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 [Event] IV. Les Sanglots des Violons

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MessageSujet: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Ven 22 Juil - 17:09

Les sanglots des violons lézardaient les murs de l'internat, comme un écho au cris des aliénés dans leurs cellules moisies, comme par ironie de la souffrance qui salissait l'air rare d'une puanteur malsaine. Un rythme tantôt éffrenné, tantôt effrayant comme celui des cœurs agonisants qui craignaient de troubler le calme dérangé.

Une lueur tremblotante, au fond du couloir, se dessinait sur le sol froid et crasseux. Le néon qui se trouvait dans la pièce adjacente, dont la porte demeurait ouverte, poursuivait sa lente agonie dans l'indifférence de la Traqueuse.

Une unique table, cernée par deux chaises bancales, trônait au fond de la minuscule pièce. Rien de plus, rien de moins ; rien que l'essentiel. On avait privilégié les salles de torture.

Des portes battirent avec mécontentement. Quelques prisonniers curieux, encore capable de bouger malgré leurs séquelles, se traînèrent sur le sol afin d'apercevoir deux Traqueurs fortement baraqués qui portaient une jeune femme.
Celle-ci se débattait avec ferveur malgré la ténacité de ses bourreaux et ne perdit nullement de sa superbe lorsqu'elle parvint enfin en face de la salle.

-La voici, Mademoiselle White.

Les talons plats cessèrent se fouler le sol. La silhouette pivota.
On put voir la lumière du néon grésillant se refléter sur ses cheveux blancs.

Seuls Oblivion, Aurore et Carol on le droit de poster dans ce topic.
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MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Ven 29 Juil - 2:26

Une couleur, une moquerie. Un sourire aux crocs acérés; l’innocence teinté. La dame blanche ne l’était pas. Elle était sale, terriblement sale, le sang tachant ses mains un fantôme enchaîné à son âme. Mais lasse, terriblement lasse. Fatiguée de cette phobie, de la peur, épaisse brume qui collait à la peau, sueur froide dans le creux du dos.

La paranoïa de l’Empereur avait atteint son comble. Comme tout être corrompu par le pouvoir, entendre murmurer qu'on cherchait à lui enlever ne faisait rien pour améliorer son état permanent de psychose. Enfermé, il donnait ses ordres pour qu'on démolisse la résistance karnevalienne. Chaque traqueur connu, sain d'esprit ou psychopathe endurci, avait été déterré et lancé dans la mêlée avec pour seul ordre de tuer, tuer, tuer, capturer ce qui pouvait être utile, ne pas se soucier des conséquences, personne n’étant innocent.

Surtout pas Oblivion.

Celle-ci tournait en rond, comme une mouche autour du néon. Elle attendait. Elle aurait préféré être dehors, chercher au lieu d'interroger; c'était ça, sa branche. Elle s'en fichait d'être plus expérimentée: les confrontations la rendaient nerveuse. Elle avait beau pouvoir rester impassible en tout temps, les joutes verbales l'épuisaient. Et les cris des détenus grattaient contre la paroi de sa tête, comme des lames que l’on frotteraient l'une contre l'autre. Son calme s'échappait lentement, goûte à goûte. Comme une fuite dans la plomberie.

Des pas résonnèrent dans le couloir mal illuminé: les uns, solides masses piétinnant le sol avec dédaint, les autres, obstinés refusant d'avancer. Les bourreaux de l’internat arrivèrent. Ils désignèrent la jeune femme qu'ils tenaient, serrée entre leurs corps baraqués. La traqueuse hocha la tête, passant ses mains sur les plis de sa jupe et lissant ses mèches; mouvements qu'elle effectuait chaque fois qu'on l'appelait "mademoiselle" ou "madame", parce que de tels titres ne lui correspondaient pas et que c'était sa façon de remédier à la situation. Comme si avoir une meilleure apparence changerait quoique ce soit à son malaise.

Sa victime était devant elle, bouillante de rage, la regardant droit dans les yeux, l'injectant de sa haine. Avant, elle pouvait se cacher. Quand on traque, c’est l’instinct qui contrôle, cet animal accroupi dans un recoin de notre conscience qui prend le dessus. La dame blanche ne regardait jamais son travail dans les yeux. Elle le prenait par derrière et l’assommait pour ne pas avoir à le confronter. Pas cette fois. Non, regarde et écoute. Tu dois tout prendre en note, des paroles aux tics. Le nom-verbal compte autant. Sinon plus. Oblivion s'éclaircie la gorge.

-Nous savons de... sources que vous pourriez détenir des informations... utiles. Il serait préférable de s’asseoir sagement. Ça vous évitera... des incidents importuns.

La dame blanche parlait d'une voix posée, le son presque enfantin et malgré le silence, le son était à peine audible. Elle prenait des pauses signifiantes, la plus claire possible dans ses intentions. Et elle était patiente. La résistance karnevalienne était têtue, mais ils tomberaient. Il n'y avait pas d'autres alternatives. L'idée que le règne de Raziel s'éteigne semblait trop fantaisiste pour y accorder quelconque considération: avec des gens comme Oblivion sous ses ordres, ses chances de choir étaient minces. Et pourtant. Cette dernière se concentra sur sa tâche, malgré l'environnement distrayant. Les prisonniers et autres aliénés croupissant dans leurs cellules gémissaient. L’internat était insalubre et isolé. La seule lumière provenait d'un néon qui avait vu de meilleurs jours. L’humidité collait à la peau.

Elle voulait être dehors et courir le plus loin possible, sans se retourner. Pas maintenant.

-Consentez-vous à coopérer?

Le néon grésillait.
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Aurore L. Moore
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♠ Emploi(s) : Sous les frais des parents
♠ Nationalité : Amenthalysien
♠ Karnevale : Création de lumières (très moyenne)
Son Karnevale consiste à créer comme son nom l'indique un aura lumineux autour d'elle, ou de former une boule. Une chaleur peut en émaner mais elle sera minime. Enfin, créer n'est pas le mot le plus approprié pour le définir, car Aurore ne contrôle dans aucuns des cas son pouvoir. Elle l'active sans le vouloir sous l'effet d'une émotion forte (colère, joie, sentiment amoureux).
♠ Sexualité & Statut : Hétéro. Fiancée [Réciproque]
♠ Mon rêve : Quitter sa famille pour vivre loin de tous ces faux-semblants continuels et voyager dans tous Sphera.
♪ Fiche : Le journal d'une jeune fille rangée
♪ RP(s) en cours : Bla Bla Bla Bla . Tu parles, tu meurs, tu parles plus.
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MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Lun 8 Aoû - 18:03

Alors ça ressemble à ça une révolution ?! Elle était écœurée par ce barbarisme ambiant. De plus ce n'est pas seulement l'ennemie qui utilise la méthode forte, La violence règne des deux côtés. Certes elle soutient à fond leurs idéaux qui est de renverser le pouvoir, mais pas de cette manière ! La preuve, on ne compte plus les dépouilles abandonnées chaque matin dans les faubourgs, sur les places... Un trou béant qui traverse leur crâne, une plaie suppurante au milieux du ventre, un mince filet de sang remontant hors de leurs lèvres. C'est monstrueux ! Les victimes se trouve être pour la plupart des Karnevaliens mais aussi des policiers, des gens sans histoires que l'on avait torturé, pour obtenir des informations sur la résistance. Des faits similaire se déroule dans les autres villes de Sphéra. Les journaux font silence, bien entendu ils sont tous corrompus par le régime ! pendant ce temps ils déversent à gros flots leurs propagande. On voit bien que les habitants ne savent plus où se mettre ils sont terrorisés.
Nous pourrions trouver d'autres manières plus civilisées pour obtenir ce que nous voulons, la violence n'est quand même pas le seul moyen de nous faire entendre, il ... il y à peut être une meilleure façon de voir les choses !
Lorsqu'elle tient ces propos lors des réunions on lui ri au nez, on trouve sa niaiserie risible et digne d'une bourgeoise. On lui assure que la seul bonne solution est de combattre jusqu'à remporté la victoire.
Pathétique !!
Ce sont de eux qu'il faudrait rire, c'est grotesque ils ne réussiront qu'à faire tuer des innocents
En vérité elle ne trouve pas d'autres solutions, il y en a bien mais elles sont toutes vouées à l’échec.

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-On vous attend dans le petit salon, je... je.. je crois bien qu'ils sont pressés.
Sa mère d'une pâleur mortel avait insisté sur la présence masculine de la visite, Elle aurait dû comprendre que dans la pièce se trouvait deux traqueurs qui l'attendait pour l'emmener. Ou au moins se douter que ça ne présageait rien de bon. Qu'est-ce qu'elle s'en veut maintenant d'avoir était aussi naïve.


Dans les livres -interdits par l'Empereur- qu'elle avait lu sur le fonctionnement d'une prison, la même phrase revenait souvent;"Quand une personne nous nuie et que l'on veut s'en débarrasser sans se porter préjudice , il faut tout simplement la faire passer pour folle, qui croirait un fou qui affirme qu'il n'en n'ai pas un ?"
L’internat psychiatrique devait à coup sûr marcher de la même manière.
Leurs pas foulèrent les dalles froides maculées de sangs séchés, le râle des prisonniers les précédent en une litanie incessante le long des couloirs sales. Les traqueur la tiennent fermement, ses jambes sont ankylosées à force de marcher dans les rues noires de la capitales, mais ce n'est rien comparé à l'obscurité qui règne dans les sous-sols du Palais. Sa phobie du noir revient la hanter. Son pouls bats vite, trop vite c'est pas bon pour son cœur lui aussi trop fragile. Elle doit se détendre, inspirer, expirer, inspirer ... et fermer les yeux.
Demain matin on retrouvera sûrement mon corps inerte dans le d'une coin de rue. Ça m'apprendras à jouer les rebelles. Une souris dans le trou du serpent voilà ce que je suis maintenant.
Une lumière pâle transperce ses paupières closes, elle les rouvrent lentement. La source vient d'un néon gréssillard, qui éclaire faiblement une salle minuscule. Une jeune femme se retourne à l'appel des gardes. Ses cheveux sont blanc mais pourtant elle à l'air jeune mais tout son être pue la mort. Ses yeux reflètent la lumière sombre du néon. Elle commence à parler clairement en posant chacun de ses mots avec lenteur.

-Nous savons de... sources que vous pourriez détenir des informations... utiles. Il serait préférable de s’asseoir sagement. Ça vous évitera... des incidents importuns.

Aurore s’essaya sans quitter des yeux la dame blanche. Elle devait rester imperturbable, ne pas laisser transparaitre ses émotions. Cette Oblivion, elle en a déjà entendu parlé, par son frère ''la chouchoute de l'Empereur" disait-il. Qu'est-ce qu'elle fait là à soutirer des informations dans ce lieux lugubre ? L'avait-il renié ou préférait-il la garder plus près du château que de la voir plutôt dans des missions trop dangereuse. Oui ça doit sûrement être ça...Cette fille doit être un bon traqueur malgré son jeune âge pour être ainsi adorée par Raziel.

-Consentez-vous à coopérer?

L'attaque commence, il va falloir trouver un moyen pour gagner du temps et par la même occasion sortir d'ici
Des moyens de s'échapper il n'y en a pas vraiment, les gardes barrent le passage de la cellule et ils y en a d'autres qui patrouillent à peu partout. Elle réfléchit à toute vitesse. Elle plante son regard dans celui de son interlocutrice.

-Il me semble que n'ai pas vraiment à faire de choix. N'est-ce-pas mademoiselle Oblivion ?

Le coins de ces lèvres prirent un léger plis moqueur, elle a trouvé une solution qui peut tenir la route. Cette fille ne sait pas à qui elle a à faire, et elle allait lui montrer. Peut être ce trompe elle, mais ce n'est pas le moment de flancher.

-Si je coopère et que je vous révèle ce que vous voulez savoir, ou au contraire si je m’abstiens je pense ne pas me tromper en vous disant que dans ces deux cas je n'ai pas l'assurance de sortir vivante d'ici. Alors en toute impunité et sans vous blessez, je vous demande de vous mettre un instant à ma place et de me dire, -sincèrement- ce que vous feriez VOUS ?

Sa stratégie est faite, il ne lui reste plus qu'à attendre ... un miracle


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Dernière édition par Aurore L. Moore le Jeu 1 Sep - 18:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Mar 23 Aoû - 20:00

    La révolution grondait. Sous la pluie battante les Traqueurs fondaient sur des innocents. Ce n'était plus le jeu enfantin du chat et de la souris. La souris, ici, n'avait aucune chance, acculée, le dos au mur face à un lion affamé. Le monde était électrique, même dans les quartiers bourgeois où Carol regardait depuis sa fenêtre s'abattre la foudre de l'Empereur sur Amenthalys. Dans la pièce obscure, les jumeaux Waldorf se tenaient immobiles et silencieux, assis l'un en face de l'autre. Le thé qu'ils avaient l'habitude de boire ensemble fumait, abandonné sur une table basse. Le son suffocant sur tic-tac de la vieille horloge envahissait l'atmosphère, du parquet ciré au plafond tendu de tapisseries. Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas. Dans la lueur des premières heures de la matinée, la silhouette d'un homme se découpa, se glissa sur le tapis, contourna la porte du corridor et parut enfin à la vue des frères.

    "Quelles sont les nouvelles ?"

    Le plus âgés des Waldorf dévisagea Carol avec un regard triste et fatigué. Inutile de dire que leur mère avait dû fermer la boutique et se cloitrer dans l'arrière chambre. Lui avait put traverser la ville pas miracle, pour venir s’enquérir de la santé de ses frères. Mais aussi, leur apprendre, de par ses relations, ce qu'il se passait et ce que signifiait ces courses poursuites.

    "Des dizaines de personnes ont été appréhendées. Peut-être même des centaines... On dit qu'on leur interroge sur Karnevale Avenue, sur ce qu'ils peuvent savoir de cette ville."
    "On les interroge ?"

    Demanda Carol sans comprendre, sans s'avouer ce que cela signifiait vraiment. Mais le visage décomposé de son ainé lui en dit beaucoup sur ce qu'il se tramait, sur la façon dont ces gens avouaient tout ce qu'ils savaient.

    "Ils ont raison". Conclut soudain Lewis, ce qui fit sursauter son jumeau. "Nous ne pouvons pas permettre à ces terroristes de mettre en péril l'équilibre de notre Monde. Peu importe les moyens, il faut absolument détruire Karnevale Avenue.
    -Lewis comment peux tu...?
    -Ouvre les yeux Carol! Tu me fatigues à être aussi mou et désintéressé de la politique. Il y a quelques jours, on m'a proposer de rejoindre les rangs des Traqueurs. Je pense que c'est ce que je vais faire. Et dès maintenant.
    -Attends Lewis...
    -Arrête de gendre. Je vais au Palais, réclamer mon uniforme et servir à leur côté pour le bien de notre Empire. Tu ferais bien de venir avec moi, plutôt que rester les bras ballants."

    Un toussotement inquiétant suffit à rétablir le silence. Les yeux tristes de l'ainé pétrifia les deux jeunes hommes sur place. Il s'attarda sur Carol qui s'était levé à demi, prêt à empoigner son frère.

    "Ils ont arrêté Aurore Moore. D'après mes amis elle se trouve dans le pavillon psychiatrique du Palais."


    "Monsieur Lewis Waldorf ?"

    Face au garde chargé de la surveillance du pavillon psychiatrique, Carol Waldorf opina du chef.

    "Où est votre arme Monsieur Waldorf ?
    "Sur moi" Carol écrasa d'une main assurée le pan de sa veste bleue. Un pistolet de gros calibre était glissé contre son torse.

    Le garde fit un petit geste de la tête et laissa la nouvelle recrue entrer. En temps que Traqueur débutant, Lewis Waldorf avait été affecté là où il ne servirait que de garde de réserve. Mais étonnamment, il avait lui même demandé à servir dans l'hopital, ce qui lui avait été accordé, grâce à de nombreuses relations au sein des officiers. Sa démarche étant étrange et assurée, son port, digne d'un roi et le sérieux qu'il affichait n'était pas sans être tinté d'un certain mépris caractéristique du personnage. Sa bouche était tordue dans un rictus suffisant, un sourire d'enfant gâté qu'il exhibait sans honte. Pourtant, sous cette couverture, Carol tremblait de peur.

    Porter l'uniforme des Traqueur le répugnait. Mais se n'était rien comparer à la difficulté psychologique que représentait pour lui le fait de singer son frère jumeau. Certes, tout deux se ressemblaient, ils avaient le même visage, les mêmes yeux mais tout le reste était différent. Leurs expressions, leurs assurances, leurs façons de parler. Et lui devait le reproduire le plus exactement possible, se transformer en Lewis. Etre aussi cruel et orgueilleux que lui, garder cette grimace figée sur ses lèvres. Et ce képis répugnant posé sur ses cheveux tiré en arrière par des tonnes de gel. A quoi ressemblait-il si ce n'était un un putain de chien du gouvernement. Il se détestait. Pire, il détestait son frère.

    La salle dans lequel on le conduisit d'abord était celle d'un interrogatoire d'une femme inconnue. Son don était impressionnant mais la torture qu'on lui infligea fut pire encore. Parmi les rangs des Traqueurs, certains, y compris le bourreau, ne purent se retenir de détourner les yeux. Carol ne quitta pas le spectacle du regard. Horrifié, pétrifié par la peur, elle n'était obsédé que par une seule et même question: où se trouvait Aurore.

    Après une courte pause, Carol et son équipe changèrent de secteur pour se concentrer sur un nouvel interrogatoire. Celui d'une gamine, apparemment elle avait été vue en compagnie de Karnevaliens avérés. Il frissonna. En effet, dans la salle éclairée d'un néon sale, se trouvait celle qu'il venait chercher. Ses cheveux blonds, cette silhouette fluette. C'était bien elle. C'était bien Aurore. Comme les autres, Carol se plaça le long du mur, sans mot dire, sans adresser le moindre regard d'entente en direction de sa protégée. Pour l'instant il n'était que Lewis. Dès qu'il le pourrait, il agirait. Mais pour le moment c'était trop tôt.
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Osmanthe Cathair
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MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Mar 6 Sep - 13:38

« Monsieur Cathair ! »
Le Bibliothécaire Impérial lui avait sauté dessus alors qu’il sortait tout juste d’une énième réunion de hauts-dirigeants de l’Ordre des Traqueurs. La tête encore remplie de plans d’action, d’opérations punitives et de nouvelles méthodes de torture brevetées (98% d’aveux garantis), Osmanthe avait sursauté et fait de son mieux pour adresser un regard le moins vitreux possible à son hypothétique futur beau-père.
« Monsieur Moore, que puis-je faire pour vous ? »
C’est à ce moment qu’il avait vu la peur dans les yeux de cet homme pourtant suffisamment riche et influent pour être à l’abri de tout, ou presque. Un regard annonciateur de très gros ennuis. Pour changer.
« Je vous en prie, vous devez la sauver ! Vous… vous êtes un Traqueur très influent, n’est-ce pas ? Vous n’aurez qu’un mot à dire… Une prisonnière de moins, avec toutes ces captures, personne ne remarquera la différence… »
Malgré les bégaiements de l’homme, pas besoin d’être une lumière pour saisir la situation. Il avait néanmoins demandé confirmation, sait-on jamais.
« Aurore s’est fait arrêter ? »
Il avait obtenu pour toute réponse un hochement de tête dépité qui lui avait donné envie de se facepalmer. Ou d’éclater de rire. Un rire jaune, acide et moqueur à la fois. Pour éviter de trop vexer son interlocuteur, il s’était toutefois contenté de lever discrètement les yeux au ciel. Aurore en prison. Dire qu’il ne l’avait pas vu venir aurait été un énorme mensonge étant donné la jeune fille ne lui avait jamais caché son opinion vis-à-vis du régime; d’ailleurs, elle ne l’avait jamais caché à personne, c’était bien là le problème. Qu’elle soit assez bête pour songer à s’opposer à l’empereur, soit, mais qu’elle le soit au point de le crier sur les toits, il n’avait jamais bien compris. Comme beaucoup d’autres choses dès qu’il s’agissait d’Aurore. Il faudrait qu’elle lègue son cerveau à la sciences, un fois décédée, qui sait quelles découvertes on pourrait y faire. Il avait ravalé de justesse une grimace en songeant que, vu la tournure que les choses prenaient, les scientifiques risquaient d’hériter de cet étrange cas bien plus tôt que prévu…
« Je croyais pourtant que vous la reteniez enfermée. Elle est sortie récemment ? »
Nouveau hochement de tête, agrémenté cette fois-ci d’une pointe de culpabilité lisible dans le regard de l’homme. Osmanthe avait ressentit une pointe de compassion à l’égard de ce père qui devait s’occuper d’une gamine aussi casse-pied depuis 18 ans. Lui ne la connaissait que depuis quelques mois et elle le fatiguait déjà…
« Il est donc probable que les accusations à son encontre soient fondées ? »
Ce hochement de tête ci avait été minuscule, un tressaillement, pas plus. Ce qui prouvait à quel point il avait touché juste. Le Traqueur ferma brièvement les yeux et retint un soupir. Aurore s’était fourré dans une sale situation, et il sentait que ça allait être à lui de l’en sortir. Sauf qu’il n’était pas sûr d’en être capable.
« Monsieur Moore, je sais que vous n’allez pas aimer ce que je vais vous dire, mais sachez que si Aurore fait bien partie de la rébellion, il n’y a rien que je puisse faire sans rentrer à mon tour dans la clandestinité. Elle s’est opposé à l’Empire. Faire en sorte qu’elle échappe à sa juste punition serait une trahison, et… »
« Je sais tout ça ! Et je ne trahirai l’Empereur pour rien au monde ! J’ai tellement honte de ce qu’elle fait, mais comprenez-moi, c’est ma fille ! Et c’est votre fiancée ! »
Un charmant grincement de dent de la part du jeune homme avait accueilli cette dernière affirmation. Il avait ravalé la réplique qui lui brûlait les lèvres et avait feint de s’incliner.
« Très bien. Je vais voir ce que je peux faire. En attendant, ne vous inquiétez pas trop à son sujet, Monsieur, nos hommes ne sont pas aussi rustres qu’ils en ont l’air. C’est une jeune fille de haute famille, ils ne la traiteront pas trop durement. »
Joli mensonge sur lequel il avait tenté de s’éclipser. Malheureusement, l’homme lui avait coupé la route.
« Non, s’il vous plaît, c’est urgent ! On m’a dit que l’interrogatoire allait débuter d’un instant à l’autre, et je sais parfaitement que certains Traqueur utilisent des méthodes peu… conventionnelles… »
Osmanhe avait esquissé un sourire sarcastique.
« Oh, mais je vous assure que toutes nos méthodes sont brevetées, Monsieur. »
On aurait cru entendre un vendeur de pesticides. De toute façon, le Bibliothécaire avait à peine prêté attention à sa remarque ironique. Il avait plongé son regard dans celui du jeune homme, le genre d’attitude que ce dernier ne supportait pas.
« Si vous la faites sortir maintenant, je vous promet qu’elle ne vous posera plus jamais de problème ! Je… je la garderai enfermée… à tout prix ! J’utiliserai tous les moyens possibles, alors s’il vous… »
« C’est bon ! Je vais essayer de m’en occuper de ce pas. Mais je ne vous promet rien, Monsieur Moore. Je ne suis sûrement pas aussi influent que vous ne l’imaginez. »
La réponse avait été plus sèche qu’il ne l’avait voulue. Voir un homme de sa prestance en être presque réduit à le supplier l’avait insupporté, presque autant que ses promesses larmoyantes.
A tout prix, tous les moyens possibles… Étaient-ce de jolis mots creux ou de réelles intentions ? Comment envisageait-il de retenir sa fille ? En la droguant, en l’enfermant dans un donjon ? Au fond, était-ce sa fille ou sa réputation qu’il tentait de sauver ?
Refoulant ses sinistres hypothèses au fin fond de son esprit encombré, il avait pris à contrecœur la direction de l’internat psychiatrique. L’homme l’avait suivi jusqu’au bout pour s’assurer qu’il ne se défilerait pas au dernier moment. Osmanthe était toujours ravi de voir à quel point les gens lui faisaient confiance…

***

Il parcourait désormais les sombres couloirs de la prison d’un pas vif, ne cherchant pas à camoufler son agacement. Plus il y pensait, plus la requête du Bibliothécaire lui paraissait infaisable. Ce n’était pas comme s’il pouvait tout simplement arriver, embarquer Aurore sans la moindre explication et repartir aussi sec. D’ailleurs, même en donnant une explication plausible, il aurait tôt ou tard des comptes à rendre. Et il n’avait pas l’intention de laisser sa peau en tentant de sauver celle de la jeune fille. Il avait beau se creuser la tête, il ne voyait aucune solution. Et déjà la petite salle d’interrogatoire se profilait au bout de l’allée. Osmanthe détestait improviser. Savoir qu’il n’avait pas toutes les cartes en main et que la situation pouvait déraper à tout moment lui donnait la nausée. Le truc, c’est qu’il n’avait plus franchement le temps d’échafauder un plan complet, options de fuites incluses. Maudissant de toute ses forces Aurore, sa famille, ses ancêtres, et ses futurs descendants sur 80 générations, il se composa un masque de froideur impassible et ouvrit la porte avec un assurance feinte mais fort convaincante.

Son regard tomba presque aussitôt sur la frêle silhouette du bourreau, et une vague de soulagement l’envahit. Il avait craint de tomber sur un des nombreux Traqueurs qui ne pouvaient pas le voir en peinture et qui auraient sauté sur l’occasion pour le démolir, mais non, ce n’était qu’Oblivion. La petite protégée de l’Empereur se retrouvait donc avec la tâche ignoble des interrogatoires… Le Traqueur s’était toujours étonné de voir que malgré le favoritisme évident dont le souverain faisait part, l’étrange jeune fille aux allures de gamine arrivait toujours à récupérer de façon obscure tout le sale boulot dont les autres se délestaient…
Osmanthe jeta ensuite un regard furtif en direction des quelques gardes alignés le long du mur, figés dans des postures trop strictes pour être naturelles. Leurs visages lui étaient inconnus, rien d’étonnant étant donné que les Traqueurs avaient entrepris de renflouer de façon massive leurs rangs, afin de pouvoir contenir la rébellion. Il mémorisa rapidement les quelques visages, avant de se résoudre à poser le regard sur le dernier occupant de la pièce.
Et c’est là qu’il réalisa que depuis qu’il avait appris sa capture, il n’avait pas une seule fois vraiment pensé à Aurore. Il s’était énervé contre son père, avant de s’inquiéter des répercussions que tout cela pourrait avoir sur sa propre vie, mais que pouvait bien penser la jeune fille, ainsi emprisonnée et soumise à un tel dilemme : trahir ou sauver sa peau ?
Car c’était l’ultimatum qu’ils imposaient invariablement à leurs prisonniers (avant de passer aux méthodes brevetées, évidemment), un choix affreux à faire pour quiconque possédant un minimum de morale (parce que lui ne réfléchirait sûrement pas plus longtemps que ça), il en était bien conscient.
Son regard s’accrocha une seconde supplémentaire à la silhouette de la jeune fille, et il réalisa que voir Aurore en prison était presque aussi absurde que de trouver un cornichon dans une chaussette ou une flamme au fond d’un étang. Aurore, sa fougue, son sale caractère et ses envies de liberté, tout ça faisait affreusement tâche dans l’atmosphère lourde et glauque de l’internat. C’était… dérangeant.

« Je suis ici d’après les recommandations de M. Moore, Bibliothécaire Impérial au service de Sa Majesté. »

Elle était en partie là, la solution : rejeter la faute sur l’origine du problème. Et après tout, ce n’était pas un mensonge…

« Je n’ai pas l’intention d’interférer plus que nécessaire dans cet interrogatoire, je viens juste vous faire part d’une spécificité à propos de cette prisonnière (laquelle il fusilla brièvement du regard avant de continuer). En raison de son appartenance à une longue lignée de fidèles serviteurs de l’Empire, Sa Majesté lui accordera volontiers sa clémence si elle coopère et nous livre les informations nécessaires pour arrêter ces soi-disant rebelles qui ne sont au fond que de vulgaires assassins et faire cesser cette boucherie qui coûte chaque jour la vie à des centaines de citoyens innocents. »

Évidemment, Sa Majesté n’avait jamais rien dit de tel, mais si Aurore avouait, le Traqueur ne doutait pas d’être en mesure de la faire sortir sans que cela ne gêne le souverain.
De toute façon, le véritable argument ne résidait pas dans la promesse de libération, mais plutôt dans l’évocation des violences liées à la révolte. Car si imaginer Aurore brailler des slogans anti-impérialistes dans la rue était tout à fait réaliste, l’idée même de la voir une arme à la main combattre les forces de l’Empereur était totalement fantaisiste. Elle avait grandi dans une cage dorée, et il savait parfaitement qu’elle n’avait jamais imaginé qu’une rébellion nécessite la force. Sûrement avait-elle été déçue, voire horrifiée par cette violence. Peut-être avait-elle-même douté. C’était la faille, celle qui la convaincrait peut-être d’abandonner les Karnevaliens et leurs rêves chimériques. Et si ça ne marchait pas, alors tant pis pour elle.


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Aurore L. Moore
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♠ Karnevale : Création de lumières (très moyenne)
Son Karnevale consiste à créer comme son nom l'indique un aura lumineux autour d'elle, ou de former une boule. Une chaleur peut en émaner mais elle sera minime. Enfin, créer n'est pas le mot le plus approprié pour le définir, car Aurore ne contrôle dans aucuns des cas son pouvoir. Elle l'active sans le vouloir sous l'effet d'une émotion forte (colère, joie, sentiment amoureux).
♠ Sexualité & Statut : Hétéro. Fiancée [Réciproque]
♠ Mon rêve : Quitter sa famille pour vivre loin de tous ces faux-semblants continuels et voyager dans tous Sphera.
♪ Fiche : Le journal d'une jeune fille rangée
♪ RP(s) en cours : Bla Bla Bla Bla . Tu parles, tu meurs, tu parles plus.
♪ Relationships : You must be Aurore's friends, No ?

MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Mer 26 Oct - 18:07

Lui, un miracle ?! Là haut on a dû mal la comprendre. C'est bien la dernière personne qu'elle aurait souhaitée voir dans une telle situation. Il est venu jusqu'ici pour lui dire quoi ? Qu'elle doit mettre en péril la vie de plusieurs personnes pour sauver la situation de son père.
(Ironie) -Mais voyons penses-y un peu que dirait-on de lui si on savait que sa fille faisait partie des traîtres, que penserait-on de sa famille. Il se verrait forcément renié pas l'Aristocratie. En revoir chères soirées mondaines, adieu dîners avec la famille de l'Empereur. Ce serait vraiment insoutenable pour lui, tu es vraiment sans cœur Aurore- (Ironie)
Non vraiment elle devait être maudite, qu'avait elle fait au ciel pour mériter ça ?
La clémence de l'Empereur ! Une bonne blague et même si ça s’avère être vrai elle n'en avait vraiment rien à faire de ce fou. Maintenant elle doit choisir entre la trahison et la mort, ça ne sert à rien de se faire des idées elle allait être tuée si elle ne coopère pas. Il y en avait marre de tout ces faux-semblants et de ces massacres.
Elle se lève de sa chaise, ne peut s'empêcher de laisser échapper un léger ricanement automatique pour se déstresser.

-Sauf ton respect cher Osmanthe je me fiche éperdument de la prétendue clémence de Raziel si pour cela je dois avoir des morts sur la conscience. Je doute qu'il pense quoique se soit de cette boucherie sanglante puisque c'est lui-même qui la suscitée.
Ça ne sert à rien de continuer à perpétrer tous ces crimes, simplement parce que sa majesté -mes révérences à elle- souhaite être la seule à posséder un pouvoir dont on ne connaît même pas la source.
D'après quelques personne (car vous êtes une minorité par rapport au peuple tout entier sache-le) les Karnevaliens sont des brutes et des assassins et les traqueurs les défenseurs du bien, mais, d'après toi, qui est le plus meurtrier des deux : le Karnevalien défendant sa ville et ses idéaux pacifistes ou le bon traqueur exécutant des centaines d'innocents pour le bon plaisir du Roi ?
Tu va me dire qu'ils ne sont pas complètement innocents, qu'ils essayent de détrôner le Monarque, mais, il y a une raison à cela. Il y a une raison à tout. Si on ne les avaient pas persécutés ils ne se seraient jamais soulevés ! Crois-tu que ce sont eux qui on choisit d'avoir un Karnevale, crois-tu que moi aussi j'ai souhaité en voir un ? Non !
Ce jour là lorsque Aziel tira un trait sur la grande catastrophe et interdisait de connaître le passé, comment veux-tu que l'on sache les erreurs à ne pas refaire puisque l'on ne les à jamais apprissent. Peu de gens savent ce qui s'est vraiment passé. Les écrivains qui ont voulu le retranscrire sont tous morts !
Tu crois vraiment que seule une personne a le droit de décider de ce qui est bon ou pas pour un peuple entier ? Qu'un homme a le droit de se nommer lui même dieux tout puissant ? Comment peut tu dires que l'Empereur est le seul à détenir la vérité puisque tu ne connais que celle là !
Chacun doit se faire sa propre opinion de notre monde sans obliger ses voisins à suivre son raisonnement.
Tu es peut-être intelligent, mais tu n'as aucun esprit critique, tu n'es donc qu'un idiot, une poupée dont on peut jouer à sa guise. Je ne sais pas si tu te rends compte que tu es une marionnette même si tu es pourtant certain du contraire. Tu te fais aveuglément manipulé par un Fou, lui-même manipulé par quelqu'un de bien pire. Car l'image du mal n'est pas celle que l'on croit, ce n'est pas celle d'un Roitelet ni celle du méchant suzerain, non, c'est encore autre chose que ceux là qui ne sont que des pions sur un échiquier. Le vrai maître on ne le connaît pas encore.


Elle se tourne vers les gardes.

-Et vous croyez-vous avoir la reconnaissance éternelle de l'empereur pour avoir suivit ses ordres à la lettre ? Vous ne voyez pas tous les morts qui pourrissent le long des trottoirs, vous voulez peut-être finir comme eux ! Gardez vos airs hautain et votre fierté vous la ravalerez bien assez vite sur le champ de bataille.
Vraiment je ne comprend pas la manie de l'homme à chercher le pouvoir absolu. Bien avant la catastrophe on organisait des guerres pour vendre des armes et se faire valoir politiquement.
De nos jours le but a peut- être changé, mais la mentalité reste la même, nous reproduisons sans cesse les erreurs passées et bientôt viendra le jour d'un nouveau cataclysme et au lendemain nous jugerons une nouvelle fois, bon de taire cet épisode et d'élever nos enfants dans l'ignorance.
Les hommes ne valent vraiment rien, prisonniers de nos instincts primitifs nous ne sommes pas plus évolués mentalement que les bêtes !


Elle s'adresse aux traqueurs

-Si vous pensiez que j’étais assez bourgeoise pour tenir à tout pris à ma vie vous vous trompiez, je n'ai pas grand-chose à cacher vous n'auriez tirés de moi aucune information capitale. Désolé de vous avoir donné de fausses joies.
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Osmanthe Cathair
✝ Tu ne t'attendais pas à me voir?

♦ Inscription le : 15/12/2010
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♠ Karnevale : None
♠ Sexualité & Statut : Hétérosexuel - célibataire
♠ Mon rêve : Trouver Karnevale Avenue

MessageSujet: Re: [Event] IV. Les Sanglots des Violons   Mer 2 Nov - 21:26

-Sauf ton respect cher Osmanthe je me fiche éperdument de la prétendue clémence de Raziel si pour cela je dois avoir des morts sur la conscience. Je doute qu'il pense quoique se soit de cette boucherie sanglante puisque c'est lui-même qui la suscitée…

Elle était à baffer, sincèrement. Il aurait dû se douter que, en sale gamine ingrate et mal élevée qu’elle était, au lieu de sauter sur l’occasion de sauver sa peau en révélant deux-trois informations -même bidons, il s’en foutait, à la rigueur- elle allait se draper dans sa fierté mal placée de pseudo-rebelle et jouer les réfractaires. Offrez-lui une porte de sortie, elle vous sort un monologue barbant et moraliste en retour. Monologue qu’il n’écouta d’ailleurs que d’une oreille, non pas que ce qu’elle dise soit totalement dépourvu de fondements, mais c’est juste qu’ils avaient déjà débattu sur ce sujet des centaines de fois, sans jamais trouver le moindre terrain d’entente, évidemment, et qu’à force, il connaissait tellement bien ses arguments qu’il aurait été capable de les lui réciter par ordre de pertinence.
Le truc, c’est qu’entre sortir ça à son fiancé, passe encore, même si Osmanthe aurait préféré ne jamais avoir ce genre de discussions irritantes avec celle qui était censée devenir sa femme ( d’ailleurs, il aurait tout simplement préféré ne pas avoir de potentielle-future-femme) (souhait qui allait se réaliser très prochainement, vu la tournure des évènements). Mais sortir ça au milieu d’un interrogatoire, dans une salle bourrée de fervent admirateurs de l’empereur, c’était du suicide pur et simple. Pour peu qu’il y ait un fanatique dans les jeunes recrues, l'espérance de vie de la jeune fille se comptait désormais en secondes.
… … …
Pas de fanatique, visiblement. Magnifique, cela lui donnait donc un répit de quelques heures…

En théorie, l’idée d’être très prochainement enfin débarrassé de cette épine dans le pied qu’était sa fiancée aurait été un motif suffisant pour ouvrir une bouteille de champagne, voire deux. Sauf qu’il n’avait jamais imaginé que cette délivrance implique l’élimination… définitive de la fiancée en question. Entre manigancer pour détruire l’accord entre leurs deux familles et supprimer la fille, il y avait quand-même un pas. Et entre manigancer et la laisser se faire tuer par sa propre bêtise, le pas était moindre, mais l’idée continuait à le révulser, inexplicablement. Et puis il avait promis, merde ! … Bon, en fait, il n’avait rien promis du tout, mais on se persuadait comme on pouvait, hein.
Une dernière malédiction plus tard à l’intention de la famille Moore, Osmanthe avait fait son choix. Il le regretterait après coup, c’était évident. C’était une de ces décisions que l’on prenait en y réfléchissant bien, en évaluant avec lucidité les risques, et que l’on maudissait malgré tout quand les conséquences attendues vous tombaient réellement dessus. Effrayant paradoxe pour un esprit aussi cartésien que le sien. Tout ça pour récolter ingratitude et mépris, évidemment. Et en même temps, il ne pourrait pas la blâmer, d’abord parce qu’il ne voulait absolument pas d’une quelconque reconnaissance de sa part, et ensuite parce que lui-même la trouvait ridicule, stupide et insupportable (la liste n'est pas exhaustive, évidemment). Ce qui ne l’empêchait pas de se brûler les doigts pour la sauver. Et comment appelait-on ce qui vous poussait à prendre un minimum de risques pour une personne que vous ne pouvez pas encadrer et dont la disparition vous arrangerait bien ? De la gentillesse… … … …
… OK, stop à la réflexion existentielle, ou il allait vomir, et place à l’action.
Il fusilla la blondinette du regard, ne cherchant pas à dissimuler son agacement, et cracha, le ton hargneux :

- C’est gentil de ta part de nous faciliter le travail, mais tu n’avais pas besoin de nous assommer d’une telle quantité d’âneries à la fois. Tu refuses la clémence de l’empereur, soit. Il me semble donc évident que tu n’as plus rien à faire en interrogatoire, nous allons passer à l’étape suivante.

Depuis le temps, jouer les fervents défenseurs de l’empire était devenu une seconde nature, et il ne doutait pas que son rôle de grand méchant traqueur pas content était suffisamment crédible, d'autant que sa colère n'était pas feinte. Un regard entendu à Oblivion, laquelle savait parfaitement en quoi était censée consister l’étape suivante (un indice : 98% de réussite garantis), et il attrapa sans ménagement le bras de la jeune fille, adressa un vague salut à ses collègues, avant de sortir de la pièce d’un pas vif, tirant derrière lui la captive.

Un mètre, deux mètres, trois, sept, encore une petite dizaine et un couloir étroit de dessinerait sur la droite, menant à un cul de sac, en apparence. Sauf que la bouche d’aération était suffisamment large pour qu’on puisse y ramper, Osmanthe le savait bien, il l’avait déjà fait au cours d’un (stupide) exercice d’évacuation. En clair, cet étroit boyau était l’échappatoire idéal.
Sans regarder Aurore, il murmura, juste assez fort pour qu’elle l’entende :

- Dans dix mètres, un couloir à droite. Au bout, un bouche d’aération à mi-hauteur. Je te laisse une ou deux minutes avant de donner l’alerte, et je les lance sur une fausse piste, à toi de saisir cette chance. Ensuite, tu me feras le plaisir de disparaître de ma vie, définitivement. Et si jamais tu te refais prendre aussi bêtement, je ne répond plus de rien. Et pas un mot, surtout, tu cours, point-barre !


Il la lâcha, s’arrêta au milieu de couloir, nerveux. Il suffisait qu’un quelconque garde arrive à l’improviste et surprenne la fuite, et il était plus que mal, dans le sens où il ne lui resterait certainement plus qu’à essayer, en désespoir de cause, de s’enfuir avec elle.
Ce qui serait pire que tout étant donné qu’en plus de perdre son rang, sa renommée, et de passer de Traqueur estimé de l’empire à ennemi public n°1 (ok, il exagère un peu), il ne se serait même pas débarrassé de la fiancée encombrante…

Spoiler:
 
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[Event] IV. Les Sanglots des Violons

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