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 I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]

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Morgane E. Adams
♠ Scarlet Psychopathy

♦ Inscription le : 07/05/2010
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♠ Humeur : Humeur glacée à la framboise.
♠ Emploi(s) : Rêveuse totale.
♠ Nationalité : Amenthalysien
♠ Karnevale : Maîtrise de l'Électricité -> Utilisation des charges électriques à disposition pour créer et manipuler l'électricité sous ses différentes formes.
♠ Sexualité & Statut : Sexualité totalement inconnue - Amoureuse rêveuse de Siam Pain.
♠ Mon rêve : Briser ce Monde de mes rêves.
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MessageSujet: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Dim 20 Mar - 14:01


«Your pride has built a wall... so strong.»

Elle avait la terrible envie d'exterminer tous les oiseaux qui, au-dehors, prenaient un malin plaisir à piailler. Elle ne les voyait pas, mais elle les entendait, le son de leur chant emporté par les rayons matinaux du Soleil. Encore. Elle restait cachée sous sa couette, comme à son habitude. Mais peut-être avec encore plus d'acharnement que les autres jours. Elle s'agrippait à la douceur de ses draps, dans ce petit monde sombre et duveteux. Elle restait les yeux fermés, comme pour essayer de se mentir à elle-même en se disant qu'elle dormait encore. Malgré tout, elle ne pouvait pas ne pas entendre ces affreux oiseaux, elle ne pouvait pas ne pas voir la lumière qui découpait le tissu qui la recouvrait de son éclat. Et elle ne pouvait pas ignorer le son de la pendule rose qui était accrochée au mur et qui chantait chacune des secondes qui tombaient mécaniquement dans l'oubli. Elle avait de plus en plus de mal à se lever le matin, de plus en plus effrayée de devoir quitter sa douce protection de soie rosée. De plus en plus, sa peur du Monde qui l'entourait grandissait et sa rupture avec la réalité n'en était que bien plus totale. Et même ces nuits dans lesquelles elle tentait de se réfugier l'abandonnaient, se faisant de plus en plus courtes, de plus en plus vides. Elle ne rêvait plus. Et à cet instant, même ses horribles rêves qui la terrifiaient lui manquaient. Finalement, elle soupira. Comme tous les autres jours elle n'avait de toute façon pas le choix. Elle aurait pourtant bien aimé l'avoir, pouvoir rester dans son lit toute la journée, toute sa vie, sans avoir à se préoccuper du Monde qui continuait sa tranquille marche autour d'elle. Mais c'était impossible.

Une petite main pâle agrippa la couette rose et la jeta à l'autre bout du meuble. Morgane émergea avec lenteur et sans envie de son nid et se leva difficilement, posant ses pieds nus sur le sol froid. Sa tête tournait et elle avait la nausée, comme tous les jours ces temps-ci. D'un pas lourd qui trahissait sa mauvaise volonté, elle alla se poster devant la grande glace qui se trouvait dans l'un des coins de la pièce. Histoire de s'écœurer un peu plus. Elle resta un long moment figée devant sa pitoyable image, analysant la moindre partie de son corps. Elle n'avait même plus la force d'avoir ne serait-ce que la volonté de briser cette immonde reflet. Un reflet qui montrait une jeune demoiselle pâle et fragile vêtue d'une petite robe blanche froissée et qu'elle devait posséder depuis des années, celle-ci étant maintenant trop petite pour son âge. Un reflet qui montrait un visage hideux, un visage caché par des mèches blondes chaotiques qui bouclaient légèrement à leur pointe dans un désordre cacophonique et qui essayaient de masquer en partie ce visage de par leur allure décoiffée. Mais c'était impossible de ne pas voir ces deux yeux. Son œil gauche semblait être mort une nouvelle fois, sa lueur déjà faiblarde s'étant encore un peu plus éteinte; et son œil droit semblait faire tous les efforts du Monde pour le rejoindre. Sous ces deux flammes éteintes se dessinaient de larges cernes, preuves de son incapacité à trouver le sommeil depuis plusieurs semaines. Elle se désespéra de ne même plus être capable de réagir à ce triste spectacle.

Finalement, elle se décida à se rendre dans une autre pièce, traînant derrière elle Mr. Rabbit dont les vêtements avaient également perdu de leur splendeur. Même les murs du Manoir étaient devenus silencieux et semblaient fades, à l'image de leur propriétaire. La demeure toute entière semblait chanter silencieusement une mélopée du désespoir. Quelle tristesse.

Morgane se laissa tomber sur sa chaise qui trônait toujours mais avec moins de fierté désormais au bout de la longue table qui restait figée, toujours dressée des mêmes couverts depuis des jours. Comme si elle attendait quelqu'un pour lui tenir compagnie, pour lui redonner un sourire qui lui semblait désormais bien loin. Mais personne ne venait, et seul Mr. Rabbit restait à ses côtés, ses pattes mauves posées sur ses petits coussins de velours. Elle, elle regardait les pâtisseries qui attendaient patiemment au centre de la petite assiette qui était posée devant elle. Mais cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle avait perdu son appétit. Sa gorge était continuellement nouée et elle avait parfois même du mal à respirer.

Elle restait là, sans savoir quoi faire. Arrachant tous les jours une nouvelle page d'un calendrier qui marquait le temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois.

Et cette hideuse scène avait un immonde goût de déjà-vu qui lui donnait envie de vomir.






Spoiler:
 

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Siam Pain
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Dim 27 Mar - 21:48

Découvrez la playlist Rabbit's Thème avec Scorpions



Fight, babe I'll fight,
To win back your love again.

Il poussa subrepticement la porte dont l'entrebâillement semblait appeler sa curiosité juvénile. Les gonds surannés émirent un grincement plaintif à l'instar d'une mise en garde désespérée. Le Chasseur n'y prêta point attention et se glissa dans la grande pièce avec une rancœur refoulée. Il n'avait pas tenu à parcourir de nouveau ce labyrinthe de couloirs sombres, ce mégacosme effrayant qui le détachait de Sphera. Néanmoins, le manoir Adams, hanté par l'absence de ses fonctionnaires, aurait pu faire office d'un charmant lieu d'exil. Il s'avérait cependant que sa première visite avait suffi au Chasseur ; il connaissait désormais trop ce lieu maudit pour y nourrir des désirs de paix et de sérénité.

La salle conservait sa grandeur affligeante, comme celle que Siam lui donnait dans ses sombres réminiscences. Le cœur serré, il passa la porte sans la refermer derrière lui, dans la signification franche de son départ proche. Un couvert avait été dressé sur la grande table ; il suintait déjà la poussière et la vacuité humaine. A quelques mètres de lui, assise en face de ses mets gras, la princesse en nuisette ne semblait pas l'avoir vu entrer – peut-être n'était-ce qu'une impression, il avait toujours dû jouer sur l'hypothèse avec Morgane. Pour cette entrée médiocre, le jeune homme n'avait pas pris la peine de revêtir quelque costume extravagant. Il se présentait dans toute sa sincérité, le cœur dévoré par l'hypocrisie passée.

Close your eyes and you will find,
The passage out of the dark.

Il s'avança davantage jusqu'à atteindre le bout de la grande table et posa une main sur le dossier d'acajou, comme pour trouver un appui. Il ignorait si elle daignait seulement lever les yeux sur lui mais il la regardait. Ses yeux vairons coururent sur les parties du corps qu'il pouvait apercevoir au dessus de la table. Il alla jusqu'à scruter son reflet déformé qui se jetait sur le bois verni, vulgairement esquissé comme pour s'en débarrasser. Chaque molécule de son être sauta dans les airs afin de s'incruster dans son esprit ; il tenait à garder un souvenir d'elle. Bon ou mauvais, peu importait. Une voix ou un silence, inutile. Il souhaitait une image, cette image.

Morgane avait changé ; elle ne demeurait la seule.
Si elle ressemblait à une loque mourante, Siam semblait se déchirer de toutes parts. Ses longs cheveux chutaient dans son dos, s'éparpillant dans les fibres de sa cape. Les lambeaux de cette dernière caressaient le sol. Il ne portait plus sa fourche dans son dos, comme si le diable qui sommeillait autrefois en lui s'était définitivement éteint. L'azur irréel de son œil gauche était renforcé par un hématome qui le soulignait. Il ne portait plus de blanc ; le noir ébène qui couvrait son torse soulignait la maigreur de son corps. L'un de ses poignets, meurtri dans une tentative de défense, était enroulé d'un bandage. Ces blessures superficielles pour un Chasseur n'égalaient en rien son profond traumatisme moral.

Will I die and go to heaven
If life was living hell ?

Il lui sembla retrouver l'atmosphère ancienne, cependant. Malgré les évènements, une seule chose demeurait : le silence. Cet échange de regards dans un calme plat mais serein lui avait manqué. Il savait cependant, au plus profond de lui-même, qu'il le ressentait pour la dernière fois. Du moins, il tentait de s'en convaincre avec acharnement et il conservait dans son cœur meurtri un masochisme légendaire : il tenait à se souvenir d'elle. Il ne voulait ressembler à un piètre héros d'ouvrage à l'eau de rose qui recommandait à sa douce de l'oublier afin de ne point souffrir. Mais les choses étaient différentes : il s'agissait de la réalité, Morgane n'était point sa propriété et elle souffrait bien avant de faire sa connaissance.

Un éclair doré trancha l'atmosphère parme et bondit au dessus de la longue table. L'objet rebondit sur la table et roula sur sa tranche en décrivant de curieuses courbes jusqu'à Morgane. Le bras de Siam retomba le long de son corps.


- Je m'en vais. Je ne reviendrai plus. Tu dois savoir que tout Amenthalys me cherche...ah non, c'est vrai, tu l'ignores...


Il soupira. Ses séquelles dues à la torture rendaient son élocution difficile.

-Les Traqueurs me recherchent et pour ma survie je me dois de m'enfuir. Je ne tiens pas à détruire mon corps plus qu'il ne l'est déjà. Je vais m'exiler à Karnevale Avenue et ne serait de retour que lorsque ce régime pourri. C'est bien dommage, je comptais te faire découvrir cette ville un jour, mais tu sembles difficilement d'adapter à l'extérieur. Je suis venu te dire...te dire Adieu.

L'objet buta contre le plat de pâtisserie et se stabilisa sur sa largeur. Il s'agissait d'un souvenir de sa condition obsolète.
C'était un œil du lapin mauve.
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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Lun 28 Mar - 18:49

Crush...Crush...Crush...


L'image qui se reflétait sous ses yeux lui semblait être la représentation abstraite d'une vieille photographie. Une vieille photographie que l'on était en train de brûler, avec soin et patience. Seule son image à elle semblait subsister, avec mal, alors que les contours brumeux de Siam s'estompaient. Ses crocs vinrent rejoindre ses lèvres alors qu'elle les mordait dans un réflexe plaintif et frustré. Elle s'imaginait essayant d'éteindre en vain les flammes noires et brûlantes qui avaient décidé de calciner sa vie toute entière, sans lui laisser la moindre chance de profiter plus de quelques minutes des rares moments qui lui semblaient être agréables. C'était maintenant clair et certain. Le Monde tout entier semblait lui en vouloir et le Monde tout entier semblait trouver un plaisir malsain dans le fait de lui prendre tout ce qu'elle essayait de posséder, de garder près d'elle, dans ses bras. Ses mains se fermèrent et se crispèrent un peu plus sur ses genoux nus. Que pouvait-elle bien faire ? Elle était là, et elle ne pouvait que contempler des faits, inéluctables. On la mettait face à eux, sans aucune culpabilité. Elle ne pouvait rien faire, elle n'avait jamais rien pu faire. On ne lui laissait jamais rien faire non plus. Elle essaya de respirer entre ses lèvres, mais cet effort et ce souffle sifflant lui pincèrent le cœur. Un cœur déjà faible qui semblait désormais être confronté à tous les malheurs possibles en ce Monde.

Ses yeux ternes se posèrent sur cet autre œil qui semblait la fixer. Une ruine, une dépouille d'un rêve déjà brisé et poussiéreux. Elle leva avec lenteur et silence sa main droite afin de prendre la carcasse entre deux doigts. Elle l'observa un instant avant de finalement essayer d'appuyer dessus, pour le briser. Malheureusement, l'objet était visiblement d'une matière peu encline à se faire détruire par les maigres forces d'une pitoyable sociopathe. Tant pis. Sans réelle colère ni frustration, sa paume toute entière se referma sur l'œil qui glissa dans le creux de sa main. Elle se sentait condamnée, et elle commençait à se dire que toutes les personnes qui créaient un lien avec elle étaient également immédiatement maudites par sa seule fréquentation. Elle ne pouvait pas lui en vouloir... Il était bien difficile de vouloir garder un tel boulet dans sa vie. Personne ne le voudrait. Toutefois, s'il s'agissait bien là de leur tête-à-tête final, elle se devait, à son tour, de montrer à Siam son Monde. Celui qu'elle a toujours connu. Pas de mise en scène. Simplement elle. C'est ce qu'elle voulait. S'il devait avoir une dernière image de sa pauvre personne, elle préférait qu'il s'agisse au moins d'une image véritable. Il comprendrait.

Elle se leva, prenant Mr. Rabbit sous son bras et l'appuyant contre son cœur, attrapant la main de Siam de sa main libre. Elle l'entraîna vers l'un des fonds inexplorés de l'immense salle afin d'accéder à une porte qui semblait jusqu'à maintenant invisible. Elle grinça avant de pivoter et de découvrir un escalier de marbre qui s'enfonçait dans l'inconnu d'un étage sombre. Morgane grimpa sur la première marche, puis sur la seconde, dans une mélodie lancinante et régulière. Puis finalement, au bout de tout cela, un long couloir, encore un. Et au bout de celui-ci, une petite porte, sombre, vers laquelle Morgane se dirigea. Elle tourna l'imposante clé rouillée qui fermait la serrure afin d'ouvrir la porte dans une atroce et grinçante cacophonie.

C'était une très petite pièce qui, malgré le jour, était plongée dans la pénombre car privée de fenêtre. Mais Morgane la connaissait bien. Elle lâcha la main de Siam afin de l'occuper à actionner le mécanisme de la lampe à huile dont les contours se devinaient sur le mur. La lumière fût.

La première chose qui sautait aux yeux incrédules de l'étranger qui pénétrait cette pièce était évidemment la forme décharnée qui pendait juste en face de ses yeux mais qu'il n'avait jusqu'alors pas remarqué. Juste en face des yeux de Morgane se trouvait une petite poupée déchirée qui se balançait dans un rythme macabre, pendue au plafond. On semblait s'être acharné sur la pauvre chose de tissu et l'on pouvait même deviner des traces de profonde morsure. La deuxième chose que l'on remarquait, après cette première surprise, était que la poupée n'était pas seule morte dans cette pièce mais que d'autres êtres pelucheux à la tête déchirée semblaient voler dans les airs. La troisième chose était probablement la plus remarquable. Sur les murs qui devaient être autrefois blancs dansaient des inscriptions incompréhensibles, des morceaux de phrases haineuses dans lesquelles Morgane semblait essayer d'hurler son dégoût du Monde, de larges lettres isolées, des dessins macabres ou sans aucun sens que l'on devinaient tracer avec une effroyable rage et qui essayaient de représenter le plus fidèlement possible des bribes de rêves de la demoiselle. Toutes ces inscriptions, d'un rouge éclatant, semblaient avoir été tracées avec du sang. Cette hypothèse, bien que glauque au possible, n'était peut-être pas si improbable que cela à la vue de la paire de ciseaux qui était posée sur le sol et dont les lames n'étaient même plus blanche mais bien écarlates. Sur celles-ci se dessinaient des tâches, plus ou moins fraîches. Mais l'on pouvait deviner que les ciseaux avaient été utilisés il y a peu de temps.

Et, sur le mur juste en face de Siam et Morgane, au milieu de ce chaos ambiant, de cette horreur apocalyptique, les seuls dessins tracés avec soin. Une représentation fidèle et précise du visage de Siam accompagné d'un cœur sanglant aux courbes parfaites. Enfin, c'est ce que l'on pouvait essayer de deviner en-dessous des ratures rageuses qui les recouvraient. Il semblait que l'œuvre avait été barrée d'une croix, elle-même barrée à la suite comme pour essayer de l'effacer avant que cette correction soit elle-même de nouveau recouverte d'une gigantesque dose de rage carmin.


«Moi aussi, je suis prisonnière...»

Morgane fit un pas dans la pièce puis se baissa pour ramasser la paire de ciseaux, jetant par la même occasion un regard aux coupures qui commençaient à peine à se refermer et qui bariolaient avec colère ses avant-bras.

«Sauf que moi...»

Elle s'approcha du mur, posant une main tremblante sur le dessin, sa paume glissant encore un peu sur le sang qui ne semblait pas avoir complètement séché.

«...Personne ne veut venir me libérer...»

Elle baissa la tête, les yeux fermés, au milieu de cette sombre incarnation de son malheur. Sa main se crispa davantage sur les lames ouvertes des ciseaux, entaillant légèrement sa peau.

Siam...

L'aimes-tu vraiment...?

...Sinon...

...Égoïste!






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Lun 28 Mar - 22:01

Oh, it's your fuckin' Nightmare.


Le contact de la menotte blanche avec la sienne le fit tressaillir. Il entrelaça maladroitement ses doigts avec les siens comme pour être sûr de ne pas la lâcher. Ils devaient se séparer, certes, mais pas tout de suite. L'abandon était une chose cruelle, davantage si l'indifférence le renforçait. Il ne put opérer la moindre étreinte même s'il l'avait voulu, car son poignet blessé l'en empêchait désormais. Ainsi le seul lien qui assurait l'existence de leur couple macabre se révélait d'une faiblesse tragique et en même temps terriblement ironiques. Ils déambulèrent de nouveau dans les couloirs, Morgane guidant Siam comme autrefois, dans une rétrospection qui aurait pu lui étirer un sourire. L'apparence hideuse conférée par leurs séquelles respectives leur donnait le rôle de misérables pantins ballotés par les flots du destin. Lorsque l'on avait demandé à Siam s'il croyait en quelque Dieu, il avait imaginé un gigantesque jeu d'échecs avec des êtres humains comme pions et un grand homme, âgé, qui déplaçait les pions selon ses désirs.

On en avait rit, on en riait sûrement encore. Néanmoins Siam ne pouvait plus rire ; pas d'une telle chose.
Ils pénétrèrent dans un placard à balais à l'image d'un tombeau dans lequel on eût exercé quelque terrifiant rite relevant du satanisme. Les yeux voilés de Siam embrassèrent les murs déchirés d'inscriptions haineuses, naissantes ou obsolètes. La lueur de la lampe tremblotait dans l'atmosphère, jetant des ombres tordues et élargies sur les inscriptions morbides. On eût pu imaginer le grincement atroce qui pouvait accompagner la macabre danse des pendus. Le regard du Chasseur se posa sur chacune des victimes qu'il détailla précisément et malgré le caractère horrifiant de cette scène singulière, il réprima un sourire sarcastique.

Cette pièce avait un air de déjà vu.

And it seems that I'm buried alive.


Ses jambes se dérobèrent sous son poids tandis qu'il posait ses yeux sur l'icône que Morgane avait griffonné à son effigie, sur le mur en face de lui. Ses jambes meurtries se recourbèrent sous son tronc en une parodie d'amazone. Pendant quelques secondes, il observa ses traits, avant que son attention ne dérive sur les contours d'un cœur longtemps travaillé. L'éloquence aurait pu lui brûler les yeux tant elle saillait parmi toutes les œuvres sadiques de la demoiselle. Dans la mare de cet art dégénéré se détachait un portrait emprunt d'un calme et d'une sérénité que Siam ne connaissait pas à Morgane. Il l'avait en effet toujours vue pleurer et crier. Jamais il n'avait pu observer dans son unique œil la moindre onde paisible.
On eût dit que Morgane dévoilait dans cette pièce un journal intime qu'elle rédigeait depuis des années.

Alors que la demoiselle saisit une paire de ciseaux afin d'embellir, certainement, le portrait carmin de son amant désespéré, Siam baissa la tête. Un soupir à peine perceptible filtra entre ses lèvres. Il fixa sans la voir une longue mèche violette qui se balançait devant ses yeux au rythme de son souffle presque inexistant tant il demeurait faible.

-Pourquoi me montrer ça, maintenant ? Pour que je déplore ta cause alors que je me consume un peu plus à chaque seconde ?


Il releva la tête, un sourire faible esquissé sur ses lèvres violettes.

So, die alone.

-Tu es prisonnière mais en même temps tu ne sembles pas chercher à t'en sortir. J'ai connu la prison et je la connais encore, sous une autre forme... Je ne peux pas rester ici à tenter de rattraper une âme que tu plonges volontairement dans la haine et la souffrance. Regarde-moi, Morgane, enfin ! - Il écarta tristement les bras – Je cherche moi même à me relever et à m'en sortir, je ne peux pas te faire passer avant moi, pas cette fois. Quand à ce spectacle morbide...

Il désigna d'un geste dédaigneux la paire de ciseaux qui entaillait sa peau.


-J'ai changé mais pas rajeuni. Ton comportement est profondément juvénile. Dans une histoire, on ne peut pas trainer l'autre comme un fardeau, on doit évoluer ensemble. Ce n'est pas possible si tu ne veux pas t'en sortir. Ce n'est pas en te taillant les bras devant moi que cela va m'empêcher de partir : au contraire, ça m'encourage. Je ne veux plus de ces visions d'horreur, c'est pour les fuir que je quitte Sphéra.

Ses yeux basculèrent sur le portrait déchiré d'une croix rageuse.

-J'ai été égoïste, et pourtant tu m'as aimé avec ça. Ne tente pas de me faire changer. Si tu m'aimes encore, tu arrêteras ton cinéma.

Il secoua la tête, faisant voleter des mèches violettes autour de son visage décharné.

-Je t'aime avec ta solitude, avec ton amour des peluches, avec ton intelligence et ton Karnevale dévastateur. Je ne peux pas continuer à t'aimer si tu te bornes à t'enfermer hors du monde de Sphera. Si Sphera ne te plaît pas...


Une main maigre se tendit dans sa direction. Suppliante.

-Pourquoi ne le quittes-tu pas avec moi ?
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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Lun 28 Mar - 23:14

Trapped in purgatory.

Et soudainement, elle sentit que son cœur aurait pu immédiatement, à cet instant, s'arrêter. Ses paupières se rouvrirent légèrement, suffisamment pour lui permettre de distinguer les traits floutés de ses dessins sanglants. Elle soupira presque. En tout cas, elle l'aurait bien voulu, mais elle n'y parvint pas. Alors, il en était ainsi... À cet instant, elle aurait pu absolument tout laisser tomber, pour une dernière danse morbide, un dernier sommeil. Venir ici avait probablement été une terrible et sombre erreur. Elle n'est pas idiote pourtant, elle aurait dû aisément le deviner. Qui donc aurait pu supporter cette vue pathétique d'une pièce où tout est simplement «trop» ? Un concentré de tout ce qui se fait de plus mauvais théâtralement parlant, une soupe immonde de tout ce qui se fait de plus cliché. Mais après tout, c'était vrai. Elle n'était pas folle, la pauvre petite dégénérée. Elle s'amusait juste. Évidemment. Toute psychopathe qu'elle était, cela la faisait rire. Quelle allégresse. Elle se complaisait dans sa douleur et dormait paisiblement dans sa macabre exagération. C'était cela.

«NON!»

Son cri, réflexe et finalité de ses réflexions personnelles, lui déchira la gorge. Son exclamation la brûlait alors que sa voix se brisa sur le tout dernier son qu'elle hurla et lui imposa une atroce quinte de toux. Il était là, son cœur, à vouloir sortir de ses entrailles pour venir mourir à l'air libre, pour brûler au Soleil. Sa main se referma en un poing rageur qui vint frapper sur le mur, éclaboussant légèrement son visage. Elle laissa tomber l'œil alors qu'elle essayait avec mal de reprendre son souffle. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Non. Ce n'était pas ça, la vérité. Non. Justement ! Elle en avait tellement assez de jouer à la folle petite fille parfaite, qui gardait tout son mal au fond d'elle. Elle voulait le partager, véritablement. C'était important pour elle. C'était immense, gargantuesque d'émotions. Mais non. Tout ce qu'elle faisait de toute façon ne pouvait pas marcher. Laissant son poing traîner sur le mur, laissant une ligne effrayante de sanglante régularité sur son passage, elle laissa son bras retomber mollement. Elle serra un peu plus son poing sur les lames des ciseaux avant de finalement les jeter à terre avec rage, ne supportant pas la douleur pour la première fois. Laissant à l'air libre les sillons que l'outil venait de réaliser au creux de sa paume blafarde. L'image en était presque poétique. Vision écarlate sur peau de marbre, le contraste était magnifique. Morgane reprit une grande inspiration, comme pour essayer de regonfler ses poumons et même si ceux-ci lui faisaient atrocement mal, malgré le fait qu'ils mettaient une effarante mauvaise volonté à se gonfler et se gorger d'air. Elle se retourna lentement afin de pouvoir poser son regard sur le visage de Siam.

«Non... Non... Tu ne m'aimes pas... C'est pas vrai...»

Sa voix était éraillée, meurtrie par sa gorge qui la dévorait encore. Dans un réflexe pudique, elle enfouit son visage dans ses mains, malgré le fait que celles-ci soient souillées de tout ce sang hideux. Elle se mit à sangloter et, même si cela commençait presque à devenir une affreuse habitude, ses plaintes n'étaient pas aussi fictives que le Monde entier voulait le faire croire.

«C'est pas vrai... Si... Si c'était le cas... Tu accepterais tout ça... N'est-ce pas... Parce que... Parce que...»

Elle tressaillit. Son discours lui semblait ridicule, tellement remplis de justificatifs idiots et inutiles.

«Il est là mon Monde... À moi... Parce que... C'est moi... Tout ça... Tout ça je... Je voulais te le montrer... Comme tu m'as montrée... Ton Monde...»

Elle releva légèrement son visage grossièrement barbouillé de chaotiques tâches rougeoyantes. Elle n'arrivait pas à s'exprimer correctement. Elle essayait juste de lui faire comprendre, de lui faire réaliser que tout n'était pas simple comédie. Il devrait pourtant en être capable désormais, fort des sévices que la société est capable d'imposer. Il devrait pouvoir la comprendre maintenant, comprendre que parfois, on ne pouvait pas toujours avancer lorsqu'on le décidait. Que parfois, il y avait des démons desquels il nous était impossible de nous débarrasser. Elle essaya de se calmer entre deux sanglots et tremblements. Malheureusement, elle, elle ne pouvait pas décider, comme ça, de fuir. Il s'agissait là du combat de toute une vie.

«Alors... Qu'est-ce que je peux faire moi... Pour fuir tout mon être...»

Elle s'avança en se tenant aux poupées qui jonchaient le chemin, immobiles dans les airs. Elle s'y appuyait et elles semblaient la soutenir. Elle s'avança, mais elle s'arrêta juste devant la main tendue de Siam.

«Et puis...»

Son regard vide se figea sur cette main faiblarde alors qu'un calme relatif pénétrait le corps de la demoiselle atroce et pathétique.

«Ne serai-je pas toujours un poids, quelque soit l'endroit où nous serons ?»

Elle releva ses yeux, soudainement animés au fond d'eux d'une sorte de paisible rage, et les plongea dans ceux du jeune homme.

«Si c'est bien ainsi que tu as décidé de me voir, si c'est bien sur cette image et ces mots que tu as décidé de t'effacer...»

Son bras se leva et elle désigna la porte encore ouverte qui attendait derrière eux.

«Il vaut peut-être mieux que tout ce «cinéma» -elle insista avec dégoût et dédain sur ce mot- s'arrête, tu ne crois pas ?...»

Elle baissa la tête dans un nouveau sanglot silencieux, même si l'on devinait aisément un sillon de larmes qui dévalait sa joue, le bras toujours tendu en direction de la sortie.

En réalité, même elle ne croyait pas aux paroles qu'elle venait de prononcer.

Au fond d'elle, au milieu de ses pleurs discrets, elle espérait encore.






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Siam Pain
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Mar 29 Mar - 20:37

Ich liebe dich.
Ich liebe dich nicht.
Ich liebe dich nicht mehr.

Le spectacle qui se déroulait devant ses yeux – car il n'y avait d'autre mot pour définir leur entrevue – relevait purement et simplement de la tragédie. Le cri de Morgane, cinglant comme le chant d'un cygne, lui vrilla les tympans. Il semblait si sourd, si inhumain...Le corps de la jeune fille, balloté au rythme des sentiments qui la submergeaient avec violence, donnait à Siam l'impression d'une mutation. Sous la surprise, mêlée d'une frayeur trop connue, il s'était légèrement reculé, traînant son pauvre corps disloqué sur le sol. Le désespoir s'extirpa comme le souffle d'une bombe hors de la gueule béante de Morgane et dévala sa gorge. Un silence glacé suivit l'écho de cet appel fatal. En l'espace d'un instant, Siam avait bien cru que son cœur allait cesser sa course folle et s'endormir définitivement dans sa poitrine désormais si fragile. Alors, comme pour protéger l'organe, il posa une main disloquée, grise d'une agonie passée, au niveau de son sein gauche.

Lorsque Morgane s'avança vers elle, devenue sombre pantin comme ceux auxquels elle s'appuyait afin d'adopter une marche plus ou moins digne, il craignit le pire. Quand bien même elle s'était rageusement débarrassée des ciseaux, soudain dégoûtée de son comportement, il lui restait le pouvoir dévastateur de son Karnevale foudroyant. Il faillit retirer sa main mais la demoiselle damnée sembla y chercher quelque chose. L'amour de Siam ? Un nouvel appui ? Un autre prétexte pour décupler sa rage juvénile ? Il ne sut le dire. Morgane quand à elle, prononça devant Siam les plus longues phrases qu'elle avait daigné soufflé depuis qu'ils se connaissaient.

Hab' keine Lust mich zu wiegen,
Hab' keine Lust im Fett zu liegen.

Une lente litanie, épilogue à une longue agonie. Elle prit enfin conscience. Elle se souvint. Enfin.
Le Chasseur déchu baissa quelques instants les yeux avant de prendre appui sur ses maigres bras pour se relever. Morgane s'élevait à une taille déjà supérieure à la sienne mais désormais Siam adoptait une stature légèrement courbée ; il paraissait si vieux, si minuscule...Alors que les dernières paroles de Morgane résonnaient encore dans son esprit, il acquiesça sombrement, d'un simple signe de tête.

-Je crois que tu as raison. Cessons tout ce cinéma. Maintenant.

Et sans autre forme de prologue, il tourna les talons. Puis il se dirigea d'un pas vacillant vers la sortie de la pièce. Lorsqu'il parvint enfin sur le pas de la porte, il considéra le couloir sur lequel elle donnait et qui sembla tout d'un coup bien lumineux. L'air demeurait plus respirable, un parfum d'absence et d'humanité banale s'exhalait des objets disposés sur les étagères : la vie. Les paupières de Siam s'abattirent devant ses yeux vairons. Il inspira profondément, encadré par le pas de la porte. Ses pensées vacillaient au rythme de ses jambes, au rythme de sa respiration et des battements de son cœur fatigué.
Siam ouvrit les yeux.
Et ferma la porte.

Morgentsern ach, scheine,
Sag mir ich bin nicht allein.
La pièce n'était désormais éclairée que par la triste lampe à huile, ce qui conférait à cet antre une ambiance d'autant plus terrifiante. Siam se détourna de la porte comme on se détourne d'un chemin de vie et s'approcha de Morgane. En silence. Paisiblement. Une fois qu'il fut arrivé à sa hauteur, il saisit les deux mains de sa compagne et l'intima à s'asseoir au sol avec lui. Il replia ses jambes fragiles sous ses cuisses. Le visage de la Karnevalienne, brodé d'ombres tremblantes paraissait fatigué. Les sillons de ses larmes, aussi solitaires qu'ils étaient sincères, scintillèrent à la faible lueur qui les privait de l'obscurité complète.

-Je comprends cette preuve d'une confiance immense : j'imagine que peu de personnes ont eu l'occasion de pénétrer dans cette pièce. Je suis inconsciemment honoré de cette visite mais cet univers si étrange...me rappelle le mien,
avoua-t-il d'une voix sombre. Non, je ne parle pas d'Opale mais de mon propre esprit. Après tout, tu écris sur les murs ce que tu ressens. Tu t'exprimes...en quelque sorte.

Afin d'éviter que les Karnevaliens capturés ne meurent durant les série d'expérience qu'on leur fait subir, on les enferme dans le noir complet, dans une cellule hermétique empruntée à la technologie Alzenienne. Les murs de ces dernières...sont entièrement rembourrés. On évite ainsi de se faire du mal physiquement. Puis on est enfermés dans un cocon de tissu...que j'ai réussi à déchirer alors que je maîtrisais encore mon Karnevale...Puis...J'ai commencé à tisser des peluches afin que mon esprit ne se perde dans le néant des ruminations...Quand Fredrika est venue me chercher on a pu éclairer la cellule.

Sa gorge se serra.

-Des dizaines de poupées jonchaient le sol.

Asche zu Asche
und Staub zu Staub.

-Mon caractère a évolué. Bien ou mal, je ne sais pas et je m'en fiche. Nous sommes désormais profondément similaires, je comprends ta douleur, ta peine, ton univers. Je comprends que tu me montres ton environnement de vie, que tu me montres ce que tu ressens. Ce qui me tue, c'est que j'ai l'impression que tu t'emprisonnes volontairement dans quelque chose alors que j'ai moi même trimé pour me délivrer. On ne sort pas vivant des prisons d'Amenthalys, on perd sa raison et sa volonté de vivre. On perd tout. Mais si j'ai tenu, si je ne me suis pas abandonné à la souffrance et au harcèlement...c'est... c'est parce que je t'avais, que je pensais...à toi.


Il acquiesça afin d'appuyer ses propos.


-Tu dis être un fardeau. D'accord. Ce qui compte pour moi, c'est si tu veux le rester ou non. C'est là toute la différence. J'aime ton univers Morgane parce que je vois en toi quelqu'un qui me comprend enfin, quelqu'un que j'ai envie de connaître. Mais cesse de te victimiser ainsi. Cesse d'imaginer ce que je peux penser. Je ne te jugerai jamais. Jamais.

Je t'aime comme tu es, avec cette inconscience juvénile. Je t'accepte avec cette aura sombre et mystérieuse. Tu m'effraies comme tu me fascines. Arrête de te faire du mal, de te lacérer ainsi. N'offre pas ce spectacle désolant à quelqu'un qui t'aime et apprend plutôt a venir lui parler quand tu te sens mal. Apprends à poser des mots sur tes sentiments. Et si à l'avenir tu as quelque chose à cracher sur un mur...


Il tendit la main pour saisir son menton et approcha lentement son visage du sien.

-...crache-le moi à la gueule.
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Morgane E. Adams
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Lun 25 Avr - 16:57

This is the last second chance.

La Peur. C'était, à ce moment, ça qui s'écoulait dans ses veines, alimentait son organisme avec sa régulière dose d'effroi. La Peur. Elle lui montait à la tête et se prolongeait jusqu'à son bras tendu et tremblant. Elle tremblait, la pauvre chose. Elle tremblait parce qu'elle avait peur que tout s'arrête, maintenant. Par sa faute. Encore une fois. Elle tremblait, et la Réalité semblait donner raison à ses craintes, les matérialisant dans cette atmosphère désespérée. Elle se voyait déjà en train de rester là, immobile, la tête baissée et les yeux rivés sur le sol, écoutant impuissante le son de pas qui s'éloignent, désireux de fuir tout ça. Désireux de fuir cet être immonde. Elle s'imaginait déjà, de nouveau et pour toujours seule, debout au milieu d'une mare de son propre sang. Sans valeur. Sans signification. Sans sens. Aucun. Elle s'imaginait déjà en train de s'époumoner vainement, essayant de toute son âme brumeuse de réparer ses propres erreurs. Mais elle le savait déjà, elle savait d'avance. Tout était terminé et tout était perdu, à jamais. Et puis, à ce moment, il n'y eut plus que la faible lumière de la lampe pour éclairer ses pensées.

Dans cet obscur silence, elle écoutait son souffle glacial et glaçant, irrégulier et douloureux. Elle laissa doucement retomber son bras, se disant que la fin avait enfin été écrite et qu'elle était de nouveau abandonnée dans ses propres ténèbres. Mais ses sombres sentiments se brisèrent en plusieurs morceaux d'ébène lorsque ses mains de neige écarlates furent captives de cette relative chaleur humaine. Elle releva les yeux vers ce visage qui semblait tellement irréel, éclairé par cette insidieuse lumière. Ses yeux voyaient, et pourtant elle n'arrivait pas à comprendre. Elle n'arrivait pas à réaliser. Elle ne se rendait pas compte qu'on ne l'avait pas abandonnée, délaissée. Jetée.

Du discours qu'elle entendait elle ne savait quoi penser. C'était tellement difficile pour elle de se convaincre que tout ceci était vrai et ne tenait pas du mensonge. Elle avait déjà eu le sentiment d'avoir été trahie une fois. Cela pourrait très bien être le cas ici aussi. C'est ce dont elle essayait de se convaincre, comme pour ne pas voir ses illusions brisées une nouvelle fois. Mais au fond d'elle, elle voulait être naïve, y croire et y plonger complètement. Essayer d'y croire. Juste une fois. Faire confiance à toutes ces belles paroles.

Elle resta un instant la bouche entre-ouverte, les yeux rivés sur le visage de Siam, si proche du sien, retenant presque sa respiration. Les lèvres tremblantes, elle avait réussi à maîtriser le flot de sa tristesse, elle avait réussi à faire disparaître cette image honteuse. Non, elle ne voulait pas rester comme cela. Elle le savait. Elle n'allait probablement jamais pouvoir changer, évidemment. Mais elle espérait au moins qu'elle pourrait désormais se lier à quelqu'un sans n'être qu'un boulet qu'il faudrait traîner avec dégoût. Elle mordilla un instant sa lèvre inférieure, prenant dans la sienne la main qui était déposée sur son visage, la serrant un moment, comme pour s'assurer qu'elle n'allait pas s'envoler.

Puis elle la lâcha et se leva, chancelante, afin de se diriger vers cette porte qu'elle ouvrit lentement. La lumière du couloir lui agressa un instant les yeux avant qu'elle puisse finalement tourner la tête et s'observer dans la glace qui était accrochée sur le mur à ses côtés. Sous ses yeux cernés et ses mèches blondes en bataille étaient désormais tracées d'immondes traces de sang qui recouvraient ses joues et tombaient jusqu'à son cou. Ses mains aussi étaient répugnantes de cette peinture rouge. Elle se retourna en direction de la pièce qu'elle venait de quitter et désigna Mr. Rabbit, pauvre peluche qui attendait sur le sol, dans un soupir.


«Je peux pas... Le prendre... Mes mains elles sont... Sales... Alors... Tu peux... Le prendre pour moi...»

Elle tourna lentement les talons, désespérée de son incompétence.

«...S'il te plait...?»

Sans attendre une réponse, elle se dirigea vers une autre porte qui se dessinait dans le mur du couloir et qui donnait sur une autre salle de bains, qui semblaient nombreuses ici. Se figeant face à un lavabo et à une nouvelle glace. La tête penchée et les yeux rivés sur le filet d'eau qu'elle avait commandé et sur les traces rouges que ses mains avaient dessiné sur le marbre blanc du meuble, elle parlait, comme s'il était là. Ce qui était peut-être le cas. Ce qu'elle espérait, en fait.

«Je... Ne sais pas... Ce que je dois... Faire...»

Cela tenait du murmure haché mais, malgré le son de l'eau qui s'écoulait lentement, sa mélopée restait audible.

«Comment je dois faire... Pour pouvoir...»

L'eau continuait de couler. Transparente. Pure.

«...Aimer quelqu'un...?»

Pourrait-elle nettoyer son Cœur ?






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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Ven 13 Mai - 22:22

Wait & Bleed

Le petit lapin mauve, réplique miniature de son ancien rôle, paraissait fluorescent contre sa tunique sale et déchirée, comme s'il avait été collé sur une photographie retouchée. Lorsque Siam pénétra dans cette énième salle de bains dont Morgane avait investi sa présence, il se sentit décrépi et mal à l'aise, comme s'il n'appartenait pas à ce décor, à ce monde, à ce temps.
Il traina ses pieds nus sur le sol de carrelage froid, n'ayant pas la force de se dresser sur ses pointes afin de ne pas le souiller puis il s'approcha du lavabo et déposa la peluche sur une petite étagère qui recouvraient des cosmétiques édulcorés.

Recroquevillée devant le lavabo, pêcheuse damnée, Morgane semblait se laver de ses erreurs. Néanmoins le sang si vermeil ne voulait se mêler à l'eau, comme si ses fautes se révélaient incurables et indélébiles. Observant les gestes maladroits de la jeune fille, il vint y joindre les siens. Sans permission. Elle ne pouvait plus se vanter de le dominer. Ils se traînaient tous deux le long des murs comme des pantins désarticulés, se cherchant comme ils se fuyaient. Il était temps de mettre un terme à ce jeu létal.

Les menottes du Chasseur, blanches et osseuses, renfermèrent celles de Morgane dans un écrin tremblant avant que ses doigts ne cherchent un petit ovale vert clair posé sur le rebord du lavabo. Ses phalanges tranchantes le firent glisser sur l'émail et il y frotta sa peau usée avant de reprendre les mains de Morgane dans les siennes.
Il semblèrent fixer d'un même regard désespéré l'eau qui s'écoulait dans le lavabo, si claire et si pure, seule marque du temps. Les doigts de Siam coururent sur les paumes fatiguées de la jeune fille, scrutèrent chaque nervure, chaque ligne et palpèrent les rares renflements de chair fraîche et vive. Le savon produisait une mixture d'un blanc légèrement rosé alors qu'il se mêlait avec le sang.

Ainsi contre elle, la tête posé sur son épaule, ses mains dans les siennes, il redécouvrait son contact. La dernière fois qu'il avait touché sa main, c'était dans le magasin de musique, dans le Palais du Conseil à Opale. Alors qu'il écorchait désormais d'une douceur inconnue cette peau juvénile, il se rendit compte de la brutalité de son absence.
Les mains de Morgane, bien que chargées de rage et de sang, le rassuraient.
Lorsqu'il les glissa sous le filet d'eau froide afin de les rincer, la mélopée de Morgane retentit. Les deux circonstances donnaient à cette scène des airs de purgation pathétique.


- Avant de pouvoir aimer les autres, il faut déjà pouvoir s'aimer soi-même.

Before I Forget

Il releva la tête et regarda le reflet de sa tête baissée dans le miroir. Les sillons de ses larmes avaient creusé son visage, farouchement encadré par ses cheveux blonds. Pourtant, elle était belle.

- Regarde-toi. Tu dépéris à vue d'oeil et tu te hais comme tu respires. Les autres ne font qu'imiter l'image que tu as de toi. Si tu te détestes, il ne pourront t'aimer, car tu ne sauras donner une bonne image de ta personne.


Ses yeux coururent le long du sillon qui quittait ses mains pour tomber dans le lavabo, vestige d'une douleur qu'il espérait lavée.

- Mais ne fais pas comme moi : ne te fie pas au regard des autres. Tu finis par devenir ce qu'ils aiment et tu n'es plus toi-même. C'est comme ça qu'on crève stupidement, ajouta-t-il d'un ton dur dans lequel on pouvait presque percevoir un regret.

Il laissa couler l'eau sur les mains de la jeune fille afin qu'elle finisse sa libation et saisit une serviette proche afin de nettoyer les marques cramoisies qu'elle avait laissées.

- Arrête de me demander ce que tu dois faire : tu dois réfléchir par toi-même et fonder ton opinion. Tu dois faire tes choix et regarder loin, dehors. Regarder l'avenir. Je crois que ta cécité vient de là. C'est en se voilant la vue au sens figuré qu'on finit par la perdre.


La serviette atterrit avec force dans une corbeille proche qu'il avait supposée regroupant le ligne sale. Son geste avait été bref et précis, comme s'il avait réellement voulu se débarrasser de ses dernières paroles, d'un poison qui le rongeait.


-Est-ce que tu veux vraiment rester moisir ici ? Est-ce que tu veux rester ce qu'on veut que tu sois ? Une poupée silencieuse, un monstre qui se cache et qui ne dérange personne ? Ne veux-tu pas t'imposer autrement qu'envers des peluches ?

Through the Glass

Il saisit le bouton du robinet et le filet d'eau se rompit. Le silence s'abattit alors sur la petite salle de bains. Du haut de son étagère, impassible, Mr Rabbit regardait la scène. Que pouvait-il bien en penser, si d'après Morgane, il possédait une âme ?
Sa Reine se trouvait désormais bien misérable. Siam avait compris qu'elle se déchaînait sur les objets, les domestiques et les peluches pour mieux refouler la domination et le silence qu'on lui imposait. Si son Karnevale se révélait d'une telle nature et qu'il demeurait si développé, ce n'était pas non plus un hasard : il incarnait la violence refoulée de toutes ces années...Et combien d'années...

La main de Siam se posa sur l'épaule frémissante de la Petite Poupée. Ses yeux scrutèrent encore une fois les prémices de la féminité adulte qui se dessinait sous ses vêtements. Ses doigts exercèrent une légère pression. Ses phalanges blanchirent.
Deux mots, un couple brillant dans l'obscurité d'un murmure.
Une mélopée, supplication, triste ordonnance.


- Réveille-toi.
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Sam 16 Juil - 22:30

People never change.

Sa gorge se noua alors que son esprit se noyait dans les paroles de Siam. Son pauvre cœur, machine d'un autre temps, sembla perdre l'un de ses rouages alors qu'il se soulevait dans sa frêle poitrine. Elle resta silencieuse un long moment, isolée dans son petit monde, comme si le jeune homme n'existait plus, comme s'il se trouvait pour l'instant dans une sorte de dimension qui était inconnue à son esprit dérangé. Ses yeux rouges tremblaient alors qu'ils se perdaient désormais dans les vagues mouvements de son reflet. L'eau s'écoulait désormais de ses mains délavées. Elle les approcha lentement de son visage, laissant le liquide qui s'y trouvait se mêler au sang qui lui peignait encore les joues, se dessinant presque des larmes, maintenant qu'elle essayait de refouler les siennes.

Ses deux lèvres s'entrouvrirent, laissant s'échapper son souffle rosé. D'accord. Elle allait faire comme ça. Semblant toujours ignorer son interlocuteur, elle leva un bras tremblant pour prendre la peluche de Mr. Rabbit. Ses mains mouillées tachèrent la fourrure mauve de l'animal alors qu'elle le serrait contre sa poitrine. Alors qu'elle le serrait comme jamais elle ne l'avait serré. Elle prit une grande bouffée d'un air glacé par le carrelage alors qu'elle semblait écouter les conseils de son compagnon pelucheux.


«Alors, est-ce que je peux me réveiller dans un rêve ?»

Le ton était sérieux. Cela faisait tellement longtemps qu'elle se levait, le matin, frustrée de devoir quitter ses rêves. Si sa vie pouvait en devenir un, peut-être cela changerait-il ? Serrant toujours contre elle sa douce peluche, elle se retourna vers Siam. Elle s'approcha. Elle s'approcha un peu plus, comme prise d'une résolution nouvelle.

«Et... Si c'est le cas... Est-ce que... Tu veux en faire... Partie ?»






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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Sam 16 Juil - 23:07

Elle demeurait presque exaspérante à s'exprimer ainsi, par des énigmes qu'il n'arrivait pas toujours à résoudre. Arriverait-il à soutenir son langage, à l'avenir ? à le comprendre ? à lui répondre ? Elle parut, une fois de plus, si fragile, lorsqu'elle saisit sa peluche comme une bouée...un rêve...un souvenir qui semblait à Siam...Si familier.
Il pencha légèrement la tête sur le côté, paraissant réfléchir, le temps d'interpréter le sens de sa phrase, ne sachant sous quel angle de vue il fallait la prendre et, il devait l'avouer, terrifié par le courroux qu'il aurait à subir si jamais il se trompait.


- Je ne pense pas que qui que ce soit, soit en mesure de te dicter ce que tu dois faire.

Il s'éloigna de quelques pas, afin de pouvoir la contempler dans toute sa morbide quintessence. Tel un oiseau à l'agonie, il écarta quelque peu ses ailes décharnées et crasseuses. Pitié et pathétisme se mélangeaient dans sa gorge tandis qu'il tentait de maîtriser le ton de sa voix.

- Regarde-toi. T'es grande, maintenant. T'es libre. Libre de tes choix. Il faut décider de profiter de cette liberté. C'est tout.


Ah, regarde-toi, corbeau déplumé. Si seulement c'était si simple, peut-être ne serait-elle pas noyée dans cet océan onirique. On dit que les rêves sont une échappatoire, que dis-je, un des plus précieux exutoires. Aux yeux de Siam, les rêves ne semblaient être pour la jeune femme qu'un énième échafaud sur les marches duquel elle s'était arrêtée depuis des années, regardant, d'un unique oeil cramoisi, une corde pendre lamentablement dans le vide.
Morgane s'approcha de lui et la proximité qu'ils entretenaient désormais le fit tressaillir. Il retint son souffle avant que sur son visage blême ne se peigne, au lieu de la peur, une extrême incrédulité.


- Si tu veux, on peut construire une vie de rêve, tous les deux. Il nous suffit...d'aller dans la même direction.


Il est incroyable comme l'être humain peut devenir naïf lorsqu'on lui a arraché tout espoir de vivre.

- Tu m'aimes ?


Si Naïf.
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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Mar 23 Aoû - 16:39

Savior

Elle baissa la tête et ferma les yeux sur un monde noir et brillant d'une lumière chaude. Tic-Tac, disait l'horloge de sa vie, d'une voix mignonne et mécanique. Tic-Tac, répétait-elle encore. Toutes les deux, elles étaient arrivées au bout. La fin d'un voyage sablé. Elle se voyait nettoyer sa robe des quelques grains dorés encore présents, d'un revers de ses mains pâles. Elle soupirait alors qu'elle levait les yeux vers un ciel sombre et étoilé d'une infinité de rouages qui dansaient. Elle tendait une main tremblante vers eux, pour sentir leur contact pelucheux. Elle actionnait leur mécanisme, leur donnant une vie qu'elle n'avait plus. Elle était fatiguée. Elle voulait se reposer maintenant. Les jours ne faisaient qu'aspirer le peu de souffle qu'elle possédait encore. Elle en avait assez. Elle voulait se reposer.

Enserrant sa taille de ses doigts mouillés, elle leva Mr. Rabbit devant son visage, ses grands yeux de plastiques se posant sur ceux de Siam, comme illuminés d'une étincelle dérangeante de vie.


"Elle le dira pas."

Elle agitait la peluche au rythme de ses paroles.

"Elle le dira jamais."

L'animal à la fourrure mauve détrempée s'approcha un peu plus du visage de Siam.


"Tu comprends ? Elle ne peut pas."

Il recula de quelques pas dans le vide.

"Tu sais. Je la connais. Alors il faut m'écouter. D'accord ?"

Déplaçant ses doigts fins sur les pattes de Mr. Rabbit, elle lui fit lever les bras. Quel grand orateur il faisait.

"J'ai toujours été avec elle. Je le serai toujours. Mais elle tient à toi aussi. Énormément. J'espère que tu te rends compte de tout ce que cela représente pour elle, n'est-ce pas ? J'espère que tu en es bien conscient ?"

Sa petite patte toucha le nez de son interlocuteur en signe de dernier avertissement.

"je te la confie. Alors, promets-le moi. Prends soin d'elle. Elle en a besoin."

Il se recula doucement, comme aspiré par les ténèbres, disparaissant dans les bras de Morgane.

"Elle a besoin de toi."

Un dernier murmure alors que la peluche semblait s'endormir. La demoiselle vacilla.

Pour la première fois, elle se sentait libre. Libre de se reposer.

Enfin.






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MessageSujet: Re: I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]   Mer 24 Aoû - 12:51

Il tendit les mains et la serra brusquement dans ses bras, contre son cœur. Malgré la vitesse du geste, il fut aussi doux qu'on pouvait l'être avec quelqu'un que l'on aime. Il sentit le petit cœur battre de toutes ses forces contre sa poitrine comme s'il avait soudain été libéré d'une entrave, tel un oiseau dont on ouvrait enfin la cage pour qu'il puisse s'échapper. Siam enfouit son visage dans les cheveux blonds de Morgane avant de murmurer quelques mots. Les derniers.

-Je ne te quitterai plus jamais.


Il regrettait, certes, mais ce n'était plus la peine de formuler quelque jérémiades puisque désormais il fallait regarder droit devant. Les temps étaient graves. Glacials et peut-être bientôt morts. Siam ne pouvait plus rester à Amenthalys car les Traqueurs le recherchaient. Il ne pouvait pas mettre Morgane en danger en restant avec elle.
Il l'avait promis. Même si c'était pour de l'argent au départ, il l'avait promis.

Sans doute se mettrait-elle à grandir, une fois libérée de ses chaînes mentales. Il ne la connaissait pas assez, aussi étrange que cela puisse paraître. Et, vil masochiste, il comptait bien conserver quelques mystères jamais résolus en ce qui concernait Morgane.
Juste comprendre ce qu'elle aimait, ce qu'elle n'aimait pas, des choix qui pourraient le guider afin de la rendre heureuse.
A commencer par la protéger.

Il se détacha quelque peu d'elle. Quelques secondes. Les paroles de Morgane résonnaient encore dans sa tête, comme une impression indélébile. Rythmaient les battements de son cœur. Le jeune homme, même s'il n'était que l'ombre de lui-même, trouva la force d'un geste bien singulier. Il plaça une main sous ses cuisses et l'autre dans son dos. Puis il la souleva, presque sans peine, sans prêter attention à la douleur qui lui cinglait le ventre.

La portant ainsi, comme une princesse, il quitta la pièce, sans un bruit, sans une parole de plus. Ses gestes parlaient pour lui et il savait à quel point Morgane pouvait les comprendre. La porte de la salle de bain se referma derrière eux et la pièce immaculée reprit son calme d'antan.

Comme si rien ne s'était passé.
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I want to kill my purple love with scissors. [Terminé]

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