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 Another one bites the dust

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Osmanthe Cathair
✝ Tu ne t'attendais pas à me voir?

♦ Inscription le : 15/12/2010
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♠ Emploi(s) : Traqueur
♠ Nationalité : Amenthalysien
♠ Karnevale : None
♠ Sexualité & Statut : Hétérosexuel - célibataire
♠ Mon rêve : Trouver Karnevale Avenue

MessageSujet: Another one bites the dust    Dim 15 Mai - 16:52

Ain't no sound but the sound of his feet,
machine guns ready to go.
Are you ready? Are you ready for this?
Are you hanging on the edge of your seat?
Out of the doorway the bullets rip
To the sound of the beat
Another one bites the dust, by Queen.



Marché d'Amenthalys, aux environs de 14h

Osmanthe était fatigué. Epuisé. Lessivé.
L’euphorie des deux derniers jours s’était évaporée pour laisser place à une frustration immense, et cette désagréable sensation d’être passé sous un train. Sûrement l’effet du manque du sommeil. 48h sans dormir, ça n’avait jamais un résultat très positif sur la santé, et il en était bien conscient. Mais comment aurait-il pu perdre quelques précieuses minutes à se reposer alors qu’il était si proche de son but ultime ? Alors qu’enfin, il avait la possibilité de découvrir ce que tous les Traqueurs cherchaient désespérément depuis des années sans le moindre résultat ? Comment aurait-il pu dormir alors que Karnevale Avenue, le dernier refuge des rebelles, était à portée de main, presque déjà palpable ?
Non, il ne pouvait décemment pas. Il ne s’autoriserait pas le moindre répit tant que l’un de ces deux Karnevaliens n’aurait pas craché le morceau. L’ennui, c’est qu’ils étaient coriaces. Très coriaces. Déjà deux jours complets d’interrogatoires pour le moins… musclés, et toujours pas d’aveux, ni même la moindre trace de défaillance. Il ne l’aurait avoué pour rien au monde, mais Osmanthe était assez admiratif. C’était la première fois que des prisonniers lui donnaient autant de fil à retordre. En temps normal, il aurait apprécié ce genre de petit défi. Là, non. Là, il n’avait pas le temps de s’amuser avec ses captifs. Car l’empereur s’impatientait, et exigeait des résultat au plus vite.
C’est la raison pour laquelle Osmanthe s’était résigné à utiliser son joker, sa carte maître, son meilleur pion.
Raison pour laquelle il avait quitté à contrecœur la prison impériale pour aller se perdre dans les rues encombrées du marché.

Le quartier était encore plus fréquenté que dans ses souvenirs. Encore plus étouffant. Difficile de trouver le moindre petit espace inoccupé. Impossible d’avoir ne serait-ce qu’une seconde de silence. Tout semblait agressif au Traqueur aujourd’hui : le brouhaha lui écorchait les oreilles, la foule l’oppressait, les odeurs de nourritures lui donnaient le vertige, rappelant de manière fort désagréable à son organisme qu’il avait également oublié de se sustenter durant les deux derniers jours. Tous ces gens qui s’agitaient joyeusement autour de lui, toute cette agitation, toute cette vie insouciante ne lui inspiraient rien d’autre qu’une vague nausée et l’envie irrépressible de sortir de là. Et ce qui l’agaçait plus que tout, c’était la lenteur à laquelle il était forcé de se déplacer. Chaque seconde qu’il passait dans ce quartier miteux était une seconde de perdue, une seconde d’échec, une seconde durant laquelle les Karnevaliens le narguaient tandis que leur refuge semblait s’éloigner de plus en plus.
Et il avait beau donner des coups d’épaule, des coups de coude, n’hésitant pas à pousser sans ménagement les badauds, ce qui lui avait déjà valu des regards noirs et de nombreuses insultes, il n’arrivait toujours pas en vue de ce petit café dont il cherchait désespérément l’enseigne. Pour couronner le tout, les nuages s’amassant dans le ciel déjà gris sombre et l’atmosphère lourde laissaient présager d’un bel orage, et le Traqueur n’avait pas du tout envie d’être encore dehors quand il éclaterait. Mais où était donc ce foutu café ?

Il se tendit tout à coup, et avec une vitesse presque surhumaine, se retourna et referma une poigne de fer sur une petite main qui furetait du côté de ses poches. Un pickpocket, évidemment. Une autres des innombrables nuisance du marché d’Amenthalys. Il baissa la tête. Le voleur ne devait pas avoir plus d’une dizaine d’année. Un pauvre gosse des rues, aussi décharné et sale qu’un chien errant, une lueur apeurée dans le regard. Il aurait été mignon s’il avait eu un peu plus de chair sur les os, mais là, il faisait juste pitié. Le problème, c’est qu’Osmanthe n’était pas d’humeur à avoir pitié de qui que ce soit, mais plutôt à décharger sa frustration sur le premier venu.
Le gosse n’eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva avec un canon luisant sur la gorge. Osmanthe se pencha vers lui et murmura furieusement à son oreille :

- Sale petit morveux ! Tu sais quel était le sort que l’on réservait autrefois aux voleurs ?

Les pupilles du garçon se dilatèrent sous l’effet de la terreur, et Osmanthe sentit son pouls s’envoler. Insensible, il se contenta de resserrer sa prise. Le pickpocket essaya alors vainement de s’échapper, avant de se résoudre à secouer frénétiquement la tête en guise de négation.

- On leur coupait les mains pour être sûr qu’ils ne les utilisent plus jamais pour dérober des bourses. Figure-toi que la version moderne, c’est une balle dans chaque bras, tout aussi efficace, non ? Et c’est ce qui arriveras si jamais je te reprends à chaparder dans les rues. Tu es prévenu. Maintenant, dégage, va mendier ailleurs !

Il le poussa violemment sur le sol, rangea son arme et reprit son chemin sans se retourner pour voir si le gamin avait été écrasé par la foule ou s’il avait réussi à retomber sur ses pieds pour s’enfuir. Il se foutait bien de ce qui pouvait arriver à ce pauvre gosse miteux ; de toute façon il n’aurait jamais gâché deux balles pour un insignifiant dans son genre.
Un peu plus calme maintenant qu’il avait évacué une partie de sa colère, il prit le temps de s’arrêter deux secondes le temps de se repérer.
Bien lui en prit : le café qu’il cherchait était à peine une vingtaine de mètres devant lui, son enseigne à demi-cachée par la foule.
Il se dirigea d’un pas rapide vers la terrasse et constata avec satisfaction que sa marionnette était déjà là, petite silhouette frêle assise seule à une table, lui tournant le dos. Elle paraissait tellement insignifiante comme ça, quasi-immobile au milieu de ce maelström humain, ses cheveux neige voletant avec la brise. Pourtant, à ce moment, elle était primordiale pour le Traqueur. Elle serait l’instrument qui le mènerait à la victoire. Il l’obligerait à aller extraire de la tête dure des deux rebelles leurs souvenirs à propos de Karnevale Avenue. Elle obéirait, elle n‘avait pas d’autre alternative, de toute façon. Elle allait lui livrer la ville-fantôme sur un plateau. A cette idée, Osmanthe sourit, pour la première fois depuis deux jours. Un sourire fatigué et creux, qui s’évanouit aussi vite qu’il était apparu.

Il se glissa silencieusement jusque derrière la jeune fille et posa sa main froide sur son épaule dans un geste plus brusque qu’il ne l’avait voulu. Il la regarda à peine :

- Suis-moi.

Le ton ne souffrait pas de réplique. C’était un ordre impérieux, hautain, froid. Pas de « Bonjour » ou de « Comment vas-tu depuis tout ce temps ? ». Osmanthe n’était pas d’humeur pour les fausses politesses, et n’avait aucun intérêt à être aimable avec Yimae. Elle savait déjà qu’il n’était qu’un salaud de profiteur hypocrite, de toute façon. Elle le détestait déjà plus que quiconque, de toute façon.
Comme avec le gosse de tout à l’heure, Osmanthe relâcha sa prise et rebroussa chemin sans se vérifier si elle le suivait. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ?

Alors que les premières gouttes de pluie s’écrasaient sur son manteau sombre, aussi sombre que le ciel, aussi sombre que son humeur, le Traqueur eut un mauvais pressentiment. Rien de concret, rien de palpable, juste une boule dans le ventre, tout à coup.
Alors il pressa le pas tout en prenant la direction de la sinistre prison d’Amenthalys. Priant pour que son impression ne se concrétise pas.


Another one bites the dust, another one bites the dust.
And another one gone, and another one gone.
Another one bites the dust.
Hey, I'm gonna get you too!
Another one bites the dust...
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MessageSujet: Re: Another one bites the dust    Mer 1 Juin - 0:17

You wake up, watch the world go 'round
You shiver, feeling upside down
Your heart is beating fast
Pumping blood to your head
Another day to fight
You have a prayer on your lips under the desert sun
And a loaded gun


Après quelques boissons fraîches, cafés et tout ce qui pouvait se trouver sur une carte de terrasse de brasserie, Yimae attendait toujours. Le mode d’emploi qu’elle avait reçu avec le collier était pourtant très clair : « Retiens juste le nom et l’adresse du café auquel nous avons discuté tout à l’heure. Ce sera notre point de rendez-vous. Quand ton pendentif chauffera, tu auras exactement 24h pour t’y rendre. » Et la veille, à midi, son collier avait réagi pour la première fois. Enfin, "réagi" était un mot bien faible, comparé à la force du bijou. Alors, qu’elle dansait rageusement dans une rue bondée, avec ainsi une belle perspective de récompense à la clé, le collier en question avait soudainement émis une violente chaleur. Déstabilisée, elle avait chuté et provoqué le rire des passants. Et son cou arborait désormais une belle marque rougeâtre.

Enfin. Si elle était prête à tout pardonner – bien que ce soit surtout qu’elle n’ait pas la possibilité de se rebeller – elle avait horreur qu’on la fasse attendre. Et cela faisait maintenant près de deux heures que la pauvre fille poireautait à la même table, sous le regard désapprobateur de la serveuse. La place était comble, on aurait pu facilement y perdre ses repères et errer longtemps dans la foule, mais Osmanthe était bien trop malin pour s’y laisser prendre. Il était donc en retard. Et Yimae pouvait bien imaginer mille scénarii de discours rabaissant le Traqueur et exprimant toute la colère de l’Alzénienne, elle était bien incapable de les prononcer devant lui et aurait été bien sotte de le faire. Pas alors qu’il pouvait faire de sa vie un enfer.

Alors qu’elle se posait sérieusement la question de son départ du café, une main s’abaissa brusquement sur son épaule. Elle sursauta, ne s’attendant plus à ce qu’Osmanthe vienne au rendez-vous. Mais il s’agissait bien de lui, en chair et en os. Sans un regard, il déclara :

- Suis-moi.

Son ton était encore plus hautain et orgueilleux que d’habitude. Insupportable. Il devait sûrement avoir des raisons d’être fier de lui pour avoir cette voix qui trahissait une telle confiance en lui-même. Peut-être avait-il une belle proie dans ses filets de Traqueur. C’était d’ailleurs sûrement le cas, puisqu’il ne faisait pas appel à elle pour un dîner romantique. Sans disserter davantage, elle le suivit dans le dédale de la foule.

- Tu sais que ton collier débloque ? Ou tu aimes faire souffrir les gens ?

De mauvaise humeur, elle se sentait d’esprit à lancer des piques puériles. Ce qui était sûrement sa manière de contrôler sa tension montante alors que la pluie commençait à tomber, que le ciel s’obscurcissait, et qu’elle avait la mauvaise impression qu’ils se dirigeaient de la très renommée prison d’Amenthalys. Et pas renommée pour ses petits fours. Peut-être allaient-ils rendre visite à un grand criminel pour lui faire avouer ses péchés. Ou Osmanthe avait enfin décidé de garder Yimae à porter de main, juste sous le Palais Impérial. La jeune fille ne se sentait pas très rassurée. Quelque chose allait bientôt se produire. Et sûrement quelque chose d’important.
It was a quiet day on the streets of hope
When the bomb went off at the side of the road
Sounds of breaking steel, an windshield full of blood
No enemy in sight
It feels like in a movie scenes are passing by
It's your life

[The good die young - Scorpions]
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Another one bites the dust    Sam 11 Juin - 13:49

- Tu sais que ton collier débloque ? Ou tu aimes faire souffrir les gens ?

Passablement agacé, Osmanthe se retourna en direction de la jeune fille et jeta un regard au délicat pendentif en forme de clé qui se balançait autour de son cou. Il ne suffisait pas à cacher une petit brulure rougeâtre qui détonnait sur sa peau très pâle. Le collier semblait en effet avoir quelques problèmes pour modérer l'intensité de la chaleur qu'il émettait. Enfin bon, ce n'était qu'une petite marque qui disparaîtrait d'ici quelques jours. Pas de quoi en faire tout un plat. Il n'était pas d'humeur à supporter des pleurnicheries, aussi justifiées puissent-elles être. Il répliqua sur le même ton :

- Les deux à la fois. Pense à porter des cols roulés, ça résoudra le problème.

Sur cette remarque sarcastique n'ayant d'autres but que d'avoir le dernier mot, il se retourna de nouveau et reprit son chemin d'un pas encore plus pressé. La foule se faisait de plus en plus dense; les premières gouttes de pluies ne semblaient pas décourager les promeneurs, à sa grande déception. Brusquement, il s'arrêta net au milieu de la rue et embrassa la masse du regard pour repérer Yimae. Si théoriquement, elle était sensée l'avoir suivi, il venait de réaliser qu'entre la foule et sa vitesse, elle était restée en arrière. Plissant les yeux, il repéra sa chevelure blanche quelques mètres plus loin. Il la rejoignit sans se gêner pour distribuer des coups de coude à droite à gauche et la saisit par l'épaule avant de la diriger vers une petite rue transversale.

- A ce rythme, on est pas arrivé à la prison. On va prendre un raccourci. Essaye de ne pas me perdre, cette fois-ci.

La remarque n'avait beau être qu'une plate constatation, elle avait pris des accents de reproche sous l'effet de l'agacement. Il avait également révélé leur destination. Mais après tout, ce n'était pas un secret, et elle devait bien s'en douter. Il n'ajouta aucun détail, la laissant mariner avec cette maigre information, et s'engagea dans la ruelle.

Au niveau des distances, le "raccourci" était plutôt un "rallongi", mais il avait le mérite d'être peu fréquenté, et ainsi de permettre une avancée beaucoup plus rapide.
Durant le reste du trajet, Osmanthe s'enferma dans un mutisme total et ne fit guère attention à la jeune fille, se retournant seulement de temps à autres pour vérifier qu'elle suivait toujours.
Il n'avait aucune envie de faire la causette. Il voulait juste arriver le plus vite possible à leur destination pour qu'enfin l'emplacement de la ville secrète soit révélée. A cette idée, les traits de son visage fatigué se détendirent quelque peu.

***

Ils se tenaient désormais en haut des sombres escaliers qui descendaient dans les profondeurs du château, jusqu'à l'internat psychiatrique d'Amenthalys, plus souvent désigné simplement sous le nom de prison.
Osmanthe se tourna vers la jeune fille, essayant de déchiffrer les émotions sur son visage. Était-elle effrayée? Curieuse? Excitée? Le Traqueur fréquentait la prison glauque depuis son plus jeune âge, et il y était tellement habitué que se promener dans ses couloirs sinistres, dans lesquels retentissaient souvent des hurlements à vous glacer le sang dans les veines, ne lui faisait plus ni chaud ni froid. Mais il ne savait pas comment une jeune fille n'ayant jamais été confronté à ce genre d'horreur réagirait. En fait, l'idée qu'elle puisse être terrorisée ne lui avait pas effleuré l'esprit jusqu'à maintenant. Trop tard pour reculer.

- Nous y sommes, commença-t-il avec un léger sourire vaguement inquiétant. En bas, nous allons aller voir deux prisonniers. J'aimerais que tu extraient leurs souvenirs à propos de l'emplacement de Karnevale Avenue. Je ferai en sorte qu'ils pensent à cette ville au moment où tu utilisera ton don sur eux, ainsi cela devrait être plus facile et plus rapide pour toi. Durant le temps où nous traverserons la prison, fais-toi le plus discrète possible. Les civils ne sont pas censés pénétrer là-dessous, tu es une exception. Ne parle pas, même si on te pose une question. Théoriquement, ça ne devrait pas être le cas, mais il y a toujours des soldats trop zélés qui se croient tout permis.

Il avait débité les informations sur un ton neutre, et seule une petite moue de mépris avait altéré son visage lors de sa dernière phrase.

- Si tu as des questions, c'est pendant la descente. Une fois en bas de l'escalier, plus un mot.

Il s'engagea sur les premières marches, et hésita un peu avant d'ajouter :

- Et, un conseil : ne regarde pas trop autour de toi. Une prison n'est jamais très belle à voir. Et ne fais pas attention aux cris.

Dire que la prison n'était pas belle à voir était un euphémisme. Chaque mur, chaque cellule suintait le désespoir et la douleur. La plupart des soldats, quand ils en ressortaient, bénissaient le ciel de ne pas être à la place des prisonniers, et en général redoublaient de zèle pour être sûre de ne jamais atterrir dans l'un de ces cachots.
Osmanthe aurait pu dire tout ça à la jeune fille, mais il estimait qu'elle aurait bien l'occasion de s'en apercevoir par elle-même.
Ils continuèrent donc leur descente vers un enfer miniature, seul le bruit de leur pas résonnant dans le silence glauque de l'escalier souterrain.
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MessageSujet: Re: Another one bites the dust    Dim 10 Juil - 20:11

Osmanthe, l’air irrité et impatient, ne jeta qu’un court regard au cou rougi de Yimae, avant de répliquer d’un ton ironique et indifférent.

- Les deux à la fois. Pense à porter des cols roulés, ça résoudra le problème.

La jeune fille serra les poings, impuissante. Il aurait toujours le dernier mot. Quoiqu’elle fasse, quoi qu’elle dise, il serait toujours au dessus d’elle, dans tous les domaines. Elle s’évertua à respirer calmement. S’il n’y avait rien qu’elle puisse faire, autant prendre toutes les piques du Traqueur sereinement. Lorsqu’elle releva la tête, il était déjà loin, aidé par son assurance et ses coups de coude. Yimae, gênée par sa petite taille, peinait à se frayer un passage parmi les badauds. La pluie tombait presque dru à présent et les passants commençaient à se presser. Yimae n’avait pas peur de la foule, s’y déplaçant avec grâce, mais être pris dans un troupeau de passants pressés n’était pas sans danger pour une frêle jeune fille. Heureusement, Osmanthe semblait s’être rendu compte de son avance sur elle. Elle le vit rebrousser chemin pour la rejoindre. Il continua de jouer des coudes pour se faufiler vers une petite rue moins fréquentée et y poussa Yimae.

- A ce rythme, on est pas arrivé à la prison. On va prendre un raccourci. Essaye de ne pas me perdre, cette fois-ci.

Il avait de nouveau pris un ton irrité. Ce n’était pas de la faute de la jeune fille si elle était petite et se faisait bousculer. Il avait néanmoins confirmé ses soupçons : ils se dirigeaient bien vers la prison. Yimae prit conscience de traits tirés du Traqueur. Il avait l’air de manquer atrocement de sommeil. Seule son assurance semblait le faire tenir debout. Ceci pouvait expliquer sa facilité à s’énerver et rassurait l’Alzénienne : Osmanthe avait sûrement besoin d’elle pour quelque chose d’important, et non pas pour l’enfermer elle.

Trempés par la pluie, ils avançaient vite dans les rues de plus en plus désertes à mesure qu’ils approchaient de la prison d’Amenthalys. Et enfin, ils y arrivèrent. Derrière le somptueux palais impérial, une entrée menaçante menait dans les souterrains noirs, sous les boiseries dorées du palais. N’importe quel citoyen parfaitement honnête prendrait peur devant les escaliers escarpés flanqués de deux gardes aux regards glaçant. Osmanthe scruta un instant le visage inquiet de Yimae, avant de prendre la parole :

- Nous y sommes, commença-t-il avec un léger sourire vaguement inquiétant. En bas, nous allons aller voir deux prisonniers. J'aimerais que tu extraies leurs souvenirs à propos de l'emplacement de Karnevale Avenue. Je ferai en sorte qu'ils pensent à cette ville au moment où tu utiliseras ton don sur eux, ainsi cela devrait être plus facile et plus rapide pour toi. Durant le temps où nous traverserons la prison, fais-toi la plus discrète possible. Les civils ne sont pas censés pénétrer là-dessous, tu es une exception. Ne parle pas, même si on te pose une question. Théoriquement, ça ne devrait pas être le cas, mais il y a toujours des soldats trop zélés qui se croient tout permis.

Karnevale Avenue ? Cela signifiait que le Traqueur était parvenu à faire prisonnier deux Karnevaliens, pourtant les rois du camouflage et de la fuite. Insaisissables, ils étaient les derniers rebelles que l’Empire craignaient. Si Yimae parvenait à trouver l’emplacement de la ville cachée, non seulement la plus grande partie des rebelles serait tuée ou emprisonnée, mais les autres rebelles n’auraient plus de lieu où se dissimuler et se regrouper. La rébellion serait matée. L’Empereur serait tout puissant, encore plus qu’il ne l’était déjà.

- Si tu as des questions, c'est pendant la descente. Une fois en bas de l'escalier, plus un mot.

Toujours hébétée, Yimae ne dit rien. Sa position envers l’Empereur n’était pas très claire. Jusque récemment, elle ne s’était pas posée la question. Seuls ceux avec un Karnevale craignaient l’Empire, puisqu’ils étaient traqués. Mais Yimae ne faisait pas parti de ces gens. Mais depuis cet après-midi sur la place du marché, depuis que son don s’était manifesté, elle était elle aussi menacée. Seulement, Osmanthe l’avait trouvé. Que cela faisait-il d’elle ? Un pion privé de liberté ou une personne protégée de l’Empire par un Traqueur ?

- Et, un conseil : ne regarde pas trop autour de toi. Une prison n'est jamais très belle à voir. Et ne fais pas attention aux cris.

La voix d’Osmanthe la tira de ses pensées. Il commença sa descente et elle put se replonger dans ses pensées, tentant d’ignorer les tâches rouges sur le sol et les bruits qui semblaient être ceux de prisonniers grattant sur les murs de leurs cellules en gémissant.
La question qu’elle s’était posée en entraînait une autre : devait-elle révéler l’emplacement de Karnevale Avenue lorsqu’elle le verrait dans l’esprit des prisonniers ou devait-elle le cacher au Traqueur et permettre à la rébellion de vivre ?

Alors qu’ils descendaient toujours plus bas, les gardes stoïques surveillant l’entrée et les premiers étages de la prison étaient remplacés par des soldats agités. Un, complètement paniqué, faisait des allers-retours incessants entre deux cellules. Un autre semblait évanoui et gisait dans l’escalier. D’autres parlaient entre eux avec agitation. On était loin de l’image glaciale et impassible que Yimae se faisait de la prison. Un murmure angoissé parcourut l’étage que Osmanthe et la jeune fille venait de rejoindre. « Un Traqueur… Un Traqueur… » Un garde avec quelques galons sur l’uniforme déboula devant les deux visiteurs.

- Hum… Monsieur… Seigneur Traqueur. Il semble que… qu’il y ait un problème.

L’homme respirait bruyamment et s’efforçait de calmer les tremblements qui l’agitaient. Il paraissait très ennuyé et surtout en proie à l’épouvante. Affolé, il continua avec une voix vacillante :

- Il semblerait que nous ayons été mis en déroute… par deux prisonniers…

Ainsi, Osmanthe avait perdu les Karnevaliens. Un sourire moqueur se dessina malgré elle sur le visage de Yimae.

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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: Another one bites the dust    Mar 9 Aoû - 23:28


L’internat psychiatrique. Personne ne pouvait comprendre toute l’horreur cachée derrière ces deux pauvres mots avant de l’avoir vue de ses propres yeux. L’internat psychiatrique et ses murs sombres, son atmosphère glauque, ses vacarmes terrifiants et ses silence, pires encore. L’internat psychiatrique, affreux hybride, croisement entre l’asile, le bagne et le cimetière. L’internat psychiatrique, où la mort rôdait en permanence, où elle planait indolemment au dessus de la tête des prisonniers, attendant simplement le bon moment pour frapper. L’internat psychiatrique, incarnation monstrueuse de la folie et de la cruauté des hommes.

Osmanthe avait parfaitement conscience de tout cela. Et il se plaisait à penser que ce lieu qui terrifiait tellement soit pour lui presque aussi familier et inoffensif que le manoir où il avait grandi. Il y évoluait avec autant d’aise qu’un requin dans son territoire, confiant, arrogant, menaçant, imperturbable. Plus que la souffrance des prisonniers, c’était le fait de les voir vaincus, brisés, qui le réconfortait. Les ennemis de l’Empire finissaient par croupir ici, réduits à l’état de loques vivantes. On ne pouvait pas en dire autant des ennemis des Karnevaliens. Pour le Traqueur, cette prison était le symbole même de la toute puissance de l’Empire, et le signe qu’il était du bon côté : celui des vainqueurs.
Malheureusement pour lui, cette affirmation allait rapidement être mise à mal…

Les soldats étaient anormalement agités. Osmanthe plissa les yeux. Soit une nouvelle cargaison de prisonniers venait d’arriver, soit un haut-dirigeant avait décidé d’une inspection surprise de la prison. Dans les deux cas, il fallait qu’il se dépêche d’utiliser Yimae. Si il avait la possibilité d’offrir sur un plateau l’emplacement de la ville rebelle à cet hypothétique important responsable lors de son arrivée… L’idée était terriblement séduisante. Il sourit et pressa le pas.

Ce fut lorsqu’il aperçut un des gardes étendu sur le sol, un peu plus loin, que le jeune homme comprit que quel que soit l’évènement qui s’était produit, il n’avait certainement rien de bénéfique pour lui. Avant qu’il n’ait pu ouvrir la bouche pour demander des précisions, un officier surgit devant lui. Il avait l’air sur le point de défaillir. Le pressentiment ressurgit violemment, et Osmanthe eut une inexplicable envie de prendre ses jambes à son cou. La prison ne semblait plus si familière et accueillante, désormais…

Dès ses premiers mots, l’homme l’énerva. Il bafouillait, se reprenait, le tout en se tordant les mains et en regardant presque fixement le bout de ses bottes. Osmanthe réprima l’envie de le baffer pour lui insuffler un peu de dynamisme.
Et puis l’annonce tomba.
Deux prisonniers.
L’homme n’avait pas précisé, par pure lâcheté. Comme s’il pouvait y avoir plusieurs paires de prisonniers d’une importance capitale et capable de s’évader. C’étaient les Karnevaliens, évidemment. Ceux qu’il avait personnellement capturé. Ceux à qui il devait extirper le secret le plus convoité par l’Empereur, la seule information qu’il peinait à obtenir depuis des années, celle qui lui aurait assuré un prestige éternel.
Lorsqu’il prit conscience de tout ce que cette évasion pouvait impliquer, de toutes les répercussions négatives qu’elle aurait sur lui, il en eut le vertige. L’internat psychiatrique devint oppressant, menaçant. Les murs étaient-ils aussi proche de lui, avant ? Avant qu’on ne lui annonce que le meilleur atout qu’il ait jamais eu en main venait de se transformer en épée de Damoclès, laquelle vacillait dangereusement au dessus de sa tête ?

Osmanthe n’était pas quelqu’un de naturellement violent, sachant parfaitement que des paroles bien affutées pouvaient causer bien plus de dégâts qu’une centaine de coups. Il ne frappait que quand on le poussait vraiment à bout -ce qui était, en soi, assez difficile à obtenir- ou quand la situation était critique.
En ce moment présent, les deux conditions à la fois étaient réunies. Le Traqueur n’était plus qu’une bombe à retardement sur patte. Et l’explosion ne se fit pas attendre.
L’homme qui avait osé lui annoncer la nouvelle s’écrasa durement sur le sol lorsque le poing du jeune homme le cueillit au menton. Sans lui accorder un regard supplémentaire, Osmanthe se tourna vers le reste des soldats, lesquels affichaient tous sans exception le visage figé par l’angoisse de ceux promis au sacrifice.

- Bande d’abrutis, siffla-t-il sur un ton dangereusement bas, j’espère que vous réalisez l’ampleur de votre bêtise et de votre incompétence ! Vous êtes une bonne vingtaine, et vous n’avez pas été fichus d’arrêter deux minables rebelles, seulement armés de leur risibles petits pouvoirs ? Vous rendez-vous compte qu’une telle erreur risque de vous coûter bien plus cher que votre poste ? Vous êtes déjà en bas de l’échelle hiérarchique, et je comprend désormais amplement pourquoi ! Si dégradation il doit y avoir pour vous, elle sera de type… définitive. Alors rattrapez moi ces détenus où je veillerai personnellement à ce que vous ne finissiez pas le mois !

La peur sur leurs visages ne lui procura aucune satisfaction, juste une étrange amertume. Ces soldats avaient tout à perdre si il ne réussissaient pas. Mais lui aussi. Pour l’instant, la colère le dominait totalement. Quand laisserait-t-elle la place à cette même peur que celle qui étreignait les soldats ?

- Déployez toutes les forces disponibles dans les environs du palais, gardez juste une petite unité d’élite au sein de la prison. Faites fermer les portes de la ville, bloquez les moyens de circulation rapides. Communiquez le signalement précis des évadés de façon massive. Interrogez la population et neutralisez toute personne suspecte de complicité. Et retrouvez-les, à n’importe quel prix !


Ordres lâchés sur un ton froid et mécanique. Les soldats s’agitèrent dans un parfait ensemble, rendus presque efficaces par la menace qui pesait sur leurs têtes, remarqua le jeune homme avec un dédain infini.
En quelques secondes, l’internat parut étrangement vide. Même les prisonniers s’étaient tu, rendus muets par la surprise, et l’espoir, peut-être : pour la première fois depuis bien longtemps, on avait échappé à la sinistre prison. Deux détenus à la fois. Et, comme on disait « jamais deux sans trois », le rêve était permis à tous.

Tous sauf Osmanthe, évidemment. Il essayait de se persuader que tout n’était pas déjà perdu, que les soldats pouvaient encore les rattraper, en vain. L’affreux pressentiment avait tenu ses promesses. Sans pouvoir expliquer pourquoi, il savait que cette fois-ci, il avait échoué. Et c’était une pensée insupportable, tellement qu’il avait envie de se cogner la tête contre les murs. L’échec était la chose qu’il redoutait la plus au monde, sans pouvoir se l’avouer. Il était un génie infaillible. L’échec n’était pas envisageable, et encore moins permis, et pourtant il était là. Ses épaules s’affaissèrent de façon perceptible, quelques secondes, avant qu’il ne se reprenne. Il ne voulait absolument pas se donner en spectacle à proximité des détenus. De là où il était, aucun ne pouvait l’apercevoir, mais…

Une pensée le figea tout à coup : Yimae. Où était-elle ? Il l’avait complètement oubliée…
Il se retourna vivement pour tomber nez à nez avec son sourire narquois. Et la fureur revint à la vitesse grand V.
Comment osait-elle se moquer de lui, elle qui n’était qu’une sale gamine stupide, rien qu’une pauvre marionnette entre ses mains ?
Il serra les poings. Puis prit une inspiration et se força à les desserrer. La frapper ne serait qu’une démonstration supplémentaire de son désarroi, et il ne s’abaisserait pas une seconde fois à un geste non-maîtrisé. Surtout que les mots pouvaient être bien plus dévastateurs…

- Ça te fait rire, Yimae ? commença-t-il alors qu’un sourire intentionnellement cruel se dessinait sur ses lèvres. Ça ne devrait pas. Parce que, même si ce n’est qu’une question e temps avant qu’ils ne rattrapent les prisonniers, en attendant, il y a une cellule toute chaude de libre. Et les geôlier sont réputés pour serrer plus que besoin les chaînes des détenus. Ainsi, tu pourrais assortir les marques des menottes à celle qui ornent ton cou, qu’en dis-tu ?

Il voulait qu’elle ait peur. Comment pouvait-elle sourire alors que l’angoisse commençait à le submerger ?! Elle n’en avait pas le droit, après tout c’était elle qui était en son pouvoir et non l’inverse ! Si il était le bourreau, et elle l’une de ses victimes, alors elle devait avoir plus peur que lui, ou la situation deviendrait absurde et incontrôlable. Alors à ce moment, il était prêt à tout pour qu’elle soit trop préoccupée par sa propre terreur pour éviter qu’elle remarque celle de son persécuteur. Quitte à la boucler dans une cellule en compagnie des plus grosses brutes de la prison.


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Another one bites the dust

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