était peut-être un peu de ma faute, aussi- et avait poussé mon corps à un degré d'épuisement insupportable. Le tout en m'ignorant royalement. Je crois que de ma vie, je n'avais jamais croisé quelqu'un qui était arrivé à me faire autant chier en un laps de temps aussi réduit.
Elle était hors de ma vue, mais j'étais bien déterminé à la retrouver. Je suivis la route qu'elle avait empruntée, en marchant lentement, cette fois.
Je n'eus pas à marcher bien longtemps. Je la vis, s'appuyant contre un arbre au milieu d'une sorte de clairière, quelque mètres plus loin. Elle marmonnait des mots dont je n'arrivai pas à saisir le sens pendant que je m'approchais, et lorsque je fus finalement à côté d'elle, elle sembla me remarquer véritablement pour la première fois. Et lorsqu'elle me parla, ce fut pour me confirmer que c'était bien elle qui avait fait s'écraser l'aéronef, ce qui raviva mon envie de la trucider sur-le-champ. Et en plus, elle se permit d'en rire. J'avais l'impression qu'elle se payait ma tronche, et j'avais grand-peine à garder mon calme. Et pour couronner le tout, elle enchaina sur la question-bateau par excellence. Ravi de vous rencontrer, chère Roxanne, mais...


« Attendez, vous vous foutez de moi, là? Notre aéronef se crashe, on à sans doute tout le personnel de l'aéroport des abimes à dos à l'heure qu'il est, et on est obligés de se taper une escapade dans la forêt, tout ça par votre faute, et tout ce que vous trouvez à me dire c'est « Salut, vous vous appelez comment? » avec un grand sourire aux lèvres? »

J'avais réussi à garder un certain calme et à ne pas hausser la voix, mais mon ton était incroyablement acerbe. J'essayai de retrouver la totalité de mon sang-froid en analysant la situation.

« On est paumés en pleine forêt d'Orphée, surement pas très loin de l'aéroport, mais de toute façon je doute qu'on y soit très bien accueillis, la nuit commence à tomber, je commence à entendre des bruits pas super rassurants autour de nous, pour l'instant on a rien à bouffer ni à boire, et on a aucun endroit où aller qui se situe à moins d'un millier de kilomètres d'ici. On fait quoi? »

Je doutais franchement qu'elle connaisse un endroit pas trop loin de la forêt où on pourrait se réfugier, et j'espérais sincèrement qu'elle réalisait qu'on s'était fourrés dans un sacré bordel. Histoire que ce joli sourire -qui dans la situation actuelle, était plus insupportable que joli- glisse enfin de son visage.
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 20 Mar - 20:36

And don't forget the Joker !

Leur situation était présentement assez comique, en fait. Cela ressemblait parfaitement à une émission qui avait un jour été diffusée à la télévision, dans laquelle des gens légèrement idiots prenaient un malin plaisir à jouer les aventuriers dans un coin paumé d'Almancar sous l'œil des caméras d'une chaîne d'Alzen. Le spectacle était réellement pathétique. Et le pire, c'est qu'ils pensaient sincèrement être un genre de super-héros pour pouvoir supporter tout ça alors qu'il leur suffisait de se plaindre aux réalisateurs pour avoir un peu à bouffer. Au moins, Roxanne et le mystérieux chevalier -après tout elle ne savait pas vraiment comment l'appeler et elle pensait bien que «tronche de fer à repasser» ne lui plairait sûrement pas- étaient réellement paumés, de plus dans la forêt d'Orphée et réellement sans rien. Ça c'était crédible au moins ! Elle s'imagina un instant en tenue d'aventurière en train de taillader des branches à la machette pour se frayer un chemin au milieu de cette toute relative jungle. C'était assez amusant à imaginer à vrai dire mais une telle perspective ne l'enchantait tout de même pas réellement.

Et apparemment, l'inconnu n'avait pas vraiment envie non plus de jouer aux aventuriers. Bon, elle pouvait bien comprendre que tout le monde ne pouvait pas adopter une attitude aussi positive qu'elle mais tout de même, s'entretuer n'était réellement pas la meilleure idée à avoir dans un moment pareil. Enfin bon, elle se doutait bien que l'homme n'était pas réellement habitué à avoir la sécurité sur le dos et d'être dans une position passablement délicate. Roxanne continua de sourire alors qu'elle se relevait avec classe -et ça, c'était quand même beau quand on était perdue dans la forêt avec un type sortant tout droit d'un film-.


«Pas que je sois non plus franchement familière aux randonnées en pleine forêt d'Orphée, mais je ne pense pas que l'idée la plus intelligente soit de nous entre-dévorer. Alors évidemment, j'imagine que vous préfèreriez être en ce moment à Alzen, mais il s'avère que malheureusement, la ville est un peu difficile d'accès dans notre position actuelle.»

Malgré ses paroles, son ton restait relativement détaché et amusé, ce qui n'était pas non plus très intelligent pour essayer de faire garder son calme à une personne inconnue totalement exaspérée. La demoiselle jeta un bref regard à sa montre avant de lever les yeux vers le Ciel. Par chance, ils se trouvaient dans un endroit de l'impressionnante forêt d'Orphée où la gigantesque cime des arbres ne masquait pas totalement la surface céleste qui était en train de virer à l'orangée. Cela permettrait d'avoir au moins un repère. Elle reporta de nouveau son attention sur l'homme masqué avec toujours un grand sourire sur ses lèvres.

«Je vous aurais bien proposé de camper et de chanter autour d'un feu mais je doute que cela vous plaise franchement. Donc, si vous préférez, vous pouvez aller chasser dans la forêt, vous semblez avoir la tête de l'emploi. Ça serait probablement beaucoup plus productif.»

Bon, là, il était clair qu'il y avait bien mieux pour instaurer une bonne ambiance. En tout cas, Roxanne ferma un instant les yeux. L'avantage de son pouvoir, c'est que l'utilisation du magnétisme ouvrait de très nombreuses possibilités. Cela permettait par exemple, en plus de pouvoir attirer ou repousser des objets, interagir avec le champs magnétique de la planète, et ça, quand on était perdu, c'était quand même assez pratique. Elle rouvrit les yeux après un petit moment passé à décoder les différentes variations au sein des ondes magnétiques qu'elle émettait puis recommença à marcher, entreprenant de se faufiler entre les arbres. Elle s'adressa de nouveau à l'homme, sans se retourner.

«Sinon, vous pouvez aussi essayer de me faire un peu confiance et me suivre. Sauf si vous voulez passer votre vie ici avec les bruits louches que vous entendez.»

Ce n'était pas comme si elle savait vraiment où elle allait, mais ayant des connaissances relativement bonnes par rapport à la géographie de Sphéra, en sachant où se trouvait le Nord grâce à son pouvoir, ils avaient au moins de quoi se rapprocher de la civilisation ce qui était déjà un bon point. Évidemment, le gros problème restait le fait qu'ils n'avaient pas de provisions qui leurs permettraient de survivre à une escapade de plusieurs jours. Aussi, après plusieurs mètres à crapahuter au milieu des arbres -il avait intérêt à bien la suivre le super-héros, cela serait regrettable sinon-, elle s'arrêta de nouveau, regardant autour d'elle. Il était fort dommage que son pouvoir ne lui permette pas d'attirer de l'eau, cela aurait été bien pratique en ce moment car, même si la soif ne se faisait pas encore sentir, elle n'allait pas tarder, c'était un fait.

Et c'est dans ce genre de moments qu'on est quand même heureux d'avoir un pouvoir super pratique qui réagit vraiment à toutes les forces magnétiques sphériennes, même à celles d'une nappe phréatique. Ainsi recommença-t-elle à marcher, s'éloignant légèrement de la direction qu'elle avait au départ décidée d'emprunter pour finalement accéder, après s'être battue avec de nombreux buissons et arbustes, à une petite source d'eau qui jaillissait de la terre et formait une petite mare qui s'écoulait en un mignon petit ruisseau. Bigre, que c'était poétique...


«Comme quoi je peux quand même être utile.»

Elle ricana avant de s'assoir de nouveau, observant un instant la surface aqueuse qui se présentait à eux. Bon, ça, c'était fait.

«Bon, eh bien, Monsieur le Râleur, on a au moins ça. Même en sachant dans quelle direction aller, je ne sais absolument pas le temps qu'il nous faudra donc j'avoue quand même que je préfèrerais une ambiance un petit peu plus détendue si je dois passer plusieurs jours à jouer dans la forêt avec vous.»

Elle tourna la tête vers lui avec un petit sourire.

«Alors quitte à batifoler avec vous dans les bois, j'insiste pour savoir à qui j'ai à faire. Et peut-être que dans ce cas on pourra s'en sortir.»
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Sam 26 Mar - 22:30

Malgré mon analyse assez pessimiste de la situation -qui n'était tout de même pas très enviable, il faut bien l'avouer-, le sourire idiot de la prénommée Roxanne resta fixé sur son visage. C'était vraiment exaspérant. Je la croyais bien folle, vu ce qu'elle avait fait subir aux agents de sécurité de l'aéronef, donc bon, je supposais que l'inconscience allait de pair avec la folie.
Mais je suis aussi assez paranoïaque, et ce comportement insouciant me parût soudain relativement louche. Et si, contrairement à ce que je m'amusais à croire depuis dix minutes, cette jeune femme était parfaitement consciente de ce qui se passait, et son petit sourire était en fait celui d'une personne pleinement satisfaite par le cours des évènements? C'est vrai que si son objectif était de se retrouver seule avec moi, à l'écart de toute forme de civilisation, pour me tuer dans la plus grande discrétion par exemple, alors c'est clair qu'elle avait vachement bien réussi son coup.
Pourquoi vouloir me tuer? Il pouvait y avoir une foule de raisons, vraiment. Mais voir en elle un envoyé de l'Empire était la seule qui m'occupait l'esprit. Ça m'étonnait vraiment de n'en avoir pas croisé un seul durant toutes ces années.
D'un autre côté, si ça avait été le cas, je pense qu'elle aurait mieux joué la comédie, au lieu de sourire triomphalement, histoire de ne pas éveiller mes doutes comme elle venait tout juste de le faire. En bref, je ne savais pas trop quoi penser. J'allais peut-être chercher trop loin, mais on ne meurt jamais d'un excès de prudence.
Je décidai donc pour l'instant de la mettre en sourdine, du moins à ce propos. Je serai sans doute fixé dans peu de temps, de toute façon.
Évaluer toutes ces possibilités avait au moins eu l'avantage de me calmer un bon coup, et mes poumons avaient cessé de me faire souffrir. Je me sentais à nouveau moi-même. Heureusement que j'avais pas eu à courir très longtemps, parce que sinon j'aurais été parti pour des heures de halètements insupportables.
Pendant ce temps, la jeune femme s'était mise en tête de me ramener à la raison. Assez inutile vu que j'y étais très bien arrivé tout seul, et dans le cas contraire, ça m'aurait plus échauffé que raisonné.


« S'entre-dévorer? Détrompez-vous, dans notre situation, et si on ne trouve pas de bouffe très vite, ça me paraît une idée relativement sage. Enfin, plus pour moi que pour vous, parce que ma viande est assez coriace. Bref, on se préoccupera de ça plus tard, éventuellement. »

Bien entendu, je n'avais pas réellement l'intention de me transformer en cannibale, même si on était amené à crever de faim. J'espérais qu'elle avait saisi l'ironie de mes propos, mais bon, dans le cas contraire, ça pourrait être marrant de la voir me prendre pour un psychopathe.
Sa remarque à propos d'Alzen me fit machinalement lever la tête vers la canopée. Même si on se trouvait dans une sorte de clairière, les arbres étaient tellement hauts et la forêt tellement dense qu'on avait bien du mal à apercevoir le ciel. Malgré tout, on pouvait deviner les contours de la cité volante, loin au dessus de nos têtes, éclairée par les lueurs du crépuscule. C'était presque joli à voir.
Cela contribua aussi à me rappeler que la nuit était proche, et les quelques faibles rayons solaires qui peinaient à se frayer un chemin à travers l'enchevêtrement des branches et des feuilles qui nous surplombaient se faisaient de plus en plus rares à chaque seconde.


« Navré de vous contredire une fois de plus, mais le camping, que ça me plaise ou pas, on va y avoir droit. Ça me paraît relativement indispensable, étant donné que je me vois pas trop faire une petite promenade en pleine nuit, surtout là-dedans. »

Je désignai du pouce la forêt qui nous entourait, et dans laquelle le temps semblait s'écouler deux fois plus vite, étant donné qu'il y faisait quasiment noir. Les maigres rayons qui nous atteignaient encore étaient incapables de transpercer la densité du feuillage environnant.
Les bruits qui jaillissaient de toute parts semblaient, eux, augmenter en intensité au fur et à mesure que la lumière déclinaient. Des bruits d'insectes et d'oiseaux qui chantaient, des bruits de branches qui remuaient et craquaient au dessus de nos têtes, et des hurlements de bestioles non-identifiées, mais surement pas très amicales, qui raisonnaient au loin.


« D'ailleurs, je crois que chanter, c'est pas une super bonne idée non plus. D'abord, je chante super mal, et ensuite, ça risque d'ameuter des visiteurs indésirables. Ça serait dommage, ça perturberait pas mal le camping. »

Mais malgré tout, on allait devoir s'y frotter, à ces « visiteurs indésirables ». Même si ça m'enchantait pas des masses, la demoiselle avait raison, il allait falloir chasser. J'en avais pas la moindre envie, mais je préférai consacrer mon énergie à sortir de ce merdier plutôt qu'à continuer de me plaindre. Et la première chose qu'il fallait faire pour ça, c'était trouver à bouffer.
Ma mère était chasseuse du désert, elle m'a enseigné ses techniques pendant des années, donc niveau chasse j'étais plutôt bien rôdé.
Enfin, ça c'était valable que dans le désert.
J'avais jamais chassé dans une forêt, et ça n'avait sans doute rien à voir. Repérer les traces et les identifier, savoir ce qui est comestible ou pas, connaître les endroits où les proies aiment se planquer, tout ça, pour ce qui est du désert, je le savais. Pour ce qui est de la forêt d'Orphée, j'étais bien moins sur de moi. Certes, j'avais lu pas mal de bouquins à ce sujet à Alzen, mais ils n'étaient bizarrement pas très bien renseignés. De toute façon je ne faisais pas vraiment confiance au savoir théorique. Bref, autant dire que je partais de zéro.
De toute façon, même j'avais parfaitement su comment chasser ici, ça n'aurait pas réglé le problème le plus urgent, c'est-à-dire le manque d'eau. Vu sur j'étais venu à l'aéroport des abimes à pied depuis Opale en traversant le désert, j'avais bien une gourde, mais j'avais prévu exactement la quantité d'eau qu'il me fallait, ni plus, ni moins. Du coup, j'avais déjà tout bu. Malheureusement, je n'avais pas prévu de surplus en cas de crash. J'y penserai, la prochaine fois.
Pendant que je réfléchissais, Roxanne, qui m'avait jusqu'à lors semblé faire la même chose, se mit soudain en mouvement. J'ignorais l'idée qu'elle avait en tête, mais j'espérais que c'en était une bonne. De toute manière, c'était sans doute mieux que de rester planté là à rien foutre, donc je la suivis en silence.
Par contre, pour ce qui est de vous faire confiance, il faudra repasser, mademoiselle...
Elle s'arrêta après plusieurs mètres, puis se remit en marche, changeant soudainement de direction. Je doutais franchement qu'elle sache ce qu'elle faisait, mais de toute façon je ne voyais pas trop ce qu'il était possible de faire dans une forêt aussi dense et sans aucun repère.
Et pourtant, elle me mena droit vers un cours d'eau. Pile ce qu'il nous fallait. Trouver de l'eau en marchant au hasard seulement quelques minutes dans cette forêt sombre et labyrinthique, ça relèverait du miracle plus que de la chance. Et la jeune femme acheva de me convaincre que ça n'avait rien à voir avec le hasard. Tandis que je me baissais pour remplir ma gourde, je me pus m'empêcher de me demander comment elle avait fait ça.


« Utile? Et vous savez faire quoi d'autre d'utile, à part trouver de l'eau et... provoquer des crashs? »

Je rebouchai ma gourde remplie à ras-bord d'un litre et demi d'eau douce avant de la raccrocher à ma ceinture. J'espérais que Roxanne était suffisamment grande pour faire sa provision d'eau toute seule et que je n'aurais pas à partager. Avec seulement cette gourde, en admettant que je sois le seul à consommer l'eau qui s'y trouvait, et en me rationnant un peu, je pourrais tenir trois jours, facile. Donc le problème de l'eau était réglé. Restait celui du diner, parce que mine de rien, je commençais à avoir un peu faim. Mais ma compagne d'infortune était plus préoccupée par les présentations que par son estomac. Soit, même si, si mes soupçons étaient fondés, elle me connaissait déjà.

« Très bien, si vous insistez tant. Drake Löwenhart, gladiateur. Le nom vous dit peut-être quelque chose, sinon, tant mieux. Pour ma part j'aimerais aussi bien savoir qui vous êtes... à part votre nom, je veux di... »

Je m'interrompis. La forêt autour de nous n'avait pas cessé d'être bruyante depuis que nous y avions atterri, mais là, un bruit se détacha des autres. Un bruit de craquements de brindilles, de buissons qu'on écarte, et surtout de pas lourds. Un bruit qui gagnait en intensité à chaque seconde. Un grognement rauque et profond acheva de me convaincre qu'on avait déjà des emmerdes.
Je me retournai vers la source présumée du bruit, immobile. Je dégainai simplement mon épée et la posai sur mon épaule, comme à mon habitude.
Après dix petites secondes d'attente pendant lesquelles le bruit continua de s'amplifier, je vis enfin la chose qui en était responsable. Une grosse silhouette noire, trapue et très poilue, qui marchait à quatre pattes, surgit des buissons devant nous. C'était un ours, je crois. Et pas un petit morceau, en plus. Sa tête faisait face à mon torse, donc il devait bien mesurer un mètre soixante-dix au garrot. Debout, il devait surement faire le double. Il avait l'écume au lèvres, et je le comprenais bien. Pour lui, c'était le jackpot, il était tombé sur un cours d'eau et sur deux humains à l'air tout à fait appétissants. Il s'était arrêté pour admirer son futur festin, et me faisait face pendant que le l'examinais. Nous voir ainsi face à face, immobiles, se fixant mutuellement, c'était surement très drôle. Je finis par détacher mon regard de cette grosse peluche pour le retourner vers Roxanne.


« Vous voyez, ce qu'il y a de bien par ici, c'est qu'on à pas besoin de chasser. La bouffe vient toute seule. »


Apparemment, l'ours apprécia moyennement cette remarque qui, je le concède, relevait plus de arrogance pure et simple que d'autre chose. Dans un grognement qui faillit me crever les tympans, il souleva le haut de son corps pour se mettre debout. Il était bien plus impressionnant d'un coup, avec sa tête qui surplombait la mienne de plus d'un mètre de hauteur.
Il profita de mon absence totale de réaction pour me foutre un coup de patte à l'épaule, là où mon épée était appuyée. Le coup fut tellement puissant que je la lâchai, et qu'elle fit un gracieux vol plané avant d'atterrir mollement dans la boue quelques mètres plus loin. Il était malin, dites-donc.
Cette formalité effectuée, il posa ses deux pattes avant sur mes épaules. On aurait pu croire qu'il voulait me faire une accolade, mais avant même que je puisse lui dire « Ça va, mon pote? » il fit basculer tout le poids de son corps sur le mien. L'effet ne se fit pas attendre, et une seconde plus tard, j'étais par terre, le souffle coupé et incapable de me relever. Apparemment satisfait, il me lacéra le torse à grand coup de griffes, histoire de m'ouvrir le ventre pour se repaitre de mes entrailles. Enfin, il essaya, quoi. J'arrivai presque à apercevoir une lueur incrédule dans ses yeux quand il constata que ses griffes, pourtant bien affutées, glissaient sur ma peau au lieu de la réduire en lambeaux sanguinolents. Se demandant surement comment il fallait s'y prendre pour dévorer cette proie étrange, il changea de tactique et essaya de mordre tout ce qui passait à portée de sa gueule. Il enserra mon bras entre ses mâchoires pour essayer de l'arracher. Rien à faire, même si pour moi, c'était très très désagréable, bien qu'indolore. Il me malmenait comme une poupée de chiffon, et même si ma force physique était non-négligeable du point de vue d'un être humain, elle ne pouvait en rien rivaliser avec celle de ce bestiau. Je n'avais d'autre choix que de me laisser ballotter dans tous les sens, ce que mes muscles appréciaient moyennement. Je contorsionnai mon cou pour tenter d'apercevoir Roxanne, et pour couvrir les grognements perplexes de l'ours, je dus crier un bon coup.


« Voilà, j'ai attrapé nos steaks. Par contre, vous pourriez pas me filer un petit coup de main? Ils ont pas l'air de vouloir se laisser cuisiner, là. Je sais pas, faites quelque chose, baissez-lui son pantalon, par exemple! »


Hahahah. Rien de tel qu'une petite blaguounette pour détendre l'atmosphère un bon coup. J'espérais juste que la demoiselle ne se déciderait pas soudain à m'abandonner là, parce que mon ami à fourrure n'avait pas l'air de se lasser de se faire les dents sur mes bras. Et j'avais pas vraiment envie d'attendre qu'il le fasse.
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Dim 27 Mar - 19:39

«Trust» is a dirty word.

En voyant l'homme remplir d'eau sa gourde, Roxanne regretta soudain de n'avoir rien d'autre sur elle que ce dont elle avait besoin pour son escapade à Alzen, c'est-à-dire son portefeuilles. En effet, aussi importante que fût la liasse de billets qui s'y trouvait, celle-ci allait être bien inutile en pleine nature, à moins que les animaux aient décidé d'ouvrir un supermarché dans le coin, mais ça, cela tenait du rêve. Et, comme si cela ne suffisait pas, elle doutait sincèrement pouvoir boire ou se nourrir de son carnet et de son stylo. Non mais vraiment, ils auraient pu y penser à Alzen et faire une sorte de crayon-gourde. Ce serait tellement pratique pour les aventuriers qui veulent écrire tout en essayant de survivre en milieu hostile. Car c'est bien connu, si vous voulez vous perdre en forêt ou en plein désert, vous avez besoin de l'arme ultime, de l'ustensile à usages multiples: le stylo. Elle soupira. Heureusement que son corps n'était pas trop demandant niveau boisson et nourriture. Elle avait été habituée durant toute sa vie aristocratique à des repas somptueux évidemment mais aussi très avares en quantité. Et puis de toute façon, elle s'était arrêtée rapidement à la cafétéria de l'aéroport avant le décollage, si bien que son organisme ne réclamerait probablement rien d'ici le lendemain. C'était déjà ça.

En tout cas, la demoiselle constata avec plaisir que son compagnon d'infortune semblait être plus enclin au dialogue désormais. Voilà une bonne chose. Non pas que Roxanne aimait faire copain-copain avec de parfaits inconnus, mais dans la situation actuelle, c'était quand même mieux. Même si, et l'idée la traversa soudainement, son interlocuteur pouvait très bien être un traqueur de Raziel. Après tout, méconnus de la population, cela n'aurait pas été étonnant que la sécurité ne le reconnaisse pas. Toutefois, cette pensée lui sembla immédiatement ridicule. En effet, l'homme semblait, lors de leur altercation avec les forces de l'ordre, plus enclin à foncer dans le tas et à taper sur tout le monde que de jouer de son hypothétique rang. Enfin, dans tous les cas, cela ne posait pas de réel problème, Roxanne était du genre discrète sur ce point et personne ne savait officiellement qu'elle se trouvait à Karnevale Avenue. Son sourire sembla s'élargir à cette pensée alors qu'elle commençait à répondre à l'homme.


«Eh bien, Drake, je...»

Roxanne s'interrompit soudainement et ce pour deux raisons. La première était que des bruits qui semblaient s'approcher lentement et progressivement d'eux venaient de se faire entendre. La deuxième était que ce nom lui disait en effet quelque chose mais peut-être pas pour les raisons auxquelles auraient pensé Drake. Elle le connaissait en tant que champion d'Opale évidemment, mais également, et ceci n'était pas vraiment connu de tous, comme un homme ayant eu à faire face aux hommes de l'Empire et ayant été en contact avec les karnevaliens. Tout se sait à Karnevale Avenue et Roxanne le sait encore plus, généralement, habituée à entendre les confessions de toutes les personnes qui passent au Midnight. Eh bien voilà, elle était fixée ! Mais plutôt que de se réjouir, il y avait un autre problème dont elle devait se préoccuper: l'ours qui venait de s'incruster au milieu de leur petite fête en pleine forêt. Quels rabat-joie ces animaux. Et, même si Drake semblait ne pas vraiment souffrir de son entretient avec l'ours -ce dont elle ne s'étonna pas vraiment, à la vue de ce qui venait de lui revenir à l'esprit par rapport au passé de Drake, il devait sûrement posséder un karnevale-, il fallait bien qu'elle intervienne. Elle répondit avec légèreté à la note d'humour de l'homme.

«Oh, j'aimerais beaucoup, mais je doute que votre amour du soir apprécierait que j'intervienne avec aussi peu de pudeur dans votre tête-à-tête.»

S'il avait été un homme de l'Empire, elle aurait volontiers aidé l'ours. Mais comme cela n'était pas le cas et même mieux, comme il s'agissait d'une personne hostile à l'Empire, elle était bien plus décidée à agir. Elle se leva et tendit un index vengeur en direction de l'animal qui sembla être un instant figé de stupeur lorsqu'il se rendit compte qu'il ne parvenait plus à toucher Drake. Ses crocs ne pouvaient plus se refermer sur ses bras et semblaient repoussés. Et pourtant, il y mettait du cœur l'animal ! Un peu trop d'ailleurs, si bien que Roxanne, pour mettre un terme à l'effort que lui imposait la résistance de la bête, amplifia la force des pôles magnétiques qu'elle venait d'attribuer à Drake et à l'ours. L'animal sembla reculer, mais cela n'était évidemment pas de sa propre volonté, lentement puis plus rapidement jusqu'à aller complètement s'écraser contre un arbre qui se trouvait dans son dos, le déracinant presque. Une main toujours dirigée vers l'animal, elle en dirigea une autre vers l'épée de Drake qui commença à flotter légèrement au-dessus du sol avant de voler et de venir se déposer dans la main de son propriétaire.

«Je peux aussi faire boussole mais également aimant. Avouez que c'est quand même pratique.»

Il y avait une sorte de fierté dans ses paroles, mais de toute façon elle ne s'en cachait pas. Elle connaissait la puissance de son pouvoir, elle n'avait aucune raison de s'en priver. Par contre, évidemment, elle n'allait pas non plus pouvoir tenir à distance trop longtemps la grosse peluche qui était bien décidée à avancer, y mettant toute sa rage et toute sa faim, aussi.

«Bon, par contre, je ne peux pas vraiment jouer à la bouchère, alors si vous pouviez vous en occuper, ça m'arrangerait bien, parce que la mignonne petite peluche là, elle commence à s'énerver.»
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Mar 26 Avr - 3:40

La réplique sarcastique de mademoiselle Roxanne à mon trait d'humour me fit paniquer quelques instants. Parce que vu l'air franchement amusé qu'elle affichait à me voir rogné comme un vulgaire os par cette grosse peluche puante, la voir rester les bras croisés à se foutre de moi encore quelques minutes me paraissait horriblement plausible. Je m'empressai donc de protester.

« Vous foutez pas de moi, vous avez pas ce genre d'égards, sinon les types de la sécurité de tout à l'heure auraient pas eu à montrer leur calbard en public, et pourtant je suis sur qu'ils ont pas apprécié non plus! »

Bien entendu, ces quelques secondes de doute étaient parfaitement injustifiées, puisque l'ours commença soudain et sans raison apparente à desserrer les mâchoires, alors qu'il semblait pris d'un amour fou pour mon bras gauche. J'eus tout d'abord du mal à faire le rapprochement entre cet événement étrange et Roxanne, mais les grognements de stupeur que poussait l'ours me firent réaliser que ce brusque frein à ses ardeurs était parfaitement indépendant de sa volonté, et d'ailleurs je crois que le formidable bond en arrière qui s'en suivit était tout à fait impossible à réaliser pour une telle bête. De toute façon, même si ça aurait été le cas, venir s'encastrer dans le tronc d'un arbre exprès, c'aurait été particulièrement con de sa part.
Ayant mis à profit la stupeur de l'animal pour me relever tant bien que mal, je constatai que mon épée couverte de boue eut la galante idée de voleter gentiment jusqu'à ma main. Ce qui n'était pas bien grave, étant donné que j'avais déjà les bras et le torse recouverts d'une bave visqueuse et puante comme... comme la gueule d'un ours qui n'a jamais eu la présence d'esprit de se laver les dents au moins une fois dans sa vie. D'ailleurs mon dos était pas mal embourbé lui aussi, donc franchement, au point où j'en étais...
Bien entendu, comme elle l'avait fait pour la trouvaille de notre point d'eau quelques minutes plus tôt, la jeune femme s'empressa de revendiquer ces évènements miraculeux, ce que je n'allais pas lui reprocher, parce qu'il fallait admettre que c'était quand même la classe.


« Donc vous pouvez non seulement provoquer des crashs, attirer des bibelots et baisser des pantalons, mais vous faites aussi baguette de sourcier, boussole, aimant, pied de biche et catapulte à ours? Whoa! On peut dire que vous avez de bons arguments commerciaux. Vous existez en version portable? Merci pour l'épée, au fait. »

Mais pendant que je déballais mes habituelles âneries, je constatai que l'ours -qui avait pourtant quasiment sectionné un arbre trois fois plus gros que lui- était encore bien conscient et déterminé à venir me mâchouiller encore un peu. Ce que Roxanne ne manqua pas de me faire remarquer en me conseillant de le calmer une bonne fois pour toutes, parce ça commençait un peu à bien faire, là.

« Pas mauvaise idée. »

Ne sachant pas vraiment comment mettre à mort un ours de la manière la plus rapide et efficace possible -ce que, en tant que pseudo-chasseur, je devrais pourtant savoir faire, c'est une honte les enfants-, je décidai de suivre mes instincts et par conséquent d'y aller bourrin. Je piquai donc un bon sprint, épée en avant -il fallait bien s'y résoudre, vu que l'ours ne semblait pas vouloir attendre que je vienne tranquillement vers lui- et enfonçai ma lame dans sa gorge, car l'idée de lui sectionner la nuque m'avait fugitivement effleurée l'esprit. Poussée par mon élan et ma propre force, elle traversa sans trop de peine le cuir épais de l'animal avant de se bloquer vers l'arrière de son cou. Houla. Je l'avais eu, oui ou non?
L'ours poussa un grognement qui suffit à faire s'envoler tous les piafs perchés dans les arbres à trente mètres à la ronde. Vu que j'étais à même pas un mètre de lui, j'ai cru que mes oreilles allait se mettre à pisser le sang. Pendant un instant, j'eus la désagréable impression d'avoir bien énervé cette grosse bête, mais il s'avéra que ce grognement relevait plutôt du râle d'agonie que du cri de rage, et la grosse peluche s'effondra sur le côté en faisant trembler le sol au passage.
Reprenant mon souffle, je plantai l'épée ensanglantée à mon côté avant d'admirer notre superbe prise.


« Bon, plus de problème de bouffe là, on a près d'une tonne de barbaque à disposition. J'espère que vous avez un très gros estomac, mademoiselle. »


Je soupirai. Je connais pas mal de mes anciens collègues chasseurs qui se serait bien foutus de moi, là. Une des premières choses qu'on apprend dans le métier, c'est de tuer le strict nécessaire, ni plus, ni moins.

« C'est clair que c'est un sacré gâchis, si on avait voulu se faire un petit plat de résistance pour le diner, on aurait mieux fait de buter un poulet. D'un autre côté, il nous a pas tellement laissé le choix, l'animal. Et je crois franchement pas qu'il y ait des poulets dans le coin. »

Sur ce, je décrochai mon épée du sol et me mis au travail, c'est-à-dire découper dans cette grosse carcasse la viande dont nous avons besoin pour le diner, ce qui représentait moins d'un dixième de l'animal, mais bon.
Premier problème, allez essayer de dépecer un ours avec un gros fendoir de deux mètres de long et de cinq kilos -je parle de mon épée, là- quand vous avez rien d'autre a disposition. Je rouspétais tout en multipliant les tentatives infructueuses.


« Et dire que ma mère m'avait prévenu qu'un couteau à dépecer, ça servait toujours, qu'il fallait toujours en avoir un sur soi, tout ça... T'ain, pourquoi est-ce que j'ai balancé le mien quand j'ai arrêté la chasse? »

Finalement, je me contentai de sectionner une des pattes, qui devait à elle seule représenter plus d'une soixantaine de kilos de chair, avant de la charger tant bien que mal sur une de mes épaules.

« On pourrait récupérer la fourrure aussi, je pense que ce serait utile pour cette nuit, mais honnêtement j'ai pas le courage de dépiauter entièrement, là. J'espère juste que sa papatte est bonne à manger. »

Je me relevai avant de me retourner vers Roxanne. Je me surpris alors à la chercher des yeux pendant dix bonnes secondes, et j'étais prêt à hurler son nom avant de me rendre compte qu'elle était toujours à quelques mètres de moi. Il faisait noir comme dans un four.

« En parlant de nuit, on à l'air d'être en plein dedans, là. Si vous voulez mon avis, on ferait mieux de retrouver la clairière de tout à l'heure, d'y allumer un bon feu et de faire cuire cette belle masse de viande. Je me sens pas trop à l'aise, ici. En plus, je pense que la carcasse de notre ami pue la mort à des kilomètres à la ronde, et qu'il va pas tarder à rameuter d'autres bestiaux pas très amicaux... dans son genre quoi. »

La fin de ma phrase fut ponctuée par le hurlement lointain d'un loup, ce qui était franchement rassurant. Je commençai donc à retourner sur nos pas, un peu à l'aveugle, en espérant que ma compagne me suivait.


« Au fait, avant qu'il nous interrompe, je vous avez posé une question. Vous aviez commencé à y répondre, je crois. Vous disiez, donc? Ah, et tant que j'y suis, vous avez une idée sur comment se tirer de cette forêt? Je dois admettre que je sèche un peu, moi. »
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Mar 26 Avr - 15:05

She looks like Hell.

Ouch, ça doit faire mal ça. Et puis ça aussi. Houla, pauvre bête. C'est certain, Roxanne n'aurait pas voulu être à la place du pauvre nounours qui venait de pousser son dernier râle... Enfin, son ultime gueulante. Terrassé par la lame du terrible homme des marais -c'était à peu près ça, vu la tonne de boue et de terre qui faisait office de seconde peau pour Drake-, l'ours qui venait de voir sa gorge perforée venait donc de pousser un hurlement monstrueux qui aurait bien pu faire imploser la cervelle de toutes les espèces animales et vivantes des environs. Quels fourbes ces ours, ils ont toujours un moyen d'emmerder le monde ! Heureusement, c'est pas facile de hurler avec la gorge ouverte, alors l'animal se calma bien vite. Y a pas idée quand même, ils savent même plus mourir en silence.

Roxanne ricana en voyant son compagnon aventurier essayer avec le plus grand mal de dépecer la carcasse -qui était quand même pas mal grosse, il fallait bien l'avouer- de l'ex-ours. Bon, évidemment, ce n'était pas comme si elle aurait pu faire mieux, mais après tout, ce n'était pas elle qui était en train de faire la charcutière, elle pouvait bien se le permettre. En tout cas, la jeune femme releva la tête par réflexe pour se rendre fatalement compte que la nuit était en effet tombée, ce à quoi elle n'avait pas vraiment fait attention avant que l'homme ne le lui fasse remarquer. Ah là, forcément, ça allait être un petit peu plus compliqué mine de rien. Parce que bon, à moins que durant leur interlude à la recherche d'eau les arbres soient devenus des êtres magnétiques, elle allait avoir bien du mal à retrouver la clairière. Elle savait plus ou moins dans quelle direction aller pour quitter la forêt -ou en tout cas pour se rapprocher de la civilisation-, mais revenir sur leurs pas, c'était une autre histoire. Mais bon, elle se mit tout de même à suivre Drake qu'elle essayait de distinguer tant bien que mal dans la pénombre, en s'aidant de sa voix.


«Ouais, enfin... Je sais où il faut aller pour sortir, par contre j'ai pas en mémoire les lieux possibles pour camper...»

Pas vraiment certaine de pouvoir retrouver la clairière de tout à l'heure, elle essayait tout de même de se concentrer, traçant dans sa tête un plan virtuel des lieux, histoire d'essayer de savoir approximativement où est-ce qu'ils pouvaient bien être. Bon, ce qu'elle savait, c'est qu'ils étaient plutôt loin de la sortie de la forêt. Mais marcher pendant trois plombes en pleine nuit, même en sachant la direction où aller, c'était pas vraiment synonyme de survie assurée... Elle soupira, après avoir manqué de trébucher plusieurs fois sur ces foutues branches. La prochaine fois qu'elle irait à Alzen, elle saurait comment s'habiller: en aventurière. Et puis elle se rappela la question de Drake, de ce qui lui était revenu à l'esprit et de ce qu'elle allait répondre. Enfin, en gros.

«J'allais juste dire qu'en effet je vous connaissais. Bon, pas vraiment comme gladiateur... Je m'en fous un peu de ça, à vrai dire.»

Bon, évidemment, c'était plutôt classe gladiateur, mais c'était pas vraiment ce qui l'intéressait.

«Vous avez un karnevale non ?»

Évidemment, elle n'attendait pas vraiment de réponse, à ce moment, celle-ci étant évidente.

«Bon, je sais que la réponse est oui, sinon vous n'auriez sûrement plus de bras. En tout cas, comme vous avez dû le deviner, moi aussi, j'en possède un.»

Elle grimaça. Ce qu'elle disait était profondément inutile car totalement évident, mais elle ne savait pas vraiment comment aborder le sujet avec facilité.

«Vous avez eu des différents avec l'Empire, non ?»

Elle manqua encore une fois de trébucher et pesta silencieusement.

«Enfin, bref... Je m'appelle, plus que Roxanne, Roxanne d'Essling.»

Elle marqua une brève pause alors qu'elle faisait cette fois attention où elle allait poser ses pieds, consciente qu'il y avait sûrement encore bien des branches qui lui tendaient une embuscade.

«Et si ça vous intéresse, je suis karnevalienne.»

Heureusement qu'il est contre l'Empereur.

...Il l'est, hein ?
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Mer 27 Avr - 19:21

Alors que je partais pour retrouver notre bonne vielle clairière, Roxanne me fit remarquer qu'il n'allait pas être particulièrement aisé de la retrouver au milieu de tous ces arbres et de toute cette pénombre. Il eut suffi qu'elle prononce ces mots pour que j'aie l'impression de ne plus savoir où j'allais. C'était dingue, parce que on avait juste eu à marcher quelques minutes pour trouver cette source, il suffisait juste de faire demi-tour, de revenir sur nos pas, et voilà! Le tour était joué. Mais quels pas? Les ténèbres les avaient effacés. C'était franchement malin. Mais au moins, le fait qu'elle ait un plan pour se tailler d'ici laissait entrevoir la fin -certes très lointaine- de cette randonnée des plus ennuyeuses.
De toute manière, même si je ne savais pas où j'allais, marcher au hasard était tout de même une meilleure solution que de rester plantés là, près du cadavre encore chaud et puant de cet ours. Quoique.


« Ecoutez, je vous propose de marcher quelques minutes, et si on ne retrouve pas cette clairière, on s'installera au premier endroit venu et j'essayerai d'improviser un campement. J'ai pas vraiment envie de le trimballer cette patte d'ours sur des kilomètres. Ça vous va? »

Pendant que je me battais avec les branches et les racines qui entravaient ma marche, Roxanne, qui semblait faire de même, entreprit de répondre à ma précédente question. Et sa réponse fit sonner de multiples alarmes dans mon crâne.
D'abord, le fait qu'elle me connaisse sans accorder d'importance à mon statut de gladiateur me parut assez surprenant, car ce titre est, d'après ce que j'ai pu voir, généralement l'unique raison de ma faible notoriété. Mais alors, d'où cette femme pouvait bien me connaître?
Lorsqu'elle mentionna mon Karnevale, je faillis méchamment trébucher sur une grosse racine. Le fait qu'on connaisse mon Karnevale n'avait rien d'étonnant... Si on s'intéressait aux combats de gladiateurs. Or, ce n'était manifestement pas le cas de la demoiselle. Et ça, c'était relativement louche. Bon, bien entendu, elle pouvait très bien l'avoir deviné en voyant que j'étais manifestement doté d'un blindage anti-ours, mais après mon accès de paranoïa d'il y à quelques minutes, je me tenais franchement sur mes gardes. D'ailleurs, je n'aimais pas vraiment la tournure que prenait cette conversation. Et ce n'était pas fini.
Apparemment, la demoiselle possédait un Karnevale aussi. Ce que je n'avais eu aucun mal à deviner tout seul, et qui ne contribuait pas à dissiper mes doutes. Je savais que certains traqueurs étaient dotés d'un Karnevale, ce qui est vachement paradoxal étant donné le déroulement de leur boulot, mais bon, passons.
Et finalement, lorsque le mot « Empire » sortit de sa bouche, le voile de paranoïa se leva pour faire place à la certitude. Alors elle voulait en finir, elle avait décidé de jouer cartes sur table? Très noble de la part d'une saloperie de traqueur. Le fait de vouloir me tuer en pleine forêt alors que je pouvais à peine voir à un mètre devant moi l'était beaucoup moins, mais je suppose que la fin justifiait les moyens.
Mais puisqu'elle ne semblait pas avoir fini de parler, je me contentai de saisir la poignée de mon arme et d'attendre calmement la suite. C'est alors qu'elle me dit son nom. D'Essling. Un nom que je connaissais bien, que la quasi-totalité de Sphera connaissait bien d'ailleurs, puisqu'il appartenait à une des plus puissantes et des plus riches familles nobles qui soit, juste derrière la famille Impériale. Vous comprenez bien que cela ne faisait qu'ajouter à ma certitude. J'en avais largement assez entendu.
Je dégainai brusquement mon arme, fit un demi-tour sur moi-même, et la pointe de ma lame sur retrouva à quelques centimètres du bout du nez de la demoiselle. J'avais beau rien y voir, je savais précisément où elle se trouvait.
Mais pendant que je me tournais vers elle, elle avait ajouté autre chose. « Je suis Karnevalienne ».
Je fus tellement surpris qu'au lieu de faire ce que je devais faire au plus vite -c'est à dire soulever mon arme et essayer de lui fracasser le crane avec- je restai figé sur place, ce que Roxanne avait vraisemblablement imité pour une quelconque raison. Pendant quelques secondes, je restai complètement abasourdi, avant de réussi à articuler un mot.


« ...Pardon? »

Je ne savais pas quoi dire d'autre, ni quoi penser. Elle était au courant de mon altercation avec l'Empire, elle faisait parti de la famille d'Essling, et elle se prétendait Karnevalienne? Après m'avoir quasiment avoué qu'elle était traqueuse, elle essayait soudain de me faire croire le contraire? Ça n'avait aucun sens. Elle s'imaginait vraiment que j'allais gober une connerie pareille?

« Désolé, mais je n'apprécie pas trop qu'on se foute de moi... »

Sur ces mots, je saisis mon épée de l'autre main avant de la soulever au dessus de ma tête, me préparant à frapper.
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MessageSujet: Re: "Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]   Mer 27 Avr - 21:29

An expedition in the desolation road.

«...Euh...»

À cet instant, c'était à peu près la seule chose intelligente à dire qui lui venait à l'esprit. Bon, bah, déjà, elle était certaine qu'il n'était pas franchement pour l'Empereur. Par contre, lui, il croyait que elle, elle l'était. Et ça, c'était plutôt mauvais. Non parce que bon, elle avait pas envie d'être encore plus pourchassée que d'habitude. À la rigueur, ce serait pour les mêmes raisons que normalement, mais là. Être prise pour une traqueuse. Parce que c'est bien ce qu'il devait penser. Après tout, elle en savait énormément sur lui, alors qu'elle ne le devrait normalement pas, et en plus sa famille n'était pas vraiment réputée pour être une famille de révolutionnaires, bien au contraire. Elle se demandait bien pourquoi elle s'était sentie obligée d'en déballer autant. C'était pourtant pas sa paranoïa qui manquait. Être perdue en pleine forêt ça doit rendre cinglée, en fait.

Elle soupira légèrement de soulagement lorsqu'elle ne fût plus obligée de loucher pour pouvoir surveiller la lame qui était postée devant son nez. Même si bon, Drake venait surtout de faire ça pour l'utiliser, son épée, justement. Et ça c'était pas vraiment génial. Le cerveau de Roxanne carburait méchamment là pour trouver autre chose à dire qu'un stupide «Euh», genre quelque chose qui pourrait calmer un gladiateur énervé qui voudrait vous déchiqueter -et elle se souvenait encore du pauvre nounours, paix à son âme-.


«Houla, on se calme, eyh... Vous posez une question je réponds hein... Vous savez je n'ai pas franchement eu le droit de choisir ma famille. Alors je sais bien qu'on est pas connu pour être du genre anarchistes, mais il y a toujours besoin d'un intrus dans le tas, non ?»

Elle recula -manquant de se vautrer allègrement encore une fois-, par instinct de survie.

«Puis bon, on est déjà assez minoritaires comme ça face à Raziel, ce serait un peu con de se tuer entre-nous en plus, vous croyez pas ?»

Bon, ça, c'était quand même la vérité. On pouvait pas dire que les personnes contre l'Empereur étaient nombreuses ou en tout cas s'affichaient vraiment ou étaient très organisées. Donc si en plus les rebelles en venaient à se taper dessus par manque de confiance collective, on était pas franchement arrivé.

«Et puis vous savez quoi ? Si vous n'avez vraiment pas envie de me croire, il vous suffit d'attendre qu'on sorte de cette forêt et je vous y emmènerai, à Karnevale Avenue. Après tout, de ce que je sais, vous êtes contre l'Empire aussi.»

Elle ne savait pas vraiment si ça allait être un argument suffisamment intéressant pour calmer son interlocuteur, mais au moins, elle essayait. Il était clair que, de toute façon, une fois sortie de cette foutue forêt elle allait retourner vite-fait à Karnevale Avenue, et ce aussi vite que possible. Alors, ça ne changeait pas vraiment ses plans de ramener quelqu'un dans ses bagages. Et puis, quelqu'un de plus au milieu des rebelles, ça pouvait toujours être utile. Elle osa refaire un pas vers Drake -pas qu'elle avait franchement peur de mourir ici en fait mais bon, c'est juste qu'elle était pas vraiment à l'aise à l'idée de continuer son tête-à-tête avec une grosse épée pas gentille-.

«Bon, ceci étant dit, que vous vouliez me croire ou pas, on est quand même tous les deux perdus en pleine forêt et j'aimerais bien arrêter un peu de marcher n'importe où.»

Après tout, traqueuse ou pas, là, elle était paumée autant que lui.

«Par contre, si vous me foutez encore une fois votre épée sous le nez je la fais voler, et vous avec, jusqu'à l'autre bout de Sphéra, ok ?»
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"Nous traversons actuellement une zone de turbulances..." [PV Roxanne][Suspendu]

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