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 "Affiche un sourire et tu auras ton nonos" | Samsons

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MessageSujet: "Affiche un sourire et tu auras ton nonos" | Samsons   Lun 2 Mai - 12:00

    "Fais bon accueil aux étrangers, car toi aussi, tu seras un étranger."

    La vie est immuable, et terriblement monotone. Une routine redondante qui ne cessait d'exacerber le jeune hôte qui ne voyait dans le défilement des saisons, qu'un attentat à sa vie. Il restait des heures, les iris plongés sur l'aspect solennel et flegmatique qui marquait chacun de ses rictus, chacune de ses œillades, et il tentait de le comprendre. Ceci semblait impossible, outrepasser cette forteresse de laquelle il s'était inspiré pour s'isoler du monde. Le monde, il le haïssait, misanthrope comme jamais, il détestait ces êtres perfides qui suivaient aveuglement la société, une ère corrompue par l'avarice. De plus en plus esseulé, l'entourage restreint de Yolan s'inquiétait pour le jeune homme qui ne voyait que peu de gens, si ce n'était ses conquêtes masculines d'un soir, le temps d'une lubie de luxure. Quel quotidien de débauche, il n'avait d'yeux que pour son travail et le stupre, était-il entrain de sombrer ? Les yeux cernés, il s'était une fois de plus endormi sur sa table de développement, ses cheveux d'ocre en pagaille et l'air pataud, il se dirigea machinalement vers la salle de bain aménagée pour y prendre une douche salutaire. Tel un automate, il marcha jusqu'à son bureau en désordre, seulement vêtu d'une serviette opaline, consulta son agenda et sortit sa clope.

    Le temps de préparation avait été assez long ce matin-là. Un petit déjeuner pris en trombe, quelques caprices qui sont toujours ou presque accordés, et les scènes de mécontentement qui ne cessaient de prouver à quel point l'humain était si exigeant et à la fois pathétique. Pourtant cela avait été le début d'une belle journée, qui allait être plus reposante que toutes les autres puisque presque vide! Aucun rendez-vous aujourd'hui mais une visite... le carré de chocolat se devait d'aller se présenter à sa Majesté la reine ou du moins à ses sujets. Mais l'envie lui manquait affreusement. Qu'allait-il donc bien pouvoir faire aujourd'hui ? Il ne ressentait pas le besoin de rentrer chez lui pour retrouver une antre vide et froide, dans lequel il était seul à vivre (impression donnée seulement) depuis qu'il était sorti d'Alzen. Ses doigts s'enchevêtrèrent dans sa crinière, perplexe... Cependant, l'envie de prendre l'air fut plus forte, il s'empressa alors de s'habiller, et une fois sa veste enfilée, sortit dehors.

    Il descendit dans une ruelle à l'abri des regards et avança dans la rue, attirant l'attention surement à cause de ses habits. De la peur, de la colère, de l'incompréhension, de la violence, c'était les sentiments que Yolan ressentait en se baladant dans les rues sinistres. Un danger rôde et tous les signes montraient l'inquiétude du peuple. Même le temps avait l'air morose et triste... Il faisait gris, tellement gris, qu'on voyait presque en noir et blanc. Une épaisse brume avait pris sa place dans les rues sinueuses et se diriger, devenait vraiment difficile, surtout pour notre héros croquant. Pour ceux qui croyaient aux êtres fantastiques, on pouvait facilement imaginer se retrouver en face de ses êtres.

    Avant d'arriver à sa destination le chien errant se devait de passer dans les rues chics et proche du palais pour enfin pouvoir accéder à son itinéraire . Yolan regarda la foule de personnes autour de lui et s'aperçut que tous était collés aux vitrines de ce qui les intéressait -ou non d'ailleurs- comme des mouches sont collées a du beurre ou n'importe quoi d'autre de sucré en général, a des vitrines de magasin. Vitrines aux couleurs différentes, comme l'arc-en-ciel qui avait briller quelques minutes après les retrouvailles des cousines, et très nombreuses. Des dégradés de bleu, de vert de rouges... Tiens, un peu de noir la-bas aussi, tous sont occupés par des clients, gens normaux et souvent riches, pas comme lui d'ailleurs, et a l'intérieur par les vendeurs, dont le seul but est de vendre, enfin plutôt d'arnaquer dans ce cas, beaucoup de gens. Tout ceux qui passent dans le magasin surement. Et dans ces magasins, on peu aussi trouver des gens qui regardent autour d'eux, clients ou vendeurs, et qui peuvent dire des choses sur les gens qu'ils voit. Comme par exemple dire ou non si une personne qu'on cherche est passée ou non près d'eux, si oui ou non ils l'ont aperçu. Plusieurs habitants de la cité lui saluèrent, certains étaient d’anciens clients d’autre de simple personne ayant entendu parler de lui. Depuis qu’il était arrivée dans la cité, il s’était rapidement fait une réputation en tant que "gentil monsieur en train de fumer près de la porte". Le chef avait même fait appel à ses services de nombreuse fois mais il ne s’en vantait pas. La nuit était rattrapé par le jour et le jeune homme n'avait passer sa nuit qu'à dire bonsoir, dormir et flâner, quel programme me direz vous.

    La porte de la ville dominait tout et l'approcher n'apportait que l'impression d'être un fourmi à ses côtés. Comme nous étions à la tombé du nuit ou au commencement du jour, les ombres et bruits étrangers dressaient le décor d'une scène de crime. Non le jeune homme n'allait tuer personne...il devait d'ailleurs faire tout le contraire : accueillir les derniers retardataires. Yolan aurait voulu de nouveau passé sa journée à roucouler ou boire quelques liqueurs excises par ici et par là mais on lui avait dit : boulot, aucun contestation possible.

    Un carré de chocolat... un homme classe et gourmand pour rentrer les dames et gentlemans dans la cité. La main poussa la porte d’un geste ample et élégant mais sévère. Le jeune hôte ne bougea pas. Silence. L'attente fut plus ou moins longue. il n'avait pas d'indicateur spatio-temporel, il ne pouvait donc pas déterminer le temps d'attente, mais juste supposé au moins dix bonnes minutes, si ce n'est plus. Il observait calmement le brouillard de plus en plus épais, quand il aperçu une grande et une plus petite forme qui se démarquait du brouillard. Maintenant, afficher son plus grand sourire était source de bon revenu.
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MessageSujet: Re: "Affiche un sourire et tu auras ton nonos" | Samsons   Ven 6 Mai - 23:38

Spoiler:
 

C’était la saison des pollens sur Sphéra depuis quelques jours déjà, et quelque chose en lui changeait progressivement : peut-être que c’était un rappel des jours passés, ces jours de gloire qui ne reviendront jamais mais qui resteront toujours au chaud dans sa mémoire, mais son corps c’était lentement réveillé des torpeurs de l’hiver et prenait de plus en plus de force. Il l’avait remarqué depuis quelques temps, parce qu’il –et Samuel, d’ailleurs, mais il se doutait que c’était simplement parce qu’il était un gamin et ne savait pas s’arrêter- mangeait plus qu’avant, comme si son corps savait qu’il aurait besoin de plus de forces plus tard. Sauf que malheureusement, ce n’était pas le cas : cette année, il ne participerait pas aux labours ni aux semences de la terre, et cette réalisation lui pesait lourd sur la conscience. Il ne savait pas pourquoi il le remarquait plus cette année que l’année précédente : peut-être qu’avant, il était trop entraîné dans le tourbillon du changement pour s’en rendre compte, qui sait. Par nostalgie, il s’était décidé à faire quelque chose et à se sortir de leur petite routine bien installée pour amener Samuel loin de la grande ville volante, juste le temps d’une journée : c’était un samedi, et aujourd’hui ils allaient faire comme une classe verte et partir à l’aventure le temps d’un pique-nique. Rien de bien grandiose, mais de voir autre chose que des pavés et des aéronefs, ça lui ferait grand bien –malgré tout le temps qu’ils avaient passés ici, il n’arrivait toujours pas à s’y faire, le métal était quelque chose qu’il préférait voir en faible quantité, et on ne parle même pas du plastique là-, et il était certain que Samuel ne pourrait qu’apprécier de courir dans un grand espace vert. C’est pour cette raison, au final, qu’il se décida à acheter deux billets aller-retour pour la terre ferme, pour une escapade qui ne promettait rien –mais il savait que Samuel n’avait pas besoin de grand-chose pour vraiment s’amuser, alors le problème ne risquait pas d’être là, et avec un peu de chance, ils ne croiseraient pas trop de touristes non plus. C’est dans cet état d’esprit, avec l’envie de se retirer du reste du monde, qu’ils étaient partis vers les grands champs inhabités de Sphéra : pas question d’aller en forêt, premièrement parce que ce n’était pas vraiment son élément à lui, et deuxièmement parce qu’il avait entendu des rumeurs particulièrement déplaisantes sur les bois de Sphéra. Ici, ce n’était pas comme sur les îles : la vie y était plus sauvage et ardue, c’est vrai, mais l’homme restait le seul prédateur dangereux. Hors, ici, c’était une toute autre histoire, et puis, il s’était dit qu’en allant aux champs, il pourrait passer un peu de son savoir à son petit-fils. Grande erreur : la botanique c’était son fort, c’est vrai, mais ici il était confronté avec un plus grand problème : autre l’herbe et quelques graminées, il ne connaissait aucunement la flore qui s’étalait à ses pieds.

Il y avait quelques modèles intéressants, qui ressemblaient un peu aux plantes qu’il connaissait, sauf que celles d’ici étaient plus robustes, et certainement plus habituées à vivre sans pluie pendant plusieurs jours. Et lui, en les observant, se demandait si ce n’était pas une bonne idée d’en envoyer quelques-unes sur son île, histoire d’aider les siens : ce serait bien, de ne pas avoir à arroser les plantes lorsqu’il ne pleuvait pas. Il se retint toutefois de la faire, parce que hein, s’il était partit, c’était pour le faire entièrement, et il préférait ne pas avouer que son cœur y était resté, avec toutes ses pensées. Sauf que mine de rien il enregistra l’information dans un coin de sa tête, se disant probablement que quelqu’un soulèverait la question avant lui et lui enlèverait le trouble de devoir mentionner le sujet. La première plante qu’il avait croisée, c’était un dérivé du sang-dragon : il avait bien faillit ne pas la voir et lui marcher dessus, mais il s’était vite arrêté pour la montrer à Samuel. Elle avait l’air de rien comme ça, avec ses feuilles plutôt sombres et un plus longues que larges, mais le secret est dans la racine : secret qu’il s’était d’ailleurs empressé de montrer au gamin, mettant à découvert une racine rouge sang qui laissait couleur sa son liquide d’une simple coupure d’ongle. Il se garda bien de lui dire qu’elle servait souvent aux «problèmes de femmes» et que ses dérivés pouvaient même causer la mort d’enfants à naître : valait mieux garder la version plus gore de l’histoire pour plus tard, et puis Gildor n’avait jamais été très à l’aise avec toutes ces histoires de «femmes». D’ailleurs, il n’avait vraiment, mais vraiment pas envie de lui expliquer à nouveau d’où venaient les enfants, alors le mieux c’était de se taire. Il lui expliqua, toutefois, que le rouge était souvent utilisé pour les teintures –en ne mentionnant pas le «sur notre île» qui lui flottait sur les lèvres- et en profita pour lui faire un dessin de guerre sur le visage, à la demande du gamin qui voulait trop, mais là trop que sa chemise blanche ait un dessin de chat. En gros, lui le grand-père qui avait apprit à faire le lavage avait aussi apprit que le rouge sur les vêtements c’est la mort et avait opté pour un compromis, entrant dans cette zone grise où personne n’est vraiment satisfait de l’entente mais où personne ne peut vraiment accuser l’autre parti de mauvaise foi. Il s’était essuyé les mains dans la terre encore un peu humide de la rosée du matin –il était quoi, huit, neuf heure du matin? Il ne savait pas trop, mais ils s’étaient réveillés vers quatre heure du matin pour être bien certains de pouvoir profiter du plus clair de la journée- et s’était relevé en cherchant autre chose qui pourrait occuper le gamin et expliquer leur venue ici : ce n’était pas vraiment nécessaire, vu comme ce dernier courait après un papillon depuis une bonne quinzaine de minutes et ne semblait pas s’en lasser, mais ce n’était pas une raison pour baisser les bras. Il marchait un peu au hasard, se penchant souvent malgré son dos pour vérifier telle ou telle petite plante, se redressant bien souvent pour vérifier l’emplacement de sa progéniture : il n’avait pourtant jamais été très protecteur avec ses propres enfants, les laissant jouer là où ils le voulaient sans surveillance, mais c’était parce qu’il connaissait toutes les cachettes à cette époque, et maintenant ils étaient en terre inconnue.

Parlant de terre, il était justement troublé par la terre ici : non pas le sol à proprement parler, mais plutôt les galets qu’il trouvait. Ils étaient ronds, bien trop ronds, et le fait que l’étendue soit si plate élevait ses soupçons. Quelque chose, en fait, lui disait que cette partie du monde avait autrefois été submergée ou, du moins, qu’une rivière avait au moins passée par là où ils étaient. Comment expliquer, sinon, que les roches soient si rondes et si polies? Et on ne parle même pas de la richesse de la végétation : qui sait, peut-être qu’une rivière souterraine existait encore dans les parages. Peut-être même qu’ils tomberaient sur un petit lac quelque part dans les environs : il invita Samuel à le suivre, sans trop lui expliquer de peur de le voir se décevoir bien vite s’ils ne trouvaient pas la dite source (qu’ils ne trouvèrent pas d’ailleurs) : oui, le gamin rouspéta un peu parce qu’il venait de trouver une grenouille et que son papi voulait qu’il la laisse là, mais c’était lui l’autorité suprême après tout, aussi l’argumentation ne dura pas très longtemps. Le grand-père profita de leur déplacement pour soulever le petit et le déposer sur ses épaules, lui permettant ainsi de voir au-delà des herbes les plus hautes, et lui raconta que c’était justement avec ces galets, comme celui qu’il tenait dans sa main, que l’on pouvait faire des ricochets sur la surface de l’eau. Tout était une question de forme de la roche mais, bien évidemment, il ajouta qu’il fallait aussi du doigté : il fallait avant tout la bonne force, le bon angle et la bonne vitesse, ou alors la roche allait certainement plonger directement dans l’eau et s’enfoncer dans l’eau. Parce que oui, la roche, ça ne flotte pas mine de rien.

-Même que, un jour, mon père m’a dit que si les humains pouvaient courir à la bonne vitesse et au bon angle, ils arrivaient à traverser des étendues d’eau. C’était son père à lui qui avait vu ça arriver : un certain Joe, qui courait comme pas un et qui marchait un peu sur le côté, mais qui arrivait à faire le chemin entre toutes les îles à pied par beau temps. Sauf qu’un jour, tu vois, il y a eu un peu de vent, et là il est tombé dans l’eau, il a coulé à pic. Heureusement que ton arrière-arrière-grand-père l’a repêché, sinon il aurait finit ses jours dans la vase de l’océan, et ça c’est quelque chose que l’on ne souhaite à personne. Mais il n’a plus jamais recourut sur l’eau après ça, parce que sa femme lui a passé un de ses savons tellement elle a eu peur. Comme quoi, même les plus grandes forces de la nature ne peuvent rien contre un rouleau à pâte! D’ailleurs, c’est pas ton ventre que j’entends gargouiller, jeune homme?

Il avait déposé son fardeau sur le sol et donné une pomme à son petit Hobbit qui donnait pourtant l’air de vouloir courir plus que manger –enfin, il aurait voulut faire les deux quoi, mais son grand-père le voyait déjà en train de s’étouffer. Ils lui apprenaient quoi, à l’école? Est-ce qu’il avait le droit de manger dans la cours de récréation, alors qu’il jouait au ballon? Tant de questions sans réponses, qui n’étaient malheureusement pas amoindries par le fait qu’il n’avait jamais visité une école de toute sa vie avant aujourd’hui. Il n’aimait pas vraiment l’idée de remettre le destin de son petit-fils dans les mains d’étrangers, mais en même temps il se voyait mal faire son éducation lettrée lui-même alors qu’il savait à peine lire –mais il avait appris à bien compter, ça oui. Fallait dire que dans le temps, c’était sa femme qui était la personne instruite des deux, alors il n’avait jamais vraiment prit la peine d’en apprendre plus sur le sujet. Et à quoi donc est-ce que ça lui aurait servit dans son bout de monde encore sauvage? Rien. Et ça n’allait pas non plus servir à Samuel s’il y retournait, alors à quoi bon essayer de l’instruire? Assez de pessimisme : il savait bien si ça ne servait pas directement à cet enfant-là, cela servira un jour à un autre, ou peut-être bien qu’il y a un sens caché dans les mots que lui n’avait jamais vu qui se révélerait au petit et le transcenderait lui et les siens. C’est beau de rêver, non? Sinon, il ne comprenait pas pourquoi les professeurs s’acharnaient à user les manuels scolaire et les crayons neufs des enfants; créer du vide, ce serait stupide et immoral, alors il préférait croire que les cahiers remplis d’écriture griffonnée à la hâte étaient simplement les articles de quelque chose de plus grand qui dépassait tout le reste, même son entendement à lui. C’était peut-être justement parce qu’il ne le comprenait pas qu’il voulait que le gamin, lui, comprenne. Mais comment lui donner son support lorsqu’il n’était pas capable de s’assoir à ses côtés comme les autres parents et l’aider à mémoriser ses mots de vocabulaires? Et ne parlons même pas de ces symboles étranges, les croix et les barres et les x et les points qui donnaient de nouveaux chiffres en parlant de bonbons et billes : pourquoi ne parlaient-ils pas de choses plus importantes, comme le nombre de couvertures ou de pantoufles, par exemple? Après, on se demandait pourquoi les enfants devenaient fous lorsqu’ils voyaient des bonbons : ils sont entraînés ainsi. Même que s’il avait su ce que c’était que la conspiration, il aurait bien pu croire que les compagnies de bonbons payaient les manufacturiers de livres d’écoles pour mettre autant de mentions dans les textes scolaires. Parce que quand même, si on se fit aux livres des élèves, la vie est fait au tiers de bonbons, un autre de jouets (avec en tête les peluches et les billes) et l’autre tiers concernait des poulets dans des enclos et des renards qui voulaient les manger. Bon, au moins ils ne parlaient pas d’extra-terrestres comme dans les cours de littérature, hein.

Gildor décide de laisser tomber une partie de son conformisme pour déboutonner le haut de sa veste de laine : on avait beau être le printemps, mais à force de bouger dans tous les sens comme ça, il commençait à avoir chaud. Oh; pas assez pour se promener en chandail à manche courtes, non, parce que la brise était encore fraîche et la terre sentait encore la neige, mais les rayons du soleil les bombardaient comme s’ils avaient étés en pleine canicule. C’est le meilleur temps de l’année, celui où l’on a chaud sans avoir envie de passer son temps dans sa piscine –ou à la climatisation, comme ses collègues disaient, mais il ne comprenait pas encore ce système étrange où l’on pouvait conditionner l’air et le faire passer de chaud à froid en pesant sur un bouton. Quelque part, il ne trouvait pas ça humain de martyriser l’air alors que ce n’était pas de sa faute à elle si elle était chaude ou froide- et où il fait assez frais pour que les moustiques ne viennent pas vous chasser. Il voyait déjà l’essaim qui se serait attaqué à la peau blanche et tendre de son petit-fils, et ça lui donnait envie de tuer tous les œufs de moustique qu’il croisait. Il repoussa ses cheveux gris de sur ses tempes dans un soupir, ses éternel rides de contrariété faisait plisser la peau entre ses sourcils. Il n’avait jamais été bon pour ça, pour tout laisser de côté, même pour une seule petite journée : à quoi bon faire comme si les problèmes n’étaient pas là s’ils l’étaient? Sa manche se prit dans ses lunettes qu’il ne s’habituait pas encore à porter, lui rappelant qu’après tout le temps l’avait rattrapé : non pas qu’il avait déjà essayé de le fuir, mais il y avait eu des jours où il aurait pu reconnaître un oiseau parmi des canetons sans problèmes, alors qu’aujourd’hui il ne trouvait plus de forme aux nuages. Ou peut-être était-ce simplement qu’il avait perdu d’un peu de son imagination? Il n’avait jamais eu l’habitude de regarder les nuages auparavant, il fallait se l’avouer; peut-être alors que s’il avait besoin de lunettes, c’était simplement pour voir de nouvelles choses, des choses qu’il avait toujours vu sans jamais remarquer. Il laissa ses lunettes pendre un peu au bout de son nez : c’était peut-être pas classe mais pour le moment ça ne le dérangeait pas trop, et puis il aurait bien besoin de les remonter sur son nez un peu plus tard de toute manière. Il poussa même son zèle jusqu’à retrousser un peu ses manches –tout juste quelques centimètres- et proposa à Samuel d’en faire autant, histoire de ne pas le voir abandonner son petit manteau et rouspéter qu’il ne voulait pas le remettre. Ses gamins, quand même, c’est toujours les mêmes, et y’a des trucs qui ne changent pas.

Il fallait dire que Samuel ressemblait beaucoup à son père –il avait le même petit visage que lui avait à son âge, à moins que ce soit le genre de visage que tous les enfants abordent lorsqu’ils sont proches de leur famille- et possédait le même éventail de manies. Ils avaient à plusieurs égards le même genre de caractère qui, plus tard, ferait qu’il n’accepterait pas un simple non comme une réponse acceptable et qui serait capable de détourner n’importe quelle argumentation à son avantage : c’était un petit futé celui-là. Restait à savoir si c’était aussi el cas de son fils, mais ce qui était certain, c’est qu’il était un eu moins centré sur lui-même que son père à son âge. Ça lui venait probablement de sa mère, qui était toujours si sage dans son coin, du moins de ce qu’il se souvenait d’elle dans son enfance. Il faut dire qu’il en avait déjà assez vu avec les siens, alors il n’accordait pas beaucoup d’attention aux enfants des autres. Et ça, d’ailleurs, ça n’avait pas changé, même s’il n’avait plus à sa charge qu’un seul enfant; qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire si les mômes des autres étaient des virtuoses du piano (c’est ce que sa voisine tentait de lui expliquer, à lui qui ne savait même pas ce que c’était au juste qu’un piano) ou des petits vauriens. C’est comme pour les grille-pains, même si le voisin en à un qui fonctionne parfaitement, vous préférez quand même votre model désuet. À la différence près que l’on parle ici d’êtres humains et que pour leur développement il ne suffit pas de lire un manuel d’instructions. Parlant de grille-pain, d’ailleurs, ils s’en étaient achetés un nouveau après ce qui était arrivé à l’ancien (et cette histoire d’incendie de leur précédent appartement), malgré toute sa bonne volonté : il avait décidé que ce serait une meilleure idée de faire griller leur pain sur le poêle, hein, parce qu’il ne voulait pas avoir un come back de ce qui s’était passé. Le seul désavantage c’était que maintenant Samuel ne pouvait pas se faire son petit-déjeuner tout seul, mais comme leurs horaires concordaient ce n’était pas si grave, qu’il s’était dit. Sauf qu’encore une fois, cette ville de fous voulait se moquer de lui et lui montrer que c’était pas lui qui décidait de son propre destin : leurs voisins, gentils comme tout d’ailleurs, étaient venus leur rendre visite lorsqu’ils avaient aménagés et avaient même proposés de les aider –ce que Gildor avait refusé, parce que ça le touchait dans son orgueil que l’on pense qu’il ne soit pas apte à tout faire lui-même. Et comme cadeau de bienvenue, même, ils leurs avaient offert la semaine suivante un grille-pain, comme ils avaient remarqués que les Samsons ne semblaient pas en avoir. Ahah; très gentil, non vraiment, ça venait probablement du fond du cœur –et c’est seulement pour cette raison qu’il ne l’avait pas mis illico dans le vide-ordure. Le grille-pain tout d’acier reluisant reposait maintenant triomphalement sur leur comptoir, le narguant tous les matins alors qu’il s’imaginait qu’il faisait des plans maléfiques pour mettre leur plante domestique en feu. Une magnifique plante-araignée, d’ailleurs, qui leur avait donnée plusieurs petits après seulement quelques semaines : sa progéniture envahissait peu à peu l’appartement, dans des pots plus ou moins improvisés par le jeune maître de la maison. Fallait dire qu’il y en avait même dans la salle de bain et à toutes les fenêtres : il allait bientôt devoir commencer à s’en débarrasser discrètement s’ils ne voulaient pas mourir étouffés, mais comme Samuel leur donnait des noms, il avait peur qu’il se rende compte de la supercherie.

-Samuel, le héla-t-il en lui faisait un large signe de la main pour l’enjoindre à s’approcher, c’est l’heure de manger. Viens m’aider à placer les plats pendant que je coupe les concombres. Et prend un linge pour t’essuyer les mains avant, évidemment, le coupa-t-il alors qu’il s’élançait vers le sac à dos, lui lançant un regard qui n’acceptait pas la discussion, ses sourcils se fronçant en un v plus qu’expressif.

Ils mangèrent, lui surtout en silence et écoutant le papotement incessant de son petit-fils, essuyant parfois les quelques miettes qui se perdaient dans sa barbe courte. En vivant la vie comme ça, il parvenait presque à comprendre les gens qui prenaient du plaisir à ne pas travailler et vivre la vie au rythme des jours qui passent : mais lui en profitait justement parce que ça n’arrivait pas souvent. Il ébouriffa les cheveux de son petit-fils qui ne remarqua presque pas le geste tant il était perdu dans son monologue et esquissa un sourire qui se perdit dans ses traits renfrognés. Et en ce moment, il fût presque triste de ne pas voir minou être avec eux : oui, il détestait ce chat sauvage qui avait sût charmer le cœur de son petit-fils, mais sans animal poilu qui essayait de lui grimper sur le dos en enfonçant ses griffes dans sa peau, ce n’était pas la même chose. M’enfin, il restait convaincu que le chat le ferait changer d’idée immédiatement lorsqu’ils seraient revenus à la maison, ayant éventré le sofa et en ayant rependu la mousse dans tout l’appartement. Oui, il voyait déjà le bordel qui s’annonçait d’ici ce soir…
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