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 A croquer! [Suspendu]

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MessageSujet: A croquer! [Suspendu]   Lun 4 Avr - 18:47

L’air embaumait une odeur agréable d’aubépine. Les arbres folâtraient sagement, leurs feuilles frémissantes sous les flux et reflux du vent. Les chênes abordaient un majestueux vert et les sapins plus obscurs laissaient couler à flot leur sève résineuse et collante. Des écureuils aux pelages éclatants de bruns ou, de roux couraient et bondissaient de sol à branches, de ciel à terre à la recherche des glands saisonniers. Les rameaux des cerisiers portaient à leurs doigts osseux des cerises mûres et juteuses. Entre les troncs imposant serpentait un petit chemin de terre sèche bordé par des coquelicots aux collerettes d’un rouge éclatant, des pâquerettes aux pétales blanc immaculée, des jonquilles au cœur d’un tendre jaune, des roses bleues, oranges, noires et encore bien d’autres fleurs sauvages aux milles et une couleurs. Seul un léger brouillard qui flottait en amont venait à troubler la quiétude de ce paradis forestier. Hayden avançait prudemment. Ses yeux exploraient les alentours de manière vive dans une course folle et continue. Des frissons réguliers le parcouraient. Il avait la chair de poule. Nombre de gens, lui, avaient contés les récits de la forêt d’Orphée, mythique jardin d’Eden qui cachait un goût bien âcre. Chaque pas le voyait plus tendu, en proie à une angoisse inexplicable que semblait lui procurer l’endroit lui-même. Il régnait, ici, quelque chose de malsain et de retors. La brume s’épaissit sans prévenir alors qu’il quittait le sentier battu pour gagner la masse ténébreuse des bois. Hayden serra entre ses doigts un morceau de papier froissé rangé dans la poche de son manteau. Un hululement lugubre retentit et la bruine se dissipa. Le paysage qui l’accueillit était autrement plus froid. L’atmosphère transpirait une humidité désagréable et on ne percevait plus le soleil, juste les immenses cimes aux ombres planes. C’était bleu, glacé et perturbant. Hayden se retint de faire demi-tour plus par orgueil que par devoir. Il relâcha le papier et extirpa de sa poche une boussole noire qu’il ouvrit dans un mouvement de clapet sec. Le cadran était de nacre et, dans son corps pierreux, on distinguait des incurvations légères sensées représenter les différents pôles. Les aiguilles de l’objet se mirent à tourner éclatantes de beauté, de diamant et d’or pur. Ce n’est que peu après qu’elles vinrent à se figer tremblantes en direction du Nord. Hayden s’y engagea sans grande hésitation. La boussole lui avait été prêtée par Ardius, son protecteur et un des guérisseurs les plus connus de la citée invisible. Il avait profité du fait qu’Hayden veuille partir en reconnaissance pour lui exiger de ramener une fleur de lys, très rare, qui ne poussait qu’en ce lieu. Hayden doutait qu’une telle plante existe, mais face à l’insistance du vieux sage il n’avait su dire non. Sous son talon une branche craqua et, il grimaça à l’idée d’avoir alerté ne serait-ce qu’un des mystérieux et dangereux habitants du coin. Le souffle court, il prit une démarche plus délicate bien que toujours souple et continua sans préambule, chemin faisant. Il serra la boussole alors que les flèches se tournaient vers l’Ouest. C’était une invention dont il ne connaissait ni l’origine, ni le constructeur, toujours était-il que c’était une étonnante machine, sans doute, fabriquée à l’aide d’un karnevale dés plus insolite. Un bruissement doux lui fit soudain relever la tête suivit d’un battement d’aile affolée et d’un piaillement aigüe. Le calme revint ensuite, pesant. Le rouquin fronça les sourcils et, s’obligea à rester concentré sur les aiguilles qui venaient de changer une fois de plus. Elles avaient basculées sur le Nord Est et l’amenèrent à déboucher sur une petite clairière ronde. Un espace herbeux découvert et vide au centre duquel siégeait un monticule de terre fraîche, là où trônait même une majestueuse fleur de lys vibrante de vie. Hayden haussa un sourcil, c’était trop beau pour être vrai. Cette forêt ne savait-elle décemment pas poser un piège correct ? Mais, depuis quand un bois pouvait-il penser ? Il secoua la tête, navré de son propre ridicule et, s’avança pour s’emparer de la tige soyeuse. L’astre solaire le réchauffa docilement à nouveau apparent alors qu’il sectionnait la queue de la plante avec précaution. Il l’enveloppa dans un mouchoir, puis la glissa dans sa veste prenant garde à ne pas l’abîmer. Tout cela était trop simple. Il se massa la nuque et rebroussa chemin, non, sans soupirer d’ennui. En ce moment, les journées étaient longues et identiques. Il avait cru que cette excursion, au moins, lui permettrait d’avancer sur ses projets. Il venait à peine de formuler cette pensée qu’il entendit un craquement sonore résonner. Le cœur d’Hayden loupa un battement. Sous ses pieds, le sol trembla et il n’eut pas le temps de réaliser qu’il tomba dans une trappe sombre. Une chaleur insupportable et brûlante envahit son corps. Il sentit ses membres s’engluer, se coller et une odeur de chair putride et pourrie monta à ses narines. Hayden se débattit quelques secondes par réflexe quand un ordre sec fut couiné dans la plus pur des terreurs :
-Ne bougez pas! Vous allez les alerter!!

Hayden essoufflé chercha l’origine de la voix sans succès.

-Les alerter? –demanda-t-il-Qui?

-Elles….
-siffla la voix apeurée-Elles…

Hayden resta sceptique jusqu’à ce qu’un rayon de soleil vienne par mégarde éclairer un coin du trou, où, il se trouvait enseveli. Il était pris dans une immense toile d’araignée.
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MessageSujet: Re: A croquer! [Suspendu]   Dim 10 Avr - 23:21

Neil aimait bien la forêt d'Orphée. Ça le changeait toujours agréablement des villes volantes ou des déserts. La plupart de ses journées, il les passait coincé entre des immeubles, planqué dans un recoin d'usine désaffectée, bouffant du sable à cause des vents du désert ou en train de courir de long en large sur tout le continent pour d'accomplir une quelconque besogne nécessaire à sa survie. Les jours de repos n'en étaient pas non plus car il était constamment sur ses gardes et se démerdait pour toujours tomber dans des situations pas possibles. Plus malchanceux que lui, avec les coïncidences fortuites conduisant inévitablement à quelque chose très loin d'un happy end général qu'il se coltinait régulièrement, il ne connaissait pas. Apparemment, l'effet papillon n'aimait pas Neil. Il éternuait, bousculait par inadvertance un type et s'excusait, le type ivre mort ne tenait debout que par la grâce du saint esprit et, se faisant, tombait dans les escaliers, type qui retournait auprès de son boss übber puissant d'un groupe pas net, boss qui lui demandait pourquoi il était dans cet état, type qui lui racontait sa chute douteuse provoquée par blondin-pas-net-qui-avait-du-le-faire-exprès-et-à-mon-avis-il-vient-d'un-clan-rival, le boss qui partait au quart de tour et qui déclenchait les hostilité avec le dit clan rival, Neil qui se retrouvait poursuivi par les deux clans une fois que tout fut tiré au clair, devenu leur cible pour un éternuement malencontreux. Pas qu'ils soient vraiment un danger pour l'ex-Traqueur. En un contre un, il les lattait tous sans trop de soucis. Mais une centaine, là, mieux valait laisser de côté son orgueil et s'éclipser sans demander son reste. Mais reconnaissez qu'il est difficile de faire pire. En somme, Neil avait préféré s'éloigner des ennuis pour un temps et comme toujours, il s'était réfugié au seul endroit qui ne comportait ni sable, ni immeubles, ni personne hormis des animaux louches.

Au début, il avait pensé aller se la couler douce dans sa planque à Alzen. Puis finalement, en chemin, il avait vu la masse vert profond et changé d'avis aussi vite que de chemise. Il avait toujours trouvé étonnant que la cité volante ait été construite au dessus d'une telle propagation d'arbres et de plantes gigantesques, véritable monstre de verdure. Un lieu sans être vivants, qu'ils puissent parler ou non, aurait été plus approprié en cas de chute d'immeuble. Mais Neil s'en foutait comme d'une guigne en fait. Et puis, à la réflexion, ce maelström de lianes, de racines et de feuilles n'était peut-être pas si inanimé que ça... Chuchotis, bruissements, ombre fugace d'un animal, proie fuyant son chasseur ou chasseur traquant sa proie, fleurs aussi éclatantes de couleur que le plus beau des arcs en ciel, amas de buissons plus sinistre et sombre qu'un cimetière, tout ici semblait irréaliste. Pire, tout semblait trop vivant. Trop tout. Une telle chose ne pouvait pas être aussi inerte qu'une forêt banale. Le mercenaire aimait cette sensation. Il avait l'impression d'attirer toute l'attention de la forêt en y entrant et cette tension électrique le ravissait. En retour, il faisait attention à ne pas trop abimer cet univers presque silencieux, préférant dormir dans un arbre que sur un sol tendre mais couvert de fleur. Sensible ? Pas vraiment. Ecolo ? La bonne blague. Mais Neil sentait que cette forêt méritait qu'on la respecte. Donc il la respectait. Point barre.

Par contre, il ne l'avait encore jamais entendue parler. On croisait rarement d'autres humains ici, peu étaient assez fous ou aventureux pour s'y engager - d'où l'avantage de s'y réfugier lorsque vous étiez poursuivi par deux gangs de pseudo bandits aussi dangereux que des chatons - mais, parfois, ça arrivait. Et il était rare qu'ils soient en troupeaux, donc rare qu'ils se parlent tout seul. Ou du moins pas aussi fort. Donc ce fut une chose plutôt surprenante pour Neil, habitué à la quiétude des lieux, d'entendre un hurlement perçant suivit quelques minutes d'éclats de voix brefs. Silence de nouveau. Allons bon, la forêt faisait des siennes ? Il descendit de son perchoir - un arbre superbe et tout en fleur qui sentait vraiment bon, soit dit en passant - et se guida comme il put, se fiant à ses seuls souvenirs auditifs pour se remémorer la direction de la voix. Ce fut surtout la chance, cependant, qui lui permit d'arriver à bon port. Et la chance qui, encore une fois, lui évita de tomber dans un gros trou à l'orée d'une clairière. Allons bon, v'là aut'chose. Un immeuble avait-il fini par tomber ? Mais cette idée dû repartir au placard étiqueté "Neil, mon gars, tes conneries tu te les gardes." et le jeune homme se pencha un peu. Il lui semblait apercevoir des formes en bas. Dont l'une semblait pour le moins énorme. Souvenirs, souvenirs... Allez, souviens-toi Neil. Cette forme, il la connaissait, il le savait. Un rayon de soleil décida soudain d'éclairer sa lanterne, illuminant une araignée pour le moins titanesque. MAIS OUI. Il avait du repartir de la forêt en calebute un jour où il s'était retrouvé collé à une toile dans la forêt. Par chance, seuls ses vêtements avaient été atteints par la glu visqueuse. Mais il était passé pour un exhibitionniste dans un petit village non loin et avait dû cavaler comme un forcené pour éviter les agents de sécurité. Cette histoire le fit sourire et il attrapa une longue liane qui pendait à côté de lui. Sortant l'une de ses griffes en acier, il grimpa dans l'arbre fruitier qui soutenait l'épaisse corde naturelle et y cueillit un gros fruit rouge sombre, s'assurant au passage que la liane était solidement accrochée à la branche, avant de redescendre et de se pencher au dessus de trou. Il localisa la bestiole velue et deux autres formes vaguement humaines. Par chance, l'une d'elle était assez proche du bord, mais plus proche de l'araignée que l'autre, qui se trouvait être près du centre de la toile. Cette personne là serait plus difficile à avoir. 'fin, l'autre aussi remarque. Parce que s'il loupait son coup, l'araignée risquait de remarquer la gentille petite proie à ses côtés... Bordel, ils ne lui facilitaient pas la tâche.

_ Hey ! Je vais lancer un leurre pour attirer la grosse bébête avant de descendre vous récupérer ! Si vous avez un manteau ou une veste qui colle votre dos à la toile, essayez de l'enlever pendant que j'arrive, ça ma facilitera la tâche !

Se faisant, il lança le gros fruit vers l'endroit le plus éloigné des deux proies. Aussitôt, l'arachnide tiqua et se déplaça avec une aisance et une rapidité déconcertante sur les fils. Neil attrapa la liane et commença à descendre vers la forme la plus proche qu'il voyait bouger doucement, sûrement pour se débarrasser d'un quelconque vêtement, en tenant le bout de la corde de fortune pour qu'elle n'aille pas se coller à son tour. Il n'avait pas précisé qu'ils ne devaient surtout pas toucher de nouveau la toile avec leur dos, mais le mercenaire espéra fortement qu'ils le comprendraient tous seuls. Se laissant glisser dans le trou, il lança un peu de liane sur la toile, suffisamment pour poser ses pieds dessus sans toucher aux fils visqueux et agripper la première forme sous les aisselles. Cool, elle, enfin lui d'après l'absence de poitrine, avait réussi à décoller son dos et même ses bras ! Bras qu'il passa autour de son cou, commençant ensuite à remonter en tirant le poids mort derrière lui. L'autre allait avoir l'impression désagréable de s'allonger mais au moins, il se décollerait de la toile. Neil vit l'araignée bouger dans leur direction à cause des mouvements sur la toile, provoqués par le décollement progressif du corps. Alors le mercenaire boosta la cadence et força comme un dingue pour remonter, terminant d'arracher l'homme à la toile. Heureusement pour ses bras, le trou était profond juste ce qu'il fallait pour qu'il puisse remonter avec l'autre sur le dos sans que la liane casse sous le poids ou que lui même lâche. Une fois en haut, il s'étala dans la prairie en soufflant. Et dire qu'il allait devoir recommencer. Il se redressa en râlant.

_ Bon. Reste encore l'autre. Ca va être chiant pour lui, vu comment il est placé. La bestiole peut revenir sur lui trop rapidement. Raaah ça m'énerve. On a pas idée de se balader ici sans faire attention aussi...

Il se tourna vers le premier sauvé. Un type roux aux airs distingués.

_ Toi, t'avises pas de tomber dans un autre guêpier pendant que j'ai le dos tourné, compris ? fit-il en pointant un doigt menaçant pour appuyer ses propos.

Il avait à peine fait trois pas vers l'antre du monstre à huit pattes qu'un hurlement strident s'éleva du trou, suivi de bruits peu ragoûtants. Neil se gratta la tête et se tourna vers le rouquin, une moue penaude sur le visage.

_ ... Oups ?

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