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 Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]

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MessageSujet: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Lun 7 Mar - 22:24

Il était deux heure de l’après-midi, et le soleil plombait; à cette heure là, elle était habituellement en train de faire une sieste à l’ombre et évitait tout contact avec le monde extérieur. C’était d’ailleurs son intention trois heures plus tôt, lorsqu’elle avait décidé de déplacer Digger un peu plus vers le sud-ouest du désert, là où elle se rappelait vaguement avoir constaté de la présence d’un oasis la veille. Elle s’était dit que c’était le meilleur endroit pour attendre le retour de Seryozha, qui était partit en ville faire… ce qu’il faisait toujours, quoi. Probablement qu’il était en train de dilapider son argent, ou en train d’essayer de s’en fournir plus; il était plutôt prévisible comme garçon. Elle était étonnée, d’ailleurs, qu’il ne se soit pas fait des papiers d’identités prouvant qu’il était plus vieux grâce à la technologie d’Alzen. Peut-être que quelque chose dans le code de déontologie des pirates l’empêchait de chercher à avoir des papiers? Elle était partie vers l’oasis, donc –et en chemin, elle s’était prit un gros caillou en pleine carrosserie. C’était du moins ce qu’elle cru au premier abord, vu l’impact qui se manifesta, mais lorsqu’elle réussit enfin à sortir le Sand Ship de sous la terre –il n’était pas bien creux et était encore en vie à ce moment là- il lui sembla évident que le problème était tout autre; pour commencer, il n’y avait pas de dégât externe. Du reste…

Depuis deux heures déjà, elle s’affairait sous le soleil à feuilleter le manuel d’instruction de l’appareil, sachant qu’elle devait le réparer au plus vite si elle voulait que Seryozha arrive à la retrouver –préférablement sans que ce dernier soit au courant du léger accident. Elle n’avait que rapidement pris la peine de couvrir sa tête d’une casquette, restant en shorts plutôt que de mettre des pantalons et sans souliers parce que le sable s’y infiltrait de toute manière; on aurait pu lui faire remarquer que son accoutrement, à cette heure de la journée, pouvait être très mauvais pour la peau et les éventuels coups de soleil, mais vu la rapidité avec laquelle elle s’était retrouvée couverte d’une substance noirâtre collante, elle aurait répliqué que le soleil ne devait pas se rendre jusque l’à. Une longue marque avait été laissée sur sa joue lorsqu’elle y avait passée la main pour se gratter, ajoutant au spectacle intrigant qu’offrait la jeune fille à moitié enfoncée dans ce qui semblait être le moteur faisant tourner le vaisseau.

Ce n’est d’ailleurs qu’à ce moment là qu’elle se demandait ce qui l’alimentait –mais à connaître la nature des Alzéniens et leur sens de l’humour douteux, il y avait fort à parier que cela avait à voir avec les grains de sable. Heureusement, c’était quelque chose qu’il y avait en abondance dans le coin. Elle posa ses mains sur le rebord de la carrosserie pour s’aider à s’extirper et grimpa jusqu’au sommet de la machine qui, vue de l’extérieure, avait l’air beaucoup plus grande qu’à l’intérieur. Une fois en haut, elle essuya ses mains sur son bermuda autrefois bleu ciel, qui ressemblait maintenant plus à un océan envahit par le pétrole en ce moment, et attrapa le livret d’instruction qu’elle avait laissé au soleil par inadvertance; qu’est-ce qui aurait bien pu lui arriver, de toute manière? Elle le feuilleta encore et encore, bien qu’elle sache que la réponse à sa question devait se trouver beaucoup plus près d’Alzen. Sauf qu’elle n’avait pas vraiment l’argent nécessaire pour payer un mécanicien, non plus, alors elle préféra ignorer cette solution : d’une manière ou d’une autre, elle allait y arriver.

Elle releva les yeux du manuel, se demandant si elle n’était pas restée étendue au soleil trop longtemps; au loin, elle pouvait voir une silhouette humaine; même si elle n’était pas si loin d’Opale, elle n’aurait jamais crue que quelqu’un d’autre se pointerait dans les environs. Sur le coup, son sourire s’agrandit alors qu’elle pensait reconnaître Seryozha; logiquement, dans son esprit, il n’y avait pas d’autre candidat possible. Elle se laissa donc doucement glisser en bas du vaisseau, le sable brulant un peu plus la plante de ses pieds à chaque mouvement –tant qu’elle ne croisait pas de scorpion sous ces derniers, ça pourrait aller. À mi-chemin entre elle et celui qui avançait; elle remarqua que quelque chose clochait : la silhouette était beaucoup trop grande et imposante pour être celle de son ami. Elle resta un moment sans bouger, ne sachant trop que faire –qui donc pouvait bien se promener dans le coin à une telle heure? Oui, les Opaliens sont des têtes de mules qui font comme si le soleil ne les affectait pas du tout, mais quand même… en plus, de ce qu’elle pouvait discerner de son point d’observation, il se promenait torse nu!

Oh, mais quand même, elle n’allait pas s’en plaindre. Juste s’inquiéter un peu pour lui, sans plus; en plus, vu sa grandeur, il devait être majeur et vacciné, sauf qu’il y avait quand même des manières moins radicales de mourir que de se laisser mourir de soif dans le désert. Aujourd’hui, les gardes de la famille royale se chargeaient de le faire pour vous si vous disiez qu’ils n’avaient pas le droit légitime d’être sur le trône; ils font ça proprement, sans embrouille et rapidement, dans la plupart des cas. Elle décida dans un haussement d’épaule qu’elle ne perdait rien à aller vers l’autre, qui devait déjà l’avoir aperçut de toute manière; elle se serait bien vue courir vers Digger pour s’enfuir vers nulle part en fin de compte. Elle dévala la pente légère formée par les vents du désert à cause du mouvement du sable sous ses propres pas plutôt que par réel envie d’y aller le plus vite possible. Sa course s’arrêta d’elle-même pas très loin du jeune homme, qu’elle décida pour le moment de ne pas plus approcher –vu son air, on n’aurait su lui en tenir rigueur.

-Hey, l’interjeta-t-elle-même si c’était loin d’être nécessaire, Ça vous déranges si je vous embêtes un moment? C’est que j’ai eu une embrouille un peu plus haut, ajouta-t-elle en pointant vaguement derrière elle, et je prendrais bien un peu d’aide masculine. La mécanique, ça vous dit quelque chose?

Non pas qu’elle en doutait forcément, mais lorsque l’on est à Opale, vaut mieux poser la question –et puis, ni elle ni son compagnon ne savaient comment utiliser efficacement un tournevis, alors ça ne voulait rien dire, homme pas homme, Alzénien ou Opalien. Ses yeux étaient cachés dans l’ombre de la palette de sa casquette, ne laissant voir de son visage qu’un sourire un peu distrait et des pommettes rougies par la fatigue et le soleil. C’est qu’avec tout ça, sa sieste, elle ne l’avait toujours pas fait. Elle observa un instant l’homme par en dessous –parce qu’il n’y avait aucun doute par rapport au fait que ce n’était pas un gamin, pas comme le blondinet de service-, remarquant en premier la peau qui était extraordinairement tannée par le soleil, même pour un Opalien moyen; à voir sa carrure, on pouvait tout de suite deviner qu’il était en ville pour participer au colisée, et pourtant, sa démarche un peu courbée troublait, comme si l’on se serait attendu qu’un aussi grand gaillard se tienne toujours droit et toise le reste du monde.

Pas comme si toiser aurait vraiment été dans le domaine du faisable, non plus, avec ce casque qui empêchait les gens de voir son visage; c’était troublant de regarder un être vivant en ayant l’impression de regarder une statue plutôt réaliste; s’il n’y avait pas eu le rythme régulier de sa respiration pour prouver qu’il était bien vivant, elle aurait cru qu’il resterait là sans bouger et sans lui répondre –en gros, qu’elle s’était plantée. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, l’ombre se déplaçant pour dévoiler un sourcil interrogateur, presque indiscret, qui en disait long sur ce qu’elle n’oserait pas dire ou demander. Elle semblait chercher quelque chose dans le masque, quelque chose qui aurait pu lui indiquer où étaient les yeux; faire un contact visuel, c’était quelque chose qu’elle appréciait, en général. Elle laissa tomber et décida plutôt de fixer le sol devant elle, l’air de réfléchir.

-D’ailleurs, vous avez l’air de venir de la ville, je me trompes? Vous voulez de l’eau, peut-être? fit-elle, sachant qu’elle ne se mêlait pas vraiment de ses affaires; elle n’avait juste pas vraiment envie de le voir partir, et quand même, il était un peu intimidant comme type.
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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Dim 13 Mar - 22:45

J'ai de nombreuses habitudes que les gens ne s'expliquent pas. Surtout les gens qui ne me connaissent pas, qui n'ont jamais entendu parler de moi, voire les deux. Celle qui nous intéresse ici, c'est celle que j'ai d'aller marcher seul dans le désert, régulièrement. Quelquefois, c'est pour me rendre à Alzen, ce qui est déjà assez inhabituel étant donné qu'on s'y rend généralement en chameau depuis Opale, mais ne vous y trompez pas : la plupart du temps, je vais juste y faire un tour comme ça, pour ne rien faire. Seul, et à pied.
Pourquoi? Je dois admettre que c'est une question assez pertinente, après réflexion. Mais la réponse est on ne peut plus terre à terre : Parce que c'est le coin le plus peinard que je connaisse. Pas un bruit, hormis le vent, et je peux marcher des kilomètres sans croiser un seul péquenaud. Parce qu'on a beau dire, Opale c'est peut-être sympa, mais le bordel et les gens qui vous accostent tous les deux coins de rue, ça va bien cinq minutes.

Vous l'avez peut-être déjà compris, mais mon Karnevale dote mon corps d'une endurance fixe. La chaleur et le froid ne l'affectent pas, je ne sens pas le soleil qui me tape dessus et je ne transpire jamais, même pas un peu.
Tous les êtres humains transpirent en permanence, quelle que soit la température extérieure ou la condition physique. Même au repos, on perd un peu d'eau par la peau. Moi pas.
Et par conséquent, je peux parcourir des distances bien plus grandes que n'importe quel humain, dans n'importe quel environnement, en emportant la même quantité d'eau. Par exemple, dans le désert, une gourde d'un litre d'eau me suffit amplement pour vingt-quatre heures de marche. Bien entendu, c'est inconcevable pour quelqu'un d'autre, et l'effort physique continu de la marche dans la chaleur du désert élève la consommation d'eau de l'humain lambda à un litre par heure, idéalement.

Et c'est pourquoi je peux me permettre de telles habitudes. Pour moi, ce désert que vous considérez comme l'enfer, c'est un coin assez sympa.
Voilà pour les explications.

Et me voilà donc, marchant dans le désert en suivant un itinéraire complètement aléatoire. Je prenais quand même soin de garder Opale en vue, ce qui n'était pas bien difficile étant donné sa taille. Il suffisait de monter sur une dune relativement haute, et on pouvait l'apercevoir à cent kilomètres à la ronde, facile.
J'étais donc dans ces eaux-là, plus ou moins, quand j'aperçus une tache de couleur inhabituelle parmi les dunes. On avait rarement l'occasion de voir autre chose que du sable à perte de vue, par ici, mais quelquefois il arrivait que le vent du désert, en déplaçant lentement les dunes, découvre de vielles épaves, voire des choses encore plus curieuses telles que des fossiles. Toujours est-il que c'était toujours intéressent de fureter un peu dans ce genre de coins, ne serait-ce que pour assouvir une soif de curiosités toute naturelle.

Je modifiai donc mon itinéraire pour me rendre vers ce qui me paraissait être une vielle carlingue en métal. Elle semblait être éloignée de quelques centaines de mètres, mais il ne faut jamais se fier aux apparences dans cet endroit qui surpassait les meilleurs psychistes Alziens en matière de maitrise des illusions. Je parcourus donc plusieurs kilomètres supplémentaires avant d'arriver à une distance suffisamment faible pour me permettre d'apprécier le curieux spectacle que représentait cette « épave ».
En fait, j'avais du mal à voir si ce truc était une épave ou non.
Comme la majorité des engins qu'on pouvait croiser dans le désert, c'était un sandship de conception Alzienne, le genre de bijou que tous les opaliens rêvent de pouvoir se payer. Il en existe de nombreux modèles, et celui-ci, qui dépassait à moitié d'une dune comme un poisson des sables déshydraté, ne m'était pas tout à fait inconnu. Il était conçu pour se déplacer sous le sable plutôt que dessus, là où la chaleur de l'air surchauffé ne pénètre pas, ce qui permettait de ménager le moteur, fortement prédisposé à la surchauffe sur ce genre de machines. Malgré tout, ce n'était pas un engin très apprécié, au vu de la difficulté de piloter à l'aveugle, sous terre.
C'était pas le modèle dernier cri, mais il me paraissait quand même relativement récent. Même si sa carlingue rayée et cabossée méritait un sérieux lifting. Encore un pilote qui avait déniché le permis pour piloter ce truc dans une pochette surprise...
Mais le truc le plus surprenant, c'est qu'il y avait quelqu'un près de ce sandship. Si je ne l'avais pas vu bouger, j'aurais pu jurer que c'était un cadavre complètement cramé par le soleil, étant donné la noirceur de la silhouette, mais non. Cette chose était vivante, et elle semblait fouiller dans la carlingue. J'ai alors pensé que j'avais vraiment pas de bol de croiser quelqu'un dans ce désert, moi qui cherchait à être au calme, mais la curiosité me poussa à continuer ma marche. Si bien que cette créature non-identifiée finit par m'apercevoir, et décida de dévaler la dune sur laquelle elle et l'engin étaient perchés, si bien que je pus l'examiner de plus près. Et j'étais pas au bout de mes surprises.

Quand je m'étais rendu compte que la silhouette était humaine, j'en avais déduit qu'il s'agissait soit du propriétaire du sandship, soit d'un pillard venu récupérer des pièces. Dans les deux cas, je m'attendais à voir un vieux type costaud, avec des airs de baroudeurs. Mais au lieu de ça, je me retrouvai en face d'une jeune femme gracile qui se baladait en short, avec pour toute protection face au soleil une petite casquette et une grosse couche de cambouis luisant et poisseux. C'était tellement surnaturel que je m'arrêtai net, la regardant d'un air totalement déconcerté. De toute manière, elle ne pouvait pas voir mon visage, donc j'en avais rien à secouer.
Mes déductions étaient bousculées. C'était qui? Qu'est-ce qu'une femme qui semblait s'être fringuée pour une après-midi à la plage foutait en plein désert, couverte de graisse, à trifouiller les entrailles d'un sandship? C'en était la propriétaire ou une vulgaire ferrailleuse? Quoi qu'il en soit, elle s'arrêta à quelques mètres de moi.


« Hey, ça vous déranges si je vous embêtes un moment? »

Ouais. Enfin, normalement, c'est ce que j'aurais pas hésité à répondre. D'un, ça plongeait mon interlocuteur dans l'embarras la plupart du temps, et c'était très drôle, et de deux, la majorité des gens qui me posaient cette question étaient effectivement des emmerdeurs. Mais n'ayant toujours pas satisfait ma curiosité, je décidai d'attendre la suite en silence. Elle me désigna l'engin qui trônait derrière elle.

« C’est que j’ai eu une embrouille un peu plus haut et je prendrais bien un peu d’aide masculine. La mécanique, ça vous dit quelque chose? »

Déjà, une confirmation : C'était probablement la propriétaire de cet appareil. De tous les éventuels rôles que j'aurais pu lui attribuer, c'était bien le plus improbable. Mais mon incrédulité retomba bien vite que je saisis ce qu'elle me demandait. Faire de la mécanique? Eh merde...
Tout à coup, je pus voir plus clairement son visage, et je discernai sur celui-ci un air carrément dubitatif, sans doute semblable à celui qui était caché derrière mon masque en ce moment même.
Ah, oui. J'avais sans doute l'air malin, moi aussi, à me balader dans le désert à pied, le torse à l'air. D'un coup, la situation me parut risible. Une tierce personne qui passerait par là assisterait sans doute à une des situations les plus surréalistes qu'il puisse être données de voir en plein désert.
Pendant une seconde, la demoiselle qui me faisait face sembla chercher mon regard, comme pour vérifier si j'étais bien vivant et sain d'esprit. En vain.


« D’ailleurs, vous avez l’air de venir de la ville, je me trompes? Vous voulez de l’eau, peut-être? »

Oui, seconde confirmation : Elle me prenait bien pour un taré. Vu mon accoutrement, elle devait sans doute penser que j'étais complètement déshydraté. Elle avait pas vraiment tort, parce que c'était aussi ce que j'avais pensé en la voyant. Mais apparemment, elle n'avait pas l'air de trop se préoccuper de son eau. Quel altruisme.
Pour être honnête, je ne savais pas vraiment quoi dire. Je restai encore immobile et silencieux pendant une dizaine de secondes, avant de me décider enfin à répondre.


« Ça ira, merci. »

J'avais adopté, comme à mon habitude, un ton sec et cassant. L'air de dire « Tu penses vraiment que j'irais me perdre dans le désert sans eau? ». Je n'avais pas soif, effectivement. Mes petites balades n'étaient généralement pas suffisamment longues pour que je doive emporter de l'eau avec moi, de toute façon.
Sans rien ajouter de plus, je me contentai de gravir lentement la dune, ignorant la mystérieuse inconnue, pour atteindre la carcasse du sandship. Une partie de la carlingue avait été déboulonnée, révélant le moteur qui baignait dans l'huile et le sable. Je ne savais même pas pourquoi je faisais ça. Je n'étais nullement enthousiasmé à l'idée de faire de la mécanique pour jouer les bons samaritains.
Finalement, je m'adressai à la jeune femme, sans faire l'effort de tourner la tête vers elle.


« La mécanique, ça me dit quelque chose, oui. Même si je suis pas mécano. Et j'ai bien l'impression que vous non plus, étant donnée la tronche que tirent la carlingue et le moteur. »


D'ailleurs, si c'était une réparation qu'elle voulait, j'étais pas sur d'arriver à quoi que ce soit de potable. Réparer un moteur encrassé en plein désert sur une machine aussi complexe, c'était un défi de taille. Si elle voulait juste faire de la récup, ça pourrait passer.

« Et donc, vous attendez quoi de moi, au juste? Que je tienne le volant pendant que vous poussez derrière? »


Je me retiens d'ajouter derrière ce sarcasme l'habituelle question : « Vous êtes qui, et qu'est-ce que vous foutez là? ». J'espérais que les réponses à mes questions viendraient d'elles-mêmes.
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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Jeu 17 Mar - 1:28

C'était bien sa chance; non seulement l'inconnu semblait être un natif, mais en plus, il avait le même caractère désagréable que ceux qui y vivent depuis trop longtemps et ne prennent plus plaisir aux courses effrénées et aux bavardages inutiles. Ce n'était pas nécessairement que ça lui posait problème, mais ce genre de personne est plutôt difficile à cerner; on ne finit que par savoir ce qu'ils n'aiment pas, et ça ne donne pas beaucoup d'indication sur comment on devrait agir en leur présence. Elle releva tout de même ses yeux vers lui pour lui montrer que grand pas grand, dans le fond, c'était pas vraiment ses mots à lui qui la dérangeraient -faut remarquer, quand même, que c'était le reste qui l'inquiétait. Elle avait préférée laisser de côté le fait qu'il était peut-être un bandit -quoique c'eut été ironique vu sa propre situation- puisqu'il était un peu lent à la détente; déjà, faut dire qu'elle n'avait rien de valeur sur elle, alors ça aidait. N'empêche, un peu d'eau fraiche lui aurait peut-être fait du bien, parce que pour elle, il semblait avoir une voix beaucoup trop rêche. Comme l'eau ne coulait pas à flot dans le coin, elle se contenta de serrer des dents et d'hocher doucement de la tête; si elle n'avait pas à partager, ça lui allait, hein.

Elle était un peu troublée par le son légèrement étouffé de la voix de l'homme, et vraiment, elle ne pouvait s'empêcher de se demander à quoi ce masque pouvait bien servir, parce que là, côté relations sociales, on repassera. Elle ne pouvait ni voir ses yeux ni voir sa bouche bouger, et il n'avait pas l'excuse de dire que c'était pour se protéger du soleil, vu l'exposition un peu extrême du reste de son corps aux rayons néfastes. Peut-être le portait-il pour le pas avoir du sable dans les yeux lorsque le vent se levait? Quand même, elle trouvait que pour ce cas, les lunettes de ski c'était amplement suffisant et beaucoup plus pratique, et le métal, ça lui semblait être un peu trop propice à devenir brûlant sous le soleil. Peut-être était-il un fanatique quelconque? Elle n'avait connaissance d'aucun groupe dans la région qui s'apprêtait à ce genre de pratiques, mais il fallait dire que les services de postes ne livraient que rarement les journaux jusqu'à leur vaisseau, aussi. Passant outre les coutumes douteuses de l'homme, Ziazan lui emboita le pas alors qu'il montait, avec l'impression d'avoir à faire trois fois plus de pas pour aller au même rythme que lui -c'était à se demander comment il arrivait à marcher dans le sable sans que ce dernier ne le déséquilibre à tous moments; c'était probablement pour ça qu'elle continuait de passer pour une touriste malgré tout ce temps.

]-Ouais bon, je fais ce que je peux vous savez, dit-elle en souriait courtoisement en réponse à la pique de l'autre. J'aurais préféré ne pas avoir à toucher au moteur, ni au reste, mais on dirait que Digger en avait marre de creuser pour aujourd'hui, et c'est que le désert est un peu grand vous voyez. Si vous n'êtes pas capable et si vous n'en avez pas envie, ça va, mais ça doit bien faire une heure que j'essaie de comprendre ce qui se passe et apparemment, la mécanique c'est pas une science infuse.

Elle se hissa sur Digger, s'asseyant en tailleur pour se pencher vers le trou béant qui offrait sa vue au soleil comme un chien mort dont le ventre aurait été ouvert par les loups, asticots en moins. Pour le moment. Elle replaça une mèche de cheveux dans son dos pour mieux observer le fouillis, se demandant pendant un instant si Seryozha n'était pas en fait responsable de ce problème; ça et là, elle remarquait des parties qui avaient l'air d'avoir été bidouillées -enfin, quoi, rien ne criait plus 'réparation de seconde zone' que le tape gris. Elle releva toutefois la tête en l'entendant parler, ne pouvant s'empêcher de le trouver un peu comique dans son genre un peu trop sérieux.

-Moui, on peut faire ça si vous voulez, je suis certaine qu'avec mon 115 livres de muscles, je vais y arriver. Sauf que le mieux ce serait quand même de faire partir le moteur, parce que même si on l'enlève du sable, je crois pas être capable de trainer la carlingue sur mon dos jusqu'à Opale. Tout le monde n'a pas votre endurance pour traverser le désert, faut me pardonner.

Elle s'imaginait bien attacher une corde autour de sa taille pour tirer le vaisseau, l'image du sillon qu'elle laisserait sur son passage lui procurant étrangement un certain sentiment paisible, comme le chemin d'une tortue vers la mer. Est-ce qu'elle pondrait des œufs sur le chemin? Ça serait bien, de laisser comme ça une partie de soit sur le chemin, comme les pierres blanche du petit Poucet. Oh -sauf qu'avec tout ce qui rôde dans le coin et les vents qui changent complètement la face du paysage, elle aurait eu bien trop peur que ses petits meurent, en fait; elle n'avait pas l'âme d'une tortue. Tant qu'à laisser une partie de soi trainer, autant en prendre soin un peu, pour qu'elle pousse comme il le faut. Elle se leva d'un bond, sans répondre vraiment à la question de l'inconnu, lançant par-dessus son épaule un 'Moi c'est 'Ia!' sonore avant de s'engouffrer dans le vaisseau, s'y glissant de la même manière que l'on entre dans une voiture de course; elle profita de ce moment de répit pour profiter de l'absence de soleil, fermant à demi les yeux sans même s'en rendre compte alors qu'elle attrapait d'une main les clefs de l'engin et de l'autre une bouteille d'eau tiède au goût douteux. Il ne faut pas se tromper; la température à l'intérieur était aussi suffocante qu'à l'extérieur, et il faut ajouter à cela une étrange humidité qui semble être commune à tous les endroits clos, mais il y avait moins d'UVs.

Elle ressortit pour se faire attaquer par les rayons du soleil, cette fois plus énergique, comme revigorée par la présence de l'inconnu; au moins, elle n'était pas toute seule. Comme quoi, parfois, la solitude c'est votre meilleur ennemi. Enfin, c'est relatif, parce que vu le ton de l'autre, on aurait plutôt dit qu'il croyait exactement le contraire. Peut-être avait-elle été trop contraignante? Enfin, elle n'avait pas que ça à faire de sa journée, de ne pas heurter la sensibilité de monsieur. Elle lui lança les clefs et, lorsque sa main fut libre, ouvrit sa bouteille.

-Tenez, si vous voulez vraiment prendre les commandes, mais ça ne servira pas à grand chose, fit-elle avant de prendre une grande gorgée d'eau. Bon en même temps, je vous donnerais pas mes clefs si je savais que le moteur fonctionne, vous me direz, mais dans le cas où vous n'arriveriez pas à croire que je suis capable de le faire partir, amusez-vous. Au juste, vous faites quoi précisément?

Le problème, lorsque vous avez soif, c'est que vous ne pouvez pas vous empêcher de boire comme si vous n'aviez jamais vu d'eau de votre vie, et qu'en ce moment ce n'était pas le temps de se prendre un mal de ventre parce qu'elle avait trop bu, trop vite. Il faudrait qu'elle dise à Seryozha de passer vite fait près du marécage pour qu'ils puissent trouver de l'eau, aussi, parce que sa petite nature intérieure n'arrivait pas à supporter le petit goût étrange qui trainait dans l'eau qu'il avait été chercher la dernière fois. Oh -elle pouvait bien lui faire un caprice si elle voulait, parce qu'elle se doutait bien que le jeune homme aurait dilapidé tout son argent avant de revenir un peu plus tard et qu'elle n'allait pas le gronder pour ça.

-C'est que j'aimerais bien vous aider à m'aider, mais que je ne sais moi-même même pas par où commencer. Vous voulez jeter un coup d'oeil au manuel d'instruction, peut-être? Je l'ai un peu barbouillé en regardant dedans, mais je ne me suis pas encore rendue à la fin, alors si on regarde dans ces eaux-là on devrait peut-être trouver quelque chose.

Elle attendit toutefois d'entendre ce qu'il avait à dire sur le sujet avant d'aller le chercher, par simple meure de politesse. Dans un sens, il lui faisait un peu penser à sa mère, muscles en plus. Ou pas, en fait, parce qu'elle, elle était toujours prête à vous botter les fesses avec un grand sourire, et que lui avait l'air plutôt du genre taciturne. Non mais franchement, qu'est-ce qu'il faisait là? Elle avait l'impression dérangeante de lui tordre le bras, alors que c'était de lui-même qu'il était venu -pas comme si elle avait pu l'obliger de faire quoi que ce soit, non plus. En plus, le sarcasme, c'était quelque chose qu'elle avait de la difficulté à cerner; elle était plutôt du genre premier degré lorsque les autres lui parlaient. Elle sentit son dos craquer alors qu'elle reprenait place, assise, à une distance bien raisonnable de l'autre. Elle commençait à se faire un peu vieille pour jouer à la troqueuse, hum. Elle déposa la bouteille dans le creux de ses jambes, retournant son attention vers... c'était quoi son nom déjà? Georges, ça lui allait bien. Georges, donc, allait peut-être être son ange sauveur. Ou bien il allait juste foutre le feu au moteur, mais la fumée aurait au moins pour effet d'attirer son compagnon, s'il avait une cellule fonctionnelle.
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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Sam 19 Mar - 20:21

Je me tirai de ma contemplation somme toute assez inutile du moteur encrassé pour me retourner vers la jeune inconnue qui avait gravi la dune derrière moi, l'écoutant parler. Après tout, même si je n'étais pas très enthousiasmé, maintenant que j'avais pris la décision de l'aider, il fallait bien que je me montre un tant soit peu attentif à ce qu'elle me disait. Et puis après tout, j'aimais bien la mécanique, en fait c'était surtout l'effort physique qui me dérangeait. J'aurais bien aimé avoir une équipe de larbins pour faire le sale boulot à ma place, mais il n'y avait qu'elle et moi au milieu d'un désert immensément vide. Bon, bah... Il suffisait de s'y mettre.
Tandis qu'elle gravissait « son » sandship -je ne pouvais pas m'empêcher de continuer d'avoir des doutes à ce propos- elle me confirma qu'elle n'y connaissait pas grand-chose en mécanique, mais effectivement, quand on tombe en panne en plein désert, essayer de bidouiller le moteur pour trouver et réparer la panne est une des seules options qui se présentent. Elle se pencha vers ledit moteur, et j'imitai son geste, regardant plus en détail l'entrelacement de courroies et des tuyaux couverts de cambouis, entre lesquels émergeaient des boitiers de formes et de tailles diverses, formant un fouillis totalement incompréhensible pour le non-initié. Certains endroits semblaient avoir été retapés à la va-vite, à grand renforts de scotch.
La réplique de la jeune femme à mon sarcasme réussit à me tirer un rire bref. Normalement, à Opale, les gens partaient vite au quart de tour, mais elle, bien loin de cet état d'esprit, restait parfaitement détendue, malgré le fait qu'elle soit coincée en plein désert avec un type tel que moi pour toute compagnie. Elle ne ressemblait pas à ces excités du bocal qui m'abordaient toutes les deux minutes dans les rues opaliennes. D'ailleurs, elle ne semblait pas me connaître, ce qui m'avait profondément rassuré.


« Oh, c'est vrai que je pourrais bien trainer cette carcasse sur des kilomètres, mais je suis d'un naturel assez flemmard, faut m'excuser. »

Malgré tout, nombre de mes doutes persistaient encore. Un en particulier.

« D'ailleurs, la mécanique n'est pas une science infuse, c'est vrai. Et c'est justement pour ça que la plupart des gens auxquels on vend ces engins possèdent des compétences plus qu'honorables en mécanique. Personne ne veut avoir à subir des accidents gênants, genre se retrouver en panne au milieu de nulle part sans savoir comment faire repartir le moteur. »


Je tapotai la carlingue du sandship, qui avait connu des jours meilleurs, restant silencieux quelques secondes avant de reprendre.

« Enfin, peu importe. Maintenant qu'on y est, y'a plus qu'a essayer de retaper tout ça. »

Je levai la tête vers l'inconnue, qui semblait perdue dans ses pensées. J'attendais des instructions, parce que franchement, ignorant complètement la nature du problème, j'allais avoir bien du mal à faire quoi que ce soit. Autant démonter le moteur à l'aveugle en espérant tomber sur quelque chose d'anormal, ce qui aurait normalement revenu à chercher une aiguille dans une botte de foin, mais là le moteur était tellement bidouillé à l'arrache que c'aurait plutôt revenu à chercher une aiguille neuve dans une botte d'aiguilles tordues.
Mais je ne reçus aucune réponse. Elle se tira brusquement de sa rêverie avant de plonger avec une agilité féline dans la cabine du véhicule, comme si elle avait fait ça des milliers de fois, ce qui était probablement le cas. N'étant pas vraiment sûr de ce que j'étais censé faire, je la suivis, montant sur le sandship et engouffrant ma tête dans la porte de la cabine, mais je dus m'écarter pour la laisser ressortir aussi vite qu'elle était rentrée, me cognant le haut du crane contre le chambranle métallique. Je ne ressentis aucune douleur, mais même ainsi, c'était plutôt désagréable, et je laissai filer un juron entre mes dents.
J'attrapai les clefs qu'elle me lança tout en me proposant d'aller essayer de faire démarrer l'engin si ça me chantait. J'eus grand-peine à masquer la gène de ma réponse.


« Non merci. Si il ne démarre pas, même quelques secondes, ça va pas aider. J'aurais espéré que vous arriviez à le faire crachoter un peu, j'aurais peut-être pu déceler le problème à l'oreille, ça nous aurait fait gagner un paquet de temps, mais là... »

Ouais, et puis surtout, j'avais vraiment pas envie de descendre dans la cabine. Pour le peu que j'avais vu, et comme on pouvait s'y attendre de la part d'un compartiment étanche, c'était sombre et très exigu. Rien que de passer la tête à l'intérieur, même quelques secondes, ça m'avait mis mal à l'aise. C'était ridicule, mais bon... Heureusement, la jeune femme eut la bonté de changer de sujet.


« Ce que je fais dans la vie, hein? Je suis gladiateur au stade d'Opale. C'est pour ça, le... »

J'avais commencé à désigner mon masque du doigt, car j'avais bien remarqué que mon interlocutrice le trouvait franchement zarb, avant de me rendre compte que ça n'aurait pas plus de sens à ses yeux. Quel intérêt de se protéger le visage et pas le reste du corps? Mais comme je n'avais pas envie de m'éterniser dans des explications à propos de mon pouvoir, je coupai court. La plupart du temps, ça avait le don d'endormir les gens.

« Peu importe. Je vais plutôt essayer de me concentrer sur les réparations au lieu de vous faire ma bio. »

C'est alors qu'elle daigna finalement répondre à ma question. Ce que j'étais censé faire? Elle-même, elle en savait que dalle. Et ça, c'était la pire nouvelle de la journée, parce que ça signifiait qu'il allait falloir que je cherche au hasard. Ce qui pourrait prendre quelques minutes avec un paquet de chance, ou quelques dizaines d'heures avec un paquet de poisse. Et être coincés dans le désert pendant dix heures, c'était pas une bonne idée, surtout pour elle, qui entamait pas mal ses réserves d'eau pendant que je balbutiais. Et surtout, la nuit tomberait bien avant ça, et la nuit, dans le désert, il fait très froid. Je me demandais combien de temps la demoiselle pourrait supporter tout ça.
Elle eut alors la bonne idée d'aller chercher le manuel d'instruction de cet engin. Ça tombait bien, parce que je connaissais pas ce modèle en particulier, alors ça allait peut-être m'apprendre quelque chose d'utile.


« Ouais, je veux bien. Ça peut pas faire de mal de regarder un peu dedans de toute façon. Juste histoire de voir si tout est bien en place, là dedans. Mais bon, je me fais pas d'illusions, je crois bien qu'il va falloir chercher au pif. Même si on connait bien l'engin, ça change rien au fait qu'on sait pas d'où vient la panne. Il s'est pas passé un truc bizarre quand il a... calé? D'ailleurs, il fonctionne à quoi, ce truc? »

Qui sait, elle avait peut-être oublié de me parler d'un détail suffisamment significatif pour que ça m'oriente vers un endroit où chercher. J'espérais. Parce que sinon, c'était parti pour de bonnes heures de rigolade au milieu du désert, avec pour toute compagnie une jeune femme étrange, un sandship tout cabossé et un manuel d'instruction complètement taché.
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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Dim 20 Mar - 1:22

Elle trouvait ça troublant, que l'homme semble si confiant quant à ses habilités; transporter un aussi lourde caquasse jusqu'à Opale, c'était vraiment dans le domaine du réalisable? Sauf qu'il avait, à défaut d'autre chose, un bon sens de l'humour -vous imaginez un instant dans quel genre de situation désespérée elle se retrouverait s'il se décidait de se fâcher, juste comme ça? Avec le soleil qui vous tapait sur le crâne, il y avait de quoi perdre la tête, et son propre jugement n'était pas des plus lucides, mai son rire, même s'il était un peu sec, était rassurant, comme si elle croyait que seuls les gens bien pouvaient rire. Les gens bien et les gens faux, plutôt. Elle se demanda un instant s'il était possible d'être quelqu'un de faux et quelqu'un de bien -et se dit que finalement, ça ne lui importait pas vraiment, même si la question lui flottait en tête. Il était flemmard, donc -et pourtant, à le voir marcher comme ça sans but, elle aurait cru le contraire. Elle, elle était flemmarde, parce que tout ce à quoi elle aspirait c'était de faire une sieste à l'ombre d'un grand arbre, avec comme bruit de fond le chant des cigales; ou peut-être que pour lui, de marcher sans but, c'était en fait le comble de la flemmardise. Elle se demanda pendant un instant ce à quoi il pouvait bien penser dans ses marches solitaires -peut-être pensait-il au vent qui change constamment le visage du désert, ou peut-être pensait-il simplement au repas de ce soir. L'un comme l'autre, elle aurait voulue connaître la réponse, comme toutes les autres réponses: elle se sentait comme un sac dans lequel l'on pouvait emmagasiner des informations, et son sac à elle était désespérément vide.

Sauf que si elle ne voulait pas faire une indigestion, c'était mieux d'y aller petit à petit.

Elle s'était contentée de sourire en hochant de la tête -évidemment qu'il était excusé, même si elle aurait bien voulue ajouter un petit 'rahlala, tu pourrais y mettre du tiens' tout à fait inapproprié. Elle préféra ne pas soulever le fait qu'elle n'avait pas de compétences en mécanique -c'était plus que plausible, puisqu'elle n'avait pas achetée l'engin et qu'elle ne savait le piloter que de manière qui comptait plus sur la chance qu'autre chose; vraiment, avait-elle besoin de plus?- et se contenta de réfléchir à la question; Seryozha, lui, il en avait de l'expérience pour ça? Elle n'avait jamais pensée à le lui demander,et c'était lui le chef de leur groupe, après tout. S'il voulait vraiment devenir pirate, c'était plutôt évident qu'il devrait savoir s'occuper de la réparation de l'engin, mais ce ne serait pas la première inconsistance du jeune garçon, non plus. Au mois, le commentaire de Drake semblait plus à ses oreilles être une constatation qu'un reproche, et il avait déjà passé à autre chose.

-Retaper? avait-elle fait en marmonnant juste avant de se lever, perdue dans ses pensées. Faudrait pas taper trop fort non plus, je crois bien que tout tomberait en miettes.

Elle n'avait pas du tout remarquée que l'homme s'était approché lorsqu'elle s'était engouffrée dans la cabine de Digger, pas plus qu'elle n'avait entendu ses pas lorsqu'il était monté dessus; tout ce qu'elle remarqua, c'était le juron qu'il avait laissé filer d'entre ses dents. Loin d'elle l'idée d'ouvrir grand sa bouche pour montrer une stupeur toute bourgeoise; de un, elle avait bien trop peur de la voir se remplir de sable, de deux, ça ne l'intimidait pas vraiment. Elle s'était retournée pour voir d'où provenait la source de cette interjection, sans rien apercevoir. Elle crue d'abord qu'elle l'avait énervé en disparaissant sans prévenir -ou alors qu'elle avait produit la même réaction en sortant de la même manière: peut-être aurait-il préféré qu'elle reste hors de sa vue? Difficile à dire si elle ne voyait pas son expression, et elle se gardait le droit de continuer à faire fixette sur ce léger détail si elle le voulait. Vraiment, elle n'avait qu'une envie, étirer ses petites mains vers sa visage et enlever le masque pour voir ce qui se cachait derrière; sa curiosité toutefois, se trouvait heureusement calmée par sa nature conciliante, l'empêchant de chercher ouvertement à le froisser.

Et puis, elle pourrait raconter qu'elle avait rencontré un lutteur masqué du désert qui n'avait pas de visage.

Elle fut contente de constater qu'il ne voulait pas vérifier ses dires, se mordant presque la lèvre en pensant que on trouble venait du fait qu'il avait compris qu'elle sous-entendait qu'il ne la croyait pas. Oh -s'il était vrai qu'elle pouvait culpabiliser un petit moment, il était aussi vrai qu'elle trouvait sa gêne peu importe envers quoi elle était dirigée, des plus adorables. Cette pensée, toutefois, se termina là, parce qu'il soulevait tout de même un bon point; le brut aurait pu aider... est-ce que c'était vrai? Avoir su, elle n'aurait pas fait tourner le moteur pour rien un peu plus tôt, mais bon, il était un peu trop tard maintenant pour y penser. Elle replaça sa casquette sur sa tête, cachant cette petite bévue de sa part par un raclement de gorge révélateur.

-Oh, vous êtes gladiateur? avait-elle relevé alors qu'elle se laissait entrer dans le trou béant où était le mécanisme de l'engin, incapable de résister à la tentation de retourner voir le tout de plus près. Ça explique effectivement le.. le? Désolée, je crois que je n'ai pas entendu la fin de votre phrase. En tout cas, ça me semble plus raisonnable -je pensais que c'était pour vous protéger du sable, et bon, ça me semblait plus ou moins efficace. Mais vous avez l'air plutôt bien conservé pour un gladiateur, en fait ajouta-t-elle en se redressant, plissant les yeux lorsqu'un rayon du soleil vint se répercuter contre le masque. À entendre ma mère, les gladiateurs finissent par perdre un bras et quelques doigts avant leur trentaine. Ça veut dire que vous êtes fort, ou juste qu'elle exagère? Mais en fait... changea-t-elle de sujet, se disant que ça partait dans une direction douteuse, vous portez votre masque pour l'arène, mais si vous le portez à l'extérieur, c'est par habitude?

Sans s'en rendre compte, elle s'était penchée un peu plus vers lui, s'accoudant presque sur une partie du moteur, l'air de lui dire de ne pas se faire prier par raconter sa vie; déformation professionnelle, il faut la comprendre. Réalisant que ce ne devait pas avoir l'air très sérieux de sa part d'accorder plus d'importance à ce que l'autre avait à dire qu'aux problèmes techniques de Digger, elle se retourna prestement, cherchant des yeux le petit livret qu'elle avait laissé trainer; elle ressortie de sa cachette et l'attrapa en s'étirant le bras, comme si elle était trop paresseuse pour faire quelques pas de plus. Elle avait conscience du pathétisme de sa situation, ajoutée a fait qu'elle se donnait l'impression de courir dans tous les sens pour un rien depuis tout à l'heure; vraiment, il se servait à rien de boire de l'eau si elle le suait aussi vite. En même temps, elle voyait mal comment elle pouvait s'en empêcher, autre qu'en devenant un dieu et en changeant la structure interne du corps humain. Ce qui n'allait pas arriver d'ici quelques minutes, non plus. Elle revint sur ses pas, lui tendant le livret en e pouvait s'empêcher de fixer ce qui lui servait de main. Pas que c'était s surprenant que ça, en fait, côté proportion, mais c'est qu'il avait des paluches de la mort, et c'était maintenant qu'elle le remarquait, voilà tout. Et comme c'est une fille et qu'elle se rince l'oeil, elle remarqua au même instant que monsieur, contrairement à elle, il ne semblait pas suer une seule goute depuis tout à l'heure. Est-ce que c'était parce qu'il ne portait presque rien et qu'automatiquement, sa sueur s'évaporait? Elle se voyait bien, d'ailleurs, relever sa tignasse grisonnante pour vérifier en dessous s'il n'y avait pas de condensation d'eau. Très classe.

En gros, d'ici à ce qu'il parte, elle s'était donné comme objectif de trouver un moyen pas trop louche de lui demander quel antisudorifique il utilisait.

-Eum,fit-elle en réfléchissant, au départ j'avais cru être rentrée par inadvertance dans une grosse roche, mais quand j'ai fait surface, j'ai pas vraiment vue de point d'impact qui n'y était pas auparavant, mais encore là vu l'état général de la bête c'est plutôt difficile à déterminer avec précision, observa-t-elle en donnant une petite tape presque qu'affectueuse à Digger. Et j'ai sérieusement aucune idée d'à quoi ce truc se nourrit; en fait, depuis presque deux ans que je voyage à bord et j'ai jamais eu à la nourrir... enfin, remplir, et je me souviens pas que le propriétaire en chef ait lui non plus eu besoin de le faire. Par contre, étant donné le temps que ça fait qu'on l'utilise, ça m'étonnerait qu'on ait simplement eu une panne de combustible. Enfin, j'espère, parce que ce serait vraiment pathétique, même si beaucoup plus simple à régler. En attendant, tout ce que je peux dire, c'est que ce truc me semble pas normal...

Elle se pencha à demi par dessus le trou, ses jambes se balançant dans le vide alors qu'elle atteignait le pièce qu'elle avait vue un peu plus tôt et qui n'était rattachée à absolument rien. Oui -elle avait passée deux heures aux côtés du moteur, et maintenant elle faisait des caprices et préférait rester à 'extérieur. Elle releva la pièce et la tint au niveau de son visage; elle était plus ou moins cylindrique, avait à peu près la grosseur de sept cannes de conserve et, de manière plus importante, avec une large marque d'impact qui la faisait se replier sur elle-même comme si elle avait mal au ventre. Enfin -personnellement, elle ne savait pas si l'impact était plus grave que la rouille qui semblait l'avoir rongé à son extrémité, expliquant pourquoi la pièce avait cédée et ne tenait plus en place. Le morceau de métal semblait avoir trainé dans la même substance qui faisait coller les cheveux de la jeune fille et rendait impossible tout examen cherchant à déterminer sa la substance venait d'elle ou non. Elle releva des yeux inquiets vers son aide, comme cherchant à s'excuser pour ce qu'elle allait dire.

-Vous pensez que ce truc est important? J'ai entendu dire qu'ils donnaient toujours plus de pièce que nécessaire lorsque vous monte vos meubles, peut-être que c'est pareil avec ce genre de vaisseau.

Elle était pas assez conne pour le croire, mais au moins, sa question était passée. Elle espérait d'ailleurs qu'il allait prendre le machin déformé, parce que son nez lui piquait atrocement depuis quelques temps.
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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Sam 9 Avr - 22:43

Le soleil commençait lentement à décliner. Il était à son zénith lorsque j'avais aperçu le sandship pour la première fois. Et pourtant, maintenant, il semblait entamer une course folle vers l'horizon, comme pour me narguer. Il s'était écoulé autant de temps? Avais-je mis si longtemps à rejoindre cet engin?
Ça m'inquiétait. Ça aurait inquiété n'importe quel habitant d'Opale. La nuit, ça branchait personne, par chez nous. Le soleil le savait, si ça se trouve, et il avait décidé de se coucher plus tôt, c'est ça? Pour punir mon indifférence à son égard, il avait décidé de disparaître? Fait chier. M'enfin, malgré son empressement, il nous restait encore quelques bonnes heures. Pourvu que cela suffise.
La jeune femme, elle, ne se préoccupait de rien. On aurait dit l'incarnation même de l'insouciance, et c'était surement ce qui m'avait permis de la supporter aussi rapidement et aussi facilement. La voir sourire à chacune de mes remarques et virevolter dans tous les sens sur la coque de son sandship était assez apaisant, mais c'était un tort. J'avais plutôt intérêt à me concentrer sur ce que j'avais à faire, c'est-à-dire réparer ce vieux coucou, et j'espérais bien que ma partenaire allait m'aider à atteindre cet objectif fissa, histoire qu'on puisse se tailler d'ici.
Sa remarque vis-à-vis de son sandship faillit encore me faire rire, mais vu qu'elle devait tout de même tenir un minimum à son vaisseau, je me suis retenu, étouffant maladroitement mes ricanements dans une quinte de toux. Étant donné les bosses et les creux qui criblaient la carlingue d'acier, je me doutais qu'elle y avait vécu pas mal de choses. Ce serait mal venu de ma part de les pointer du doigt et de m'en moquer. Ça ne me ressemblait pas, d'ailleurs, d'avoir ce genre de considérations inutiles pour les autres. La plupart du temps, je m'en foutais, d'être blessant. Allons, Drake, ressaisis-toi.
Par ailleurs, elle sembla assez gênée du fait de ne pas pouvoir faire ronfler le moteur de l'engin. Je devinai qu'elle avait inutilement essayé à maintes reprises de le faire repartir, ce qui avait contribué à l'achever une bonne fois pour toutes. D'accord, c'était stupide, mais assez compréhensible. Assez emmerdant, aussi. Je n'allais donc définitivement pas pouvoir compter là-dessus. Bah, je m'y attendais, mais je dois avouer que j'avais espéré, pendant un instant, qu'elle puisse le redémarrer miraculeusement. Tant pis.
Je m'étais résigné à répondre brièvement à la question qu'elle m'avait posé à propos de mon métier, et elle avait profité de la brèche que je lui avais ouverte pour y engouffrer une foule de nouvelles interrogations, le genre de trucs qu'on me demandait à chaque coins de rue. D'habitude, les gens qui me les posaient était motivés par une certaine forme de profit, surtout les gladiateurs qui convoitaient ma place, mais elle, sa seule motivation relevait de la curiosité pure, telle que celle qui m'avait amené ici. Je n'avais pas envie de lui fournir une réponse désagréable, mais il s'avérait que j'avais d'autres chats à fouetter pour le moment. J'essayai donc de me montrer diplomate, lui présentant les paumes de mes mains alors qu'elle se penchait vers moi.


« Écoutez, je serais ravi de vous raconter ma vie en détail autant que vous le souhaitez, puisque vous insistez tant, mais plus tard. Pour l'instant, je préfèrerais me consacrer à la mécanique. »

Bien heureusement, elle sembla aller dans mon sens et, se détournant de moi, se mis à la recherche du précieux livret d'instructions aux pages maculées d'huile de moteur. Une bien maigre piste pour commencer une réparation, mais de toute façon, même si piste tangible il y avait, je n'allais pas pouvoir faire grand-chose si je ne connaissais pas la structure et le fonctionnement de l'engin en question. Elle finit par s'en emparer et me le tendre, ses doigts le tâchant un peu plus au passage. Je me décidai à le saisir après une hésitation à peine perceptible. J'avais pas super envie de me salir les mains en fait, mais c'était stupide, étant donné que j'étais censé réparer ce sandship, il allait bien falloir que je mette mes mains dans le cambouis tôt ou tard. Donc trêve de chipotages.
La première chose que je remarquai à propos de ce livret, c'est que mis à part le fait qu'il soit tout taché, il était vachement épais. C'était pas vraiment surprenant, après réflexion, parce qu'il devait y avoir un bon paquet de choses à expliquer à propos de cet engin, mais la perspective de devoir m'en taper la lecture intégrale sous prétexte que je ne savais pas par où commencer me donnait la nausée.
Plutôt que de chercher des passages susceptibles d'être intéressants via l'index, je commençai par le début. J'étais sur que ça me prendrait moins de temps que de me balader en sautant des pages plus où moins au hasard. Le truc, c'est que la plupart des pages comportait de grosses traces de doigts noires qui rendait la lecture considérablement plus difficile. J'avais une folle envie de me montrer désagréable une fois de plus, - « Putain, vous auriez pas pu faire plus attention, non? » - mais je me retins une fois de plus. D'abord parce que il était préférable que je bosse au lieu de me plaindre, mais aussi à cause de ces étranges considérations que j'avais déjà évoquées plus tôt. Ça devenait franchement inquiétant. Mais il y avait quelque chose de plus inquiétant encore, c'est qu'au rythme où je lisais, c'était clair, le soleil serait déjà arrivé au crépuscule avant que je ne sois arrivé à la dernière page. Et ça c'était pas bon. Faites que je trouve quelque chose, et vite...
La jeune femme sembla entendre mes prières, car elle se décida alors à me décrire les circonstances de l'accident. Mes oreilles buvaient ses paroles pendant que mes yeux s'affairaient à la lecture du manuel. Mon cerveau allait finir par surchauffer à force de faire le tri, c'était sur.
L'impact qu'elle avait ressenti ne m'aidait pas beaucoup à identifier le problème, à vrai dire. Quant au carburant de cet engin, elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était, et c'était dommage, car ça, ça aurait pu m'aider, même si il semblait clair qu'il ne s'agissait pas juste d'une vulgaire panne de combustible. Et-ce que ce machin fonctionnait avec une sorte de pile nucléaire surpuissante de plusieurs années d'autonomie qui avait décidé de tomber en panne juste maintenant? C'était bien le genre des alziens de caser ça dans leurs appareils. J'espérais le découvrir au fil de ma lecture.
Bref, j'étais pas très enthousiaste, mais mon interlocutrice évoqua quelque chose d'autre. Quelque chose de bien plus intéressent.
Une pièce détachée, un bout de ferraille, un truc qu'elle avait trouvé dans le moteur et qu'il n'était pas là où il était censé être. Bref, quelque chose d'anormal. Je bondis quasiment vers l'inconnue, lui arrachant la pièce des mains, un peu brusquement malgré moi. Après cet océan d'incertitudes, voir un indice, même aussi maigre, me remplissait d'excitation. Un peu comme si j'étais un naufragé épuisé qui avait aperçu un morceau de bois flottant entre les vagues dans lesquelles il s'était perdu.


« Mais pourquoi vous m'avez pas parlé de ça plus tôt? »

J'avais bien compris qu'elle ne considérait pas ça comme un élément important, mais je n'avais pas pu m'en empêcher. Je n'attendais pas vraiment de réponse, de toute façon.
Mes yeux bondissait entre la pièce détachée et le manuel, que je tenais chacun dans une main. Cette pièce était déformée, rouillée et complètement couverte de graisse, mais il fallait que je trouve à quoi elle correspondait.
Mon excitation retomba quand je compris que ça n'allait pas être si facile que ça. Il fallait toujours que j'épluche ce manuel, même si je savais que ma priorité était de trouver des références à cette fameuse pièce. Si, bien entendu, le problème venait vraiment d'elle, ce qui n'avait rien de certain, après tout. La comparaison entre le sandship et un vulgaire meuble m'aurait fait éclater de rire si j'avais été de meilleure humeur.


« Non, bien sur que non. Et même si il s'agissait d'une pièce de rechange, il n'y a aucune raison pour qu'elle soit aussi abimée. Enfin, sauf si vous l'avez balancée au fond du moteur après l'avoir remplacée avec une pièce neuve, mais j'ai pas l'impression que vous êtes du genre à remplacer les pièces, par chez vous! »

Le silence s'installa. On entendait seulement le bruit des pages que je tournais à intervalles réguliers, et le souffle doux du vent du désert. Nulle part ailleurs sur Sphera vous ne trouverez un endroit aussi calme. C'est bien pour ça que j'aimais y trainer.
Malgré mon habitude à sa compagnie, le silence me parût gênant, surtout pour l'inconnue qui était toujours assise à côté de moi. J'ignore pourquoi, mais un étrange désir de lui parler m'envahit alors.


« Hum... J'ai cru comprendre que vous vouliez en savoir plus sur moi, c'est ça? À vrai dire, cet endroit ne me paraissait par très propice à la discussion, mais maintenant... Je pense que la lecture de cet ouvrage va me prendre pas mal de temps. Donc je ne vois pas vraiment le mal qu'il y a à bavarder un peu... »

La plupart des personnes qui me posaient des questions à mon propos, je les ignorais plus ou moins. Je ne les aimais pas. Il s'agissait bien souvent de gladiateurs débutants qui voulaient connaître mes points faibles, de touristes idiots qui recherchaient du pittoresque, ou de journalistes de pacotille qui voulaient pondre un article. Mais cette fille ne semblait être animée que par une curiosité pure et simple. J'avais une impression surnaturelle de pouvoir lui parler de tout ce que je voulais sans crainte. Qui sait, il y avait peut-être vraiment du surnaturel là-dessous. Alors, sans cesser de faire aller et venir mon regard entre les pages du manuel et la pièce non-identifiée, je me mis à table d'un ton distrait.

« Comme vous l'avez bien compris tout à l'heure, je suis bien un gladiateur. Je me suis pas présenté, d'ailleurs. Je m'appelle Drake. »


Je n'avais pas jugé utile de rajouter mon nom de famille. Quelque chose me disait que la jeune femme n'avait jamais entendu parler de moi -j'avais peut-être tort- et qu'elle s'en fichait.
Je marquais de courtes pauses entre mes phrases, rapprochant mon visage du livret pour essayer déchiffrer les mots barbouillés de cambouis ou pour tourner une page.


« Et c'est aussi pour ça que je porte ce masque, fis-je en tapotant celui-ci avec le machin métallique que je tenais toujours dans ma main gauche, c'est vrai que ça protège plutôt bien du sable et du soleil aussi... J'aime pas trop être ébloui, 'voyez. Comme tout le monde, je suppose. Et si je le porte en permanence, c'est parce que je ne peux pas l'enlever. Enfin... Pas aisément, en gros. Ça n'aurait aucun intérêt de le porter si il pouvait être arraché par n'importe qui. Je me le suis fait souder au front, en quelque sorte. Enfin, c'est pas de la soudure à proprement parler mais... On s'en fout. »

J'avais bien conscience que plus je parlais, plus ce que je disais devenait incompréhensible.


« Votre mère avait bien raison, les estropiés ça se compte par milliers dans le métier. Mais c'est pas mon cas. Et la force n'a pas grand-chose à voir là-dedans, en fait. Même les plus forts ne peuvent pas éviter certains coups mal placés. Non, je m'en suis pris un paquet, de coups. Mais... »


M'interrompant une énième fois, je plissai les yeux pour essayer de comprendre ce que la nouvelle page que je venais d'atteindre représentait. Il s'agissait de schémas moteur, avec une représentation de la plupart des pièces et leur référence sur une marge à côté. Ça commençait à devenir assez intéressent, mais il y avait une bonne dizaines de pages couvertes de ces dessins. J'étais pas près de trouver la pièce qui m'intéressait de sitôt, donc je poursuivis, jetant des coups d'œil réguliers au morceau de ferraille qui se trouvait dans ma main pour le comparer avec ce que je lisais.

« Disons que je possède un de ces pouvoirs... Je sais pas si vous connaissez. Il rend ma peau plus résistante que la plus résistante des armures. C'est pour ça que je n'en ai pas besoin d'en porter, vous voyez. Sauf sur le visage quoi. N'importe quel gladiateur qui connaitrait mon pouvoir, et ils le connaissent tous, tenterait immédiatement de me crever les yeux pour me battre, par exemple, vu que c'est un des seuls endroits qui soit pas protégé en permanence... Bon, bien sur, y'a certains petits malins qui tentent de viser la fente du masque pour atteindre mes yeux. Y'en a même un qui a essayé de me balancer de l'acide une fois, je vous jure. Dans ces moments-là, je me débrouille comme je peux... »

C'est à ce moment là que je tombai enfin sur ce que je cherchais. Enfin, je le croyais, en tous cas. Une représentation de la pièce que j'avais à la main, en moins tordue et en moins rouillée.

« Bien, apparemment, ce truc-là, c'est comme un conduit d'admission, d'après ce que je comprends. Pour faire simple, c'est par là que le combustible est censé passer pour alimenter le moteur en lui-même. Pas étonnant qu'il ne veuille plus démarrer sans ce truc. Vu l'état de la pièce, pas étonnant qu'elle se soit décrochée non plus. »

Enfin, pas exactement. Non seulement ce conduit était complètement rouillé, mais il était aussi complètement tordu. Si il n'avait été que rouillé, on aurait peut-être pu réparer ça à la va-vite a grands coups de scotch, mais là c'était plus problématique.

« Mais qu'est-ce qui a bien pu causer cette espèce d'explosion que vous avez entendue...? Elle a beau être en mauvaise état, elle ne s'est pas tordue toute seule... »

Il y avait surement quelque chose qui avait causé cet accident, et j'ignorais quoi. Mais à vrai dire, j'étais plus préoccupé par la réparation que par le diagnostic.

« Bref, vu qu'on a pas de quoi remplacer ça, je suppose qu'il va falloir la redresser grossièrement et la remettre vite fait à sa place. Je pense que ce genre de petit bricolage ne tiendra pas longtemps, mais ça suffira pour aller à Opale et y acheter une pièce neuve... D'ailleurs, c'est le moteur tout entier qu'il faudrait réviser, sans vouloir vous vexer... »

Je posai le manuel et la pièce tordue sur la carlingue, entre moi et l'inconnue, avant de m'étirer un grand coup. Mine de rien, j'étais assis à lire depuis un petit bout de temps. C'est alors que je remarquai que le soleil avait bien décliné, et que son disque commençait à lécher l'horizon. Il fallait faire vite. D'ailleurs, je commençais à avoir soif. Ça faisait une dizaine d'heures que je n'avais rien bu. Je me levai prestement avant de me tourner vers mon interlocutrice.

« Bon, il faut réparer ça et rentrer illico à Opale. La nuit n'est pas sûre par ici. J'espère qu'il vous reste encore de l'adhésif. D'ailleurs, il vous reste de l'eau, aussi? Oh, si vous avez besoin de boire, économisez-la, je vois bien que vous suez pas mal, mais bon, ça ne coûte rien de demander... »

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MessageSujet: Re: Autostoppeur demandé [pv] Drake Löwenhart[Suspendu]   Ven 22 Avr - 9:08

Elle avait des airs comme ça des fois, des airs de rien -mais c'est qu'elle calculait vite, et même si elle n'avait rien répondu à sa pique, elle avait tout de suite enregistré. Alors comme ça, monsieur serait prêt à lui raconter sa vie en détail? Parfait -c'était qu'elle aimait bien ça, entendre des histoires, surtout celles des gens, des histoires vrais, des histoires pas comme les siennes. Un sourire était venu éclairer son visage barré de noir, avant de s'éteindre doucement, juste le temps qu'elle seule le remarque. Et puis faut dire qu'elle lui tournait le dos à l'autre, et puis aussi c'est pas de ses affaires non plus. En tout cas, il avait un bon point pour lui: il avait commencé à regarder les pages, et pas qu'en les tournant, non, en les regardant vraiment. Enfin, de ce qu'elle pouvait en juger, parce qu'elle ne le voyait pas vraiment de là où elle était, mais elle 'entendait pas les ages tourner toutes les secondes. Avec un peu de chance, celui-là savait lire -quoiqu'elle n'était pas certaine que ça aurait vraiment pu aider, mais ça ne pouvait pas nuire en tout cas. Oh! Mais en fait, son bon samaritain avait ses défauts lui aussi. Elle avait commencé à s'en douter il y a un moment déjà -fallait dire que c'était un peu évident aussi, mais elle préférait ne pas sauter dans les stéréotypes non-, mais il avait l'air plutôt grognon. Oh -pas un grognon bien méchant, du genre j'te pète les fenêtres de ta voiture parce qu'aujourd'hui le soleil brille trop fort, non, plutôt un grognon de petit vieux qui se balance sur sa chaise et qui en a vu d'autres. Du genre, lui dans son temps les gens marchaient droits et les jeunes étaient bien moi cons. Enfin -elle savait bien que c'était pas tout à fait ça, mais si ça lui fait plaisir de le voir ainsi, faut pas lui en vouloir. Et puis, en fait, il avait eu une réaction plutôt générique... mais c'était pas de sa faute à elle si elle n'avait pas remarqué le machin-chose plus tôt. Enfin, si, mais pas consciemment puisque le processus de la vue ne relève pas des capacités acquises de l'être humain -elle n'avait donc d'autre choix que de ne pas voir. Et dans le cas où elle avait vu et simplement pas remarqué -et bien là, elle n'avait qu'à 'incliner bien bas. Sauf que tout ça pour dire, elle se contenta d'hocher de la tête sans rien dire, parce qu'elle n'avait rien d'intelligent à répondre à ça.

Ça, et toutes les autres piques d'ailleurs. Pas que ça ne lui faisait rien -mais elle ne savait pas quoi dire, autre qu'il avait raison. Est-ce qu'elle aurait dû le lui dire? Oui, c'est facile de dire que l'on ne peut pas parce que l'on a pas de tunes, que l'on mange en conserve tous les soirs (mais ça, elle le faisait même quand elle avait de l'argent, alors ça compte pas) et qu'on ne peut pas vraiment se présenter chez les réparateurs digne de ce nom parce qu'ils risquent de vous demander votre licence, licence que vous n'avez pas parce que votre bijou, vous l'avez dépouillé à un cadavre (c'était aussi le cas de sa casquette d'ailleurs), et surtout que vous ne voulez pas on plus vous présenter chez les réparateurs pas digne de ce nom, parce que vous savez qu'ils vont vous faire un sale travail, vous demander encore plus d'argent que les autres et comme ils sont pas nets, ils risquent soit de vous piquer vos affaires, soit de vous faire sauter le moteur une bonne fois pour toute. Enfin bon, ce dernier truc, c'était plutôt les raisons de Seryozha, parce qu'elle, elle leur faisait confiance, aux réparateurs pas digne de ce nom, mais juste parce que dans le fond ce ne serait que partie remise et qu'elle ne voyait pas en quoi elle pouvait bien se plaindre si on lui volait un truc qui ne lui appartenait pas. Sauf que ça, un dans l'autre, ça ne se dit pas vraiment en public, alors elle se contenta de continuer ses recherches en silence, sans bouger, jetant quelques coups d'oeil à l'autre de temps à autre: c'est qu'il était concentré et qu'elle avait peur de briser son équilibre si elle bougeait. Ce qu'elle cherchait? Facile: la pièce, elle devait bien venir de quelque part, non? Avec un peu de chance, c'aurait été pas très loin de là où elle se situait lorsqu'elle l'avait trouvé, mais fallait pas rêver en couleur. Lorsqu'il prit la parole, elle ne put retenir un sursaut, se retournant vers lui comme si elle avait été foudroyée pas l'éclair -avant de sa calmer de si tôt, bien entendu, parce qu'elle avait été bien élevée, mais en même temps, faire des peurs comme ça aux gens, ça ne se fait plus.

-Si vous arrivez à parler et lire en même temps, avança-t-elle timidement, oui, évidemment que ça me ferait plaisir de savoir.

Elle avait replacé sa calotte bien droite devant son front et essuyé un peu de sueur qui coulait sur ses joues -c'était que malgré les airs qu'elle essayait de se donner, vite fait, elle restait une petite de la ville, et ce n'était pas pour rien qu'elle cherchait cet Oasis perdu. Avait-il simplement déjà existé? Oui -hier. Et aujourd'hui, il avait probablement été balayé par les sables, ou bien alors mis à sec par le soleil, ou un mystérieux poison s'y était infiltré, ou les plantes qui avaient décidés de pousser tout près avaient bu jusqu'à plus soif, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'eux, que des morceaux explosés sur le sol pour avoir été trop gourmand. Et pendant ce temps-là, son mystérieux inconnus se faisait baptiser, il gagnait un nom, parce qu'un Oasis n'existait plus et que Digger était sur la table d'opération. Mais même si tous ces trucs terribles étaient là, sous ses yeux ou à des kilomètres (fictifs ou non d'ailleurs), ça ne l'empêchait pas de lui faire un signe de salut lorsqu'il se présent, un genre d'hochement de la tête avenant, comme celui que l'on fait lorsqu'on ouvre la porte de chez nous pour la première fois avant de laisser quelqu'un entrer.
Et pis, c'est pas comme s'il avait été forcé non plus.

Ses sourcil s'étaient involontairement froncés à la mention du « on s'en fou »; ses lèvres s'étaient écartées, commençaient même à former une vague protestation -mais il avait continué de parler, et quelque chose lui disait qu'il valait mieux le laisser continuer sur sa lancée. C'était son histoire à lui après tout, pas la sienne, et c'était à lui de l'écrire comme il le sentait. Sauf que le public c'était elle, et elle ne voulait pas qu'on lui mette l'étiquette du public indigne qui s'en fou. Parce que ça a peut-être l'air con comme ça, mais la prochaine fois qu'elle y repensera, elle se dira que le masque de fer était soudé au front de l'autre, et que ça devait faire mal. Et juste après, elle se rappellerait que ce n'était pas vraiment soudé, alors ça ne ferait plus autant mal et l'histoire prendrait un second souffle -mais juste là, alors qu'elle aurait l'impression que ça ne faisait pas mal, elle se rappellerait qu'en fait, elle ne savait pas le fin mot de l'histoire, et d coup, la douleur reviendrait... tout ça parce que sur le moment, ce n'était pas important pour l'histoire. Mais c'est qu'il avait probablement raison, en plus, parce que bien vite, elle oublia tout ça. Déjà, parce qu'elle trouvait ça franchement pas pratique de ne pas pouvoir l'enlever, hein, et parce qu'y penser l'empêchait de chercher l'emplacement originale de la pièce. Et bien oui -monsieur peut faire tout en même temps, lire et parler, et madame ne peut pas.

Elle manqua regarder ce qui absorbait autant ses pensées lorsqu'il s'arrêta et ne vit que les dessins. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel -lettré pas lettré, au final, c'était du pareil au même, y'avait vraiment rien de mieux que les dessins.

Pouvoir... s'était-elle dit en détournant automatiquement le regard, sachant dans un ses ce que ça pouvait impliquer tout autant que ce que ça pouvait ne pas impliquer. C'est vrai, alors, qu'il y a de plus en plus de gens qui en ont. Si c'est un Karnevale qu'il a, en tout cas, ça a l'air un peu plus pratique que le mien. Vu son métier, du moins, parce qu'en même temps je vois pas ce que je ferais avec. M'enfin, à chacun son lot. Mais c'est à croire qu'ils sont tous inconscient, les gladiateurs, à se faire des coups tordus comme ça. Quoiqu'en même temps, c'est un peu le but... et puis, il doit y en avoir, des désespérés. Mais -est-ce qu'il est vraiment si connu que ça? À l'entendre, on dirait que toute la ville est a courant de son existence... Je fais vraiment honte à mon métier là.

Oui, finalement, elle avait délaissé toute tentative de recherche, en se disant que finalement, c'était un peu peine perdue -et que dans le pire des cas, son histoire ne pouvait pas être si longue que ça, il choisissait bien ses mots. Et mine de rien, c'était un bon choix, vu que pas trente secondes plus tard il trouva lui-même ce qu'il cherchait. Sauf que si ce qu'il disait était vraiment plu simple, elle ne s'en rendit manifestement pas compte, vu l'étincelle de compréhension qui ne passa pas dans son regard et qui la laissa plutôt sur sa faim. Au moins, ça la rassurait, il avait l'air de savoir ce qu'il faisait... ça, ou il répétait juste ce qu'il avait dans le livre -ce qui prouvait dans tous les cas que de savoir lire apportait quelque chose à l'aventure, et ça donne une bonne raison de chercher à l'appendre à vos enfants. Allez, parents dans le doute, notez.

-Ça ne me vexe pas du tout, concéda-t-elle en se décidant enfin à bouger un peu, mais disons que ça ne dépend pas que de moi. En attendant, vous avez bien raison, il faut commencer par essayer de bouger un peu d'ici si on veut pas finir comme des glaçons. Enfin, on a toujours la possibilité de se rendre à pied à Opale, de laisser Digger ici et de prier pour pas qu'elle ne se fasse voler, mais je préfère encore espérer qu'on pourra la réparer un peu, même sommairement. En attendant, si vous pouvez patienter quelques secondes je vous apporte tout ça.

Elle se leva, remarquant enfin la source de l'inquiétude de l'apprenti mécanicien: le soleil se couchait et mine de rien, lui aussi devait être fatigué. Elle n'avait pas le coeur de lui dire que la nuit n'avait rien de vraiment très effrayant lorsque vous dormez dans un mastodonte d'acier -parce qu'en fait, le mastodonte d'acier n'aidait pas pour tout, et que ça lui semblait déplacé de le lui souligner. Ziazan resta toutefois un moment sans bouger -elle s'était levée trop vite, et du coup le voyait tout noir devant elle; c'est le genre due chose qui peut être amusant lorsque ça vous rend un peu maladroit ou que vos copains vous disent qu'il faut pas abuser sur la boisson, certes, sauf qu'en ce moment ce n'était ni pertinent ni vraiment très amusant. Mais où était donc passé son sens de l'humour? Probablement dans les petites taches noires qui disparaissaient enfin de devant ses yeux: la prochaine fois, elle ferait plus attention, c'est tout. Une fois en bas (enfin, nus pieds, mais pas en haut -enfin, si, elle portait bien un haut, mais elle était dans la cabine, soit sous le niveau d'altitude qu'elle occupait précédemment), elle fouilla un moment dans les tiroirs de son ami -avant de se rappeler qu'il y laissant dormir son serpent et que ça devait être infesté de défécation. De toute manière, les trucs utiles, ils étaient plus souvent dans ses choses à elles... et, comme de fait, elle trouva un rouleau de tape gris à peine entamé juste à côté d'un contenant d'eau, entre une lampe torche et un rouleau de papier toilette. En gros, il serait bien temps qu'ils fassent un peu de ménage ici-bas 'ils ne voulaient pas un jour être victimes de la théorie du chaos. C'était quand même fou de penser que quelque part sur le même continent, il y avait des secrétaires avec des piles de papier sur leurs bureaux, des secrétaires qui n'avaient jamais eu la peau brulée par le soleil et qui n'avaient jamais eu de sable dans les moindres recoins de leurs vêtements. Oui, même les élastiques à cheveux.

[colorsteelblue]-Tienez,[/color] fit-elle en lui tendant la bouteille d'eau qui n'était pas vide, ayant presque dérapé pour changer des années de bonne conduite enfoncées dans son crâne. Et ça aussi, en fait, ajouta-t-elle en déposant la roulette de tape à côté de la pièce en mauvais état. Pendant que vous buvez, je vais essayer de voir où cette petite bête s'attache -maintenant qu'on sait à quoi elle sert, ça ne devrait plus être trop compliqué, enfin j'espère. Et en fait, vous comptez redresser la pièce à main nues? Parce que dans le cas contraire, je peux vous offrir un marteau, même si nous serons d'accord pour dire que ça manque de délicatesse. Et en fait, si c'est avec un marteau qu'il faut la redresser je peux toujours le faire.

En ce moment, ce qui l'inquiétait plutôt, c'était le fait que le moteur avait réussit à fonctionner sans cette pièce, et elle n'arrivait pas à se l'expliquer. Ou peut-être alors qu'elle s'était simplement tordue la première fois et qu'elle s'était sectionnée après avoir émergée du sol, à voir.

-Ça va peut-être vous sembler clinquant, ajouta-t-elle avec une grimace pas très visible, mais l'eau elle est pas à moi plus qu'à vous, et puis ailleurs, c'est si facile à avoir... je sais pas. C'est probablement parce que je ne viens pas d'ici, mais c'est difficile de se mettre dans la peau des autres et de comprendre pourquoi je partagerais pas si j'en ai. Ça, ou parce qu'en fait je suis bête et que j'ai jamais manqué de rien, libre à vous de l'interpréter comme vous voulez. Et puis à Amenthalys, ils disent que suer c'est bon pour la peau. À moins que ça ne vienne de...

Elle s'enfonça dans la substance graisseuse inconnue, et ce jusqu'à la cheville. Du coup, elle devait pas être loin de son profit.

-Il y a un trou ici, et ça n'a pas l'air d'avoir toujours été comme ça, dit-elle en se pinçant les lèvres pour ne pas sourire. Donc en gros dans l'immédiat on a la pièce manquante et son emplacement, donc reste plus qu'à rafistoler le tout. Vous me direz que c'est plus vite dit que fait, mais le pire est passé je crois, et ça c'est une bonne nouvelle vu l'heure qu'il est. D'ailleurs, je pense pas que vous l'avez mentionné, mais vous savez à quelle distance d'ici est Opale? Parce que vous avez raison quand même, se retrouver au milieu de nul part en pleine nuit ce serait bête, et je voudrais pas non plus vous causer plus de soucis inutile que je vous en cause en ce moment.

Elle hésita un moment, parce qu'il lui semblait que ce qu'elle allait proposer ne sonnait pas tout à fait de la manière qu'elle l'aurait voulu, et ce peu importe comme elle tournait et retournait la phrase dans sa tête. Elle préféra laisser tomber -s'il avait faim, hein, il allait le dire, comme pour le reste. Et puis, c'est pas comme si elle avait autre chose que des conserves à lui offrir, et s'ils arrivaient à tout arranger d'ici peu, ce ne serait pas nécessaire -il pourrait manger chez lui, dans le confort de son canapé, même, si l'envie lui en prenait. Et elle, à Opale, son premier arrêt serait probablement les bains publics... quoiqu'à ce niveau, ils refuseraient probablement de la laisser entrer, mais ça restait une fantaisie du moment. En même temps, c'était bien jolie ce qu'elle disait, mais Opale loin ou pas, c'était pas non plus comme si elle allait lui botter les fesses pour qu'il rentre chez lui. De toute manière, vu sa grandeur, elle préférait ne pas se demander si elle était assez souple pour se rendre. Elle revint vers lui, la manuel, la gourde d'eau, le tape et la pièce manquante avant de kidnapper cette dernière, regrettant que la page du manuel ne soit pas resté ouvert: ça aurait pu l'aider à comprendre la forme d'origine, mais bon, ça avait l'air plutôt évident. Étonnement, en poussant avec ses deux pouces à travers une des plaies, elle arriva à redresser grossièrement le cylindre sur lui-même.

Étonnement, parce que quand même, on se serait attendu à ce qu'une pièce de métal d'un vaisseau allant sous terre soit plus solide, mais c'était tout de même vrai qu'elle s'était tordue au départ sans que l'on ne puisse vraiment en expliquer la raison. Satisfaite du résultat, elle déposa la pièce et tenta d'attraper un bout de scotch -c'est un peu difficile lorsque vous avez les doigts graisseux.

-J'aurais besoin de vos mains délicates pour cette tâche si cela ne vous pose pas trop problème, fit-elle en levant les yeux vers lui, plantant son regard on ne peut plus sérieux -enfin, aux vues de la situation- dans les fentes de son masque. Après je vais essayer de trouver un moyen de la faire tenir et tout ce qu'il restera à faire, c'est de fermer tout ça et mettre la clef dans le contact.

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